

Ouille ! Là, je crains de porter un rude coup à la moyenne d’âge de la communauté des blogueurs qui doit tourner autour de 27 ans, si j’en crois certaines statistiques. Voilà. Je l’avoue :
J’ai 67 ans !
Je suis un chercheur scientifique. En retraite depuis peu, il est vrai. Mais la passion de la recherche ne vous quitte jamais, même après la cessation d’activité, si l’on peut dire, car c’est une sorte de virus et on continue d'être curieux de tout, même quand on n’est plus payé pour cela.
Carrière typique de chercheur : grande école scientifique, thèse, Doctorat, intégration au CNRS, service militaire, etc. J’ai terminé comme Directeur de Recherche CNRS après avoir dirigé deux laboratoires associés au CNRS et exercé des responsabilités à l’Université et en grande école. Je continue mon activité scientifique en aidant tous ceux qui me le demandent. J’ai toujours été convaincu qu’un chercheur ou un enseignant ne devait pas rester dans sa tour d’ivoire et essayer de faire connaître et aimer la science par le grand public. Je suis très loin d’être célèbre comme Hubert Reeves, par exemple, mais j’ai été interviouvé de nombreuses fois à la radio ( France Inter, France Culture, France Info, RFI, Europe etc.) et à la télé (Arte, FR3, chaîne météo...). Et puis, j’ai commis quelques livres, pour la plupart scientifiques mais deux d’entre eux pour les non-scientifiques que j’espère avoir convaincu que la science est accessible et, surtout, faite pour eux et rien que pour eux.
Alors, pour en revenir à ce site WEB, je ne sais pas si je suis le Papy des bloggers mais ce qui est certain, c’est que je suis un fan d’Internet et de l’informatique depuis le tout début. Imaginez, -vous les jeunes branchés de l’info.-, que j’ai commencé à écrire des programme en langage Fortran IV sur des cartes perforées et à travailler sur un IBM 1130 (dans les musées maintenant)! J’ai même eu la chance de pianoter sur le clavier de l'exemplaire IBM Personal Computer 0001, c’est à dire le tout premier IBM-PC de l'histoire lors d’une visite chez IBM à San Diego en Californie. Mes collègues qui s’étaient vus dotés de ce prototype (qui avait pour toute mémoire à l’exception d’un petit BIOS, une disquette souple et fragile que l’on appelait floppy disk), le regardaient avec beaucoup de mépris et se demandaient bien ce que l’on pouvait bien faire avec un engin aussi primitif. Et nous n’imaginions pas l’avenir extraordinaire qu’allait connaître cet horrible boîtier parallépipédique en métal qui sentait le bricolé et ne savait “presque” rien faire, à part écrire comme une vieille télétype à perforer les cartons...
La venue d’Internet a été pour moi un événement extraordinaire. D’abord, s’ouvre devant nous un fond de bibliothèque dont la richesse est inimaginable. On peut TOUT trouver sur le WEB ! Certes, il faut rester vigilant car tout n’est pas d’un grand sérieux, mais quelle richesse ! Je me suis abondamment servi du fond de documentation accessible sur Internet pour documenter mes livres. Lors de mes vérifications, je me suis amusé à comparer les renseignements apportés par Internet par rapport à ceux que l’on trouve dans les grandes et célèbres encyclopédies. Il n’y a pas photo! Internet est infiniment plus riche et plus détaillé. L’apport du multimédia est incomparable dans de nombreux cas. Oui, Vive Internet pour celui qui veut enrichir ses connaissances. C’est, à mon avis, ce que l’on devrait d’abord apprendre à nos jeunes écoliers. Et puis, surtout, Internet, c’est la liberté. La liberté de s’informer et d’informer aussi. La liberté d’échanger ses idées avec les autres sans passer par les médias habituels dont on sait qu’ils sont largement biaisés par le très inquiétant phénomène de concentration des média comme je le rappelle dans la section médias.
Alors, vous demandez vous, en quoi un scientifique est-il habilité à écrire un blog contre la Pensée Unique ? Eh bien, tout simplement par déformation professionnelle : La première qualité d’un chercheur, c’est de ne rien considérer comme acquis, de remettre sans cesse en question les idées reçues. Sans esprit critique, point de découvertes, point de progrès ! Le scientifique est extrêmement difficile à convaincre et je dois dire, comme beaucoup de mes collègues, que je suis assez irrité par les affirmations et les approximations que l’on entend ou lit sur les médias ou encore, dans la bouche de nos décideurs.
Bref. Ce sont ces mouvements d’humeur matutinaux (comme disait Philippe Meyer sur France Inter) que je vais vous faire partager.. avec le sourire quand même, quand ce sera possible !
Pour éviter tout malentendu, laissez moi ajouter que mes propos souvent iconoclastes ne sont sponsorisés rigoureusement par personne ! Hélas !
Les généreux donateurs, s'il y en a, peuvent encore se faire connaître...
Ah ! J’oubliais encore, appelez moi Jean ! (Jean Martin).

Compte tenu de l'ambiance actuelle qui érige en grand satan et menace du bûcher tous ceux qui osent émettre le moindre doute sur la Pensée Unique, je me dois d'apporter quelques précisions complémentaires pour ceux qui voudraient me faire passer pour un affreux destructeur de la planète :
Bien au contraire, je suis un grand amoureux de la Nature et je vis à la campagne (à la différence de beaucoup d'écologistes théoriciens : la Nature, je connais !)! Je protège les animaux sauvages et notamment les oiseaux que je nourris pendant l'hiver. Je plante des arbres et des haies. Je mange presqu'exclusivement du bio comme les légumes et les fruits (non traités) qui poussent dans mon jardin que j'arrose avec des systèmes économiseurs d'eau. Je fais des économies d'énergie (doubles vitrages, isolation parfaite, ampoules économiques etc.). Je me chauffe, en grande partie avec du bois (énergie renouvelable diront certains !). Je milite dans une association qui refuse les méthodes d'ensemencement de nuages pour altérer le pluviométrie. Je suis un partisan convaincu de la limitation de nos dépenses d'énergie fossile qu'il ne faut plus utiliser qu'à bon escient, etc. Bref, je mérite largement mon brevet du parfait petit écolo sur le terrain. Mais ...
Il y a une chose que je ne supporte pas :
c'est que la Science soit détournée à des fins partisanes, ni même qu'elle soit détournée tout court.
Et surtout que l'on cache un débat à nos contemporains en instaurant la Pensée Unique !
A la différence de certains (voir : pour quoi faire ?), je ne crois pas que la fin justifie les moyens, même si l'on pense qu'il s'agit de sauver la planète : En utilisant une science inaboutie, on peut faire beaucoup plus de mal que de bien. S'il y a un débat scientifique sur une question, il faut l'accepter et ne pas le cacher. Un débat scientifique doit le rester et ne pas servir des (ou ses) idéaux partisans et (ou) économiques. La déontologie de la Science, c'est exclusivement de chercher et faire connaître la Vérité sans esprit de parti pris. Pour tous les hommes (et pour la planète). Lorsqu'un résultat est avéré et seulement lorsqu'il l'est, c'est aux hommes d'en tirer les conséquences en connaissance de cause ! Toute précipitation en la matière est potentiellement source de catastrophes...
Enfin, que ceux qui mettraient perfidement en doute mes capacités de jugement scientifique, sachent que je suis l'auteur de plus d'une centaine d'articles publiés dans des revues à comité de lecture (dont plusieurs Physical Review Letters), de dizaines de contributions dans des livres scientifiques et que j'ai publié, sous mon seul nom, cinq livres scientifiques en français, et (ou) anglais, hollandais et japonais. J'ai été referee (arbitre) officiel d'une bonne douzaine de revues internationales dont Physical Review Letters, Physical Review B, New Journal of Physics (UK), Journal de Physique (Fr) etc . ainsi qu'expert à la NASA. J'ajoute que j'ai enseigné pendant plusieurs années en troisième cycle en Université. Je peux sans doute me tromper comme tous mes collègues mais qu'on me laisse, au moins, le bénéfice de la bonne foi !