15 Avril 2013 : Une nouvelle crosse de hockey : Le manche s'allonge et se tord...Mais la crosse perd sa lame.

Les lecteurs attentifs se souviennent certainement de l'épisode (relaté en détail ci-dessous) de la "Crosse de Hockey II" de Gergis et al qui avait été publiée en Avril 2012. En bref, il s'agissait comme dans l'exemplaire original de la Crosse de Mann et al (1998 et suivantes) d'une reconstruction de la température moyenne des mille ans passés, sur la base d'indicateurs indirects (proxys) de diverses natures, qui redonnait, pour l'Australasie, l'image d'un XXe siècle nettement plus chaud que la plupart des périodes précédentes. Plusieurs "scientifiques citoyens", pour la plupart, statisticiens, étaient alors intervenu, pour dénoncer un certain nombre de "libertés" prises avec les statistiques qui faussaient gravement les résultats. Au premier rang desquels, l'infatigable et pointilleux Steve McIntyre qui avait déjà beaucoup fait pour démontrer les multiples irrégularités qui avaient donné naissance aux différentes versions de la Crosse de Hockey de Michael Mann et al., a joué, une fois de plus, un rôle déterminant.

C'est ainsi que la découverte et la mise en évidence d'erreurs flagrantes dans les procédures statistiques d'analyse des données avaient rapidement provoqué le retrait (pour l'instant, sans retour) de l'article de
Gergis et al. par ses auteurs, comme je vous l'ai raconté en détail dans ce billet.
A noter, une fois encore, qu'il s'agit, pour l'essentiel de problèmes d'analyse statistique et de traitement des données qui n'ont, de fait , rien à voir avec le Climat. Il est parfaitement normal (et bénéfique) que des statisticiens professionnels tels que
McKitrick, Wegman ou encore Steve McIntyre et Jean Sibélius interviennent dès qu'ils détectent des anomalies dans le traitement des données effectué par les climatologues dont il apparaît de moins en moins évident qu'ils possèdent les connaissances suffisantes pour traiter ce genre de problèmes.

Voici donc l'article dont l'analyse est l'objet de ce billet. L'encart droit donne une traduction du résumé original (à gauche). A noter que les deux premiers auteurs sont de jeunes docteurs ès sciences. En particulier, Shaun Marcott a défendu sa thèse en 2011 à partir des mêmes données que celles qui sont utilisées dans cet article mais en y décrivant des résultats beaucoup plus sérieux et rigoureux que ceux qui ont fait l'objet de cette publication (malencontreuse) à la revue Science de l'AAAS.

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Une reconstruction de la température régionale et globale durant les 11300 années passées.

Les reconstructions de températures des 1500 années passées suggèrent que le réchauffement récent est sans précédent durant cette époque (NdT : selon les crosses de hockey de Michael Mann et al.). Dans ce travail nous offrons une perspective de plus grande extension en reconstruisant les anomalies de la température globale et régionale pour les 11300 années passées à partir de 73 indicateurs répartis sur le globe. La période chaude du début de l'Holocène (10000 à 5000 ans passés) est suivie par un refroidissement de -0,7°C partant du milieu jusque vers la fin de l'Holocène (<5000 ans passés), culminant avec les températures les plus basses de l'Holocène durant le petit âge glaciaire, il y a environ 200 ans. Ce refroidissement est largement associé avec une variation de -2°C de l'Atlantique Nord. Les températures globales actuelles des dernières décennies n'ont pas encore dépassé les valeurs durant le maximum de la période interglaciaire mais elles sont plus élevées que durant environ 75% de l'histoire de la température de l'Holocène. Les projections des modèles du GIEC pour 2100 avec un scénario d'émissions de gaz à effet de serre plausible, dépassent les températures qui ont eu lieu durant tout l'Holocène.

Deux graphiques clefs de cet article sont reproduits ci-dessous. Celui de droite est une reconstruction de la température moyenne du globe obtenue à partir de 73 indicateurs (sédiments marins et lacustres + quelques carottages glaciaires) couvrant la période des 11000 ans (BP before present) précédant le présent (1950 par convention).Celui de gauche représente un zoom sur les 2000 années passées avant 1950. Les résultats de l'étude citée ci-dessus sont figurés en bleu avec leurs incertitudes (données pour + ou - 0,1°C (!) sur 11000 ans).Les auteurs ont superposés à leurs propres graphes, les graphiques (en gris) correspondant aux diverses crosses de hockey de Mann et al.

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"Fig. 1. Comparaison de différentes méthodes et reconstructions des anomalies de température globale. (A et B) Compendium des anomalies des températures globales pour les zones 5°x5° pondérées par les surfaces. Moyenne (ligne pourpre) avec son incertitude à 1 sigma (NdT : C'est à dire lorsque le signal est égal au bruit, ce qui est peu exigeant) et les reconstructions globales de la moyenne composite de température de Mann et al (CRUEIV) (ligne gris foncé) avec leur incertitude (zone en gris clair)."

La publication de cet article a été immédiatement suivie d'un communiqué de presse de la NSF (National Research Foundation, une agence gouvernementale US) qui a financé cette étude. Ce communiqué précisait entre autres et sans ambages que " Ce que nous montre cette histoire, disent les chercheurs, c'est que durant les 5000 ans passés, la Terre s'est refroidie, en moyenne, de 1,3°F - jusqu'aux cent dernières années où elle s'est réchauffée d'environ 1,3°F.

Ce communiqué de presse a été, soit recopié in extenso, soit déformé et amplifié à l'extrême dans une bonne partie de la presse anglophone. La presse francophone, comme à son habitude, ne s'est pas posé de questions et a repris "l'info". Parmi les outrances auxquelles on a pu assister, certains se sont dépassés. Parmi ces derniers, The Atlantic n'hésite pas à intituler son texte d'un "We're Screwed: 11,000 Years' Worth of Climate Data Prove It" ( Soit : "Nous sommes foutus (ou plus grossier encore) : 11000 ans de données climatiques le prouvent." Auquel ont répondu Judith Curry comme Ross McKitrick (voir ci-dessous) en intitulant leur article d'un moqueur "We are not screwed".

Sans rentrer dans les détails pour l'instant, un lecteur attentif qui observe les reconstructions de Marcott et al, ne manquera pas de se om3souvenir des résultats des carottages glaciaires effectués au Groenland (GISP2) (ci-contre) qui donnent une allure nettement plus mouvementée et de plus grande amplitude aux variations de température de l'Holocène comme on la voit sur le figure ci-contre.
Cette figure résulte de l'analyse isotopique des carottes glaciaires dont la résolution temporelle est excellente (dans le meilleur des cas, saisonnière, disent certains).
Le doute est levé quand on réalise, comme les auteurs l'écrivent eux-mêmes, que la résolution temporelle des indicateurs indirects (les proxys) utilisés par Marcott et al. est de l'ordre de plus du siècle, voir de trois ou quatre. Dès lors, il apparaît évident (vérifié notamment par le physicien Clive Best) qu'il leur était impossible, dans ces conditions, de détecter correctement des variations rapides de températures (à cette échelle) telles que celles qui sont observées par les carottages telles qu'on les aperçoit ci-contre.

Dès lors, et si la résolution temporelle de leur reconstruction, certes prétendue globale (avec 73 proxys à 0,2°C près ?), est aussi pauvre, on en vient à se demander par quel prodige ils prétendent pouvoir faire des comparaisons utiles avec la période de réchauffement actuel qui n' a duré que quelques décennies, comme l'ont prétendu la quasi-totalité des médias et, aussi, très malheureusement, quelques chercheurs impliqués... Avant que ces derniers ne soient contraints de se rétracter publiquement, comme nous allons le voir.

L'agitation provoquée par cet article dans les médias et dans la blogosphère a été si intense qu'il y aurait sans doute matière à écrire un livre à ce sujet. Il était donc indispensable de synthétiser et, de l'avis de beaucoup, le meilleur résumé qui ait été publié à ce sujet, l'a été par Ross McKitrick, le statisticien économiste qui avait travaillé et publié autrefois avec Steve McIntyre au sujet de la crosse de hockey de M.Mann et al.

Voici donc le résumé du Prof. Ross McKitrick (Bio)
A noter que Ross McKitrick et quelques colllègues organisent actuellement un colloque international destiné à examiner les conditions de l'application des statistiques économétriques à la climatologie.

L'article suivant (traduction dans l'encadré jaune), a été publié dans le Financial Time, puis repris in extenso par la Prof. Judith Curry et une quantité d'autres sites sur Internet, dont, aujourd'hui même, le site francophone de discussion Skyfall. La traduction suivante et les caractères engraissés sont de l'auteur de Pensee-unique.fr. Les encadrés verts/bleus contiennent des explications ou des extensions utiles à la compréhension du texte de McKitrick.

L'affirmation concernant le XXe siècle dans une étude portant sur 11000 ans, est sans fondement.

Le 8 mars; un article est paru dans la prestigieuse revue Science, sous le titre : "Une reconstruction de la température globale et régionale des 11300 années passées.". Les reconstructions de température n'ont rien de neuf mais les articles affirmant être en mesure de remonter si loin dans le temps sont rares, et tout particulièrement ceux qui promettent une couverture régionale et globale.

La nouvelle étude publiée par Shaun Marcott, Jeremy Shakun, Peter Clark et Alan Mix reposait sur l'analyse de 73 indicateurs indirects (proxys) à long terme. Elle apportait quelques résultats intéressants : Un bien connu (et donc non remarquable), un plutôt curieux mais qui est probablement sans importance et un résultat nouveau et stupéfiant. Ce dernier était apparemment la découverte que le réchauffement du XXe siècle différait énormément de tout ce qui avait été vu depuis 11000 ans. La nouvelle de cette découverte a fait le tour du monde et les auteurs sont soudainement devenus les derniers membres d'une longue lignée de célébrités en matière de climatologie.

Le problème c'est que, comme ils l'ont tranquillement admis durant le week-end, leur nouvelle et stupéfiante affirmation est sans fondement. La véritable histoire est juste en train de faire surface et ce n'est pas joli à voir.

La découverte banale de l'article de Marcott et al. était que l'histoire du climat de la terre depuis la fin du dernier âge glaciaire, ressemble vaguement à une forme en U retourné. C'est-à-dire qu'elle part d'une période froide, qu'elle s'est réchauffée pendant quelques milliers d'années, qu'elle est restée chaude pendant le mi-Holocène ( il y a 6000 à 9000 ans), puis qu'elle s'est constamment refroidie durant les cinq derniers millénaires jusqu'à présent. Ce processus a été auparavant découvert à partir de carottages terrestres, à partir de carottages glaciaires et d'autres données remontant très loin dans le temps et ceci était rapporté dans le premier rapport du GIEC qui remonte à 1990. Certaines études suggèrent que le climat était, en moyenne, d'un demi degré plus chaud que maintenant tandis que d'autres l'ont évalué à un ou même à deux degrés plus chaud. Une quantité d'hypothèses ont été utilisées pour étalonner les indicateurs indirects (les proxys) à longue portée en degrés Celsius de sorte qu'il n'est pas surprenant que l'échelle des températures soit incertaine.

Une autre caractéristique bien connue des reconstructions à long terme est que la portion descendante présente quelques grandes variations . Beaucoup de reconstructions montrent une longue et intense période chaude durant l'époque Romaine, il y a 2000 ans, ainsi qu'une autre période chaude durant la période médiévale, il y a 1000 ans. Elles montrent aussi une période froide appelée le Petit Age Glaciaire qui s'est terminée au début des années 1800 suivie par le réchauffement moderne. Mais le graphique de Marcott et al ne montre pas ces oscillations. Par contre, il montre un réchauffement plutôt modeste durant l'Holocène suivi d'une baisse continue jusqu'à la fin des années 1800. Ceci était curieux mais probablement sans importance puisque les auteurs reconnaissaient avoir utilisé des proxys dits "à basse fréquence" qui ne rendent pas compte des fluctuations qui se produisent à des échelles de temps inférieures à 300 ans.Il est possible que les différences entre les échelles (NdT : des températures) de leur graphique et celles des autres relèvent des différentes méthodes utilisées.

La caractéristique nouvelle et surprenante du graphique de Marcott se trouvait tout à l'extrémité. Leur données montraient une remontée remarquable ce qui impliquait que, durant le XXe siècle, notre climat s'était envolé depuis les conditions les plus froides durant le 11500 années passées, jusqu'à s'approcher des plus chaudes de cette période. Pour être plus précis, leur analyse montrait qu'en un peu moins de cent ans, nous avons connu plus de réchauffement que ce qui a nécessité plusieurs milliers d'années, récupérant ainsi de 5000 ans de refroidissement.

Cette hausse brutale a fait l'objet d'un excitation considérable, et aussi d'un examen attentif. Une des premières questions posées consistait à se demander comment tout cela avait été trouvé. Marcott avait terminé sa thèse à l'Université de l'Oregon en 2011 et le texte de sa thèse est en ligne. L'article publié dans Science dérive du quatrième chapitre de sa thèse qui utilise les mêmes 73 indicateurs indirects (proxys) et des méthodes apparemment identiques. Mais on ne trouve aucune hausse brutale de température dans les graphiques et le résumé de sa thèse ne fait mention d'aucune découverte de ce genre.

Stephen McIntyre de Climateaudit.org entreprit d'examiner en détail le travail de Marcott et al. et dès le 16 Mars il fit une découverte remarquable. Les 73 indicateurs indirects (proxys) avaient été collectés par des chercheurs antérieurs. Parmi ces proxys, 31 dérivent des alkénones qui sont des composés organiques produits par les phytoplanctons qui se déposent en couche sur le fond des océans et dont les propriétés chimiques sont corrélées à la température. Lorsqu'une carotte est extraite, les couches doivent être datées. Si cela est fait avec précision, le chercheur pouvait alors interpréter la couche d'alkénone à, par exemple, 50cm sous la surface (NdT : du fond de l'océan), comme représentant la température moyenne de l'océan à (par exemple) 0,1°C au-dessus de la normale, plusieurs siècles auparavant, par exemple, il y a environ 1200 ans. La partie supérieure du carottage représente les données pour la période la plus récente mais cette couche est souvent perturbée par le processus de forage. C'est ainsi que les chercheurs qui ont fait ces études originales ont pris un grand soin pour dater la partie supérieure des carottes à partir de laquelle l'information commence à se révéler utile.

Selon les chercheurs qui ont publié les résultats de leurs recherches sur les séries d'alkénones, l'ancienneté des parties supérieures des carottages variaient de la période présente jusqu'à plus de mille ans auparavant. Moins de 10 parmi les indicateurs (proxys) originaux avaient des valeurs qui concernaient le XXe siècle. Si Marcott et al avaient utilisé ces datations calculées par les spécialistes qui ont compilé les données originales, il n'auraient trouvé aucune hausse brutale au XXe siècle comme c'était d'ailleurs le cas dans la thèse de Marcott. Mais Marcott et al ont re-daté un certain nombre des extrémités supérieures des carottes extraites ce qui a modifié la composition des mesures pour la période récente et c'est ceci qui a créé la hausse brutale de température à l'extrémité de leur graphique. Loin d'être un problème avec les données des indicateurs indirects (proxys), c'était un artefact résultant d'une re-datation arbitraire des extrémités des carottes.

Bien pire encore, l'article ne donnait aucune indication sur cette étape du traitement des données. Dans l'information complémentaire à l'article, disponible en ligne, les auteurs affirmaient avoir considéré que les extrémités des carottages étaient datées jusqu'au présent "à moins de spécification contraire dans la publication originale." En d'autres termes, ils affirmaient se conformer aux datations originales même quand ils avaient re-datés les extraits de carottes d'une manière qui influençait fortement les résultats finaux.

Sur ces entrefaites, Marcott fit une déclaration surprenante.dans un email privé adressé à McIntyre. Dans leur article, ils avaient déclaré qu'ils avaient effectué une analyse alternative des données des indicateurs indirects (proxys) qui conduisait à une hausse de température beaucoup plus faible au XXe siècle mais, affirmaient-ils, la différence "n'est probablement pas robuste" ce qui impliquait que la hausse brutale de température était insensible aux changements de méthodologie et, de ce fait, devait être fiable. Pourtant, dans son email adressé à McIntyre, Marcott disait que la reconstruction elle-même n'était pas robuste pour le XXe siècle ce qui est un chose tout à fait différente. Quand ceci fut porté à la connaissance du public, l'équipe de Marcott promit de tirer les choses au clair en publiant une FAQ (Frequently Asked Question : Réponse aux questions fréquemment posées) en ligne.

Cette FAQ a été finalement publiée durant le week-end dernier (NdT : Le Dimanche de Pâques). Elle contenait une admission remarquable :" [La] portion de notre pile de données concernant le XXe siècle n'est pas statistiquement robuste. Elle ne peut être considérée comme représentative des changements globaux de température et, de ce fait, elle n'est à la base d'aucune de nos conclusions."

Mais dites donc ! La hausse brutale de la température du XXe siècle a fait l'objet de l'attention des médias du monde entier, durant laquelle les auteurs ont avancé des affirmations très péremptoires sur les implications de leurs découvertes pour ce qui concernait le réchauffement du XXe siècle. Et cependant, à aucun moment, ils n'ont fait la moindre mention du fait que la portion concernant le XXe siècle de leur reconstruction à base de proxys était bonne pour la poubelle (NdT : en anglais, le mot "garbage" est utilisé. Il est plus fort. Littéralement : des bêtises, pour rester poli).

A présent, les auteurs défendent leurs affirmations originales en disant que si vous greffez les données thermométriques du XXe siècle à l'extrémité de leur reconstruction, celui-ci montre une hausse brutale beaucoup plus grande que ce qui est observé durant n'importe quel intervalle d'une durée de 100 ans dans leur graphique, venant ainsi confirmer leur affirmations initiales. Mais vous ne pouvez pas greffer deux séries de températures d'origine complètement différentes et tirer des conclusions du fait qu'elles semblent dissemblables.

A noter que Michael Mann a lui-même, tenu a préciser que ce "greffage" de données provenant de sources entièrement différentes sur un même graphique est inacceptable en matière de science.
Mann a écrit : "Aucun chercheur dans ce domaine n'a jamais, autant que nous le sachions, "greffé un enregistrement issu des données thermométriques" sur aucune reconstruction. Il est quelque peu décevant de trouver cette affirmation spécieuse (que nous trouvons d'habitude sous la plume de sites web de désinformation financés par l'industrie des fluides fossiles) apparaitre dans ce forum. La plupart des reconstructions se terminent vers les années 1980 pour des raisons discutées ci-dessus. Souvent, comme dans les comparaisons montrées sur ce site, les données instrumentales (qui viennent jusqu'au présent) sont montrées à côté des reconstructions et en sont clairement différenciées."

L'enregistrement moderne de température de l'époque actuelle est échantillonné de manière continue et, en tant que tel, il est capable de rendre compte des variations à court terme et ainsi, de la variabilité. Le modèle des indicateurs indirects (proxys), selon l'aveu des auteurs eux-mêmes, est fortement lissé et il est incapable de rendre compte des fluctuations à des échelles de temps inférieures à plusieurs siècles. De ce fait, l'aspect lisse des portions antérieures de leur graphique n'est pas une preuve que la variabilité ne s'est jamais produite auparavant. S'il y en a eu, il est probable que leur méthode ne l'aurait pas détectée.

Les auteurs de l'article en sont d'ailleurs conscients. Ils indiquent dans la conclusion de leur article : "Les stratégies destinées à obtenir une meilleure résolution pour l'analyse complète de la variabilité de la température globale durant l'Holocène et, en particulier pour ce qui concerne les échelles décennales jusqu'aux échelles séculaires, exigeront l'utilisation de contraintes chronologiques meilleures en améliorant le contrôle des datations. Un échantillonnage à haute résolution et des améliorations dans le calibrage des proxys jouent également des rôles importants mais nos analyses suggèrent que les améliorations dans la chronologie est plus importante."

Dès lors, sachant cela, pourquoi compléter leur graphe avec des données qu'ils reconnaissent invalides et qui ne couvrent que quelques décennies ?

Ce qui faisait que leur conclusion initiale au sujet de la nature exceptionnelle du réchauffement du XXe siècle était plausible tenait précisément à ce qu'elle était détectée aussi bien par les thermomètres modernes que par les données de leurs proxys. Mais ce n'était qu'une illusion. Ceci avait été introduit artificiellement dans leur reconstruction en re-datant arbitrairement les points terminaux de quelques données des proxys.

Au cours des années récentes, il y a eu un certain nombre de cas dans lesquels des articles de portée considérable, publiés par des climatologues, se sont révélés, après une enquête minutieuse, reposer sur des procédés inappropriés, sur des manipulations et/ou sur des analyses erronées. Après qu'ils aient été percés à jour dans la blogosphère, la communauté académique est accourue en force pour constituer un cercle défensif (NdT : Dans le texte, "Circle the wagons" : expression typiquement US qui fait référence aux attaques des indiens au cours desquelles les voyageurs constituaient un cercle avec les chariots pour se protéger) et dénoncer toute critique, quelle qu'elle soit, comme du "négationisme". Oui, il y a bien du négationisme - de la part des scientifiques qui ne voient pas que leur défense obstinée de ces sortes de pratiques prélèvent un lourd tribut sur la confiance qu'accorde le public à leur domaine d'activité.
Financial Post

Ross McKitrick est Professeur d'Economie et membre élu CME dans la branche du Commerce Durable au Département d'Economie de l'Université de Guelph (Canada)."

Roger Pielke Jr (Le fils de Roger Pielke Sr., lui-même Prof. de Sciences Environnementales au Center for Science and Technology Policy Research de marcott6l'Université du Colorado à Boulder) demande, en termes plutôt sévères, allant même jusqu'à évoquer la possibilité d'une fraude scientifique, que l'article de Marcott et al. soit corrigé en profondeur avant re-publication. Son billet est titré : "Comment réparer le gâchis de Marcott en sciences du climat ?". Pielke rapporte et commente divers articles de presse US ainsi que le communiqué de presse de la NSF (National Science Foundation) qui ont, sans aucun regard critique, rapporté, en les amplifiant voire même en les déformant, les tenants et les aboutissants de l'article de Marcott et al.

Concernant l'article de Marcott et al ainsi que les réactions subséquentes des auteurs (les FAQ), Pielke Sr n'accepte pas les multiples écarts à la déontologie scientifique que l'on peut relever dans ces comportements, Pielke écrit, sévèrement, que tout ceci "se révèle côtoyer dangereusement, jusqu'à être proche de la franchir, la ligne qui mène à la faute scientifique professionnelle telle qu'elle est définie par le NRC (National Research Council)." appears to skirt awfully close to crossing the line into research misconduct, as defined by the NRC.”
Fort de ce constat, le billet de
Pielke Jr se termine ainsi :

"Comment réparer cela ?

Voici les étapes que je recommande de suivre :

1) La revue Science doit publier une correction pour cet article et spécialement sur les points suivants :
(a) retirer et retracer toutes les figures de l'article en éliminant tous les résultats/données qui ne se conforment pas aux critères de l'article pour ce qui concerne "la robustesse statistique". (NdT : Comme sur la figure ci-contre, "réparée" par Pielke).
(b) Inclure dans la correction la déclaration explicite et non ambiguë donnée dans les FAQ publiées aujourd'hui selon laquelle l'analyse n'est pas "statistiquement robuste" pour la période post 1900.

2) NSF devrait publier une correction à son communiqué de presse, clarifiant et corrigeant les affirmations de Peter Clark (un des coauteurs, voir ci-dessus) et de Candace Major, Directrice des Programmes à la NSF, qui a déclaré dans le communiqué :

"Le siècle dernier ressort comme une anomalie dans l'enregistrement des températures du globe depuis la fin du dernier âge glaciaire." a déclaré Candace Major, Directrice Principale des Programmes de la Fondation Nationale pour la Science (NSF), division des sciences des océans.

3) Le New York Times (Gillis et Revkin, en particulier), Nature et New Scientist en tant que publications qui s'enorgueillissent de communiquer des informations exactes, devraient mettre à jour leurs récits avec des corrections. Grist et Climate Central devraient envisager de faire la même chose.

[Mise à jour: Andy Revkin sur DotEarth (NdT: du New York Times) a mis à jour ses billets ici and ici pour évoquer la "lame perdue" de la Crosse de Hockey et a ajouté un lien vers ce billet. C'était simple et rapide. Les autres, prenez note.)"

A propos de l'article de Marcott et al. Judith Curry a résumé ses observations dans un premier commentaire aussi sévère que bref

"There doesn’t seem to be anything really new here in terms of our understanding of the Holocene.  Mike’s Nature trick seems to be now a standard practice in paleo reconstructions.  I personally don’t see how this analysis says anything convincing about climate variability on the time scale of a century."

"Il ne semble pas qu'il y ait quoi que ce soit de réellement nouveau en ce qui concerne notre compréhension de l'Holocène. Le truc de Mike dans Nature semble être devenu une pratique courante en matière de paléo-reconstructions. Pour ma part, je ne vois pas comment cette analyse (NdT: de Marcott et al) peut dire quoi que ce soit de convaincant sur la variabilité climatique à l'échelle d'un siècle."

Dans un billet ultérieur , et après de nombreux constats et discussions, Judith Curry s'interroge :

Are there still no checks and balances in the paleoclimate community (outside of the efforts of Steve McIntyre, JeanS et al.)?

N'y a-t-il toujours pas de vérifications ni de pondération dans la communauté des paléoclimatologues (en dehors des efforts de Steve McIntyre et de Jean S. et al) ?

En effet. Et on peut aussi se poser des questions sur la revue Science et sur ses referees. A noter que ces problèmes de "consanguinité" qui affectent non seulement la paléoclimatologie mais beaucoup de domaines très spécialisés, avaient été déjà pointés, en détail, dans le rapport Wegman et al. (2007, pages-45 ).
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Enfin, pour ceux qui désirent rentrer dans les détails, voici quelques références de billets complémentaires publiés sur ce sujet :

Les nombreux billets de Steve McIntyre qui analysent en grand détail le contenu des données utilisées ainsi que les démarches des calculs, les conclusions etc. (h/t Skyfall)
Marcott Mystery #1 le 13/03/2013 (Le Mystère Marcott)
No Uptick in Marcott Thesis le 14/03/2013 (Pas de lame dans la thèse de Marcott)
Marcott’s Zonal Reconstructions le 16/03/2013 (Les reconstructions zonales de Marcott)
How Marcottian Upticks Arise le 16/03/2013 (Comment les lames marcottiennes se produisent)
The Marcott-Shakun Dating Service le 16/03/2013 (Les service de redatation Marcott-Shakun)
Hiding the Decline: MD01-2421 le 17/03/2013 (Cacher le déclin)
Bent Their Core Tops In le 19/03/2013 (Tordre les extrémités supérieures des carottages)
The Marcott Filibuster le 31/03/2013 (La tactique de l'obstruction de Marcott)
April Fools’ Day for Marcott et al le 02/04/2013 (Le jour du poisson d'Avril de Marcott)
Marcott Monte Carlo
le 04/04/2013 (RomanM) (Marcott et la méthode de Monte Carlo)
Marcott’s Dimple: A Centering Artifact le 07/04/2013 (la ride de Marcott : un artefact dû au recentrage)
Clearly distinguished le 07/04/2013 (Distinction claire)
Alkenone Divergence le 09/04/2013 (La divergence des alkénones)
Alkenone Divergence in Peru
le 09/04/2013 (Divergence des alkénones au Pérou)
Alkenone Divergence offshore Iceland
le 10 avril 2013 ( La divergence des alkénones en mer d'Islande)
The Impact of TN05-17 le 10 avril 2013 (L'impact du proxy TN05-17)
Etc..

Marcott issues and FAQ on their paper (Marcott publie une FAQ sur leur papier)
Anthony Watts, WUWT, Mar 31, 2013
The Marcott gong show - before in the unquestioning press and after the blogosphere review as told by Ross McKitrick (La débacle de Marcott - avant, dans la presse qui ne se posait pas question, et après la relecture par la blogosphère comme l'a relaté Ross McKitrick)
By Anthony Watts, WUWT, Apr 1, 2013
Lies, damned lies and hockey sticks.The exposure of yet another dodgy piece of climate-change alarmism shows the need for serious scepticism.
(Mensongs, maudits mensonges et crosses de hockey. La mise en évidence d'une autre pièce boiteuse de l'alarmisme climatique montre la nécessité d'exercer un sérieux scepticisme.)
By Rob Lyons, Spiked, Apr 3, 2013 [H/t Joe Bast]
.Let's play hockey stick again. (Retournons jouer à la crosse de hockey)
By Judith Curry, Climate Etc, Apr 2, 2013

Les nombreux billets de WUWT sur l'article de Marcott et al

Enfin, quelques réactions médiatiques et sur Internet suite aux avatars de "la Crosse de Hockey de Marcott".
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Pour conclure ce sombre et troisième épisode des "Crosses de Hockey" à rebondissements, voici, en guise de clin d'oeil aux "solaristes" (Ceux qui pensent que le soleil y est pour beaucoup plus que ne le pensent les adeptes du GIEC), une superposition d'un graphique (de Samir Solanki, issu d'Usoskin et al 2007) montrant l'activité solaire au cours des siècles passés (en bas, que j'avais montré dans ce billet) avec la crosse de Marcott et al (en haut), les deux graphiques étant remis à la même échelle temporelle, sur les deux mille ans passés.


Le rapprochement de ces deux graphiques est assez étonnant. En tout cas, le PAG (Petit âge glaciaire) y est clairement visible sur le graphique des températures (en haut) et il correspond à une baisse marquée et bien connue de l'activité solaire (mesurée par le nombre de taches solaires) à la même époque (le Minimum de Maunder, puis de Dalton).
Coïncidence, diront certains...

Pourtant et pour ce qui est de la période moderne, il faut savoir que le XXe siècle a connu son maximum d'activité solaire depuis au moins 6000 ans. La période récente est d'ailleurs connue sous le nom de "Grand Maximum" dans la littérature scientifique des gens qui s'intéressent à l'activité solaire. Il semble d'après ces graphiques et quelle que soit la validité statistique de la période post-1900 de la courbe de Marcott et al, que la période actuelle corresponde à un réchauffement concomitant.
Sans doute encore une autre coïncidence, diront les mêmes...

A noter qu'après ce "Grand Maximum" d'activité solaire du milieu du XXe siècle, nous sommes actuellement rentré en période de baisse avec un cycle 24 carrément asthénique qui fait lui-même suite à un cycle 23 peu actif, ce qui, (entre autres arguments basés sur les oscillations multidécennales) constitue un des indices majeurs pour ceux qui prévoient un refroidissement à venir et non point le réchauffement avancé par le GIEC.

Toujours au sujet de l'activité solaire et à propos de l'hiver froid, neigeux et de longue durée que vient de connaître une bonne partie de l'hémisphère Nord (dont l'Europe, mais pas seulement l'Europe) les lecteurs intéressés par ce sujet pourront se remémorer les observations de Lockwood et al. sur le lien entre l'activité solaire et les hivers froids en Europe (complètement ignoré par la presse et les médias), publiées en 2010, puis retrouvées par Sarah Ineson et ses collègues, par d'autres moyens, en 2011.

Compléments : L'infatigable Steve McIntyre vient d'explorer en détail les données d'un certains nombres de proxys utilisés par Marcott et al, basés sur les alkénones, situées en divers points du globe qui se prolongent jusqu'à la période actuelle (voir liens ci-dessus). Il montre que ces proxys souffrent d'un grave problème de divergence analogue à celui qui avaient été identifié en dendro-climatologie par Mann et ses collaborateurs à l'époque de la première crosse de hockey. De fait, les proxys de Mann et al, tirés des cernes d'arbres comme les pins à cônes épineux, indiquaient, pour le XXe siècle, une chute de température et non pas la hausse attendue. Tout cela reste encore inexpliqué de nos jours et se trouvait à l'origine du célèbre "hide the decline" de Mann et al. (emails du Climategate, séries I et II). McIntyre trouve encore des anomalies insupportables (parce que déjà plusieurs fois signalées, y compris par les auteurs des publications originales sur les proxys utilisés) dans un autre article récent...Il semble que certains "climatologues- apprentis statisticiens" n'apprendront jamais.

Se pose encore la question de l'attribution des bonnets d'âne. Pour être sincère et aller dans le sens de Judith Curry, j'aurais tendance à exonérer, du moins en partie, le jeune docteur Shaun Marcott de cette série de "faux pas". Sa thèse initiale était menée avec rigueur et ne présentait pas la plupart des défauts qui ont été révélés par les analyses de McIntyre et al. On doit aussi reconnaître qu'après une légère hésitation (notamment sa référence inappropriée au &4 de son article, pour se tirer d'affaire), il a bien vite reconnu l'invalidité des données concernant la période moderne. Et donc de ses graphiques.
On peut dès lors se demander qui a poussé Marcott (et peut-être aussi Shakun qui est probablement dans le même cas) à compléter le graphe de sa thèse avec des donnés invalides tout en sachant certainement que ce seraient ces dernières qui seraient répercutées dans la presse et feraient l'objet d'un examen attentif de la part des statisticiens professionnels. S'agit-il de leurs responsables de laboratoire (Clark ?) ? Des referees de la revue Science ? De personnes très influentes et bien connues dans le petit monde de la paléoclimatologie (comme Mann) qui souhaitaient voir conforter leurs précédentes "crosses de hockey" mises à mal par de multiples analyses ? On ne sait.

Sans aucun doute, ce sont ces personnes "influentes" qui méritent un superbe bonnet d'âne pour avoir cru que leurs petits arrangements avec les yannmcintyre1statistiques passeraient inaperçus. Comme d'habitude, la Presse et les médias qui ont tiré partie de ces "découvertes"et chez lesquels un minimum d'esprit critique semble avoir définitivement disparu, sont gratifié du Nième bonnet d'âne. Sans compter qu'aucun, à ce jour, ne semble avoir pris conscience du revirement de situation reconnu par les auteurs eux-mêmes. A l'exception toutefois d'un seul journaliste qui est pourtant loin d'être sceptique, Andrew Revkin qui a eu la probité d'évoquer, sur son blog du New York Times, les graves défauts qui affectent cet article de Marcott et al. qui, en temps normal, pour une science normale et avec des referees sérieux, n'aurait jamais dû être publié.

Ci-contre, un dessin représentant Steve McIntyre au volant d'un véhicule d'intervention rapide (nettoyeur de proxys) (dessin de Le Honzec d'après une suggestion de Skyfall).

Stay tuned !

A suivre ....

07 Sept 2012 : Face au délire catastrophiste aux USA, trois physiciens, dont un célèbre climatologue, font le point : dunce

 

Une fois n'est pas coutume. Pour cette fois, ce sont trois de mes collègues physiciens outre-atlantique qui attribuent virtuellement le bonnet d'âne (où, plus exactement, s'agissant des Etats-Unis, le "dunce cap*" différent du bonnet européen (image ci-contre)), à une kyrielle d'auteurs responsables d'affirmations aussi infondées que catastrophistes qui ont envahi les médias américains (et souvent aussi les francophones, comme France-Info tout récemment) au cours de l'été qui s'achève.

En effet, l'été 2012 a été particulièrement chaud et sec dans une grande partie des USA. Il n'en fallait pas plus pour que nombre d'activistes voient dans cet événement météorologique une opportunité que ne leur offre plus la stagnation persistante de la température du globe ...depuis plus de 14 ans.
Car ce sont maintenant les "événements météorologiques extrêmes", censés se multiplier, qui font la une des médias.
troisphysiciens

Le corps de ce billet est la traduction d'un texte signé par trois physiciens bien connus des lecteurs(trices) de ce site. il s'agit du physicien climatologue du MIT, maintes fois cité dans PU, Richard Lindzen, et des physiciens William Happer (Princeton) et Roger Cohen (fellow APS) (photos ci-contre).

Le texte qui suit est en relation directe avec le témoignage documenté de John Christy auprès du Sénat US, tel que je l'avais rapporté dans la page paroles.html.

Le billet des trois physiciens, paru le 13 août, entre autres, dans le Wall Street Journal, est (gentiment) intitulé : "'Climate Consensus' Data Need a More Careful Look."

"'Consensus sur le climat' Il faut regarder les données avec plus d'attention."

Voici, dans l'encart ci-dessous, une traduction intégrale du billet de Lindzen, Happer et Cohen qui, sous un titre apparemment anodin, se révèle être une critique particulièrement sévère et argumentée à l'encontre des affirmations de certains leaders écologistes et/ou politiques, de certains médias et aussi, malheureusement, de quelques scientifiques non moins médiatiques..

"Dans son billet d'opinion du 6 Août, intitulé " Un nouveau consensus sur le changement climatique", Fred Krupp, le Président de la Fondation pour la Défense de l'Environnement, évoque " la tendance - une progression qui dure depuis des décennies vers des temps plus chauds et plus agités". On nous a infligé une quantité des ces affirmations durant cet été et Mr Krupp insiste pour que nous les tenions pour avérées. Mais c'est seulement dans la fameuse définition de la vérité par Lewis Caroll, "Ce que je vous dis trois fois est la vérité", que c'est le cas. (NdT: citation tirée du célèbre poème de L. Caroll "The Hunting of the Snark". Tx IA)

La répétition d'un bobard n'en fait pas une vérité. A titre d'élément de preuve, parmi les nombreuses existantes, que notre climat fait en ce moment ce qu'il a toujours fait, voyez les données de la NOAA pour les années humides et les années sèches dans les états contigus des USA.

christydrought1

NdT : Voici le graphe de la NOAA (1900 à Juin 2012) auquel il est fait allusion.
En haut, en rouge, les pourcentages des surfaces affectées par les sécheresses aux USA.
En bas, La même chose pour les pluies sévères (en vert).


En effet, comme l'écrivent les trois physiciens, outre les sécheresses répétées des années 30 (appelées Dust Bowl, cf. "les raisins de la colère de Steinbeck"), il est difficile de discerner une tendance dans un sens comme dans l'autre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


De 1900 jusqu'à nos jours, on observe seulement des variations irrégulières, chaotiques, d'année en année, mais aucune variation de tendance ni dans la fréquence des années sèches ni dans celle des années humides. Il y a parfois eu des successions d'années humides ou sèches, dont la plus significative est celle du Dust Bowl durant les années 30. Celles-ci sont en général suivies de successions d'années humides.

En dépit des annonces stridentes de nouveaux records de chaleur, on n'en trouve aucune tendance dans le nombre des températures extrêmes, ni à l'échelle régionale, ni à l'échelle du continent, quand vous cherchez les records de chaleur dans les mesures des stations qui ont existé depuis suffisamment longtemps pour avoir un historique significatif. Nous voyons que c'est le Dust Bowl des années 1930 qui a établi le plus grand nombre de records de hautes températures et ceci à une époque où il est admis que les humains n'avaient qu'une influence négligeable sur le climat.

Et qu'en est-il des fortes tornades ? Là aussi, il n'y a pas de tendance. L'année dernière a été une saison particulièrement active et il est malheureux que quelques-unes de ces tempêtes aient causé des ravages dans des zones peuplées. Cependant, 2011 n'était que la sixième année dans le classement des fortes tornades depuis 1950 et était loin de constituer un record. De plus, est-ce que quelqu'un d'entre nous a entendu parler des tornades, cette année ? Et pourquoi non ? C'est parce que 2012 a été particulièrement calme. L'essentiel de la saison des tornades est derrière nous et, jusqu'à présent, le nombre des tornades s'achemine vers le plus bas quantile dans les registres historiques. Tout comme pour les ouragans, là encore, on ne discerne pas de tendance. Pour ce qui concerne les feux de forêts, les incendies de l'Ouest des USA des années passées ont brûlé une surface beaucoup plus grande que de nos jours. Les évaluations des effets climatiques sur les feux sont rendus complexes par les techniques de luttes contre les incendies, sujettes à controverses, durant les siècles derniers.

A côté des reportages débridés des médias et des affirmations des activistes, le rapport exhaustif du GIEC sur ces sujets a, lui-même, précisé que " Les données archivées ne sont pas encore suffisantes pour déterminer des tendances à long terme dans les extrêmes [météorologiques]." Mais même ceci n'a pas empêché les zélotes du réchauffement climatique de se servir des chaleurs de cet été pour dramatiser et annoncer une Apocalypse climatique, supposée inéluctable.

Lors d'un interview révélateur à PBS (NdT : Public Broadcasting Service) en 2007, l'ancien sénateur Tim Wirth** jubilait en racontant comment il avait truqué, en 1988, le témoignage théatral du scientifique de la NASA, James Hansen, auprès du Comité Sénatorial. Ce témoignage sonnait l'alerte d'un danger imminent à cause du réchauffement climatique. : "Nous avons appelé le bureau Météo et nous avons trouvé quel était, historiquement, le jour le plus chaud de l'été....C'est pourquoi nous avons programmé l'audition ce jour-là et, bingo, c'était le jour le plus chaud enregistré à Washington ou assez proche du record."

Non content de parier sur les caprices des statistiques météo, Mr Wirth se réjouisssait :"Ce que nous avons fait c'est que nous y sommes allés durant la nuit précédant l'audition et nous avons ouvert toutes les fenêtres...de telle manière que l'air conditionné ne fonctionnait pas dans la pièce...lorsque l'audition a eu lieu, ce n'était pas seulement le bonheur absolu que procurent des caméras de télévision avec des parts d'audience à deux chiffres, mais il faisait vraiment très chaud."
Des machinations comme celles qui sont décrites par le Sénateur Wirth ont été élevées au rang d'un art pour promouvoir la cause d'actions dispendieuses afin d'empêcher les conséquences supposées catastrophiques d'une augmentation de CO2. En contraste avec ces manipulations, voyez le témoignage instructif et mesuré auprès du Sénat (NdT : c'était le sujet du billet précédent) du climatologue John Christy qui a eu lieu un peu plus tôt, ce mois-ci.

Dans un effort pour propulser le débat scientifique tout entier dans la sphère politique, Mr Krupp suggère qu'à l'exception de quelques gouverneurs républicains éclairés et de quelques capitaines d'industrie, la plupart des "conservateurs" sont climato-sceptiques et vice-versa. Mais quelques-uns des plus éminents opposants à l'hystérie climatique incluent Ivar Giaever, lauréat du prix Nobel de physique qui est un libéral sur le plan politique, Freeman Dyson qui est un physicien et auteur dont l'indépendance est bien connue, un futurologue environnementaliste, père de l'hypothèse Gaïa, James Lovelock, ainsi que le chimiste du centre-gauche, Fritz Vahrenholt qui est l'un des pères du mouvement environnementaliste allemand, ainsi que beaucoup d'autres qui se hérisseraient à l'idée d'être relégués dans le camp conservateur.

Savoir si l'augmentation de CO2 dans l'atmosphère est bonne ou mauvaise est affaire de science. Et en science, la vérité et les faits ne sont pas des leviers utilisables pour faire avancer des causes non plus que des références pour servir le politiquement correct, ni pour la religion révélée ni pour le "ce que je vous dis trois fois est la vérité."

L'humanité a toujours eu affaire à un climat changeant. En plus des années de sécheresse et d'humidité excessive comme dit plus haut, les données géologiques montrent clairement qu'il y a eu des périodes de sécheresses qui ont duré plusieurs années comme pendant le Dust Bowl des années trente, jusqu'à beaucoup de décennies ou de siècles. Aucun des ces changements climatiques du passé qui ont eu des conséquences profondes pour l'humanité n'avait à voir avec le CO2 et il y a de bonne raisons d'être sceptique sur le fait qu'un doublement du CO2 ferait une différence notable par rapport aux changements naturels du climat.

Il est de plus en plus clair qu'un doublement du CO2 ne conduira probablement pas à une augmentation de température supérieure à un degré Celsius et non pas à des augmentations beaucoup plus élevées proclamées par l'establishment du réchauffement climatique. En réalité, les taux de CO2 sont en dessous du niveau optimal pour la plupart des végétaux et il existe des arguments convaincants qu'un réchauffement modéré et des améliorations des rendements en agriculture bénéficieront globalement à l'humanité. Attachons nous plutôt à débattre et à trouver des solutions aux problèmes réels et sérieux auxquels est confrontée notre société et non pas à des montages bidons, savamment élaborés, comme la nécessité, forgée de toutes pièces, de réduire radicalement nos émissions de CO2.

Roger W. Cohen Fellow, American Physical Society La Jolla, Calif.

William Happer Princeton University Princeton, N.J.

Richard S. Lindzen Massachusetts Institute of Technology Cambridge, Mass.

Une version de cet article est parue le 14 Août 2012 à la page 14 de l'édition US du Wall Street Journal, sous le titre :" 'Consensus sur le climat' Il faut regarder les données avec plus d'attention.

Oups ! Je ne l'aurais pas mieux dit que Lindzen, Happer et Cohen. De fait, ils sont encore plus sévères que PU.

______________________________________dunkey
* Aux Etats-Unis, l'âne est considéré, à juste titre, comme un animal intelligent, au point que le parti Démocrate US l'a choisi comme symbole représentatif (ci-contre). D'où le "dunce cap" (littéralement "chapeau de cancre") à une seule pointe qui ne représente pas un bonnet d'âne. En Europe, certains affirment que le bonnet d'âne qui coiffait autrefois les mauvais élèves était destiné à leur infuser une partie de l'intelligence de cet animal.
Au vu des résultats obtenus, je n'attesterai pas de l'efficacité de ce procédé.
Les récidives sont trop nombreuses.

** Tim Wirth, ancien sénateur et activiste de longue date, aurait également affirmé, en 1993, " Nous devons enfourcher le cheval de bataille du réchauffement climatique. Même si la théorie du réchauffement climatique est fausse, nous ferons ce qui est bon aussi bien pour l'économie que pour la politique environnementale"
_____________________________________

C'était le "dunce cap" du mois de Septembre 2012.
Stay Tuned !


03 Août 2012 : Fonte du Groenland ? : Mystifications médiatiques à profusion ...

La NASA a récemment publié un communiqué dont le titre est erroné et, d'ailleurs, en contradiction avec le texte qui le suit. Même si l'utilisation de titres hypertrophiés et accrocheurs relève de procédés journalistiques (hélas) de plus en plus fréquents, on aurait pu espérer que la NASA ne verserait pas dans ce travers digne de la presse à sensation.
En réalité, il s'agit de l'observation satellitaire d'une brève (3-4 jours) période de fonte d'une mince couche de neige à la surface du Groenland due à un ensoleillement exceptionnel et une succession de courtes et intenses vagues de chaleur, comme cela s'est reproduit à intervalles relativement réguliers depuis des lustres et comme cela est clairement documenté par les carottages glaciaires.

Sans se poser de question, la plupart des médias internationaux ont omis l'essentiel, répercuté et amplifié le titre du communiqué de la NASA. Beaucoup de médias francophones ont fait de la surenchère en faisant croire à leurs auditeurs/spectateurs/lecteurs que l'événement était sans précédent et que 97% de la calotte glaciaire du Groenland (ce qui représente quand même quelques 3km d'épaisseur de glace par endroits !) avait fondu... en quelques jours, ce qui est évidemment totalement impossible.
La nouvelle a généré un gros buzz dans les médias et sur la toile, et on a pu constater, une fois encore, que les lecteurs/spectateurs/forumers sur Internet sont manifestement plus avertis et vigilants que les journalistes en titre.

Tout est parti d'un communiqué de la NASA qui a probablement plongé dans l'embarras un certain nombre de ses responsables et de ses anciens membres qui ont participé à la conquête de l'espace.

1) Le communiqué de la NASA publié sur le site de cet organisme est intitulé :vinas
" Les satellites observent une fonte sans précédent de la surface glacée du Groenland"

L'auteur de ce communiqué de la NASA est une vétérinaire diplômée, promue communicatrice pour les affaires sur les glaces et les océans pour cet organisme.
Elle s'appelle Maria-José Viñas. (photo ci-contre).

 

La figure colorée et sa légende qui figurent dans le communiqué de la NASA sont suffisamment explicites pour provoquer la panique dans la fraction la plus crédule de l'opinion publique et des médias. Les voici :

greenlandmelt

"Etendue de la fonte de surface sur la calotte glaciaire du Groenland le 8 Juillet (à gauche) et le 12 Juillet (à droite). Les mesures résultant de trois satellites montraient que le 8 Juillet environ 40% de la calotte glaciaire avait subi un dégel sur ou près de la surface. En seulement quelques jours, la fonte à fortement accéléré et une surface estimée à 97% de la surface de la calotte glaciaire avait dégelé vers le 12 Juillet. Sur l'image, les zones classées comme "probablement fondues (en rose clair) correspondent à des sites ou deux ou trois satellites ont détecté une fonte de surface. Les satellites mesurent différentes propriétés physiques à différentes échelles. Ils survolent le Groenland à des moments différents. En résumé, ils fournissent l'image d'une fonte extrême qui reçoit l'agrément des scientifiques. Crédit: Nicolo E. DiGirolamo, SSAI/NASA GSFC, and Jesse Allen, NASA Earth Observatory"

NB : Pour les besoins de la suite du texte, j'ai reporté sur la carte de droite l'emplacement du point culminant du Groenland ainsi que l'emplacement des forages du GISP2. Ces deux indications ne figurent pas dans l'image originale du communiqué de la NASA.

Le texte du communiqué précise également que :

"Pendant plusieurs jours ce mois-ci, la couverture glacée du Groenland a fondu sur une surface plus grande qu'à aucune autre époque durant plus de 30 ans d'observations satellitaires." [...]

Plusieurs experts donnent ensuite leur point de vue sur les explications (météorologiques) envisageables permettant d'expliquer ce dégel superficiel (voir ci-dessous).

In cauda venenum, ce n'est qu'à la fin de son communiqué de presse que la NASA précise ce qu'elle aurait dû indiquer dès le début du texte, sinon dans le titre, et que savent tous les glaciologues qui se sont intéressés de près aux forages glaciaires GISP2 effectués au sommet du Groenland depuis la fin de l'année 1988.

" Les carottages glaciaires extraits au sommet du Groenland montrent que des événements de fonte de ce type se produisent environ tous les 150 ans, en moyenne. Le dernier enregistré s'est produit en 1889. L'événement actuel arrive juste à temps" déclare Lora Koenig, une glaciologue du Goddard Institute et membre de l'équipe de chercheurs qui ont analysé les données satellitaires. "Mais si nous continuons à observer des événements de dégel comme celui-ci dans les années à venir, cela sera inquiétant. "

Je rappelle, comme je l'ai indiqué sur l'image ci-dessus, que le site qui a été utilisé pour les carottages du GISP2 se trouve à proximité immédiate du sommet du Groenland et ceci de manière à obtenir des carottages sur les plus longues durées/profondeurs possibles. Ainsi, si, comme c'est le cas, on observe des périodes répétées de fonte dans ces carottages cela signifie que les dégels précédents ont également affecté le point culminant du Groenland, et donc, très probablement, la quasi totalité ( 97% ?) de la surface glacée, tout comme celui-ci.

Inutile de préciser que le rappel du fait que ce genre d'événement s'est produit à de multiples reprises durant l'histoire de l'holocène avec le titre du communiqué de la NASA qui indique "une fonte sans précédent", a provoqué une vague de protestations qui ont dû plonger dans l'embarras un certain nombre de caciques de cette institution.
Nul doute, également, que ce genre de communiqué officiel affublé d'un titre mensonger et contradictoire ne doit pas faire plaisir aux quelques 50 vétérans de la conquête spatiale de la NASA qui, en Avril dernier, avaient précisément mis en garde la direction de cette institution contre ce genre de publication qui nuit gravement, selon eux, à la réputation de leur (autrefois) prestigieuse Alma Mater.

2) Alors, que s'est-il passé ?

Avec beaucoup d'autres, Le Climatologue Roger Pielke Sr, bien connu des lecteurs de ce site, s'est immédiatement insurgé contre ce communiqué de la NASA dont le titre (NdT : "sans précédent") est carrément mensonger et d'ailleurs, contredit immédiatement par le texte et les connaissances accumulées au cours des dernières décennies au sujet du Groenland (voir ci-dessous, un article de 1994).
Dans un billet intitulé "Mes commentaires sur l'exagération médiatique du récent communiqué de la NASA au sujet de la fonte massive et soudaine du Groenland", Pielke suggère (sans succès)de substituer au titre du communiqué de la NASA, un titre plus précis et plus scientifique tel que celui-ci : "Fonte rapide, de brève durée et de grande extension de la surface glacée du Groenland". D'autre part, Pielke Sr. précise que la surface glacée du Groenland est d'ailleurs le siège d'une ablation par sublimation (NdT : comme le sommet du Kilimandjaro) à n'importe quelle époque de l'année.

S'agissant d'une fonte superficielle de grande extension qui, cette fois-ci, a également affecté la partie centrale du Groenland, Pielke Sr. donne quelques précisions supplémentaires sur ce qui s'est réellement passé. Il rappelle l'évolution des températures au cours de la période greenlandsummitconsidérée au moyen du graphique ci-contre qui indique l'évolution de la température au sommet du Groenland et qui montre que, durant une très brève période et à deux ou trois reprises, la température de l'air au sommet du Groenland est passée légèrement au dessus du zéro. Comme on le voit, la température normale en cette période de l'année est plutôt comprise entre -10°C et -20°C. il suffit d'un ensoleillement particulièrement généreux et d'une vague de chaleur temporaire comme cela a été le cas pour passer au dessus du zéro et provoquer une fonte superficielle de la neige qui recouvre la partie élevée centrale du Groenland. .

L'axe des abscisses est gradué en N° de semaine.

Il existe aussi un autre graphique, peut-être plus parlant, qui donne également l'évolution de la température au sommet du Groenland, avec une meilleure définition (courbe en rouge). La courbe en vert représente le point de rosée, classique en météorologie. Lorsque la courbe en rouge passe en dessous de la courbe en vert, le brouillard glacé s'installe. La semaine de fonte a été caractérisée par un ciel très clair et un ensoleillement remarquable.
greenlandsummit3

L'axe des abscisses indique la date du mois en cours (Juillet). Comme on le voit, entre le 11 et le 17 Juillet, la température est passée quatre fois au dessus du zéro, puis elle est retombée à sa valeur normale, vers -10°C, -15°C et la glace superficielle s'est reformée. A noter que cette courbe détaillée montre aussi les regels successifs correspondant aux nuits polaires qui, sans être des nuits noires comme celles des plus basses latitudes sont néanmoins relativement assombries comme on peut le voir en suivant la chute du jour avec la Webcam ci-dessous.

webcam

Roger Pielke Sr conseille également de visionner l'image de la Webcam positionnée à proximité du camp de base situé au sommet de Groenland. Voici, ci-contre, une photographie prise par cette webcam le 26 juillet vers 14h GMT. On peut réactualiser cette image en la cliquant.

On peut y apercevoir de nombreuses traces de pas et de véhicules qui montrent qu'il s'agit de neige plus ou moins verglacée et non pas, comme beaucoup semblent le penser, de glace compacte comme, par exemple, dans un glacier. Par contre et à quelques mètres sous la surface, une très épaisse couche de glace s'est formée qui résulte de la compaction progressive des couches de neige successives déposées, chaque hiver sur le sommet et aux alentours. C'est ainsi qu'est progressivement constituée la calotte glaciaire. C'est entassement successif, année après année, est à la base du principe de l'analyse des carottages glaciaires.

 

 

 

sst2012

Les explications avancées par les scientifiques pour expliquer cette fonte superficielle d'une relativement rare extension, relèvent de la météorologie traditionnelle (blocage de situations anticycloniques du type de celle qui a provoqué la vague de chaleur en Russie durant l'été 2010). Certains font remarquer que la température de surface des océans (SST) dans la région du Groenland et à l'Est des USA, montre une anomalie positive particulièrement nette en été cette année, comme on le voit sur la carte ci-contre, ce qui permet d'expliquer la hausse des températures observées dans ces régions, durant l'été.

A noter également que le Nord de la France et, surtout, le Royaume Uni se trouvent, eux, à proximité d'une anomalie froide ce qui est cohérent avec la fin du printemps et le début de l'été plutôt frisquets que nous connaissons dans ces régions. On perçoit également sur cette carte l'existence d'un El Niño de faible extension au niveau de l'équateur à l'Ouest de l'Amérique du Sud.

De plus, si l'Est des USA a connu une vague de chaleur assez intense (qui reste quand même très en dessous de celles des années 1930, le dust bowl), la côte Ouest, en revanche, a connu de températures en dessous des moyennes. Il a fait aussi particulièrement froid en Alaska durant cette même période.

amo2012

Certains font également remarquer que nous sommes actuellement en configuration ou l'indice AMO (Atlantic Multidecennal Oscillation) se trouve près de son maximum, ce qui est cohérent avec des anomalies chaudes marquées dans l'hémisphère Nord, comme on peut les observer.

Voici, ci-contre, la situation de l'AMO à l'heure actuelle - (graphe mis à jour le 3 Février 2012) d'après les données de l'ESRL de la NOAA.

 

 

 

En réalité, il s'est passé au centre du Groenland exactement ce qui se passe parfois en été, dans les Alpes, en moyenne montagne ou haute montagne et qui est bien connu des skieurs et des observateurs. Durant une période particulièrement chaude à fort ensoleillement, la couche superficielle de neige, la plupart du temps sèche à ces altitudes, fond sur une profondeur de quelques mm/cm.Il est bien connu que cette neige humide ("la soupe") oppose une résistance au glissement des skis qu'il faut alors "farter" avec un enduit spécifique. Lorsque la température redescend (par exemple, la nuit suivante), il se forme, en surface, une mince couche de glace (verglas) que les skieurs pratiquant leur sport dès le lever du jour connaissent bien. Vue de loin, cette couche mince de verglas qui peut recouvrir la totalité de la neige qui enveloppe le sommet d'une montagne (ou seulement sa face exposée au Sud) lui donne une apparence verglacée particulièrement brillante, très reconnaissable.
Il va sans dire que les détecteurs des satellites modernes sont tout-à-faits en mesure de déceler les changements de phase subis par la neige en surface, les fontes superficielles comme les regels.
De là à affirmer que "la glace du Groenland" ou que la "calotte glaciaire du Groenland a fondu", il y a une gigantesque marge que beaucoup n'ont pas hésité à franchir, comme nous allons le voir.

Les textes publiés dans la presse sont le plus souvent (maladroitement) tendancieux au point d'être parfois vraiment cocasses. Certains, hélas, sombrent carrément dans le ridicule...

3) La presse

A) Quelques bonnets d'âne (en fourrure de morses) avec palmes, parmi beaucoup d'autres :

Le Monde (article non signé repris par Yahoo News) se dissimule derrière l'autorité de la NASA pour lui faire dire ce qu'elle n'a pas dit.
Le titre du Monde est "La NASA relève une fonte sans précédent de la calotte glaciaire du Groenland".
Si la NASA indique également et à tort qu'il s'agit d'une fonte "sans précédent", le communiqué de la NASA précise bien qu'il ne s'agit que de la "surface glacée" du Groenland et non pas de la masse de glace de la calotte glaciaire ce qui semble avoir échappé à l'auteur de l'article du "Journal de référence".

Visiblement, beaucoup de journalistes semblent ignorer (?) que La "calotte glaciaire" du Groenland désigne la masse totale de la glace et non pas sa couche superficielle (voir la définition du CNRTL ou encore ici, ici, ici, et là). Il est donc franchement mensonger d'affirmer que 97% de la "calotte glaciaire du Groenland ont fondu", alors que l'épaisseur de celle-ci peut atteindre, par endroits, plusieurs kilomètres tandis que la fonte superficielle en question ne concerne guère que quelques mm/cm à la surface. En réalité et s'agissant de la calotte glaciaire explicitement mentionnée par nombre de journalistes, il ne s'agit ici que d'une fonte absolument infinitésimale.
Malheureusement, cette erreur ou cet abus de langage, intentionnel ou pas, est extrêmement répandu jusques et y compris dans des sites à prétention scientifique. Il suffit de "Googler" avec les mots "97% calotte glaciaire et Groenland", pour être horrifié par l'illettrisme ou l'esprit tandencieux de nombre de rédacteurs.
En voici d'autres exemples, parmi beaucoup d'autres :

Le Point, outre le titre, ( "Spectaculaire fonte de la calotte glaciaire du Groenland") fait des raccourcis surprenants. Sans doute en mélangeant des paragraphes, il nous apprend notamment que : "Normalement, au cours de l'été, la moitié de la surface glaciaire de cette île de près de 2 200 000 km2 fond de manière naturelle. Ce type de fonte intervient même tous les 150 ans en moyenne." ... ce qui est effectivement surprenant pour une fonte qui, selon l'auteur (et c'est exact) se renouvelle tous les étés. Quant à la "la forte pression inhabituelle d'air chaud", voilà un autre raccourci sémantique qui va faire sourire les météorologues qui pratiquent les anticyclones.

L'Express : "Le Groenland fond à une vitesse record" nous affirme carrément ce journal qui insiste "La calotte glaciaire du pays fond à vitesse grand V cette année." en s'appuyant sur les dépêche de Reuters et de la NASA, tout en rappelant que le Groenland vient de relâcher un très gros iceberg, ce qui lui semble alarmant. Il faudrait également rappeler à ces journalistes que le vêlage est un phénomène parfaitement naturel qui permet au Groenland de se décharger de l'accumulation de neige reçue chaque année... sauf à imaginer que les montagnes groenlandaises pourraient accumuler indéfiniment de neige, jusqu'à atteindre la tropopause. Tout est question de bilan (accumulation de neige/vêlage par les icebergs/sublimation) comme l'expliquent les articles mentionnés (les bons points) ci-dessous et rien ne prouve actuellement que ce bilan soit anormalement négatif.

Le journal 20-Minutes (Audrey Chauvet) y va carrément et sous l'intitulé "Groenland : La calotte glaciaire a dégelé à 97% en juillet", il nous affirme sans ambages que "L'été est déjà bien avancé au Groenland: selon les observations par satellite, 97% de ses glaces ont fondu au 12 juillet."
Faut-il rappeler à Audrey Chauvet que si 97% des glaces du Groenland avaient fondu comme elle l'affirme, le niveau des océans serait monté de quelques 7 mètres ? Faut-il également lui préciser que les experts s'accordent sur le fait qu'il faudrait plusieurs centaines d'années, voire 1000 ans, pour que l'énorme quantité de glace accumulée au Groenland fonde et .. non pas trois ou quatre jours ? Faut-il également lui rappeler qu'une quantité d'articles scientifiques publiés récemment montrent que la fonte actuelle des glaciers du Groenland n'excède pas celle qui a eu lieu dans les années 30 et aussi que les carottages glaciaires indiquent que la température à la surface du Groenland a énormément fluctué, au moins, au cours des 4000 ans écoulés ? Etc.

Paris Normandie titre sans ambages que "Groenland : 97% de la calotte glaciaire a fondu", tout en reprenant les termes du communiqué de la NASA qui, elle, a bien précisé qu'il ne s'agit que d'une fonte superficielle et que cela s'est déjà produit à de multiples reprises dans le passé, environ tous les 150 ans.

Le journal La croix (.com) qui, semble-t-il, oublie toute mesure dès qu'il s'agit de ces affaires de réchauffement climatique, n'hésite pas à titrer, lui aussi : "97% de la calotte glaciaire du Groenland aurait fondu" tout en reprenant le texte de l'AFP.

...et une quantité d'autres qu'il est facile de retrouver en "Gogglant" avec les mots-clef "97% calotte glaciaire".

"De l'autre côté de la mare" (comme disent les américains des USA), ou de la Manche, les médias plutôt à gauche, supporters traditionnels du GIEC, (par exemple, le New York Times, NCBC, USAToday, The Guardian, et le Huffington Post) n'ont guère fait mieux que les médias francophones quoiqu'on décèle ici ou là quelques tentatives d'explication et de dédramatisation. A l'opposé sur l'échiquier politique, Fox News s'élève contre la dramatisation à outrance de cet événements par les autres médias.

B) Il est rassurant de constater qu'il y a eu aussi quelques (rares) articles beaucoup plus sérieux :

- Le Nouvel Observateur (Le Plus : opinions) publie un texte d'un chercheur glaciologue du CNRS (Gallée) qui tempère la panique des médias, corrige quelques affirmations erronées et apporte des précisions intéressantes. Son titre, un rien ironique, est : "Fonte record au Groenland : Le "jour d’après", ce n’est pas pour tout de suite" faisant allusion au titre d'un film catastrophe dont la naïveté a fait sourire les spectateurs les moins avertis.

- Une explication et des commentaires intelligents (comme souvent) sur la Chaîne Météo. Le titre : "Non, le Groenland n'a pas fondu."

- Sinon, il faut aller chercher aux USA. Par exemple chez Andrew Revkin, (par ailleurs éminent supporter du GIEC mais qui ne se satisfait pas des démesures de certains scientifiques et de ses collègues ,journalistes) qui est un ex-chroniqueur scientifique au New York Times. Comme il l'avait fait pour l'affaire de "la crosse de hockey de Gergis" (ci-dessous), Revkin s'insurge une fois encore. Il critique énergiquement le communiqué incohérent et contradictoire de la NASA. Son article sur Dot Earth du New York Times est ironiquement intitulé :
"Une fonte de la surface du Groenland "sans précédent" - qui se reproduit tous les 150 ans ?"
Ce caractère quasi-cyclique est connu depuis longtemps. A l'appui de ses dires et de ceux de Lora Koenig du Goddard, Andrew Revkin a exhumé un article datant de 1994 qui montrait les empreintes visibles à l'oeil nu, d'un certain nombre de fontes superficielles au sommet du Groenland dans les carottages du GISP2 (voir la carte annotée) depuis l'an 500.
Voici les références de cet article publié dans
la revue Science :
Science 9 Décembre 1994: 
Meese et al.
Vol. 266 no. 5191 pp. 1680-1682 
DOI: 10.1126/science.266.5191.1680

Le titre : " Les données sur l'accumulation (de neige) à partir des carottages GISP2 en tant qu'indicateur du changement climatique durant tout l'holocène."
meese95La figure maîtresse de cet article est reproduite ci-contre avec sa légende. :

"Fig. 2. l'enregistrement de l'accumulation, moyennée sur 100 ans, tiré des carottages du GISP2 pour la période qui va de l'an 500 jusqu'au présent. (NdT : C'est à dire, par convention, jusqu'à l'année 1950).
Les flèches indiquent les positions où des couches fondues ont pu être visuellement identifiés dans les carottes de glace."

A noter que les forages du GISP2 (The Greenland Ice Sheet Project Two) ont été effectués à proximité immédiate du sommet du Groenland comme cela est indiqué sur la carte ci-dessus. Il est hautement probable que si la neige située au sommet du Groenland a fondu à différentes époques, la quasi-totalité de la surface du Groenland, à plus basse altitude, a dû subir le même sort, comme au début de ce mois de Juillet.

Dans son billet initial, Revkin indique également que Lora Koenig lui a communiqué d'autres références d'articles précisant les différentes périodes de fontes superficielles analogues à celle qui s'est produite ces jours derniers. Lora Koenig précise que les périodes d'occurrence de ce genre d'événement vont de 80 à 250 ans environ.

4) Quelques remarques en guise de conclusion :

- Les nombreux chercheurs qui ont, autrefois, été en relation avec la NASA, doivent, comme moi, s'étonner de voir cette estimable institution verser dans les travers les plus détestables de la presse à sensation. Lors de l'extraordinaire conquête de l'espace, la NASA était estimée pour son indépendance d'esprit et la rigueur de ses jugements scientifiques.
Dès lors comment expliquer cette évolution dont le communiqué de presse, cité plus haut, est un exemple particulièrement flagrant ?

Il est possible que la conjoncture économique actuelle et plus spécifiquement celle des Etats-Unis, puisse expliquer, au moins en partie, cet état de fait. Il faut savoir que dans le cadre général des restrictions des dépenses publiques aux USA, les représentants élus au Congrès et au Sénat (en particulier, les Républicains) font actuellement le forcing pour obtenir, notamment, un recentrage des activités de la NASA autour de ses missions originelles. Dans cet esprit, ils préconisent une baisse des budgets destinés à certaines activités, jugées en dehors de l'objectif principal (qui est l'étude de l'espace). C'est ainsi que les programmes de mise en orbite des satellites d'observation de la terre tels que ceux qui ont été utilisés pour cette mission d'observation des glaces Groenlandaises, risquent d'être reportés ou même carrément supprimés. Dès lors - mais ce n'est que mon opinion - il est compréhensible que certains responsables de la NASA, notamment ceux qui sont engagés dans les études sur le climat (tels que le Goddard Institute dirigé par James Hansen) aient jugé qu'il était indispensable de frapper un grand coup en alarmant l'opinion publique avec l'aide la presse quitte à forcer un peu le trait sur le titre du communiqué.
Cependant, compte tenu des maladresses évidentes du communiqué en question, il n'est pas certain que les promoteurs de cette opération aient atteint le but. Peut-être même, est-ce le contraire.

- Dominique Wolton est, entre autres, le Directeur de l'Institut des Sciences de la Communication du CNRS. Fort de sa grande expérience, il a publié récemment un livre intéressant intitulé "Indiscipliné, 35 ans de recherches" et c'est, sans doute, à ce titre qu'il a été invité par Marie-Odile Monchicourt à s'exprimer dans une émission de France-Info qui avait pour titre "Le journaliste, un maillon indispensable pour la protection de la démocratie". Evoquant les difficultés du métier de journaliste face à la montée en puissance d'Internet et de "l'information répartie", Wolton encourage ces derniers à demeurer une sorte de référence qui vérifie ses sources, étaye ses affirmations etc.
On ne peut qu'adhérer aux idées et aux recommandations de Wolton. Il n'est pas contestable que des journalistes ont été dans le passé, du moins lorsque la presse n'était ni muselée ni orientée, des "protecteurs de la démocratie" et personne ne peut souhaiter qu'il n'en soit plus ainsi.

Encore faudrait-il qu'un certain nombre d'entre eux, notamment parmi les plus éminents, fassent preuve d'un minimum d'esprit critique par rapport aux nouvelles qu'ils reçoivent et colportent à destination de leurs contemporains. L'absence d'investigation préalable, l'emphase, l'hyperbole, l'hypertrophie et l'exagération quand il ne s'agit pas, tout simplement, de la propagation de fausses nouvelles comme c'est le cas dans cette histoire de "fonte de 97% de la calotte glaciaire du Groenland", n'ont rien à voir avec ce que préconise, à juste titre, Dominique Wolton.
En particulier, dans les domaines qui touchent à la Science.

Bonne vacances à toutes et à tous !
A suivre...

 

15 Juillet 2012 : Crosse de hockey II : Le retour, les médias, l'erreur et la chute.

Voici l'occasion de ranimer la longue et, semble-t-il, interminable controverse qui a agité et agite encore, le petit monde des sciences du climat, depuis la parution, en 1998, de la célèbre "crosse de hockey" par Michael Mann et al qui effaçait de la mémoire des hommes l'existence de l'Optimum Médiéval et du Petit âge Glaciaire dans l'hémisphère Nord.
Cette longue polémique porte, en réalité, non pas sur les sciences du climat à proprement parler mais sur une branche de la science qui lui est bien distincte et qui concerne l'analyse statistique des données. C'est une science particulièrement subtile où les pièges sont nombreux et dans laquelle les climatologues ou d'autres scientifiques non spécialistes n'ont pas de raison d'être particulièrement versés.
Certains, comme nous allons le voir, ont essayé de contourner les écueils de l'analyse statistique qui avaient été signalés... mais y sont retombés.

Les "citoyens scientifiques" (ingénieurs, scientifiques d'autres disciplines en activité ou retraités, amateurs avertis etc.) comme les nomment un récent rapport de la Royal Society et qui représentent une nouvelle forme de "science répartie" ont, une fois encore, fait la preuve de leur perspicacité et de leur obstination à analyser, en profondeur, les résultats publiés dans les revues scientifiques (déjà revues par les pairs).
Comme d'habitude, les médias, ignorants de ces difficultés, avaient versé dans l'alarmisme à bon marché. A tort.

Ce billet, tout comme le titre, est divisé en trois parties qui s'enchaînent dans l'ordre chronologique du déroulement des événements. C'est une saga qui illustre à merveille les difficultés qui s'opposent à tous ceux qui tentent de tirer des conclusions définitives à partir de signaux incertains et fluctuants, comme c'est très souvent le cas en science climatique.

 

1) La crosse de hockey australienne : Le retour.

Tout a commencé par la publication d'un article dans le Journal of Climate, 2012, (pp. 120518103842003-. DOI.)

Cet article, dont un preprint est disponible en ligne, était intitulé :
Evidence of unusual late 20th century 1 warming from an Australasian temperature reconstruction spanning the last millennium

"Evidence d'un réchauffement inhabituel à la fin du XXème siècle à partir d'une reconstruction des températures australasiennes couvrant le dernier millénaire."

Ses auteurs et leurs affiliations :

Joëlle Gergis1, Raphael Neukom1, Steven J. Phipps2, 3, Ailie J.E. Gallant1, David J. Karoly1
and PAGES Aus2K Project Members.

1 School of Earth Sciences, University of Melbourne, Australia
2 Climate Change Research Centre, University of New South Wales, Sydney, Australia
3ARC Centre of Excellence for Climate System Science, University of New South Wales, Sydney, Australia

La courbe maîtresse de cet article est la suivante. Il s'agit d'une reconstruction de l'anomalie de la température moyenne de l'Australasie (durant les mois de Septembre à Janvier) de 1000 à 2001 de notre ère, par rapport à la température moyenne de la période 1961-1990, .

gergis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme vous le constatez, cette reconstruction, publiée par Joelle Gergis et al, présente une allure qui s'apparente à la célébrissime "Crosse de hockey" de Michael Mann et de ses collègues, telle que publiée en 1998 et reprise (et un peu améliorée au cours des années suivantes) à de multiples reprises dans les rapports successifs du GIEC. A noter également que cette reconstruction semble indiquer un "Optimum médiéval" en retard (vers 1300) par rapport à ce que l'on sait par ailleurs de l'hémisphère Nord. De même, Gergis et al retrouvent l'existence d'un Petit Age Glaciaire signalé aussi dans l'hémisphère Nord.

Bref rappel : Qu'est-ce que la crosse de hockey ?hockey1
Voici, ci-contre, une représentation imagée de la crosse de hockey originale.

 

Cette courbe emblématique (la courbe sous-jacente à la crosse de hockey), publiée dans Nature par Mann et ses collègues en 1998, a surpris beaucoup de scientifiques qui en étaient restés à la courbe schématique, dite de Lamb, et aux récits historiques (Vikings au Groenland, vignes en Angleterre durant l'Optimum Médiéval, Tamise gelée et grands froids en Europe pendant le Petit Age Glaciaire etc.). La courbe de Lamb, publiée dans le premier rapport FAR du GIEC, était basée sur une multitude d'observations et de récits historiques. Elle mettait clairement en évidence tout à la fois, l'existence d'un Optimum Médiéval (autour des années 1000-1200) et d'un Petit âge Glaciaire subséquent qui s'est prolongé jusque dans les années 1850. En bref, la courbe de H. H. Lamb (qui a été le créateur et le premier directeur du Climate Research Center de l'Université d'East Anglia dont le responsable actuel est Phil Jones, un des principaux protagonistes des courriels des Climategates 1 et 2) semblait démentie par les recherches de Mann et al. De fait, une floraison de recherches (dont beaucoup sont compilées dans cette base de données) qui ont été effectuées depuis lors, démontrent effectivement l'existence d'un Optimum Médiéval et d'un Petit Age Glaciaire planétaires. Michael Mann et ses collègues soutenaient et soutiennent encore que l'OM et le PAG avaient seulement concerné l'Europe du Nord.

Ainsi, la "crosse de hockey" de Mann et al semblait indiquer que la température de l'hémisphère Nord n'avait que très peu varié (c'est le manche de la crosse) pendant quelques 950 années précédant une augmentation relativement brutale de la température depuis les soixante dernières années (la lame de la crosse). Cette courbe de Mann était devenue iconique du "réchauffement climatique anthropique" soutenu par le GIEC. De fait, elle figurait jusqu'à 5 fois dans un seul rapport du GIEC (le SAR, le troisième rapport, publié en 2001). Depuis, et compte tenu des développements et de graves critiques exposés ci-dessous, l'enthousiasme (sauf de la part de quelques irréductibles) pour ces études problématiques semble être retombé et peu d'orateurs s'aventurent encore à l'exposer devant un public quelque peu averti.

A la différence de la crosse de hockey (le hockey stick) de Mann qui ne concernait que l'hémisphère Nord, les résultats présentés par Gergis et al (Joellegergis Gergis ci-contre) concernent l'Australie et ses alentours dans l'hémisphère Sud ( l'Australasie) et, comme telle, la crosse de hockey australasienne est censée démontrer que le réchauffement que nous avons connu depuis les dernières décennies serait, tout à la fois, exceptionnel et mondial, même si cela va à l'encontre d'un très grand nombre de travaux (tels que ceux-ci et d'autres qui viennent de paraître) qui montrent que le réchauffement actuel n'a rien d'inhabituel par rapport à celui de l'optimum médiéval et à ceux des périodes chaudes précédentes.


La crosse de hockey initiale (MBH98, selon les initiales des trois auteurs) avait fait couler beaucoup d'encre à l'époque. Les médias y voyaient, comme le GIEC, une preuve que le réchauffement actuel, du moins dans l'hémisphère Nord, était inhabituel et donc, affirmait-on, ... attribuable à l'homme. La presse s'était déchaînée à l'époque. Al Gore en avait fait son argument N°1...
La nouvelle crosse de hockey, présentée par Gergis et al. allait, cette fois-ci encore, et sans autre forme de procès, susciter l'enthousiasme des médias enclins à soutenir les thèses du GIEC.

2) Les médias : Une partie de la presse anglophone se déchaîne :

Jo Nova, journaliste australienne, a dressé une courte liste non exhaustive des intitulés des articles publiés dans les médias anglophones au sujet de la publication de l'article de Gergis et al.
Comme d'habitude, les médias ne font pas dans l'investigation et les titres de certains organes de presse et les communiqués ne font pas dans la litote.
Ainsi, Jo Nova rapporte :

"Le communiqué de presse de l'Université de Melbourne (où officie Joelle Gergis) : “1000 ans de données climatiques confirment que l'Australie se réchauffe".(Voir ici pour un cartoon sur les communiqués de presse des Universités, vu avec humour par un étudiant en PhD).
Le Guardian (l'équivalent UK de Libération) : "L'Australie a eu ses 60 années les plus chaudes du millénaire, nous dit une étude".
The Age et The Australian : "Le réchauffement depuis 1950 est sans précédent".
Cet article était évidemment placé en exergue sur les chaînes ABC 24  et ABC news dans laquelle Gergis affirmait " Il n'y a aucune période chaude dans les 1000 dernières années qui peut être comparée au réchauffement de l'Australie depuis 1950."
On trouvait ça partout, y compris dans les chaînes ABC, incluant ABC Radio National, et ils étaient certains à 95% (!). Sur  ABC AM, “Les cinq dernières décennies ont été les plus chaudes en Australie". De plus, il y avait des pages dans
Science Alert,  Campus Daily  Eco newsThe Conversation, Real Climate et Think Progress."

Comme vous allez le voir, l'enthousiasme de cette presse (militante) et des blogs qui ne le sont pas moins, était, pour le moins, prématuré. De fait, l'article de Gergis et al. est erroné. Les auteurs en ont convenu et l'ont retiré.

Rappels :

J'ai parfois évoqué l'usage de la dendroclimatologie (par exemple), mais - que l'on me pardonne - il est indispensable de rentrer ici quelque peu dans les détails de l'étude citée ci-dessus et de celles, du même genre, qui l'ont précédé. Les techniques, notamment statistiques, utilisées, ont fait l'objet de toute une série de polémiques qui ont surtout opposé Stephen McIntyre (un ingénieur des mines particulièrement attentif et compétent) aidé de Ross McKitrick (Un prof d'économie à l'Université de Guelph, versé en statistique) à Michael Mann et ses coauteurs (souvent baptisés "The Team", "l'équipe" (de hockey)). Plusieurs personnalités extérieures et notamment des statisticiens professionnels et des chercheurs d'autres disciplines ont également apporté leur expertise à cette polémique comme je vais l'expliquer ci-dessous.

Car il s'agit fondamentalement d'un problème d'analyse statistique des données de dendroclimatologie (les cernes des arbres) par "le Team" de Mann et al, entre autres.
Rassurez-vous, tout cela reste aisément compréhensible et je vous recommande de ne pas éluder l'encart suivant si vous voulez bien comprendre les deux derniers mots du titre de ce billet (l'erreur et la chute). Il est, je l'espère, aussi pédagogique que possible.

En réalité, la mesure de la température se fait toujours au moyen de "proxy" (terme anglais que l'on peut traduire par indicateur ou indicateur indirect). Ce n'est, pratiquement jamais, une mesure directe.
Le thermomètre à mercure lui-même n'est, de fait, rien d'autre qu'un proxy. Car ce que l'on mesure en réalité, ce n'est pas la température mais la dilatation d'une colonne de mercure. C'est une loi de la physique qui nous apprend que la dilatation linéaire d'une colonne de mercure, du moins dans un certain domaine, est strictement proportionnelle à la température telle qu'elle est définie en théorie cinétique des gaz ou en thermodynamique. Dès lors, des points de référence (différents pour les francophones et les anglophones) et une interpolation linéaire suffit à obtenir un instrument gradué relativement fiable et incontestable. On mesure la température de manière indirecte en utilisant une loi de la physique supposée exacte (elle l'est).
Evidemment, personne ne remet en doute la validité de la loi de la dilatation et, à vrai dire, on ne voit pas bien quel phénomène physique autre qu'une augmentation de la température, pourrait provoquer la dilatation de la colonne de mercure dans son enveloppe de verre. Dès lors, la mesure des températures à l'aide d'un thermomètre à mercure est univoque, non ambigüe et admise par tous. Il n'en est pas toujours ainsi, et, à vrai dire, c'est même assez rarement le cas.

S'agissant de remonter dans le temps bien en deçà de l'époque des premières mesures thermométriques fiables (qui datent, environ, de la fin du XIXème siècle) de la température de l'air qui entoure notre planète, les chercheurs ont pensé à utiliser d'autres proxys, d'autres indicateurs. Il s'agit fréquemment, parmi bien d'autres possibilités, des données enregistrées dans les anneaux de croissance des arbres qu'il est facile de dater (par la dendrochronologie traditionnelle) en comptant les anneaux de croissance.
Ces données sont essentiellement l'épaisseur (et/ou la densité) des cernes, lesquels effectuent généralement leurs croissance durant une période limitée que se situent en général autour du printemps et de l'été.
A noter que ce qui est rapporté ci-dessous concerne plus spécifiquement l'analyse des données contenues dans les cernes des arbres mais, s'agissant de traitement de l'information, la majeure partie de l'exposé pourrait tout aussi bien s'appliquer à d'autres proxys indirects et non univoques tels que les coraux, les stalactites ou stalagmites, les boues et autres dépôts, etc.
La première hypothèse (hardie) de ceux que l'on peut appeler les "dendroclimatologues" consiste à supposer que la croissance d'un arbre, au moins durant les mois favorables, est une fonction directe (et croissante) de la température.
C'est peut-être exact, mais il est patent que de nombreux autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la vitesse de croissance d'un arbre. Parmi ces derniers, on peut citer l'ensoleillement, le taux d'humidité, la teneur de l'air ambiant en CO2, l'environnement immédiat (le destin des arbres en compétition pour la nourriture, les modifications apportées par l'homme au milieu environnant), les maladies de l'arbre ou des voisins, les attaques d'insectes etc, mann6 toutes choses qui ont pu varier au cours des siècles et sur lesquelles on ne sait que très peu de choses, surtout à l'échelle locale du milieu dans lequel se trouve l'arbre considéré.
Comme on le constate, la situation est très loin d'être aussi claire que dans le cas du "proxy thermomètre à mercure" et, en réalité - il faut en être conscient - tous les problèmes viennent de là. Les cernes des arbres ne sont pas des proxys fiables et, surtout, univoques.

Ci-contre, Michael Mann posant appuyé sur une section d'arbre destiné à ses études.

Admettons néanmoins qu'il en soit ainsi.

Comment procède-t-on (du moins, comment Mann et ses collègues ont-ils procédé car il existe d'autres méthodes) ?

La méthode est simple. Il s'agit tout d'abord de collecter le plus grand nombre possible de données espérées fiables, c'est à dire les mesures des cernes des arbres plus ou moins fossilisés, collectées dans différentes parties du monde. Les caractéristiques des cernes de arbres intéressants ont été, en général, minutieusement tabulées par des chercheurs spécialistes de la question. Il existe effectivement des tables de données accessibles pour cela mais il faut souvent aller chercher directement dans les fichiers des ordinateurs des chercheurs qui ont travaillé sur ces questions.

Supposons maintenant que nous soyons en possession d'une quantité (jugée suffisante) de données dendroclimatiques pour effectuer notre travail qui vise à reconstruire l'évolution des températures durant les siècles écoulés et ceci, jusqu'à nos jours.
A défaut d'une connaissance approfondie de tous les facteurs qui régissent la croissance des arbres (c'est plutôt terra incognita), il nous faut procéder à des étalonnages, c'est à dire qu'il nous faut déterminer quel est le taux de croissance d'un cerne d'arbre (en cm) pour une variation connue de la température (en °C ou F) et ceci, en général, par une approximation linéaire. Cela dépend également de la nature des arbres et d'autres facteurs environnementaux.
A l'évidence, pour ce faire, il n'y a guère d'autre possibilité que de s'en référer à la période moderne durant laquelle l'évolution de la température est assez bien connue grâce aux mesures thermométriques.
Ce faisant, on constate immédiatement que toutes les données que l'on a soigneusement collecté dans les tiroirs des collègues ou dans les bases de données publiées, ne conviennent pas. Ainsi, trouve-t-on des échantillons qui, pendant la période moderne et notamment les 50 dernières années, ont vu l'épaisseur des cernes ne pas suivre les variations de températures connues. Ou encore, la croissance des cernes des arbres n'est pas monotone alors que la variation de température l'est. etc. On décrète donc, et ce n'est pas irrationnel, que ces proxys sont de mauvais proxys. Ils sont inutilisables et on les rejette sans se poser de questions sur les raisons qui ont fait qu'ils ne sont pas convenables, parce qu'on ne connaît pas les réponses. Et c'est précisément ce rejet des proxys qui sont qualifiés de "mauvais proxys" et le choix de quelques autres qualifiés de "bons proxys"qui sont, en réalité, à l'origine de tous les soucis ultérieurs, comme nous allons le voir.
Ainsi, ne garde-t-on que les proxys "qui vont bien", c'est à dire ceux qui suivent les températures de l'époque moderne (pense-t-on) et qui sont conformes à l'idée que l'on se fait sur les facteurs gérant la croissance des arbres.
On utilise ces données préselectionnées, à la fois pour l'étalonnage et pour l'établissement de la reconstruction des températures des siècles passés. mcintyre


Ce faisant, on commet une faute cardinale en matière de statistiques, comme vous allez le voir et comme en témoignent plusieurs statisticiens avertis.

Ci contre, à droite, Steve McIntyre.

En effet , sélectionnant une fraction des données disponibles suivant une idée préconçue et les utilisant, à la fois, pour l'étalonnage et pour l'analyse, il n'y a rien d'étonnant à ce que les diverses "crosses de hockey" publiées dans la littérature montrent une lame de de crosse particulièrement bien dessinée et (presque) dépourvue de bruit (de fluctuations) pour la période moderne et un manche fluctuant et pratiquement plat pour les temps passés.

Voici quelques pistes pour comprendre pourquoi une erreur de traitement statistique des données que certains ont baptisée de "screening fallacy" (Mc Intyre : "erreur de sélection des données"), d'autres " Wegman et al : " décentrage des composantes principales" et d'autres encore, de "double dipping" (Kiegeskorte et al : " double jeu avec les donnéees". h/t IA) conduisent finalement, dans tous les cas, soit à accentuer sérieusement la lame d'une crosse de hockey préexistante, soit à en créer une de toutes pièces... tout en aplatissant le manche, c'est à dire, dans le cas présent et par exemple, en amenuisant l'Optimum Médiéval et le Petit Age Glaciaire (le manche) par rapport à la période moderne (la lame).

  • Evidemment, tout se passerait très bien et cette "méthode" de double jeu avec les données ne poserait pas trop de problème si tous les arbres suivaient gentiment les prescriptions que l'on aimerait les voir suivre, c'est à dire que leur croissance suive toujours la température et la température seulement. Ce n'est, sans aucun doute, que très rarement le cas, comme un premier examen des jeu de données l'a montré et comme un esprit rationnel peut l'envisager. A titre d'illustration, l'article de Gergis et al n'a retenu qu'une minorité d'échantillons (27 sur 62) pour cette étude et ils n'ont publié que les données de ces échantillons pré-sélectionnés sans qu'il soit possible d'ailleurs d'obtenir d'information sur les autres laissés pour compte, malgré les demandes répétées qui leur ont été faites.

  • Imaginons maintenant que nous ayons conservé parmi les "bons proxys", un arbre dont les cernes semblent avoir cru en parallèle avec la température durant la période moderne, mais qu'en réalité sa croissance soit due à d'autres facteurs (par exemple la disparition des arbres compétiteurs, ou un meilleur ensoleillement ou d'autres variations de l'environnement). En réalité, ce proxy peut fort bien être "un mauvais proxy" mais être pris pour un bon. Si on le rajoute à la collection des "bons proxys", il est assez probable qu'il indiquera une variation de croissance complètement erronée pour les siècles écoulés. Si on additionne le signal de cet échantillon douteux à celui des "bons proxys", on amplifie la lame de la crosse de hockey (puisque le proxy est choisi pour ça), mais par contre l'addition d'un "faux bon proxy" va avoir tendance à aplatir le manche de la crosse car les variations dans les siècles passés peuvent fort bien être en opposition avec celles des "bons proxys". Ainsi, et si on multiplie ce genre d'erreur, on peut, sans s'en rendre compte, trouver une forme de crosse de hockey, avec une lame proéminente et un manche aplati, quelles qu'aient pu être les variations réelles de températures.joshlucia

    C'est pour illustrer ce biais, introduit par la sélection des données et leur utilisation pour l'analyse que McIntyre (autrefois) et, plus récemment, Lucia Liljegreen (une ingénieure mathématicienne qui gère le site The blackboard) ont montré que cette technique de sélection des données inappropriée conduit inévitablement à la génération de crosses de hockey. Ils ont généré, par ordinateur, une série aléatoire (mais corrélés comme le sont les cernes des arbres, dans la réalité) d'échantillons virtuels. Ils leur ont appliqué la méthode de sélection des données et d'analyse citée ci-dessus et.. obtenu une belle collection de crosse de hockey. Donc, à les en croire, la forme en crosse de hockey résulte, surtout, de la méthode d'analyse utilisée.
    En 2009, Lucia Liljegreen a rédigé deux articles particulièrement frappants à ce sujet. Le premier est intitulé
    "Tricking yourself into cherry picking." ou "Comment se leurrer soi-même en recourant au tri sélectif des données".
    La suite : "La sélection des données : Maintenant avec des bons et de mauvais échantillons de cernes d'arbres."
    Lucia Liljegreen a également conseillé le dessinateur Josh pour l'élaboration du dessin moqueur, ci-contre, qui montre Joelle Gergis affairée dans sa "fabrique automatique de crosse de hockey".

  • La sélection des "bons proxys", elle-même, prête à discussion surtout quand les dendroclimatologues éliminent (sans explication) une grande quantité des échantillons disponibles à l'exception de moins d'une dizaine d'entre eux qui sont les seuls à présenter des conditions convenables pour obtenir une crosse de hockey. Ce fut notamment le cas pour les séries des données des (désormais célèbres) pins arisés (bristlecone) de la région de Yamal (en Russie) sélectionnés par Briffa (un membre du team et un protagoniste des courriels du Climategate I). C'est encore une fois Steve McIntyre qui a tenté de reproduire les reconstructions publiées par le team et qui a débusqué les anomalies, allant jusqu'à qualifier un des rares pins "bon proxy" de Yamal "d'arbre le plus influent de l'histoire". J'avais reproduit quelques graphes obtenus avec quelques séries (abandonnées) des pins de Yamal et relaté cette polémique dans cette page.

  • Il existe un cas particulièrement évocateur des erreurs que l'on peut commettre en sélectionnant les proxys avant d'effectuer la statistique, notamment pour effectuer l'étalonnage. Il s'agit de l'analyse des sédiments d'un lac finlandais publiés dans un article de Tijlander et al. (2008). Steve McIntyre, auquel rien n'échappe, a réalisé que le proxy en question et qui avait été sélectionné comme "bon proxy" variait, en réalité, en sens inverse à l'époque moderne par rapport au passé. C'est ainsi qu'une pollution minérale, sans doute engendrée par des travaux de voirie autour du site, avait considérablement enrichi les échantillons en matière minérale (visible aux rayons X) par rapport au taux de matière organique. Le résultat était que le soi-disant "bon proxy" était utilisé à l'envers et donc calibré avec le mauvais signe. Ceci valut à Michael Mann (Mann et al. 2008) le surnom de "Mann à l'envers" de la part du facétieux McIntyre. A ma connaissance, Michael Mann et al n'ont jamais reconnu publiquement leur erreur mais des corrections furent apportées dans quelques articles utilisant ces proxys...

Un lecteur scrupuleux et attentif pourrait se dire que les "citoyens scientifiques", comme les baptise un récent rapport de la Royal Society (voir plus bas), tels que Steve McIntyre, Lucia Liljegreen et beaucoup d'autres tels Andrew Montford (site Bishop Hill) qui se sont exprimés dans le même sens à ce sujet sur Internet (mais aussi dans des articles scientifiques), peuvent se tromper, tout comme d'ailleurs les dendroclimatologues impliqués dans ces études.

Voici donc, plusieurs témoignages tirés de sources avérées et signées par des professionnels qui viennent à l'appui des considérations de Steve McIntyre et de nombreux autres (tels Ross McKitrick) qui se sont exprimés dans le même sens que lui.
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1) Le Comité sur l'Energie et le Commerce de la Chambre des Représentants US a chargé trois éminent statisticiens professionnels, placés sous la présidence d'Edward Wegman, (Edward J. Wegman est statisticien, Professeur à l'Université Georges Mason. Il est l'ancien président du Comité de Statistiques Théoriques et Appliquées du NRC (National Research Council) US. Le comité était composé d' Edward J. Wegman (George Mason University), David W. Scott (Rice University), et Yasmin H. Said (The Johns Hopkins University) de donner leur point de vue de statisticiens professionnels sur cette problématique d'analyse des données paléo-climatiques.
Ce comité était nommé : "Comité spécialisé sur la question des reconstructions du climat en forme de "crosse de hockey".

Le rapport Wegman qui en est issu, déclarait : "Alors que le travail de Michael Mann et ses collègues semble montrer un élément de preuve d'un changement climatique global, les critiques de McIntyre et de McKitrick ainsi que celles des autres auteurs mentionnés sont tout à fait valides."
Le rapport Wegman donnait quelques détails techniques en langage de statisticien, au sujet de "l'erreur de sélection des données" signalée, en premier, par McIntyre et McKitrick.

" L'analyse en Composantes Principales est une méthode souvent utilisée pour réduire les jeux de données multidimensionnels en jeux de plus petites dimensions pour l'analyse. Dans ce contexte, le mot dimension fait allusion au nombre de variables distinctes. [NdT : Wegman et al expliquent ici, en termes techniques, la méthodologie traditionnellement utilisée]. Cependant, dans MBH89 et MBH 99 (NdT : les articles originaux de Mann et al, montrant la crosse de hockey), les données des indicateurs (proxies) sont incorrectement centrées ce qui amplifie la variance de certains indicateurs et sélectionne les indicateurs décentrés pour la reconstruction de température." [..] En dépit des nombreuses questions au sujet de la légitimité du graphique en forme de crosse de hockey, Al Gore a mis en exergue ces résultats dans son film "Une vérité qui dérange", tout comme de nombreux rapports officiels émis par les Nations Unies."

Pour illustrer cette notion d'"indicateurs décentrés" signalée par Wegman, on pourrait, par exemple, s'amuser à imaginer que nos ancêtres du haut Moyen-âge avaient découvert un moyen de mesurer la température avec précision et que la technique de mesure des températures ait été perdue dans les siècle suivants. Dès lors, les "bons proxys" seraient centrés sur l'Optimum Médiéval. Nul doute que les graphiques attribueraient une amplitude démesurée à l' Optimum Médiéval, allant jusqu'à effacer toute trace du réchauffement récent donnant lieu à une courbe plus proche d'une casquette à longue visière plutôt qu'à une crosse de hockey. Autrement dit, la partie significative du signal diminue au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la partie qui a été sélectionnée pour déterminer les critères de choix et l'étalonnage. En termes plus techniques, on pourrait dire que l'on assiste a une perte de variance.

2) De manière tout à fait indépendante, des scientifiques des neurosciences ont également signalé "l'erreur de sélection des données" qu'ils ont baptisé du nom de "double-dipping" :

Cette "screening fallacy" (soit "erreur de sélection des données ") comme l'appelle McIntyre et quelques autres ou encore cette erreur de centrage des composantes principales (comme disent Wegman et al), autrement dit le fait d'utiliser les mêmes données pour la sélection et l'analyse, débusquée par Steve McIntyre et Ross McKitrick, a été également stigmatisée dans un domaine très différent de celui de la climatologie. Il s'agit du domaine des neurosciences dans lequel, comme on l'imagine, les statistiques sont très fréquemment utilisées.

Parmi d'autres, un article de Kriegeskorte et al (Nature 2009) dénonce ce genre de pratique. Le texte est très explicite. On peut y lire ceci :

"En particulier, le “double dipping” (NdT : néologisme anglais que l'on peut traduire par "mener un double jeu avec les données" (h/t IA)) - c'est à dire l'utilisation des mêmes données pour la sélection et l'analyse sélective - conduira à une description statistique distordue et à une inférence statistique invalide chaque fois que les résultats statistiques ne sont pas intrinsèquement indépendants des critères de sélection dans l'hypothèse zéro. L'analyse sélective non indépendante est incorrecte et ne devrait pas être acceptable dans les publications en neurosciences."

On en saurait mieux dire : "L'erreur de sélection des données" conduit à une conclusion statistique invalide et ne devrait pas être tolérée quand les "résultats statistiques ne sont pas intrinsèquement indépendants des critères de sélection." Autrement dit, il ne faut pas effectuer l'analyse statistiques sur les échantillons pré-sélectionnés (notamment pour l'étalonnage) suivant un critère prédéfini (ici, la sélection des proxys qui suivent les températures de l'époque moderne)..

Kriegeskorte et al ont également publié un article complet sur l'usage de statistiques erronées en neuroscience. Leur article a un titre provocateur : "Tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur l'analyse circulaire, et que vous aviez peur de demander."
A noter que Krigeskorte et al évoquent également ces pratiques en termes d'"argument circulaire". L'argument circulaire est une véritable plaie, parfois difficile à détecter, de certains raisonnement scientifiques viciés. En bref, il s'agit de l'implication (parfois peu apparente) des résultats (espérés) dans le choix des échantillons et/ou des techniques d'analyse utilisées. C'est typiquement le cas dans la méthode statistique utilisée et décrite ci-dessus.

3) Qu'en pensaient les collègues de Mann et al ?

Si les collègues de M. Mann et al ne sont pas d'accord, il est évident qu'ils ne vont pas le crier sur les toits. Solidarité, image des chercheurs, peur de se faire marginaliser par le "mainstream" et "consensus" obligent. Par contre, et c'est en cela que les courriels du CRU (le Climategate) se révèlent utiles, certains n'ont pas hésité à aborder ces questions épineuses avec leurs collègues dans des emails révélateurs.

Par exemple, Doug Maraun, chercheur du CRU de l'UEA était inquiet sur la perception du "Team" par l'extérieur, notamment après la controverse sur la crosse de hockey. Marun avait des états d'âme sur le comportement de certains membres du "Team" qu'il jugeait comme "pas spécialement honnêtes". Entre autres, Il proposait à ses collègues d'organiser une discussion autour de quelques questions dont celles-ci :

Courriel N° 1656 de Doug Maraun à ses collègues du Team, le 24 oct 2007, donc après la publication du rapport AR4 du GIEC)
-How should we deal with flaws inside the climate community? I think, that "our" reaction on the errors found in Mike Mann's work were not especially honest.


-Comment devons nous gérer les erreurs commises à l'intérieur de la communauté qui travaille sur le climat (NdT : Le Team) ? Je pense que "nos" réactions vis à vis des erreurs trouvées dans le travail de Mike Mann n'étaient pas spécialement honnêtes.

Ou, encore, toujours tiré des courriels du Climategate 2, un courriel d'Edward Cook (chercheur à l'Institut de la Terre à Columbia Univ.) dans lequel il exprimait ses inquiétudes auprès de Tim Osborn (du CRU de l'UEA)... qu'il n'envisageait pas de communiquer à M.Mann. On le comprend.

Courriel 4369 de Edward Cook à Tim Osborn (3 avril 2002)

Hi Tim,
I will be sure not to bring this up to Mike. As you know, he thinks that CRU is out to get him in some sense. So, a very carefully worded and described bit by you and Keith will be important.
I am afraid that Mike is defending something that increasingly can not be defended. He is investing too much personal stuff in this and not letting the science move ahead. I am afraid that he is losing out in the process.
Ed
Hello Tim,
Je m'assurerai de ne pas rapporter ça à Mike. Comme tu le sais, il pense que le CRU est à ses trousses d'une certaine manière. Ainsi, un petit mot écrit avec soin et documenté par toi et Keith (NdT Briffa) sera important.
J'ai peur que Mike soit en train de défendre quelque chose qui devient de plus en plus indéfendable. Il investit trop de sa personne dans cette affaire et ne laisse pas la science progresser. J'ai peur qu'il soit perdant dans cette affaire.
Ed (Cook).

4) Un rapport récent de la Royal Society UK, destiné à recentrer le comportement des scientifiques qui prennent, par les temps qui courent, quelques libertés avec les données et la déontologie, signale et rend hommage aux "citoyens scientifiques" en citant explicitement le tout récent travail de Steve McIntyre.

Geoffrey Boulton qui a présidé la rédaction d'un rapport intitulé "La Science en tant qu'entreprise ouverte" au nom de la Royal Society (l'équivalent UK de l'Académie des Sciences) a rédigé, à ce sujet, un texte intéressant dans la revue Nature. On peut notamment y lire ceci qui, semble-t-il et dans la période actuelle, mérite un rappel salutaire :

"Trop souvent, nous les scientifiques, cherchons à trouver des tendances dans les données qui reflètent nos idées préconçues . Et quand nous nous décidons à publier les données, nous publions fréquemment uniquement celles qui vont dans le sens de ces idées. Cette "sélection des données" (NdT : dans le texte anglais : cherry-picking = cueillette des cerises, c'est à dire une sélection perverse des données accessibles - une pratique condamnable malheureusement très répandue) est une mauvaise pratique et elle devrait cesser. [...] Nous devrions publier toutes les données et nous devrions les explorer dans leur totalité et pas seulement celles qui supportent des relations préconçues, mais aussi celles que l'on n'attend pas. (NdT : ...comme l'ont fait systématiquement Mann et al et Gergis et al. )
Sans une utilisation rigoureuse des données et en les manipulant, la science ne fait que créer des mythes. "

Comme on le voit, il s'agit d'un rappel à l'ordre en bonne et due forme. On ne peut qu'applaudir à cette déclaration de Geoffrey Boulton.

Dans le rapport de la Royal Society, Geoffrey Boulton et ses collègues rendent hommage aux efforts déployés par un certain nombre de "citoyens scientifiques" qui participent aux forums tels que celui de McIntyre (Climate Audit). Dans la page 40 de ce rapport, il est écrit que :

"A l'autre extrême, il existe un petit groupe, en augmentation constante, de "citoyens scientifiques" intéressés qui souhaitent pénétrer en profondeur dans les données scientifiques en relation avec un problème particulier. Ils développent une "voix digitale" incroyablement puissante même si beaucoup d'entre eux ne disposent pas d'une formation formelle dans leur domaine de préoccupation... Certains posent des question difficiles et éclairantes, mettant en lumière des erreurs et des élisions. (McIntyre S. (2012). Climate Audit. Disponible sur : www.climateaudit.org/)"
...ce à quoi, Stephen McIntyre a répondu en rappelant que de nombreux scientifiques professionnels (notamment des statisticiens comme Jean S(ibelius), qui, le premier a découvert les anomalies de l'article de Gergis et al, participent activement à son forum. De fait, il y a de nombreux "citoyens scientifiques", souvent retraités, qui s'expriment dans les forums et qui sont certainement aussi compétents sinon plus, chacun dans sa spécialité et notamment en statistique, que les climatologues patentés.
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A noter qu'Andrew Montford qui tient le site Bishop Hill a publié un livre intitulé "The hockey-stick illusion" (l'illusion de la crosse de hockey) dans lequel il décrit en détail la polémique qui a duré des années entre McIntyre, McKitrick d'un côté et Mann de l'autre. Il est regrettable que ce livre n'ait pas été traduit en français. C'est une véritable et passionnante saga, très bien documentée.
Voici l'opinion de la climatologue Judith Curry au sujet de ce livre (dont je vous conseille la lecture si vous lisez l'anglais) :

"L'intérêt de ce livre est le suivant : C'est un ouvrage bien documenté et bien écrit sur le sujet de "la guerre de la crosse de hockey". C'est une lecture obligée pour tous ceux qui veulent comprendre les climato-sceptiques et les gens qui suivent la climatologie. C'est une lecture indispensable pour quiconque confond Steve McIntyre et Ross McKitrick avec les marchands de doute (NdT: Allusion directe à Naomi Oreskes, voir ci-dessous). Ce livre n'est pas une divagation. Au contraire, il présente des arguments bien raisonnés et bien documentés."


Pour sa part, Michael Mann a rédigé et publié un livre à ce sujet afin de donner son point de vue. Il l'a intitulé :" La crosse de hockey et la guerre du climat, nouvelles du front." Le titre donne une assez bonne idée du contenu, beaucoup plus politique que scientifique. De fait, cet ouvrage est essentiellement une attaque en règle contre les "climatosceptiques" qu'il accuse de toutes les turpitudes possibles et imaginables, sans réellement se préoccuper de répondre sur le fond du problème qui est évoqué ci-dessus.

Pour conclure ces rappels, peut-être faut-il compléter en citant une déclaration récente de Naomi Oreskes qui est venue récemment faire la promotion de l'édition française de son livre "Les marchands de doute" à Paris. L'historienne Oreskes est persuadée et essaye d'en convaincre ses lecteurs (malheureusement comme quelques journalistes francophones) que les climato-sceptiques sont payés pour l'être et agissent suivant les injonctions des grandes compagnies pétrolières (le fameux Big Oil). Ce qui constitue une sorte de théorie du complot. Oreskes a écrit :

"The hockey stick was as close to proof as we get in science."
Soit "La crosse de hockey est aussi proche d'une preuve que ce qu'on peut faire en science."
Naomi Oreskes, Physics Today, June 2012 p 54

Pour une historienne comme Naomi Oreskes, c'est peut-être le cas.
Pour un scientifique attentif et scrupuleux, c'est beaucoup plus douteux.
Heureusement pour la Science, on a connu des preuves nettement plus convaincantes.


Ce (long) rappel sur les polémiques et les graves critiques qui ont fleuri durant ces quelques 14 années passées autour de l'iconique "crosse de hockey" étant terminé, revenons maintenant (plus brièvement, rassurez-vous) à la nouvelle crosse de hockey de Gergis et al.

3) La blogosphère "des citoyens scientifiques " se mobilise :

La publication de la "crosse de hockey" de Gergis et al et son apologie subséquente par les médias ont tout d'abord été accueillies par un relatif silence. Steve McIntyre lui-même, s'est contenté d'une mention (le 31 Mai) sur cette publication dans un billet qui ne lui est pas dédié, en mentionnant ses doutes quant à la procédure utilisée.

En réalité, c'est un des habitués de son forum, un statisticien appelé Jean S. (Jean Sibélius) qui a essayé de refaire les calculs de Gergis et al. en utilisant les données publiées des "bons proxys"et la méthode indiquée dans leur article.
Ne parvenant pas à reproduire les résultats publiés, Jean S. qui pourtant connaît son métier, s'en est étonné (interpellant les autres forumers, il écrit : "Steve, Roman, ou quelqu'un d'autre, où est-ce que je me trompe ?") et a soumis le problème aux autres membres du forum Climate Audit et donc, entre autres, à Stephen McIntyre.

McIntyre et quelques autres (dont Nick Stokes du CSIRO (le CNRS australien) qui est loin d'être un climato-sceptique) se sont donc penchés en détail sur cette question.
Ils ont confirmé les résultats et les interrogations de Jean S.

Au cours de cette enquête approfondie, Stephen McIntyre , comme c'est l'usage, a écrit au premier auteur, Joelle Gergis, pour lui demander de lui communiquer les données manquantes des 35 "mauvais proxys" abandonnées et qui, si on s'en réfère aux recommandations de la Royal Society (Boulton et al) auraient également dû figurer parmi le "supplementary material" attaché à l'article... mais ne s'y trouvaient pas.
Joelle Gergis est une jeune chercheuse visiblement peu expérimentée en matière de communication au sujet des travaux scientifiques. Elle a répondu en termes plutôt énergiques que McIntyre n'avait qu'à chercher lui-même et qu'elle ne répondrait plus à ses courriers. D'autres tentatives de McIntyre auprès des éditeurs du journal, toujours pour avoir accès aux données manquantes, n'ont pas obtenu de réponse positive.

A cette époque, l'article de Gergis et al. était déjà publié officiellement au Journal of Climate et un numéro de DOI (la référence spécifique à chaque article scientifique) lui avait été attribué. Le GIEC qui avait été averti auparavant de la soumission de cet article l'avait immédiatement mentionné dans le projet de son futur rapport AR5 (en précisant : article soumis à publication), sans autre forme de procès.

Il faut reconnaître à la décharge de Gergis et de ses collègues que, du moins selon les termes de leur article, ces derniers sont avertis (ce qui n'est pas si fréquent) des difficultés liées au "décentrage des composantes" ou à la "sélection des données" qui tendent à accorder une amplitude excessive aux données de l'époque moderne par rapport aux anciennes. Afin de pallier cet inconvénient, Gergis et ses collègues affirment, dans leur article, avoir utilisé un procédé qui pourrait, effectivement, remédier, au moins en partie, à l'erreur de sélection des données.
Il s'agit, non pas de sélectionner les données directement issues des proxys et des mesures de températures mais de les utiliser après les avoir "detrended", c'est à dire après en avoir retiré la tendance linéaire due à la hausse des température récente. En ne considérant que les petites variations sous-jacentes (les résidus) corrélées, on peut espérer (encore aurait-il fallu, pour être sérieux, s'en assurer en effectuant des tests systématiques sur des échantillons virtuels), que "l'erreur de sélection des données" se trouve minimisée. Ce faisant, il est évident aussi qu'on dégrade sérieusement le rapport signal/ bruit qui n'est déjà pas fameux.
Autrement dit, on peut, peut-être, contourner dans une certaine mesure 'l"erreur de sélection des données" avec ce procédé mais on peut aussi s'attendre au pire en matière de rapport signal/bruit comme cela s'est d'ailleurs effectivement vérifié.

4) Les erreurs et la chute :

Sans insister sur le fait qu'au moins une partie des proxys utilisés ne sont pas nouveaux puisqu'ils étaient mentionnés dans le rapport AR4 (2007) du GIEC, on peut relater la conclusion de cette affaire qui a sérieusement perturbé le microcosme climatologique, de la manière suivante. A noter qu'une description assez précise de ses rebondissements successifs a été donnée (en anglais) par Andrew Montford (l'auteur de la "Hockey Stick Illusion" déjà cité). Un de mes collègues (un astro-physicien) l'a aussi rapportée, en français, sur son site EnergieClimat.

En voici donc la conclusion, au moins provisoire.

Jean S. puis Steve Mc Intyre ont démontré et rapporté dans le forum de Climate Audit que la grande majorité des signaux (detrended = corrigés de la variation linéaire sous-jacente) utilisés par Gergis et al, sont non-significatifs au sens statistique (C'est à dire à deux sigmas, c'est à dire, encore, avec un signal égal ou supérieur à, au moins, deux fois le bruit, ce qui est le moins que l'on puisse exiger. Les expériences sur le Boson de Higgs sont à cinq sigmas).
Ce qui est plus grave encore, c'est que
Nick Stokes (un membre du CSIRO, l'organisme national de recherche australien, non climatosceptique) a trouvé que les calculs effectués sans la correction de la variation linéaire sous-jacente revendiquée par l'article, étaient effectivement significatifs.
Cela signifiait, en toute probabilité, que
Gergis et al n'avaient pas appliqué la méthode de correction (la correction de la variation linéaire sous-jacente) qu'ils avaient mentionné dans l'article et que, donc, ils étaient retombés dans l'argument circulaire, le "double dipping", "l'erreur de sélection des données" ou encore "le décentrage des indicateurs" signalés ci-dessus et maintes fois rappelés au cours des années passées. D'où la forme en crosse de hockey publiée dans l'article.
C'est précisément là que se trouve l'erreur, (grave pour un article scientifique), mise en évidence par les "citoyens scientifiques". Les auteurs n'ont apparemment pas utilisé la méthode qu'ils ont eux-mêmes décrite dans l'article. Ce qui est plus grave encore, c'est que si on applique la méthode qu'ils ont indiquée, on trouve que leurs échantillons ne sont plus statistiquement significatifs, c'est à dire qu'ils n'ont aucune justification pour en tirer quelque conclusion ou quelque graphe que ce soit.

Là encore, on aurait pu espérer que face à ces interrogations et à ces critiques, les auteurs, Gergis et al, auraient su répondre pour justifier les affirmations et les conclusions de leur article. Il n'en fut rien. En effet...

Peu de temps après la réponse peu amène de Joelle Gergis à Steve McIntyre, David Karoly qui est un des coauteurs nettement plus expérimenté que Gergis, est intervenu. Il a écrit à McIntyre pour confirmer ses allégations, le remercier de ses efforts, lui et ses forumers et pour l'informer que l'article en question avait été, à sa demande, retiré (suspendu) du Journal of Climate de l'AMS. Effectivement, le numéro de DOI autrefois attribué à cet article ne donne plus de réponse et le site de l'American Meteorological Society a fait disparaître l'article en question (une copie a été faite, auparavant).

Le 8 Juin, David Karoly a écrit à Steve McIntyre : (les caractères engraissés le sont par PU). Il confirme précisément les analyses des "scientifiques citoyens" décrites ci-dessus...et retire l'article.
A noter qu'il s'agit là d'une procédure exceptionnelle. En général, un article déjà publié ne peut pas être retiré. En revanche, les auteurs peuvent toujours publier un "erratum" dans lequel ils expliquent que leur article précédent étaient faux et pourquoi il l'était. C'est une démarche pédagogique utile au progrès de la science.

"Cher Stephen,

Nous avons identifié un problème dans le traitement des données utilisées dans cette étude qui peut affecter les résultats. Alors que l'article stipule que "A la fois les données climatiques des proxys et instrumentales ont été linéairement corrigées (NdT : "detrended") de la variation linéaire sur la période 1921-1990, nous avons découvert, le Mardi 5 Juin que les données utilisées dans l'analyse finale n'ont pas été corrigées (NdT "detrended") pour la sélection des proxys, ce qui fait que cette affirmation est erronée. Bien qu'il s'agisse d'un malencontreux problème de traitement des données, il est probable que cela aura des implications sur les résultats rapportés par cette étude. Le journal a été contacté et la publication de ce travail a été suspendue.

Ceci est un processus normal en science. Le test des études scientifiques par des analyses indépendantes, fortifie les conclusions. Dans cette étude, un problème a été identifié et les résultats sont actuellement en cours de réexamen

Nous voudrions vous remercier, vous et les participants du blog Climate Audit pour votre examen attentif de notre article qui a aussi identifié le problème dans le traitement des données.

Merci, David Karoly.

Nous serions reconnaissants si vous pouviez poster la note suivante sur votre site, Climate Audit.


" La publication de l'étude scientifique est suspendue.
On a trouvé un problème dans le traitement des données utilisées dans l'étude " "Evidence d'un réchauffement inhabituel à la fin du XXème siècle à partir d'une reconstruction des températures australasiennes couvrant le dernier millénaire." de Joelle Gergis, Raphael Neukom, Stephen Phipps, Ailie Gallant and David Karoly, accepté pour publication dans le Journal of Climate.
Nous sommes actuellement occupés à revoir les données et les résultats."

David Karoly qui est d'ordinaire peu amical envers les sceptiques, reconnaît donc explicitement les erreurs signalées par McIntyre et ses collègues. En le reconnaissant (à mots feutrés), en suspendant l'article et en écrivant à McIntyre, il a la seule attitude acceptable en matière de science.

A noter aussi que Karoly mentionne la date du 5 Juin qui est très précisément la date où les résultats de l'enquête de McIntyre et ses collègues, commencée le 31 Mai et poursuivie dans les jours suivants, ont été finalisés sur Climate Audit....
Karoly s'est-il aperçu de son erreur de manière indépendante ? Cette coïncidence de date est quand même troublante, s'agissant d'un article achevé et annoncé depuis plusieurs mois...
On ne le saura probablement jamais mais il semble que Karoly ait eu beaucoup de mal à digérer la rétraction forcée de leur article. Il a, tout récemment, rédigé une recension du livre de Michael Mann en accusant McIntyre et d'autres de "répandre de la désinformation". Ceci est plutôt étonnant de la part d'un chercheur qui vient de le remercier publiquement. Sur requête de McIntyre qui revendique la première mise en évidence de l'erreur de Gergis et al, Karoly a finalement retiré cette accusation. Le résultat est qu'une nouvelle polémique est en cours... etc.

A noter également que le blog personnel de Joelle Gergis qui témoignait, notamment, d'un certain activisme en matière d'environnement a immédiatement disparu du WEB.
l'AMS, propriétaire du Journal of Climate a précisé que l'article suspendu subirait un examen complet de la part des referees lors de son éventuelle nouvelle soumission. C'est vraiment le moins que l'AMS puisse faire après avoir laissé passer et publié un article que les auteurs eux-mêmes ont reconnu erroné et suspendu après l'acceptation par l'éditeur et avec l'aval des referees.

Mon collègue astrophysicien conclut son billet sur ce sujet, par un sybillin :
"tout cela ne laisse quand même pas l'impression de résultats rigoureux et fiables !".
C'est vraiment le moins que l'on puisse en dire.
En réalité, pour des scientifiques comme Karoly, Gergis et leurs collègues, il s'agit d'un véritable drame. Tous les scientifiques savent qu'une affaire comme celle-ci peut affecter gravement leur crédibilité pour les années à venir.  

Il n'en reste pas moins que l'article de Gergis et al était déjà cité, dès sa simple soumission, dans le projet du prochain rapport AR5 du GIEC. Sans l'intervention de McIntyre et ses collègues, il est fort probable que le GIEC aurait basé ses conclusions sur un article erroné.

5) Conclusions :

  • Les lecteurs et lectrices pourront s'étonner que le processus de relecture par les pairs (le referee) ait été incapable de détecter des erreurs que des "citoyens scientifiques" ont rapidement identifiées. La vérité est que le processus de relecture par les pairs n'est jamais et n'a jamais été, une garantie quand à l'exactitude des affirmations publiées dans un article. En réalité, la plupart des referees ne se donnent pas la peine de refaire les calculs ni de vérifier la validité des données comme l'ont fait McIntyre et son équipe. Beaucoup de referees ne consacrent qu'un temps limité à la relecture et donnent leur aval surtout si l'article va dans le sens de leurs convictions. Dans ce sens, le processus de relecture par les pairs, notamment (mais pas seulement) en matière de sciences climatiques, présente de graves défauts. Il contribue sans aucun doute à la création de "chapelles" ou de "groupes de pensée" qui s'ouvrent les portes des publications les uns aux autres. Les américains utilisent volontiers l'expression "pal review" (relecture par les copains) au lieu de "peer-review" pour désigner ce processus désastreux.
    Cependant et heureusement, il y a aussi des exceptions. Il existe d'excellents referees. Et, à vrai dire, on ne voit pas très bien quel autre système inventer (sauf peut-être le peer-review ouvert sur Internet) pour assurer un minimum de qualité scientifiques aux publications.
    Voir, à ce sujet, l' article de John Ioannidis " Pourquoi la plupart des articles scientifiques publiés sont faux". Il s'agit de médecine mais cet article est instructif....

  • On peut ajouter quelques mots sur la participation des scientifiques extérieurs (les "scientifiques citoyens") : Judy Curry (souvent citée dans ce site, JC connaît très bien, apprécie et a félicité McIntyre pour sa participation à l'affaire Gergis et al) cite trois nouvelles études (peer-reviewées) intéressantes sur l'analyse ou l'interprétation des variations de températures et de leurs modélisations, publiées par des scientifiques extérieurs à la sphère de la climatologie mainstream.
    Judy Curry recommande aux climatologues mainstream de les lire et d'y réfléchir ainsi qu'au GIEC (au moins) de les citer dans l'AR5 (Rapport 2013). De même, Judy Curry a ouvert son blog à une critique en règle d'un article de Foster et al (2006) qui a fait les beaux jours du rapport AR4 (2007) du GIEC. Il semble que dans ce cas, comme dans celui des crosses de hockey I et II, il soit très difficile voire impossible d'obtenir communication des données, codes informatiques etc. utilisés par les auteurs, contrairement aux recommandations de Geoffrey Boulton et de ses collègues.
    Grâce à Internet, on assiste peut-être à un glissement du processus de peer-review traditionnel qui a montré ses limites, vers une relecture/correction répartie parmi les scientifiques intéressés par ces questions mais qui demeurent en dehors de la sphère habituelle des relecteurs. Certaines revues (notamment en océanographie) l'ont pratiquement institutionnalisé en sollicitant les critiques, sur la toile, des articles avant acceptation et publication.

  • La presse et les médias ?
    La presse "at large" et les médias cités plus haut, n'ont évidemment nullement informé leurs lecteurs/spectateurs que l'article qu'ils avaient tant vanté et promu au rang de découverte majeure, avait été retiré pour erreur dans le traitement des données.
    Le communiqué de presse de l'Université de Melbourne précise maintenant que " La publication de l'étude scientifique a été suspendue. Un problème concernant le traitement des données utilisées dans cette étude a été identifié". Sans autre précision.

    Par contre,
    Andrew Revkin (ex-journaliste scientifique du New York Times, AR dispose d'une rubrique attitrée (Dot Earth) dans le journal NYT online) a publié une critique sur le comportement de ses confrères dans cette affaire. Le billet est intitulé : "Le réchauffement australien, la crosse de hockey et la relecture ouverte", dans lequel on lit :
    "Pour voir à quelle vitesse vertigineuse les résultats de cette recherche ont été diffusés, voir les titres ici. Pour moi, le pire titre est : C'EST OFFICIEL : L'Australie se réchauffe et c'est de notre faute." dans le Herald Sun. C'est un exemple classique de ce que j'ai appelé le "syndrome de l'étude unique." C'est-à-dire le biais qui pousse les nouvelles en gros titres en première page et la tendance à oublier que la science est un processus du genre montagnes russes."
    Revkin avance aussi quelques observations intéressantes sur le referee ouvert par les "citoyens scientifiques" dont il reconnaît les mérites.

Il va de soi que le bonnet d'âne de ce mois de Juillet est attribué, avec palmes et sans discussion, à ces nombreux journalistes incompétents et, surtout, peu scrupuleux.
Quant aux scientifiques épinglés et aux referees défaillants... la honte et la dérision de leurs collègues constituent, selon moi, une punition suffisante.
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D'autres commentaires, analyses sur Bishop Hill, JoNova, WUWT, Andrew Bolt, notrickszone et k2p, Die Kalte Sonne (Varenholt et Lüning, en allemand)__________________________________________________________________________________________________

Bonnes vacances (et bon climat) à toutes et à tous !

A suivre (même pendant les vacances)...

14 Mars 2012 : En fait, c'était tout simple. Il suffisait d'y penser : liao2
Pour lutter contre le changement climatique, il n'y a qu'à transformer (biologiquement) les humains.

La bioéthique et la biologie viennent au secours de la lutte contre le changement climatique anthropique :
On nous affirme qu'il faut pratiquer "l'ingénierie humaine" en utilisant les dernières avancées de la biologie.
Quelques exemples de propositions :
Rapetissez les humains de 15 cm, équipez-les avec des yeux de chat pour qu'ils puissent voir dans l'obscurité et consommer moins d'électricité, dégoûtez-les de la viande, modifiez leurs comportements pour les rendre plus éco-sympathisants, diminuez leurs besoins etc.
Pour ce qui est de la maternité, vous y gagnerez en liberté puisque que vous aurez le choix entre avoir deux bébés de "taille moyenne" ou trois "plus petits", voire un seul, mais très grand, qui sera joueur de basket
Etc.
On croit rêver. Aldous Huxley, dans "le meilleur des mondes", n'avait pas été si loin.

Si on relit la longue et souvent époustouflante théorie des énormités proférées au nom du "Réchauffement climatique anthropique" dont certaines sont relatées dans cette page, on se dit que personne ne pourra faire mieux ni plus fort que quelques-uns de ceux qui ont été couronnés du bonnet d'âne, tels, par exemple, les bons docteurs Egger D. et Walters B. N. J (proposants de la "taxe bébé" à la naissance) ou encore les bons docteurs Paul A. Murtaugh et Michael G. Schlax qui préconisaient une solution malthusienne à l'échelle mondiale qui entraînerait irrémédiablement un dépérissement et, surtout, un vieillissement accéléré de la population mondiale.
Il était impossible, pensions-nous, de faire plus fort que Paul (et Anne, son épouse) Ehrlich (voir le bêtisier) (et leur co-auteur John Holdren qui a, parait-il, fait amende honorable et qui est actuellement le conseiller pour la science du Président Obama), dans les années 1970.

Nous avions tort. Un trio de chercheurs de New-York (USA) et d'Oxford (UK) ont fait mieux, et même beaucoup mieux, que leurs prédécesseurs.
Ils ont même surpassé les pires romans futuristes écrits dans les années 80.

Les voici :
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Philosophe de formation, Matthew Liao ( ci-contre) est actuellement spécialiste en Bioéthique au Centre de Bioéthique de l'Université de New York. Il est Professeur affilié à cette Université. Il publie un article particulièrement novateur, mis en exergue dans la revue " Ethics, Policy and the Environment" (Ethique, Politique et Environnement) (sous presse), avec deux collègues d'Oxford (UK) : Anders Sandberg (qui se dit chercheur sur le "futur de l'humanité", photo du milieu) et Rebecca Roache photo à droite)).

Cet article que l'on trouve, en particulier, sur le site de Matthew Liao, est intitulé :

"Human Engineering and Climate Change" soit "Ingénierie humaine et changement climatique."

 Voici le résumé de cet article qui fait l'apologie de "l'Ingénierie Humaine", laquelle n'est rien de moins que la modification délibérée et orientée des êtres humains par la biologie, dans le but de changer leurs caractéristiques physiques et comportementales et ainsi, de réduire "leur empreinte climatique".
Tout d'abord, le résumé original en anglais. Une traduction en français de ce résumé figure dans l'encadré jaune.

Abstract
Anthropogenic climate change is arguably one of the biggest problems that confront us today. There is ample evidence that climate change is likely to affect adversely many aspects of life for all people around the world, and that existing solutions such as geoengineering might be too risky and ordinary behavioural and market solutions might not be sufficient to mitigate climate change. In this paper, we consider a new kind of solution to climate change, what we call human engineering, which involves biomedical modifications of humans so that they can mitigate and/or adapt to climate change. We argue that human engineering is potentially less risky than geoengineering and that it could help behavioural and market solutions succeed in mitigating climate change. We also consider some possible ethical concerns regarding human engineering such as its safety, the implications of human engineering for our children and for the society, and we argue that these concerns can be addressed.  Our upshot is that human engineering deserves further consideration in the debate about climate change.

Résumé :

Le changement climatique anthropique est, sans doute, le problème le plus important auquel nous sommes confrontés aujourd'hui. Il existe de multiples éléments de preuve que de nombreux aspects de la vie de tous les peuples du monde seront négativement affectés par le changement climatique et que les solutions existantes telles que l'ingénierie terrestre peuvent se révéler trop risquées. Les solutions basées sur la modification des comportements et des marchés peuvent ne pas être suffisantes pour minimiser le changement climatique.

Dans cet article nous considérons un nouveau type de solution pour le changement climatique, que nous appelons "Ingénierie humaine". Elle implique des modifications biomédicales des êtres humains de manière à ce qu'ils puissent minimiser ou s'adapter au changement climatique. Nous soutenons que l'ingénierie humaine est potentiellement moins risquée que la géoingénierie et qu'elle pourrait contribuer au succès des solutions comportementales et adaptées aux marchés, dans la limitation du changement climatique. Nous envisageons également quelques possibles inquiétudes relevant de l'éthique pour ce que concerne l'ingénierie humaine telles que sa sécurité, les implications de l'ingénierie humaine pour nos enfants et pour la société et nous soutenons que ces questions peuvent être résolues. Nous en concluons que l'ingénierie humaine mérite plus ample considération dans le débat au sujet du changement climatique.

Je rappelle que la géoingénierie à laquelle il est fait allusion, consiste à contrecarrer ou à limiter les émissions de gaz à effet de serre, en utilisant divers procédés physico-chimiques à grande échelle. J'avais donné un aperçu de quelques élucubrations qui ont cours dans ce domaine, dans la page "remèdes".

A noter que l'article de Liao et de ses collègues d'Oxford est uniquement basé sur les conclusions du rapport AR4 du GIEC (2007) (il s'agit, sans doute, du SPM - Résumé Pour les Décideurs -car le rapport lui-même est nettement plus raisonnable) ainsi que sur le rapport Stern (2007), ce qui n'est pas anodin, compte tenu du caractère résolument catastrophiste de ces deux publications qui ont fait l'objet de sévères critiques au cours des années passées.

L'article en question consiste en une exploration rapide des "bienfaits" hypothétiques qu'auraient, selon les auteurs, un certain nombre de transformations biologiques, et le plus souvent radicales, de l'Homme dans le cadre exclusif de la lutte contre le réchauffement climatique. De fait, le caractère scientifique de cet article n'est pas apparent (notamment, les inconvénients résultant de ces pratiques ne sont pas envisagés) et beaucoup s'étonneront qu'une telle publication ait réussi à franchir le processus du peer-review, bien que, de ce point de vue là et par les temps qui courent, il ne s'agit pas vraiment d'une première.

Quoiqu'il en soit, il est plus intéressant de se plonger dans le texte d'une interview que l'auteur principal (Matthew Liao) a accordé au journaliste Ross Andersen du journal en ligne "The Atlantic" et dont voici quelques morceaux choisis. A noter que cette interview est signalée sur le site de Matthew Liao qui le recommande. Les questions de l'interviewer sont précédées d'un Q :. Les réponses sont précédées de Liao.

La lecture est tout-à-fait édifiante ...

Q : Une des stratégies d'ingénierie humaine que vous mentionnez consiste à créer, par des moyens pharmaceutiques, un sorte d'intolérance à la consommation de la viande. Vous suggérez que l'on pourrait donner de la viande aux humains en l'accompagnant d'une médication qui déclenche de violentes nausées, ce qui pourrait entraîner une aversion de longue durée à la consommation de viande. Comment se fait-il que vous en attendiez un impact spectaculaire sur le changement climatique ?
Liao : Il existe un rapport, fréquemment cité, de l'Organisation de l'Alimentation et de l'Agriculture de l'ONU ( NdT :C'est ce rapport de la FAO de l'ONU qui avait fait l'objet d'un des tous premiers billet de Pensee-unique.fr en fin 2006) qui estime que 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de leur équivalent en CO2, proviennent de l'élevage du bétail, ce qui en fait un facteur plus important que celui des transports. Plus récemment, il a été suggéré que le bétail compte pour pas moins de 51% des émissions de gaz à effet de serre. De plus, il y a des estimations selon lesquelles pas moins de 9% des émissions humaines proviennent du fait de la déforestation destinée à l'agrandissement des pâturages pour le bétail. Et ceci ne prend même pas en compte les émissions qui proviennent des déjections animales ou directement des animaux. Puisqu'une grande fraction de ces vaches et des autres animaux de pacage sont élevés dans un but de consommation de viande il semble évident que la réduction de la consommation de ces viandes aurait des bénéfices environnementaux considérables.

[...]

Q : Votre article discute également sur l'utilisation de l'ingénierie humaine pour rapetisser les humains. En quoi cela serait-il une technique puissante pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Liao: Eh bien, une des choses que nous avons remarquées est que les empreintes écologiques des humains sont en partie corrélées avec leur taille. Chaque kilogramme de masse corporelle exige une certaine quantité de nourriture et de nutriments et ainsi, toutes choses étant égales par ailleurs, les personnes les plus grandes sont celles qui vont pomper plus de nourriture et d'énergie pendant leurs durées de vie. Il y a aussi d'autres raisons, moins évidentes, pour lesquelles les personnes les plus grandes consomment plus d'énergie que les petites - par exemple, une automobile consomme plus de carburant au kilomètre pour transporter une personne plus lourde et plus de tissus est nécessaire pour habiller les grands. De même, les personnes plus lourdes usent à un rythme plus accéléré leurs chaussures, les tapis ainsi que les meubles que les personnes plus légères, et ainsi de suite.

Ainsi, la réduction de taille pourrait être une façon de réduire l'empreinte écologique d'une personne. Par exemple, si vous réduisez la taille moyenne aux USA de seulement 15 cm, vous pourriez réduire la masse corporelle de 21% pour les hommes et de 25% pour les femmes, ce qui correspondrait à une réduction des taux métaboliques de quelques 15% à 18%, parce que moins de substance signifie moins d'énergie et moins de besoins alimentaires.


[...]

Q : Dans votre article, vous suggérez que certaines solutions d'ingénierie humaine peuvent, en fait, être une source d'accroissement de la liberté. Comment est-ce possible ?
Liao: C'est exact. Il a été suggéré qu'étant donné la gravité du changement climatique, nous devrions adopter des solutions telles que celle de la Chine avec un seul enfant par couple. Il y a eu un groupe de médecins en Grande Bretagne qui ont récemment prôné l'idée de n'avoir que deux enfants au maximum. Mais, au final, ce sont des prescriptions grossières - ce dont nous avons besoin c'est d'une sorte de prescription d'émissions de gaz à effet de serre par famille. Dans ce cas, étant donné certaines prescriptions fixées d'émission de gaz à effet de serre, l'ingénierie humaine pourrait laisser le choix aux familles de choisir entre deux enfants de taille moyenne, ou bien trois enfants de petite taille. Selon nous, ce serait plus en faveur de la liberté de choix qu'une politique qui dirait "Vous ne pouvez avoir qu'un ou deux enfants". Une famille pourrait désirer avoir un joueur de basket réellement performant et ainsi elle pourrait utiliser l'ingénierie humaine pour avoir un seul très grand enfant.

[...]

Q : En considérant ceci dans la perspective de "l'écologie extrémiste" ( NdT : deep ecology en anglais) - peut-on dire au sujet de l'idée que, puisque le changement climatique est causé par l'homme, alors l'homme devrait être changé pour le minimiser - que, d'une certaine façon, nous devrions en supporter le coût pour réparer tout cela ?
Liao : C'est en fait une des idées qui nous ont poussé à écrire cet article : L'idée que nous avons provoqué le changement climatique anthropique et donc que, peut-être, nous devrions en supporter les coûts requis pour régler le problème. Mais ayant dit ça, nous voulons aussi rendre ceci attirant pour le public - Nous ne voulons pas que ceci soit un jeu à somme nulle dans lequel c'est juste le coût que nous devons assumer. Beaucoup des solutions que nous proposons pourraient être tout à fait désirables pour le public, et en particulier le timbre pour la viande (NdT : le patch qui donne des nausées quand on consomme de la viande). J'ai donné récemment une conférence au sujet de cet article à l'Université de Yale et il y avait un homme dans l'auditoire qui travaillait pour une compagnie pharmaceutique; Il semblait penser qu'il pouvait y avoir un gigantesque marché pour des modifications comme celle-là.

NdT : ...Visiblement, certains ne perdent pas le Nord.

Je ne souhaite pas consacrer trop de temps à la traduction des ces élucubrations, mais sachez qu'on y trouve aussi des propositions de drogues pharmaceutiques destinées à changer durablement le comportement des humains et, notamment, à les rendre plus éco-compatibles ou éco-favorables. De même, - mais ils considèrent que c'est plus risqué - ils envisagent la possibilité d'équiper les humains d'yeux de chat, capables de voir la nuit et donc de ne pas dépenser d'énergie pour un éclairage qui deviendrait superflu. Bref, de manière à faire adhérer le reste de l'humanité à leurs points de vue, ce trio d'émules du Dr Frankenstein ou du Dr Mengele, ce n'est plus de camp de rééducation qu'il s'agit mais bien de la transformation ad hoc des caractères physiques et psychiques de l'humanité toute entière, dans un sens favorable à leur point de vue. .

Les réactions à cet article aux outrances que l'on peut qualifier d'extraordinaires, ont été nombreuses et véhémentes, comme on s'en doute. Et comme toujours, en premier sur la blogosphère. En voici quelques-unes :

Du journaliste Harold Ambler (auteur, entre autres du "Don't sell your coat", "ne vendez pas votre manteau", un livre sur le climat actuel replacé dans son contexte historique). Harold Ambler nous avertit du danger imminent des dérives de ce genre de scientifiques.
Du Physicien Lubos Motl dont le blog "Reference Frame" traite de questions fondamentales de physique mais aussi du réchauffement climatique. Il qualifie sans ambages les trois auteurs de cet article de dangereux malades mentaux.
Du journaliste Bill Mc Kibben (qui est un des supporters les plus acharné des thèses du GIEC), un billet Twitter : "Les pires solutions de tous les temps au changement climatique. Je suis avec Climatedepot (un blog très climato-sceptique) sur ce coup-là."
Antony Watt du blog WUWT (régulièrement primé comme meilleur blog scientifique anglophone) a rédigé un billet très critique sur cette publication et ses auteurs. Ce billet est intitulé "Folie climatique de la semaine". Il est vrai qu'il y en a eu d'autres, de moindre insanité tout de même. Celle-ci dépasse les bornes tolérables.

Pour ma part, compte tenu des outrances et du caractère totalement ridicule de certaines affirmations contenues dans cet article ou dans cet interview, j'ai tout d'abord pensé qu'ils'agissait d'un canular. On sait que l'Université d'Oxford est friande d'humour noir et de ce genre de plaisanterie.

Après enquête et très malheureusement, je dois convenir, comme d'autres, qu'il n'en est rien et que ce trio de jeunes chercheurs quelque peu déjantés n'ont nulle envie de plaisanter. Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner d'un peu près, les précédentes publications des différents auteurs de cet article. Par exemple, le Dr Liao a rédigé plusieurs articles en faveur de l'amélioration "génétique" des embryons humains.

Il semble que, dans l'esprit de ces trois jeunes auteurs, l'un des plus grands tabous de nos civilisations millénaires qui est le respect de l'intégrité du corps humain, ait définitivement disparu. Dès lors, toutes les outrances deviennent possibles quand "la cause" (comme l'appellent Michael Mann et quelques autres) paraît être une justification suffisante. On sait que "les causes" ont beaucoup évolué au cours de l'histoire et notamment au cours du XXème siècle. On ne peut que frémir rétrospectivement en pensant aux conséquences catastrophiques qu'auraient eu, pour l'humanité, au cours du siècle dernier, l'utilisation des "techniques d'ingénierie humaine" mises en avant par notre trio de "savants fous".
Et ne croyez pas qu'il s'agisse d'un cas isolé. D'autres, tel Philip Calfaro ont promu la stérilisation forcée des populations dans le but de limiter le changement climatique, tout comme l'avait fait, pour d'autres raisons et dans les années 60-70, Paul Ehrlich, alors qu'il était biologiste à Stanford. Tout cela a des relents d'Eugénisme qui rappelle les années sombres de toute la première moitié du XXème siècle au cours de laquelle une grande partie des élites scientifiques adhéraient à ces thèses. Nous avions alors un quasi-consensus.

Note : Sait-on par exemple que Svante Arrhénius qui est l'inventeur du concept d'effet de serre atmosphérique à la fin du XIXème siècle était aussi un fervent eugéniste ? Il était notamment membre du bureau de la Société Royale de Suède pour l'Hygiène Racial (Eugéniste) qui a été fondé en 1909.
Il est d'ailleurs curieux que cette précision figure dans le Wikipédia anglophone au sujet de Svante Arrhénius mais ne figure pas dans le Wikipédia francophone. Ainsi peut on considérer que Svante Arrhénius était, lui-même, et bien avant le trio des jeunes auteurs sus-nommés, le premier lien entre le changement climatique et l'"amélioration" de la race humaine.

Il est évident que les trois chercheurs Liao, Sandberg et Roache de New York et d'Oxford, coauteurs de cet article, se voient, tous trois, gratifiés d'une série de bonnets d'âne.
Cependant et compte tenu de leur expertise et afin de leur laisser une plus grande liberté comme ils le préconisent eux-mêmes, je leur laisse le choix entre trois petits bonnets d'âne de taille réduite, deux de taille moyenne ou, s'ils le préfèrent, un seul mais très grand bonnet d'âne génétiquement modifié pour la protection de la planète. Cela va sans dire.

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Chacun en tirera ses propres conclusions. Pour ma part et en tant que scientifique, je redoute que ce genre de publication, lorsqu'elle sera connue et commentée dans la grande presse (si elle l'est un jour), ne renvoie au public l'image d'une science du XXIème siècle globalement dévoyée. Il est aisé de généraliser même si c'est immérité.

A suivre...

 

25 Janvier 2012 : Bilan 2011 : Températures du Globe et de la France. Extrêmes climatiques ?

L'année 2011 a été, en moyenne, nettement plus fraîche pour le Globe mais plus chaude pour la France.

A l'opposé de ce qu'ils avaient fait l'année dernière, cette année, les médias francophones ont beaucoup parlé de la France et généralement plus ou moins "oublié" de parler du Globe.
Pensee-Unique vous propose donc un bilan chiffré de l'évolution des températures du Globe à partir des données officielles publiées par les grands organismes responsables des mesures de températures.

La stagnation manifeste et imprévue de la température moyenne du Globe qui ne monte pratiquement plus depuis près de quinze ans, suscite, ici ou là, quelques inquiétudes compréhensibles pour ceux qui ont beaucoup investi dans le Réchauffement (prudemment rebaptisé "changement") Climatique Anthropique.
Dès lors, changeant leur fusil d'épaule, certains vous assurent que les modèles climatiques prévoient une augmentation des événements extrêmes tels que les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur etc. Certains croient déjà les discerner dans les aléas climatiques actuels. Il n'en est rien.

Nous verrons ce que nous dit un rapport très récent du GIEC à ce sujet, et aussi, ce que nous apprend l'histoire.

Tels sont les trois sujets de ce billet : Le Globe, la couverture médiatique tendancieuse de la "chaleur" en France, les événements climatiques extrêmes et, bien entendu, la traditionnelle distribution de bonnets d'âne (bien mérités).

1) Le Globe

Nous allons utiliser les données extraites des quatre bases officielles dont j'ai indiqué les adresses lors du bilan 2010 . Je rappelle que les données UAH et RSS MSU sont obtenues via des observations satellitaires. Les autres, HadCRUT et GISTEMP résultent essentiellement de données thermométriques (voir des explications détaillées dans ce billet)

A noter que les données satellites UAH, RSS MSU et GISTEMP LOTI sont complètes pour toute l'année 2011. Par contre, les données du mois de décembre 2011 pour le HadCRUT ne sont pas encore parvenues au jour ou je rédige ce billet. Il est très improbable que le classement que je donne ci-dessous (le rang des années selon leur température moyenne) pour ce dernier organisme en soit affecté. Néanmoins, si une modification du classement du HadCRUT3 intervenait, j'apporterais les corrections nécessaires.
MAJ 28/01/12 : La température moyenne pour le mois de Déc. 2011 vient dêtre publiée par le HadCRUT3. Elle entraîne une très légère baisse de la température moyenne pour l'année 2011, mais, come prévu, cette faible modification ne change pas le classement (le rang) des années indiqué plus bas pour le HadCRUT3..

Comme je l'ai déjà expliqué dans le billet qui concernait l'année 2010, il n'est pas aisé de comparer, entre elles, les données des anomalies indiquées par les différents organismes. En effet, les anomalies de température sont calculées par rapport à la température moyenne d'une période différente pour les quatre institutions. Je rappelle le tableau des périodes de référence pour les quatre institutions :

Source Période de référence
GISTEMP Jan 1951 - Dec 1980 (30 ans)
HADCRUT3 Jan 1961 - Dec 1990 (30 ans)
RSS Jan 1979 - Dec 1998 (20 ans)
UAH Jan 1981 - Dec 2010 (30 ans)

Note : Les anomalies de température issues des données satellites UAH (mais pas RSS) ont, au début de l'année 2011, été établies sur la base de la température moyenne de la période (Jan. 1981 à Déc. 2010) (soit une période de 30 ans, comme les données thermométriques) alors qu'auparavant la valeur moyenne était calculée sur une période de 20 ans (Jan 1981-Déc 2000). Ceci a pour effet d'abaisser les anomalies de températures de l'UAH de 0,11°C environ.

tempmix

Pour pouvoir superposer les quatre données de température UAH, HadCRUT3v, GISTEMP et RSS MSU, il est nécessaire de les référencer par rapport à la même période choisie comme base. Bien entendu, s'agissant d'observer les tendances et les évolutions des températures durant une période donnée, le choix de cette période de référence ne change rien au résultat,

Ainsi, avons nous choisi pour période de référence commune à tous ces graphes et comme l'auteur de ce site bien connu, la plus récente, c'est à dire celle de l'UAH, soit Jan 1981-Déc. 2010.

Les autres données sont donc décalées verticalement avec des déplacements qui prennent en compte des différentes périodes de référence. Soit -0,35 pour le GISTEMP, -0,26 pour le HadCRUT3 et -0,11 pour le RSS MS. Les donnes UAH restant, évidemment, inchangées.

Tout ceci est expliqué en détails dans ce site interactif qui collationne (automatiquement) les données et trace les graphes correspondant aux quatre organismes nommés ci-dessus. Ce site est à l'origine du graphe ci-contre.
Outre le site interactif mentionné ci-dessus, vous pourrez également trouver les tracés des données des différents organismes sur le site Climate4you du climatologue Ole Humlum.

Je rappelle - mais cela va de soi - que les translations verticales n'affectent aucunement les tendances des températures de chaque organisme, ni, bien entendu, le classement des années qui est donné ci-dessous.

Les variations de la température moyenne du Globe, enregistrées, mois par mois, durant l'année 2011 par les différents instituts sont représentées dans la zone d'environ 1cm qui se situe à droite du graphique ci-dessus et qui commence aux environs du pic négatif qui caractérisait la fin de l'année 2010.
On peut déjà percevoir, à l'oeil nu, que la moyenne des températures de l'année 2011 se situe dans la partie inférieure du classement des températures moyennes des années précédentes. De même, on constate que la température est restée, aux fluctuations près, à peu près constante ou en légère baisse depuis les quatorze dernière années.

Pour clarifier et préciser la situation de la moyenne de l'année 2011 par rapport aux années précédentes, nous effectuons un classement de la température moyenne des années 1998 à 2011. Et ceci, pour chacune des institutions mentionnées ci-dessus.

Voici donc le classement (le rang) de la température moyenne de l'année 2011, par rapport aux 13 années précédentes, selon les quatre institutions de référence :

hadcrut01 rssmsu10
uah1 gistemp10

Comme on peut le constater, l'année 2011 est plutôt froide dans le contexte des années précédentes. De fait et selon les quatre institutions représentatives, elle se situe entre le 11ème et le 9ème rang de ces quatorze dernières années classées par ordre de température décroissante. Si on classe l'année 2011 dans le contexte du XXIème siècle, comme le font certaines publications, elle est la 2ème, 3ème ou 4ème année la plus froide depuis l'an 2000, c'est à dire depuis 11 ans.

 

bilmetof

Mise à jour du 6 Février : Le Met Office (l'organisme météo officiel UK) a publié un classement des années récentes dans l'esprit du travail ci-dessus, pour d'autres organismes. A noter que les classements sont conformes à ceux qui sont exposés ci-dessus. le Met Office ne mentionne pas les données satellitaires.

 

 

 

 

 

 

 

 




Le refroidissement observé en 2011 est loin d'être négligeable par rapport à la totalité du réchauffement climatique que l'on observe depuis l'année 1950
(date à laquelle les émissions de CO2 ont sérieusement augmenté). Si on se base sur les données HadCRUT3, ce dernier est proche de +0,7°C. Ainsi et si on calcule le pourcentage de variation par rapport au maximum de température de chaque institut, on trouve que la baisse de température observée en 2011 représente :
Pour le RSS MSU : ~ -54% ( soit ~ -0.38°C) du réchauffement maximum depuis 1950.
Pour le HadCRUT :~ -26 % (soit ~ -0,18°C) du réchauffement maximum depuis 1950.
Pour le GISTEMP : ~ -16% (soit ~ -0.11°C) du réchauffement maximum depuis 1950.
Pour l'UAH : ~ -40% (soit ~ -0.28°C) du réchauffement maximum depuis 1950.

A l'évidence, les constats pour l'année 2011 sont plutôt dérangeants pour les tenants de la théorie du GIEC qui affirment que le Globe doit, au contraire, se réchauffer du fait des rejets de CO2 résultant des activités humaines. D'autant plus que le taux de CO2 dans l'atmosphère a, lui, effectivement sérieusement augmenté (+30 ppm environ) durant les quinze dernières années.

De fait, comme on peut le voir sur le premier graphe de ce billet qui rapporte les résultats des 4 grands instituts pour les 14 dernières années, ce n'est pas le cas.
Il s'agit plutôt d'une stabilisation ou d'un plateau, sinon d'une baisse.
Rappelons que
Pachauri, le Président du GIEC, s'en inquiétait dès 2008. Evoquant le "plateau des températures" déjà très visible à l'époque, il avait confié à la presse (Reuters) :
"Il faudrait réellement voir sur la base de quelques analyses ce qu'il représente en fait. Y a-t-il des facteurs naturels qui compensent l'effet des gaz à effet de serre résultant de l'activité humaine ?"

Trois ans plus tard, les choses ne se sont pas arrangées pour lui et pour les prédictions (scénarios) du GIEC. Au contraire.
En effet, il serait temps de s'en préoccuper au moins "sur la base de quelques analyses".


Dès lors, placés devant l'évidence des chiffres, les contorsions sémantiques de la presse mainstream ou des institutions alarmistes vont bon train. En voici quelques exemples parmi une kyrielle d'autres du même genre :

  • L'AFP, L'Agence France Presse, (la grand inventrice des "rayons cosmétiques") dont les dépêches sont, le plus souvent intégralement copiées-collées par les grands journaux, ne voudrait surtout pas démobiliser :
    Elle titre :
    "La Terre moins chaude en 2011 mais la tendance au réchauffement persiste".
    Curieux raisonnement ! Cette tendance au réchauffement doit être bien cachée car on ne la voit guère depuis près d'une quinzaine d'années.

  • La WMO (L'OMM) dont le représentant officiel est Michel Jarraud qui titrait l'année dernière en affirmant que l'année 2010 était la plus chaude (avec quelques autres... en "oubliant" de préciser que 2010 et les deux années de température maximales (1998-2005) étaient toutes des année El Niño), affirme cette année "2011: Dixième année la plus chaude, année la plus chaude en présence d'un événement La Niña."

  • USAtoday titre sans hésitation, "La Niña refroidit le Globe" ... en oubliant que les précédents El Niño l'avait réchauffé.

  • La libre Belgique ne veut pas démobiliser ses lecteurs. Elle titre : "La Terre moins chaude en 2011 mais la tendance au réchauffement persiste" comme l'AFP. D'ailleurs, le texte du billet est tiré d'une dépêche américaine (Washington) de cette agence de presse. Laquelle rapporte plusieurs déclarations de James Hansen qui évoquerait "le courant El Niño".
    Tout le monde sait (sauf le reporter de l'AFP) que El Niño n'est nullement un"courant" mais un phénomène ou un événement ou encore une zone chaude de l'océan Pacifique. Espérons que Hansen ne l'ignore pas et qu'il ne s'agit que d'une erreur due à l'ignorance (avérée) des journalistes de l'AFP. Une de plus.

Il est donc clair que "les éléments de langage" comme on dit maintenant, consistent à attribuer au La Niña qui a sévi (en partie seulement) en 2011, la responsabilité d'avoir fait baisser les températures de l'année 2011.
Ce n'est certes pas impossible. Il est connu depuis longtemps que les oscillations ENSO (le froid La Niña mais tout autant, son contraire, le chaud El Niño) affectent la température du globe comme je l'ai montré plusieurs fois dans ce site.

Cependant, ces affirmations concernant le La Niña qui proviennent de proches du GIEC et qui sont (à ma connaissance) les premières de leur part à invoquer (officiellement) l'effet de la variabilité naturelle telle que l
'ENSO (i.e. El Niño, La Niña) (ainsi que l'affaiblissement du soleil comme l'a fait James Hansen) pour expliquer que les variations de température observées ne suivent pas la trajectoire prévue par les modèles, doivent poser au moins quelques questions au lecteur averti :

Pourquoi évoquer, seulement aujourd'hui, l'influence des oscillations naturelles de l'ENSO (Ici d'un opportun La Niña) alors qu'"ils" ont constamment "oublié" de mentionner le défilé des puissants El Niño (qui, eux, réchauffent) auquel on a assisté depuis 1976 jusqu'à la fin du XXème siècle (comme on peut le voir sur le graphe de l'indice ENSO, ci-contre) et qui a culminé en 1998, en parfaite coïncidence avec la phase de réchauffement de la planète et le grand maximum de température du siècle dernier ?enso1


Pourquoi n'avoir rien dit de l'ENSO (El Niño) lorsque le Globe se réchauffait (par exemple en 1998, 2005 ou 2010 qui sont les trois années "records") et ne l'évoquer, qu'en 2011, en mentionnant un La Niña précisément lorsque la température baisse ?

Par exemple, pour respecter une cohérence minimale, USA Today qui a titré cette année son article par "La Niña refroidit le globe" aurait dû titrer son article publié en fin 2010 :"El Niño réchauffe le Globe". Et de même en 1998.
Il n'en a évidemment rien fait.

De même, le communiqué de l'OMM (Michel Jarraud) qui affirmait en début de l'année dernière que 2010 était une des années les plus chaudes (a égalité avec 1998 et 2005, qui sont deux autres années El Niño (!)), avait tout simplement "oublié" de préciser que cette année 2010 avait, elle-aussi, en grande partie, coïncidé avec un épisode notable El Niño, comme on le voit sur ce graphique ci-dessus et comme je l'avais noté dans mon billet du bilan 2010.
Cette fois-ci, Michel Jarraud de l'OMM n'a pas oublié le La Niña...

A l'évidence, nous assistons à l'utilisation d'un double langage de la part des journalistes et, hélas aussi - c'est impardonnable - de la part de quelques scientifiques, ainsi que de la part des institutions de l'ONU telles que l'OMM et le GIEC : On ne mentionne les oscillations ENSO (El Niño, La Niña) que lorsque celles-ci vont dans les sens de la doxa en vigueur et on les "oublie" dans le cas contraire.
Ainsi la présentation qui est faite des bilans annuels de température met en évidence une exposition tendancieuse des résultats.

A dire vrai, tout ceci ressemble beaucoup plus à de la politique et à de la pseudo-science qu'à de la Science.

Rappels : Comme on peut le voir sur le graphique de la NOAA ci-dessus qui indique les variations de l'indice ENSO depuis 1950 jusqu'à time77nos jours, les La Niña étaient nettement majoritaires jusqu'en 1976, accompagnant une période de refroidissement pour la planète qui faisait craindre la venue d'un petit âge glaciaire, à l'époque (ci-contre, couverture du TIME en 1977 : "Comment survivre à l'âge glaciaire qui approche "). J'ai évoqué ce curieux épisode dans le bêtisier où on trouvera quelques autres images et citations qui prennent toute leur saveur lorsqu'on les relit dans le contexte actuel.

De manière symétrique, la période 1976-2002 (environ) a été marquée par une succession d'événements El Niño qui ont poussé les températures à la hausse, sonnant dès lors l'alarme au réchauffement climatique (qui a commencé en 1988 par une présentation de James Hansen devant le sénat US au cours de laquelle il avait présenté une série de prévisions démenties par les faits), exactement comme la succession des La Niña précédente (1947-1976) avait refroidi le globe.

De fait, l'année 1976 a marqué le basculement de l'Oscillation Décennale Pacifique (PDO) de la phase froide vers la phase chaude, riche en El Niño, exactement comme les années 2003-2005 ont marqué le basculement inverse vers une phase froide, donc riche en La Niña. Cest une oscillation naturelle, comme le savent notamment les lecteurs de ce site, qui fonctionne avec une période d'environ 60 ans. De fait, nous sommes actuellement bien rentrés dans la phase froide de la PDO et nous rentrons dans la phase froide de l'AMO (Atlantic Multidécennal Oscillation) ce qui implique sans doute un refroidissement à venir de la planète.

2) Pendant ce temps-là, en France ...

Comme nous l'avons vu ci-dessus, les principaux indicateurs montrent indubitablement que la température du Globe a notablement baissé en 2011. Il se trouve (nous en verrons une explication simple ci-dessous), que pendant la même période, la France (en particulier) a bénéficié d'une année particulièrement douce, avec un climat globalement nettement plus chaud ou plus doux que la normale. J'écris plus doux, car comme le note Météo-France, les jours de canicule ont été plutôt rares durant l'année passée et l'élévation de la température s'est, en réalité, trouvée répartie sur plusieurs saisons de l'année 2011. Et de fait, ce sont surtout les températures élevées observées au printemps et en automne (alors que l'été, et notamment le mois de Juillet a été particulièrement frais) qui ont fait monter la moyenne.

Voici d'ailleurs ce que déclare le bulletin de
Météo-France qui se révèle factuel sur cette question de météorologie :

Météo-France: "Après une année 2010 particulièrement fraîche en France métropolitaine (la plus froide de ces deux dernières décennies à égalité avec 1996), l'année 2011 se révèle être l’année la plus chaude que l’Hexagone ait connue depuis 1900. Avec une température moyenne annuelle dépassant de 1,5 °C la normale, l’année 2011 détrône ainsi l’année 2003 qui détenait le précédent record avec un écart de température de +1,3 °C Le printemps et l’automne remarquablement chauds ont largement contribué à faire de l’année 2011 une année exceptionnellement chaude....

Evidemment et bien que Météo-France ait été parfaitement clair sur la question en précisant qu'il ne s'agissait que de l'hexagone, il n'en fallait pas plus pour déclencher une véritable logorrhée catastrophiste de la part des médias, au détriment des lecteurs peu attentifs et désinformés.On entendait :
"Vous vous rendez compte ? 2011 est l'année la plus chaude depuis 1900 ! +1,5°C ! C'est bien la preuve du réchauffement climatique dû au CO2. Le GIEC a raison. On va tous mourir etc.".

Comme vous allez en voir quelques exemples ci-dessous, les radios; les télés, les journaux et malheureusement aussi, quelques scientifiques, se sont donné beaucoup de mal pour tenter de redonner corps au vieux rêve cher au coeur des français du XVIIIème siècle et de Louis XIV : La France (métropolitaine), c'était le Monde voire le centre du Monde ou de la Planète toute entière. Et, hélas, beaucoup l'ont cru, et, sans doute, le croient encore.

Rappels : J'ai toujours conseillé à mes amis de disposer d'un globe terrestre (ceux de la maison Geodus sont superbes). Cela pousse à l'humilité et permet de ne pas perdre de vue quelques ordres de grandeurs tels que ceux-ci :
Du point de vue géographique, la France métropolitaine n'occupe guère qu'
un petit peu plus d'un millième de la surface de notre planète.
Elle ne représente qu'environ 0,4 % des terres émergées. Elle se trouve centrée autour du 46ème parallèle ce qui la place assez précisément au point de rencontre de l'influence des masses d'air chaudes tropicales-équatoriales et des masses d'air froides venant de l'arctique. C'est, en particulier, cette situation centrale du point de vue des latitudes qui lui procure un climat tempéré où les quatre saisons sont nettement différenciées, ce qui n'est pas si courant sur notre planète. C'est aussi pour cette même raison et quelques autres que le climat de la France est plutôt varié ( +6°C environ quand on passe du Nord au Sud). Et de fait, compte tenu des importantes fluctuations qui affectent les zones de pression atmosphériques, elle aussi dotées d'un climat relativement variable en comparaison avec d'autres grandes zones continentales, compte tenu aussi de l'influence apaisante de sa grande façade maritime.
Bref, sans entrer dans les détails, on peut considérer que la France est un pays particulièrement favorisé du point de vue climatique. Ce qui est également avéré, c'est qu'elle n'est en rien représentative du climat du Globe, comme certains ont essayé de le faire croire.
Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre de constater que si 2010 a été une année particulièrement froide pour la France, elle a été l'une des années les plus chaudes pour le Globe. Et c'est pratiquement l'inverse qui s'est produit pour l'année 2011.
Comme l'on dit, la température du Globe ne se mesure pas à Bécon les Bruyères.

Afin d'illustrer ce que j'écrivais plus haut, c'est à dire la réaction quasi-frénétique de la plupart des médias (heureusement, pas tous) qui ont, plus ou moins subrepticement, fait passer la publication du bulletin de Météo-France pour un bilan global des températures de notre planète dans le but évident d'alarmer les lecteurs, j'ai constitué un petit florilège (non exhaustif) des titres de la presse écrite parus en fin du mois de décembre 2011.
Il est exact que dans nombre de publications, le fait que le bulletin de Météo-France concernait l'hexagone a été mentionné, mais il l'a été en petits caractères dans le corps du texte. Hélas, cela n'a été que rarement le cas pour les "brèves" des journalistes que l'on pouvait entendre sur les radios. Jusqu'aux émissions de télévision où certains sont venus disserter sur le bulletin de Météo-France, sans préciser qu'il ne s'agissait que de la France et en tirant des conclusions (forcément hasardeuses) pour la planète toute entière.
Voici donc quelques titres accrocheurs et suffisamment ambigus pour être tendancieux, relevés dans la presse francophone de la fin d'année 2011 :

L'express (d'après AFP) : "2011, année la plus chaude depuis le début du XXe siècle"
Actualités News et Environnement : "Météo France annonce que 2011 est l'année la plus chaude jamais enregistrée"
France-soir : "Météo : 2011 l'année la plus chaude depuis plus de 100 ans"
La Dépêche : "2011, l'année la plus chaude depuis un siècle - climat"
Libération : " 2011, année la plus chaude depuis plus d'un siècle"; Le texte qui suit est la copie de la dépêche AFP
Sciences et Avenir : "2011, année la plus chaude depuis plus d'un siècle selon Météo France"
Terra Femina : " Météo 2011 : l’année la plus chaude du siècle"
Le Républicain Lorrain : "L’année la plus chaude depuis un siècle"
Le Parisien : " Météo : 2011, année la plus chaude depuis 111 ans". Ce journal est coutumier du fait.
Témoignages : "La confirmation de la gravité de la crise environnementale : 2011, année la plus chaude depuis 1900".
La Montagne : "2011, année la plus chaude depuis plus d'un siècle selon Météo France."
....et beaucoup d'autres.

A noter que ceux qui ont précisé, dans le titre, que la source venait de Météo France, ne sont guère dédouanés. En effet, Météo France s'occupe également de climatologie globale. L'ambigüité demeure.
En revanche, certains journalistes sont restés honnêtes et factuels (ou prudents ?) quant à la rédaction de leurs titres. C'est le cas de la Chaîne Météo qui, elle, sait de quoi elle parle.
Cette fois-ci, le Monde, pourtant déjà titulaire de quelques bonnets d'âne; nous a agréablement surpris. En effet, il a titré honnêtement "2011; l'année la plus chaude en France depuis 1900", un siècle ou cent ans. Ce qui est exact, selon les relevés de Météo France.

Alors, pourquoi a-t'il fait particulièrement doux en France en 2011,
alors que l'année 2010 y avait été plutôt froide ?

Quelques graphes suffisent pour comprendre en quoi et pourquoi l'année 2011 (mais aussi 2010, dans une moindre mesure) a été une année exceptionnelle, en particulier, en France.

Comme vous le savez si vous êtes un familier de la page des indicateurs, l'indice AO (Oscillation Arctique) (l'alter ego de la NAO ) constitue une mesure du différentiel de pression existant entre la zone des Açores et une zone située au dessus de l'Islande. L'indice NAO (et l'indice AO) est régulièrement enregistré par la NOAA.

Dans le cas d'une NAO+ ou AO+, c'est à dire lorsque cet indice est positif, il règne une zone de haute pression au niveau des Açores (qui détermine en grande partie, le climat de la France) et une zone de basse pression au dessus de l'Islande. Dans ce cas, l'air doux souffle d'ouest en est, sur les USA et l'Europe . C'est un facteur qui favorise le réchauffement.
Il se trouve que l'indice AO est resté positif pendant la majeure partie de l'année 2011. C'est à dire que le climat de la France a été dominé par des hautes pressions situées à proximité des Açores. D'où une douceur persistante au moins jusqu'au début de l'hiver 2011 C'est effectivement une situation assez exceptionnelle.
La figure de droite ci-dessous représente la situation de l'AO durant la fin de l'année 2011. Tous ceux qui disposent d'un baromètre ont pu constater, par eux mêmes, que les hautes pressions ont largement dominé durant l'année 2011, à quelques notables exceptions près.

En situation de NAO- (AO-), la situation des hautes et basses pressions est pratiquement inversée. Les hautes pressions sont au Nord, les basses au Sud. En hiver, les descentes d'air frais venues de l'Arctique sont fréquentes. On a un hiver froid.
C'est exactement ce qui s'est passé en 2010 qui a été une année essentiellement AO- et donc particulièrement fraîche (Figure de gauche ci-dessous).

AO1 AO2

Ce qui précède concerne la France hexagonale. Mais que s'est-il passé pour le reste du Globe ?

Le NOAA Climate Service propose un texte intéressant et un schéma explicatif qui montre la répartition des anomalies de températures chaudes (en rouge) et froides (en bleu), pendant le début de l'hiver 2010 ( situation AO négative) et pendant le début de l'hiver 2011 (situation AO positive) .
Voici une comparaison de la situation des anomalies de températures pour une grande partie de l'hémisphère nord (Vue de la verticale du pôle Nord).

A gauche du 1er Novembre au 15 Décembre 2010. En situation d'Oscillation Arctique négative(AO-)
A droite
du 1er Novembre au 15 Décembre 2011. En situation d'Oscillation Arctique positive (AO+).

Comme on le voit, durant cette période, la France a subi une anomalie plutôt froide en 2010 et très chaude en 2011.
AO2011

Plusieurs remarques :

- Les deux situations sont pratiquement complémentaires l'une de l'autre du point de vue géographique.
-L'écart (l'excursion) des températures (14°C) lorsque l'on passe de A0+ à AO- (ou l'inverse) est très important dans certaines régions du Globe, comme, par exemple en Turquie , en Suède et dans la pointe Nord Est de la Russie et à l'Ouest de l'Alaska.

Quant il faisait froid en France, en 2010, il faisait particulièrement chaud dans le Nord du Canada etc.
Quand il faisait doux en France en Automne 2011, il faisait froid, voire très froid, entre autres, dans tout le Sud du continent Eurasien et au Sud Ouest des Etats-Unis.

Toujours concernant la France et une partie de l'hémisphère Nord, voici quelques images issues des sondes de températures AMSU à bord des satellites de la NASA utilisés, entre autres, par l'Université d'Alabama (UAH, John Christy et Roy Spencer).
Je conseille vivement la consultation régulière de ces images à ceux qui ont tendance à confondre l'hexagone français avec la planète toute entière.


Le code représenté ci-dessous est toujours le même : Bleu=froid. Chaud=rouge.

uahscale
uahapr11
uahjul11
uahdec10

 

 

En Avril 2011, la France a connu un printemps particulièrement chaud et sec, faisant craindre la sécheresse. Les foins ont germé prématurément faisant craindre un déficit en aliment pour les bovins, en fin 2011. En réalité, l'été suivant, froid et humide, a, en partie, comblé les pertes. A noter que la zone chaude couvrait aussi la plus grande partie de l'Europe du Nord et le Nord de la Russie.

Mais, pendant ce temps-là, le Groenland et le Nord du Canada subissaient des anomalies très froides. De même, les température de la région de la mer Noire, et du Nord de la Turquie étaient anormalement basses.

 

 

 

En Juillet 2011, comme s'en souviennent les vacanciers, en France, les températures n'étaient pas à la fête comme on le voit sur cette image. Il est intéressant de remarquer que cette anomalie froide du mois de Juillet 2011 n'a guère concerné qu'une petite partie de l'Europe de l'Ouest (tache bleue ci-contre).

 

 

 

Toujours dans le but de montrer que "La France, ce n'est pas le Monde", voici la situation qui a prévalu au mois de Décembre 2010 et de manière générale pendant le long hiver 2010 et qui s'est prolongé jusqu'au printemps.

Effectivement, comme on le voit, la France et une petite partie de l'Europe du Nord a connu un mois de décembre très frais (plus bas que -2,5°C par rapport à la moyenne !). Il s'agissait d'une grosse goutte d'air froid qui a stagné au dessus de la pointe ouest du Continent Eurasiatique.
Par contre, à peu près à l'inverse de ce qu'on a connu en Avril 2011, le Groenland, le Nord du Canada etc. avaient chaud à cette même époque.

 

Et de fait, si on passe en revue ces cartes de température, on constate que l'année 2010 a été froide et que l'année 2011 a été chaude, pour la France et que la situation a été sensiblement l'inverse pour le Globe comme le montre l'examen des bases de données des quatre institutions citées ci-dessus.
On voit donc qu'il est absurde de tirer quelque conclusion que ce soit à partir d'événements météorologiques plus ou moins localisés pour en déduire quoique ce soit sur le "Réchauffement Climatique". Même devant des caméras de télévision.

S'agissant d'événements localisés dans l'espace comme dans le temps, les fameux "extrêmes climatiques (soi-disant) sans précédents", constituent l'un des chevaux de bataille favoris de ceux qui pratiquent l'alarmisme climatique. Les températures du Globe ne montant plus depuis une quinzaine d'années, comme nous l'avons vu, il fallait trouver autre chose, semble-t-il...

3) Les événements climatiques "extrêmes" :

Un lecteur que je remercie a attiré mon attention sur une brève du Figaro, (c'est un commentaire au sujet d'une photographie. Il faut faire défiler la galerie pour trouver celle à laquelle je fais allusion) qui est constituée d'une photo représentant un cycliste indien qui pratique le vélo au bord de la mer parmi les embruns qui l'éclaboussent.
La photo est agréable. Malheureusement, cette belle photo sert surtout de prétexte à un journaliste (photographe ?) qui profite de l'occasion pour essayer de faire passer son angoisse quant au réchauffement climatique et à l'évolution des événements extrêmes (tempêtes et autres inondations). aux malheureux lecteurs captifs du Figaro.
Son texte constitue un monument de désinformation. Le commentaire dit :

"...Mais cette photo n’en est que plus parfaite pour illustrer la fin d’une année 2011 marquée par un important réchauffement climatique (+2,4°C) ainsi que par de très nombreux événements météorologiques d’une ampleur exceptionnelle : inondations en Thaïlande, tornade de force 5 sur le Missouri, crues gigantesques en Australie, typhon meurtrier (2300 morts) sur les Philippines, tempête de sable de 80 km de large en Arizona et hiver historique sur les États-Unis… alors que chez nous, en France, il fait pour l’instant si doux que les arbres fruitiers commencent à bourgeonner."


Après avoir constaté (ci-dessus) que l'année 2011 a été, au contraire, marquée par un refroidissement, il est inutile de préciser que l"important réchauffement climatique (+2,4°C)" auquel fait allusion le commentateur est totalement délirant. Le chiffre avancé est évidemment absurde comme chacun le sait.

S'agissant de l'augmentation supposée du nombre d'événements climatiques extrêmes, claironnée par nombre de médias, journaux, télés, radios et, malheureusement aussi, par quelques scientifiques, il est intéressant de savoir ce que le GIEC, lui-même, en pense.
Que nous prédisent les modèles climatiques à ce sujet ?
Existe-t-il un lien, scientifiquement avéré, entre les événements climatiques extrêmes et le réchauffement climatique ?
Les événements climatiques "extrêmes" sont-ils propres à notre époque ?

Voici la réponse à ces deux premières questions données par le texte officiel publié par le GIEC, le 18 Novembre 2011 :

IPCC, 2011: Summary for Policymakers. In: Intergovernmental Panel on Climate Change Special Report on
Managing the Risks of Extreme Events and Disasters to Advance Climate Change Adaptation

"GIEC, 2011 : Résumé pour les Décideurs. Dans "Rapport spécial du GIEC sur la gestion des risques dus aux événements extrêmes et aux désastres ayant comme but de faire avancer l'adaptation au changement climatique."

Page 9.

" Projected changes in climate extremes under different emissions scenarios generally do not strongly diverge in the coming two to three
decades, but these signals are relatively small compared to natural climate variability over this time frame. Even the sign of projected changes in some climate extremes over this time frame is uncertain. For projected changes by the end of the 21st century, either model uncertainty or uncertainties associated with emissions scenarios used becomes dominant, depending on the extreme. "

"Les changements projetés des extrêmes climatiques, effectués avec des scénarios variés d'émission (NdT : de CO2) ne divergent pas fortement pour les deux ou trois décennies à venir, mais ces signaux sont relativement faibles si on les compare à la variabilité climatique naturelle durant cette même période. Même le sens des projections des variations d'un certain nombre d'extrêmes climatiques, pendant cette période, est incertain. Pour ce qui est des projections des changements d'ici la fin du siècle, ce sont surtout, soit les incertitudes inhérentes aux modèles utilisés, soit les incertitudes associées aux scénarios des émissions choisis qui prévalent en fonction de l'extrême climatique étudié."


En bref, Le GIEC avoue honnêtement que les modèles sont actuellement incapables d'avancer la moindre projection fiable quant à l'évolution des événements climatiques extrêmes
et ceci pour les vingt ans qui viennent et jusqu'à la fin du siècle. Les résultats sont lourdement entachés d'incertitudes et les projections sont indistinguables de la variabilité naturelle. Jusqu'au signe lui-même, c'est à dire quant à l'augmentation ou à la diminution des événements extrêmes, qui demeure incertain.

On peut en déduire que tous ceux et celles qui nous affirment fréquemment à la radio, à la télévision ou dans les journaux que tel ou tel événement récent comme les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur, les tornades, les typhons (jusqu'aux tsunamis !) etc., décrit comme extrême, "s'inscrit dans la ligne de ce que nous attendons", n'ont pas lu le tout récent rapport du GIEC, font des spéculations et pratiquent l'alarmisme à bon marché.

Enfin, et tout particulièrement pour ce qui concerne les événements climatiques dits "extrêmes", il est indispensable de se replonger dans le contexte historique.
On ne peut donc que conseiller la lecture du livre de l'historien Emmanuel Garnier qui s'est précisément penché sur l'histoire des événements climatiques extrêmes, depuis 500 ans. Son livre est intitulé : "Les dérangements du temps : 500 ans de froid et de chaud en Europe". La quatrième page de couverture de ce livre rapporte les textes suivants

"La réponse de l'historien est sans appel. Bien avant le Global Warming, nos ancêtres connurent des épisodes parfois très chauds dont l'intensité fit reculer les glaciers alpins à des niveaux inférieurs à ceux d'aujourd'hui" [...] "il est en revanche certain que les événements extrêmes qui focalisent tant l'attention de l'opinion publique aujourd'hui faisaient déjà partie du quotidien des sociétés anciennes. La sévérité des catastrophes observées sur cinq siècles démontre qu'elles n'eurent rien à envier à nos désastres récents. Confrontées à l'adversité climatique, nos sociétés, croit-on, passent d'une interprétation religieuse, avec son cortège de processions, à une sécularisation du fait météorologique dans le sillage de la pensée rationaliste et de l'intervention croissante des Etats."

viz

 

On ne peut être plus clair.

Ce que l'on pourrait illustrer par le sketch un peu moqueur ci-contre (traduit de l'anglais).

Quoique, pour ce qui concerne la "pensée rationaliste", évoquée par E. Garnier, on pourrait se poser quelques questions....

 

 

 

 

 

 



 

4) Dans ces conditions, quels sont les heureux récipiendaires des bonnets d'âne du mois de Janvier 2011 ?
Ils sont particulièrement nombreux.

  • Evidemment, les bonnets d'âne reviennent de droit à tous ceux qui ont tenté de minimiser, dans l'esprit du public, la baisse de température globale qui s'est produite en 2011, soit en ne la mentionnant pas soit en invoquant un phénomène La Niña, alors que les mêmes n'avaient jamais songé à invoquer le phénomène inverse et symétrique (El Niño) lorsque les températures étaient en hausse.
    Ce comportement anti-scientifique consiste à prendre en compte la variabilité naturelle lorsqu'elle vous arrange et à l'ignorer dans le cas contraire.
    Parmi ceux-ci, on trouve, hélas, des scientifiques connus (des médias), l'OMM et son responsable (déjà primé) ainsi que les médias que j'ai cités plus haut.


  • Sont également récompensés, la cohorte des journalistes auteurs des titres du genre "La température la plus chaude depuis 100 ans " omettant de préciser qu'il ne s'agissait que de la France (et que le Globe, lui, s'était refroidi). Les auteurs de ces titres trompeurs et alarmistes figurent dans le petit florilège encadré ci-dessus.
    En réalité, beaucoup, sinon la plupart, ont échappé à ma sagacité (ou à ma patience) qui ont pratiqué la même désinformation consistant à assimiler dans l'esprit des lecteurs peu attentifs, les températures de la France avec celles du Monde. Ils se reconnaîtront.
    Comme d'habitude, l'
    AFP figure parmi les candidtas primés. De fait, cette agence accumule les récompenses. Elle est à l'origine d'une grande partie des affirmations infondées qui sont reprises, sans aucune analyse ni esprit critique, par les médias.

  • Le Figaro, qui n'en est pas à son coup d'essai, complète sa collection de bonnets d'âne (avec les palmes et les félicitations du jury) pour avoir publié un texte ultra-fantaisiste qui n'a strictement rien à voir avec la réalité objective et constitue, en soi, un monument de désinformation. Lequel ne dépare pas toute une série d'articles régulièrement publiés sur ces sujets depuis plusieurs années. .

  • Le bonnet d'âne avec palmes et félicitations du jury récompense également tous ceux et celles qui, sur les antennes et dans les journaux, persistent à agiter perpétuellement le spectre des événements climatiques extrêmes qui, selon eux, seraient déjà apparents et ne font aucun doute pour les années à venir.
    Il est évident que ce pernicieux travail d'instillation de la peur (infondée) ne peut qu'avoir des conséquences désastreuses sur l'esprit malléable de nos enfants et de nos petits enfants. Les persuader qu'ils vont devoir vivre durant un siècle de catastrophes "sans précédents", n'est guère motivant.
    De fait, la science actuelle est incapable d'affirmer quoi que ce soit dans ce domaine et l'histoire nous apprend que les événements actuels n'ont rien à envier à ceux qui ont affligé nos aïeux.

Bref, voilà qui constitue une très remarquable collection de bonnets d'âne, au seuil de cette nouvelle année !
Félicitations aux primés ! Perséverez !
(Je ne doute pas qu'ils le feront).

 

Stay tuned !

04 Décembre 2011 : Les courriels du CRU - Climategate 2.0 : Le retour.

A vrai dire, je préparais des billets sur des sujets totalement différents. Mais actualité oblige, n'est-ce-pas ?
Et je ne crois pas que les lecteurs de PU m'auraient pardonné de laisser passer un événement aussi renversant que la nouvelle et considérable livraison d'un hacker inconnu (sans aucun doute le même qui avait publié les courriels du CRU du Climategate 1.0, en Novembre 2009) qui vient de déposer sur plusieurs sites, un complément substantiel (5200 courriels !) aux fameux 1073 courriels révélés en 2009, qui résidaient sur le serveur du CRU (Climate Research Unit) de l'Université d'East-Anglia (UK).

1- Introduction :

Le dossier appelé FOIA2011 tout récemment (le 22 Novembre 2011) mis à la disposition du public par le (les) hacker inconnu est constitué d'un "batch" (une liasse) qui inclut :
- un texte explicatif (README.TXT).
- une liasse de près de 5200 emails échangés entre les divers protagonistes qui se situent au coeur des divers rapports du GIEC et d'autres rapports propres aux USA.
- un énorme dossier subtilement encrypté (et donc indéchiffrable dans l'état actuel de la technique sans connaître le mot de passe) qui contiendrait quelques 220.000 (!) emails supplémentaires que le (les) hacker n'a pas souhaité révéler... pour l'instant. On se perd en conjectures sur les raisons qui ont poussé le (les) hacker à garder secret le code d'accès à cette énorme base de données.

Je rappelle que la FOIA (US) (Loi Pour la Liberté d'Information) dont le nom a été choisi par le (les) hacker pour intituler les dossiers rendus publics, est une loi votée par le congrès US en 1966. Elle est fondée sur le principe de la liberté d'information. Elle oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité. Le Royaume Uni possède aussi sa propre FOIA.
Certains échanges de courriels de FOIA2011 font mention de cette loi et font même état de conversations avec le représentant responsable de l'application de la FOIA à l'Université UEA... et des moyens de s'en prémunir qui consistent à effacer les courriels que l'on juge compromettants. Ceci sans aucun succès d'ailleurs car il semble que ceux qui recommandent ce genre de méthode (tel Phil Jones, le responsable du CRU, largement mis en cause lors du Climategate 1.0, ultérieurement blanchi par des commissions "indépendantes"), ignorent qu'il ne suffit pas d'effacer un message de la boîte email de son ordinateur personnel pour qu'il disparaisse. En réalité, les copies demeurent sur le serveur, ainsi qu'on peut le constater.

A noter, comme je l'avais fait en 2009, qu'à mon avis, l'organisation même des courriels révèle une très bonne connaissance des problèmes de la climatologie. Je pense (mais je peux me tromper) que le hacker est un "insider". C'est à dire, une personne du sérail.

Le "README.TXT" consiste en une présentation de la base de données mise à la disposition du public ainsi qu'une déclaration liminaire qui explique les motivations du ou des hackers.

Je vous rappelle que la première série des 1073 emails qui avait été déposée sur le WEB en Novembre 2009 (FOIA2009), sans doute par le (les) même personne, était précédée du message explicatif suivant :

" Nous pensons que, dans la situation actuelle, la science du climat est trop importante pour demeurer dissimulée.
C'est pourquoi nous mettons dans le domaine public une sélection, prise au hasard, de correspondances, de codes (NDT: informatiques) et de documents. Nous espérons que cela ouvrira les yeux sur cette science et sur les gens qui sont derrière".


Comme en 2009, je présenterai les textes sous forme de tableau à deux colonnes. Celle de gauche contient le texte original. Celle de droite en donne une traduction en français.
Les fonds jaunes sont réservés aux citations. Mes commentaires ou mes présentations sont affichées sur ce fond bleu-vert.
Dans la suite de ce billet, pour faire court, j'utiliserai le mot "Team" (l'équipe) comme le font les américains pour désigner les membres des divers laboratoires ou instituts (essentiellement US et UK) qui participent à ces échanges de courriels et qui constituent le coeur même du groupe I (sciences de bases et attributions) du GIEC.
Comme vous le constaterez en lisant les échanges, les membres actifs du "Team"sont peu nombreux. Les noms des membres les plus actifs (notamment Mike Mann (US) et Phil Jones (UK)) reviennent très souvent, tout comme dans les courriels du Climategate 1.0.

Le message liminaire du FOIA2011 est le suivant.

/// FOIA 2011 — Background and Context ///

“Over 2.5 billion people live on less than $2 a day.”
“Every day nearly 16.000 children die from hunger and related causes.”
“One dollar can save a life” — the opposite must also be true.
“Poverty is a death sentence.”
“Nations must invest $37 trillion in energy technologies by 2030 to stabilize greenhouse gas emissions at sustainable levels.”
Today’s decisions should be based on all the information we can get, not on hiding the decline.

This archive contains some 5.000 emails picked from keyword searches. A few remarks and redactions are marked with triple brackets.
The rest, some 220.000, are encrypted for various reasons. We are not planning to publicly release the passphrase.

We could not read every one, but tried to cover the most relevant topics such as…

///FOIA 2011 - Arrière-plan et contexte ///

"Près de 2,5 milliards de personnes vivent avec moins de 2$ par jour."
"Chaque jour, près de 16.000 enfants meurent de faim et de causes afférentes."
"Un dollar peut sauver une vie" - L'inverse doit aussi être vrai.
"La pauvreté est une sentence de mort."
"Les Nations doivent investir 37 mille milliards de dollars dans les technologies de l'énergie jusque vers 2030 afin de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre à des niveaux supportables."
Les décisions d'aujourd'hui devraient reposer sur toutes les informations que nous pouvons obtenir, et non pas sur "cacher le déclin" (NdT :"hide the decline" : est une expression utilisée dans la précédente série des emails, qui avaient déclenché une sévère polémique).

Les archives contiennent quelques 5000 emails extraits à partir de recherche par mot-clefs. Quelques remarques et rédactions sont indiquées par des triple-crochets.
Le reste, qui sont au nombre de 220.000, est encrypté pour diverses raisons. Nous ne prévoyons pas de publier le mot de passe.
Nous n'avons pas pu les lire tous, mais nous avons essayé de couvrir les sujets les plus pertinents tels que...

Suit une série de paragraphes incluant chacun un certain nombre de citations, extraites des emails directement accessibles dans la base de données rendue publique. Les titres des différents paragraphes sont les suivants :

/// Le fonctionnement du GIEC ///,
/// Communiquer sur le changement climatique ///,
/// L'optimum Médiéval ///,
/// L'effet d'îlot urbain (UHI)///,
/// Reconstructions des températures///,
/// Science et Religion ///,
/// Les modèles du climat///,
/// La Cause///,
/// Liberté de l'information ///

Vous trouverez sur le site "The Air Vent" (un site anglophone sceptique bien connu) le détail du contenu de chacun de ces paragraphes, c'est à dire l'intégrale du contenu du fichier README.TXT. A noter que The Air Vent a été un des tout premiers sites sur lequel a été déposé, sans doute par le (les) hacker, le lien vers le dossier FOIA2011.

2 - Comment accéder à la liste et au contenu intégral des emails ? :

Les lecteurs intéressés pourront trouver la totalité des quelques 5200 emails du Climategate 2.0 et leur contenu intégral dans la base de données foia2011.org. sur laquelle on peut effectuer des recherches par mot-clef ou trouver des emails dont on connaît le N° de référence, comme les quelques-uns (référencés par leur numéro) qui sont cités ci-dessous.
Le site FOIA2022.org a maintenant complété sa base de données en lui incluant également la totalité des 1073 emails du Climategate 1.0. Vous avez donc accès aux quelques 6300 emails des FOIA2009 et FOIA2011.

Enfin, une base de données Excel de la totalité des emails des climategate 1.0 et 2.0 a également été mise à la disposition du public (h/t B. Minton via WUWT et Air Vent).
-Soit en format Excel (Office 2002-2003)
-Soit en format Excel (Office >2007).

L'intérêt de cette mise en forme sous Excel réside évidemment dans le fait que la base de données ainsi constituée, est ordonnée par date, ce qui permet souvent de suivre le fil des échanges entre les personnes impliquées.
A noter que toutes les données personnelles (téléphones, adresses emails etc.) relatives aux protagonistes de ces échanges, ont été effacées (notées REDACTED) par le (les) hackers. Seules demeurent les affiliations lorsqu'elles étaient indiquées.

Contrairement aux affirmations de certains, les bases de données FOIA2009 et FOIA2011 sont totalement différentes et ne semblent, en aucune manière, se superposer.
De fait, la nouvelle
FOIA2011 couvre des sujets d'intérêts nettement plus vastes que ne le faisait la base FOIA2009.
On y trouve, notamment, nombre de courriels révélateurs, à consonance fortement politique et/ou stratégique, de la part des membres du
"Team" (de l'équipe), comme ils disent. Les nouveaux emails concernent, également et entre autres, les relations avec les médias (dont très notablement, la BBC et le New York Times), avec des ONG (WWF et Greenpeace entre autres), ou encore, les relations avec les bailleurs de fonds tels que le DOE (Le département de l'énergie US), voire avec des personnes proches des gouvernements, ainsi qu'avec d'autres organisations impliquées dans cette affaire de réchauffement climatique.
Le moins que l'on puisse dire, au vu des emails du FOIA2011, c'est que les membres du "Team" qui sont, en principe, des scientifiques indépendants, n'hésitent pas à s'engager dans la politique. Tout cela est analysé avec quelques détails (mais tout n'y est pas) dans la série publiée par WUWT.

Il est inutile de préciser que l'ouverture de cette nouvelle base de données du CRU de l'Université d'East Anglia, a motivé les efforts concertés de la part d'un nombre impressionnant d'amateurs (ou professionnels) anglophones qui s'intéressent à ces questions. C'est ainsi qu'un grand nombre d'emails dont le contenu est franchement impressionnant et qui figurent dans FOIA2011, a été porté à la connaissance du public anglophone, notamment via le site d'Anthony Watts (WUWT) qui contient une série d'analyses de plusieurs de ces emails qui n'avaient pas été mentionnés par le hacker dans son texte liminaire README.TXT.

3- Quelques exemples significatifs relevés dans les courriels du Climategate 2.0
Ce chapitre est divisé en 4 parties qui me semblent caractéristiques du ton, de l'esprit et du contenu des messages échangés par les membres du "Team".

A - Le Doute

Visiblement, des chercheurs du "Team" sont inquiets de certaines anomalies observées dans le comportement de leur entourage et aussi de ce que l'avenir leur réserve. Et ils l'écrivent. Certains le font vertement et n'y vont pas de main morte :

Par exemple, Doug Maraun, chercheur du CRU de l'UEA est inquiet sur la perception du "Team" par l'extérieur. Il a des états d'âme sur le comportement de certains membres du "Team". Il propose à ses collègues d'organiser une discussion autour de quelques questions dont celles-ci :

Courriel N° 1656 de Doug Maraun à ses collègues du Team, le 24 oct 2007, donc après la publication du rapport AR4 du GIEC)

-Is it true that only climate sceptics have political interests and are potentially biased? If not, how can we deal with this?
-How should we deal with flaws inside the climate community? I think, that "our" reaction on the errors found in Mike Mann's work were not especially honest.

-Est-il exact que seuls les climato-sceptiques ont des arrières-pensées politiques et sont potentiellement biaisés ? Si ce n'est pas le cas, comment gérer ce problème ?

-Comment devons nous gérer les erreurs commises à l'intérieur de la communauté qui travaille sur le climat (NdT : Le Team) ?
Je pense que "nos" réactions vis à vis des erreurs trouvées dans le travail de Mike Mann n'étaient pas spécialement honnêtes.

Peter Thorne qui est Climate Research Scientist du Hadley Centre for climate prédiction and research, associé au Met-Office UK, lequel entretient des relations, en principe, confraternelles avec du CRU de l'UEA, pense à l'avenir. Il ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'adresse à ses collègues du CRU.

Courriel 3066 (De Peter Thorne à Phil Jones , le 20 février 2005)

...]I note that my box on the lapse rates was completely and utterly ignored which may explain to some extent my reaction, but I also think the science is being manipulated to put a political spin on it which for all our sakes might not be too clever in the long run.

...] Je remarque que mon insert au sujet du taux de variation de la température dans l'atmosphère a été complètement et intégralement ignoré, ce qui peut expliquer, en partie, ma réaction, mais je pense que la science est manipulée pour lui donner un objectif politique. Ce qui, pour notre bien à tous, pourrait ne pas être très malin pour le long terme.

A noter que cette dernière phrase du courrier adressée par Peter Thorne (qui porte bien son nom puisque thorn signifie "épine" en français) à Phil Jones, nous rappelle le texte de la lettre de démission (du GIEC, écrite en Janvier 2005) de Christopher Landsea qui se terminait ainsi :
" Pour ce qui me concerne, je ne peux pas, en toute honnêteté, continuer à contribuer à un processus que je considère comme motivé par des objectifs pré-conçus et qui sont scientifiquement infondés. Comme les responsables du GIEC n'ont rien trouvé de mal dans les actions du Dr. Trenberth et l'ont maintenu à son poste d'Auteur Principal pour l'AR4, j'ai décidé de ne plus participer à la préparation de l'AR4 du GIEC."

A l'époque de la "bataille de la Crosse de hockey" qui a fait les beaux jours des rapports du GIEC jusqu'en 2007 et qui s'est prolongée pendant quelques années, Michael Mann défendait bec et ongles (et certains persistent encore aujourd'hui (!)) sa fameuse "reconstruction" historique des températures de l'hémisphère Nord qui éliminait, tout de go, l'optimum médiéval et le petit âge glaciaire.
Les courriels du Climategate 2.0 montrent que les collègues de Mann s'en inquiétaient et en redoutaient les conséquences. Ainsi Edward Cook écrivit à Tim Osborn :

Courriel 4369 de Edward Cook à Tim Osborn (3 avril 2002)

Hi Tim,
I will be sure not to bring this up to Mike. As you know, he thinks that CRU is out to get him in some sense. So, a very carefully worded and described bit by you and Keith will be important.
I am afraid that Mike is defending something that increasingly can not be defended. He is investing too much personal stuff in this and not letting the science move ahead. I am afraid that he is losing out in the process.
Ed

 

Hello Tim,
Je m'assurerai de ne pas rapporter ça à Mike. Comme tu le sais, il pense que le CRU est à ses trousses d'une certaine manière. Ainsi, un petit mot écrit avec soin et documenté par toi et Keith (NdT Briffa) sera important.
J'ai peur que Mike soit en train de défendre quelque chose qui devient de plus en plus indéfendable. Il investit trop de sa personne dans cette affaire et ne laisse pas la science progresser. J'ai peur qu'il soit perdant dans cette affaire.
Ed (Cook).

Comme je l'avais noté lors du Climategate 1.0, Keith Briffa semble éprouver de sérieux doutes et en particulier, sur les "reconstructions", ce qui est significatif de la part d'un dendrochronologue comme lui. Il écrivait dans ce sens à Edward Cook :

Courriel 2009, De Keith Briffa à Edward Cook (20 Janvier 2005)

...]Really happy to get critical comment here . There is no doubt that this section will attract all the venom from the sceptics. I find myself in the strange position of being very skeptical of the quality of all present reconstructions, yet sounding like a pro greenhouse zealot here!

Je suis très heureux d'avoir des commentaires critiques, ici. Il n'y a aucun doute que cette section attirera tout le venin des sceptiques. Je me trouve dans une situation étrange où je suis très sceptique sur la qualité de toutes les reconstructions actuelles et pourtant je passe ici pour un zélote pro effet de serre !

Vous trouverez ci-dessous quelques autres exemples de courriels où des chercheurs du Team mettent sérieusement en doute les résultats ou le comportement de quelques-uns de leurs collègues. Beaucoup de courriels vont dans ce sens.

B - La Cause :

A l'évidence, la conception des buts de la recherche scientifique sur le climat de certains membres du Team (mais pas tous) est pour le moins "inhabituelle". Par exemple, dans ses échanges de courriels, Michael Mann fait plusieurs fois référence à "La Cause" (sic) qu'il faut défendre. En voici deux exemples :

Courriel N° 3115 (3 Août 2004, de Mike Mann à Phil Jones)

...] By the way, when is Tom C going to formally publish his roughly 1500 year reconstruction??? It would help the cause to be able to refer to that reconstruction as confirming Mann and Jones, etc...


...] Au fait, quand est-ce que Tom C va publier défintivement sa reconstruction sur environ 1500 ans ???? Cela aiderait la cause de pouvoir citer cette reconstruction en précisant qu'elle confirme celle de Mann et Jones, etc..

Courriel N° 0810 (30 Mai 2008, de Mike Mann à Phil Jones)

...] I gave up on Judith Curry a while ago. I don't know what she think's she's doing, but its not helping the cause, or her professional credibility,

...] J'ai laissé tomber avec Judith Curry, il y a pas mal de temps. Je ne sais pas ce qu'elle pense faire, mais ça n'aide pas la cause, ou sa crédibilité professionnelle.

A noter que Judith Curry qui est très consciente des nombreuses incertitudes qui affectent les théories en vogue, s'intéressait aux arguments des climato-sceptiques bien avant 2008. Elle avait entrepris de rééquilibrer le débat et de discuter avec eux (notamment avec Steve McIntyre, célèbre pour avoir démonté la crosse de hockey de Mike Mann). La création ultérieure (en 2010) de son blog Climate Etc., souvent cité sur ce site et dans lequel elle donne, entre autres, la parole aux scientifiques sceptiques, en est le prolongement logique.
Judy - c'est le moins que l'on puisse dire - n'a aucune estime pour la crosse de hockey de Mann non plus que pour son auteur. A noter que même après 2010, Mike Mann est revenu plusieurs fois à la charge pour essayer de faire rentrer
Judy Curry qui est une climatologue renommée, dans le rang.
En pure perte d'ailleurs. C'était, sans aucun doute, pour aider
"la cause"

Ce vocable, "La cause", n'a pas manqué et ne manquera pas d'inquiéter ceux qui, comme moi, n'avaient jamais, auparavant, entendu un seul scientifique affirmer, dans le cadre de son travail, qu'il défendait ou cherchait à promouvoir "une cause". Le but de la recherche scientifique c'est évidemment de chercher à comprendre "comment ça marche", d'analyser objectivement des faits et des observations et non pas de défendre "une cause", quelle qu'elle soit. C'est d'ailleurs, très exactement ainsi que le conçoit Judith Curry comme on peut le constater en lisant les rubriques de son blog.

C - Quelques coups tordus...

Le Climategate 1.0 de 2009, nous avait alerté sur un certain nombre de libertés prises par des climatologues du "Team" avec la déontologie scientifique. En particulier, et parmi beaucoup d'autres, le très célèbre "Hide the decline" (cacher le déclin. Voir les développements récents) avait fait le tour de la planète, quelles qu'aient pu être les explications, plus ou moins alambiquées, qui avaient été avancées à l'époque.
Les courriels du Climategate 2.0 nous en révèlent bien d'autres. En voici quelques unes, sélectionnées parmi beaucoup d'autres :

Les deux suivantes nous viennent de Mike Mann et de Gavin Schmidt. Schmidt est le bras droit de James Hansen à la NASA et le webmaster du site RealClimate, dit "des climatologues" installé par Michael Mann, "au nom de la vraie science", affirmait ce dernier. Ce site, considéré comme LE site de référence des membres du "Team" et de ses zélotes, défend (évidemment puisque ce sont les mêmes auteurs qui font partie du "Team") les affirmations que l'on trouve dans les rapports successifs du GIEC.
On veut bien, mais alors que signifie cet email de Mike Mann adressé à son collègue Phil Jones lors d'une discussion au sujet d'une intervention sur les ondes de la BBC ?:

Courriel 1485, (de Mike Mann à Phil Jones, 10 Déc. 2004)
...] but the important thing is to make sure they're loosing the
PR battle. That's what the site is about.
...] Mais ce qui est important c'est d'être sûr qu'ils (NdT : les sceptiques) perdent la bataille médiatique. C'est ça le but du site (NdT : RealClimate).

On apprend ainsi que le véritable but du site RealClimate n'est pas tant de faire avancer la connaissance des sciences du climat, mais plutôt de gagner une (hypothétique) bataille médiatique, contre les sceptiques.

Les membres du "Team" ont constamment montré une grande réticence à communiquer les données originales (notamment des stations de mesure des températures) aux collègues qui, comme c'est l'usage dans tous les autres domaines de la science, leur en faisaient la demande.
Entre autres, Vincent Courtillot a évoqué les problèmes qu'il avait rencontré avec Phil Jones, lors de ses conférences.
Bien entendu, les scientifiques qui désiraient utiliser ces données rendues inaccessibles, ont insisté. Lors d'une discussion avec Phil Jones, ceci a suscité cette étonnante suggestion de la part de Gavin Schmidt :

Courriel 3343 (de Gavin Schmidt à Mike Mann, 24 Avril 2007) ...]Frankly, I would simply put the whole CRU database (in an as-impenetrable-as-possible form) up on the web site along with a brief history of it's provenance (and the role of the NMSs) and be done with it. ...]Franchement, je mettrais simplement toute la base de données du CRU ( dans un format-aussi-impénétrable-que-possible), sur un site WEB avec une brève histoire sur sa provenance (et du rôle des NMS) et l'affaire serait bouclée.

Ce qui peut paraître comme passablement cocasse (?), c'est que Gavin Schmidt qui préconise de publier des données indispensables de manière aussi-impénétrable-que-possible, vient justement de recevoir le prix du "meilleur communicateur scientifique" de l'American Geophysical Union, dont le responsable "com" et donc le responsable de cette attribution, est le fraîchement nommé (par l'AGU) et non-scientifique Chris Mooney, lequel est bien connu pour ne pas faire dans la dentelle, en matière d'activisme climatique...

Toujours au sujet de la communication des bases de données relatives aux stations de mesures mondiales, Phil Jones, lui, nous livre une confession et une révélation tout aussi étonnantes. Voici ce qu'il a écrit, à ce sujet, à quelques membres du Team" dont Tim Osborne :

Courriel 1577 (De Phil Jones à plusieurs collègues, 28 Juillet 2009)
...] Any work we have done in the past is done on the back of the research grants we get - and has to be well hidden. I've discussed this with the main funder (US Dept of Energy) in the past and they are happy about not releasing the original station data.
...]Tous les travaux que nous avons effectués dans le passé ont été faits sur le dos des contrats de recherches que nous avons - et ils doivent être bien cachés. J'ai discuté de cette question avec le principal fournisseur de contrats (le Département de l'Energie US) dans le passé et ils sont contents que nous ne donnions pas les données originales des stations de mesure.
Et dans un autre email N°1217, du même (13 Mai 2009): “Work on the land station data has been funded by the US Dept of Energy, and I have their agreement that the data needn’t be passed on. I got this in 2007.” "Le travail sur les stations terrestres a été financé par le Département de l'Energie US et j'ai leur accord que les données ne doivent pas être transmises. J'ai obtenu ça en 2007."

Voilà qui est curieux : Selon Phil Jones, le Directeur du CRU, le Département de l'Energie des USA ne souhaite pas que l'on communique à ceux qui les demandent, les données originales des stations de mesure des températures du globe, utilisées par le CRU ? Pour quelle raison ?
A noter qu'un peu plus haut, dans le même email, Phil Jones avoue qu'il ne possède plus la base des données originales et se plaint de ne pas avoir les moyens pour gérer tout ça. Tout cela est assez étrange pour un organisme qui se targue d'être le dépositaire et le gestionnaire N°1 de ces bases de données et dont on peut penser que ces informations doivent, au contraire, pouvoir servir à la recherche des tiers qui en font la demande.

D'autant plus que par la vertu du FOIA, du moins aux USA, les données, les travaux et les échanges entre collègues des services publics, doivent être rendus accessibles à tous.
Cette décision surprenante du Département de l'Energie (DOE) US, a motivé le dépôt d'une requête officielle de la part du Competitive Enterprise Institute (US).Le texte de cette requête, adressée au responsable de la Liberté de l'Information du DOE, est disponible sur cette page.

Quoiqu'il en soit, Phil Jones et ses collègues se méfie du FOIA, ce qui peut évidemment susciter la suspicion. Jones en vient à donner des conseils à ses collègues à ce sujet. Des conseils qui violent manifestement le principe même du FOIA. Il propose de faire carrément disparaître les preuves des échanges entre les membres du Team. Voici ce qu'il a écrit à ses collègues :

Courrier 2440 (de Phil Jones à Thomas Stocker, le 24 Juin 2009).
...] You might want to check with the IPCC Bureau. I've been told thatIPCC is above national FOI Acts. One way to cover yourself and all those working in AR5 would be to delete all emails at the end of the process. Hard to do, as not everybody will remember to do it.

...]Vous pourriez vérifier auprès du bureau du GIEC. On m'a dit que le GIEC est au dessus des FOIA nationaux. Une des manières de vous couvrir ainsi que tous ceux qui travaillent sur l'AR5 (NdT : le prochain rapport du GIEC), consisterait à détruire tous les emails à la fin du processus. C'est dur à réaliser car tout le monde ne se souviendra pas de le faire.

NdT : D'autant plus que visiblement, Phil Jones ignore qu'il n'est pas si aisé de faire disparaître des emails lesquels sont en général sauvegardés sur des serveurs. Et d'ailleurs, pourquoi faudrait-il "se couvrir" si tout est parfaitement normal ?

Cependant, certains chercheurs du Team ne s'en laissent pas conter et rappellent à l'ordre leurs collègues quand ils "oublient" quelques évidences dérangeantes (que les autres n'ont pas oubliées). Ainsi Peter Thorne écrit à Phil Jones, Kevin Trenberth et al. .

Courriel 1939 (De Peter Thorne à Phil Jones, Kevin Trenberth et al, Mai 2005, au titre d'un commentaire sur un article en préparation)
...] Common question 3.2. You'll be unsurprised to hear that I think this
paints too rosy a picture of our understanding the vertical structure of
temperature changes. Observations do not show rising temperatures
throughout the tropical troposphere unless you accept one single study
and approach and discount a wealth of others. This is just downright
dangerous. We need to communicate the uncertainty and be honest.
Question commune 3.2. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je pense que vous donnez une image trop idéalisée de notre compréhension de la structure verticale du changement climatique. Les observations ne montrent pas de hausse de température à travers la troposphère tropicale (NdT : C'est l'affaire du Hotspot absent) à moins que vous n'acceptiez qu'une seule étude et approche et que vous n'écartiez une foule d'autres études. Ceci est carrément dangereux. Nous devons faire part des incertitudes et être honnêtes.

De même Tom Wigley (de l'UCAR, comme Kevin Trenberth) n'utilise pas la langue de bois quand il s'agit de signaler quelques manquements à l'éthique scientifique par ses collègues. A noter que ce n'est pas la première fois que Wigley intervient de manière critique vis à vis de ses collègues. Entre autres, Il l'avait déjà fait lors de l'affaire de la crosse de hockey.

Couriel 2884 de Tom Wigley à Michael Mann avec cc: à Kevin Trenberth, Stephen H Schneider, Myles Allen, peter stott, "Philip D. Jones", Benjamin Santer, Thomas R Karl, Gavin Schmid, James Hansen, Michael Oppenheimer, le 14 Octobre 2009.
Mike,
The Figure you sent is very deceptive. As an example, historical
runs with PCM look as though they match observations -- but the
match is a fluke. PCM has no indirect aerosol forcing and a low
climate sensitivity -- compensating errors. In my (perhaps too harsh) view, there have been a number of dishonest presentations of model results by individual authors and by IPCC[...]
Mike, la Figure que tu m'as envoyée est très trompeuse. A titre d'exemple, les sorties d'ordinateurs sur le déroulement historique avec le PCM (NdT : Un modèle numérique du climat développé en collaboration entre plusieurs institutions) paraissent coller avec les observations --mais ce n'est qu'un coup de chance. Le PCM n'a pas de forçage indirect par les aérosols et il a une faible sensibilité --ce qui compense les erreurs. De mon point de vue (peut-être trop abrupt), il y a eu un grand nombre de présentations malhonnêtes par des auteurs individuels et par le GIEC.[...]

C'est encore Tom Wigley qui s'interroge au sujet des refus répétés du Team de communiquer les données lors de l'épisode "Crosse de hockey". Voici ce qu'il écrit à K. Briffa, un des dendrochronologues du Team :

Courriel 1017 : de Tom Wigley (UCAR) ) à Keith Briffa (UEA) 10 May 2006
Keith,
See the last item. Why don’t you just give these people the raw data?
Are you hiding something — your apparent refusal to be forthcoming suremakes it look as though you are.
Tom.

Keith,
J'ai vu le dernier sujet. Pour quelle raison ne voulez-vous pas communiquer vos données à ces gens-là ?
Dissimulez-vous quelque chose ? - Votre refus apparent de vous y conformer, donne, sans aucun doute, l'impression que c'est ce que vous faites.


Thomas Crowley est Nicholas Professor of Earth Systems Science à l'Université de Duke (celle où travaille aussi N. Scafetta). Il adresse un courrier à plusieurs membres du Team dans le but d'apaiser une querelle en cours (sur la crosse de hockey ?), ce qui est en soi plutôt louable. Cependant, il achève sa missive par une phrase qui, si elle traduit bien le fond de sa pensée, est extrêmement inquiétante. Surtout venant de chercheurs qui portent une énorme responsabilité sur leurs épaules. En sont-ils vraiment conscients ? On se le demande.

Courriel 4693 de Tom Crowley à plusieurs collègues du Team, dont Mike Mann, en 2002.

...]somehow I am not convinced that the "truth" is always worth
reaching if it is at the cost of damaged personal relationships....

...] D'un certain côté, je ne suis pas convaincu que la "vérité" mérite toujours d'être recherchée si c'est au prix de la détérioration des relations personnelles...

Autrement dit, pour Tom Cowley, "restons bons copains et tant pis pour la vérité scientifique".
Même si, de cette dernière, dépendent quelques centaines de milliards d'investissement inutiles et l'inflexion de la vie de milliards d'êtres humains ?

Une fois de plus, Phil Jones nous révèle un trait peu sympathique de son caractère. Il répond à des courriers de Tim Osborne et Chris Folland (du Hadley Center et Met Office) de la manière suivante :

Courriel 4195 de Phil Jones à Chris Folland, Tim Osborne et quelques autres. (5 Janvier 2009)

Tim, Chris,
I hope you're not right about the lack of warming lasting till about 2020. I'd rather hoped to see the earlier Met Office press release with Doug's paper that said something like - half the years to 2014 would exceed the warmest year currently on record, 1998! Still a way to go before 2014.

I seem to be getting an email a week from skeptics saying where's the warming gone. I know the warming is on the decadal scale, but it would be nice to wear their smug grins away.

Tim, Chris,

J'espère que vous n'avez pas raison au sujet du manque de réchauffement jusque vers 2020. J'aurais plutôt espéré voir le communiqué de presse du Met Office incluant un papier de Doug qui disait quelque chose comme - la moitié des années jusqu'en 2014 devraient excéder l'année la plus chaude actuellement enregistrée, 1998 ! Il y a encore du chemin à parcourir avant 2014.
Il semble que je reçois un email par semaine de la part de sceptiques qui me demandent où est passé le réchauffement. Je sais que le réchauffement est à l'échelle décennale mais ce serait chouette de pouvoir effacer leur sourire suffisant.

Autrement dit, Phil Jones, le Directeur en titre du CRU, qui affirme sans cesse que le réchauffement climatique causera d'énormes dommages à la planète, préférerait que celui-ci se poursuive dans l'avenir. Tout simplement pour prouver qu'il a raison et pouvoir "effacer le sourire suffisant" des sceptiques ? Si on rapproche cet email de Phil Jones du précédent de Tom Cowley, doit-on en déduire que le but de ces chercheurs, c'est essentiellement de "prouver" qu'ils ont raison et, surtout, de ne pas se fâcher avec les copains ?

D - Les relations du Team avec la presse et les médias.

En complément aux 1037 courriels du Climategate 1.0, la vaste collection des 5200 et quelques emails du Climategate 2.0, implique un certains nombres d'échanges avec des journalistes US ou UK influents, ainsi que quelques allusions aux bailleurs de fonds;

Nul n'en doutait auparavant, mais il apparaît désormais, noir sur blanc, que quelques membres du Team (toujours les mêmes, en fait) ont constamment sollicité et obtenu l'aide, souvent enthousiaste de quelques journalistes influents (et sympathisants de "La Cause") qui publiaient, entre autres, dans le New York Times (US), le Guardian UK, ou encore, officiaient (et officient) à la BBC UK . Il en est ainsi et entre autres, de Georges Monbiot du Guardian et d'Andrew Revkin du New York Times. En réalité, les journalistes en question se sont surtout comportés, il y a quelques années, comme de véritables porte-voix pour diffuser les messages et complaire aux demandes pressantes de quelques personnalités du Team.

A titre d'exemple de cette collusion, voici la référence des emails échangés entre Georges Monbiot du Guardian et Mike Mann : Mann demandait à Monbiot de "descendre" le documentaire "The Great Global Warming Swindle" qui devait paraître en UK. Monbiot cherchait le meilleur moyen de le faire.
Dans ces conditions, il est un peu surprenant que les courriels du Climategate 1.0 aient quelque peu horrifié Georges Monbiot qui ne s'est pas privé de le faire savoir, à l'époque.. Ce qui a étonné beaucoup de monde. Inutile d'ajouter que ce dernier s'est "bien" repris, depuis lors.

Andy Revkin a subi récemment de nombreuses attaques suite aux révélations des échanges contenus dans les courriels du Climategate 2.0. Revkin a éprouvé le besoin de se justifier via un questionnaire Q&A (Questions-réponses) dans un article publié sur son blog du New York Times.
Et de fait, on peut penser qu'Andy Revkin a récemment évolué dans le sens d'une relative impartialité, avec quelques rechutes occasionnelles, cependant. Tout le monde lui (à lui et aux autres) accorde que s'il est parfaitement normal qu'un journaliste s'informe auprès des scientifiques du domaine avant d'écrire un papier, en tant que journaliste impartial il doit s'abstenir de certaines initiatives que le contenu de certains des emails du Climategate 2.0 met en lumière (par exemple, celle-ci). Son désir de présenter une sélection orientée, avec l'aide des membres du "Team"; même sous le prétexte de pédagogie, laisse sérieusement à désirer quant à son désir d'informer objectivement les lecteurs du NYT.

Quant à la BBC dont le biais, dans cette matière, ne dépare guère celui des médias francophones, elle admet ouvertement sa partialité sur ce sujet, par la voix d'un de ses principaux journalistes environnementaux, Alex Kirby.
Voici la copie d'un courriel que Kirby avait adressé en réponse à Phil Jones qui se plaignait que la BBC n'ait pas diffusé le sujet qu'il avait choisi.

Courriel 4894 , de Alex Kirby (BBC) à Phil Jones (8 décembre 2004)

I can well understand your unhappiness at our running the other piece. But we are constantly being savaged by the loonies for not giving them any coverage at all, especially as you say with the COP in the offing, and
being the objective impartial (ho ho) BBC that we are, there is an
expectation in some quarters that we will every now and then let them say something. I hope though that the weight of our coverage makes it clear that we think they are talking through their hats.

Je peux bien comprendre votre mécontentement que nous ayons diffusé l'autre sujet. Mais nous sommes constamment attaqués par les cinglés pour ne pas leur avoir donné de couverture du tout, tout spécialement lorsque le COP (NdT : C'était le COP10 à Buenos-Aires) est en vue, et étant donné que nous sommes la BBC impartiale et objective (ah , ah, ah ! (Ndt : Je rigole)), il y a une attente dans certains milieux pour que nous leur laissions dire quelque chose de temps en temps. Cependant, j'espère que le poids de notre couverture rend évident le fait que nous pensons qu'ils ne profèrent que des stupidités.

4 - Couverture médiatique du Climategate 2.0 :

S'il est incontestable que la couverture médiatique du Climategate 2.0 n'a pas atteint le niveau (particulièrement élevé) de celle du Climategate 1.0 qui avait fait grand bruit dans les médias US, UK, Australiens, Canadiens etc, de nombreux journalistes anglophones ont, cette fois-ci encore, fait leur travail d'information.
Plusieurs explications peuvent être avancées, pour expliquer cette évolution :

-La "climate fatigue". Mentionnée par les responsables anglophones des médias.
En gros "Le réchauffement Climatique ne se vend plus". Malgré les gros efforts déployés par certains, surtout à l'approche du sommet de Durban (COP17), il est évident que les médias ont sérieusement limité la couverture médiatique sur le sujet du réchauffement climatique.
Les médias francophones ont également sérieusement baissé le ton, sauf quelques rares et notables exceptions, jusques et y compris pour ce qui concerne les événements qui se déroulent au COP17 de Durban.

-Un nombre notable de journalistes qui ne sont sans doute pas donné le mal de lire et de décoder une fraction importante des courriels du Climategate 2.0, ont jugé, d'emblée, qu'il ne contenaient rien de vraiment nouveau par rapport à ceux du Climategate 1.0.
Quelques scientifiques et quelques sites francophones favorables au GIEC ont été jusqu'à affirmer, sans rire, que les 5200 emails du Climategate 2.0 étaient, en réalité, les mêmes que les 1037 du Climategate 1.0 !

Voici, néanmoins, pour les lecteurs anglophones, les références de quelques articles qui sont parus dans la presse (papier ou online) aux Etats-Unis, au Royaume Uni et au Canada. Je ne cite que les médias qui ont fait l'effort de commenter ou de citer le texte des quelques emails contenus dans le FOIA2011. Les autres, c'est à dire ceux qui se sont contenté de vagues généralités, comme les agences de presse ou les médias francophones, sans donner le moindre exemple précis, ne sont pas inclus dans cette liste :

Forbes : "Climategate II : Encore des preuves tangibles de l'establishment du réchauffement climatique."
Washington Times : "Climat de fraude : de nouveaux emails mettent en évidence le racket du réchauffement climatique."
National Review online : "Des scientifiques se conduisent mal : Encore des clous dans le cercueil du réchauffement climatique anthropique."
Wall Street Journal : "Climategate 2.0"
Daily Mail on Line (UK) : (Une série d'articles, pendant une semaine, dont " Les scientifiques du Climategate ont bénéficié de la complicité de fonctionnaires gouvernementaux pour dissimuler la recherche qui ne collait pas avec leur réchauffement global apocalyptique.")
Forbes :"Climategate 2.0: De nouveaux emails ébranlent les débat sur le réchauffement climatique."
News Buster : "ClimateGate 2.0: 5.000 nouveaux emails confirment l'existence de manipulations et de complicités par les alarmistes."
The Telegraph (UK) : "Oh, les cinglés du réchauffement climatique : voila qu'arrive le Climategate II !"
The Globe and Mail (Canada) : " La suppression du débat sur le climat est une catastrophe pour la science."

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The Weekly Standard (Hebdomadaire républicain US) titre : "Des scientifiques se conduisent mal (2ème partie) : Comment la cabale climatique élimine la contestation."

Comme on le voit, plusieurs médias s'en sont donné à coeur joie et quelle que soit sa propre orientation politique, on constate, qu'à la différence des francophones, les lecteurs/auditeurs/spectateurs anglophones ont eu accès à différents points de vue.
D'autre part, les lecteurs anglophones ont également pu lire eux-mêmes le contenu des emails, ce qui, compte-tenu de la langue, est aisé pour celles et ceux qui désirent se faire une opinion indépendante et juger par eux-mêmes.

De manière générale, la capacité à lire couramment l'anglais constitue une énorme différence qui explique, sans aucun doute, les perceptions opposées du Réchauffement Climatique par le public anglophone (plutôt sceptique) et par le public francophone (plutôt croyant, pense-t-on).

 

 

Pour sa part, et comme lors du Climategate de 2009, la presse et les médias francophones, toutes tendances confondues, se sont abstenus de donner quelque précision que ce soit au sujet du contenu réel des emails du dossier FOIA2011.yann-climategate2

A ma connaissance (j'aimerais me tromper), et même parmi ceux qui ont mentionné cette nouvelle fuite des courriels du CRU qui sont pourtant très révélateurs sur le comportement et les incertitudes des chercheurs qui sont les piliers du GIEC, aucun journaliste ne s'est donné le mal d'en donner la moindre traduction, ni le moindre lien, ni la moindre référence à ses lecteurs/auditeurs/spectateurs afin que ces derniers puissent, au moins, se faire par eux-mêmes, une opinion en connaissance de cause.

Par contre, et à la différence de ce qui s'était passé en Novembre 2009 où la presse était pratiquement restée muette sur ces révélations, cette dernière a réagi, cette fois-ci, avec une étonnante célérité, en publiant, dès le 22 Novembre, quelques brefs articles signalant le hacking (souvent comme un acte criminel alors que les mêmes s'étaient félicités des fuites du Wikileaks !) et en concluant par quelque chose dans le style du traditionnel "Circulez. Il n'y a rien à voir."

C'est évidemment à tous ceux et à toutes celles qui étaient en position de le faire mais qui se sont abstenu de communiquer au public les informations nécessaires, qui les ont minimisées ou qui les ont carrément "balayées sous le tapis" que Pensee-Unique dédie le bonnet d'âne du mois de Novembre 2011, ainsi que le cartoon de Yann Goap, ci-contre. Ce dessin est une variante mise à jour de celui qui figurait dans un billet sur le premier Climategate, en 2009.
Les heureux récipiendaires apprécieront, sans aucun doute, le coup de pinceau du dessinateur.

F- Quelques réactions au Climategate 2.0 et conclusions

Après avoir lu une quantité substantielle des courriels du FOIA2011, (mais évidemment pas la totalité des 5000 courriels), comme je l'avais fait en 2009 pour le FOIA2009, je peux avancer quelques éléments de réflexion qui me semble ressortir de cette longue collection d'échanges entre les membres du Team, qui, je vous le rappelle, sont à l'origine de la science du WG1 sur laquelle reposent les rapports du GIEC de l'ONU.

1 - Les chercheurs impliqués dans ces courriels, expriment, (parfois vertement), des avis divergents sur un certain nombre de questions relatives aux sciences du climat ainsi et aussi sur la présentation qui en est faite, par un petit nombre d'entre eux, dans les articles ou lors des communications au public ou aux médias.
En particulier et s'agissant de la
"crosse de hockey", qui a joué un rôle décisif dans les différents rapport du GIEC et dans la carbophobie ambiante, le contenu de ces courriels montre que plusieurs chercheurs du Team mettent en doute le travail initial de Michael Mann ainsi que ses tentatives ultérieures, avec des arguments qui sont très proches de ceux des sceptiques qui ont travaillé sur la question.
Il est intéressant de constater, comme je l'ai fait, et comme l'a déclaré Ross Mc Kitrick (qui a travaillé avec Steve McIntyre sur la crosse de hockey et qui vient de publier un article très critique au sujet de la nécessaire réforme du GIEC) qu' "Ils attaquaient les sceptiques parce qu'ils se posaient des questions sur la science, mais en privé, ils se les posaient eux-mêmes." (source).
Il est évident, à la lecture de ces échanges, qu'une fraction notable des chercheurs du "Team" sont parfaitement conscients des incertitudes et des doutes qui pèsent sur les affirmations officielles de la science climatique actuelle. Dès lors, on peut se demander pour quelle raison, ces doutes, sérieux et documentés, n'apparaissent que de manière très atténuée (ou pas du tout), dans les rapports du GIEC et dans la communication qui en est faite aux médias et au grand public.
Pourquoi ne pas ouvrir un réel débat sur les doutes et les incertitudes, les hypothèses alternatives, les observations qui ne "collent" pas, entre les uns et les autres ? C'est d'ailleurs ce que recommande
Judy Curry.

2 - Des chercheurs du Team s'inquiètent des conséquences que pourraient avoir toute cette affaire ainsi que le comportement de certains membres du Team, pour eux-mêmes, pour leur image, et pour leur carrière, si ce n'est pour l'image de la science climatique elle-même (comme Judy Curry).
S'il est parfaitement normal que des conflits, parfois sévères, se développent au sein d'une communauté de scientifiques qui travaillent sur le même sujet, il est inhabituel que les critiques évoquent
des manquements à l'honnêteté comme on peut le voir, exprimé de manière explicite, dans plusieurs messages. En particulier, les refus successifs de communiquer des données à ceux qui en font la demande pour vérification et recherche ultérieure, est généralement considéré comme une faute grave dans le milieu scientifique et, aussi - c'est heureux - au sein même du "Team".
Toute cela est relativement rassurant et on peut en conclure qu'un nombre notable des chercheurs qui font partie du "Team", ont des comportements conformes à l'éthique scientifique, telle qu'elle est de règle dans d'autres domaines de la science.

3 - Comme dans les 1037 courriels du FOIA2009, il apparaît, de manière évidente que Phil Jones et, surtout, Michael Mann jouent un rôle fondamental dans toute cette affaire.

Plusieurs courriels montrent que le comportement et les publications de Mike Mann sont loin de faire l'unanimité au sein du Team. Certains s'inquiètent de l'obstination de Mann qui s'entête et "fait une affaire personnelle" de la crosse de hockey. A noter également que le comportement de Kevin Trenberth est également sévèrement critiqué par certains de ses collègues, pour raisons identiques. Il apparaît ainsi, et c'est encore plus évident dans les courriels du FOIA2011 que dans ceux du FOIA2009, que l'affaire est menée par un tout petit groupe, très restreint, de chercheurs influents qui, in fine, disposent du pouvoir décisionnel, orientent le débat et qui, finalement, font la pluie et le beau temps au sein du WG1 du GIEC ainsi que pour la communication avec les médias et les politiques.
C'est ce que nous disait
Tim Carter, Professeur à Helsinki :

Courriel 1611 (Timothy Carter, 18 Oct 2000) ...]It seems that a few people have a very strong say, and no matter how much talking goes on beforehand, the big decisions are made at the eleventh hour by a select core group. Il semble que quelques personnes ont un très fort pouvoir décisionnel et peu importe la quantité des discussions que l'on peut avoir auparavant, les grandes décisions sont prises à la XIème heure par un petit groupe sélectionné au coeur du système.


Enfin, deux climatologues renommés et qui sont souvent cités dans ce site, Roy Spencer et Roger Pielke Sr., nous donnent leur avis sur le Climategate 2.0 :

Roy Spencer a rédigé un article qui est intitulé "Climategate 2.0 : Le biais dans la recherche scientifique". Il y évoque notamment Michael Mann et "La Cause"...
Il conclut son article ainsi :

"Depuis des années, John Christy et moi-même avons conseillé au Congrès qu'une fraction des fonds spécifiques attribués aux agences fédérales qui supportent la recherche sur le changement climatique, soit attribuée pour supporter ceux qui défendent des hypothèses alternatives sur le changement climatique. Il est temps que le pendule se balance dans l'autre sens.
Après tout, les scientifiques iront là où est l'argent. Si les scientifiques sont financés pour trouver des preuves des causes naturelles du changement climatique, croyez-moi, ils en trouveront. Si vous mettez en place un tel terrain de jeu, ils y viendront.
Mais quand une seule hypothèse est autorisée pour expliquer le changement climatique (c'est-à dire : "la science est comprise", "the science is settled"), le biais devient si épais et si putride que tout le monde peut sentir la puanteur. Tout le monde, excepté la direction de GIEC, je veux dire. "

Pour sa part, Roger Pielke Sr. a rédigé un article intitulé :
"Signification du Climategate #2 - Une preuve de plus de l'absence d'une analyse précise et appropriée de la science du climat."

Roger Pielke nous dit : "Cependant, ces emails du Climategate ne sont que la partie émergée de l'iceberg que nous avons seulement la possibilité de voir parce que cette source d'information a été "hackée". J'ai donné des informations supplémentaires sur "le réseau des vieux copains" dans ce post : L'oligarchie de l'analyse du climat - le GIEC.

Sa conclusion :

"Malheureusement, en dépit de ces mises en accusation concernant l’échec du processus actuel d’analyse du climat, la même démarche perdure. La raison en est claire. Il existe une relation symbiotique entre les organismes de financement, les chercheurs principaux, les comités d’évaluation nationaux et internationaux, et le leadership des organisations professionnelles pour persister dans les énormes attributions de financement de la recherche. Les résultats de ce financement font souvent les gros titres dans les communiqués de presse transmis aux médias dans le but d’influer sur les décisions politiques qui concernent un vaste éventail de questions sociales et environnementales, y compris l’énergie.

Il n’y a pas stimulus interne parmi ces groupes, pour changer l’approche présente. C'est de l'extérieur de ces établissements que devront être imposés ces changements, en particulier par ceux qui, au sein du gouvernement, supervisent cette gabegie financière."

A propos d'oligarchie des scientifiques (le pouvoir entre les mains d'un nombre limité de personnes), on peut se souvenir de la pertinence (de la prescience ?) du Discours d'Adieu (The Farewell address) du Président D.W Einsehower qui déclarait, en 1961 :

"La possibilité de la domination des savants de notre nation par le biais des recrutements, des attributions de contrats et par le pouvoir de l'argent, est toujours présente . Elle doit être envisagée avec gravité.
Cependant, tout en considérant avec respect la recherche scientifique et les découvertes, comme il se doit, nous devons aussi être vigilants vis à vis du danger tout aussi grand et inverse, que la puissance publique elle-même, pourrait devenir captive d'une élite scientifico-technologique."

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Voilà, chère lectrice et cher lecteur, (si vous avez eu la patience de parvenir jusqu'ici), et ce n'est une petite partie de ce que l'on pouvait dire sur ce sujet.
A suivre. Il reste encore 220.000 courriels (cachés)!!! Le Climategate III ?

Stay Tuned !

22 Août 2011 : Le bonnet à antennes du mois d'Août 2011 : Les aliens pourraient nous attaquer, à titre préventif, si martiennous émettons trop de CO2, affirment, parmi d'autres perles du même genre, les auteurs d'un article "scientifique", dûment peer-reviewed et paru dans la revue honorablement connue, Acta Astronautica de Elsevier..

Il était déjà évident que l'imagination de ceux qui militent pour une réduction drastique de nos émissions de gaz carbonique, ne connaissait pas de limites. Surtout pas celles imposées par le simple bon sens, comme le montre la fabuleuse collection des 862 liens du Prof. Brignell que j'ai déjà mentionnée dans ce site.

Pourtant, malgré ce foisonnement improbable, personne n'avait, jusqu'à présent, pensé à établir un lien entre nos émissions carbonées (ou celles, naturelles, de la planète) et l'irascibilité potentielle des Aliens-écolos (s'il y en a).
Voilà qui est fait. Le mérite en revient à trois (jeunes) doctorants et post-doctorants américains, anciens ou actuels membres de la Pennsylvania State University (l'un d'eux est maintenant chercheur associé à la NASA) qui est, comme le savent les lecteurs de ce site, l'Université où officie Michael Mann, le célèbre créateur de la crosse de hockey.

Bien que nous soyons au mois d'août et que beaucoup de lecteurs soient encore en vacances, on pourrait penser qu'il s'agit là d'un vulgaire poisson d'avril, quelque peu anticipé.
Point du tout ! Et pour preuve de ce que j'avance, voici une copie de l'en-tête de l'article "scientifique" qui évoque la possibilité d'attaques extraterrestres dirigées "à titre préventif" contre notre planète, causées, notamment, par notre sur-consommation actuelle (selon les auteurs) de carburants fossiles suivant un raisonnement et une argumentation que je vous laisse apprécier (et déguster) ci-dessous.

Baum1

 

Le titre de cet article quelque peu révolutionnaire publié dans la revue (de bonne renommée) Acta Astronautica (68, (2011), 2114-2129) est le suivant:

"Des contacts avec les extraterrestres seraient-ils bénéfiques ou nuisibles pour l'humanité ? Une analyse basée sur des scénarios."

Deux auteurs, Baum et Haqq-Misra font partie respectivement du département de Géographie et du département de Météorologie de Penn State Université.baum2

Seth Baum (ci-contre) est un doctorant et Jacob Haqq-Misra est un tout jeune post-doctorant (thèse soutenue en Oct. 2010)

 

Le troisième auteur (ci-dessous) , domagalShawn D. Domagal-Goldman est un petit peu plus âgé que ses collègues. Sa thèse date de 2007. Il l'a préparée et présentée à l'Université de Penn State.

Shawn D-G est actuellement chercheur associé à la Division des Sciences Planétaires de la NASA (qui n'a pas dû apprécier de voir son nom associé à l'initiative "bizarroïde" de son chercheur, comme nous le verrons ci-dessous).
Shawn Domagal-Goldman et Jacob Haqq-Misra de la Pennsylvania State University n'en sont pas à leur coup d'essai à propos des Aliens. En 2008, Ils proposaient déjà que nous recouvrions la moitié de la Lune avec des miroirs (tiré d'un article du New Scientist) pour attirer l'attention des extraterrestres vigilants.

Du point de vue professionnel, ces trois (très) jeunes chercheurs sont actuellement impliqués, comme beaucoup, dans les questions traditionnelles du réchauffement climatique.

L'article paru dans Acta Astronautica analyse les possibilités offertes par trois séries de scénarios imaginaires selon que la rencontre avec les ETI (Extraterrestres Intelligents) auraient des conséquences bénéfiques, neutres, ou négatives pour l'humanité. Ces trois types de scénarios sont envisagés dans l'optique (évidemment anthropomorphique) que les ETI pourraient être soit "égoïstes" soit "universalistes". Il s'agit d'une dichotomie qui en dit long sur la psychologie des auteurs qui visiblement penchent pour l'universalité.

Si vous avez la patience (le courage) de lire cet article en entier (pdf accessible de l'article complet), vous serez sans doute surpris par le caractère verbeux, pour ne pas dire d'une absolue vacuité, de ses 16 pages qui regorgent de clichés et dont on se demande ce qu'elles viennent faire dans une revue scientifique comme Acta Astronautica.
Il est vrai qu'il doit être relativement malaisé de disserter avec pertinence sur la psychologie d'ETI (extraterrestres intelligents, ou Aliens) dont on ne sait strictement rien, sans tomber dans le piège d'un athropomorphisme hasardeux.
Ce travers (classique, sinon inévitable) est ici visiblement utilisé à dessein, par les trois auteurs, pour faire passer leurs propres convictions.
A noter que faute d'aucune donnée scientifique sur les ETI, ni même sur leur existence, les auteurs se complaisent à citer, comme sources, une série de films de science fiction bien connus tels que la Guerre des Mondes, Independance day, quelques publications de la deep-ecology etc.

Quelques extraits de l'article en question méritent le détour. Ils en disent très long sur la psychologie et l'orientation de nos trois jeunes étudiants-chercheurs. Parmi beaucoup d'autres exemples de la même eau, en voici quelques uns :

"Nous percevons deux types de scénarios selon lesquels les Extraterrestres Intelligents (ETI) pourraient nous nuire eintentionnllement Le premier scénario implique des ETI égoïstes et hostiles qui nous attaqueraient pour maximiser leur propre succès. Ce scénario suggère un conflit standard du type "combat pour vaincre": Une guerre des mondes. Le deuxième scénario implique des ETI qui ne sont en aucun cas égoïstes mais au contraire possèdent un désir d'universalité de faire de la galaxie un endroit plus favorable. (page 2122)"

Cette seconde partie de "l'explication" implique évidemment que l'humanité est forcément nuisible et donc qu'elle pourrait (devrait) être éradiquée au nom du "principe d'universalité". On retrouve cette assertion, exprimée de façon encore plus explicite, un peu plus loin dans le texte.
La voici :

"Si l'un des objectifs est de maximiser l'expansion des écosystèmes, alors peut-être, serait-il préférable que l'humanité n'existe pas ou, au moins, qu'elle existe sous un format nettement plus réduit. De fait, certains humains ont avancé précisément cet argument [80–82]. Ainsi, s'il est possible qu'au moins quelques humains aient évoqué la possibilité de nuire à leur propre civilisation, alors il est au moins plausible que le ETI se proposent de nuire à l'humanité en suivant des principes analogues." (page 2124)

L'argument est imparable : En bref, si quelques extrémistes illuminés ont avancée l'idée d'un vaste génocide, pourquoi les ETI ne le feraient-ils pas ? A la base, on retrouve un argument Malthusien traditionnel, dans la droite ligne de la "deep ecology" américaine.
Les trois références [80-82] citées par les auteurs gagnent à être connues. Les voici :

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[80] " Le Front de Libération de Gaïa, description des objectifs (une modeste proposition)" 1994- (l'Eglise de l'Euthanasie,)" . (A titre d'exemple (léger) , voir cette vidéo).
[81] P.Linkola, "La vie peut-elle prévaloir ? Une approche radicale à la crise environnementale", Integral Tradition Publishing, London, 2009.
[82] Le Mouvement Volontaire de l'Extinction de l'Humanité. (Oui, ce mouvement existe et on vous propose d'y adhérer). Comme il est écrit sur la banderolle ci-contre, ses adhérents ou ceux de l'Eglise de l'Euthanasie (rien à voir avec la question des malades en fin de vie, il s'agit d'euthanasie de gens bien-portants) "Sauvez la planète : Tuez-vous".

Sans doute pour détendre l'atmosphère et influencés par le célèbre film "La planète des Singes", nos trois auteurs de la Penn State University, imaginent aussi des scénarios presque cocasses (quoique...) :

"Ainsi dans un des scénarios de contacts avec les ETI, les extraterrestres pourraient utiliser l'humanité dans des buts d'amusement, tels que nous le faisons nous-mêmes avec les phoques et avec les otaries." [...]
"De la même manière, un ETI peut simplement être intéressé par l'idée de nous utiliser comme un moyen pour faire croître son économie. D'un point de vue individuel, il peut ne pas avoir intérêt à nous tuer, mais il peut penser à nous incorporer dans leur civilisation en nous vendant leur production, en nous gardant comme animaux de compagnie, ou en nous faisant extraire des matériaux pour eux." (page 2123).

En passant, nos trois auteurs de la Penn State University, recommandent, que vu les avanies que nous avons déjà fait subir à à notre pauvre Terre (selon eux) il faut "se la jouer cool" avec les extraterrestres et surtout, surtout, de ne pas chercher à les tromper....Les ETI détestent le mensonge, pensent nos trois auteurs.

"Etant donné que nous avons déjà altéré notre environnement d'une manière qui peut être perçue comme contraire à la morale par des Aliens, il peut-être prudent d'éviter d'envoyer des messages qui mettent en évidence le côté négatif de notre impact environnemental....tel que des messages qui indiquent une augmentation rapide et globale de la destruction de la biodiversité ou encore des messages qui précisent la rapidité de notre taux d'expansion. Tout cela peut-être dangereux.
D'autre part, [les Aliens] peuvent déjà être au courant de la rapidité de notre impact sur l'environnement en écoutant nos signaux électromagnétiques ou en observant la signature spectrale de la Terre. Dans ce cas, il serait prudent que dans chaque message que nous envoyons, nous évitions de nier notre impact environnemental
de manière à éviter que les Aliens nous prennent en flagrant délit de mensonge." (page 2124)

Voila (enfin) un indice intéressant qui nous permet d'affirmer sans craindre de se tromper que les Aliens-écolos doivent être de culture anglo-saxonne (et certainement pas gréco-latine). Car, comme chacun le sait, seuls les anglo-saxons ont une sainte horreur du mensonge. Les gréco-latins sont, en général, plus "flexibles" sur cette question.

Enfin, dans la conclusion, les trois auteurs en viennent aux recommandations qui, selon eux, permettraient de minimiser le danger que pourrait faire courir à l'humanité, une confrontation avec les ETI :

" Une autre recommandation est que l'humanité devrait éviter de donner l'impression qu'elle est une civilisation en rapide expansion. Si une Intelligence Extraterrestre (ETI) perçoit l'humanité de cette manière, alors elle peut être poussée à tenter une frappe préventive contre nous de manière à nous empêcher de devenir une menace pour les Intelligences Extraterrestres ou d'autres dans la galaxie. De la même manière, les Intelligences Extraterrestres qui chérissent les écosystèmes à l'échelle de l'Univers, pourraient observer les tendances destructrices de l'écologie par l'humanité et ainsi, détruire l'humanité de manière à préserver le système Terre comme un tout. Ces scénarios nous donnent des motivations pour que nous limitions notre croissance et réduisions notre impact sur les écosystèmes du globe. Il serait particulièrement important pour nous que nous limitions nos émissions de gaz à effet de serre parce que la composition de l'atmosphère peut être observée à partir des autres planètes." (page 2126)

Voici un argument qui ne manque pas d'originalité et qui ne déparera pas la collection du Professeur Brignell. En gros, si vous voulez que les Aliens-écolos ne détruisent pas l'humanité, il faut respecter notre environnement et il faut aussi réduire nos émissions de gaz à effets de serre car notre atmosphère se voit de très loin. Car les Aliens-écolos ont, comme les humains-écolos, certainement horreur du gaz carbonique et du méthane.

A ce propos et grâce aux recherches menées par nos trois brillants chercheurs de la Penn State University (et de la NASA), nous tenons (enfin) une explication crédible sur la disparition des dinosaures, il y a environ 65 millions d'années. Ces derniers ont certainement été éliminés par les Aliens-écolos vigilants qui avaient détecté une augmentation d'un facteur 3 ou 4 du taux de dioxyde de carbone de notre planète par rapport aux taux actuel. Les Aliens-écolos ont certainement frappé préemptivement et les dinosaures ont disparu.
Dès lors pourquoi s'obstiner à invoquer naïvement la chute d'un astéroïde au Mexique ou la recrudescence de l'activité volcanique, à cette époque ?

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Epilogue et conclusion :

guardian1

La plupart des nombreux commentateurs qui ont rapporté sur cet "article" dans la presse et les blogs anglo-saxons, se sont déclarés stupéfaits. Beaucoup sont hilares. D'autres (nombreux) se montrent inquiets de l'état d'esprit qui semble régner parmi les chercheurs de la génération montante.
Seul, le Guardian (ci-contre, avec une illustration de Mars attack) reste fidèle au poste et publie, sans aucun humour (il faut plutôt lire les commentaires pour en trouver beaucoup) un papier rédigé, sans doute, par le dernier "correspondant scientifique" survivant qui ne soit pas mort de rire en lisant cet article de science-fiction mâtiné à la sauce écolo.

Voici le titre du Guardian qui, comme d'habitude, dans ce genre d'affaire, ne se pose pas de questions : "Les Aliens pourraient détruire l'humanité pour protéger les autres civilisations, déclarent des scientifiques. L'augmentation des émissions de gaz à effet de serre pourraient avertir les aliens que nous sommes une menace en expansion rapide, déclare un rapport."

D'autres, enfin, comme moi, se demandent encore comment un tel "navet" a pu franchir le barrage des referees d'une revue scientifique. Le processus de relecture par les pairs n'est plus ce qu'il était, mais tout de même. Le fait que cet article ait été soumis au mois d'Août (2010) n'explique pas une telle négligence de la part des relecteurs. S'il est vrai que le processus de relecture a été sérieusement remis en cause pour la Science Climatique (voir les courriels du CRU), on ne s'attendait pas à ce que l'Astronautique soit, elle-même, contaminée.

Comme je l'ai signalé, La NASA et tout spécialement la prestigieuse Division des Sciences Planétaires à laquelle nous devons tant et à à laquelle Shawn D. Domagal-Goldman est (très provisoirement, sans doute) associé, n'a pas apprécié que son nom soit cité lors de la publication genre "Science-fiction écolovertie" de son ressortissant stagiaire. Ceci explique sans aucun doute les plates excuses de l'étudiant SDDG publiées dans ce site et reproduit dans d'autres sites qui avaient marqué leur étonnement (comme Nasa Watch) :

"Mais j'admets tout à fait avoir commis une terrible erreur. Je suis par nature honnête et naïf..mais c'était quand même une erreur. Je n'aurai pas dû mentionner mon affiliation en tant que membre "du Quartier Général de la NASA". Je l'ai fait à cause de mon affiliation académique actuelle. Mais quand je l'ai fait, je n'ai pas réalisé les implications que cela pourrait avoir. Je suis vraiment désolé pour cela mais c'est une erreur qui vient de notre négligence et de notre inexpérience et de rien d'autre. Je ferai ce que je pourrai pour rectifier ceci, jusques et y compris en distribuant ce courrier au Guardian, à Drudge et à NASA Watch.
S'il vous plait, aidez moi à diffuser ce billet là où vous pourriez voir que cet article a été faussement attribué à la NASA."


Voilà qui est fait, Dear Shawn !

Chacun se fera son opinion mais qu'il me soit permis d'avancer quelques éléments d'explications (qui n'engagent que moi) :

Nos trois jeunes étudiants-chercheurs baignent en permanence dans un milieu extrêmement orienté du côté de la deep-ecology, très présente dans certaines universités américaines (telle Stanford et Penn State) (et allemandes). Ils ont cherché et trouvé (ce qui est quand même à mettre à leur actif !) un moyen innovant pour faire peur à leurs contemporains s'ils n'adhèrent pas aux idées de la frange ultra-activiste écologiste dont ils sont littéralement imprégnés.

Sans doute, l'échec de Copenhague, le Climategate, la perte d'audience du réchauffement climatique anthropique dans l'opinion publique, les espoirs très limités d'obtenir un prolongement des accords de Kyoto, les déboires successifs et répétés du GIEC, de l'UNEP et des organisations internationales du même type ont probablement joué un rôle prépondérant dans leur décision de publier cet article "ébouriffant". gargouille
Une ultime cartouche en quelque sorte.

Après tout, ne sculptait-on pas des monstres de l'enfer sur les piliers de nos églises pour susciter la peur et canaliser et assagir les comportements des habitants du Moyen-âge ?

 

 


Au fond, nos étudiants, un peu loufoques, ont cherché à utiliser ces même ressorts qui ont fait leurs preuves. alien1Mais cette fois-ci en agitant le spectre, non plus de l'enfer et de la religion qui ne font plus recette, mais celui des extraterrestres, qui font plus "modernes".

 

 


Ce n'est plus le Diable qui nous guette du fond de l'enfer. Désormais, ce sont les grands méchants Aliens-Universalistes-Ecolos (tel que celui dessiné à droite) qui jugent notre comportement, tapis au fond de l'espace... et qui s'apprêtent à frapper. Soyez écolos ! Sinon....

 

Les trois étudiants docs ou post-docs de l'Université de Pennsylannia, férus de science-fiction, d'OVNIS et d'écologie, ont vraiment bien mérité leurs superbes bonnets d'ânes équipés de deux antennes destinés à l'espionnage des Terriens, comme celles que sont censés porter les Aliens.

Addendum : Parmi d'autres candidats, Le Matin obtient un accessit pour un article du 23 août intitulé "l'Invasion des aliens a-t-elle commencé ?"
En affirmant, bien sûr, que tout cela vient d'un rapport de la NASA. Félicitations au journaliste pour la recherche des sources !!
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.... Bon, tout ça, bien que parfaitement authentique, c'était juste pour se détendre un peu, en cette période estivale. La réalité dépasse parfois la fiction.
Bonne fin de vacances, mes chères lectrices et chers lecteurs.


13 Juillet 2011 : Encore une énorme bourde du GIEC et de son Directeur qui exaspère jusqu'à ses plus fidèles supporters...

I - Introduction :

Cette nouvelle affaire que certains ont affublé du nom de GIECgate, a commencé par un communiqué de presse publié aux alentours du 10 Mai dernier dans un très grand nombre de médias, tels que :

(Mail online UK) : "Les sources renouvelables pourraient fournir 80% de l'énergie nécessaire pour le monde vers 2050, affirme un rapport de l'ONU"
(Reuters) - "Les sources renouvelables telles que le solaire, le vent ou l'hydroélectrique pourraient fournir près de 80% de la demande énergétique mondiale vers 2050 si on applique les bonnes politiques, selon un rapport de l'ONU qui a reçu l'approbation des gouvernements ce lundi."
Le Huffington Post US), "L'énergie renouvelable pourrait subvenir à 80% des besoins de la planète vers 2050, dit l'ONU."
Le Guardian (UK) : "L'énergie renouvelable peut approvisionner le monde déclare un rapport marquant du GIEC."

Les journalistes français se sont montrés un peu plus prudents que leurs collègues outre-manche et outre-atlantique :
Libération : "Le Giec optimiste pour les énergies renouvelables… si les politiques suivent".
Le Monde : " Le GIEC croit au développement des énergies renouvelables"
etc...
Ainsi, bien entendu, qu'une multitude de sites anglophones et francophones qui ne se sont pas posé de questions.

De fait, cette affirmation, plutôt "novatrice", émanait directement d'un communiqué de presse du responsable de la communication du GIEC de l'ONU. Elle faisait référence à un rapport "spécial" publié par cette organisation. Voici la référence de rapport dit "spécial":

"Rapport spécial sur les sources renouvelables d'énergie et sur la lutte contre le changement climatique" (en abrégé du GIEC, les SRREN.)

Un examen superficiel du contenu de ce rapport montrait qu'en réalité, les nombreux auteurs qui ont participé à ce rapport avaient envisagé de multiples scénarios. Il y en avait pas moins de 164.
Des scénarios, peut-être un peu moins outranciers que celui qui a fait la une des médias, prédisaient que
15% de l'énergie pourrait provenir du renouvelable en 2050 (contre environ moins de 13% en 2000, nous dit Libération). Comme on l'a vu, ces derniers scénarios n'ont visiblement pas eu les honneurs du communiqué de presse du Responsable de la Communication du GIEC. C'est évidemment le scénario le plus extrême qui seul, a été mis en avant et que les médias se sont empressés de répercuter, sans se poser de questions.
Ce chiffre de 80% d'énergie provenant du renouvelable en 2050 avait de quoi éveiller la vigilance de
Steve McIntyre que les lecteurs de ce site connaissent bien. McIntyre est un observateur particulièrement critique et attentif de tout ce qui est publié par le GIEC ou par ceux qui lui sont attachés. McIntyre s'est notamment rendu célèbre pour ses critiques documentées des fameuses "crosse de hockey" de Mann et al.
Une fois de plus, McIntyre s'est donc sérieusement penché sur la question... Et il est allé de découvertes en découvertes, toutes plus stupéfiantes et embarrassantes (pour le GIEC et son président) les unes que les autres...

Ce qui est particulièrement intéressant, dans le cas présent, c'est que, cette fois-ci, les climato-réalistes (ou les climato-sceptiques) n'ont guère eu besoin de s'indigner, comme on dit à présent. De fait, ce sont, pour la plupart, les partisans et les défenseurs habituels du GIEC et de la thèse officielle qui sont monté aux créneau avec une certaine vigueur, comme vous allez le constater.

Faisant suite aux multiples anomalies relevées et pointées du doigt dans le dernier rapport AR4 du GIEC (Himalayagate, Malariagate, Nederlandgate etc...) qui ont notamment motivé une série de recommandations (pour ne pas dire remontrances) de la part du "International Academic Council IAC, personne ne pouvait imaginer que le GIEC et son Président remettraient ça, et en plus fort.
Eh bien si !

Tout d'abord, voyons ce que nous dit au sujet de ce "rapport spécial du GIEC", Steve McIntyre dont Mark Lynas (un activiste notoire du réchauffement climatique, voir ci-dessous) apprécie "l'oeil d'aigle"(sic) :
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II- Steve McIntyre : titre son article sur ce sujet par un cinglant : "Le groupe de travail III du GIEC et le karaoké de Greenpeace"

McIntyre commence par extraire la phrase choisie par le communiqué de presse du GIEC qui déclare que :

" Près de 80 pour cent de l'approvisionnement énergétique du Monde pourrait être fourni par les renouvelables vers la moitié du siècle, si les politiques correctes le permettant sont mises en place, nous indique un nouveau rapport".
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Note : Comment parvient-on à ce chiffre ? C'est simple. On suppose que les autres formes d'énergie (nucléaire, fossiles) auront disparu ou seront en voie de disparition, ce qui diminue le dénominateur de la fraction et on suppose que les besoins en énergie auront considérablement diminué du fait de mesures de restrictions drastiques pour la population de la planète. De plus, on imagine la Terre couverte d'éoliennes et de panneaux solaires...On imagine !
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McIntyre cherche et trouve que les auteurs des scénarios des "près de 80%.." en question ne sont autres que Sven Teske et al 2010 – en ligne ici – Cet article est cité dans le rapport comme suit :

Teske, S., T[homas] Pregger, S[onja] Simon, T[obias] Naegler, W[ina] Graus, and C[hristine] Lins (2010).

"Energy [R]evolution 2010—a sustainable world energy outlook. Energy Efficiency, doi:10.1007/s12053-010-9098-y."

McIntyre poursuit :

"Cependant, en cherchant le titre avec Google, j'ai trouvé un autre article avec pratiquement le même titre :

‘energy [ r]evolution:A SUSTAINABLE GLOBAL ENERGY OUTLOOK’ en ligne ici.

Cette version est une publication conjointe de Greenpeace et du European Renewable Energy Council qui se décrit lui-même comme une organisation parapluie (Ndt : C'est à dire un consortium) de l'Industrie Européenne de l'Energie Renouvelable."

___________________________________________________________________________

Note : Voici le descriptif que l'on trouve sur le site de cette Organisation Parapluie de l'énergie renouvelable Européenne, comme elle se définit elle-même. Inutile de préciser que cette organisation EREC, installée à Bruxelles, est un lobbyer incontournable pour tout ce qui concerne les énergies renouvelables auprès de la Commission Européenne..De fait, L'EREC couvre tous les secteurs du renouvelable Européen.
EREC-GP

"Créée le 13 Avril 2000, Le Conseil Européen de l'Energie Renouvelable (EREC) est l'organisation parapluie de l'industrie Européenne de l'énergie renouvelable, de son commerce et des associations de recherches actives dans les domaines du photovoltaïque, des petits installations hydroélectriques, du thermique solaire, de la bioénergie, de l'énergie solaire concentrée et de l'énergie éolienne. EREC représente une industrie avec un turnover annuel de 70 milliards d'Euros. Elle fournit 550.000 emplois."

On comprend que l'EREC a grand intérêt à cosigner des "rapports-scénarios" avec Greenpeace. Que ces scénarios se retrouvent ensuite dans un rapport officiel du GIEC censé informer impartialement les décideurs de la planète, pose quand même quelques questions de déontologie que n'a pas manqué de poser McIntyre et un certain nombre d'autres auteurs.

Vous trouverez le rapport de l'EREC (photo ci-contre) "Energie [r]évolution" co-publié avec Greenpeace, à cette adresse sur le site de l'EREC. Vous retrouverez le pendant "Greenpeace" de ce rapport à cette adresse. Toujours sous le même titre.
____________________________________________________________________________

McIntyre poursuit : "La page du titre indique (caractères gras ajoutés par PU ):

"Directeur du Projet & Auteur Principal – Sven Teske
EREC Oliver Schäfer, Arthouros Zervos,
Greenpeace International – Sven Teske, Jan Béranek, Stephanie Tunmore
research & co-authors
DLR, Institute of Technical Thermodynamics, Department of Systems Analysis and
Technology Assessment, Stuttgart, Germany: Dr. Wolfram Krewitt, Dr. Sonja Simon, Dr. Thomas Pregger.
DLR, Institute of Vehicle Concepts, Stuttgart, Germany: Dr. Stephan Schmid
Ecofys BV, Utrecht, The Netherlands: Wina Graus, Eliane Blomen.

La préface du rapport de Greenpeace était signée par un certain R.K. Pachauri qui déclarait :

L'édition des Scénarios d'Energie [R]évolution fournit une analyse détaillée du potentiel d'amélioration de l'efficacité énergétique et des choix dans le secteur du transport. Les données présentées dans cette publication donnent une base utile pour la considération des politiques spécifiques et sur les développements qui seraient bénéfiques non seulement pour le monde mais pour différents pays qui cherchent à gérer les défi global du changement climatique auxquels ils sont confrontés. Le travail rapporté dans les pages qui suivent est complet et rigoureux et même ceux qui pourraient ne pas être d'accord avec l'analyse qui est présentée pourraient, peut-être, bénéficier d'une étude approfondie des hypothèses sous-jacentes liées aux questions d'énergies spécifiques pour les scénarios du futur.

Dr. R. K. Pachauri
DIRECTEUR-GENERAL du TERI (THE ENERGY AND RESOURCES INSTITUTE )et PRESIDENT DU GIEC."

Note : Ces déclarations de R. K. Pachauri qui figurent dans le rapport de Greenpeace (conjoint avec l'EREC) et notamment ses affirmations qu'il s'agissait d'un rapport "complet et rigoureux", ont été rapportées dans nombre de dépêches telles que celles de Reuters, ThaiIndian news, NewScientist.

McIntyre conclut son exposé :

"Si on retourne maintenant au lien initial qui est à l'origine du Communiqué de Presse du GIE sur les Renouvelables :

"Près de 80 pour cent de l'approvisionnement énergétique du Monde pourrait être fourni par les renouvelables vers la moitié du siècle, si les politiques correctes le permettant sont mises en place, nous indique un nouveau rapport".

La base de cette affirmation est un scénario de Greenpeace. L'auteur Principal du Rapport du GIEC du scénario de Greenpeace était le même employé de Greenpeace qui avait rédigé les scénarios de Greenpeace, dont l'introduction a été écrite par le Président du GIEC, R.K. Pachauri.

Le public et les décideurs politiques sont avides d'obtenir une analyse décisive pour déterminer avec précision quel poids on doit accorder aux énergies renouvelables dans le futur. Ils attendent beaucoup mieux de la part du groupe III du GIEC qu'une version karaoke du scénario de Greenpeace.

Il est totalement inacceptable que le GIEC emploie comme Auteur Principal du chapitre crucial N°10, un membre de Greenpeace, parce qu'un Auteur Principal serait (comme l'ont été Michael Mann et Keith Briffa dans des situations comparables) responsable de la relecture de son propre travail et qu'au vu d'un tel manque d'indépendance et d'un tel manquement au devoir élémentaire de précaution (due diligence), le GIEC aurait dû indiquer dans son communiqué de presse que le scénario sur les renouvelables venait de Greenpeace.

Tous les membres du groupe III du GIEC devraient être licensiés (du GIEC) et, si cette institution devait perdurer, elle devrait être restructurée à parti de zéro."

Note : Autrement dit, R.K. Pachauri signe sous le sceau de son autorité de Président du GIEC (organisme intergouvernemental censé être neutre et indépendant) , la préface d'un rapport de Greenpeace, rédigé par un membre dirigeant de Greenpeace International. Ce dernier se voit bombardé, par le GIEC, auteur principal du rapport "spécial" du GIEC et son scénario Greenpeace figure en bonne place dans le rapport du GIEC. C'est ce scénario "Greenpeace" qui sert de base au communiqué de presse du GIEC. Lequel fera le tour des rédactions des médias du Monde entier.
En tant qu'Auteur Principal dont la mission est précisément de revoir les textes des auteurs contributeurs au rapport, S. Teske de Greenpeace, a été conduit a approuver son propre texte, ce qui est pour le moins problématique (l'auto-peer-review !). L'implication indirecte d'un consortium industriel des renouvelables (l'EREC) dans un rapport censé apporter “des informations scientifiques rigoureuses et équilibrées aux décideurs" sur les renouvelables, est également problématique.

En bref, les très nombreuses critiques sur les multiples conflits d'intérêts (Greenpeace, WWF etc.), déjà formulées à l'encontre du rapport AR4 (2007) du GIEC et de Pachauri, n'ont visiblement servi à rien.
Les "conseils" éclairés prodigués depuis, par l'International Academic Council, IAC (voir Judy Curry, plus bas) non plus.

Ceci explique sans aucun doute que certains des hussards les plus fidèles du GIEC (et de Pachauri) aient été scandalisés. Comme nous allons le voir :

Andrew Revkin, il y a peu encore, était journaliste scientifique en titre au New York Times. Il a constamment démontré son adhésion aux thèses défendues par le GIEC. Revkin a conservé son blog appelé Dot Earth dans les colonnes du NYT. Cependant, depuis quelque temps, et en parallèle à l'évolution de Judith Curry, il se montre plus sensible aux arguments des "climato-sceptiques". En tout cas, et au vu de son style généralement très pondéré, il n'est visiblement pas satisfait du tout du comportement du GIEC dans cette nouvelle affaire.

NYT
III - Andrew Revkin
(ci contre, son blog DotEarth sur le site du NYT) "Un examen approfondi d'un Rapport sur l'Energie pose de graves questions. "revkin1

 

" J'ai été troublé quand le résumé du rapport a été publié un mois avant la publication du rapport complet (une tradition du groupe d'experts sur le climat). (Ndt : Revkin fait sans doute allusion au fait que le GIEC avait fait la même chose, en publiant le résumé pour les décideurs SPM, bien avant la sortie du rapport complet AR4 de 2007).
L'analyse de McIntyre montre la profonde implication d'un activiste de Greenpeace International dans la rédaction d'un chapitre important qui s'achève en se focalisant sur un scénario sur les technologies de l'énergie développées par nul autre que Greenpeace. Il est dur de trouver une faille dans la conclusion définitive de McIntyre sur le rapport et sur le groupe de travail numéro 3 (WG3) dont le travail consiste à faire la liste et à étudier les réponses possibles au changement climatique."

Et Andy Revkin de citer les extraits significatifs des textes de McIntyre et de Mark Lynas, (ci dessous), puis de conclure en écrivant :

"Bien entendu, mon souci initial à propos de ce rapport résulte de la lassitude. C'était encore une nouvelle étude qui impliquait que les choix en matière d'énergie renouvelable -en théorie et bien que confrontés aux coûts de développement élevés et aux autres contraintes incontournables- pourraient être la source dominante en matière de réduction des émissions, vers 2050.

Effectivement, et nous pourrions tous cesser de rouler en voiture demain, mais nous ne le ferons pas.

Les nouvelles et légitimes questions qui sont posées au sujet de ce rapport sur l'énergie sont particulièrement importantes en ce sens qu'elles constituent un test de la volonté du GIEC à se conformer à ses récentes déclarations qui stipulaient qu'il se montrerait réceptif aux critiques. "

Caractères engraissés par l'auteur de ce site PU.

Selon Wikipedia, Mark Lynas (né en 1973) est un auteur britannique, un journaliste et un activiste de l'environnement qui s'est spécialisé dans le changement climatique." Il s'est notamment fait connaître en "entartant" Bjorn Lomborg en 2001, l'auteur de "L'Environnementaliste Sceptique" lors d'une présentation de son livre par ce dernier.
De formation strictement littéraire, Lynas est considéré (par ses collègues), comme "un expert en changement climatique". Il a publié plusieurs livres en faveur de l'écologie. Il signe fréquemment des articles dans ce sens dans le Guardian UK.

Lynas est très mécontent du comportement du GIEC et de son Président, et son texte est plutôt féroce, comme vous allez le voir :

IV - Mark Lynas lynas titre " Une nouvelle erreur du GIEC : Les conclusions du Rapport sur les Renouvelables ont été dictées par Greenpeace". Les questions auxquelles doit répondre de GIEC de manière urgente.

Mark Lynas écrit (liens d'origine):

"Voici le scénario : Un employé d'Exxon-Mobil - admettons qu'il soit un spécialiste de l'énergie avec une formation de base en ingénierie - sert comme Auteur Principal d'un rapport important du GIEC qui concerne le futur des énergies fossiles. Le type d'Exxon-Mobil et ses collègues auteurs principaux rapportent sur un large éventail de littérature mais sélectionnent, pour un traitement spécial, 4 articles particuliers - Un est produit par Exxon-Mobil. Ce papier proclame un avenir radieux pour les carburants fossiles suggérant qu'ils peuvent subvenir à 80% des besoins de la planète en énergie en 2050, et cette affirmation constitue le titre du communiqué de presse subséquent du GIEC. Lequel est sélectionné et répété sans aucune critique dans les médias du monde entier.
Satisfaits, l'employé d'Exxon publie un communiqué de presse s'auto-congratulant en précisant que cet article a joué un rôle central dans le rapport du GIEC et en demandant aux gouvernements du monde entier de poursuivre dans l'ouverture de nouvelles zones pour le forage pétrolier et ceci pour le bénéfice de nous tous.

Eh bien, vous pouvez imaginer la fureur de Greenpeace en voyant cela. Le GIEC serait discrédité à jamais en tant qu'organe indépendant. On assisterait à de pieux défilés de bannières des activistes de Greenpeace vouant aux gémonies les directeurs de Exxon et critiquant vertement la terrible mainmise des intérêts des carburants fossiles sur la science supposée indépendante. Les activistes seraient partout sur le pied de guerre. Greenpeace se sentirait doublement justifié pour mener des actions directes contre les nouveaux forages qui s'ouvriraient en Arctique et ses activistes pourraient faire preuve d'actes courageux et mener des actions héroïques en s'attaquant au pouvoir de l'industrie pétrolière avec quelques cordes et un dinghy en caoutchouc quelque part vers le Groenland.

En quoi le scénario avec Exxon est-il différent de celui qui vient de se produire dans le rapport du GIEC sur les renouvelables ?"
[...]

Plus loin, Lynas ajoute :

"Eh bien, si les "négationnistes" sont les seuls qui se dressent pour défendre l'intégrité du processus scientifique et l'indépendance du GIEC, alors oui, moi aussi je suis un "négationniste". Et de fait, McIntyre et moi-même, avons formé un duo improbable en posant une série de questions - avec la collaboration d'Andrew Revkin du New York Times - à l'Auteur Principal du rapport du GIEC, le Professeur Ottmar Edenhofe. "
[...]

Plus loin, encore, Mark Lynas poursuit :

"Le GIEC doit, de manière urgente, revoir ses politiques de choix des auteurs principaux - et j'aurais pensé que non seulement la littérature "grise" devrait être rejetée, mais aussi que les activistes des ONG ne devraient pas être autorisés à rejoindre le groupe des auteurs principaux qui sont ainsi conduits à porter un jugement sur leur propre travail. Il y a même un conflit d'intérêt commercial ici puisque les industries du renouvelable sont les principaux bénéficiaires de toute évolution des politiques gouvernementales basées sur les conclusions du rapport du GIEC. S'il y avait eu une intervention de l'industrie pétrolière qui avait conduit le GIEC à une conclusion particulière, Greenpeace et al auraient immédiatement hurlé à la mort.

De plus, le rapport conjoint de Greenpeace et des Industries du renouvelable est si défaillant qu'il n'aurait même pas dû être considéré du tout par le GIEC. Tandis que la version publiée par la revue a les apparences d'un travail scientifique correct, la version propagandiste sur le site de Greenpeace a tous les attributs d'un travail qui est parti des conclusions et cherche ensuite à les justifier. Il y a une section entière dédiée à la "sale et dangereuse énergie nucléaire" et le scénario implique une suppression totale de toute construction de centrale ultérieure à 2008, pour la planète entière.[...]"

Et Marc Lynas de rappeler quelques principes fondamentaux, tellement évidents qu'ils devraient aller sans le dire :

"Il y a là quelques leçons très claires à tirer par le GIEC :

- Des activistes - ou des employés de l'industrie - ne devraient pas être auteurs principaux dans les rapport du GIEC et ceci dans aucun des groupes de travail.
- Bien qu'il puisse être intéressant d'évaluer la littérature "grise", celle-ci ne devrait pas être évaluée par ceux qui l'ont écrite.
- Cette règle s'applique de manière plus générale : Aucun auteur ne devrait être chargé d'évaluer "indépendamment" son propre travail, et ceci pour tous les groupes de travail. (Ndt : On croit rêver ! L'auto-review est pourtant le plus commode !)
- Les communiqués de presse et les Résumés pour les Décideurs ne devraient pas être publiés tant que le rapport complet dont ils sont issus n'ont pas été publiés.
- Une réglementation claire au sujet des conflits d'intérêt devrait être agréée par le GIEC et implémentée immédiatement. Elle devrait s'appliquer aussi bien aux auteurs actuels qu'aux futurs."

Mark Lynas en rajoute une couche lors de sa dernière mise à jour :
Des promoteurs (financièrement impliqués) de l'énergie hydroélectrique ont également eu l'occasion de faire avancer leur agenda, en participant à la rédaction du rapport "Energie" du GIEC, nous dit Mark Linas :

"Les neuf auteurs principaux incluent des représentants de deux des agences les plus importantes au monde du développement de l'hydroélectrique, un consultant en hydroélectrique et trois agences faisant la promotion de l'hydroélectrique à l'échelon national".


Note : Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en fait de rapport scientifique "indépendant" sur les renouvelables , il y aurait beaucoup à dire. Cela ressemblerait plutôt à une brochure publicitaire pour les énergies renouvelables, rédigée par les industriels intéressés à la fourniture des matériels..



V -
J'ai déjà eu l'occasion d'épingler la revue Nature qui, depuis deux décennies, ne laisse jamais passer une occasion de faire dans le catastrophisme climatique (entre autres). C'est elle qui a notamment et parmi beaucoup d'autres, laissé passer, sans critique approfondie, les papiers sur la fameuse crosse de hockey de Michael Mann et al. Nature a, dans le passé, vraiment fait le maximum tolérable pour le GIEC. L'irritation, que l'on ressent à la lecture de son article, résulte sans doute de la déception des éditeurs, même si les euphémismes parfois cocasses quand on connaît la réalité (et les oublis, sont de rigueur. Compte tenu du passé chargé de Nature en la matière, le texte qui suit est tout à fait étonnant.

Son précédent éditeur en chef, John Maddox, qui avait revitalisé et tiré de l'oubli Nature, doit se retourner dans sa tombe. Maddox, dont l'intégrité et la neutralité étaient proverbiales, avait publié un livre en 1972 ("The Doomsday Syndrome" soit Le syndrome de la fin du monde) qui dénonçait les graves conséquences sociétales du catastrophisme. Les choses ont beaucoup changé à Nature depuis son décès et beaucoup considèrent désormais Nature comme une revue "grise".

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Nature 474, 541 (30 June 2011) doi:10.1038/474541a

Editorial :

"Se tirer une balle dans le pied" " ( Titre original : "Shot with its own gun")

"Durant les deux dernières années, le GIEC a démontré un talent pour se placer lui-même dans des situations embarrassantes, se mettant ainsi en situation de cible facile pour les critiques et les sceptiques du climat.

Les problèmes ont commencé à la fin 2009 quand il fut rapporté que le 4ème Rapport d'experts, publié deux ans auparavant affirmait à tort que tous les glaciers Himalayens pourraient fondre en 2035. Les conséquences qui en furent tirées ont sérieusement endommagé la crédibilité du GIEC et elles ont été exacerbées par les tentatives ineptes du Président du Groupe, Rajendra Pachauri de contenir la crise. Une revue subséquente de la gouvernance de l'organisme et des actions menées, l'ont enjoint de procéder à un certain nombre de réformes de grande portée.

Ce mois-ci, le GIEC est de nouveau dans le collimateur de la lunette. La révélation qu'un analyste de l'énergie de Greenpeace a aidé à rédiger un chapitre clef du Rapport Spécial du GIEC sur les Sources d'Energie Renouvelables et la Lutte contre le Changement Climatique, a déclenché une vague de critiques largement répandues dans la blogosphère. Comparé au faux-pas sur les glaciers, le dernier incident est banal. Mais il devrait rappeler au GIEC que la mise en place d'une réforme de son comportement et de ses procédures doit être mise en place, de manière visible et rapidement.

En réponse à la bourde sur les glaciers, le GIEC a plaidé qu'il serait plus vigilant sur les processus qu'il utilise pour choisir les experts scientifiques et pour évaluer la littérature grise et aussi pour s'assurer que le travail (bénévole) réalisé pour le Groupe d'Experts ne provoquerait aucun conflit d'intérêt résultant des affiliations professionnelles des membres participants et des auteurs contributeurs (voir Nature 473, 261; 2011). Mais il (NdT : le GIEC) a failli, en ce sens qu'il n'a pas précisé quand cette nouvelle politique rentrera en action et qui elle concernera. Il doit le faire - et vite.

C'est la seule solution pour que l'organisation puisse contrer les affirmations récurrentes affirmant qu'elle est moins politiquement neutre que son mandat des Nations-Unies ne l'y contraint. En particulier, elle doit clarifier la position des Groupes sur les Impacts et les Adaptations au changement climatique (le Groupe scientifique a adopté une politique stricte vis à vis des conflits d'intérêts, l'année dernière). On se souvient que Pachauri aurait déclaré que la nouvelle politique vis à vis des conflits d'intérêts ne s'appliquerait pas aux centaines d'auteurs déjà sélectionnées pour le 5ème Rapport d'Etude qui doit sortir en 2014. Ceci est inacceptable. Il devrait considérer comme une priorité de s'assurer que les règles s'appliquent à tous les gens impliqués - y compris à lui-même...(NdT : Je rappelle que Pachauri est lui-même le Président de TERI, une organisation qui fait la promotion du renouvelable).

La vulnérabilité du GIEC à de telles attaques devrait aussi l'inciter à reconsidérer la manière dont il rend publiques ses avancées. Les journalistes et les critiques aussi, ont tendance à se tourner vers les affirmations extrêmes. Ainsi quand le contenu du communiqué de presse met en avant l'idée que les renouvelables pourraient remplir "près de 80%" de l'énergie du monde vers 2050, il n'était pas surprenant que ceci ferait les grands titres - et ferait des vagues. Le GIEC se serait épargné beaucoup d'ennuis et quelques critiques injustifiées s'il avait explicité l'origine de ce scénario."

C'est dit du bout des lèvres avec les précautions d'usage et sans se renier, mais c'est clairement exprimé. Venant de la part de la revue en pointe dans ces affaires et comme je l'ai dit, c'est étonnant. Il est perceptible que les éditeurs de cette revue n'ont guère le désir d'être associés, dans le futur, aux errements à répétition du GIEC et surtout, de son Président. C'est ce que explique sans doute la publication de cet éditorial dont le ton est très inhabituel (pour cette revue).

VI - Voici maintenant, toujours sur le même sujet, un texte de la climatologue US Judith Curry qui se qualifiait elle-même de "grande prêtresse du changement climatique." J'ai déjà fréquemment mentionné les billets de Judith Curry (notamment ici et ici) qui se démarquent désormais sensiblement de la doxa et vigueur. Notamment et selon ses dires, depuis qu'elles a lu les courriels du Climategate et qu'elle a pu constater les anomalies du fonctionnement du GIEC.
Dans le texte suivant, Judy Curry se focalise sur la question épineuse et récurrente des conflits d'intérêts très fréquemment évoqués dans les affaires du GIEC.

climateetc

Judith Curry : Il faut éliminer les conflits d'intérêt du GIEC.

Judith Curry commence par mentionner la mise en demeure plutôt énergique vis à vis du GIEC et de son Président de la part de la Commission concernée du Sénat US :

"Paul Broun (R-GA), le Président de la Commission de Recherche et de Contrôle a envoyé une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies (ONU) Ban Ki-Moon, réclamant l'adoption d'une réglementation pour les Conflits d'Intérêt pour le Groupe Intergouvernemental pour le Changement Climatique de l'ONU (le GIEC)

“En dépit de mes demandes précédentes pour que le GIEC adopte et instaure une réglementation plus stricte vis à vis des conflits d'intérêt et de l'usage de citations issues de la littérature "grise", le GIEC a retardé sa mise en place ".

Dans sa lettre, Broun écrit qu'il était "impératif que le GIEC adopte une réglementation rigoureuse vis à vis des conflits d'intérêts avant sa 34ème session, provisoirement planifiée pour Janvier 2012."

Judy Curry poursuit en rappelant les recommandations du IAC (International Academic Council) énoncées à la suite des scandales qui ont secoués le microcosme du GIEC, en 2009.

" Le IAC a recommandé que :

"Recommandation. Le GIEC devrait développer et adopter une réglementation rigoureuse vis à vis des conflits d'intérêts qui s'applique à tous les personnels directement impliqués dans la préparation des rapports du GIEC en y incluant les membres dirigeants du GIEC (le Président du GIEC et les Vice-Présidents), les auteurs qui ont la responsabilité du contenu du rapport (c'est à dire les co-directeurs des groupes de travail, les auteurs qui ont des responsabilités dans le contenu du rapport ( c'est à dire, les co-présidents des groupes de travail, les auteurs principaux coordinateurs, et les auteurs principaux). Les Editeurs relecteurs et l'équipe technique directement impliquée dans la préparation du rapport (c'est à dire, l'équipe des unités de support technique ainsi que le secrétariat du GIEC)."

Voila qui est suffisamment détaillé pour être clair. Cela aurait dû suffire pour faire bouger les lignes. Il n'en a rien été.

Judy Curry donne son opinion de la manière suivante :

"Pour ce qui concerne le Groupe de Travail III, les conflits d'intérêts peuvent être si accablants qu'ils ne peuvent pas être gérés de quelque manière raisonnable que ce soit. A mon avis, les gens qualifiés de Greenpeace et d'Exxon-Mobil devraient être capables de participer au GIEC en tant que relecteurs ou, peut-être, en tant qu'auteurs contributeurs, mais ils ne devraient pas participer en tant qu'Auteurs Principaux."

En bref, Judy pense que pour ce qui concerne, au moins, les activités du groupe III (adaptation et mesures contre le réchauffement climatique), il est difficile de trouver des arbitres ou des auteurs non impliqués dans les ONG ou/et l'industrie. C'est vrai. Mais faut-il pour autant donner des responsabilités aux membres d'organisations ou d'industries directement intéressées par l'inflexion des politiques gouvernementales qui pourraient en résulter ? Certainement non.

Je rappelle que la mission du GIECde l'ONU, consiste, selon son ordre de mission à :

  • Fournir "une information scientifique rigoureuse et équilibrée aux décideurs."
  • Rédiger des rapports qui sont "objectifs et complets".
  • Demeurer “neutre du point de vue politique et ne jamais s'impliquer dans la définition des politiques à mener".

Un problème analogue s'est posé récemment en France et à l'ONU (l'OMS) lorsqu'on s'est aperçu que la très grande majorité des experts invités à donner leur avis sur la gestion de la grippe H1N1...relevaient presque tous, plus ou moins directement, des grands groupes de l'industrie pharmaceutique. On a vu le résultat.

Comme d'habitude, si les médias se sont largement fait l'écho du communiqué de presse du GIEC, ils se sont généralement abstenus de se faire l'écho des développements que je viens d'évoquer.
Au titre des exceptions remarquables :
The Telegraph : "Le GIEC déclare Greenpeace dans notre époque."
The Economics : "Le scandale renouvelable" (ou des renouvelables)"

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Dans la presse francophone : Rien. Comme d'habitude et notamment comme lors du Climategate (2009) : "Circulez, il n'y a rien à voir".
(Je serais ravi d'être démenti !)

Par contre, dans de très nombreux sites, la blogosphère mondiale a raconté en détail l'histoire du fameux "Rapport Spécial du GIEC/ONU".
Mark Lynas, décidément très remonté, en a rajouté une couche en signalant un autre conflit d'intérêts dans le chapitre sur l'énergie hydroélectrique.

Le titre de l'article du Télégraph UK "Le GIEC déclare Greenpeace dans notre époque" n'esgreenpeacet sans doute pas transparent pour les lecteurs francophones. Voici donc quelques explications à ce sujet :

Le dessin en couleur de Josh, ci-contre, représente R. Pachauri présentant le fameux rapport sur les énergies renouvelables qui est l'objet de ce billet. Ce dessin a connu un certain succès sur l'Internet.

"Greenpeace in our time" signifie "Greenpeace pour notre époque".





chamberlain


Ce "cartoon" qui est explicite pour les anglophones, fait allusion à la célèbre phrase ("Peace in our time", La paix pour notre époque) prononcée par Sir Neville Chamberlain, premier Ministre britannique, lors de son retour sur le sol anglais après la signature des accords de Munich. "La paix pour notre époque", c'était, selon Neville Chamberlain, un document sur lequel était apposée sa signature à côté de celle de Herr Hitler (sic). Neville Chamberlain montrait (fièrement) ce papier à la foule enthousisaste. Nous étions le 30 septembre 1938.



La mise en évidence de cette collusion manifeste du GIEC avec les ONG activistes et avec les industriels du renouvelable, porte un rude coup à la crédibilité, déjà largement entamée, du GIEC. Et de manière plus générale, à l'ONU et à ses yannpachaureolorganisations satellites.

R. K. Pachauri et le bureau du GIEC ne semblent pas avoir compris ce que la communauté internationale attend d'eux et de l'organisation dont ils sont les responsables. En tout cas, certainement pas un "karaoké de Greenpeace", comme l'écrivent McIntyre et Andy Revkin.

Ainsi, le multi-récidiviste R. K. Pachauri a bien mérité son super-bonnet d'âne équipé d'éoliennes (qui ne fourniront guère que quelques 25% de la puissance nominale, comme celles qui sont actuellement installées, à grands frais et grâce à eux, dans l'Europe toute entière.)
Le voici ci-contre, issu de la plume de notre dessinateur préféré.

Bien entendu, un nombre considérable d'accessits (bonnets d'âne ordinaires, sans les éoliennes, donc beaucoup moins coûteux) sont généreusement décernés.
Comme à l'accoutumée, les heureux récipiendaires sont les organes de presse et les médias francophones qui ont dissimulé au grand public, ce mini-scandale très révélateur.
Ils ont l'habitude. Ils se reconnaîtront.


Mars 2011 : Le GIEC, l'Académie des Sciences et "l'accélération" du réchauffement climatique.

Il semble qu'un grand nombre de lecteurs, attentifs (comme moi) à l'évolution des courbes de la température du globe, se soient étonnés des affirmations, fréquemment répétées, jusques et y compris dans les écrits des Académiciens français, selon lesquelles le réchauffement climatique est en voie d'accélération ou d'augmentation.
Sachant, comme beaucoup, que la température moyenne du globe n'a pas varié de manière significative depuis, au moins, 12 ans, cela ne peut manquer de susciter des interrogations.

En réalité, une analyse un peu plus approfondie de ce qui a été écrit et publié à ce sujet, se révèle indispensable. Elle permet de mettre le doigt sur un certain nombre de pratiques, plus ou moins hasardeuses, que je ne manquerai pas de vous signaler au passage.

Pour commencer - à tout seigneur tout honneur - référons-nous au dernier rapport AR4 du GIEC (2007).

  • Le GIEC :

Dans le dernier rapport du GIEC (IPCC 2007, Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change), on trouve la Figure 1 dans la page 253 du chapitre 3 (Observations : Changement climatique en surface et dans l'atmosphère).
Cette figure est censée montrer qu'une nouvelle augmentation de température, en accélération, est survenue pendant les 25 années 1981-2005.
La partie supérieure de cette figure est représentée ci-dessous :

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La légende de cette figure dont vous retrouverez l'intégralité dans le rapport du GIEC se termine par ces observations :

 

"Depuis environ 1940 jusqu'en1970, du fait de l''industrialisation qui a suivi la deuxième guerre mondiale, l'augmentation de la pollution de l'hémisphère Nord, a contribué au refroidissement, tandis que l'augmentation du dioxyde de carbone et des autres gaz à effet de serre a dominé le réchauffement observé après les années post-1975."

 

 

 

 

Sachant qu'il n' y avait pas de mesures satellitaires à l'époque 1940-1975, non plus que de mesures globales de la pollution, on peut s'interroger sur l'interprétation que donne le GIEC du refroidissement des années 1940-1975. Les lecteurs de ce site savent qu'il existe d'autres explications plus convaincantes pour expliquer cette baisse de température. Mais là n'est pas notre propos.

Ce qui est surprenant, et qui devrait étonner quelques scientifiques, se trouve sur la droite du graphe ci-dessus. En effet, une succession de droites (bleues, rouges et jaunes) sont censées représenter les variations de tendances de l'anomalie de température durant la seconde moitié du XXème siècle et le début du XXIème. Ceci est supposé démontrer une tendance à "l'accélération" du réchauffement climatique", avec des taux de variations indiqués dans le cartouche inséré en bas à droite du graphe. On se dit aussi qu'avec un procédé analogue, on aurait pu analyser la totalité du graphique présenté par le GIEC et trouver des accélérations et des décélérations, à peu près partout, de 1850 à nos jours. C'est ce que nous verrons ci-dessous.

De plus, un oeil exercé ne manquera pas de remarquer que si on remonte un peu dans le temps et qu'on examine ce qu'il s'est passé de 1910 à 1940, c'est à dire pendant 30 ans, tout comme de 1970 à 2000, on observe que la température a augmenté assez précisément avec la même vitesse qu'elle l'a fait entre 1970 et 2000. Or, selon les termes même de la légende de la figure du GIEC, l'influence "réchauffante" du CO2 atmosphérique ne se serait faite clairement ressentir qu'après 1975. Dès lors, on peut se demander, à juste titre, qu'est-ce qui a bien pu pousser les températures à la hausse de 1910 à 1940. Si ce n'est pas le CO2, qu'elle en est la cause ? (Voir ici).

Nous verrons un peu plus loin, ce qu'il en est, en réalité, des variations de températures durant ces 158 dernières années.
Nous savons ce qu'en pense le GIEC. Voyons maintenant ce qu'en a dit l'Académie des Sciences (française).

  • L'Académie des Sciences (française)

Nous savons tous que, suite à la demande de Mme Pécresse, Ministre de la Recherche à cette époque, l'Académie des Sciences a organisé une séance de discussion au sujet du "Réchauffement Climatique". Après quelques délais de réflexion et, sans doute, après des discussions animées entre les tenants du GIEC et leurs opposants, tous les membres de cette vénérable institution ont décidé de signer une synthèse des débats (et non pas un rapport final comme la presse s'en est fait l'écho), publiée le 26 Octobre 2010. Cette synthèse est d'ailleurs précédée d'un avertissement significatif qui semble avoir quelque peu échappé à la grande majorité de la presse. Je vous le rappelle : " Le présent rapport est une synthèse des interventions et discussions prononcées lors du débat sur le climat le 20 septembre 2010 à l’Académie des sciences, des contributions écrites qui l’ont précédé et des nombreux échanges et commentaires qui l’ont suivi."

Alors que nous dit cette "synthèse des interventions et discussions", au sujet du réchauffement climatique et notamment de celui qui est relatif à la dernière période du XXème siècle (les académiciens étant, semble-t-il, tombés d'accord pour reconnaître la stagnation des températures durant le début du XXIème) ?
Très exactement, ceci :

"Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003."
(page 14 dans les conclusions de la synthèse des interventions et des discussions)

Tout d'abord on peut s'interroger sur la signification précise des termes "augmentation du réchauffement climatique".
De quoi s'agit-il exactement ?
En effet, par définition, le réchauffement climatique est mesuré par la variation (à la hausse) de la température moyenne de la terre. Par exemple, on dit que le réchauffement climatique a été de 0,7°C /100ans. Autrement dit, le réchauffement est mesuré par la pente, c'est à dire par la dérivée première T'(t) par rapport au temps, de la courbe représentative de la température T(t) durant cette période. Une "augmentation de la variation" (à la hausse) de la température du globe, C'est à dire une "augmentation du réchauffement climatique" représente donc bien la dérivée seconde T"(t) de la courbe représentative de la température. C'est une accélération.
Il peut-être amusant de se rappeler que la version initiale de la "synthèse des interventions et discussions" qui a figuré, un temps, sur le site de l'Académie, indiquait que :"Plusieurs indicateurs indépendants montrent une accélération du réchauffement climatique de 1975 à 2003".
On peut aisément imaginer les âpres discussions qui ont conduit nos immortels a modérer cette affirmation, poussée, sans aucun doute, par les tenants du GIEC, qui tenaient pour acquis que la dérivée troisième par rapport au temps de la courbe représentative de la température moyenne de la planète, était à l'oeuvre. Car c'est très précisément ce que signifie "une accélération du réchauffement climatique".
Si j'osais me permettre un petit conseil aux collègues, membres de cette docte assemblée, je leur suggérerais de parler de "variations de température" plutôt que de "variations du réchauffement climatique", ce qui permettrait d'éviter des rédactions, pour le moins, hasardeuses.

Ces quelques considérations basiques au sujet des dérivées premières, secondes et troisièmes (!) de la fonction T(t) (température en fonction du temps) peuvent sembler anodines. Elles ne le sont pas, comme vous allez le voir.

Dans l'immédiat, et pour vous montrer qu'au vu des données factuelles, il est abusif d'interpréter le graphique reporté ci-dessus comme l'a fait le GIEC, nous allons faire un retour en arrière, de quelques 66 ans, en appliquant, à la lettre, les "méthodes du GIEC" aux données qui étaient connues à l'époque.
Il s'agit d'un petit sketch qui vous raconte ce qui se serait passé ... si le GIEC avait existé et si nous n'avions pas eu autre chose à faire, au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Flashback : Nous sommes en 1946 ...

Dans l'immédiat après guerre, la Société des Nations qui avait fait la preuve de son inefficacité, fut remplacée par l'Organisation des Nations Unies sur laquelle, à l'époque, reposaient tous les espoirs.
C'est à cette époque que le Congrès des USA fut alerté par un astronome spécialiste de la planète Vénus, James Hanson qui avait prévu que, si des mesures drastiques n'étaient pas prises immédiatement, la Terre deviendrait invivable du fait du réchauffement climatique, et ceci dès la fin du XXème siècle. Il se pourrait même, affirmait-il, que notre planète bascule dans un état proche de celui de Vénus (+460°C). L'ONU décida alors de créer, dans les plus brefs délais, un organisme international qui fut nommé le GIOC (Groupe Intergouvernemental d'Observation du Climat). Le GIOC de l'ONU fédéra immédiatement un nombre important de chercheurs, jusqu'alors inconnus et chichement dotés. Il faut savoir qu'à cette époque, les recherches sur le climat ne faisaient pas recette.
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Dans le premier rapport du GIOC, publié en 1946, (le FAR du GIOC) on trouve, à la page 3023, la figure ci-contre, basée sur les données des années précédentes (il fut décidé que les observations post-1943 seraient écartées). Ce graphe était accompagné de la légende suivante :

"Depuis environ 1880 jusqu'en 1910, du fait de l'industrialisation, l'augmentation de la pollution de l'hémisphère Nord, a contribué au refroidissement, tandis que l'augmentation du dioxyde de carbone et des autres gaz à effet de serre ont dominé le réchauffement observé après les années post-1910."

Bien que le taux de CO2 n'ait augmenté que d'environ 0,001% durant la période 1910-1940 - ce qui semblait infime - Le GIOC affirmait que c'était alarmant et qu'il s'agissait bien d'une accélération puisque la pente de la tendance de l'évolution de la température, sur différentes périodes (95 ans, 50 ans et 25 ans) précédant 1945, avait considérablement augmenté, jusqu'à atteindre la valeur de 0,177°C par décennie, comme on peut le voir sur cette figure.

A noter que la valeur de 0,177°C par décennie de 1920 à 1945 est très exactement la même que celle qui figure dans le rapport du GIEC AR4 de 2007, pour la période 1985-2005 (Voir le graphe du GIEC ci-dessus).
La courbe (ci-dessus) représentative de la variation de l'anomalie de température (du HadCRUT3v) de 1850 à 1945, les tendances représentées par les segments de droites en bleu, rouge et jaune, ainsi que les valeurs des taux d'augmentation de la température, au cours de cette période,
sont parfaitement authentiques.
Vous pouvez les recalculer vous-même en utilisant les graphiques interactifs de WFT.

Les médias (radio et journaux), alertés par les agences de presse, en firent leurs gros titres. Ils recrutèrent immédiatement un grand nombre de journalistes, formés tout spécialement dans de nouvelles sections dédiées des écoles de journalisme On pourrait compter sur eux dans l'avenir.
Voici un exemple, parmi beaucoup d'autres, de ce qu'on pouvait lire dans les journaux publiés en 1947 :

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The Argus, Melbourne, journal fondé en 1846. 48 pages.

Samedi le 31 Mai 1947

L'Arctique est en train de fondre, déclare un scientifique.

Los Angeles (AAP)
Un réchauffement mystérieux du climat de l'Arctique se manifeste lentement, a déclaré hier le Dr Hans Ahlmann, un géophysicien de l'Université de Californie.

Si les régions glacées de l'Antarctique et de la principale calotte polaire du Groenland devaient continuer à se réduire à la vitesse actuelle de la présente fonte, dit-il, les surfaces océaniques s'élèveraient dans des proportions catastrophiques. Les gens qui vivent dans les zones à basse altitude, le long des côtes, seraient inondés.
Les températures dans l'Arctique ont augmenté de 10 degré Farenheit depuis 1900 ce qui constitue une hausse "énorme" du point de vue scientifique. Le niveau des eaux dans la zone du Spitzberg est monté de 1 à 1,5 mm par an.

Source. h/t S. Goddard.

De gigantesques réunions d'experts et de politiques furent planifiées et devaient être organisées dans des endroits bien choisis de la planète.
Les politiques décidèrent de suivre le mouvement et leurs électeurs. Il fut décidé que des "taxes carbone" seraient mises en place en vertu du principe de précaution qui, peu à peu, perfusait le monde occidental, sous l'oeil intéressé de l'Union Soviétique qui, elle, s'apprêtait à mettre en place le rideau de fer.
De nombreux ouvrages, annonçant la fin du monde, fleurirent sur les étalages des libraires et les livres de classe furent modifiés en conséquence. Il était important que nos enfants sachent ce qui les attendait.
Bref, en peu d'années, un climat de panique et un état d'esprit de repentance, envahit l'occident. Le réchauffement s'accélérait, disait-on. Tout est de notre faute. Nous devons agir de toute urgence, affirmaient les journalistes.

A cette époque, il y eut bien quelques scientifiques qui, connaissant très bien la très longue histoire de la planète, s'émurent de cette panique généralisée, poussée par quelques scientifiques fédérés par le GIOC et généreusement entretenue par les médias. Ils protestèrent et arguèrent de la faiblesse des arguments qui sous-tendaient les affirmations des chercheurs qui adhéraient au GIOC. Ces derniers, se considérant offensés, en appelèrent au gouvernement (provisoire) de l'époque. Celui-ci, ne sachant comment trancher un débat pour lequel il n'avait d'ailleurs strictement aucune compétence, décida d'en référer à l'Académie des Sciences dont le prestige et l'intégrité, sinon la connaissance du problème, devait définitivement, espérait-on, séparer le vrai du faux et dire ce qu'il fallait penser.
C'est ainsi qu'au mois de Septembre 1946, eut lieu, à huis clos (au grand dam des journalistes), une séance de discussion entre les alarmistes et leurs opposants dont plusieurs étaient des membres élus de la prestigieuse institution. L'Académie des Sciences soucieuse de ne pas prendre parti afin de préserver son unité, décida de ne publier qu'une "synthèse des interventions et des discussions" que les journalistes s'empressèrent de considérer comme un rapport conclusif, en oubliant de lire et de rapporter sur ce qui dérangeait le dogme du réchauffement climatique qui peu à peu, avait envahi la fraction la plus crédule de notre société. Il faut rappeler que, sans doute au vu du graphe précédent, les immortels avaient longtemps hésité pour décider s'il fallait écrire dans leur "synthèse des interventions et des discussions" qu'il s'agissait d'une "accélération du réchauffement climatique" comme le souhaitaient les adhérents du GIOC, ou bien, comme cela fut retenu, in fine, "d'une augmentation du réchauffement climatique de 1910 à 1940". Quoiqu'il en soit, tous les académiciens signèrent cette "synthèse des interventions et des discussions" et l'unité de l'Académie fut préservée. Chacun s'en réjouit.

C'est alors que, dans les années 1947-48, après une courte période de stagnation de quelques années que l'on n'avait guère aperçue, la température du globe chuta brutalement de quelques dixièmes de degré, puis se mit à osciller paisiblement, jusque vers l'année 1976, sans jamais remonter jusqu'au maximum atteint pendant des années 1940-45. Les pôles récupérèrent leurs glaces d'antan. ole5


Un refroidissement de quelques 0,3°C, cela semble très peu mais le réchauffement précédent qui avait suffi à créer la panique, n'était pas bien grand non plus. Il s'agissait dans tous les cas de quelques dixièmes de degré.

Quoiqu'il en soit, ces quelques dixièmes de degré manquants suffirent à créer et à alimenter une panique d'un genre nouveau : La peur du refroidissement à venir.
Les médias.(Time 1977 à gauche, Newsweek 1975, à droite ) se déchaînèrent sur ce nouveau marronnier. jan77
1975

S. Rasool and Stephen Schneider, utilisant un programme informatique mis au point par James Hanson, cité plus haut, publièrent un article dans Science (Juillet 1971) qui prédisait que la température pourrait baisser de 3,5°C à cause de l'activité industrielle qui propulsait des aérosols (des poussières) dans l'atmosphère.
Quelques ouvrages (e.g. Lowel Ponte) envisagèrent les détestables conséquences d'un futur Petit Age Glaciaire. D'éminents biologistes de Stanford (Stephen Schneider, Paul Ehrlich) avancèrent des prédictions de famines catastrophiques et donnèrent des conseils pour se prémunir du froid à venir, tels que l'achat de boites de conserves. Il fallut corriger et rééditer les livres de classe pour que nos enfants sachent à quoi s'en tenir sur la période glaciale qu'ils allaient devoir supporter.

Par la suite, les températures repartiraient de nouveau à la hausse pour une trentaine d'années (1976-1998) puis se stabiliseraient dans les années 1998-2010. Les mêmes qui avaient redouté le petit âge glaciaire, sonnèrent désormais le tocsin du réchauffement climatique. On réédita les livres de classe pour que nos enfants soient correctement informés du sort qui les attendait.

Cependant, les leçons du passé avaient été retenues et il fut décidé de remplacer désormais l'expression "réchauffement climatique" par l'expression "changement climatique" qui permet de faire face à toutes les éventualités.
C'était plus prudent. On ne sait jamais.


  • Nous voici revenu en 2011. Pour la suite de ce billet, et toujours au sujet de "l'accélération du réchauffement climatique", je donne la parole à un climatologue Norvégien, le Professeur Ole Humlum de l'Université d'Oslo
    ole1(photo ci-contre, sa situation actuelle ici, sa bibliographie ici).

Ole Humlum gère l'excellent site Climate4you.com (en anglais). A l'exception du premier graphe qui figure ci-dessous, les graphes suivants (qui datent de 2008) sont extraits de son site qui regroupe un très grand nombre de données factuelles sur le climat, très régulièrement remises à jour, ainsi que quelques analyses qui me semblent fort pertinentes.
Je ne peux que vous en recommander une lecture attentive.

Voici donc, une fois encore, le graphe authentique de 1850 à nos jours, non lissé et non moyenné sur des périodes diverses, qui donne mois après mois, l'évolution de la température moyenne du globe, selon la base des données dite HadCRUT3v. Je rappelle que cette base de données, très utilisée, résulte de la collaboration du CRU de l'Université d'East Anglia et du Hadley Center (UK).
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Cette courbe, pour autant qu'elle reflète la réalité objective, montre :

-Une augmentation de la température approximativement linéaire de 1910 à 1945 avec la même pente que la montée, tout aussi linéaire, qui s'est produite de 1976 à 2000 environ, comme nous l'avons ci-dessus.

-Une baisse de la température assez brutale, survenue en 1946 suivie d'une stagnation relative qui s'est prolongée jusque vers 1976.

-et enfin, la stagnation de la température d'environ 12-13 ans, comme nous l'avons vu en détails dans ce billet.

 

 

 

Il est effectivement très difficile, même pour un oeil exercé, de percevoir une accélération quelconque de la hausse des températures depuis 1975. Ce que l'on perçoit, sur toute la période, ce sont des tendances différentes selon les périodes considérées, avec des hausses (1850-1880 ; 1910-1940; 1975-2000) et des baisses successives (1880-1910, 1945-1975), le tout suivi de la stagnation de ces 13 dernières années. Tout cela étant évidemment très "bruité" par les fluctuations et, sans aucun doute aussi, par les problèmes d'instrumentation.

Ole Humlum est parfaitement de cet avis. Cependant, il souhaite en savoir un peu plus en évitant de tracer des droites de tendances dans des fenêtres de tailles différentes comme l'a fait le GIEC. Ce qui constitue, selon moi, une sorte de perversion scientifique.
Humlum
qui est, sans doute, plus aimable que je ne le suis, qualifie cette présentation du GIEC de "unfortunate" (malencontreuse), comme vous le verrez plus bas. C'est un euphémisme.

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De manière à en savoir un peu plus sur cette fameuse "accélération ou augmentation du réchauffement climatique" due aux gaz à effets de serre qui auraient pris le dessus, selon le GIEC, depuis 1975, et pour voir si on est capable d'observer une différence entre la variation de température observée entre 1975 et 2008 par rapport aux variations antérieures, Ole Humlum décide de soustraire de l'évolution des températures, une augmentation constante qui correspond à la tendance 1910-2008. Les américains utilisent le mot "detrend", c'est à dire soustraire la tendance générale (trend) qui est évidemment perceptible sur tous ces graphes.

Ole Humlum nous montre, sur le graphe ci-contre, tiré des bases de données HadCRUT, la droite qui représente la montée moyenne de la température durant ces 98 dernières années et qui, comme chacun le sait, est d'environ 0,75°C/100 ans.

Dès lors, il suffit de soustraire cette croissance moyenne de la température qui se prolonge depuis un siècle de la courbe réelle des températures rapportée ci-dessus.
Voici, ci-dessous, l'allure de la courbe ole8HadCRUT "détrendée" :

En bleu, la courbe originale (moins la tendance générale depuis 1910) et en vert la même courbe lissée sur 5 années consécutives.

L'idée du climatologue, Ole Humlum est très simple (Figure E) :
Si l'effet du CO2 et des autres gaz à effets de serre s'est fait ressentir fortement depuis les années 1975-80, comme l'affirment le GIEC (et l'Académie des Sciences), ce graphe doit montrer un comportement de la variation de la température depuis 1980, différent de celui des variations précédentes (de 1910 à 1980).

Au vu de ce graphe, Humlum conclut évidemment qu'il n'en est rien et que si on perçoit quelque chose, c'est plutôt une sorte d'oscillation (de période environ 60-70 ans comme l'ont déjà observé plusieurs auteurs). La période indiquée par le petit rectangle grisé figurant au dessus de l'axe des abscisses, où l'effet des serre anthropique serait primordial (selon le GIEC) ne présente aucune particularité par rapport aux périodes précédentes où l'effet de gaz à effet de serre anthropiques était négligeable.

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Humlum propose une autre manière, peut-être plus simple, (mais peut-être aussi plus critiquable en ce sens que le calcul suivant affecte un poids excessif aux fluctuations mensuelles), de voir les choses. Il s'agit de calculer la variation de mois en mois de la température moyenne du globe (sans retirer la tendance moyenne) du HadCRUT (courbe en bleu)

Sur la Figure F, La courbe en jaune représente la moyenne lissée sur 5 ans de la courbe en bleu.

Le raisonnement de Humlum est simple. Si une accélération ou un changement du taux de variation de la température existe vers la période 1980-2005, celui-ci sera perçu par une valeur différente de cette différence de croissance d'un mois sur l'autre qui n'est rien d'autre que la dérivée avec un pas de temps égal à un mois.
Comme on le voit, il n'en est rien. Les variations de température d'un mois sur le suivant, n'ont pas changé, sauf peut-être de 1943 à 1950 où la baisse des températures a été assez rapide.
Une fois de plus, rien ne distingue la période 1980-2005 à celle qui allait de 1910 à 1975.

Ole Humlum en tire les conclusions suivantes :

Summing up: The unfortunate procedure of comparing linear fits calculated for time windows of different lengths lead IPCC 2007 to the unwarranted conclusion that the temperature rise 1981-2005 was unique (Figure A). In reality, this is not the case. The temperature increase leading up to the warm peak around 1940 is entirely comparable to that characterising the period 1981-2005 (Figure E). Also when the monthly temperature change is considered, the 1981-2005 does not stand out (Figure F). Consequently the latter part of the post Little Ice Age warming do not differ from the early part of the warming period. The whole warming period since 1908 may therefore bee seen as representing one single development, not showing a new trend corresponding to the rising atmospheric levels of carbon dioxide and other greenhouse gases after the mid-1970s. Thus, the simplest interpretation of the global temperature increase since 1908 is that it represents mainly a natural recovery from low Little Ice Age temperatures, without clear anthropogenic impact.
This is not the first time this simple interpretation of the post Little Ice Age warming has been suggested. The interested reader should definitely visit the homepage of Dr. Syun-Ichi Akasofu. In the present context, especially his paper Is the Earth still recovering from the "Little Ice Age"? A possible cause of global warming is of high relevance.

Soit : " La procédure malencontreuse qui consiste à comparer des ajustements linéaires pour des périodes de différentes durées a conduit le GIEC à la conclusion infondée que la hausse de température de 1981 à 2005 était exceptionnelle (Figure A). En réalité, ce n'est pas le cas. La hausse de température qui a conduit au pic chaud aux alentours de 1940 est entièrement comparable à celle qui caractérise la période 1981-2005 (Figure E). De plus, lorsque l'on considère la variation de température d'un mois sur l'autre, la période 1981-2005 ne montre rien de particulier (Figure F). En conséquence, la dernière partie du dernier petit âge glaciaire ne diffère pas de la période récente de réchauffement. La période complète du réchauffement depuis 1908 peut donc être considérée comme représentative d'un seul développement qui ne montre aucune nouvelle tendance correspondante à l'augmentation, dans l'atmosphère, du taux de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effets de serre, après le milieu des années 1970. Ainsi, l'interprétation la plus simple de l'augmentation de la température depuis 1908 est qu'elle représente principalement une récupération (c'est à dire la remontée des températures après une période froide temporaire) naturelle des basses températures du Petit Age Glaciaire, sans impact anthropique visible.
Ce n'est pas la première fois que cette interprétation de la récupération du Petit Age Glaciaire est suggérée. Le lecteur intéressé pourra, sans aucun doute, visiter la page d'accueil du site du Dr. Syun Ichi Akasofu. En ce qui concerne le sujet abordé ici, son article "Est-ce que la Terre est en voie de récupération du "Petit Age Glaciaire". Une cause possible du réchauffement global" est particulièrement pertinent."akasof

 


On l'aura compris, Ole Humlum est un supporter des idées de Syun Ichi Akasofu, telles que je les ai évoquées dans ce billet. Vous pourrez également lire l'article le plus récent d'Akasofu dans lequel il parle aussi des oscillations océaniques et de la stagnation actuelle de la température moyenne du globe.
A noter que Syun Ichi Akasofu vient d'être honoré par l'EGU (European Geophysical Union) par l'attribution de la médaille Hannes Alfven (cf les ondes de H. Alfven) pour se travaux sur les "substorms".


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yann2011a

Comme vous avez pu le constater, on peut retourner la courbe des températures officielles dans tous les sens, sans apercevoir la moindre trace "d'une augmentation et, a fortiori, d'une accélération du réchauffement climatique" durant la période 1975-2003" pendant laquelle l'augmentation des gaz à effet de serre anthropique est censée avoir gravement endommagé le climat de notre planète.

Une fois de plus le GIEC et, tout particulièrement, les auteurs de la Figure 1 dans la page 253 du chapitre 3 du rapport AR4 (2007) qui inclut la courbe bizarrement "interprétée", citée en tête de ce billet, se voient donc décerner un superbe bonnet d'âne en poil d'hermine (synthétique et durable) du mois de Mars 2011
.

Du moins, jusqu'à ce qu'ils nous aient expliqué en quoi la hausse des températures qui est survenue pendant les 28 ans écoulés entre 1975 et 2003 (avec une augmentation d'environ +60ppm de CO2 dans l'atmosphère) est différente de celle qui est survenue pendant les 30 ans écoulés entre 1910 et 1940, avec une variation du taux de CO2 environ 6 fois plus petite (c'est à dire avec une augmentation infime de +10ppm de CO2 dans l'atmosphère).
Je précise que le logarithme de la loi d'Arrhénius ne change strictement rien à l'affaire.

Mais vous n'oubliez pas l'Académie ? me reprocheront les lecteurs(trices).
Pour être franc, je considère que l'Académie mérite des félicitations pour s'être aussi habilement tirée de la chausse-trape dans laquelle la Ministre et ceux qui l'ont inspirée, l'avait placée. En réalité, l'Académie ne s'est pas prononcée et a fait preuve d'une grande prudence. Elle a stigmatisé les doutes et les incertitudes. Elle poursuit ses investigations, notamment sur la modélisation du climat, comme l'a précisé récemment son Président.

Stay Tuned !

20 Février 2011 : Nature : The Serial Catastropher ? Après avoir provoqué une quantité astronomique de catastrophes (sécheresses, plus de pluies, plus de neige, mois de neige, plus froid, moins froid etc.), l'activité humaine contribuerait également à générer des extrémas de précipitations plus intenses.... C'est ce qu'affirme un article, pour le moins criticable et critiqué, y compris par les collègues des auteurs, qui vient de paraître dans Nature.
Voici ses références :

"La contribution humaine à l'accroissement des extrémas de précipitations."
Human contribution to more-intense precipitation extremes
Seung-Ki Min, Xuebin Zhang, Francis W. Zwiers and Gabriele C. Hegerl
Nature. 17 Février 2011.

Comme on peut s'y attendre, et sans se poser la moindre question qui pourrait perturber les croyances des adeptes du changement climatique apocalyptique, la cohorte des médias, déjà titulaire d'un grand nombre de bonnets d'âne, s'est efforcée de nous en faire un compte rendu aussi cataclysmique que définitif : L'AFP (en tête, bien sûr), The Guardian, Le Monde, RTL, la BBC, TF1 et beaucoup d'autres, tout en évitant de mentionner les graves incertitudes qui pèsent sur ces résultats ainsi que les critiques fondamentales exprimés par plusieurs climatologues éminents...
Comme d'habitude, devrais-je dire.

Pourtant, une analyse un peu plus approfondie que la simple reproduction (en la dramatisant, si possible) des dépêches d'agence, aurait permis à nos journalistes d'en savoir un peu plus et de faire leur travail, au grand bénéfice de leurs lecteurs. Comme l'ont d'ailleurs fait certains journalistes outre-atlantique et outre-manche.

Voici une traduction de la fin du résumé de l'article (le début n'est qu'une introduction générale) qui a suscité l'enthousiasme pour ne pas dire le déchaînement de nos médias et de quelques scientifiques qui fréquentent assidûment le studios de nos "étranges lucarnes" (expression du Canard Enchaîné pour la télévision) :

"Etant donné que l'on estime que la capacité de rétention de l'eau dans l'atmosphère varie grossièrement de manière exponentielle avec la température - et que le contenu en vapeur d'eau de l'atmosphère varie en accord avec cette attente - il a été suggéré que le réchauffement climatique influencé par l'homme peut être, en partie, responsable de l'augmentation des fortes précipitations. Du fait de la limitation du nombre d'observations quotidiennes, cependant, la plupart des études précédentes ont limité leurs études du changement potentiel des précipitations aux comparaisons modèles-modèles.Ici, nous montrons que les gaz à effets de serre générés par l'homme ont contribué à l'augmentation des événements à forte précipitation observés sur approximativement deux tiers des terres de l'hémisphère Nord où l'on dispose de données. Ces résultats sont basés sur une comparaison entre les observations et les multi-simulations des modèles des fortes précipitations sur la dernière moitié du XXème siècle et sur les parties émergées de l'hémisphère Nord. Les résultats sont analysés avec une technique multi-empreinte optimale. Les variations dans les précipitations extrêmes projetées par les modèles et ainsi les impacts des évolutions futures des précipitations extrêmes peuvent être sous-estimées parce que les modèles semblent sous-estimer l'augmentation observée des précipitations extrêmes avec le réchauffement."

Le journal "Nature" interdit la reproduction gratuite des figures faisant partie intégrante de ses articles. Je ne peux donc reproduire la figure maîtresse de l'article cité ci-dessus avec une taille convenable. Néanmoins, la vignette ci-contre qui est la figure maîtresse de l'article devrait donner une idée assez superficielle mais correcte des analyses faites dans cet article.

Sur ces quatre figures, Le trait noir représente l'évolution observée des "événements pluvieux extrêmes" dans l'hémisphère Nord de 1950 à 2000. cata1

 

Les autres courbes en couleur, indiquent les réalisations obtenues à l'aide de différents modèles informatiques bien connus du GIEC. Comme on peut le constater, les divergences observations-modèles sont nombreuses même si l'allure générale de la croissance est, à peu près, respectée ce qui compte-tenu des variations erratiques des modèles et des observations ne constitue guère un exploit.

D'autant plus qu'il est regrettable que, dans ce genre de graphique, les résultats des modèles et les observations ne soient pas complétés de leurs marges d'incertitudes qui sont très importantes comme vous le verrez ci-dessous. Dans ces conditions, il est extrêmement hasardeux de se prononcer sur le caractère significatif de ces confrontations, surtout s'agissant de courbes qui varient de façon plus ou moins monotone...

Quelques remarques : Pour faire simple, on sait que le contenu en vapeur d'eau de l'atmosphère augmente avec la température. On sait également que la température globale a faiblement augmenté au moins de 1910 à 1940, puis de manière identique de 1975 à 2000, après une nette interruption de 1945 à 1975 ainsi d'ailleurs que de 1998 -2000 à 2010 (au moins).

Le contenu en vapeur d'eau de l'atmosphère a donc augmenté en fonction des lois élémentaires de la physique, comme on le sait. On observe que la pluviométrie a également augmenté, ce qui est également attendu, bien qu'on ne sache toujours pas comment se constituent les nuages. Les auteurs tirent un argument, qui leur paraît décisif pour prouver l'influence humaine, du fait que les observations sont conformes aux résultats de leurs modélisations informatiques qui impliquent les gaz à effet de serre. Ce faisant, ils oublient, semble-t-il, qu'il peut exister des causes naturelles qui font également monter la pluviométrie, surtout sur des périodes aussi limitées. Ce raisonnement est exactement le même que celui qui a été menée pour la température globale. Mais comme on le sait, le fait que celle-ci ait augmenté durant deux périodes successives (de 30 ans) ne constitue, en aucun cas, une preuve que les modèles utilisant l'effet de serre sont la seule explication. Ce sera peut-être le cas, lorsque toutes les autres causes naturelles possibles auront été envisagées sérieusement et éliminées.
C'est d'ailleurs, très exactement, le défi lancé par le climatologue Roy Spencer aux tenants du réchauffement climatique anthropique... auquel il n'a évidemment jamais été répondu.


On peut faire remarquer aux auteurs que comme les modèles informatiques basés sur l'effet de serre, prévoient, bien entendu, un réchauffement de la planète, il n'est pas étonnant qu'ils trouvent également une augmentation de la pluviométrie. C'est de la physique. Ceci est sans aucun doute, une indication que les modèles (et c'est la moindre des choses) sont auto-consistants. Par contre, il est évident que si l'augmentation de la température provient d'une cause naturelle, cela conduit strictement aux mêmes observations. A mon avis - et je ne suis pas le seul à le penser - ce test n'est donc nullement discriminant pas plus que ne l'est la confrontation de l'évolution de la température globale avec les modèles (qui ne fonctionne d'ailleurs pas comme on peut le constater, au moins, depuis 1998 jusqu'à nos jours). En fait, il s'agit d'un raisonnement circulaire.

A noter que des journalistes consciencieux auraient pu (dû) relever également le fait qu'un accroissement de pluviométrie implique une augmentation de l'ennuagement, surtout à basse altitude, et donc une augmentation de l'albedo, ce qui constitue une rétroaction négative (et non positive) de l'effet des gaz à effet de serre et donc réduit la "sensibilité" climatique. En d'autres termes, comme cela a été plusieurs fois signalé, une augmentation de l'évaporation des océans due à un réchauffement quelconque peut induire une rétroaction négative via la création de nuages à basse altitude (peu ou non prise en compte par le GIEC). Cette question vient immédiatement à l'esprit quand on lit l'article cité de Nature. Et de fait, la question des nuages est l'une des grandes inconnues qui pèsent lourdement sur les scénarios climatiques, comme cela a été rappelé dans le récent rapport de l'Académie des Sciences française.

Cette question est cruciale et il est pour le moins curieux que les auteurs de l'article n'aient pas évoqué cette problématique, et notamment celle des téléconnexions des précipitations extrêmes avec l'ENSO (La Niña et El Niño), dont tout le monde sait, depuis les observations de Darwin, (et surtout les Australiens qui viennent de subir une inondation remarquable, mais guère exceptionnelle en temps de fort La Niña comme c'est le cas en ce moment) qu'elles jouent un rôle absolument essentiel pour déterminer les événements extrêmes tels que ceux évoqués dans l'article de Nature.

C'est d'ailleurs cette question importante qu'évoquait Kevin Trenberth dans un courrier adressé à Michael Mann, le 14 octobre 2009, révélé lors de l'affaire du Climategate (ignorée par les médias francophones).
L'original (en anglais) est ici. J'ai rapporté sur ces échanges de courriers dans cette page.
A ce propos; je recommande aux lecteurs avertis, la lecture assidue de ces courriels échangés entre les climatologues impliqués dans ces recherches.Ils sont très éclairants sur beaucoup de sujets notamment parce que les chercheurs s'y expriment sans aucune contrainte. On ne ment pas quand on discute, en privé, avec ses propres collègues.

Voici donc un extrait significatif, rédigé par Kevin Trenberth qui est l'un des leaders du GIEC : trenberth

"Où est passée toute cette chaleur ? Nous savons qu'il existe une augmentation de la chaleur des océans avant un El Niño et une décharge (et un réchauffement de la surface) pendant les derniers stades du El Niño, mais le système d'observation est-il suffisant pour le suivre ? Tout à fait en dehors des changements dans les océans, nous savons qu'il se produit des changements majeurs dans les trajectoires des tempêtes et leurs téléconnexions avec l'ENSO et qu'il y a BEAUCOUP plus de pluie sur les continents durant La Niña (plus de sécheresse pendant un El Niño), alors comment l'albedo change-t-il (changements dans les nuages) ? Pour le moins, l'excédent de pluie qui tombe sur les continents implique que beaucoup plus de chaleur sert à l'évaporation qu'à faire monter les températures, et ainsi, refroidit les terres et ainsi devrait générer des nuages. Mais le refroidissement dû à l'évaporation signifie que la chaleur va dans l'atmosphère et devrait être irradiée dans l'espace."...

(le caractères engraissés sont de l'auteur de PU. Les caractères en majuscules sont de Kevin Trenberth).

Tout ceci est parfaitement sensé et bien connu des climatologues (voir Judy Curry, ci-dessous). Comment se fait-il que ces causes aussi essentielles que naturelles n'aient pas été évoquées et examinées par les auteurs de l'article de Nature (et par le referee) ? Il aurait sans doute été plus probant de suivre l'évolution des oscillations ENSO au cours du demi-siècle écoulé et de tester leur corrélations éventuelles avec les gaz à effet de serre et avec la pluviométrie.
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Voyons maintenant comment les climatologues, collègues des auteurs de l'article tant vanté par nos médias, ont commenté ce dernier. Le constat d'un véritable journaliste scientifique (non climato-sceptique) mérite aussi d'être relaté :

1) Le Point de vue du climatologue Gavin Schmidt (GISS-NASA). Comme les lecteurs de ce site le savent, il est extrêmement rare que je mentionne le site RealClimate fondé par Michael Mann et dans lequel exerce Gavin Schmidt, le bras droit du gourou du réchauffement climatique anthropique, James Hansen. Une fois n'est pas coutume, mais, cette fois-ci, Gavin Schmidt énonce un certain nombre de vérités (sauf deux mots) scientifiques au sujet de la question des "extrêmes" évoqués par l'article de Nature cité ci-dessus.
Voici ce qu'il a écrit sur son site. J'ai respecté la mise en forme de son texte ainsi que la casse originale (les italiques). gavinschmidt

  • Tous les extrêmes ne sont pas de même nature. Les discussions sur les "changements des extrêmes", en général, sans spécifier exactement de ce dont il s'agit exactement, n'ont aucun sens (Ndt : Ils sont pourtant très fréquemment évoqués, de manière générale, dans nos médias). Une tornade est un événement extrême mais c'est un de ceux dont les causes, la sensibilité au changement et les impacts n'ont rien à voir avec ceux qui sont relatifs à une tempête de glace, ou à une vague de chaleur, ou d'air froid, ou à une sécheresse.

  • Il n'existe pas de théorie ou de résultat qui indique que le changement climatique augmente les extrêmes en général. Ceci est un corollaire de l'affirmation précédente - chaque sorte d'extrême doit être considéré de manière spécifique - tout autant que de manière régionale.

  • Certains extrêmes vont devenir plus communs dans le futur (et d'autres moins). Nous discuterons de ces spécificités ci-dessous.

  • L'Attribution des extrêmes est difficile. Il n'existe qu'un nombre limité de données résultant des observations pour démarrer ainsi que des tests insuffisants des simulations des modèles climatiques pour les extrêmes et également (jusqu'à présent) une appréciation limitée des projections des modèles.

A la lecture des déclarations contenues dans le dernier paragraphe qui constitue une sévère remise en cause du contenu de l'article de Nature (grandes incertitudes sur les données, comme sur les modèles), on s'étonne de lire que Gavin Schmidt affirme, dans le troisième paragraphe, que "certains extrêmes vont devenir plus fréquents". En effet, si, comme il le dit, les observations sont déficientes et les résultats des modèles incertains, comment peut-il être aussi sûr de lui pour avancer ce genre de prévisions ?
Pour essayer de comprendre cette rhétorique un peu étonnante, mais que l'on retrouve fréquemment sous la plume de Gavin Schmidt, on peut se reporter à un article du New York Times, publié à l'époque de la récente vague de chaleur en Russie. Le NYT interrogeait Gavin Schmidt à ce sujet. Gavin Schmidt répondit : " Si vous me posez la question en tant que personne, pour savoir si je pense que la vague de chaleur en Russie a quelque chose à voir avec le changement climatique, ma réponse est oui. Si vous me posez la question en tant que scientifique pour savoir si je l'ai prouvé, la réponse est non - du moins, pas encore."

Les choses sont claires. Gavin Schmidt fait des prédictions que la science n'a pas prouvé. "Pas encore" dit-il.
Après tout, pourquoi pas ? Mais dans ce cas-là, il ne faut pas présenter les choses comme des prédictions avérées, comme il l'a écrit plus haut (en italiques). Ce ne sont que des hypothèses, parmi bien d'autres.

pielke1

2) Le point de vue du climatologue Roger Pielke Sr à Boulder (Colorado)

Voici ce que ce dernier a écrit sur son site officiel, toujours au sujet de l'article de Nature :

 

pielke

"Il apparaît que l'objectif de la plupart des médias et de Nature a été de propulser une explication étriquée pour les augmentations de précipitations extrêmes (comme résultant essentiellement du CO2 ajouté et de quelques autres gaz à effet de serre). Ils ont ignorés les autres explications dues au forçage humain (NdT : comme l'évolution de l'utilisation des sols dont Pielke Sr. sur laquelle il a écrit plusieurs articles dont certains portent sur les précipitations extrêmes), ainsi que le rôle de la variabilité naturelle comme cela a été discuté efficacement dans les billets de Judy Curry (I et II)."

Pour sa part, le fils de Roger Pielke Sr, Roger Pielke Jr (Professeur de Sciences Environnementales à l'Université de Boulder (Co). Tout comme son père, il n'est pas, à proprement parler, un climato-sceptique), est encore plus sévère. Après avoir rappelé les propos de Gavin Schmidt cités ci-dessus, il conclut par une phrase polie mais acerbe :
pielkejr

En bref, les nouvelles études sont intéressantes et ajoutent à notre savoir. Mais elles ne changent pas l'état de nos connaissances en ce qui concerne la tendance des désastres sur le globe et comment ceux-ci pourraient être reliés aux gaz à effet de serre (NdT : ce qui est pourtant le but affirmé de l'article de Nature). Mais, quand même, je m'attends à ce que beaucoup veuillent encore compléter les pointillés entre les gaz à effet de serre et les inondations récentes.
Compléter les pointillés, c'est amusant, mais ce n'est pas de la science.

caractères engraissés par PU.

2) Le point de vue de la climatologue Judy Curry (souvent citée dans ce site. Elle est la grande prêtresse du réchauffement climatique, comme elle le dit elle-même) qui a rédigé, dans son blog "Climate etc.", deux sections consacrées à "l'attribution des événements extrêmes".

Voici ce qu'elle a écrit au sujet de l'article de Nature : judy1

"Dans la partie I, je disais que je n'étais pas du tout convaincue par les stratégies utilisées pour attribuer les événements extrêmes au réchauffement climatique. Aujourd'hui, deux nouveaux articles ont été publiés dans Nature qui attribuent les fortes pluies récentes au réchauffement climatique. Pour un résumé, voir cet article lié au Huffington Post.

J'étais l'une des 10 experts extérieurs interviewés par Seth Borenstein (Ndt : du New York Times, au sujet de l'article dans Nature). Voici la brève réponse que je lui ai faite par email :

"Hello Seth, j'ai peu de temps en ce moment mais j'ai rédigé un billet sur ce sujet, pris de manière plus générale.

Je pense que ce genre d'analyse n'est absolument pas convaincante. Elle ne prend pas en compte le rôle de la variabilité naturelle interne telle que l'Oscillation Arctique, La Niña etc. dans la genèse des inondations. Aucune des inondations récentes est extrême dans le contexte historique."

Caractères engraissés par PU.

4) Le point de vue d'un journaliste scientifique (sérieux) : Andrew Revkin (Journaliste scientifique au New York Times pendant des années, jusqu'à récemment). Je suggère au Monde, à Libération, au Figaro, à l'Express, au Point, à TF1 etc. de l'embaucher. Il n'est pas climato-sceptique. Il est simplement libre et honnête...(surtout depuis qu'il a quitté la rédaction du NYT).

Dans un article de son site Dot Earth du
New York Times intitulé : " A propos des tempêtes, du réchauffement, du signalement des incertitudes et de la première page", Andrew Revkin nous donne une belle leçon de journalisme et, aussi, de déontologie pour les scientifiquesrevkin.
Son point de vue sur l'article de Nature en question est on ne peut plus clair.
Voici quelque extraits de son texte que je vous conseille de lire intégralement si vous êtes anglophone. Il vaut son pesant d'octets et il expose, avec le talent qu'on lui connaît, nombre de mes objections sur la couverture médiatique quasi-hystérique du réchauffement climatique ainsi que sur le comportement "quasi-médiatique" de certains chercheurs.

Andrew Revkin écrit, au sujet de l'article de Nature :

"...Mais est-ce vraiment nouveau ?

A voir l'explosion de la couverture médiatique (y compris dans les pages de News du Times), c'est certain. Et ce n'est pas une surprise quand on voit la principale conclusion, exposée sans aucune restriction, dans l'introduction résumée de l'article ." (Ici, Revkin nous rappelle quelques lignes "définitives" tirées du résumé traduit ci-dessus.)

Un peu plus loin , Revkin écrit :
" Le problème est que cet article de Nature n'est pas du tout définitif, comme vous allez le voir".

... "Ceci soulève de graves questions sur la déontologie des scientifiques et sur l'utilisation journalistique de la présentation et du résumé de travaux complexes, ainsi que de la nécessité évidente pour les journalistes - et les lecteurs - d'explorer de tels travaux comme si une étiquette "à manipuler avec précaution" y était attachée.

Il s'agit de rapporter de manière responsable.

Un exemple précédent s'est produit en 2006 quand un article publié dans Science au sujet des grenouilles qui mouraient au Costa Rica et qui incluait cette brève et forte affirmation " Ici nous montrons que la récente extinction de masse associée avec l'explosion d'agents pathogènes, est liée au réchauffement climatique. " (NdT : Cet article totalement abusif a été sévèrement critiqué depuis lors).
Bien entendu, les choses étaient beaucoup plus complexes, comme vous avez pu le lire dans mon article de 2008 intitulé "La disparition des grenouilles, le Climat, et les titres des journaux".

Revkin poursuit et explique :

"Alors, quel est le problème avec cette nouvelle étude sur les mauvaises tempêtes et le réchauffement ?

Cet article s'ouvre sur une affirmation préliminaire extraordinaire qui est reprise dans les communiqués de presse disséminés par le journal (Ndt : Nature). Ici, Revkin re-cite le résumé :

" Ici nous montrons que l'augmentation humaine des gaz à effet de serre a contribué à l'intensification observée des fortes précipitations..."

Juste au cas où il resterait quelques doutes dans la communauté scientifique, car ceci est l'élément nouveau de cet article qui serait, sans cela, honorable mais anodin.

A la fin de la conclusion de l'article complet, en chapeau à un paragraphe sur un point faible de l'analyse - que la tendance observée dans les précipitations extrêmes excède celle qui résulte des différents modèles climatiques - survient une phrase sur les incertitudes :

"Cependant, il existe des incertitudes liées aux limitations observationnelles, au forçage manquant ou incertain et aux performances des modèles".

Il n'y a aucune indication que ces incertitudes (qui sont référencées par 9 citations d'articles) s'appliquent à la conclusion générale. Les auteurs ont-ils insisté sur les incertitudes lors de leurs discussions avec les journalistes ? Cela ne semble certainement pas être le cas.
Les journalistes auraient-ils dû chercher à creuser davantage lorsqu'ils se sont trouvés en face d'affirmations aussi définitives ?
A mon avis, oui. "

En fin d'article, Andrew Revkin, s'inquiète de la dérive actuelle qui pousse les chercheurs et les revues comme Nature ou Science (Que Roy Spencer appelle les "revues grises" pour la même raison) à écrire des articles "qui crèvent l'écran"; tout en rejetant en fin d'articles la mention (discrète) des inévitables incertitudes que la "Science Climatique" semble avoir oubliées depuis longtemps. Voici ce qu'il ajoute dans la suite de son article :

"Tel que je le vois, en tant que reporter, les auteurs et le journal (NdT : Nature) essayent de jouer sur les deux tableaux - en incluant des affirmations péremptoires dans des résumés qui attirent l'attention de la presse et du grand public, puis qui disent que, non, ceci n'est pas définitif... S'il vous plait, allez voir les incertitudes dans la dernière ligne (même si cette dernière ligne n'est pas rhétoriquement liée aux affirmations péremptoires).

Ceci me rappelle, hélas, les questions que j'ai soulevées au sujet de la manière dont le résumé pour les décideurs du GIEC (NdT : SPM Summary for Policymakers) incluait des affirmations péremptoires, en formes de titres, tandis que les auteurs pointaient, après coup, vers les incertitudes enfouies, plus loin, dans le texte.

Existe-t-il, tout simplement, une norme différente pour la littérature scientifique qui permet qu'un résumé rédigé comme celui-ci (Ndt : Le résumé très affirmatif de l'article de Nature) soit considéré comme résumant les résultats avec exactitude ?

En matière de journalisme, il est impossible de jouer sur les deux tableaux, si vous voulez garder votre crédibilité. Si l'introduction d'un article de journal ne reflète pas ce qui est écrit plus bas, vous pouvez, à juste titre, vous faire démolir pour exagération.

(NdT : Puisse-t-il être entendu ! Belle leçon de déontologie pour les nombreux titulaires du bonnet d'âne et, également, pour beaucoup de scientifiques, notamment ceux qui sont volontiers médiatisés.)

Caractères engraissés par PU.

Dans la suite de son article, Andrew Revkin raconte son entretien avec Gabriele C. Hegerl (l'un des auteurs anglais de l'article en question) au sujet des excès mentionnés ci-dessus.. Ce dernier rejette, entre autres, la responsabilité sur le journal Nature qui impose, par exemple, que l'on commence son article par "Here, we show"; "Ici, nous montrons que", ce qui pousse évidemment les chercheurs à la faute.
Je conseille aux anglophones de lire cette section avec attention. Elle est est très éclairante sur le comportement des revues grises comme Nature, sur les chercheurs, les incertitudes, les médias etc
Ce qui est amusant, c'est que Hegerl illustre son propos en renvoyant Revkin à un cartoon de Jorge Cham que j'avais cité et expliqué dans la page "méthode scientifique" à laquelle je vous renvoie pour ne pas allonger ce billet.

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Conclusion : Le bonnet d'âne est décerné aux journalistes francophones et anglophones des médias cités en tête de ce billet qui ont désinformé le public au sujet du contenu et de la signification réelle de l'article de Nature, qui, selon eux, prouve de manière définitive le lien entre l'activité humaine et l'aggravation de l'activité pluviométrique. La plupart de ces journalistes sont des récidivistes qui bénéficieront de la peine plancher (c'est à dire qu'il obtiennent le bonnet avec les palmes).

Le journal Nature se voit décerner son premier bonnet d'âne.
maddox

Je le regrette. D''autant plus que le très remarquable précédent éditeur en chef; feu Sir John Maddox (ci-contre), avait redressé et porté très haut le flambeau de cette vénérable revue scientifique.
Dans sa nécrologie,du journal The Times
, on peut lire ceci : " Lorsqu'une vague de pessimisme environnemental balaya le monde de l'Ouest dans les années 1970, il était l'un des rares à résister. Il écrivit un livre intitulé ' The Doomsday Syndrome (1972)" (Le syndrome de la fin du monde) qui dénonçait le fait que l'alarmisme était très exagéré."
John Maddox doit se retourner dans sa tombe s'il voit ce qu'ils ont fait de sa très chère revue.

A défaut d'une formation minimale en matière de recherche scientifique, j'invite tous les heureux récipiendaires du bonnet d'âne, à lire et à relire, avec la plus grande attention, le billet de leur collègue,
Andrew Revkin, ex-journaliste scientifique au New York Times, cité ci-dessus.
Ils comprendront peut être et enfin, ce qu'impose, en réalité, la fonction de journaliste.
J'ai bien peur d'avoir perdu mes illusions à ce sujet...

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Note : Le journal Nature a également publié, dans le même numéro, un second article (résumé et références ici) entièrement basé sur les modèles numériques pour "expliquer" les inondations qu'a subi l'angleterre en 2000. Les performances des modèles climatiques à l'échelle locale ont été analysées en profondeur par plusieurs équipes dont celle du Professeur Koutsoyannis (il existe un article plus récent, publié en 2010, qui fait les mêmes constatations que celui de 2008, sur un plus grand nombre d'exemples) qui concluent que les prévisions des modèles sont totalement déficientes. Je n'ai pas jugé utile d'alourdir ce billet en répétant un certain nombre de constats tels qu'exposés ci-dessus.

 

4 février 2011 : 2010 année record de température "depuis toujours"... ont dit certains.
Ou une fois encore, de l'art de la sélection des données et de la présentation au public.

Que n'avons-nous pas lu dans les journaux, vu à la télévision ou entendu à la radio, au mois de Janvier, au sujet de l'année 2010 qui aurait été selon certains, emportés par leur enthousiasme ou par leurs convictions, "la-plus-chaude-de-tous-les-temps" ?
Voici quelques exemples, parmi beaucoup d'autres, de ces déclarations aussi péremptoires que peu fondées, mais propres à faire "les gros titres" et à appâter le chaland (gogo ?), relevés par plusieurs lecteurs que je remercie.

Maxisciences : "2010, année la plus chaude : un record absolu confirmé". Reprenant le début d'une déclaration de Mr Michel Jarraud, grand responsable de l'OMM (L'Organisation Météorologique Mondiale qui a fondé le GIEC), Maxisciences "oublie" la suite de la déclaration de ce dernier qui précisait qu'en réalité, et selon les bases qu'il a sélectionnées (voir ci-dessous), cette année 2010 est identique (à 0,01°C près !) aux années 1998 (Il y a donc douze ans) et 2005. Ce qui, soit dit en passant, n'indique pas précisément une tendance au réchauffement puisque 2010 est identique à 1998... surtout avec une augmentation du taux de CO2 de 5% pendant la même période, comme aimerait nous en convaincre Maxisciences et M. Jarraud de l'ONU. En réalité, il s'agit d'une stagnation des températures comme je vous le montrerai ci-dessous, avec quelques détails. Et, de fait, ce plateau de 12 années est très dérangeant pour les modèles du réchauffement climatique résultant des gaz à effets de serre. Même si une hirondelle ne fait pas printemps, elle n'annonce certainement pas l'hiver...

D'autre part, il ne s'agit pas d'un "
record absolu confirmé". D'autres institutions officielles (l'office Anglais, le HadCRUT, par exemple) ne placent 2010 qu'en seconde position derrière 1998, comme je vous le montrerai ci-dessous.

Le Nouvel Obs ne fait pas dans la dentelle et ne craint pas le ridicule en titrant en très gros caractères :"2010, année la plus chaude de l'histoire : C'est ce que confirme l'Organisation météorologique mondiale, qui y voit une tendance "significative" au réchauffement à long terme."
Evidemment non. Même Michel Jarraud n'est pas allé jusqu'à prétendre que 2010 est l'année la plus chaude de l'histoire. Il ne parle que de la période écoulée depuis que les relevés existent (vers 1880 et encore, s'agissant du globe...). M. Jarraud doit connaître l'existence des autres périodes chaudes de l'holocène, si on se contente de remonter jusque-là, et on est très loin d'avoir une idée des températures "globales" de la planète au cours de l'histoire à partir de quelques indicateurs fossiles prélevés ici ou là. D'autre part, on se demande bien ce que signifient les guillemets qui encadrent "significatives".
2010a

Pour sa part, le Journal "La Croix" n'a pas failli à sa mission : Voici le placard (ci-contre) que l'on trouve dans son édition du 21 Janvier.
Honnêteté oblige : Après avoir affirmé que "les données 2010 confirment le réchauffement", ce qui n'est pas le cas puisqu'il s'agit au contraire d'une stagnation de température, malgré une hausse du taux de CO2, La Croix précise que 2010 est la plus chaude avec 2005 et 1998. Ce qui est déjà plus proche de la réalité.

L'agence Reuters relayée par Yahoo : "2010 a été la deuxième année la plus chaude après 1998 dans les annales météorologiques, dont la création remonte à 1850, a déclaré mercredi Phil Jones, directeur d'un centre britannique de recherche sur le réchauffement climatique. "
Reuters nous refait le coup du bonneteau, en oubliant de parler de la tendance et de préciser que s'il faisait plus chaud, il y a douze ans, cela ne constitue guère une preuve du réchauffement climatique, comme ont dû le penser beaucoup de lecteurs avertis.

Le Monde, (titulaire du bonnet d'âne du mois de Janvier, avec quelques autres, pour avoir relayé, sans hésitation, une dépêche de l'AFP délirante, retirée peu après : "L'année 2010 a été la plus chaude sur le globe, ex aequo avec 2005".
On ne se refait pas. Une seule base de donnée fait les beaux jours de ce journal qui ignore toutes les autres.

Le Figaro (également titulaire du bonnet d'âne du mois de Janvier, avec quelques autres, toujours pour avoir relayé une dépêche de l'AFP délirante, retirée peu après, reprenant une dépêche de l'AFP (ils devraient se méfier) titre sobrement :"Climat: 2010, année la plus chaude" tout en reconnaissant qu'elle est seulement "légèrement supérieure aux années 2005 et 1998". Ce n'est pas le cas. Nous verrons cela.

Libération (autre titulaire du bonnet d'âne du mois de Janvier) avait déjà claironné, dès le mois de Mai que l'année 2010 était sur la voie du record absolu "depuis 130 ans", puis de nouveau en septembre, puis, encore, en Novembre, toujours en se basant sur les mesures d'un seul et unique organisme : le GISS de James Hansen sans jamais évoquer ne serait-ce que l'existence des quatre autres organismes officiels qui sont beaucoup moins affirmatifs ou qui donnent des résultats différents comme nous le verrons. Cela s'appelle du "cherry picking" systématique, de la sélection des données. On verra, avec amusement, s'ils seront tentés de poursuivre cette série d'épisodes alarmistes au cours de l'année 2011.

Puis
El watan, Nice-Matin, La Tribune, etc. Et une kyrielle d'autres journaux francophones qui reprennent les dépêches de l'AFP ou de Reuters et les affirmations du responsable de l'OMM. Sans oublier la quasi-totalité de la presse régionale.

Et je ne prends pas la peine de relever ce qu'ils ont raconté à la télévision : verba volant !

Par contre -et certains s'en sont plaint- la presse anglophone qui doit regarder les choses de plus près
, s'est assez globalement abstenue d'en faire trop sur ce sujet et si elle a reproduit la déclaration du WMO (l'OMM en anglais), elle l'a souvent accompagnée de diverses explications relatives au El Niño 2009-2010, et, parfois même en citant les autres organismes qui fournissent des données, délibérément "oubliés"par les journaux francophones (s'ils sont au courant)...

En aparté, il est toujours intéressant de lire les commentaires des lecteurs abonnés à ces journaux, suite à ces déclarations catastrophistes. On y constate que le public est, en général, beaucoup moins crédule et souvent mieux informé que les éditorialistes.
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Comme vous le savez, à Pensee-unique.fr (hélas sans accent pour complaire au web anglophone), devant une telle avalanche de déclarations tronquées, exagérées, proférées sans explication ni replacées dans leur contexte, nous aimons bien vérifier, par nous-mêmes, les affirmations que l'on lit, entend et voit dans les médias. Une longue expérience nous a rendus prudents comme on peut le voir dans la suite de cette même page...

De plus, cette longue liste de déclarations péremptoires va nous donner l'occasion de voir d'un peu plus près de quoi il s'agit exactement quand on parle de la "température du Globe". Le moins que l'on puisse en dire, c'est qu'il s'agit là d'un sujet particulièrement polémique qui a certainement fait couler beaucoup d'encre et de méga(giga)octets. En réalité, mesurer la température moyenne du Globe avec la précision requise, est une tâche titanesque, sinon impossible, comme nous allons le voir.

Pour ma part, je me contenterai d'utiliser les données officielles fournies par les organismes patentés tout en vous montrant qu'il est relativement aisé de faire dire à peu près ce que l'on veut aux résultats des mesures de température, surtout quand on oublie de préciser les incertitudes, comme cela se pratique le plus souvent.

D'autre part, il faut savoir que les mesures de température sont, de manière générale, parmi les plus délicates qui soient et qu'elles sont sujettes à de nombreux ajustements plus ou moins justifiés. En bref, si chacun peut étalonner et lire les indications d'un thermomètre, il lui est beaucoup moins aisé de savoir exactement ce qu'il mesure.
Souvenez-vous de ce que nous disait Pierre Morel (entre autres éminentes fonctions sur les affaires de climat, le fondateur du Laboratoire de Météorologie Dynamique et ancien secrétaire général du programme mondial de recherche sur le climat) lors d'une récente conférence :
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Morel expliquait que même aux Etats-Unis où la méthodologie est très contrôlée, la mesure des températures se heurte à de nombreuses difficultés : changement d'appareil, sauts instantanés ..."ça peut être un degré ou un degré et demi en plus ou en moins... Il faut corriger ça. On moyenne. Il y a aussi des biais systématiques. On corrige...
On voit un réchauffement progressif qui se monte à 0,6°C en un siècle, mais sur ce 0,6°C en un siècle, il y en a 0,4 qui sont des corrections ".


Nous en verrons un ou deux exemples, ci-dessous. Il en existe des kyrielles, scrutés à la loupe (quand les traitements infligés aux températures sont rendus publics et sont trop évidents) par les climato-sceptiques qui font finalement office de "vigilants" dans cette sombre affaire de température du Globe, comme dans d'autres.

Venant d'un homme particulièrement averti comme Pierre Morel, voilà qui devrait refroidir les enthousiasmes de certaines déclarations telles que celles que nous avons citées ci-dessus. Quand on connaît la réalité, somme toute défaillante et plutôt rustique, des techniques de mesure de la température moyenne du globe, on s'abstient de ce genre d'affirmation. Et, mieux encore, on l'explique à ses lecteurs, ne serait-ce qu'en quelques lignes.

Tout d'abord, donnons quelques mots sur les définitions, les méthodes et les diverses institutions qui mesurent ce qu'ils appellent "la température globale" mais qui n'est en fait que l'anomalie de température du globe c'est à dire l'écart par rapport à une température moyenne de référence antérieure qui, d'ailleurs, dépend des institutions :

Quelques rappels :

A - Mesures thermométriques : Contrairement à une croyance très répandue et pour obtenir ce que l'on appelle la "température du globe", on ne mesure jamais la température de la Terre elle-même, c'est à dire la température du sol de la planète. Ceci serait rigoureusement impossible car les inhomogénéités y sont tellement importantes qu'il faudrait disposer d'une quantité astronomique de thermomètres pour pouvoir le faire. Pour le réaliser, il suffit d'imaginer la situation d'un petit caillou noir placé sur une plage de sable blanc. Il n'est pas douteux que, par temps ensoleillé, la température de l'objet noir sera nettement plus élevée que celle du sable blanc parce qu'il absorbera fortement les rayons solaires ce que le sable blanc ne fera pas.

Ainsi, et compte-tenu de la diversité infinie des objets dont est constituée la surface de notre planète, tout espoir est vain de ce côté.
Aussi et de manière à obtenir une mesure de la température significative, au moins, pour une certaine (?) étendue, on mesure la température de l'air à proximité du sol. C'est une manière commode pour "moyenner" ou "intégrer" les inhomogénétés de la surface du sol de la planète. Pour cela et par convention on dispos(e)ait d'un instrument à peu près normalisé et situé sur un trépied à 1,50 m du sol. Les thermomètres de différentes factures (à liquide ou électroniques) sont placés dans ce que l'on appelle des abris de Stevenson et qui seront (sont) peu à peu remplacées par des abris cylindriques à lamelles utilisant des thermomètres électroniques (voir le site de Météo-France) et des télémesures. cook1

En réalité, les objectifs poursuivis par les
abris de Stevenson ou par leurs versions modernisées, sont presque antagonistes. Il s'agit, bien entendu, de conserver les thermomètres à l'ombre et à l'abri des intempéries, sans les réchauffer ou refroidir pour autant, tout en ménageant une circulation d'air venant de l'extérieur. Ceci est obtenu, dans une certaine mesure, en utilisant un petit abri, dont l'extérieur est peint en blanc, et dont les parois sont équipées d'ouvertures munies de volets inclinés, comme on peut le voir sur le dessin humoristique ci-contre. Inutile de faire observer que l'efficacité de ces systèmes est toute relative. Ainsi, et entre autres, un air chargé d'humidité provoquera une baisse artificielle de la température notamment par temps de grand vent, ce qui, quelle que soient les précautions prises, affectera les mesures. De manière plus générale, et après des années de scrutation par des spécialistes de la question, et sans rentrer dans les détails techniques que l'on verra évoqués dans les deux articles donnés en lien ci-dessous, on peut conclure que la mesure de la température moyenne du globe est grandement affectée par :

  • Le mauvais entretien, le remplacement, le déplacement, voire la suppression des stations de mesure.
    Ces abris ainsi que leurs thermomètres doivent répondre à des critères très stricts aussi bien sur leur emplacement (éloignés des sources de chaleur, des constructions, du bitume etc.) que sur leur entretien. Les abris doivent être parfaitement entretenus et régulièrement repeints en blanc pour des raisons évidentes. Les thermomètres doivent être périodiquement ré-étalonnés. On imagine aisément ce qu'il doit en être de l'entretien (et de l'étalonnage régulier), dans de nombreux pays peu développés ou dans les zones d'accès difficile.
    Il faut savoir aussi que, dans les années 1980, la planète disposait de quelques 15000 stations réparties sur tous les continents et les océans (bouées thermométriques, thermomètres à bord de navires). Après de savants calculs et confronté avec les difficultés de la gestion d'un tel parc de stations de mesure, il a été "estimé" qu'environ 5000 stations devraient suffire à donner une image fiable de l'évolution de la température du globe. Il en résulte que de nombreuses et immenses surfaces de la planète ne sont plus couvertes (Afrique, zones arctiques etc.). Cette réduction drastique du nombre de capteurs se paye au prix d'extrapolations de données tout à fait étonnantes sur des distances allant jusqu'à 1200 km ! A noter qu'il existe 1221 stations USHCN (voir ci-dessous) aux Etats Unis, ce qui en fait, de très très loin, le pays le mieux instrumenté.

  • L'effet d'îlot Urbain (UHI: Urban Heat Island, en anglais) qui est aisément compréhensible:
    Pour éviter les perturbations liées à l'environnement urbain et pour des raisons de commodité, les abris de Stevenson et leur thermomètres étaient autrefois placés dans des zones situées autant que possible à l'écart des villes, mais quand même accessibles et dans des emplacements où l'activité humaine était minimale. Il s'agissait souvent de zones isolées sur des aéroports.
    Cependant au cours du temps, les villes se sont étendues, l'industrie s'est beaucoup développée, l'aménagement des sols a varié (remplacer une forêt par une zone cultivée n'est pas anodin). Sur les aéroports, le trafic aérien a énormément augmenté ce qui a conduit à un réchauffement localisé, des constructions y ont été aménagées et peu à peu, les thermomètres, autrefois isolés, se sont retrouvés dans des zones où l'activité humaine est loin d'être négligeable. Toutes ces perturbations qui ont progressivement affecté les mesures de températures, conduisent inévitablement à
    une surestimation de l'élévation de température "globale" depuis la première moitié du XXème siècle.
    Comme on peut s'en douter, les polémiques vont bon train sur ce sujet. Le
    GIEC affirme avoir montré que l'effet UHI était peu important, mais de nombreux articles scientifiques, revus par les pairs, montrent qu'il n'en est rien, au point que certains vont jusqu'à affirmer que la hausse des températures (+0,6 ou 0,7°C) enregistrée au 20ème siècle est, en bonne partie, due à l'UHI dont on n'aurait pas assez tenu compte...Tout cela fait l'objet de quantités de polémiques, comme on s'en doute.

C'est le NCDC (National Climatic Data Center) de la NOAA à Ashville qui demeure le gestionnaire et la source du GHCN (Global Historical Climate Network), autrement dit, de la collection complète des données brutes des relevés de température du Globe ainsi que du USHCN (US Historical Climate Network) propre aux Etats-Unis.

Le CRU (Climate Research Unit) du Hadley Center à l'Université d'East Anglia (Phil Jones) est responsable des données HadCRUT utilisées par le Met Office anglais. Ces données HadCRUT reposent en majeure partie sur les données thermométriques fournies par le NCDC-NOAA.

Les données thermométriques NCDC-NOAA sont également à la base des données de températures publiées par le GISS (Goddard Institute for Space Studies) de la NASA (James Hansen et Gavin Schmidt).

Comme vous le voyez, il n'existe qu'une seule base de données thermométriques utilisée par trois institutions dont deux sont américaines (la NOAA et le GISS) et la troisième, anglaise (Le Hadley Center). Pourtant, les résultats finaux de ces différents organismes diffèrent assez sensiblement comme nous le verrons ci-dessous.

Ceux qui voudraient se plonger dans les obscures arcanes des mesures de température pourront trouver des analyses détaillées dans (au moins) deux articles. L'un est de R. Pielke Sr, l'autre (récent et assez détaillé) est l'oeuvre des météorologues Joseph d'Aleo et Anthony Watts. Ce dernier s'est fait connaître en procédant à l'examen, aussi systématique que possible, de l'état des dispositifs de mesure de température situés aux USA et utilisés par les grands organismes qui utilisent les données thermométriques. Les résultats de cette investigation sont confondants. Les stations de mesures des USA sont très loin de répondre aux exigences indispensables. C'est le moins que l'on puisse dire. Et que penser des autres ?
On imagine aisément ce qu'il doit en être de l'entretien et du recalibrage des stations qui se trouvent dans certains "pays en développement" ou dans les zones d'accès difficile.

B - Mesures satellitaires : Elles consistent à mesurer, au moyen de capteurs installés à bord de divers satellites, l'irradiance infra-rouge des composantes de la basse troposphère telles que l'oxygène moléculaire et ceci jusqu'à une altitude de 5km environ ( Description assez détaillée des mesures RSS). Ces mesures impliquent également une mesure moyennée de la température de la surface terrestre. Ces mesures sont appelées TLT (Temperature Lower Troposphere) ou (et) AMSU (Microwave sounding unit, autrefois MSU, le A signifiant améliorées). Il va de soi que ces mesures sont réellement globales, ne sont pas affectées par les effets "d'îlots urbains" et ne nécessitent pas d'extrapolations pour les zones non couvertes. Autant dire aussi que les problèmes liés aux mesures des températures océaniques sont résolus. Par contre, il existe des problèmes spécifiques à ce genre de mesures (notamment le changement de satellites ou leur dérive orbitale) qui ont mobilisé l'attention des spécialistes, depuis 1978.
Vous trouverez dans cette page rédigée par Roy Spencer de l'UAH ou également ici, quelques explications sur les techniques de mesure utilisées par les satellites.
Bien que très élaborées, ces techniques ont cependant fait l'objet de critiques dans les années 2005. De fait les mesures satellitaires étaient perturbées par le "drift" (la dérive, c'est à dire la variation orbitale des satellites). Les corrections ( très minimes) indispensables ont été apportées et les satellites actuels qui disposent de l'énergie nécessaire, ne "chutent" pas (Satellites Aqua). On peut considérer maintenant que ces mesures sont particulièrement fiables même si elles ne sont, en pratique, jamais utilisées dans les rapports du GIEC, ce qui est étonnant.

Deux organismes gèrent les mesures de température effectuées à l'aide de plusieurs satellites de la NASA émettant sur une série de canaux.

UAH : Université de l'Alabama Huntsville. Roy Spencer est le responsable du projet de mesure des températures par satellites. A noter que les instruments de mesure placés à bord des satellites sont constamment réétalonnés "on board", à partir d'étalons placés sur les satellites. Spencer et son collègue Braswell gèrent un site remarquabe (Java requis) qui permet de suivre les données de la température globale (Aqua ch5 V2), presqu'au jour le jour.

RSS est une compagnie Californienne qui utilise aussi les différents capteurs à bord des satellites de la NASA-NOAA. Comme nous le verrons ci-dessous, les mesures satellitaires diffèrent très peu les unes des autres.
En réalité, les petites différences observées proviennent des corrections et des algorithmes utilisées par l'une et l'autre source qui ne travaillent pas ensemble et qui sont plutôt en concurrence.

C - Température moyenne du globe ?

Le concept même de température globale (c'est à dire du globe) est contestable comme l'a montré, entre autres, un article publié au Journal of Non-Equilibirum Thermodynamics (Vol 32-1) (Preprint disponible).
La température est une grandeur définie en thermodynamique. En réalité, la température est une mesure de l'agitation thermique à l'échelle moléculaire ou atomique. Comme il est matériellement impossible d'observer directement et de mesurer l'agitation thermique moléculaire (ou autre), on utilise un proxy (un indicateur). En l'occurence, les proxys utilisés sont les thermomètres. Il en existe de différents types mais tous, sans exception, dérivent dans le temps et exigent une re-calibration régulière, surtout si on veut pouvoir mesurer la température à mieux que le dixième de degré. De fait, ce sont des instruments d'utilisation délicate si on désire travailler avec précision.
D'autre part, la température est une
variable intensive (c'est à dire qui ne dépend pas de la taille du système, comme la vitesse, l'accélération, la pression etc.). Ainsi, s'il est toujours possible d'effectuer des statistiques sur des moyennes de température comme sur tout autre jeu de variables, les températures moyennes n'ont aucun sens en matière de thermodynamique. En d'autres termes, la température moyenne globale relève de la statistique mais pas de la physique. En particulier, il est imprudent (illégal) de l'utiliser dans les formules de la thermodynamique comme les lois du corps noir (Stefan, Wien, Planck).
Même si, de prime abord, ceci peut paraître étonnant à ceux qui ne sont pas familiers avec la notion de variable intensive/extensive, j'en ai donné un exemple révélateur, parmi d'autres, dans cette page dans laquelle je rappelle que plusieurs auteurs ont montré que l"irradiance moyenne" de la planète obtenue à partir de la "température moyenne" n'a pas de sens thermodynamique et n'est, en aucun cas, égale à la véritable irradiance moyenne obtenue en faisant la moyenne des irradiances mesurées en chaque point.Ce qui explique d'ailleurs le fait que les climatologues avertis parlent (maintenant) d'une "température radiative effective", et non pas de "température moyenne", pour les calculs thermodynamiques (comme la loi de Stefan).
Pour prendre l'exemple d'une autre variable intensive - la vitesse -, on constate aisément que l'énergie cinétique moyenne de deux véhicules, calculée à partir de la moyenne de leurs vitesses, n'est pas égale (elle est inférieure) à la moyenne vraie de leur énergies cinétiques. Ceci résulte de l'inégalité de Jensen (ou de Hölder). De fait, ce qui est réellement significatif lorsque l'on désire calculer des sommes ou des moyennes de quantités impliquant les températures, ce sont les quantités (comme les flux ou les irradiances) qui résultent d'un produit ou d'une puissance de la variable intensive (la température) par des variables extensives. Ces produits (ou puissances) donnent ainsi des variables extensives avec lesquelles il est loisible de calculer des moyennes ou autres combinaisons. C'est ainsi que
R. Pielke Sr. suggère d'utiliser les irradiances moyennes (correctement calculées) plutôt que les températures moyennes, pour caractériser le déséquilibre énergétique de la planète. ( "Unresolved issues with the assessment of multi-decadal global land surface temperature trends". J. Geophys. Res., 112, D24S08, doi:10.1029/2006JD008229).

2010m

La température moyenne du globe est obtenue en mesurant, en de multiples situations géographiques plus ou moins (plutôt moins que plus comme on le voit sur les images ci-contre) également réparties sur la planète, les températures maximales et minimales quotidiennes à l'aide de thermomètres adaptés. La demi somme de ces deux températures donne la température moyenne locale. Cette température moyenne locale est censée représenter la température moyenne qui règne sur une "certaine" surface. Le jeu consiste alors à obtenir un nombre suffisant de mesures pour que la somme des surfaces ainsi définies, couvre la surface de la planète. Inutile d'ajouter que ce type d'extrapolations, d'ajustements et autres manipulations, est extrêmement flexible et évidemment sujet à de nombreuses contestations. Comme nous le verrons ci-dessous et pour ce qui concerne les mesures instrumentales thermométriques, le fait que nous ne disposions que d'une seule base de données brutes et, surtout, le fait que les institutions qui les utilisent soient, en réalité, fortement conniventes, ne favorise guère le contrôle réciproque que l'on pourrait espérer.
En bref, cette affaire de mesure des températures de l'air proche de la surface est une des plus polémiques qui soient et les incertitudes (± 0,05°C au mieux) annoncées sur les mesures de la température moyenne d'un objet aussi vaste et hétérogène que le globe, laissent rêveur.

Les images ci-contre montrent la situation des stations de mesure dans le monde et son évolution au cours des dernières décennies. Comme on peut le constater, le nombre des stations de mesure a considérablement décru dans les années 1990, (le nombre a été divisé par 3), ce qui a créé de gros problèmes "d'ajustements".
Il reste actuellement de grandes zones non couvertes (Amérique du Sud, Sibérie, Groenland (seules les côtes en disposent), l'Afrique centrale, le Canada, Arctique) pour lesquelles des "extrapolations" sur des distances considérables (1200km !), s'avèrent aussi indispensables que sujettes à caution. A en juger par ces cartes, les stations de mesure des températures océaniques sont déficientes mais il existe d'autres méthodes, notamment par satellites. A noter que les USA disposent d'une couverture exceptionnelle, au moins du point de vue du nombre de stations..

Les opérations évoquées précédemment sont effectuées pour les deux hémisphères Sud et Nord, pris séparément. La température moyenne du globe est alors, tout simplement, la moyenne des températures des deux hémisphères. Là aussi, il s'agit de statistique mais pas de physique. Dans la réalité, les deux hémisphères présentent des différences physiques, géographiques et climatiques fondamentales. Pourtant, ils subissent des traitements identiques du point de vue du calcul de la température moyenne du Globe.

D- Quelle est la marge d'incertitude qui affecte la "température moyenne du Globe" ?
Compte tenu des multiples opérations, corrections, estimations, approximations, extrapolations, sans compter les "résultats non parvenus", les stations en panne, mal entretenues, mal relevées ou abandonnées etc... qui sont nécessairement appliquées aux mesures brutes (raw) de température dont les résultats sont moyennés pour obtenir une "température moyenne du Globe", et si on a un tant soit peu pratiqué l'expérimentation, on se dit que les incertitudes qui doivent (encadrer) affecter les résultats obtenus, doivent être considérables. Quels que soient les traitements statistiques utilisés, il est clair que les erreurs, systématiques ou non, sont de nature si diverses que le résultat doit souffrir d'une grande imprécision. Il est cependant évident que s'agissant d'obtenir une "anomalie de température", les conditions à réaliser pour obtenir une précision acceptable sont moins problématiques que s'il s'agissait de mesurer la valeur absolue de la température, si la fidélité des instruments est excellente, et si rien ne change, bien entendu. Ce qui est très loin d'être le cas pour les mesures thermométriques.
Quoiqu'il en soit, je n'ai personnellement encore jamais encore vu de calcul d'erreur rigoureux appliqué à ce genre de mesures. On peut supposer qu'il en existe qui justifient les marges d'erreurs étonnament réduites indiquées ci-dessous.
Même s'ils ne semblent pas avoir convaincu Pierre Morel (et moi-même).

Il est donc assez surprenant de constater que les organismes qui utilisent essentiellement les données thermométriques affichent leurs résultats avec des marges d'erreurs extrêmement faibles comme on le voit sur les deux graphiques suivants :

2011h

 

Graphe affiché sur le site du MetOffice qui utilise les données dites HadCRUT3 du Hadley Center et du Climate Research Unit (Le CRU du fameux Climategate).

Courbe complète, mois par mois et sans lissage (le lissage affecte considérablement les extrémités des courbes).

Comme on peut le constater, et comme l'affirment ces institutions, les incertitudes estimées par le Hadley Center-Met Office, sont de l'ordre de ±0,05°C. A noter que les incertitudes sur la température moyenne du Globe en 1850, ne sont que de l'ordre de ± 0,2 °C, ce qui constitue encore une remarquable (et étonnante) performance.


Les données de la NOAA-NCDC (voir les différents organismes ci-dessous)

2010k

(Courbe lissée, à jour fin décembre 2010). On y voit, correctement représentées (ce qui est rare dans ce genre de graphique), les marges d'erreurs qui sont de ± 0,06 °C pour la période récente.
Ces incertitudes étaient de ± 0,2°C dans les années 1900.

 

 

 

 

 

Pour leur part, les données satellitaires effectuées par l'UAH et par le RSS seraient affectées des mêmes incertitudes (±0,05°C), ce qui est également tout à fait remarquable.

  • Voici la liste des institutions et les références des bases de données utilisées dans la suite de ce billet :
HADCRUT3 Température Globale (UK)
Organisme : Climatic Research Unit, UEA; Met Office Hadley Centre
Source des données.
GISTEMP (GISS) Température Globale (USA)
Organisme : NASA Goddard Institute for Space Studies
Source des données.

NOAA-NCDC (NOAA) (USA)
Organismes : National Oceanic and Atmospheric Administration et National Climatic Data Center
Source de données.

UAH NSSTC Température de la basse troposhère
Organisme : UAH National Space Science and Technology Center
Source des données.
RSS Lower troposphere temperature
Organisme : Remote Sensing Systems
Source des donnés.

A noter que les températures moyennes de référence à partir desquelles sont mesurées les "anomalies de température", diffèrent selon les institutions. Voici la liste des périodes dont les moyennes ont été prises comme origine par le HadCRUT, le GISS, le NCDC-NOAA, l'UAH et le RSS. Les satellites servant aux mesures de températures n'ont été opérationnels qu'à partir de 1979. A noter également que les données anglaises, issues des données du Hadley Center (elles mêmes provenant en grande partie du NCDC-NOAA ) sont utilisées de trois manières différentes, selon les utilisateurs (par exemple Met Office) comme le mentionne David Whitehouse dans un article tout récent (de ce jour !). Pour ma part, et pour simplifier, je n'ai utilisé que les données dites HadCRUT3V (variance adjusted), soit le CRU HadCRUT dans la terminologie de Whitehouse, ce qui ne change pas les commentaires et les résultats.

Source Période origine
HADCRUT3 Jan 1961 - Déc 1990 (30 ans)
GISTEMP Jan 1951 - Déc 1980 (30 ans)
NOAA-NCDC Jan 1901 - Déc 2000 (100 ans)
UAH Jan 1979 - Déc 1998 (20 ans)
RSS Jan 1979 - Déc 1998 (20 ans)


Ces origines différentes pour calculer les anomalies de températures ne sont évidemment pas sans conséquence sur les affichages. En réalité la période utilisée par le GISS était d'environ 0,24°C plus froide que celle qui a été utilisée par les mesures satellitaires (UAH et RSS). Celle utilisée par le HadCRUT était plus froide de 0,15°C, toujours par rapport à celle des mesures satellitaires. Il ne s'agit que d'une translation verticale qui ne change évidemment pas les tendances. Il convient néanmoins d'utiliser ces facteurs correctifs quand on veut comparer les données instrumentales entre elles, ou encore, les données instrumentales avec les mesures satellitaires. Ceci sera clairement indiqué dans les graphiques affichés ci-dessous.

Les graphiques présentés dans la suite de cette page ont été obtenus à partir des bases de données officielles dont les liens sont indiqués ci-dessous. Il s'agit de documents en format texte qu'il est aisé de placer dans un tableur comme Excel. Pour ma part, j'ai utilisé le logiciel scientifique "Origin" qui a le grand mérite d'être très flexible et qui est très souvent utilisé pour la présentation de documents scientifiques professionnels.

A noter qu'à partir de cette année, Roy Spencer qui gère les données satellite UAH a décidé d'utiliser la période de base allant de Janvier 1980 à Décembre 2010 (30 ans) de manière à se conformer à la convention (base de 30 ans) adoptée par les autres institutions. Dans la suite, j'ai utilisé les données UAH relatives à l'ancienne base, ce qui ne change d'ailleurs strictement rien aux commentaires et aux conclusions.

  • Comparaison des mesures des anomalies de température globale fournies par les différentes institutions

Toutes les données présentées dans les graphes ci-dessous sont actualisées avec les valeurs de décembre 2010. Les graphes suivants concernent donc les 14 dernières années, couvrant la période [Janvier 1997 à Décembre 2010] (bornes incluses)

Voici, tirées des bases de données cités ci-dessus, les graphes des anomalies de températures (non corrigées pour tenir compte des différentes dates de référence) des trois organismes qui utilisent essentiellement les données fournies par le NCDC américain. Comme vous pouvez le constater les anomalies de température de la NOAA-NCDC sont très peu différentes de celles du GISS de la NASA gérées par Gavin Schmidt et James Hansen. Ces organismes (NOAA, NCDC et NASA) travaillent en étroite collaboration tout comme d'ailleurs le Hadley Center (et le CRU) Anglais comme on a pu le voir dans les courriels du Climategate. Il est donc faux de prétendre que les organismes utilisent des bases de données différentes, comme cela a été affirmé.

On observe, dès maintenant, que la pente des données (c'est à dire la montée de la température) du HadCRUT (décalées vers le bas pour une meilleure lisibilité) est inférieure à celle de ses deux collègues américains.

De fait, si pour leur plus grande part, les données brutes sont les mêmes pour les trois organismes, les traitements sont différents.

Cependant, le Hadley Center (CRU) utilise, en partie, les données satellitaires et les données SST (sea surface temperature). Les "extrapolations" ne sont pas nécessairement identiques à celles de leurs collègues américains.

2010l


Voici un graphique qui compare l'évolution moyenne
(supposée linéaire et ajustée avec une méthode des moindres carrés) de la température durant les 14 dernières années pour deux organismes qui utilisent, en grande partie, la même base de données (celles du NCDC).

Comme on peut le constater, alors que le HadCRUT (UK) n'indique qu'une variation presque imperceptible des températures (statistiquement non significative) de 1997 à 2010, le GISS (NASA), lui, trouve que les températures ont continué à augmenter.

2010b

Comme on peut le voir sur le graphique ci-contre, les deux organismes (UAH et RSS) qui utilisent tous deux les données des différents satellites de la NASA mais avec des traitements différents, donnent des résultats très proches l'un de l'autre.

Le écarts observés entre les données des deux organismes sont, au pire, de l'ordre de 0,1°C, ce qui est proche de l'incertitude estimée de ces mesures de la "température du globe". Une telle précision serait remarquable mais serait sans doute optimiste, compte tenu de l'inhomogénéité thermique de la basse troposphère et de la planète.

Notez la présence très visible des deux pics de températures observés en temps d'El Niño fort, en 1998 et en 2009-2010 et du La NIña de 2008 (Voir ci-dessous pour les décalages temporels entre les événements ENSO et la température globale).
A noter que les événements ENSO (El Niño-La Niña) sont nettement plus perceptibles sur les données satellitaires qui possèdent certainement une meilleure couverture des océans.

2010c

Voici maintenant une comparaison suggestive des données satellitaires (UAH) et instrumentales (HadCRUT).

Correction étant faite pour la référence de base des anomalies (le -0,15°C appliqué aux mesures HadCRUT), on observe que les deux graphes sont raisonnablement compatibles sauf en période d'El Niño fort (1998-2010) et de La Niña fort (2009, 2008).
Comme je l'ai fait remarquer ci-dessus les mesures satellitaires sont systématiquement plus sensibles aux événements ENSO. Dans les cas extrêmes, les écarts entre ces deux types de mesures peuvent atteindre 0,3°C.

Cependant, comme on peut le voir, les mesures du HadCRUT rendent également nettement compte de ces oscillations ENSO mais dans une moindre mesure que les mesures satellites.

On constate que les tendances de l'évolution des températures fournies par le HadCRUT (thermomètres), l'UAH et le RSS (satellitaires) sont compatibles entre elles mais incompatibles avec celles du GISS de la NASA.

2010d
  • Jeux de mains, jeux de vilains : Quelques bizarreries et des astuces de présentation...


Pour donner un petit aperçu des curieuses manipulations (rétroactives)
auxquelles sont soumises les bases de données thermométriques (mais, en général, pas celles de mesures satellitaires quoique le RSS vient de me faire mentir...), voici un exemple tout récent du traitement subi par la base de données HadCRUT de l'année 2010.

La courbe grise représente la variation de la température globale obtenue à partir de la base de données du HadCRUT telles qu'elles figuraient sur le site indiqué, mois après mois depuis Janvier jusqu'en Novembre dernier.

Lorsque les données du mois de Décembre ont été introduites (vers le 20 janvier), nous avons observé une correction rétroactive qui remonte jusqu'au mois de janvier 2010. La correction la plus étonnante concerne la température du mois de Novembre. Celle-ci a été brusquement remontée de 0,17°C ce qui est très important à l'échelle de ces variations et également, bien supérieur aux incertitudes affichées.
Ces traitements rétroactifs sont très fréquents dans la base de données du GISS, plus rares dans la base HadCRUT. Sans faire de procès d'intention, on peut seulement s'étonner, comme l'a dit Richard Lindzen, que ces corrections aillent toujours dans le sens du réchauffement. Jamais dans celui du refroidissement. Logiquement, les erreurs devraient se répartir symétriquement dans les deux sens.
A noter que sans ce réchauffement rétroactif du mois de Novembre, 2010 aurait été classée au troisième ou quatrième rang au lieu de deuxième (derrière 1998) par le HadCRUT. C'était peut-être difficilement supportable par rapport aux "collègues" et aux médias.

2010g


Voici un exemple assez typique des bizarreries que l'on rencontre quand on examine soigneusement les bases de données qui servent de bases aux rapports du GIEC et aux affirmations alarmistes claironnées dans les médias :

Le graphe ci-contre compare les températures moyennes du globe, de Janvier 2010 à fin Décembre 2010, pour des 4 bases de données principales, deux thermométriques (GISS et HadCRUT corrigées suivant leurs bases) et deux satellitaires (UAH et RSS).

Les écarts entre les températures mensuelles sont souvent supérieurs à 0,20 °C, pour les données de même origine (thermométrique) ce qui est étonnant pour des données qui affichent, chacune, une incertitude de 0,05°C.

A noter que la correction (indiquée ci-dessus) du HadCRUT réalisée en Décembre pour le mois de Novembre (+0,17°C) a permis à Phil Jones (HadCRUT) de n'afficher qu'un écart de 0,21°C par rapport à James Hansen (GISS) au lieu de 0,37°C, ce qui aurait fait "désordre". L'email doit fonctionner activement, comme on l'a déjà vu.
Pour estimer l'importance de ces écarts, il faut se souvenir que la hausse des températures pour le siècle dernier (100 ans) n'est que de
0,7°C, c'est à dire environ seulement 3 fois la marge d'erreur observée entre les moyennes affichées.

2010h

L'art de présenter les données ...

Calculer la température d'une année calendaire (ou autre) revient à faire une sommation sur les douze températures des douze mois de l'année. Mais pourquoi se limiter à une année ? Pourquoi pas 2, 3 ou même dix ans?

Prenons, par exemple, la dernière décennie qui va du début 2001 à la fin 2010 et effectuons un "best fit", c'est à dire une approximation linéaire (technique des moindres carrés) de l'anomalie de température en fonction du temps.
La droite ainsi calculée est représentée en bleu sur ce dessin. Elle est obtenue à partir des données officielles du HadCRUT.

Comme vous le voyez, la tendance de la température est à la baisse pendant cette période.

Si j'étais un mauvais "journaliste d'opinion scientifique", je pourrais, avec ce genre de présentation, faire les gros titres dans la presse, comme l'ont fait de nombreux médias pour "2010, l'année la plus chaude de tous les temps", avec un titre en caractères gras du type." La température du Globe est en baisse depuis dix ans "

Mais, évidemment, je ne le ferai pas car nous savons que, compte tenu de l'imprécision des mesures de températures, ce genre d'affirmation n'a aucun sens. Pas plus que le classement des températures moyennes annuelles qui ne diffèrent pas de plus de quelques (certains disent trois, voire quatre) dixièmes de degré. En réalité, on n'en sait rien...
Encore faudrait-il avoir l'honnêteté de l'avouer et ne pas en tirer de conclusion hâtives comme l'OMM (WMO), entre autres.

 

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  • L'année 2010 a-t-elle été "la plus chaude de toute l'histoire" (comme l'écrit le Nouvel Obs)?

Voici un diagramme, toujours tiré à partir des bases de données officielles référencées plus haut, indiquant les classements des températures les plus élevées pour les cinq organismes cités ci-dessus : Le RSS, l'UAH, Le GISS, le HadCRUT et le NCDC-NOAA.

Comme indiqué, les trois couleurs (rouge =1998), (vert=2005) et (bleu=2010) sont relatives aux années considérées comme les plus chaudes de ces 13 dernières années.

Comme on le voit immédiatement, un seul organisme sur les cinq, le GISS de la NASA, indique que la température en 2010 aurait été supérieure à celle de l'année 2005, (considérée comme le précédent record par le NCDC et le GISS), mais d'un tout petit 0,01°C ! ce qui est bien inférieur aux incertitudes annoncées (±0,05°C) et certainement encore plus inférieur aux incertitudes réelles.

Le NOAA-NCDC, lui, trouve que 2010 est strictement équivalente à 2005 à 0,001°C (!) près. Quant à 1998, elle ne serait inférieure que de 0,02°C , ce qui est encore largement dans la marge d'erreurs (±0,06°C) affiché par cette institution.

Les trois autres organismes (UAH, RSS et HadCRUT) persistent à placer 1998 en tête des années les plus chaudes. Pour l'UAH l'écart 1998-2010 est inférieur aux incertitudes. Mais 1998 serait significativement plus chaude que 2005. (+0,18°C)
Pour le
HadCRUT, 1998 resterait très légèrement plus chaude que 2010 et 2005 ( à la limite de l'incertitude affichée). Pour le RSS, 1998 est à peine plus chaude que 2010 ( à la limite de l'incertitude) mais apparemment plus chaude que 2005 (+0,17°C).

2010n

Comme vous le constatez, les cinq institututions ne sont pas d'accord entre elles. Il faut dire que les écarts sont si faibles et qu'il est impossible d'en tirer quelque conclusion que ce soit.
Pourtant, l'OMM (Michel Jarraud) et la plupart des médias se sont précipités pour annoncer que 2010 était le record absolu, l'année la plus chaude (de l'histoire !), que cela prouvait que le réchauffement continuait etc.

Et bien sûr, ils se sont limités aux affirmations non statistiquement significatives du GISS en oubliant toutes les autres et en oubliant de préciser que les écarts avec les autres années sont bien inférieurs aux incertitudes...

Si, comme sur le graphe ci-contre, on additionne les résultats fournis par les cinq institutions citées, on trouve que 2010 est légèrement en dessous de 1998, mais une fois encore, la différence n'est pas significative.

2010o
  • Des prévisions à cinq mois, basées sur la comparaison de l'évolution de l'indice MEI-ENSO et des températures moyenne de la surface du Globe :


En fin d'année 2008, j'avais montré qu'il existe une remarquable corrélation entre le comportement de la température moyenne du Globe et l'indice MEI de l'ENSO (El Niño et La Niña), en avance de 5 mois sur l'évolution de la température.
Autrement dit l'ENSO jouerait un rôle essentiel pour déterminer la température moyenne du globe et son influence ne se ferait ressentir que quelques 5 mois plus tard, ce qui présente l'avantage de prévoir, dans une certaine mesure, les variations de températures quelques mois à l'avance.

Un article paru en 2009 rapportait une observation identique à partir (bien entendu) d'une étude beaucoup plus détaillée. Cet article publié en 2009 dans le JOURNAL OF GEOPHYSICAL RESEARCH, VOL. 114, D14104, doi:10.1029/2008JD011637, 2009, était signé par J. D. McLean, C. R. de Freitas, and R. M. Carter.

Les mois ont passé et en ce début 2011 et nous voyons ci-contre ce que donne la superposition de l'indice MEI de l'ENSO avec les courbes des températures globales UAH (ci-contre) et HadCRUT ci-dessous.
La corrélation est toujours aussi bonne, comme nous allons le voir ci-dessous.

 

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Comme on peut l'observer sur le graphique, si on retarde le graphe de l'indice MEI de l'ENSO de 5 mois, la corrélation entre l'évolution de la température globale (en haut, la courbe UAH et en bas la courbe HadCRUT) et cet indice ENSO (retardé de 5 mois), est remarquable .

Je l'avais déjà noté en Décembre 2008. De fait, la corrélation s'est prolongée jusqu'à ce jour. Autrement dit, les El Niño et La Niña jouent un rôle très important sur les fluctuations de température du Globe est l'effet n'est ressenti que quelques 5 mois plus tard.

Dès lors comment ne pas s'étonner quand on lit la déclaration suivante de James Hansen, le pape du réchauffement climatique du GISS (de la NASA) (voir ci-dessous) ?

"Il est certainement intéressant que 2010 ait été aussi chaud malgré la présence du La Niña et d'un soleil remarquablement inactif, deux facteurs qui poussent au refroidissement de la planète, mais ce qui est plus important que le classement de n'importe quelle année, ce sont les tendances décennales"

Peut-on imaginer qu'Hansen ignore que les effets des oscillations ENSO (La Niña-El Niño) ne se font ressentir sur la température du globe que quelques cinq mois plus tard, alors que n'importe quel graphique (comme celui ci-contre) le montre clairement, et que de ce fait, l'année calendaire 2010 s'est, au contraire, trouvée coïncider parfaitement avec le réchauffement dû au précédent El Niño et l'actuel La Niña qui a commencé en Juin 2010 ne s'est fait ressentir qu'en Novembre de cette même année, comme on le voit sur ces graphiques ? Tout comme lors du El Niño de 1998 d'ailleurs.
Hansen n'a sans doute pas lu l'article du JOURNAL OF GEOPHYSICAL RESEARCH, VOL. 114, D14104, cité plus haut...

Peut-on imaginer qu'Hansen ignore également que les effets de l'activité solaire ne se font ressentir qu'avec un certain retard (de 5 à 7 ans, voire plus disent certains) ?
Et où est la cohérence de son propos avec le rapport AR4 du GIEC qui nie carrément toute influence de l'activité solaire sur les variations climatiques ?

A noter que si cette corrélation ENSO/Température est solide, comme elle semble l'être, nous pouvons prévoir, dès à présent, que la température du globe va sérieusement baisser , au moins, pendant les 5 mois à venir comme l'affirment de nombreux météorologues qui annoncent une année 2011 plutôt froide...Nous verrons.


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  • Remarques et conclusions :

Il est clair que la plupart des déclarations que l'on a pu lire dans la presse, voir à la télévision ou entendre à la radio, sur l'évolution des températures du Globe en ce début d'année 2011, sont erronées, sinon carrément mensongères.

En réalité :

  1. Il est impossible d'effectuer un classement réellement significatif de la plupart des 13 dernières années selon leur température moyenne, et tout particulièrement celles de 2005, 1998 et 2010, parce que les écarts de température sont bien inférieurs aux incertitudes affichées par les différents organismes et sans aucun doute, très largement inférieurs aux incertitudes réelles qui affectent ces mesures globales.

  2. Les trois années qui, selon les différentes institutions, semblent se détacher (2005, 1998, 2010), sont toutes les trois des années à El Niños remarquables. Il est abusif, pour ne pas dire plus, de tirer argument d'événements parfaitement naturels qui poussent périodiquement et légèrement les températures à la hausse pour entretenir l'hypothèse du "réchauffement climatique anthropique" dans l'esprit du grand public.

  3. La température moyenne de l'air à la surface du Globe n'a pas varié, de manière significative, depuis, au moins, 14 ans, en dépit d'une augmentation nette (+5%) de la quantité de CO2 présente dans l'atmosphère durant cette même période. Cette tendance commence à poser un sérieux problème à l'hypothèse du changement climatique anthropique. Il est malhonnête de tirer argument de la température mesurée en 2010 (tout comme des autres, d'ailleurs) pour affirmer que "ces données confirment le réchauffement." comme cela a été fait par l'OMM. Bien au contraire !

yann2011c

Est-il impossible d'obtenir de la part des rédacteurs des différents médias, une description qui se rapproche de la réalité objective, telle que la suivante que je leur suggère (sans prélever de droits d'auteur) d'utiliser ? :

" La température moyenne du Globe, mesurée pendant l'année 2010, est identique à celle qui avait été mesurée en 1998 et en 2005, selon les différentes institutions responsables de ces mesures. La température moyenne du globe n'a pas varié de manière significative depuis 13 ans.
Il semble que le réchauffement climatique observé pendant les périodes 1910-1940 puis 1975-1998 se soit arrêté, au moins temporairement."

 

Ainsi et au vu des débordements infondés ou des mensonges par omission dont nous ont gratifié les médias en ce début Janvier 2011, je me fais un plaisir de décerner une série de bonnets d'âne fourrés (en prévision de l'avenir) à Maxisciences (qui n'en est pas à son coup d'essai en la matière), pour son "2010, année la plus chaude : un record absolu confirmé", au Nouvel Observateur pour un titre délirant et mensonger ("la plus chaude de l'histoire"), au journal La Croix, pour le titre de l'encart "Les données 2010 confirment le réchauffement", au Figaro, pour un gros mensonge par omission :"Climat: 2010, année la plus chaude" et bien sûr, le bonnet d'âne d'honneur, avec palmes, pour le responsable de l'OMM (coutumier du fait ) pour son fameux "les données 2010 confirment le réchauffement à long terme" repris par toute la presse... ainsi qu'à beaucoup d'autres qui se reconnaîtront.

Pour ce qui est de l'avenir, je me fais un devoir de vous rappeler ce graphe tracé, en 2003, par deux chercheurs Russes qui travaillaient aux Etats-Unis : Klyashtorin et Lyubushin.klyashtorin

En 2003, sur la base d'analyses statistiques, ces deux chercheurs ont décrit l'oscillation de 60-65 ans, également rapportée depuis par beaucoup d'autres (tels S.I. Akasofu, William Gray, N. Scafetta, J.d'Aleo etc.)

A noter que vous retrouverez une reconstruction très proche de celle-ci dans l'excellent site de bases de données climate4you du Prof. norvégien Ole Humlum

En 2003, Klyashtorin et Lyubushin avaient correctement prévu que la température du globe stagnerait sur un plateau (correspondant au maximum de la pseudo-sinusoÏde) s'étendant de 2000 à 2010 environ, précédant une descente des températures analogue à celle que nous avons connue en 1945-1976.
A mon avis, un des mérites de cette analyse est qu'elle montre une montée identique de la température pendant les périodes 1910-1940 et 1975-2000, ce qui est effectivement observé. A noter que la montée sous-jacente (la pente médiane de la sinusoïde) n'est que de quelques 0,05°C par décennie.

Ouf ! Je me rends compte que ce billet est excessivement long. Que les lecteurs(trices) me pardonnent mais il fallait bien évoquer, un jour ou l'autre, cette épineuse question des mesures de températures.

Nous verrons .. En attendant, il est sans doute prudent d'acheter de solides bottes fourrées (pour trente ans !) comme je vous l'ai dit dans cette page.
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Addendum (05/02): Klaus Voltz , expert de l'ENSO à la NOAA explique qu'il y a nettement plus d'une chance sur deux que le La Niña actuel dure deux ans, c'est à dire jusqu'en 2012... Brrrr... Et gare aux inondations en Australie, aux sécheresses en Amérique etc.et à toutes les calamités associées aux La Niñas déjà mentionnées par... Darwin.
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Mise à jour du 12/02/11 : Une bonne nouvelle : L'université de Berkeley (Californie) entreprend une refondation complète des bases de données de la température de la Terre.

Voici l'intitulé du projet tel que vous pourrez le voir sur le site dédié de Berkeley UC. Il semblerait que le projet soit astucieusement nommé BEST (Berkeley Earth Surface Temperatures). Acceptons en l'augure.

Une approche transparente
Basée sur l'analyse des données

Notre objectif est de résoudre les critiques actuelles sur les analyses de température et de préparer un registre ouvert des données qui apportera une réponse rapide aux critiques et aux suggestions. Nos résultats incluront non seulement nos propres estimations pour le changement de la température du Globe mais aussi les estimations des incertitudes dans les enregistrements.

Il est rassurant de constater que les graves défauts mentionnés ci-dessous (transparence douteuse, abandon d'un grand nombre de stations dans les années 1990, effet UHI, flou sur les marges d'incertitudes etc...) ont suscité la mise en place d'une structure dédiée à la transparence et à la récupération des données délaissées par le GHCN cité ci-dessus. Voici un premier aperçu des projets de l'équipe de Berkeley :2010p

 


Restitutions des stations abandonnées :
La courbe en gris-vert représente l'évolution du nombre de stations de mesures utilisées par le GHCH au cours des 180 dernières années. Comme on le voit et comme cela a été mentionné ci-dessus, la couverture de la planète s'était rétrécie comme peau de chagrin dans les années 1990.


La démarche proposée par Berkeley équivant donc à une multiplication par un facteur 8 à 10 du nombre de stations qui sont actuellement utilisées par le GHCN.




2010q


La démarche de BEST de Berkeley se traduit, évidemment, par un quadrillage beaucoup plus serré des stations que celui utilisé par le GHCN qui sert de référence pour le GISS, la NOAA-NCDC et le HadCRUT...ce qui, comme nous l'avons vu, donne libre cours aux extrapolations de toutes sortes.
On peut espérer, également, que Berkeley fera la distinction entre les stations urbaines et les stations extra-urbaines (l'effet UHI)

Comme on le voit sur l'image ci-contre, issue, comme la précédente, du nouveau site de Berkeley :

 

Les stations marquées d'un point bleu sont celles qui sont actuellement utilisées par le GHCN. Les points rouges sont les stations introduites par l'équipe de Berkeley.

Mais comme toujours, il faut .. attendre et voir.Il semble que l'organisation (Novim) finançant ce projet soit très impliquée dans la géoingénierie, ce qui n'est guère rassurant.
Stay Tuned !

19 Janvier 2011 : Encore un scoop du célèbre team, Agence France Presse et journal Le Monde !

Se basant sur les affirmations d'une ONG activiste, ils rapportent que le Globe pourrait s'échauffer, au cours des dix prochaines années, au moins 17 fois plus rapidement qu'il ne l'a fait au cours du XXème siècle, en désaccord flagrant avec toutes le prédictions scientifiques. Après les nombreux scandales -les GIECgate- résultant de comportements similaires, on aurait pu espérer que les organes de la presse francophone deviendraient plus circonspects.
Que nenni !
La plupart sont tombés dans le piège, la tête la première. Leurs confrères anglais et américains se sont montrés beaucoup plus avisés...


Le bonnet d'âne
(avec palmes) de ce mois de Janvier 2011 leur revient, sans contestation possible et une fois encore, pour une dépêche qui restera certainement dans les annales de l'alarmisme climatique en délire. Au même titre que l'annonce fracassante (retirée depuis) dans le dernier rapport AR4 du GIEC, que l'Himalaya aurait fondu en 2035...

MAJ du 20 Janvier 2011 : En réalité, le "team" était plus étoffé que je ne le pensais. A côté du Journal Le Monde et de l'AFP, on retrouvait, bien entendu, les journaux Libération et Sciences et Avenir et aussi Le Figaro qui avaient également repris le texte de l'AFP, sans sourciller. C'était donc, au moins, un quintuor. J'ai corrigé les graphes en conséquence. A noter que Libération avait décidé de ne pas autoriser de commentaires sur ce billet. C'est dommage pour eux. Il est certain que les forumers auraient levé le lièvre immédiatement.
Il va de soi que Libération, Sciences et Avenir et Le Figaro se voient également coiffés du bonnet d'âne pour incompétence caractérisée.

Voici le début de la dépêche de l'AFP (reprise in extenso par Libération, Sciences et Vie et sans doute quelques autres) qui n'a rien à envier avec celle de cette brillante agence de presse, particulièrement inventive, qui nous annonçait récemment l'existence de "rayons cosmétiques" et dont les "meilleurs morceaux" ont été repris, sans hésitation, par Le Monde dans sa section "Planète".

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Réchauffement et population accrue entraîneraient des pénuries alimentaires d'ici 2020

De Jean-Louis SANTINI (AFP) – Il y a 14 heures

WASHINGTON — Le réchauffement possible d'au moins 2,4 degrés de la température du globe d'ici 2020 combiné à un important accroissement de la population va créer des pénuries mondiales dans la production des principales cultures, prédit mardi un rapport d'experts privés.
Si rien de plus n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont surtout le CO2 produit par la combustion des hydrocarbures et du charbon, un tel scénario est alors très plausible, insistent les auteurs de cette étude publiée par l'"Universal Ecological Fund", une organisation non gouvernementale argentine avec des bureaux aux Etats-Unis....

Les caractères engraissés sont de l'auteur de ce site.

Cette dépêche de l'AFP, reprise par le Monde et quelques autres, affirme qu'il est possible que la Terre se réchauffe de 2,4°C en dix ans. Quand on sait que le taux de croissance de la température a tourné autour de 0,12-0,16°C par décennie lors de la hausse des température qui s'est produite de 1976 à 2000, ou encore de 1910 à 1945, on peut se poser quelques questions. Pour parvenir à des valeurs aussi extravagantes, il faudrait que la vitesse de montée soit multipliée par un facteur d'environ 17. Ce qui est évidemment totalement exclu d'autant plus que chacun sait que la température du globe est pratiquement stationnaire depuis plus de 12 ans et que beaucoup prévoient qu'elle va baisser plutôt que monter. .

  • Quid par rapport aux scénarios du GIEC ?

Pour illustrer ce propos extravagant qui n'aurait certainement jamais dû être repris ni par Le Monde, ni par l'AFP (voir la récente réaction des journalistes anglais ci-dessous : addendum) , il est bon de rappeler les prévisions (scénarios, projections) du GIEC et notamment, le graphe publié tout récemment (dans un document appelé SPM5 (Résumé pour les décideurs N°5 qui fait suite à l'AR4 de 2007 mais dont il ne diffère que dans la forme).
Voici donc le graphe présentant les scénarios du GIEC allant de 1900 à 2100.


J'ai superposé, à ce graphe bien connu qui rapporte les projections (scénarios, prédictions) des super-ordinateurs des organismes qui travaillent pour le GIEC, en fonction de différentes hypothèses sur les taux de croissance des gaz à effet de serre et sur la maîtrise de nombreux paramètres, le point rouge indiquant la prédiction de l'ONG appelée "Universal Ecological Fund (voir ci-dessous)", répercutée par l'AFP et le Monde.

Inutile d'ajouter que surpasser, à ce point, les scénarios les plus pessimistes du GIEC relève de l'exploit.

Et on ne voit vraiment pas comment la température du globe pourrait monter de 2,4°C de 2011 à 2020..

 

 

 

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Ou encore celle-ci avec les marges d'incertitudes, extraite du rapport TAR du GIEC

 

 

 

 

 

 

D'autant plus que la nature ne semble pas satisfaire aux scénarios du GIEC, depuis plusieurs années, comme le montre ce graphique (à jour en fin Nov. 2010) publié par le HadCRUT (UK) hadcrut2

 

Comme on le voit sur ce graphique officiel, et comme le savent les visiteurs de la page indicateurs, la température du globe stagne depuis une bonne dizaine d'années...contrairement aux prévisions du GIEC et, a fortiori, des auteurs de l'article en question dans ce billet.

 

 

 

Dans le même ordre d'idée, on peut également situer cette prévision apocalyptique dans le cadre des scénarios présentés par James Hansen devant le sénat américain en 1988. Il faut savoir que beaucoup estiment que cette déclaration de Hansen est à l'origine de l'hystérie climatique que nous subissons depuis lors.

  • Quid par rapport aux scénarios de James Hansen ?

hansen1988

hansen88James Hansen, directeur du GISS et responsable des mesures de température dites GISTEMP, présentant ses "scénarios" alarmistes devant le Sénat US en 1988.

 

Le scénario A (courbe en trait plein) supposait que les émissions de gaz à effet de serre allaient continuer à croître comme ils l'ont fait entre 1970-1980.
Le scénario B (courbe en tireté) supposait une réduction du taux d'émission de gaz à effet de serre de telle manière que le forçage resterait ce qu'il était en 1988. Autrement dit ceci correspond à une stabilisation des émissions.
Le scénario C (courbe en pointillé) supposait une réduction drastique du taux d'émission de gaz à effet de serre de 1990 à 2000. Autrement dit, ceci correspond à un recul très important des émissions de gaz à effet de serre qui ne s'est pas produit. Bien au contraire.

Le graphe initial, publié par James Hansen est en noir et blanc.
J'ai superposé à ce graphique :

-
Un double rond rouge pour indiquer la "prévision" rapportée par le Monde et l'AFP. Ici, j'ai utilisé la même base de référence que James Hansen (l'article en question ne donne d'ailleurs aucune précision à ce sujet. Peut-être s'agit-il d'une augmentation de 2,4°C par rapport à la période actuelle, ce qui serait encore pire)..
Il est évidemment totalement impensable que l'on puisse passer de la situation actuelle indiquée par un rond bleu, à celle indiquée par un rond rouge. D'autant plus que de nombreux chercheurs, dont plusieurs collaborateurs du GIEC, pensent que nous nous dirigeons plutôt vers une période de stagnation ou de refroidissement prolongée pour des raisons que j'ai longuement évoquées dans cette page et dans celle-ci.

-Un double rond bleu, pour indiquer la situation actuelle de la température globale (en fin 2010) selon les mesures du GISS (piloté par J. Hansen). Cette mesure est un "outsider"par rapport aux trois autres qui se recoupent sensiblement. Elle est la plus pessimiste des quatre séries de mesures officielles que j'ai rapportées dans la page indicateurs. Comme on le voit, elle se trouve très nettement (plus de 40%) en dessous du scénario A. Ces dernières mesures ("l'année la plus chaude avec 2005", disent les journalistes) du GISS se trouvent très proches du scénario C qui supposait que nous aurions très sérieusement limité les émissions de gaz à effet de serre dans les années 1990-2000.
Autrement dit et comme tout le monde peut le voir,
les scénarios présentés par James Hansen devant le Sénat Américain en 1988, comme des preuves absolues du réchauffement à venir, n'ont rien à voir avec la réalité observée.

  • Quid de la "Fondation Ecologique Universelle" (quelle modestie !) qui prétend que la température terrestre va augmenter de 2,4°C jusqu'en 2020

Le " Universal Ecological Fund" est le bras, aux Etats-Unis, de la "Federacion Ecologica Universal" argentine qui fait partie d'une structure ONG appelée l' ECODES. L'ECODES est référencée dans Wikipedia (en anglais). Voici ce qu'on peut y lire:

"ECODES a été constitué le 10 Mars 1992 à  Zaragosse en Espagne dans le but de trouver des solutions au problèmes communs et de contribuer au changement social en devenant un acteur non-gouvernemental influent capable de mobiliser des soutiens et d'ouvrir un dialogue avec les actionnaires concernés.... Dans l'hémisphère Nord, l'ECODES se consacre à la transformation des structures économiques et sociales. Dans l'hémisphère Sud et plus particulièrement en Amérique Latine, ECODES offre son expertise et son aide pour les questions techniques et pour le financement. " (caractères engraissés par l'auteur du site).

Comme on peut le constater, le but de cette ONG est fondamentalement politique.

A noter que le "responsable scientifique" de "l'Universal Ecological Fund" (et de la FEU basée en Argentine) est un des anciens grands leaders du GIEC. Il s'agit du Dr Osvaldo Canziani, l'ancien co-directeur du Groupe de travail II du GIEC (le groupe qui était responsable de l'Himalayagate et de bien d'autres "curiosités" comme le malariagate cher au professeur Reiter.
Canziani affirme que "l'analyse et les données sont basées sur des documents clefs déjà publiés par le GIEC et d'autres agences de l'ONU."

Evidemment, la nouvelle "découverte" de l'UEF a fait les grands titres de la presse qui, comme l'AFP, le Monde, Libération et Sciences et Avenir ne vérifient pas la crédibilité de leurs sources et n'hésitent pas à qualifier "d'experts" les ressortissants d'organisations activistes dont les objectifs politiques sont clairement affichés, tout comme l'a fait le GIEC dans l'AR4, d'ailleurs.

L'AFP, le Monde, Libération, Sciences et Avenir et Le Figaro ne sont évidemment pas les seuls à s'être précipités pour annoncer cette "nouvelle" effectivement ébouriffante mais qui aurait dû les inciter la prudence. La "nouvelle" a fait le tour des salles de rédactions peu scrupuleuses :

Certains s'inquiètent : The EconomicTimes of India titre yann2011a
" Le monde pourrait être de 2,4°C plus chaud en 2020. L'Inde serait la plus durement touchée."
D'autres y voient un espoir de cultures plus abondantes :
Yahoo News titre (toujours à partie de la dépêche AFP, en anglais) : "Le changement climatique pourrait augmenter les cultures aux USA, en Chine."
"The Scientific American", autrefois une revue de bonne qualité, avale l'hameçon, le bouchon et la ligne et raconte des âneries à ses lecteurs.

etc.. Tout cela basé sur les affirmations d'une ONG baptisée "Ecologique Universelle".
On croit rêver. N'est-ce pas ?
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Addendum du 19 Jan. 2011: Une bonne nouvelle quand même : Il reste quelques journalistes sensés. Du moins au Royaume Uni.
The Guardian (UK) fait état de protestations énergiques contre la promotion des affirmations délirantes qui sont le sujet de ce billet et qui ont justifié un bonnet d'âne amplement mérité pour le journal Le Monde, à l'AFP et quelques autres.
Le titre de l'article : "Online news service promotes false climate change study".
"Une agence de presse en ligne met en avant une étude fallacieuse sur le changement climatique." Les "news" en question sont EurekaAlert souvent utilisée par l'AAAS , l'association américaine (dont je suis membre !) qui fait la promotion de la science et qui est l'éditeur de la revue Science dont l'orientation ultra-alarmiste n'est un secret pour personne.
A noter que l'AAAS a fait supprimer l'article de EurekAlert dès le 20 Janvier, avec quelques plates excuses..
Entre autres, l'article du Guardian indique que les journalistes ont essayé de joindre le Dr. Osvaldo Canziani, le conseiller scientifique de l'ONG "Universal Ecological Fund" et ex-co-directeur du groupe II du GIEC (rapport TAR et AR4), pour explications. On leur a répondu qu'il était souffrant...
Dommage que nos journalistes francophones du Monde, de l'AFP, de Libé, de Sciences et Avenir et du Figaro, n'aient pas eu la même idée.

Bien entendu, les blogosphères francophones et anglophones s'amusent beaucoup de ce nouveau "press-gate".
Le 20 Janvier, les journaux qui ont publié ces âneries le 19, commencent à publier des rétractations et à faire disparaitre leurs articles (qui resteront dans le cache de Google)...
Les démentis des scientifiques affidés au GIEC se multiplient... Ils avaient prévenus l'ONG, affirment-ils.
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Addendum du 22 Janvier : Plutôt que de reconnaître honnêtement son erreur, Le Monde a sorti, le 21 Janvier, un article intitulé : "Un rapport trompeur sur le changement climatique circule sur le Net", tout en éclipsant, purement et simplement, son article délirant figurant sur son propre site, relatant le contenu de la dépêche AFP cité ci-dessus.

De fait, vu son énormité (+24°C en cent ans !) le rapport en question n'était trompeur que pour ceux qui voulaient être trompés où publiaient la dépêche sans la lire ou la comprendre.

Si c'est bien Eurekalert (officine habituelle de l'AAAS) qui a lancé la nouvelle (sans doute à la demande de l'EFU. L'AAAS, cela fait sérieux), celle-ci a été reprise immédiatement par l'AFP (agences française et américaine), puis relayée, et "analysée" par Le Monde (et beaucoup d'autres) à partir de la source AFP, sans le moindre esprit critique. Le Monde n'a donc pas tiré son "information" du Net mais bien d'une agence de presse officielle censée vérifier ses sources.

"Le Net", comme dit le Monde, n'a réagi que par la suite, à la lecture des compte-rendus publiés par les journaux comme Le Monde, et c'est bien le "le Net" qui a relevé la bourde qui avait échappé aux journalistes de l'AFP, du Monde et des autres journaux, visiblement aussi peu scrupuleux les uns que les autres.
Les réactions des abonnés au Monde dans les commentaires qui suivent cet article sur le "rapport trompeur" en disent long sur l'exaspération de nombre de ses lecteurs. Lisez-les, avant que le journal ne les supprime à leur tour.
Le journal ne présente pas le moindre mot d'excuse auprès de ses lecteurs pour avoir relayé cette bourde inacceptable, ce qui aurait été la moindre des choses. Ni d'ailleurs de remerciement pour ceux qui ont signalé cette énormité.

Par contre, l'ex-Journal de Références avance une attaque sournoise contre "Le Net" qui semble être devenu le grand Satan des journalistes parce qu'il ne laisse (et ne laissera) plus rien passer.
Hélas, il est vrai que c'est moins facile qu'auparavant. Dure époque pour les journalistes approximatifs ou(et) militants !

A signaler également que Le Monde publie (dans son édition papier, le 22) un interview élogieux de James Hansen, le "gourou" du réchauffement climatique anthropique, dont vous avez pu apprécier, ci-dessus, les dons de prévisionniste inspiré.


Bref, encore une grosse bourde qui s'ajoute à la longue collection de celles qui sont énumérées, ci-dessous, dans cette page.
Entre autres, je vous recommande la lecture de ce billet alerte de V. Bénard, titré " Réchauffement climatique : la presse française ne sait même plus désinformer intelligemment".

En conclusion, et bien que de manière globale, la couverture médiatique du réchauffement climatique ne fasse plus recette et soit en chute libre comme l'a montré une étude récente, on assiste et on assistera sans doute encore à des surenchères délirantes du type de celle commentée ici, de la part d'individus ou d'organisations activistes qui ont tout investi dans cette affaire. On les comprend.

Par contre, il est regrettable que nos "faiseurs d'opinion" que sont l'
Agence France Presse (qui n'en est pas à son coup d'essai) ainsi que quelques autres et, surtout l'ex "journal de référence" (Le Monde) qui ne leur cède en rien sur ce sujet, en soient arrivés là.
Dans ces conditions, il n'est guère surprenant que Le Monde (comme les autres) perde des lecteurs, mois après mois, et ceci depuis des années.

L'activisme affiché de certains de ces "
journalistes d'opinion scientifique", hors de propos en matière de sciences incertaines comme la climatologie, n'y est probablement pas étranger.
La mission des journalistes scientifiques n'est-elle pas de rapporter factuellement sur les progrès de la science, sans prendre part aux débats et aux querelles qui ont, de tout temps, eu lieu entre les scientifiques et pour lesquels les journalistes sont très loin d'avoir les qualifications et l'expérience requises ?

C'est ainsi qu'on a vu récemment certains de ces "journalistes d'opinion scientifique" faire la leçon à plusieurs académiciens chevronnés tout en les assimilant à des "ennemis de la science".
Curieuse époque !


Mais peut-être n'est-ce pas si nouveau. Un lecteur érudit (merci à lui) m'a fait passer des copies de textes d'époque (1864) qui montrent l'extrême violence des attaques journalistiques (ainsi d'ailleurs que de la part de membres de l'académie des sciences) subies par Louis Pasteur, lorsque ce dernier entreprit, à juste titre, de démonter l'idée absurde de la génération spontanée.
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PS : De très nombreux lecteurs se sont inquiétés que j'aie quelque peu délaissé, pendant quelques mois, nos chers bonnets d'âne. Ce n'était pourtant pas les candidatures qui manquaient et les propositions affluaient de la part des lecteurs assidus de ce site. En réalité, il n'y a pas que le nombre de candidats aux bonnets d'âne qui se soient multipliés. Nous vivons actuellement une période enrichissante dans laquelle la science climatique fait de gros progrès. De manière remarquable, de plus en plus nombreux sont les articles qui s'écartent du dogme en vigueur et traitent, entre autres, des possibles influences du soleil, des oscillations océaniques etc. sur le climat et suivre tout cela au jour le jour devient très chronophage.

Stay tuned !


10 Juin 2010 : "Notre planète en danger : Si l'oxygène vient à manquer ... ". Tel est le titre d'un livre (photo de couverture ci-contre) qu'Amazon.fr, qui connaît visiblement très bien mes centres d'intérêt (!), vient de lyonnet1m'inviter à faire l'emplette en m'aguichant avec la promesse d'une livraison gratuite....
Ils sont bien tombés !

Après avoir admiré la couverture ci-contre qui ne nous montre sûrement pas des panaches de CO2 mais plus probablement de la vapeur d'eau condensée, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager le commentaire aussi risible qu'apocalyptique de l'éditeur. Il vaut le détour (et aussi un accessit au bonnet d'âne de ce mois-ci). Un vrai morceau d'anthologie.
La présentation de l'Editeur, généralement rédigée pour attirer le chaland, figure probablement en "4-de-couv" comme disent les professionnels de l'édition.

Présentation de l'éditeur

Nous, locataires de la planète Terre, industrialisés et informatisés, assistés depuis deux bons siècles par trois bonnes énergies fossiles et depuis un demi-siècle par une meilleure énergie nucléaire, sommes-nous conscients, aujourd'hui, de nos erreurs et de nos excès ? Le temps nous est compté, cessons de détruire pour construire et préserver à notre planète, son oxygène. En pleine polémique sur la taxe carbone, un livre à lire absolument ! La production de gaz à effet de serre augmente de jour en jour et nous commençons juste à nous inquiéter de ses répercussions sur notre environnement. Parallèlement, le problème de l'oxygène reste dans l'ombre alors qu'il doit être considéré comme primordial. Sans oxygène, pas de vie possible. S'il venait à manquer, quelle vie pour nous et nos enfants ? Plus nous produisons des gaz nocifs, plus nous nous privons d'un oxygène indispensable. Il est tellement facile de respirer que le manque nous semble fort improbable. Pourtant… Notre folie destructrice nous conduit vers une inévitable diminution de ce gaz vital avec pour conséquence une modification irréversible de notre mode de vie.

L'Editeur s'appelle "les trois spirales" (infernales, sans doute) et ce monument de la littérature, écrit par Sophie et Michel Lyonnet qui n'en sont pas à leur coup d'essai, figure dans la collection pompeusement, et surtout abusivement, nommée "Dossier Vérité". Est-ce de l'ironie ?
Ce livre est paru le 6 avril 2010. Le 1er avril aurait été plus indiqué.

Ainsi, après les divagations de Paul Erhlich (de Stanford, dans les années 60) sur ce même sujet et sur d'autres qui figurent en place d'honneur dans le bêtisier, après celles de Peter Tatchell, activiste anglais notoire et titulaire du deuxième bonnet d'âne du mois d'août 2008 pour un article consternant, publié dans le Guardian UK, (Tatchell faisait la pub de son collègue Roddy Newman qui devait publier un livre mémorable intitulé "The Oxygen crisis", dont je ne trouve pas trace), voici qu'un couple et un éditeur français en rajoutent une couche..

C'est à désespérer ! Le bon sens le plus élémentaire, un peu de recherche sur les variations de la teneur en oxygène de notre planète au cours des âges et de sa dépendance avec l'altitude, de simples calculs d'ordre de grandeur, ne sont-ils pas à la portée du premier venu ? Il semble que non.

Me faut-il, une fois encore, rappeler que des scientifiques de renom se sont clairement prononcés sur ce sujet ?

Tel
l'éminent professeur Wallace Broecker de l'Université de Columbia qui nous dit que de 1989 à 2008, la concentration en oxygène de l'atmosphère a décru d'environ 2 parties par million (2 ppmv) par an. Compte tenu du fait que l'atmosphère contient 209.500 ppmv (NDT: c'est à dire 20,9% environ, tandis que le CO2 n'est que 0,039%) on voit immédiatement que la variation est absolument infinitésimale. Broecker ajoute :

"Pour faire simple, disons que notre atmosphère est dotée d'une réserve si énorme de ce gaz (NDT : l'oxygène) que même si nous brûlions toutes nos réserves fossiles, tous nos arbres et toute la matière organique stockée dans les sols, nous n'utiliserions qu'une faible fraction de de l'oxygène disponible. Quelle que soit l'idiotie de notre comportement vis à vis de notre héritage environnemental, nous n'avons tout simplement pas la capacité de faire plus qu'une petite brèche dans notre réserve en oxygène."

Ou encore Ray Langenfelds du CSIRO (le CNRS australien) qui nous dit que pendant les 20 années où il a été mesuré, le taux d'oxygène n'a décru que de 0,03% . Il ajoute que les fluctuations typiques du taux d'oxygène dans un intérieur de maison sont bien supérieures à cette variation. Il est superflu d'ajouter que cette variation est absolument négligeable par rapport aux 20,95% de l'atmosphère et que cela n'a rigoureusement aucune conséquence sur la respiration de la biosphère, des mers, des continents et des humains. Comme le CO2, quelle que soit son origine, est inévitablement fabriqué avec de l'oxygène, il est absolument naturel que quand le taux de CO2 augmente, le taux de O2 diminue. Comme on peut l'observer.

D'autres sont moins indulgents avec des affirmations du genre "Si l'oxygène vient à manquer" du livre publié par les Lyonnet. Ainsi Roy Spencer que je cite parce que les lecteurs de ce site le connaissent bien, avait dit, à propos de la "crise de l'oxygène" annoncée par Tatchell "Il est difficile de faire plus stupide"...C'est exactement ce que je pense au sujet de ce livre du couple Lyonnet ainsi que du commentaire de l'éditeur des "Trois spirales".
On peut, certes, vouloir protéger la planète et tout ce qui y vit, mais certainement pas au prix de tels délires apocalyptiques qui font beaucoup plus de mal que de bien à la cause qu'ils prétendent défendre.yanoxy1

Comment ont réagi les lecteurs potentiels, dès la sortie de ce livre, le 6 avril 2010 ?
Visiblement très mal. Aucun commentaire, ce qui n'est pas bon signe. D'autre part, ce livre est immédiatement tombé dans les limbes du classement d'Amazon.fr. Deux mois -seulement- après sa parution, cet ouvrage consternant est classé au rang 78.000, ce qui est, sans aucun doute, le critère d'un échec commercial retentissant. Les lecteurs sont visiblement beaucoup moins crédules et, surtout, beaucoup plus éduqués que que ne le pensent les éditeurs de ce genre de bouquin qui était -je vous le rappelle-, et selon l'éditeur, destiné à soutenir la "taxe carbone". On comprend qu'Amazon.fr ne fasse pas payer le port d'un tel navet...

Dans ces conditions, l'attribution du bonnet d'âne (modèle ordinaire), avec palmes et félicitations du jury, du mois de Juin 2010, n'est qu'une formalité. Félicitations aux heureux récipiendaires. Comme de juste, l'éditeur des "trois spirales" reçoit un accessit, bien mérité, lui aussi.
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Comme vous l'avez certainement compris, la parution de ce "livre" des époux Lyonnet, ne mérite guère plus que les quelques lignes que j'ai écrites ci-dessus pour détendre l'atmosphère et souffler un peu avant la publication (à venir) d'articles autrement plus importants, sur les premiers résultats encourageants du projet CLOUD (effets des rayonnements ionisants sur la formation des nuages) en cours au CERN de Genève, sur les reculs des glaciers alpins corrélés à l'Oscillation Atlantique Multidécennale, sur les cycles planétaires en relation avec les cycles climatiques etc...

La science progresse à pas de géant, en ce moment.
Chers lecteurs, lectrices, "stay tuned", restez à l'écoute !


09 Mars 2010 : Le journal Libération pratique l'acharnement thérapeutique pour tenter de sauver, entre autres, le rapport scientifique 2007 du GIEC qui se trouve en état de mort clinique, écrasé sous le poids de ses erreurs et par l'utilisation d'une multitude de citations de références aussi risibles que fantaisistes (brochure d'alpinistes, rapports d'étudiants, dossiers WWF ou Greenpeace, coupures de presse etc...) (voir ci-dessous). Libé nous annonce une grande nouvelle dans son blog intitulé Sciences2:

"l'Amazongate s'écroule" ..

Tiens donc ! Voyons cela.

Nous (et quelques milliers d'autres) aurions donc mal interprété le fait que la source primaire citée par le GIEC pour soutenir l'idée que 40% de la forêt amazonienne risquait de disparaître en cas de sécheresse, n'est rien qu'autre qu'une brochure de l'an 2000 (Y2K ?) du WWF/IUCN (deux associations écologistes renommées) signée par les désormais célèbres duettistes Rowel et Moore, dont l'un (Moore) est, de son propre aveu, un analyste décisionnel et un spécialiste des questions administratives (CV ici) et l'autre un journaliste "freelance" (pour le Guardian) et un activiste vert (voir plus bas des détails sur ces deux "sommités" jugées dignes de figurer comme référence dans un rapport scientifique du GIEC).

De même , nous aurions mal interprété le fait que cette brochure écologiste est, elle même, basée sur un article de Nature 1999 intitulé "Appauvrissement à grande échelle des forêts Amazoniennes par bûcheronnage et feux" qui est ainsi jugé par un spécialiste de la question (Simon Lewis, membre élu de la Royal Society, à l'Université de Leeds) comme non pertinente pour le but poursuivi, en ces termes :

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous extrêmement importants pour comprendre la vulnérabilité de la forêt Amazonienne, mais cet article ne concerne pas la vulnérabilité de ces forêts à cause de réduction de pluviométrie. " a-t-il déclaré.
"A mon avis, le rapport de
Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée."

...ce qui explique, sans doute, pourquoi les auteurs du rapport du GIEC n'ont pas voulu prendre cet article de Nature comme source primaire et lui ont préféré une brochure du WWF/IUCN
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Addendum du 27 juin 2010 : Misère ! L'Amazongate bouge encore ! : Vers la fin du mois de Juin 2010, Simon Lewis a émis une protestation auprès du Sunday Times en déclarant que ce journal aurait dénaturé ses propos (sa citation ci-dessus), ce dont le Guardian UK sous la plume de Monbiot et Libération (qui en déduit "que le vent tourne" !) ont immédiatement tiré parti pour en conclure que le rapport du GIEC 2007 était parfaitement correct et que l'Amazongate était définitivement mort et enterré parce que le Sunday Times avait baissé les bras...

On peut déjà s'étonner que les affirmations publiées, dans un sens ou dans l'autre, dans un journal grand public tel que le Sunday Times, ou les autres, puissent modifier en quoi que ce soit, le contenu d'un rapport du GIEC publié il y a déjà trois ans.

Quoiqu'il en soit et pour se prononcer en connaissance de cause, il est plus intéressant, et surtout plus honnête, de lire le texte de la lettre de protestation adressée par Simon Lewis à Jonathan Leake du Sunday Times, le journaliste anglais auteur d'un billet plutôt provocateur sur l'Amazongate. On y trouve, entre autres, le texte de cet email adressé par Simon Lewis à Jonathan Leake, extrait de la page 5 de la lettre de Lewis à Jonathan Leake (pdf) ::

"The 40% claim is not actually referenced in the Rowell & Moore 2000 report (they use Nepstad to reference the specific figures in the next sentence). The Nepstad Nature paper is about the interactions of logging damage, fire, and periodic droughts, all extremely important in understanding the vulnerability of Amazon forest to drought, but is not related to the vulnerability of these forests to reductions in rainfall. I don’t see how that can be the source of Rowell’s 40% claim. Its more likely an unreferenced statement by Rowell."

Traduction :" L'affirmation sur les 40% n'est effectivement pas référencée dans le rapport de Rowell & Moore 2000 (Ils ont utilisé Nepstad pour référencer les données spécifiques dans la phrase suivante). L'article dans Nature de Nepstad traite des interactions entre les dommages causés par le bûcheronnage et les feux et les sécheresses périodiques qui sont tous importants pour comprendre la vulnérabilité des forêts Amazoniennes vis à vis des sécheresses, mais il n'est pas en rapport avec la vulnérabilité des ces forêts vis à vis des réductions de pluviométrie. Je ne vois pas comment ceci peut-être la source des 40% de Rowell. Il s'agit plus probablement d'une affirmation de Rowell, non supportée par une référence."

Pour comparer, revoici ci-dessous, le texte initial publié en janvier dernier, par le Times online et le Sunday Times :

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous extrêmement importants pour comprendre la vulnérabilité de la forêt Amazonienne, mais cet article ne concerne pas la vulnérabilité de ces forêts à cause de réduction de pluviométrie. " a-t-il déclaré.
"A mon avis, le rapport de
Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée."

Je ne sais pas pour vous, mais je ne vois guère de différence notable avec le texte initial publié par le Sunday Times (le deux textes rejettent l'article de Nature comme non pertinent), sauf, peut-être, pour la conclusion adoucie, mais malheureusement toujours aussi destructrice vis à vis d'un rapport du GIEC qui se voit comme la référence absolue en la matière : " Je ne vois pas comment ceci peut-être la source des 40% de Rowell. Il s'agit plus probablement d'une affirmation de Rowell, non supportée par une référence, " qui remplace le texte initial du Sunday Times " "A mon avis, le rapport de Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée"

A l'exception du fait que Simon Lewis ne semble plus voir d'objection à ce que les rapports officiels du GIEC se réfèrent à des sources non peer-reviewées (un rapport du WWF qui se référe, lui-même, à un article non pertinent sur la question) et à des estimations chiffrées non publiées, ou introuvables (les fameux 40%)- ce qui est quand même un comble pour un scientifique-, le texte rectificatif de Lewis n'apporte rien de nouveau.
Juste un "adoucissement", et son soutien aux allégations du GIEC (et du WWF). Ce que l'on comprend très bien quand on imagine le scandale soulevé par le texte initial du Sunday Times parmi les amis de Simon Lewis qui travaillent avec lui sur le projet "Valuing the Arc" auquel collaborent justement ...WWF-Tanzanie et WWF-US ...Lewis a dû se faire sérieusement sonner les cloches aussi bien par ses amis du WWF que par ses collègues de l'Université de Leeds qui figure, avec l'Université d'East Anglia (celle des emails volés et du Climategate) dans les petits papiers... et les dotations du WWF . On comprend que Lewis se donne du mal pour rattraper la gaffe.
Amusant ! Mais vraiment inquiétant pour ce qui est de l'indépendance des chercheurs qui travaillent dans ce domaine.

A noter aussi que le texte initial de la déclaration de Simon Lewis que j'avais repris du Times-on-line (et non pas du Sunday Times) semble avoir été retiré par l'éditeur de ce journal. Visiblement, les journalistes anglais ont d'autres chats à fouetter en ce moment.
Je ne vois pas la nécessité d'en dire plus sur cette question qui ne me paraît guère avoir évolué contrairement aux affirmations de certains :

Les faits qui sont reprochés au rapport AR4 du GIEC demeurent très exactement ce qu'ils étaient et les récentes déclarations de Simon Lewis ne font que les confirmer : Citation exclusive d'un rapport du WWF non peer-reviewé se référant à un article non pertinent ainsi qu'affirmations chiffrées ne reposant sur aucune source identifiable et vérifiable.

C'est plutôt grave pour un "rapport scientifique de référence". Et ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres.

rain

D'autres, qui ont pris cette affaire au sérieux, ont consacré du temps pour effectuer une analyse complète de cette tempête dans un dé à coudre. Si vous lisez l'anglais, et si cette affaire vous intéresse encore, vous devriez lire ceci où on trouve un graphique intéressant (ci-contre)

Ce graphique indique les précipitations (en mm/an) de 1910 à 2010 sur l'Amazonie d'après quatre agences officielles CRU, NCDC, GPCC et TRMM (TRMM, plus recent, est basée sur les mesures satellites).

Comme vous le voyez, aucune tendance à la baisse de la pluviométrie n'est actuellement décelable sur les cent dernières années. Il tombe entre 2 m et 2,5 m d'eau par an sur l'Amazonie, ce qui est considérable.


Quoiqu'il en soit, on peut espérer que le prochain rapport scientifique de l'IPCC, l'AR5, sera beaucoup plus circonspect sur ses affirmations (du genre "l'Himalaya aura fondu en 2035") et beaucoup plus vigilant quant à la qualité de ses références.


C'est d'ailleurs tout ce que nous demandons.
Du moins à Pensee-Unique.fr.

Dernière minute : 07/07/10 : Richard North qui a eu une sévère prise de bec avec Monbiot du Guardian UK au sujet de l'Amazongate, aurait retrouvé la source du fameux 40% sur laquelle se serait basé Rowel du WWF.Inutile d'ajouter que cette source dont on ne connait même pas l'auteur, n'a strictement rien d'un document scientifique...
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Outre le fait que l' article de Nature s'intéresse fondamentalement aux zones dévastées par le bûcheronnage, nous aurions (nous et des milliers d'autres) mal lu et mal compris cet article qui me mentionne jamais une prévision de 40% pour la proportion de la disparition de la forêt Amazonienne (c'est à dire y compris celle qui est intacte) par effet de sécheresse ?
Ce serait quand même un peu étonnant ....

Mais alors, quel est le fait nouveau, déniché par le journaliste de Libération, qui justifie son affirmation que l'"Amazongate s'écroule" ?
Ce fait nouveau, décisif selon Libé, ce sont les déclarations d'un chercheur.

1) Ce chercheur, qui est-il et où travaille-t-il ?

Il s'appelle Daniel Nepstad et figure, en premier, dans la liste des auteurs de l'article de Nature 1999 qui est cité dans la brochure du WWF/IUCN qui elle-même, sert de référénce primaire au rapport du GIEC sur la sécheresse en Amazonie..
whrc

Libération nous affirme qu'il est un chercheur 'réputé' du Woods Hole Research Center (WHRC) dont voici le logo ci-contre. En réalité, le WHRC n'est rien d'autre qu'une Organisation de Défense de l'Environnement privée (où d'ailleurs était inscrit John Holdren, malthusien notoire (il a rédigé un livre sur ce sujet avec Paul Ehrlich) et ... récemment promu conseiller du Président Obama).
whoi

La ressemblance des noms prête souvent à confusion entre le WHRC, organisation privée écologiste, avec la très réputée Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) qui, elle, fait de la recherche intensive, sérieuse et reconnue.

2) Que nous a déclaré le chercheur du WHRC qui justifie "l'écroulement de l'Amazongate", selon Libération ?

Nepstad, le chercheur réputé du WHRC, a publié un "communiqué énervé", (nous dit Libération) qui nous affirme -ses propres articles à l'appui et en oubliant tous les autres- que le GIEC avait bien raison avec ses fameux 40%.
Si une telle déclaration de la part d'un chercheur travaillant au sein d'une organisation dédiée à l'environnement n'est pas vraiment étonnante, il est plus surprenant que ce dernier, prétendant faire le point sur la question, ne fasse pas mention d'autres articles que les siens et notamment de ceux qui ne vont pas dans son sens, comme cet article de
Science de 2007 que j'ai commenté dans cette page. Lequel constate un reverdissement étonnant et non prévu par les modèles, de la forêt amazonienne pendant la sécheresse de 2005. Ce qui a évidemment surpris tous les spécialistes de la question.
Pour mémoire, en voici le titre, les auteurs et le résumé :


Amazon Forests Green-Up During 2005 Drought ( Scott R. Saleska, Kamel Didan, Alfredo R. Huete, Humberto R. da Rocha)

"Coupled climate-carbon cycle models suggest that Amazon forests are vulnerable to both long- and short-term droughts, but satellite observations showed a large-scale photosynthetic green-up in intact evergreen forests of the Amazon in response to a short, intense drought in 2005. These findings suggest that Amazon forests, although threatened by human-caused deforestation and fire and possibly by more severe long-term droughts, may be more resilient to climate changes than ecosystem models assume."

Soit : "Reverdissement des forêts Amazoniennes durant la sécheresse de 2005"

"Les modèles couplés climat-cycle du carbone suggèrent que les forêts Amazoniennes sont vulnérables à la fois aux sécheresses de courtes et de longues durées, mais les observations satellites ont montré un reverdissement photosynthétique à grande échelle dans les forêts amazoniennes toujours vertes et intactes, en réponse à la brève mais intense sécheresse de 2005. Ces observations suggèrent que les forêts amazoniennes, bien que menacées par la déforestation humaine et les incendies et, peut-être, par les sécheresses plus sévères et de longue durée, peuvent être plus résistantes aux changements climatiques que les modèles des écosystèmes le suggèrent."

Addendum du 13 Mars 2010 : Un article tout chaud sur ce sujet vient de paraître au GRL qui utilise un nouveau traitement d'image et un nouveau dispositif de mesure (NASA MODIS) . L'auteur principal de cet article déclare “We found no big differences in the greenness level of these forests between drought and non-drought years, which suggests that these forests may be more tolerant of droughts than we previously thought,” said Arindam Samanta, the study’s lead author from Boston University. Soit : "Nous n'avons pas trouvé de grandes différences dans les niveaux de vert de ces forêts entre les années avec et sans sécheresses, ce qui suggère que ces forêts peuvent être plus tolérantes aux sécheresses que nous le pensions auparavant." a déclaré Arindam Samanta, l'auteur principal de l'Université de Boston." A titre exceptionnel, l'article en pdf est ici.
Autrement dit, peut-être pas de reverdissement évident, mais la résilience des forêts amazoniennes à la sécheresse intense de 2005 est confirmée.

Nepstad, notre "réputé" chercheur du WHRC n'aurait-il pas fait un peu de "cherry-picking" (sélection d'articles) pour parvenir à sa conclusion ? On peut se le demander.

3) Mais ce qui est plus intéressant et que Libération s'est bien gardé de mentionner, c'est la conclusion du "communiqué énervé" du chercheur Nepstad. (in cauda venenum)
La voici :

"In sum, the IPCC statement on the Amazon was correct. The report that is cited in support of the IPCC statement (Rowell and Moore 2000) omitted some citations in support of the 40% value statement."

"En résumé, la déclaration du GIEC sur l'Amazonie était correcte. Le rapport qui est cité pour soutenir la déclaration du GIEC (Rowell et Moore 2000) a omis des citations pour étayer l'affirmation sur la valeur de 40%"

C'est le moins que l'on puisse dire ! En effet, l'article de Rowell et Moore du WWF/IUCN, cité par le GIEC comme source primaire " a omis des citations pour soutenir l'affirmation sur la valeur de 40% ".
En fait, il les a toutes oubliées... s'il y en avait.

Et en réalité, si des articles mentionnés par Nepstad prouvaient ce qu'il affirme, on se demande vraiment pourquoi, avec ses 2500+ de participants dont le GIEC se réclame constamment, les auteurs principaux de l'AR4 n'ont rien trouvé d'autre qu'une brochure du WWF/NIHC, citant un article inapproprié, pour soutenir leur argumentaire ....C'est aussi impardonnable que ridicule.

Et c'est très précisément cela qui a valu l'appellation "d'Amazongate" à cette partie du rapport du GIEC : L'incapacité flagrante de ses auteurs à s'appuyer sur des sources scientifiques avérées.
Merci donc au chercheur réputé (Nepstad) du WHRC, cité par Libération, de l'avoir confirmé par écrit.

De manière plus générale - répétons-le- ce que l'on reproche au GIEC et qui lui a valu toute une série de xxxx-gates et une convocation de son CEO (Pachauri) par son patron, au siège de l'UNEP de l'ONU, c'est son incapacité à publier, tous les 6 ans, un rapport scientifique digne de ce nom alors qu'il prétend servir de référence à la prise de décisions fondamentales au niveau mondial.
Rien que ça. C'est quand même une assez lourde responsabilité qui mériterait un peu de rigueur et d'attention. Non ?
Même si ce rapport comporte 3000 pages, avec les 2500+ "top-scientists", cela ne fait pas beaucoup plus d'une page à vérifier par "top-scientist"... tous les 6 ans. N'est ce pas ?

fourmilier

Je crois que cette "confusion" volontaire ou non, de la part de Libération mérite un joli bonnet d'âne en poil de fourmilier (ci-contre : C'est un animal sympathique fréquent en Amazonie. Si j'avais été "énervé", comme Nepstad, j'aurais choisi un tatoo. C'est beaucoup moins soyeux, un tatoo).
Si je compte bien, cela doit être le deuxième bonnet d'âne en quelques mois.

On se fait sa petite collection ?

Vous trouverez ci-dessous une analyse beaucoup plus détaillée sur cet Amazongate qui est très loin de s'écrouler... Il n'en va sans doute pas de même du GIEC, du moins tel que nous l'avons connu.

 

02 Février 2010 : GIECgate ? Le Glaciergate décrit ci-dessous est loin d'être un cas isolé dans le rapport 2007 du GIEC. Il y a aussi le Malarigate, l'Amazongate, le Nederlandgate, l'Africagate...toute une série d'affirmations alarmistes erronées ou basées sur du vent.
Une relecture attentive de ce "monument" rédigé par les auteurs principaux et contributeurs du GIEC, montre que plusieurs
affirmations ultra-alarmistes publiées dans ce rapport officiel, ne sont basées que sur des articles non-publiés (voire, démentis peu après) ou des brochures non revues par les pairs, rédigées par des organisations partisanes et parfois pire encore.

Les rédacteurs du rapport GIEC AR4 (2007) ont fait vraiment très fort. Et ceci, en totale contradiction avec les statuts de l'organisation et les affirmations de son directeur (R. Pachauri) qui répétait sans cesse que les rapports du GIEC ne reposaient que sur des articles scientifiques revus par les pairs (peer-reviewed) ou des articles "rigoureusement sélectionnés" rédigés, bien entendu, par les meilleurs des 2500 "top-scientists" de la planète. La crème, quelque sorte....

Comme on pouvait s'en douter et alors que la suspicion s'est installée dans les esprits à la suite du Glaciergate et du Climategate décrits dans les billets précédents (ci-dessous), un certain nombre de scientifiques, de journalistes ou d'experts avertis se sont lancés dans l'examen scrupuleux du volumineux document officiel que représente l'AR4 du GIEC.Et notamment, la partie rédigée par le groupe II, le WG2 qui s'intéresse aux conséquences prévisibles du réchauffement climatique. Etudier scrupuleusement ce document implique non seulement une lecture attentive du texte mais, aussi et surtout, la recherche et la vérification des sources, la cohérence du texte avec les sources, les qualifications des auteurs etc..

Il est d'ailleurs étonnant de constater qu'il a fallu attendre plus de deux ans pour qu'un examen attentif de ce document soit enfin entrepris. Sans doute, les multiples et subtils processus d'élaboration, de relecture.et de correction constamment mentionnés par le Chairman du GIEC, R. Pachauri, avaient-ils fini par persuader qu'un tel monument ne pouvait être que parfait et, donc, ne pouvait souffrir la moindre critique...
ipccprocess

D'ailleurs le diagramme ci-contre qui figure sur le site du GIEC et qui explique succinctement la longue marche qui conduit aux rapports finaux, est très impressionnant...

Ce processus long, patient et rigoureux (?) a été utilisé pour la publication pluriannuelle (tous les 6 ans environ) des rapports appelés successivement FAR (First assessment report), SAR (Second AR), TAR (Third AR) et finalement l'AR4 (fourth AR) qui est le plus récent. l'AR4 est sorti en 2007 plusieurs mois après la parution du résumé appelé SPM (Résumé pour les Décideurs) ce qui a paru plutôt inhabituel à quelques esprits enclins à la critique qui s'étonnaient perfidement qu'on puisse publier un "résumé pour les politiques" plusieurs mois avant de disposer du document scientifique complet.

De fait, cela semble être une pratique naturelle pour ceux qui ont conçu le diagramme ci-contre. L'idée -on l'a compris- est "d'adapter" le volumineux rapport scientifique, avant sa publication, afin qu'il soit rendu cohérent avec le "Résumé pour les Décideurs" qui a été, préalablement, examiné et approuvé par les représentants des gouvernements pour lesquels le volumineux rapport scientifique est parfaitement indigeste.
C'est aussi une reconnaissance du fait que les assertions des scientifiques sont, en général, beaucoup plus mesurées et prudentes que celles que l'on peut lire dans le "Résumé pour les Décideurs". Il convenait donc que la différence ne soit pas trop visible...
Tout ceci est évidemment profondément choquant pour les esprits naïfs qui, comme moi, pensent que le constat scientifique doit précéder la prise de décision, non l'inverse, et que la politique n'a pas à "dicter la science"...

Ainsi et au fil des 19 années (le FAR date de 1991) écoulées, et à l'exception notable des querelles scientifiques de spécialistes qui ont cours autour du rapport du WGI (Groupe I : les bases scientifiques du Réchauffement Climatique) mais qui n'ont que très rarement débordé la sphère des milieux scientifiques (sauf lors du Climategate) les rapports successifs du GIEC n'ont guère fait l'objet de critiques connues du grand public. En tout cas, et jusqu'à ces dernières semaines, aucune n'était parvenue à percer l'armure de la sphère médiatique.
Pourtant, l'alarme avait été déjà tirée il y a quelques années et répétée à de nombreuses reprises depuis lors. Mais c'était "vox clamans in deserto", semble-t-il. Cette affaire, si elle avait été connue des médias (anglophones) et du grand public, aurait, sans aucun doute, été baptisée :

Le Malariagate : reiter2


En effet, un membre éminent du GIEC, le Professeur Paul Reiter (ci-contre), scientifique mondialement connu et estimé, avait tiré le signal d'alarme sur les dysfonctionnements inacceptables du GIEC, lors de la rédaction du TAR (en 2000).

Reiter dirige l' "Unité Insectes et Maladies Infectieuses" de l'Institut Pasteur de Paris. Son désaccord profond avec le comité de rédaction du WGII (celui-là même du glaciergate, mais dans la section "Impacts sur la Santé") et les instances du GIEC ont motivé sa démission. Depuis lors, Le professeur Paul Reiter s'évertue à lutter contre ce qu'il appelle, par exemple et entre autres, "Les mythes sur les liens entre paludisme et changements climatiques" (9 sept 2009).
Reiter, visiblement outré par ce qu'il avait aperçu du fonctionnement du GIEC pour la partie qui le concerne, a rédigé un mémorandum pour la Chambre de Lords anglaise. Ce mémorandum qui date de mars 2005, mérite d'être lu et médité. Il dévoilait, quelques années à l'avance, les graves défectuosités d'une instance qui fait encore l'admiration des autorités et de la presse françaises mais que les presses anglophone et germanophone n'hésitent plus à dénoncer.

Voici des extraits du témoignage de Paul Reiter adressé aux Lords Anglais, en 2005, au sujet des rapports SAR, TAR et AR4 (en préparation à l'époque). Le texte suivant exclut les références bibliographiques que vous retrouverez dans l'original :
C'est, sans doute, un peu long à lire mais ce témoignage est révélateur du fonctionnement interne du GIEC. Il permet de mieux comprendre les véritables fondements des erreurs qui sont actuellement reprochées au rapport AR4 du GIEC.
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Du paragraphe 1 à 10, Paul Reiter se présente et donne quelques détails sur ses qualifications. Il explique que le développement de la malaria n'est pas corrélé avec la température et que celle-ci a causé des ravages très importants dans les régions froides (en Sibérie et dans le cercle arctique, par exemple) comme dans les régions chaudes et humides. Il rappelle que le House of Parliament anglais est bâti sur les lieux même d'un ancien marécage qui était connu pour être un foyer de propagation de la malaria pendant la période froide du petit âge glaciaire (XVIème-XVIIIème siècle)...En bref, la malaria comme d'autres maladies transportées par les insectes, est loin d'être une maladie exclusivement tropicale. Reiter poursuit :

"GIEC SAR Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine.

  11.  Ce chapitre est sorti à un moment critique du débat sur le changement climatique. Un bon tiers était consacré aux maladies propagées par les moustiques, principalement la malaria. Ce chapitre eut un impact très important dans le débat public et il est même encore cité de nos jours, malgré le chapitre mieux informé sur ce sujet du TAR (voir ci-dessous).

  12.  La littérature scientifique sur les maladies propagées par les moustiques est volumineuse, mais les références du texte du chapitre étaient limitées à une poignée d'articles, dont beaucoup sont relativement obscurs [NDT : c'est à dire peu connus] et dont pratiquement la totalité suggérait une augmentation de la maladie dans un climat plus chaud. La pauvreté de l'information n'est pas vraiment surprenante : Pas un seul des auteurs principaux n'avait jamais rédigé un article scientifique sur ce sujet. En outre, deux des auteurs, tous les deux médecins, avaient passé toute leur carrière en tant qu'activistes environnementalistes. Un de ces militants avait publié des articles "professionnels" en tant qu'expert sur 32 sujets différents qui allaient de l'empoisonnement par le mercure aux mines anti-personnel, de la globalisation et du virus de l'Ouest du Nil au Sida.

  13. Parmi les auteurs contributeurs il y avait un entomologiste professionnel et une personne qui avait écrit un article peu connu sur la dengue et El Niño, mais sa préoccupation principale concernait l'efficacité des casques anti-crash de moto (plus un article sur les effets des téléphones cellulaires sur la santé).

  14.  L'amateurisme du texte de ce chapitre reflète les connaissances limités des 22 auteurs ...

  15.  Parmi les indicateurs éclatants de l'ignorance des auteurs on trouvait l'affirmation que " Bien que le moustique anophèle qui transmet la malaria ne survive pas habituellement quand la température moyenne en hiver descend en dessous de 16-18°C, certaines espèces des hautes latitudes sont capables d'hiberner dans des endroits protégés."
En réalité, beaucoup d'espèces tropicales peuvent survivre à des températures au dessous de ces limites et beaucoup des espèces des régions tempérées peuvent survivre à des températures de -25°C, même dans des endroits "relativement exposés".

  16.  De plus, les auteurs affirmaient que le changement climatique provoquait déjà une remontée de la malaria vers les hautes altitudes (par exemple au Rwanda). Ils citaient des informations publiées par des non-spécialistes qui avaient été vivement démenties dans la littérature scientifique. Dans les années qui ont suivi, ces affirmations ont été répétées à de nombreuses reprises par les activistes environnementalistes, en dépit des recherches rigoureuses et des preuves contraires avancées par quelques uns des meilleurs spécialistes mondiaux de la malaria.[....] Les auteurs du GIEC allaient jusqu'à affirmer qu'"une hausse relativement faible de la température hivernale au Kenya" pourrait étendre l'habitat des moustiques et permettre que la malaria dépasse l'altitude limite habituelle qui est d'environ 2500m pour atteindre les populations des grandes villes non atteintes par la malaria, situées en haute altitude, telles que Nairobi." Et ceci en dépit du fait qu'en 1960 les moustiques étaient présents au dessus de 3000m et que Nairobi n'est qu'à 1600m.
 
GIEC TAR Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine.

  24.  Le troisième rapport impliquait plus de 65 auteurs, dont un seul -un des mes collègues- était une autorité reconnue sur les maladies propagées par les insectes...

25.  Mon collègue et moi-même, nous sommes constamment retrouvés en conflit avec des personnes qui insistaient pour faire des déclarations péremptoires, bien qu'elles n'aient que peu ou pas du tout de connaissance de notre spécialité....

  30.  Les organisations militantes telles que Word Wildlife Funds (WWF) continuent de citer l'affirmation du GIEC selon laquelle la malaria ne peut être transmise que dans les régions ou la température hivernale est au dessus de 16°C. Plusieurs des organisations de ce type affirment même que des cas isolés de malaria aux USA et au Canada pendant "des périodes particulièrement chaudes et humides" sont compatibles avec les projections du GIEC..

GIEC AR4 Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine. (NDT : l'AR4 n'est paru qu'en 2007. Reiter n'évoque donc que la préparation)

 31. Il sera intéressant de voir comment le chapitre sur la santé sera rédigé. Seul l'un des auteurs principaux a déjà été auteur principal et il n'a jamais rien publié sur les maladies propagées par les moustiques. Seul, l'un des auteurs contributeurs dispose d'une liste de publications importante dans le domaine de la santé humaine. Il est un spécialiste de la santé en milieu industriel et toutes ses publications sont en Russe. Plusieurs parmi les autres n'ont jamais publié aucun article.

  34.  ...J'ai répondu par une question à propos des deux auteurs principaux sélectionnés : " Il est souvent affirmé que le GIEC représente les meilleurs scientifiques du monde. Je vous copie les listes de publications de ces deux auteurs principaux sélectionnés. Vous pourrez constater que le premier n'a jamais écrit aucun article et que le second est l'auteur de seulement 5 articles. Est-il possible de considérer ces "auteurs principaux" comme étant expérimentés et représentatifs des meilleurs scientifiques du monde et des spécialistes de ces questions de santé humaine ?

  35.  J'ai aussi fait remarquer que l'un des auteurs principaux était un "hygiéniste" et l'autre spécialiste des déjections fossiles et que tous les deux avaient été co-auteurs de publications d'activistes environnementalistes..

NDT : Réponse du GIEC : En accord avec les statuts, ils ont été proposés par les gouvernements...

Résumé :

  41.  ... A mon avis, le GIEC a rendu un mauvais service à la société en se reposant sur des "experts" qui n'ont qu'une connaissance faible ou inexistante sur le sujet et en leur permettant de proférer des affirmations péremptoires qui ne sont pas basées sur une science avérée. En vérité, les déterminants principaux de la transmission de la malaria et des autres maladies propagées par les moustiques sont la politique, l'économie et les activités humaines...."
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Bref et en résumé, Paul Reiter témoignait, dès 2005 et, au moins pour la partie qui le concerne, de l'incompétence avérée de nombreux auteurs principaux et contributeurs aux rapports du GIEC, de leurs liens évidents avec des associations "activistes environnementalistes" comme le WWF ainsi que leur propension à insérer dans les rapports des affirmations aussi péremptoires que non avérées du point de vue scientifique.

Dès lors, il ne faut pas s'étonner que des affaires comme le Glaciergate (de l'Himalaya) puissent éclater de nos jours. Les symptômes sont d'ailleurs les mêmes : Auteurs peu compétents sur le sujet, affirmations péremptoires infondées et citations de sources telles que des brochures de groupes activistes tels que le WWF, Greenpeace etc. Une analyse montre qu'il y a pas moins de 16 citations de brochures du WWF et 8 de Greenpeace dans l'AR4. Un peu moins dans le TAR.
En voici un autre exemple récent qui a défrayé, et défraye encore, la chronique (anglophone et germanophone) :

L'Amazongate : Toujours dans le rapport du WGII de l'AR4 du GIEC (Chapitre 13), des affirmations alarmistes sur la forêt amazongate2amazonienne, fondées sur une publication incontrôlée du WWF et de l'IUCN, elle-même fondée sur un article de la revue Nature qui, en réalité, ... traite d'un tout autre sujet.


La forêt naturelle amazonienne est en danger. Sans aucun doute, le bucheronnage et le défrichement pour l'agriculture, emputent le territoire naturel au détriment de ce qu'on appelait autrefois (à tort) le poumon de la planète, comme l'ont démontré de nombreuses publications scientifiques de bon aloi.
Concernant le réchauffement climatique et l'influence supposée dramatique des sécheresses, il semble que les idées devaient être un peu trop primaires puisque, comme je vous l'ai expliqué dans cette page, selon un article paru dans Science, la forêt amazonienne avait considérablement reverdi pendant la grande sécheresse Brésilienne de 2005, contrairement aux prévisions des ordinateurs.

Mais cela ne devait pas paraître intéressant aux auteurs principaux et aux contributeurs chargés de la rédaction du chapitre 13 de la section du groupe II du dernier rapport du GIEC. Voici ce qu'ils écrivaient à ce sujet, à la page 596 : (caractères engraissés de PU)

"Up to 40%of the Amazonian forests could react drastically to even a slight reduction in precipitation; this means that the tropical vegetation, hydrology and climate system in South America could change very rapidly to another steady state, not necessarily producing gradual changes between the current and the future situation (Rowell and Moore, 2000). It is more probable that forests will be replaced by ecosystems that have more resistance to multiple stresses caused by temperature increase, droughts and fires, such as tropical savannas."

Soit Jusqu'à 40% des forêts Amazoniennes pourraient réagir dramatiquement à une réduction, même faible, du taux de précipitation. Ceci signifie que la végétation tropicale, l'hydrologie et le système climatique de l'Amérique du Sud pourrait changer très rapidement pour se retrouver dans un nouvel état stable et ceci en n'induisant pas nécessairement un changement progressif entre la situation actuelle et la situation future (Rowel and Moore, 2000). Il est plus probable que les forêts seront remplacées par des écosystèmes qui ont une meilleure résistance à des stress multiples causés par l'augmentation de la température, les sécheresses et les feux, telles que les savanes tropicales. "

Les examinateurs attentifs ont recherché la référence (Rowell and Moore, 2000) qui est indiquée dans ce texte et qui justifie, paraît-il, l'affirmation précédente (en gras) et notamment le chiffre de 40% qui paraît considérable..La voici :amazongate4
Il s'agit encore une fois, d'un document publié lors d'une collaboration entre le WWF (déjà impliqué dans le cas du Glaciergate) et l'IUCN (International union for conservation of Nature) qui sont toutes deux des organisations militantes écologistes bien connues dont les publications ne bénéficient d'aucune certification scientifique avérée. Le lien indiqué ne fonctionne pas mais le rapport auquel il est fait allusion se trouve sur le site de l'UICN.

Quant aux deux auteurs, Rowell et Moore dont les écrits servent de source primaire pour les affirmations de l'AR4 du GIEC, il est rapidement découvert qu'aucun d'entre eux n'est scientifique ni spécialiste, de près ou de loin, de l'Amazonie non plus que des problèmes de sécheresse et de précipitation.

P. Moore est, de son propre aveu, un analyste décisionnel et un spécialiste des questions administratives (CV ici).. Il n'a aucun lien avec la forêt amazonienne.. Andy Rowel est un journaliste "freelance" (pour le Guardian) et un activiste vert. La lecture de son CV se passe de commentaires quand à sa capacité à prévoir le devenir de la forêt amazonienne en cas de faible pluviosité.
" Andy Rowel est un écrivain indépendant et journaliste d'investigation avec plus de 12 années d'expérience sur les sujets environnementaux, la nourriture, la santé et les questions de globalisation. Rowell a entrepris des recherches pointues pour, entre autres, Action sur le fait de Fumer et la Santé, La Campagne pour Libérer les Enfants du Tabac, Les Amis de la Terre, Greenpeace, IFAW, l'Organisation Panaméricaine de la Santé, le Projet Underground, l'Organisation Mondiale de la Santé, Le Monde en Action et le World Wildlife Fund"

Si on est indulgent (mais il est difficile de l'être quand il s'agit du rapport du GIEC qui est censé servir de base à la prise de décisions fondamentales au niveau mondial), on peut se dire que même si les deux auteurs en question sont incompétents, ils ont pu emprunter leurs affirmations à des sources scientifiquement avérées.
Et de fait, nos deux amateurs éco-scientifiques, citent à l'appui de leurs affirmations une lettre (peer-reviewée) parue dans la revue Nature en 1999 qui, elle, bénéficie de l'aval des scientifiques.
Dès lors, puisqu'une source avérée existe, et bien qu'elle soit plutôt ancienne, on se demande pourquoi les auteurs du texte de WGII du GIEC en question n'ont pas utilisé cette référence comme source primaire plutôt que la brochure du WWF-IUCN dont la crédibilité en matière scientifique est plus que douteuse. La réponse apparaît évidente quand on lit le titre de la Lettre de Nature en question. Le voici :

"Large-scale impoverishment of Amazonian forests by logging and fire" soit " Appauvrissement à grande échelle des forêts Amazoniennes par bucheronnage et feux". Cet article est signé par plusieurs chercheurs brésiliens et par deux chercheurs du Wood Hole Research Center et du NASA Ames Center en Californie, une organisation de défense de l'environnement, qu'il ne faut surtout pas confondre avec le très sérieux et réputé Wood Hole Oceanographic Institution qui, lui, fait de la recherche intensive et reconnue. Curieuse cette ressemblance de noms.

Si on recherche, dans cet article pris comme référence par le WWF-IUCN, le chiffre de 40%, on le trouve mentionné comme mesurant la perte de biomasse provoqué par la déforestation ou les feux et non pas comme celui indiquant une quelconque hyper sensibilité "à une variation même faible des précipitations " dont il n'est jamais fait mention dans l'article. Il n'y pas non plus d'indication de possibilité de transformation de forêt en savane tropicale qui semble donc être une pure invention des auteurs du rapport GIEC.
Si on cherche maintenant, toujours dans cette même lettre à Nature, quelle est la proportion de la surface de la forêt amazonienne qui pourrait souffrir du manque d'eau lors d'une sécheresse prononcée et en prenant les chiffres les plus pessimistes, on trouve que seulement 10% (et non pas 40%) serait vulnérable.

En bref, il s'agit purement et simplement d'une invention à partir de l'article de Nature par le WWF-IUCN, lui même encore amplifié par le texte du GIEC, comme nous allons le voir. Voici l'avis d'un spécialiste de la question :

Simon Lewis, membre élu de la Royal Society à l'Université de Leeds, qui est un spécialiste de l'écologie des forêts tropicales a déclaré que la section de Rowell et Moore qui prédisait la possibilité de la destruction d'une large fraction de la forêt amazonienne, était "du n'importe quoi".

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous extrêmement importants pour comprendre la vulnérabilité de la forêt Amazonienne, mais cet article ne concerne pas la vulnérabilité de ces forêts à cause de réduction de pluviométrie. " a-t-il déclaré.
"A mon avis, le rapport de
Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée."

Il est instructif de suivre la chaîne des distorsions et des exagérations successives apportées au rapport de Rowel et Moore qui constitue lui-même une exagération et une distorsion intolérable de l'article de Nature :

Le rapport WWF-IUCN (Rowel and Moore, 2000) déclare :
"Jusqu'à 40% de la forêt Brésilienne est extrêmement sensible à de faibles réduction de pluviométrie. Pendant la saison sèche de 1998, quelques 270.000 km2 sont devenus vulnérables au feu à cause de la disparition complète de l'eau stockée dans les 5 premiers mètres du sol et disponibles pour les plantes. 360.000 km2 de forêt supplémentaire n'avaient que 250 mm de sol humide disponible pour les plantes.

Le rapport GIEC 2007 fait une interprétation, une dramatisation et une extrapolation outrancières du rapport WWF-IUCN, lequel a lui-même détourné le sens de l'article de Nature.
" Jusqu'à 40% des forêts Amazoniennes pourraient réagir dramatiquement à une réduction, même faible, du taux de précipitation; Ceci signifie que la végétation tropicale, l'hydrologie et le système climatique de l'Amérique du Sud pourrait changer très rapidement pour se retrouver dans un nouvel état stable et ceci en n'induisant pas nécessairement un changement progressif entre la situation actuelle et la situation future. (Rowel and Moore, 2000) Il est plus probable que les forêts seront remplacées par des écosystèmes qui ont une meilleure résistance à des stress multiples causés par l'augmentation de la température, les sécheresses et les feux, telles que les savanes tropicales."

Bref, du délire verbal, infondé d'un bout à l'autre, dans un article de WWF/IUCN datant de 2000 pour le rapport de 2007, lui-même soi-disant supporté, au second degré, par une référence scientifique de 1999 qui n'a jamais déclaré cela....
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Addendum du 4 février : Voici encore un autre exemple d'erreur manifeste qui saute aux yeux et qui n'aurait jamais dû parvenir jusqu'au rapport final

Le Nederlandgate : Les Pays-Bas sont vraiment très très bas, d'après le GIEC. (Sources : Vrij Nederland, et Steve Mc Intyre)

Voici ce qu'affirme le chapitre 12 du rapport WGII (encore lui.), à propos des Pays-Bas :

"Les Pays Bas sont un exemple d'un pays hautement prédisposé à souffrir aussi bien de la hausse du niveau marin que des débordements de rivières parce que 55% de son territoire se trouve en dessous du niveau de la mer. C'est là que vit 60% de la population et où 65% deyannhollande son PNB est produit."

Une recherche rapide dans les documents officiels Hollandais (le Bureau Central de Statistique) montre que les chiffres précédants sont grossièrement éxagérés. Et ce n'est pas un détail..
En réalité, seulement 20% (et pas 55%) du territoire est en dessous du niveau de la mer et seulement 19% (et pas 65%) du PNB y est produit. Jacqueline Cramer, La Ministre de l'Environnement des Pays-Bas n'a pas vraiment apprécié. Se basant sur le rapport du GIEC, elle prévoyait sans doute de mettre en place des élèvements de digues autour de 55% du territoire.

Outre le constat que les nombreux rédacteurs/relecteurs du rapport "scientifique" pourraient quand même se donner la peine de vérifier ces données élémentaires avant de donner l'imprimatur, on ne peut que remarquer que, quand erreurs il y a, celles-ci vont toujours dans le même sens : celui de l'alarmisme.
S'il s'agissait vraiment d'erreurs, celles-ci seraient aléatoires, allant dans un sens comme dans l'autre. Ce n'est pas le cas.
J'ai bien peur qu'il ne s'agisse d'une volonté délibérée des la part des nombreux auteurs/relecteurs, d'en rajouter sur l'alarmisme.
A l'évidence, ce rapport
AR4 du GIEC n'a rien d'un rapport scientifique.

Remarques et conclusion :

Si on fait le rapprochement entre l'Amazongate, le Glaciergate et le mémorandum rédigé par le Professeur Paul Reiter en 2005, on relève un certain nombre de points communs révélateurs des graves dysfonctionnements du GIEC :

-Les rapports sont rédigés par un certain nombre d'intervenants dont la qualification académique est faible ou inexistante mais dont les liens avec les ONG écologistes tels que WWF et Greenpeace sont évidents. On se demande où sont passés les 2500+ Top-scientists revendiqués par le GIEC s'il faut faire appel à des rédacteurs qui n'ont jamais publié aucun article scientifique...comme l'a stigmatisé Paul Reiter.

-Les textes des rapports se réfèrent à de nombreuses sources issues de documents diffusés par les ONG telles que WWF ou Greenpeace dont les qualités scientifiques sont loin d'être garanties, mais les objectifs bien connus.. Sans compter des références à des travaux d'étudiants, à des observations de montagnards, ou encore à des articles de grands quotidiens comme le New York Times.
Aucun article scientifique sérieux se permettrait de citer ce genre de références dans sa bibliographie.
Comment se fait-il que les rapports du GIEC se l'autorisent ?

-La lecture attentive de ces documents montre que certains chapitres ou paragraphes, parmi les plus alarmistes, semblent bâclés, écrits à la va-vite et dépourvus de sources crédibles. Ce n'est pas le cas de tous. On peut penser que les articles les plus alarmistes et les moins fondés ont été rajoutés au dernier moment, sous la pression des relecteurs politiques du Résumé pour les Décideurs désignés par les gouvernements et qui siègent au bureau du GIEC. Certains représentants doivent trouver que le rapport scientifique n'est pas assez alarmiste, pour la partie qui les concernent... Cela n'a évidemment rien à voir avec la science, mais tout avec la politique. Le résultat désastreux que nous constatons n'est pas étonnant. Je suis convaincu que les chercheurs qui contribuent honnêtement aux travaux du GIEC, en sont, eux-mêmes, désolés.

-L'organigramme de la rédaction des rapports du GIEC (montré plus haut) ainsi que les aberrations du contenu de ces derniers sont révélateurs d'une organisation qui a voulu, dès le début, mettre la recherche scientifique sous la coupe de certains objectifs politiques auxquels l'ONU, l'UNEP, WWF, Greenpeace et beaucoup d'autres ne sont pas étrangers. Cette mise sous tutelle de la science par la politique n'est certes pas une nouveauté mais elle est de sinistre mémoire et elle a toujours conduit à des échecs. A mon humble avis, une organisation du type GIEC est, sans doute, l'un des systèmes les plus efficaces que l'on puisse inventer pour dévoyer la recherche scientifique et la mettre sous tutelle.
La science doit être ouverte et libre de toute contrainte. Ce n'est pas la politique qui détermine nos connaissances. C'est la Nature.
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La presse :

Le presse, essentiellement anglophone (et germanophone dans une moindre mesure) s'est faite l'écho des multiples xxxx-gates qui ont été mis à jour après une relecture attentive du rapport AR4 du GIEC. Le Chairman du GIEC, R. Pachauri a fait l'objet d'attaques personnelles particulièrement sévères. Il est notamment formellement accusé par le Times (UK) d'avoir menti au sujet de Glaciergate dont il avait déclaré qu'il n'en avait eu connaissance que récemment. D'autre part, la presse Indienne et UK reproche à Pachauri d'avoir bénéficié de contributions substantielles en provenance, entre autres, d'Europe et des USA, en relation avec le rapport du GIEC proclamant que les glaciers Himalayens auraient disparu en 2035 (Pachaurigate). Plusieurs scientifiques (par ex. Andrew Weaver) et organes de presse ont demandé la démission de Pachauri. D'autres ont aussi réclamé la dissolution ou la refonte du GIEC. Le gouvernement Britannique vient de "laisser tomber" Pachauri. ...
Tout ceci est superbement ignoré par les médias français ou considéré comme bénin et infondé, comme d'habitude.

Voici quelques exemples de coupures de journaux on-line, sur ces affaires, parmi bien d'autres. Sans parler de la blogosphère, toujours très active.

The Times (UK) du 24/1 "Le chef du climat de l'ONU, Rajendra Pachauri, a obtenu des dotations grâce à des affirmations bidon"
The Telegraph (UK) (20/12/09)
: " Questions sur les affaires financières du gourou du changement climatique, Dr. R..Pachauri.
Welt on line (Allemagne) (31/12) "Ce que le chercheur ne sait pas, ne réchauffe pas le climat " (NDT : jeu de mots allemand)
The Economic Times (Inde) (21/1): " Les glaciers font fondre la crédibilité de la science climatique."
The Telegraph (UK) du 23/1 : " La vraie histoire derrière le scandale du Glaciergate"
The Dekkan Herald (Inde)(24/1) :" Le comité de l'ONU sur le climat face à une controverse."
The Daily Mail (UK) science tech du 25/1 : "ENCORE une bourde sur le changement climatique : D'abord les glaciers qui fondent, maintenant les affirmations sur les désastres naturels, sont discréditées. "
The Telegraph (UK) (25/1): "Après le Climategate, le Pachaurigate, le Glaciergate : l'Amazongate."
Der Spiegel (Allemagne) (25/1) : "La confiance fond" (mentionne aussi les déclarations de Paul Reiter, entre autres)
The Times (UK) (28/1) : "Scandale des emails volés : des scientifiques ont dissimulé des données sur le climat. "
Quelques médias indiens sur le Pachaurigate
La revue Science (29/1): " Le chef de la science climatique Rajendra Pachauri confronté à ses critiques (interview)"
The Telegraph (UK)(30/1) :" Le rapport Stern a été changé après sa publication."
The National Post (Canada)( 27/1) : "L'agence du climat dans les flammes."
Express.co.uk : (29/1) : "Comment le chef du climategate a violé les règles en cachant les données cruciales."
The Times (UK) (30/1) : "Le chef du climat avait été averti des affirmations fausses sur les glaciers avant Copenhague."
The Times (UK) (31/1) : "La honte retombe sur le comité de l'ONU pour le climat pour une affirmation bidon sur les forêts naturelles."
The Telegraph (UK) (30/1) : "Le Comité sur le climat de l'ONU basait ses affirmations sur un devoir d'étudiant et un article de magazine."
The telegraph (UK) (30/1): "De nouvelles preuves des défaillances du GIEC."
Le soir (Belgique) (31/1) : "Le GIEC a basé son rapport sur un travail d'étudiant."
The Mail online (UK) (28/1) : "Un des meilleurs scientifiques du climat fait un appel à l'honnêteté de la part des scientifiques dans le débat sur le réchauffement climatique."
Irish Examiner (Ireland) (30/1) : "Il est temps de cesser d'adorer les faux dieux derrière le réchauffement global".
Canwest news service (Canada) (26/1) : "Un scientifique Canadien dit que le Comité de l'ONU sur le climat a franchi la ligne jaune."
The Guardian (UK (1/2) : "Pachauri ne bénéficie pas du soutien du Royaume Uni à propos des affirmations infondées du rapport du GIEC."
...
The Guardian (UK) (1/2) : "Etrange affaire de déplacement de station de mesure et un scientifique accusé". Dans cette première partie d'une grande enquête des emails "climategate" un des meilleurs écrivains scientifiques Britanniques révèle comment les chercheurs essayaient de cacher les défauts d'une étude cruciale."
The Guardian (UK) (1/2) : Les emails sur le changement climatique : un scientifique cachait les défauts des données. Exclusif: une étude cruciale du Prof Phil Jones de East Anglia reposait sur des chiffres suspects.
The Financial Time (UK) (2/2) : "La gaffe Himalayenne"
The Guardian (UK) (2/2) : "Le scandale des emails du changement climatique fait honte à l'Université et exige des démissions." Les mails piratés montrent que Phil Jones, après vingt ans sans apporter de corrections, n'est pas le seul qui devrait démissionner."

The Guardian (UK) (2/2) : "Pas d'excuses de la part du chef du GIEC Rajendra Pachauri pour les erreurs sur les glaciers."
The Guardian (UK) (2/2) : "Controverses derrière le "graphique en crosse de hockey" de la science climatique.
The Guardian (UK) (2/2) : " L'échange des emails entre scientifiques de la science climatique révèle les défauts du peer-review."
BBC News (UK) (3/2) : Notes de Harrabin : Réformer l'agence du climat GIEC
The Guardian (UK) (3/2) : "Les scientifiques du climat ont renié l'esprit d'ouverture en refusant les requêtes du Free Information Act."
The Telegraph (UK) (4/2) : "L'Inde envisage de se retirer du GIEC"
The telegraphe (UK) (6/2) : "Nouvelles erreurs dans le rapport du GIEC"
The Times (UK) (7/2) : "Un grand scientifique Britannique affirme que le Comité de l'ONU est en train de perdre sa crédibilité."
The New York Times (US) (8/2) : "Le Comité de l'ONU sur le climat et son chef : Leur crédibilité en état de siège."

Quant à la presse française, le silence est de rigueur. Le Figaro avait mollement évoqué le Climategate, les autres l'avait évacué en quelques mots, mais il semble que le Pachaurigate, l'Amazongate, le Hollandgate, la remise en cause du leader du GIEC etc... qui ont fait les choux gras de la presse anglophone n'ont guère été jugés crédibles par nos médias. Lesquels avaient aussi et entre autres, complètement passé sous silence la mise en place et la progression de l'expérience CLOUD au CERN de Genève, sans doute parce que la France est le seul grand pays développé qui n'y participe pas...

Le Monde du 28/01 nous livre le fond de sa pensée au sujet de ces affaires. Voici ce qu'il écrit :
" Dans un entretien accordé lundi 25 janvier à la BBC, Rajendra Pachauri, président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), a exclu toute démission. La déclaration n'est pas inutile, tant le groupe de scientifiques - mandaté par les Nations unies pour synthétiser les connaissances sur le changement climatique - se trouve, depuis fin 2009, au centre de plusieurs polémiques ouvertes singescpar la presse conservatrice britannique et la blogosphère."
Et tout ceci sans aucune explication sur les polémiques en question, qui d'ailleurs sont, en réalité, de graves accusations d'incompétence et de détournement de données scientifiques, basées sur des faits parfaitement vérifiables.

Ainsi, The Guardian qui ne prend pas de gants, notamment au sujet du Climategate, ferait partie de la presse conservatrice ? C'est un vrai scoop.
Autrement dit et selon le journaliste Monde, il ne s'agirait que d'une simple cabale montée par "les conservateurs britanniques et la blogosphère"
Sous-entendu, ces accusations reposent sur des critiques sans aucun fondement, uniquement motivées par des arrières pensées-politiques....voire par des intérêts pétroliers ? Exxon- Mobil ?
Dans cette hypothèse, les rapports du GIEC ont fait vraiment très fort pour donner des arguments aux pétroliers...

Nous verrons bien comment cette affaire va tourner et jusqu'où elle va aller. Mais il n'est pas contestable que la crédibilité du GIEC et de son président sont très sérieusement entamées..
nobel2007a

Quant au bonnet d'âne du mois de Janvier, je ne sais plus où donner de la tête, tant les candidatures sont nombreuses.

Il me semble cependant que le jury Norvégien qui a attribué le Prix Nobel ( de la paix) à une organisation et à son président, capables de rédiger des rapports "scientifiques" dignes du Malariagate, du Glaciergate, de l'Amazongate et de biens d'autres encore, est un excellent candidat.

N'est-ce pas ?

 

3 Janvier 2010 : Un Glaciergate ? : Les glaciers de l'Himalaya, la presse, le rapport AR4 du GIEC, le WWF, R. Pachauri et les glaciologues...

dailymail

A l'approche du Sommet de Copenhague (début décembre 2009) qui devait sceller un nouvel accord (dit Kyoto2) contraignant sur la réduction des émissions des gaz à effets de serre et qui s'est achevé, comme chacun sait, par un fiasco retentissant, les médias nous ont submergé de déclarations ultra-alarmistes dont celle qui a été rapportée par le Daily Mail (photo ci-contre).

Cet article qui a été répercuté sous des formes diverses par un très grand nombre d'organes de presse du monde entier, était intitulé " Les glaciers de l'Himalaya pourraient disparaître avant 30 ans à cause du réchauffement global".

De fait, on ne peut guère reprocher au "Daily Mail Reporter" et aux autres, d'avoir purement et simplement recopié quelques lignes du très volumineux 4ème rapport scientifique (AR4) du GIEC paru en 2007 que l'on ne doit pas confondre avec le maigre SPM (le résumé pour les responsables politiques). En effet, les journalistes considèrent le rapport du GIEC, à l'instar des dépêches de l'AFP (l'agence qui a découvert les rayons cosmétiques), de l'AP ou de Reuters, comme la parole révélée. Mal leur en a pris.

Voici l'extrait concerné ainsi que ses références :

IPCC AR4 WG2 Ch10, p. 493
Extrait du rapport du GIEC 2007, Groupe de travail N°2, Chapitre 10, page 493.
( cité sur le site de Roger Pielke Sr)

"Glaciers in the Himalaya are receding faster than in any other part of the world (see Table 10.9) and, if the present rate continues, the likelihood of them disappearing by the year 2035 and perhaps sooner is very high if the Earth keeps warming at the current rate. Its total area will likely shrink from the present 500,000 to 100,000 km2 by the year 2035 (WWF, 2005)".

Soit en français :

"Les glaciers de l'Himalaya sont en recul plus rapide que dans n'importe quelle autre partie du monde (voir Table 10.9) et, si le taux [NDT : de fonte] continue à son rythme actuel, la probabilité qu'ils disparaissent en 2035 et peut-être plus tôt, est très grande si la Terre continue à se réchauffer au rythme actuel. Sa surface totale passera probablement de 500.000 km2 à 100.000 km2 en l'an 2035
(WWF, 2005)."

De prime abord, il est surprenant de constater que la seule source revendiquée par le GIEC pour étayer cette "information" particulièrement inquiétante, soit un article du WWF, le World Wildlife Fund, alors que tout le monde sait que cette organisation publie régulièrement des articles catastrophistes évidemment non revus (peer-reviewed) par les scientifiques. Sans aucun doute, cette source a échappé au processus du peer-review dont Rajendra Pachauri, le Président du GIEC, nous répète pourtant urbi et orbi, qu'il est incontournable pour pouvoir figurer dans les rapports du GIEC...
(Voir un autre exemple, franchement ridicule, de ce genre d'emprunt à des sources infondées pour un récent rapport sur le climat publié par l'ONU/UNEP, c'est à dire la maison mère du GIEC ).

ont mené deux enquêtes approfondies dans le but de comprendre comment de telles affirmations, émanant du WWF, ont pu se retrouver dans le rapport scientifique du GIEC de 2007. Les résultats de ces deux enquêtes et des réactions suivantes nous en apprennent beaucoup sur le "sérieux" des rapports du GIEC qui sont pourtant censés rassembler l'essentiel des données scientifiques avérées sur le climat et servir de base à l'élaboration d'une politique mondiale contraignante.

A partir de la source du document du WWF (2005) cité, le Professeur Cogley a remonté la piste jusqu'au seul document (non revu par les pairs) qui évoque la question et dans lequel on retrouve d'ailleurs la phraséologie utilisée dans le rapport AR4 du GIEC... à un gros détail près comme nous allons le voir. Il s'agit d'un document de travail pour l'UNESCO édité en 1996. (Kotlyakov, V.M., 1996, The future of glaciers under the expected climate warming, 61-66, in Kotlyakov, V.M., ed., 1996, Variations of Snow and Ice in the Past and at Present on a Global and Regional Scale, Technical Documents in Hydrology, 1. UNESCO, Paris (IHP-IV Project H-4.1).

Voici la phrase de Kotlyakov que l'on trouve à la page 66 de ce document :

"The extrapolar glaciation of the Earth will be decaying at rapid, catastrophic rates - its total area will shrink from 500,000 to 100,000 square kilometres by the year 2350.". Soit, en français : La glaciation extrapolaire mondiale (NDT : C'est à dire de tous les glaciers hors des pôles) décroîtra à des vitesses rapides, catastrophiques - sa surface totale se rétrécira de 500.000 à 100.000 kilomètres carrés aux environs de l'année 2350."

A rapprocher de la phrase cruciale du rapport scientifique du GIEC de 2007 (AR4, WGII, page 493)

Its total area will likely shrink from the present 500,000 to 100,000 km2 by the year 2035"
"Sa surface totale se rétrécira probablement de 500.000 à 100.000 km2 aux environs de l'année 2035 "

Outre la substitution des dates 2350 par 2035 qui laisse rêveur, il faut noter que le rapport Kotlyakov concernait les 500.000 km2 de tous les glaciers de la planète (hors les pôles) et que ce même chiffre ne peut, en aucun cas, s'appliquer aux glaciers Himalayens seuls (33.000km2). Il y a donc, au moins, deux erreurs dans le rapport du GIEC...
En réalité, les lecteurs attentifs ont trouvé 4 erreurs dans le seul paragraphe de la page 493 du chap. 10 en question. Outre les deux signalés ci-dessus, voici donc les deux autres :

  • "Les glaciers dans l'Himalaya reculent plus vite que dans n'importe quelle autre région du monde". Ceci est faux et non substancié : Cogley and Michael Zemp of the World Glacier Monitoring System disent que la fonte se fait à la même vitesse que les autres glaciers du monde.
  • La table 10.9 note un recul de 135,2 m/an pour le glacier Pindari alors que le calcul à partir des deux premières colonnes donne 23,2 m/an (erreur d'un facteur 6)

Cependant Le Professeur Cogley en déduit qu'il s'agit probablement d'une grossière "erreur" de transcription ( 2035 au lieu de 2350.) due à un ou à plusieurs des 10 auteurs du rapport du GIEC en question. Il fait remarquer qu'il est quand même très difficile d'imaginer qu'une telle énormité ait réussi à passer les filtres de la révision systématique des autres collègues rédacteurs ainsi que le filtrage du processus de révision par les relecteurs du rapport avant sa publication définitive.. sans compter l'imprimatur accordé par les représentants des gouvernements qui adhèrent au GIEC. Nous verrons plus loin que malgré les objections, ce texte avait bien réussi à passer tous les filtres, en parfaite connaissance de cause.
Cogley et trois de ses collègues ont écrit une lettre à la revue Nature pour protester et décrire la genèse de l'erreur..

De son côté, le Professeur Nielsen-Gammon a mené une enquête encore plus approfondie et a remonté la piste de cette étrange affirmation jusqu'àhasnain un article du New Scientist Magazine (qui n'est évidemment pas revu par les pairs) de 1999 qui donnait une survie de 40 années aux glaciers Himalayens. Ce magazine se serait basé sur une déclaration (non écrite et antérieure) d'un certain Syed I Hasnain (photo ci-contre) qui était alors directeur du groupe de travail sur l'Himalaya de la Commission Internationale pour la Neige et les Glaces (ICSI). Lequel aurait dit (et non publié) que les glaciers "disparaîtront dans les 40 ans à cause du réchauffement climatique." Hasnain est maintenant employé par l'organisation TERI dont Pachauri est le président.

Ainsi Nielsen-Gammon ne pense-t-il pas qu'il s'agit d'une simple erreur de transcription comme Cogley, mais plutôt d'une conviction affirmée de certains scientifiques qui s'est propagée jusque dans le rapport final du GIEC... sans aucun support scientifique avéré.

  • Les BBC News

qui ne soufflent jamais le froid sur le réchauffement climatique et qui ne nous ont pas habitués à ce genre d'autoflagellation, intitulent un article du 5 décembre sur ce sujet par : "Himalayan glaciers melting deadline 'a mistake' " soit " "Date de la disparition des glaciers de l'Himalaya " une erreur"". Avec des guillemets autour de "a mistake", riches de sous-entendus. Voici quelques extraits de cet article :

"Lors d'une déclaration commune, quelques uns des meilleurs glaciologues mondiaux qui sont aussi participants au GIEC, ont affirmé que "Cette énumération d'erreurs dans la glaciologie de l'Himalaya... a provoqué beaucoup de confusion qui aurait pu être évitée si les normes de publication, incluant le processus de peer-review et la restriction exclusive au travail revu par les pairs, avaient été respectées""

"Michael Zemp du Service de Suivi des Glaciers Mondiaux (Zurich) a aussi déclaré que l'affirmation du GIEC sur les glaciers Himalayens avait été la cause d'une "confusion majeure dans les médias".(NDT : Pas seulement dans les médias.).. " En application des règles du GIEC, ceci n'aurait pas dû être publié car cela ne repose pas sur des références scientifiques avérées "...." Dans l'état actuel de nos connaissances, il n'est pas plausible que les glaciers de l'Himalaya aient disparu dans les prochaines décennies. Je ne connais aucune étude scientifique qui supporte l'idée d'une complète disparition des glaciers dans l'Himalaya durant ce siècle.""

  • Réaction des voisins de l'Himalaya :

Les quelques lignes, extrêmement inquiétantes pour le futur de l'Himalaya, n'ont évidemment pas laissé insensibles les Indiens, les Chinois (Tibet), Pakistanais, Népalais et les habitants du Bhoutan, qui sont les premiers concernés par cette déclaration, puisque l'Himalaya fait partie intégrante de leurs territoires. C'est ainsi que le Ministre Indien de l'Environnement Mr Jairam Ramesh a commandé un rapport indépendant à un expert glaciologue reconnu qui parcourt depuis plusieurs décennies les glaciers de l'Himalaya, le Dr. Vijay Kumar Raina. Ce dernier a examiné en détail le comportement de quelques 20 glaciers parmi les plus importants et ce depuis 150 ans. Il a observé que si certains glaciers ont reculé, d'autres ne l'ont pas fait, d'autres ont reculé puis se sont arrêtés etc...et que les comportements très variés observés ne permettent certainement pas de conclure que ceux-ci résultent du réchauffement climatique.

  • Enfin, un article publié le 13 Nov. dans la revue Science (Vol. 326. no. 5955, pp. 924 - 925 DOI: 10.1126/science.326.5955.924)

au sujet de cette affaire, essayait de faire le point sur la situation réelle des glaciers de l'Himalaya. La conclusion est claire : Nous n'en savons pas assez pour faire des prédictions.
Cet article inclut un paragraphe qui invalide une autre affirmation du
GIEC et du Daily Mail au sujet du Gange qui, soi-disant, cesserait d'être alimenté si les glaciers de l'Himalaya disparaissaient :

" Le mot de la fin est que les affirmations du GIEC sont "horriblement fausses" assure John "Jack" Shroder, un spécialiste des glaciers de l'Himalaya de l'Université de Nebraska, Omaha. "Ils ont été trop rapides pour tirer des conclusions avec trop peu de données."
"Le GIEC s'est aussi trompé dans ses prévisions sur l'impact de la fonte des glaciers sur l'alimentation en eau", déclare Donald Alford, un hydrologue du Montana qui a récemment achevé une étude sur l'eau pour la Banque Mondiale. "Nos données montrent que le Gange dépend en premier lieu de la pluie de mousson et jusqu'à ce que la mousson disparaisse complètement, il y aura un fleuve Gange très semblable au fleuve actuel.
" La fonte des glaciers contribue à hauteur de 3 à 4% au débit du Gange" déclare Kireet Kumar".

On trouve, toujours dans ce même article de Science, un paragraphe qui en dit long sur le fonctionnement interne du GIEC :

"Le spécialiste de l'Atmosphère Murari Lal [...] auteur principal et coordinateur du chapitre sur l'Asie du rapport 2007 du GIEC, rejette l'idée que le GIEC était en dehors de la plaque à propos des glaciers Himalayens. Mais il reconnaît que l'équipe des 10 auteurs du rapport en question, s'est basée sur des travaux non publiés en ce qui concerne l'état des glaciers.
La délégation Indienne a fait objection à cette rédaction du rapport, se souvient Lal, mais ce texte a bénéficié d'une large approbation lors de la session plénière du GIEC"

On croit rêver.

  • Le coordinateur de cette partie du rapport est un spécialiste de l'atmosphère (sans doute un physicien) et donc passablement incompétent en glaciologie Himalayenne. Pourtant, il émet un avis péremptoire et définitif sur la partie du rapport qui concerne les glaciers Himalayens... sans disposer de la moindre publication scientifique avérée sur ce sujet.
  • L'avis des Indiens qui sont aux premières loges et savent à quoi s'en tenir sur l'Himalaya, est écarté d'emblée. Et, en définitive, l'affaire est tranchée au cours d'une "réunion plénière du GIEC" dont l'immense majorité des membres est incompétente en glaciologie et notamment celle de l'Himalaya.... et toujours en l'absence du moindre article scientifique avéré sur ce sujet.

Et on se demande pourquoi les Indiens et les Chinois se sont montrés si peu enthousiastes (c'est un euphémisme) lors du récent sommet de Copenhague.

Par ailleurs, le Dr. Mandhav Khandekar, scientifique Indo-Canadien, vétéran de l'environnement, cite les archives de l'histoire Hindoue qui remontent à près de 5000 ans (période particulièrement chaude de l'holocène) dans lesquelles il précise qu'il n'a jamais été fait mention d'aucun changement des glaciers himalayens ni d'un quelconque assèchement du Gange ou des autres grands fleuves de la région.

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Comme de bien entendu, Rajendra Pachauri, le CEO du GIEC, a été rudement interpelé au sujet du texte ultra-alarmiste sur l'Himalaya publié dans le rapport scientifique AR4 du GIEC, sans aucun support scientifique, contrairement à ses exigences répétées. Ses réponses sont intéressantes. En voici quelques-unes à propos du rapport indépendant commandé par le Ministre Indien de l'Environnement :
" Nous avons une idée très claire de ce qu'il se passe (NDT : Sans support scientifique ?). Je ne sais pas pourquoi le ministre soutient cette recherche infondée. C'est une affirmation extrêmement arrogante.".
Par ailleurs, R. Pachauri a qualifié l'étude du Dr Raina de "science Vaudou" en ajoutant que "le GIEC est un organisme sérieux dont le travail est vérifié par les gouvernements". En tout cas, et pour le moins, le gouvernement Indien ne semble pas enthousiasmé...

Ceci étant, l'ingénieur diplômé des chemins de fer et Docteur en économie, co-titulaire du Prix Nobel de la Paix (avec Al Gore et le GIEC), président du GIEC, R. K. Pachauri a, tout de même, une curieuse façon de s'exprimer pour un "grand scientifique climatologue" (comme disent les médias). Voilà qu'il qualifie une étude effectuée par un expert glaciologue vétéran, d'arrogante ou de science Vaudou, après avoir déclaré, il y a deux ans, que la théorie de Svensmark et al sur l'influence des cycles solaires sur le climat (actuellement testée au CERN de Genève) était " extrêmement naïve et irresponsable"...
Il fallait oser!

Vous l'avez deviné :

Le bonnet d'âne du mois de Décembre 2009 (en poils de Yéti, très difficiles à trouver) est attribué, sans hésitation, au Présidentyannyeti du GIEC (avec les honneurs) R.K. Pachauri, aux 10 auteurs principaux du GIEC, responsables de la rédaction du chapitre sur les glaciers de l'Himalaya de l'AR4 du GIEC, ainsi qu'aux membres de la session plénière du GIEC qui ont validé, malgré les oppositions, sans aucun support scientifique avéré et contrairement aux règles de l'organisme, un texte manifestement hasardeux, pour ne pas dire complètement erroné.

 

Un accessit (bonnet d'âne ordinaire) est attribué aux très nombreux journalistes de la presse écrite qui ont recopié le texte du rapport du GIEC sans se poser la moindre question sur ses sources, alors qu'ils se targuent de ne fournir que des informations recoupées et vérifiées à leurs lecteurs, ce que (selon eux.) les sites sur Internet ne feraient pas.
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Compléments du 25/01/10 : Les acteurs du Glaciergate parlent :

Ainsi, le Dr Lal, auteur principal et coordinateur du rapport sur l'Asie en question déclare au Mail que :"Nous savions que le texte du WWF avec la date de 2035, était de la "littérature grise" [littérature non revue par les pairs]. Mais cela ne fut jamais remarqué par aucun des auteurs de notre groupe de travail, ni par aucun des 500 relecteurs externes, ni par les gouvernements auxquels il fut envoyé, ni encore par les éditeurs responsables de la relecture finale du rapport du GIEC"
Autrement dit : Ni vu, ni connu : C'est tout bon.

Lors de l'interview avec le Mail, le même Dr Lal donne quelques éclaircissements sur les objectifs de cette manipulation :" Cela concernait plusieurs pays de la région est aussi leurs ressources en eau. Nous pensions que si nous pouvions mettre cela en exergue, cela aurait un impact sur les décideurs politiques et les politiciens et les pousserait à prendre des mesures concrètes."
On ne saurait exprimer plus clairement que le rapport "scientifique" du GIEC est, avant tout, un rapport politique.
Et tant pis si la science est un peu (beaucoup) tirée par les cheveux. La fin justifie les moyens.
Malheureusement, c'était un peu trop gros pour passer....

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Addendum du 23 Janvier 2010 : Brève revue de presse : Où en sont les médias francophones sur cette affaire ?

Après avoir sensiblement minimisé les implications du Climategate (le hacking des courriers du CRU), la presse et les médias francophones seront heureux d'apprendre que nos voisins d'outre-Manche, eux, ont pris l'affaire très au sérieux. Sans doute avaient-ils pris la peine de lire le contenu des emails...Ainsi le Parlement Britannique a-t-il décidé d'ouvrir une enquête approfondie sur les révélations issues de la publication des emails du CRU ainsi que sur l'indépendance (proclamée) des bases de données utilisées par cet organisme. On sait par ailleurs que Mike Mann (inventeur de la crosse de hockey et créateur du site RealClimate) fait l'objet d'une enquête officielle au sein de sa propre Université et que Phil Jones a été écarté de sa fonction de directeur du CRU en attendant la fin des enquêtes en cours.

Mais comment la presse francophone a-t-elle réagi au cours du développement de ce qui est souvent baptisé le "Glaciergate" de l'Himalaya ? Voici, en bref, la chronologie (non exhaustive) de cette histoire :

24 Juillet 2009 :

  • Financial Times (UK) : " L'Inde dit non à l'alarmisme climatique"..(lien du texte sur WUWT parce que le FT demande une inscription) Dans le texte : "Mr Ramesh ( le Ministre de l'Environnement Indien) a déclaré que le taux de remontée des glaciers de l'Himalaya a varié de quelques centimètres à quelques mètres par an, mais que ceci faisait partie d'un processus naturel qui intervient sur des siècles. En fait, certains (glaciers) s'étendent, a-t-il dit"...

9 Novembre 2009

  • The Guardian : " L'Inde est arrogante de nier le lien entre le réchauffement climatique et la fonte des glaciers" (NDT a déclaré Pachauri)
    Le Ministre de l'Environnement Indien s'est ému des affirmations du rapport 2007 AR4 du GIEC sur l'Himalaya. Il a commandé une enquête indépendante.

13 Novembre 2009

  • Science : "Toujours pas de signes d'une fonte totale de l'Himalaya, selon un rapport Indien" . Cet article cherche à faire le point sur la situation réelle des glaciers de l'Himalaya. Il rassemble notamment plusieurs témoignages de chercheurs du domaine qui critiquent vertement et démentent les affirmations du rapport 2007 du GIEC sur l'Himalaya (cité ci-dessus)
  • Le Daily Mail publie un article alarmiste rappelant les affirmations contenues dans le rapport du GIEC (cité ci-dessus)

Le 9 décembre2009

  • BBC News : " La date de la fonte des glaciers himalayens : "une erreur"". (NDT : sic pour les guillemets)

Le 18 Janvier 2009

  • AFP : "Rapport de l'ONU (GIEC) sur le climat : Un scientifique avait averti que le rapport était faux".
    NDT : Il s'agit du professeur Georg Kaser, un grand glaciologue, qui avait averti le GIEC en 2006, avant la publication du rapport. Sans résultat. Kaser a déclaré à l'AFP que "c'est tellement faux que ce n'est même pas la peine d'en discuter".

Le 20 Janvier 2010:

Le 22 Janvier 2010

  • Le Figaro (III) : "Les experts du climat font amende honorable" : "Le Giec a reconnu jeudi que plusieurs erreurs se sont glissées dans un de ses rapports."
  • TF1 News : "Ces bourdes à répétition qui minent le Giec"

Le 23 Janvier 2010 :

La blogosphère anglophone
Parmi bien d'autres, le site WUWT d'Anthony Watts, a rapporté tous les communiqués de presse (anglophone) depuis le 24 juillet 2009, c'est à dire lors de la publication de l'article du Financial Time.
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Ainsi, avec un synchronisme très impressionnant, la presse francophone (du moins Belge et Française), sans doute inspirée par la dépêche de l'AFP du 18 Janvier, s'est résolue à relater ces événements à partir du 20 Janvier. C'est mieux que rien mais c'est quand même plus de deux mois après la parution de l'article de Science du 13 Novembre 2009 qui est pourtant très clair sur le sujet et qu'ils auraient dû exploiter. C'est aussi près de quinze jours après la fin du sommet de Copenhague.
Compte tenu de son importance, cet article de
Science aurait, sans aucun doute, dû faire l'objet d'un communiqué de presse de la part de l'AFP (ou de l'AP ou de Reuters). Ces agences ont pour mission de suivre, jour après jour, la littérature parue dans les grandes revues généralistes comme Nature ou Science. La proximité du sommet de Copenhague (fin déc-début Jan) y est-elle pour quelque chose ? On peut se poser la question.

Le traitement de l'information relative au Glaciergate par nos organes de presse est révélateur. De nouveau, et comme ils l'avaient fait lors du Climategate, la plupart (un peu moins pour le Figaro) cherchent à minimiser les implications de ces révélations en suggérant, le plus souvent, qu'il ne s'agit que d'une banale erreur (de typographie ?) et en oubliant que beaucoup de lecteurs ont accès aux rapports du GIEC, qu'ils savent parfaitement lire les textes qui accompagnent "l'erreur" et qu'ils peuvent en tirer les conclusions qui s'imposent. Le journal Libération se distingue en intitulant son article par "Le GIEC n'est pas parfait" -sous-entendu "on peut bien faire une erreur".

Malheureusement, l'analyse du déroulement des événements qui ont conduit à la rédaction de cette partie du rapport du GIEC et qui a fait les choux gras de la presse américaine et de la blogosphère, et les aveux même des auteurs de ce chapitre du rapport du GIEC, ne laissent aucun doute sur la volonté affirmée des auteurs du texte du GIEC d'en rajouter sur l'alarmisme et ceci sans disposer de la moindre source scientifique avérée, ce qui est un comble pour un rapport scientifique ... au point d'en arriver à rédiger un texte très sévèrement critiqué par leurs collègues, pourtant non climato-sceptiques.

On peut aussi s'étonner que les trois organes de presse français (Libé, Le Monde, Le Figaro) qui étaient tombés à bras raccourcis sur Vincent Courtillot jusqu'à évoquer "sa forfaiture" ou "sa malhonnêteté", pour une simple erreur de base de données qui n'affectait pas le résultat final, fassent maintenant preuve d'une extrême indulgence sur les courriers du Climategate et sur l'affaire du Glaciergate qui relèvent toutes deux et à l'évidence, de la malversation pure et simple... Curieux comportement de la part d'une presse "indépendante", Non ?

D'autre part, pour être franc, et c'est d'ailleurs la conclusion à laquelle est parvenu l'article de Science cité, on ne sait encore que très peu de choses sur la fonte des glaciers Himalayens... Et c'est ce qu'auraient dû, honnêtement, conclure le rapport du GIEC ainsi que les pachauri4organes de presse sus-cités.

Le point de vue de Pensee-Unique:

Cette affaire du " Glaciergate" qui intervient peu de temps après le Climategate que je relate ci-dessous, laisse évidemment planer des doutes sérieux sur le parti pris, délibérément alarmiste, de certains groupes de chercheurs et, à l'évidence, de certains rédacteurs des rapports du GIEC et, bien sûr, de son célèbre patron.

Quoiqu'en disent nos organes de presse, il est franchement inquiétant qu'un rapport officiel du GIEC qui est à la base de prises de décisions qui concernent l'ensemble du globe, puisse être affecté par des erreurs (pour de pas dire plus) de cette ampleur. (L'Himalaya, le Gange, le Brahmapoutre et leurs multiples affluents concernent quand même des centaines de millions d'habitants). D'autant plus que les processus de révision et de relecture des rapports du GIEC, réputés infaillibles, ne manquent pas. Le personnel pour le faire, non plus. Très loin de là.
Il est non moins inquiétant que l'intervention d'un glaciologue aussi réputé que le Professeur Kaser, n'ait pas été prise en compte dès 2006, c'est à dire avant la rédaction du rapport final de 2007. Lequel a certainement dû être relu de nombreuses fois avant d'être publié en 2007 puisqu'il ne l'a été que près de quatre mois après la communication à la presse du "Résumé pour les décideurs". (SPM).

A l'inverse, il est rassurant de constater que de nombreux chercheurs, dont la plupart contribuent aux rapports du GIEC, se sont dressés contre l'absurdité de ces affirmations sur la fonte des glaciers de l'Himalaya, dès que cette affaire est devenue publique et qu'ils ont pu s'exprimer. Il suffit de lire l'article de Science pour s'en convaincre ainsi que les déclarations des professeurs Nielsen-Gammon, Cogley, Kaser, Zemp dont la presse francophone n'a pas, ou très peu, parlé..

De mon point de vue, cette observation relève de la même constatation que celle que je faisais en conclusion du texte sur le Climategate (ci-dessous) : Le GIEC, au sens large, est loin d'être aussi unanime qu'on voudrait nous le faire croire. Il y a, sans aucun doute, de très nombreux chercheurs sérieux et consciencieux, qui ne cherchent qu'à faire progresser nos connaissances sur le climat, sans aucun parti-pris. Je n'en dirais pas autant du bureau du GIEC et de quelques rédacteurs principaux de ces rapports qui me semblent loin de faire l'unanimité parmi les chercheurs. Souvenez vous de la lettre de démission du GIEC de Christopher Landsea suite à un grave conflit avec Kevin Trenberth, lors de la rédaction du chapitre sur les ouragans du rapport AR4 du GIEC (le rapport 2007 dont il est question dans ce billet)....

 

23 Novembre 2009 : Un scoop. La presse anglophone et la blogosphère se sont littéralement déchaînées ce week-end, avec des titres aussi explosifs que "Climategate : supercherie stupéfiante et malversation dévoilées au Centre de Recherche sur le réchauffement du Royaume Uni" (DailyTech); "La main dans le sac"(Skyfal); "Climategate : Le dernier clou dans le cercueil du réchauffement anthropique ?"(The Telegraph UK) et une foule d'autres comme le Boston Herald, Times, Guardian UK, Nature, BBC News, Christian Science Monitor, United Press, CBS, Wall Street Journal, New York Times, Associated Press, Washington Post, Los Angeles Times ont tenté d'analyser la situation
Et de fait, il s'agit bien d'une nouvelle étonnante, pour ne pas dire explosive.

Voici : Un ou des hackers inconnus ont rendu publics 6500 fichiers dont 1073 emails, provenant du célèbre CRU (Climate Research Unit) de l'Université d'East Anglia qui fait la pluie et le beau temps aussi bien au sein du GIEC que dans les courbes de températures publiées par le Hadley Center (d'où le nom de HadCru) et le MetOffice Anglais (l'équivalent de Méteo France).
Et ces courriers électroniques valent leur pesant d'or.Tout comme les fichiers, les codes etc...
Ces fichiers couvrent les 13 dernières années.

Ce qui est important mais qui est rarement signalé dans la presse et la blogosphère, c'est la manière dont ces données ont été rendues publiques (sur Internet, bien sûr). Cela représente une masse d'information considérable qu'il aurait été impossible de transmettre sur papier : 217,7 mégaoctets de textes et de données.
Le (ou les) hacker ont pris soin d'expliquer leur démarche en précisant ceci ,en entête du fichier :

" Nous pensons que, dans la situation actuelle, la science du climat est trop importante pour demeurer dissimulée.
C'est pourquoi nous mettons dans le domaine public une sélection, prise au hasard, de correspondances, de codes (NDT: informatiques) et de documents. Nous espérons que cela ouvrira les yeux sur cette science et sur les gens qui sont derrière".
C'est explicite.

D'autre part, et cela est aussi rarement noté : Le gros fichier en question s'appelle FOI2009, ce qui n'est pas anodin
En effet,
FOI, pour les américains et les anglais signifient "Freedom Of Information" (Freedom Of Information Act). Autrement dit, le hacker, bienjones qu'il n'ignore pas qu'il commet une irrégularité en piratant des information du CRU, pense relever du FOIA qui, pour les anglophones, est un principe sacro-saint. Compte tenu du soin avec lequel le package a été préparé, soigneusement ordonné et distribué avec une table des matières très pertinente, il apparaît évident que le hacker est quelqu'un qui connaît parfaitement toutes ces questions. A mon humble avis, il s'agit probablement d'un chercheur ou d'un ingénieur de l'Université d'East Anglia, du CRU lui-même, ou du Hadley Center qui a été choqué par ce qu'il a vu et qui a pensé que c'était son devoir de le faire savoir au public.

Mais, est-on certain que ces données, ces correspondances, ces codes, sont authentiques ?
Vous le savez, à Pensee-unique.fr, on est un peu méfiant. Nous savons très bien, comme tous les chercheurs, qu'il est très facile de propager des informations bidonnées sur le WEB et, de prime abord, nous avions toutes les raisons d'être circonspects. Nous avons donc attendu quelque temps et finalement acquis la conviction qu'il s'agit bel et bien d'informations authentiques prélevées sur le (ou les) serveurs duMann4 CRU. Pourquoi ?

-Parce qu'aucun des auteurs ou des récipiendaires des courriers révélés dans FOI2009, n'a démenti en être l'auteur ou le récpiendaire. Tout au contraire, ils l'ont reconnu tels Michael Mann et Kevin Trenberth dans le Washington Post. Ces derniers ont cherché à minimiser le sens de leurs écrits avec des arguments classiques du style "ils sont pris hors de leur contexte etc.." Ils ont répondu à des questions très précises sur le contenu des ces courriers...et quand ils ne pouvaient le faire, ils répondaient qu'ils avaient oublié. Pour moi, c'est un aveu franc et massif en faveur de l'authenticité de ces documents. Je pense que les chercheurs en question craignent qu'une expertise officielle les prenne en défaut. De fait, le magazine australien Investigate rapporte que Phil Jones, directeur de l’Unité de recherche climatique, déclare ne plus se souvenir exactement ce qu’il a pu vouloir dire il y a dix ans quand il a écrit dans un courriel qu’il fallait « cacher la baisse » Dans un communiqué publié par l'Université d'East Anglia, Phil Jones reconnait que ce courriel est authentique. (Voir ci-dessous).

-Le CRU s'est rendu compte du hacking 4 jours avant la publication des documents sur le WEB. A l'évidence, personne n'est capable de rédiger 270 Mo de textes, de données et de codes informatiques complexes en aussi peu de temps.

-Enfin, les chercheurs ne s'expriment pas comme tout le monde. Ils ont un langage qui leur est très particulier, riches en allusions plus ou moins compréhensibles pour un lecteur non averti. Ceci est difficilement imitable et je peux affirmer que ces courriers émanent manifestement de chercheurs expérimentés comme ceux du CRU et non d'un amateur.

Alors qui sont les chercheurs, auteurs, récipiendaires ou mentionnés dans ces emails professionnels ?yannman
Il s'agit tout simplement du Who's who, du gratin du Working group I du GIEC, spécialisé dans 'les attributions' et les relevés de températures et autres hockey-sticks que vous connaissez bien si vous avez parcouru le présent site. Le WG1 du GIEC est au coeur de l'alarmisme climatique. Ce sont des "climatologues de renommée mondiale", comme dit le Guardian.
Rien de moins que
Keith Briffa, Michael Mann, Phil Jones ( le directeur du CRU); Caspar Amman, Ray Bradley, Tom Browmey, Kevin Trenberth, Tom Wigley. On y trouve aussi les noms de Stephen Schneider, James Hansen etc...
Trois d'entre eux sont le plus souvent les auteurs de ces courriers. Par ordre de fréquence, on trouve évidemment Phil Jones (CRU), Michael Mann (Pennsylvanie Univ, l'auteur de la crosse de hockey) et, un peu moins fréquemment, Keith Briffa (CRU, l'auteur des reconstructions de Yamal).
Vous trouverez ci-dessous quelques morceaux choisis tirés de la base de données (très bien faite, avec moteur de recherche) des emails du CRU.

Note (09/11/11) : L'adresse de la base de données des emails du CRU référencés dans la suite de ce billet, a changé. Vous retrouverez cette base à cette nouvelle adresse avec des commodités étendues ou encore sur cette adresse qui donne accès aux quelques 6300 emails, au total, du Climategate et du Climategate 2.0 (FOIA2011)

Skyfal vous donne une liste des emails importants, avec un bref résumé en français.
Ceux qui sont intéressés par
le financement et les contrats du CRU peuvent aller voir ici. Des budgets faramineux.

Ci-dessous, à gauche les textes en anglais originaux tirés des emails (avec les références). A droite, une traduction en français avec des commentaires ou des explications. Dans de nombreuses circonstances, j'ai volontairement omis de citer les noms des auteurs, pour ne pas les accabler. Ce qui n'est pas mon objectif. Si vous le désirez, vous retrouverez ces noms dans les liens que je donne.

Textes ou extraits des emails
Traduction et (ou) commentaires

 

On bidouille carrément les données observées pour qu'elles collent avec la thèse du GIEC. On a des doutes.. cachés.

(fichier 1254108338.txt)

Phil,

Here are some speculations on correcting SSTs to partly explain the 1940s warming blip.

If you look at the attached plot you will see that the land also shows the 1940s blip (as I’m sure you know).

So, if we could reduce the ocean blip by, say, 0.15 degC, then this would be significant for the global mean — but we’d still have to explain the land blip.

I’ve chosen 0.15 here deliberately. This still leaves an ocean blip, and i think one needs to have some form of ocean blip to explain the land blip (via either some common forcing, or ocean forcing land, or vice versa, or all of these). When you look at other blips, the land blips are 1.5 to 2 times (roughly) the ocean blips — higher sensitivity plus thermal inertia effects. My 0.15 adjustment leaves things consistent with this, so you can see where I am coming from.
Removing ENSO does not affect this.
It would be good to remove at least part of the 1940s blip,
but we are still left with “why the blip”

 

Comment minimiser une anomalie pour que les résultats soient plus chauds tout en restant crédibles  :

Phil,

Quelques spéculations sur comment corriger les mesures des températures de surface des océans (SST) afin d'expliquer en partie la petite hausse des températures dans les années 1940.

Si tu regardes le graphique joint, tu remarqueras que les continents ont également connu cette petite anomalie des années 1940 (comme tu le sais sûrement).

Donc, si nous pouvions réduire l'anomalie océanique par, disons, 0,15° C, cela aurait alors un impact important sur la moyenne planétaire -- mais il faudrait toujours expliquer la petite anomalie continentale.

J'ai choisi 0,15 à dessein. Il restera toujours une petite hausse océanique, et je crois qu'il faut avoir un type de petite pointe océanique pour expliquer la petite anomalie continentale (via soit un type de forçage commun, soit l'océan qui force les continents, ou vice versa, ou tous à la fois). Si tu regardes les autres petites anomalies, les anomalies continentales sont 1,5 à 2 fois (approximativement) plus fortes que les anomalies océaniques -- plus grande sensibilité et effets de l'inertie thermique. Mon ajustement de 0,15 rentre dans ces paramètres, tu vois donc ce que je veux dire.
Éliminer ENSO n'a pas d'effet sur ceci.

Il serait bon d'éliminer au moins une partie de l'anomalie des années quarante, mais la question demeure «pourquoi cette petite anomalie».

(fichier 1225026120.txt)

 

Yeah, it wasn't so much 1998 and all that that I was concerned about, used to dealing with that, but the possibility that we might be going through a longer - 10 year - period of relatively stable temperatures beyond what you might expect from La Nina etc.

Speculation, but if I see this as a possibility then others might also.
Anyway, I'll maybe cut the last few points off the filtered curve before Igive the talk again as that's trending down as a result of the end effects and the recent cold-ish years.

NDT : On coupe la courbe pour cacher le refroidissement de ces dernières années ...  :


"Ouais, c'est pas tellement 1998 et tout ça qui me tracasse, j'ai l'habitude d'y répondre, mais la possibilité que nous puissions passer par une période plus longue -- 10 ans -- de températures relativement stables au-delà de ce qu'on pourrait s'attendre avec La Niña etc.

Spéculation, mais si je vois cela comme une possibilité, d'autres pourraient également s'en apercevoir. Bref, je vais peut-être ôter les dernières valeurs de ma courbe filtrée avant de présenter à nouveau mon exposé parce que la tendance est à la baisse à la suite des effets d'extrémité et des dernières années relativement froides"

Ref : 942777075.txt

Phil Jones écrit :

I’ve just completed Mike’s Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) amd from 1961 for Keith’s to hide the decline.

 

"Je viens juste de terminer l'utilisation de l'astuce de Mike dans Nature qui consiste à ajouter les données réelles de température pour chacune des séries des 20 dernières années (c'est à dire de 1981 à maintenant) et depuis 1961 avec celles de Keith (NDT: Briffa), pour cacher le déclin. "

NDT : Assez astucieusement la presse pro-GIEC ne retient que la première manipulation ("The trick") des données de Phil Jones pour en tirer la conclusion que ceci est légitime (et ça l'est), "oubliant" la fin de la phrase.
Cette même presse évite ainsi de mentionner le "hide the decline" (dissimuler le déclin (des températures)) qui est vraiment très inquiétant sous la plume d'un scientifique. Le magazine australien Investigate rapporte que Phil Jones, directeur de l’Unité de recherche climatique, déclare ne plus se souvenir exactement ce qu’il a pu vouloir dire il y a dix ans quand il a écrit dans un courriel qu’il faillait « cacher la baisse ». Pour sa part, RealClimate qualifie "hide the decline" d'expresion malheureuse. Certes.

Dans un communiqué publié par l'Université d'East Anglia, Phil Jones reconnait que ce courriel est authentique.

Ref :1054736277.txt

...I think that trying to adopt a timeframe of 2K, rather than the usual 1K, addresses a good earlier point that Peck made w/ regard to the memo, that it would be nice to try to “contain” the putative “MWP”, even if we don’t yet have a hemispheric mean reconstruction available that far back….

 



Je pense qu'essayer d'utiliser une période de 2 000 ans plutôt que de 1 000 répond au problème soulevé précédemment par Peck (NDT diminutif de Overpeck) par rapport au mémo, et que ce serait bien pour essayer de « limiter » le prétendu "OM" [Optimum médiéval], même si nous ne disposons pas encore d'une reconstruction de l'hémisphère qui remonte aussi loin dans le temps...

NDT : L'idée d'effacer l'Optimum Médiéval est une obsession. Voir le témoignage de David Demings devant le Senat US. Demings avait déclaré avoir reçu un email d'une haute personnalité de la climatologie contenant la phrase "Nous devons nous débarrasser de l'optimum médiéval". Evidemment, il dérange.. toujours.

  Des doutes profonds sur la science....mais des affirmations péremptoires en public et dans les rapports du GIEC

Réf :1255352257.txt

The fact is that we can’t account for the lack of warming at the moment and it is a travesty that we can’t. The CERES data published in the August BAMS 09 supplement on 2008 shows there should be even more warming: but the data are surely wrong. Our observing system is inadequate.

 



Le fait est que nous ne savons pas expliquer l’absence de réchauffement actuel et c’est grotesque. Les données du CERES publiées dans le supplément d’Août BAMS 09 en 2008 montrent qu’il devrait y avoir encore plus de réchauffement : mais les données sont certainement fausses. Notre système d’observation est déficient.

ref : 1255523796.txt

 

 

Mike
Here are some of the issues as I see them:
Saying it is natural variability is not an explanation. What are the physical processes?
Where did the heat go? We know there is a build up of ocean heat prior to El Nino, and a discharge (and sfc T warming) during late stages of El Nino, but is the observing system sufficient to track it? Quite aside from the changes in the ocean, we know there are major
changes in the storm tracks and teleconnections with ENSO, and there is a LOT more rain on land during La Nina (more drought in El Nino), so how does the albedo change overall (changes in cloud)? At the very least the extra rain on land means a lot more heat goes
into evaporation rather than raising temperatures, and so that keeps land temps down: and should generate cloud. But the resulting evaporative cooling means the heat goes into atmosphere and should be radiated to space: so we should be able to track it with CERES
data. The CERES data are unfortunately wonting and so too are the cloud data. The ocean data are also lacking although some of that may be related to the ocean current changes and burying heat at depth where it is not picked up. If it is sequestered at depth then it
comes back to haunt us later and so we should know about it.
Kevin

 

 

[...]How come you do not agree with a statement that says we are no where close to knowing where energy is going or whether clouds are changing to make the planet brighter. We are not close to balancing the energy budget. The fact that we can not account for what is happening in the climate system makes any consideration of geoengineering quite hopeless as we will never be able to tell if it is successful or not! It is a travesty!
Kevin

NDT : Kevin Trenberth exprime ses doutes (justifiés) sur les bilans d'énergie. Le moins que l'on puisse en dire, c'est qu'on n'est pas près d'y voir clair. Pourquoi cela ne figure-t-il pas dans les écrits officiels ? Il s'agit de problèmes bien réels.

Mike,
Voici quelques uns des problèmes tels que je les vois :
Dire qu'il s'agit de variabilité naturelle n'est pas une explication. Quels sont les processus physiques ?
Où est passée toute cette chaleur ? Nous savons qu'il existe une montée de la chaleur des océans avant un El Niño et une décharge (et un réchauffement de la surface) pendant les derniers stades du El Niño, mais le système d'observation est-il suffisant pour le suivre ? Tout à fait en dehors des changements dans les océans, nous savons qu'il se produit des changements majeurs dans les trajectoires des tempêtes et leur téléconnections avec l'ENSO et il y a BEAUCOUP plus de pluie sur les continents durant La Niña (plus de sécheresse pendant un El Niño), alors comment l'albedo change-t-il (changements dans les nuages) ? Pour le moins, l'excédent de pluie qui tombe sur les continents implique que beaucoup plus de chaleur sert à l'évaporation qu'à faire monter les températures, et ainsi, refroidit les terres et ainsi devrait générer des nuages. Mais le refroidissement dû à l'évaporation signifie que la chaleur va dans l'atmosphère et devrait être irradiée dans l'espace. Ainsi nous devrions être capable de le suivre avec les données de CERES. Les données de CERES n'ont malheureusement pas bougé de même que les données sur les nuages. Les données sur les océans nous manquent aussi, bien qu'une partie de cela puisse venir des changements de courants et d'un enfouissement de la chaleur à des profondeurs où on ne peut le voir. Si elle (ndt : la chaleur) est sequestrée en profondeur, alors elle reviendra nous hanter plus tard et ainsi, il faudrait que nous le sachions.
Kevin

[...] Comment se fait-il que tu ne sois pas d'accord avec une affirmation qui dit que nous sommes loin de savoir où l'énergie s'en va ou de savoir si les nuages évoluent pour rendre la planète plus brillante ? Nous ne sommes pas près d'équilibrer le bilan énergétique. Le fait que nous ne puissions pas rendre compte de ce qu'il se passe dans le système climatique rend n'importe quelle considération en géoingeniering tout à fait sans espoir parce que nous ne pourrons jamais dire si ce sera un réussite ou non ! C'est grotesque !
Kevin (NDT :Courrier du 14 oct 2009)

NDT : Ces interrogations raisonnables n'apparaissent jamais dans les rapports du GIEC. Ceci laisse perplexe quand on sait que Trenberth était l'un des coauteurs (voir ici) d'un fameux bilan énergétique (au watt/m2 près!) lequel est resté une icône intouchable dans tous les écrits du GIEC. Consensus oblige !
addendum 31 oct 2010 : Trenberth a écrit un article dans Nature dans lesquels il explicite les doutes exprimés ci desssus. Voir le billet "à la recherche de la chaleur perdue."

 

On essaye de faire taire les journaux qui publient des articles "dissidents". On évince des éditeurs jugés "trop tièdes". On envisage le boycott de revues.
On écarte des articles peer-reviewés qui ne vont pas "dans le bon sens"du prochain rapport du GIEC.
On intervient dans le processus de revue par les pairs...

Ref :1047388489.txt

“This was the danger of always criticising the skeptics for not publishing in the “peer-reviewed literature”. Obviously, they found a solution to that–take over a journal! So what do we do about this? I think we have to stop considering “Climate Research” as a legitimate peer-reviewed journal. Perhaps we should encourage our colleagues in the climate research community to no longer submit to, or cite papers in, this journal. We would also need to consider what we tell or request of our more reasonable colleagues who currently sit on the editorial board…What do others think?”

“I will be emailing the journal to tell them I’m having nothing more to do with it until they rid themselves of this troublesome editor.”“It results from this journal having a number of editors. The responsible one for this is a well-known skeptic in NZ. He has let a few papers through by Michaels and Gray in the past. I’ve had words with Hans von Storch about this, but got nowhere. Another thing to discuss in Nice !”

 


"ça a toujours été le danger de critiquer les sceptiques parce qu'ils ne publiaient pas dans la "littérature revue par les pairs". A l'évidence, ils ont trouvé une solution -prendre en main un journal. Alors que pouvons nous faire ?
Je pense que nous devons cesser de considérer "Climate Research" comme un journal, revu par les pairs, légitime. Peut-être devrions nous encourager nos collègues de la communauté de recherches sur le climat de ne plus lui soumettre d'articles ni de citer des articles de ce journal. Nous devrions aussi réfléchir à ce que nous pourrions demander ou dire à nos collègues les plus raisonnables qui siègent actuellement dans le bureau éditorial... Qu'en pensent les autres ?"

"Je vais envoyer un email au journal pour leur dire que je n'ai plus rien à faire avec eux jusqu'à ce qu'ils se débarrassent de cet éditeur problématique. Ceci vient du fait que ce journal a une pléthore d'éditeurs. Le responsable de tout ça est un sceptique bien connu en Nouvelle Zélande. Il a laissé passer quelques papiers de Michaels et Gray, dans le passé. J'ai eu des mots avec Hans von Storch à ce propos mais ça n'a rien donné. Encore une chose à discuter à Nice !"

Ref :1051190249.txt

Mike's idea to get editorial board members to resign will probably not work -- must get rid of von Storch too, otherwise holes will eventually fill up with people like Legates, Balling, Lindzen, Michaels, Singer, etc. I have heard that the publishers are not happy with von Storch, so the above approach might remove that hurdle too.

 


"L'idée de Mike (NDT: Mann) d'obtenir la démission de membres du bureau éditorial ne marchera probablement pas--Nous devons nous débarrasser de von Storch aussi, sinon les trous seront peut-être remplis par des gens comme Legates, Balling, Lindzen, Michaels, Singer etc. J'ai entendu dire que la maison d'édition n'était pas satisfaite de von Storch, de telle sorte que l'approche suggérée ci-dessus peut nous débarrasser aussi de ce fardeau."

Ref : 1106322460.txt :

 

 

 

Proving bad behavior here is very difficult. If you think that Saiers is in the greenhouse skeptics camp, then, if we can find documentary evidence of this, we could go through official AGU channels to get
him ousted. Even this would be difficult.

 

 

 

I'm not sure that GRL can be seen as an honest broker in these debates anymore, and it is probably best to do an end run around GRL now where possible. They have published far too many deeply flawed contrarian papers in the past year or so. There is no possible excuse for them publishing all 3 Douglass papers and the Soon et al paper. These were all pure crap.

There appears to be a more fundamental problem w/ GRL now, unfortunately...

 

 

 

Yeah, basically this is just a heads up to people that something might be up here. What a shame that would be. It's one thing to lose "Climate Research". We can't afford to lose GRL. I think it would be useful if people begin to record their experiences w/ both Saiers and potentially Mackwell (I don't know him--he would seem to be complicit w/ what is going on here).


If there is a clear body of evidence that something is amiss, it
could be taken through the proper channels. I don't that the entire AGU hierarchy has yet been compromised!

 

Dear All,

Just a heads up. Apparently, the contrarians now have an "in" with GRL. This guy Saiers has a prior connection w/ the University of Virginia Dept. of Environmental Sciences that causes me some unease.

I think we now know how the various Douglass et al papers w/ Michaels and Singer, the Soon et al paper, and now this one have gotten published in GRL

(Ref : 1132094873.txt)

... The GRL leak may have been plugged up now w/ new editorial leadership there, but these guys always have "Climate Research" and "Energy and Environment", and will go there if necessary...

Mike

NDT : Un exemple significatif : le renvoi du professeur James Saiers comme directeur scientifique de la revue Geophysical Research Letters (GRL) : Il avait accepté de publier un article sceptique signé par Sallie Baliunas et Wille Soon. (en partie emprunté à ce site)

Voici ce que Tom Wigley écrit à Michael Mann « Crosse de hockey »

Il est très difficile de démontrer, ici, la mauvaise conduite. Si tu penses que Saiers est dans le camp des sceptiques de l'effet de serre, alors, si tu trouves une preuve écrite de cela, nous devrions emprunter la voie officielle de l'AGU [American Geophysical Union] pour le mettre dehors.

Mann écrit pour sa part :

Salut Malcolm,

[...]
Je ne suis pas sûr que GRL (NDT: Geophysical Research Letters, une publication prestigieuse) puisse encore être considéré comme un interlocuteur impartial dans ces débats, et il vaut probablement mieux, dans la mesure du possible, désormais contourner GRL. Ils ont publié beaucoup trop d'articles anticonformistes entachés de nombreuses erreurs ces derniers temps. Il est inexcusable qu'ils aient publié les 3 articles de Douglass et l'article de Soon et al.. C'était de la foutaise à l'état pur.

Il me semble qu'il y a désormais un problème plus fondamental avec GRL, malheureusement...

Mike

Mann dans un autre courriel :

Merci Tom.

Oui, juste pour vous avertir qu'il y a peut-être anguille sous roche dans ce cas. Quel honte ! Bon, perdre «Climate Research» est une chose. Mais on ne peut pas se permettre de perdre GRL. Je pense que ce serait bien si on commençait à monter un dossier sur Saiers et, probablement, sur Mackwell. (Je ne le connais pas -- il semble être de mèche avec ce qui se passe ).

Si nous pouvons accumuler assez d'éléments de preuves que les choses vont de travers, on pourra les présenter à qui de droit. Je ne pense pas que toute la hiérarchie de l'AGU ait déjà été atteinte!

Mann à nouveau :


Chers tous,

Juste un avertissement. Apparemment, les anticonformistes se sont introduits dans GRL. Ce gars, Saiers, a d'anciens liens avec l'Université de Virginie et le département des sciences environnementales qui m'a déjà causé des problèmes.

Je pense qu'on sait maintenant comment les divers articles de Douglass avec Michaels et Singer, l'article de Soon et coll. et maintenant ce dernier article ont été publiés dans GRL.

(NDT : Peu après) ,

... La fuite GRL semble avoir été colmatée, maintenant, avec un nouvel éditeur en chef mais ces types ont toujours "Climate Research" et "Energy and Environment" et ils iront publier là si nécessaire...

NDT : ....effectivement, Saiers a perdu son poste. Mais GRL continue à publier des articles qui vont dans les deux sens...

Ref : 1054756929.txt

 

 

 

 

 

 

Hi Keith,
Okay, today. Promise! Now something to ask from you. Actually somewhat important too. I got a paper to review (submitted to the Journal of Agricultural, Biological, and Environmental Sciences), written by a Korean guy and someone from Berkeley, that claims
that the method of reconstruction that we use in dendroclimatology (reverse regression) is wrong, biased, lousy, horrible, etc. They use your Tornetrask recon as the main whipping boy. I have a file that you gave me in 1993 that comes from your 1992 paper.
Below is part of that file. Is this the right one? Also, is it possible to resurrect the column headings? I would like to play with it in an effort to refute their claims. If published as is, this paper could really do some damage. [...] Your assistance here is greatly appreciated. Otherwise, I will let Tornetrask sink into
the melting permafrost of northern Sweden (just kidding of course).
Ed.

Dans cet email, Edwards Cook (du labo de dendrochronology de New York) demande de l'aide à Keith Briffa afin que celui-ci lui fournisse des données anciennes pour couler un article soumis par d'autres chercheurs au peer-review lequel démolit un papier précédent de Briffa. Cette démarche écorne sérieusement le processus de peer-review qui exige que celui-ci soit toujours effectué par un chercheur totalement extérieur et impartial. En l'occurrence, Briffa est directement attaqué dans l'article soumis à l'examen. Il ne devrait pas être sollicité, ni même averti. On a ici un aperçu de ce qu'est, en vrai, le processus de peer-review. Il tourne toujours au sein du même petit groupe qui fait barrage à toute idée qui lui déplait. C'est la recette éprouvée d'une science fermée sur elle-même, éliminant toute idée contraire...

Hello Keith,
D'accord, aujourd'hui. C'est promis. Maintenant, j'ai quelque chose à te demander. En fait, quelque chose d'important aussi. J'ai reçu un papier à reviewer (soumis au Journal of Agricultural, Biological, and Environmental Sciences), écrit par un Coréen et quelqu'un de Berkeley qui affirme que la méthode de reconstruction que nous utilisons en dendrochronologie (régression inverse) est fausse, biaisée, infecte, horrible, etc. Ils se servent de ton boulot sur Tornetrask comme bouc émissaire. [...ici Cook demande un fichier correspondant à l'ancien travail de Briffa]. J'aimerais m'amuser avec lui (NDT: le fichier) dans le but de réfuter leurs affirmations. S'il est publié tel quel, ce papier pourrait réellement faire des dégâts. [...] Ton aide est très appréciée. Sinon, je laisserai Tornetrask couler dans le pergélisol fondant du Nord de la Suède (Je plaisante, bien sûr)
Ed.

Ref: 1089318616.txt

Mike,

...The other paper by MM is just garbage - as you knew. De Freitas again. Pielke is also losing all credibility as well by replying to the mad Finn as well - frequently as I see it.
I can't see either of these papers being in the next IPCC report. Kevin and I will keep them out somehow - even if we have to redefine what the peer-review literature is !

 

de Phil Jones à Mike
Mike,

...L'autre papier par MM (McKitrick et McIntyre) n'est qu'une ineptie -comme tu sais. De Freitas, de nouveau. Pielke est aussi en train de perdre toute sa crédibilité en répondant au fou Finlandais [probablement Timo Hameranta]fréquemment comme je le constate.
Je ne vois pas comment un seul de ces articles pourrait figurer dans le prochain rapport du GIEC.
Kevin et moi nous l'empêcherons par n'importe quel moyen -même si pour cela nous devons redéfinir ce qu'est la littérature revue par les pairs !

  Comportement humain déplorable...

Ref :1075403821.txt
Subject: John L. Daly dead


In an odd way this is cheering news ! One other thing about the CC paper – just found
another email – is that McKitrick says it is standard practice in Econometrics journals
to give all the data and codes !! According to legal advice IPR overrides this.

Cheers

John L. Daly était un scientifique australien qui avait enquêté sur cette affaire depuis longtemps. Il est probablement un des tous premiers a avoir osé afficher son scepticisme dans un site demeuré célèbre.

L'annonce de son décès soudain, en Janvier 2004, lui a valu, de la part d'une personne du CRU dont le tairai le nom par charité, cette épitaphe sinistre :
" Curieusement, c'est une nouvelle réjouissante !"

Lequel ajoute que Mc Kitrick (un des chasseurs de la crosse de hockey, avec S. McIntyre) demande communication des codes et les données, (comme cela se pratique couramment). L'auteur refuse en arguant que cela est couvert par l'IPR "Intellectual Property rights" (qui, en fait, ne couvre que les brevets.)

Ref:1255100876.txt ..

."Next time I see Pat Michaels at a scientific meeting, I’ll be tempted to beat the crap out of him. Very tempted".

 


D'un autre,
"La prochaine fois que je vois Pat Michaels (NDT : un climatologue sceptique) à une réunion scientifique,
je serai tenté de lui "casser la gueule". Vraiment tenté.

 

 

 

Keith Briffa a un coup de blues et des doutes sur la conduite à tenir. Son message est aussi touchant pour un chercheur que révélateur sur le fonctionnement profond de cette sombre affaire.

Ref :1177890796.txt

Mike
your words are a real boost to me at the moment. I found myself questioning the whole process and being often frustrated at the formulaic way things had to be done - often wasting time and going down dead ends. I really thank you for taking the time to say these kind words .
I tried hard to balance the needs of the science and the IPCC , which were not always the same. I worried that you might think I gave the impression of not supporting you well enough while trying to report on the issues and uncertainties . Much had to be removed and I was particularly unhappy that I could not get the statement into the SPM regarding the AR4 reinforcement of the results and conclusions of the TAR. I tried my best but we were basically railroaded by Susan*. I am happy to pass the mantle on to someone else next time. I feel I have basically produced nothing original or substantive of my own since this whole process started....

Keith

 

Mike, (NDT: Mann)
Ton message constitue un bon coup d'épaule pour moi en ce moment. Je me suis retrouvé à me questionner sur toute cette affaire et j'ai été souvent frustré sur la manière dont cela a été mené - ce qui m'a fait perdre du temps et buter dans des impasses. Je te remercie de prendre sur ton temps pour me dire ces mots aimables. Je me suis donné beaucoup de mal pour trouver un équilibre entre les besoins de la science et ceux du GIEC qui n'ont pas toujours été les mêmes. J'étais inquiet que tu puisses penser que je donnais l'impression de ne pas vous soutenir assez fort en essayant de mentionner les problèmes et les incertitudes. Beaucoup a dû être retiré et j'étais particulièrement malheureux de ne pouvoir être affirmatif dans le Résumé pour les Décideurs en rapport avec le renforcement du 4ème Rapport (AR4) par rapport aux conclusions du troisième rapport (TAR). J'ai essayé de mon mieux mais Susan (NDT sans doute, Susan Solomon de la NOAA) est passée en force. Je suis heureux de passer le flambeau à quelqu'un d'autre pour la prochaine fois. Je sens que ne je n'ai pratiquement rien sorti d'original ou d'important, par moi-même, depuis que cette affaire a commencé.

Keith (NDT: Briffa)

  Suppression et ou refus de communiquer les données

Ref :1107454306.txt

The two MMs have been after the CRU station data for years. If they ever hear there is a Freedom of Information Act now in the UK, I think I'll delete the file rather than send to anyone.

 

Les deux MM (NDT : Mc Kitrick et McIntyre) cherchent les données des stations CRU depuis des années. S'ils ont entendu parler du Freedom Information Act, désormais valable en angleterre, je pense que je détruirai ces fichiers plutôt que de les donner à quiconque.

NDT : Effectivement, V. Courtillot n'a jamais pu les obtenir, non plus...Comme il l'a mentionné dans ses conférences

Ref : 1212063122.txt

Can you delete any emails you may have had with Keith re AR4?
Keith will do likewise. He’s not in at the moment – minor family crisis.
Can you also email Gene and get him to do the same? I don’t have his new email address.
We will be getting Caspar to do likewise.

 


Pouvez vous détruire les emails que vous avez pu échanger avec Keith (Briffa) en relation avec l'AR4 ? Keith (NDT: Briffa) fera de même. Il est absent en ce moment - crise familiale mineure.
Pouvez-vous aussi écrire à Gene et obtenir qu'il fasse la même chose ? Je n'ai pas sa nouvelle adresse email
Nous ferons faire la même chose à Caspar (Amman).

NDT : Il semble que l'auteur de ce mail se méfie maintenant de Briffa Il devient douteux pour "la cause" après ce qu'il a écrit ci-dessus.

Voilà. Jugez vous-mêmes ! Personnellement, je n'avais jamais vu ça.

On peut observer que très peu de choses sont parues dans la presse française à ce sujet. Il n'en est pas de même dans la presse anglophone qui a souvent titré en gras sur cette question.
Delingpole dans The Telegraph UK ne mâche ses mots même s'il n'utilise qu'une toute petite partie des documents disponibles.

La presse pro-GIEC (comme l'Express) minimise l'affaire, reproche le hacking (en ignorant le FOIA) et ne mentionne évidemment rien du contenu compromettant des fichiers que j'ai cités ci-dessus et de beaucoup d'autres. Certains vont même jusqu'à expliquer que tout cela se comprend à cause de la "pression insoutenable" exercée par les "méchants sceptiques". Ces journalistes n'ont pas dû lire les dossiers avec suffisamment d'attention car ce ne sont pas les "méchants sceptiques" qui persécutent les climatologues du GIEC.
Ce sont, tout simplement la science, les faits, les observations et les multiples incohérences de cette affaire de réchauffement climatique anthropique qui apparaissent peu à peu au grand jour et dont quelques unes sont collationnées dans ce site.

En conclusion (provisoire) et à mon humble avis :

Assez paradoxalement, la lecture attentive de ces quelques échanges (et de beaucoup d'autres) entres les membres scientifiques du gotha du GIEC laisse entrevoir une suite positive à cette sombre affaire. Si on lit entre les lignes de ces échanges de courriels dont certains dépassent la limite du tolérable, on constate que ce petit monde est loin d'être aussi homogène et consensuel qu'on voudrait nous le faire croire. En réalité, il existe plusieurs catégories de chercheurs, au sein de ce réseau, manifestement bien structuré, tel qu'il avait d'ailleurs été décrit et soigneusement analysé dès 2006, dans le rapport Wegman (sur la crosse de Hockey de Mann et al) (pages 38-47) :

  • Quelques meneurs activistes (certains fanatiques), peu nombreux, qui ont manifestement totalement oublié la déontologie scientifique au profit des objectifs politiques du GIEC aux ordres duquel ils sont dévoués corps et âmes (Mike Mann, Phil Jones et (sans doute), Susan Solomon, sans oublier, bien sûr Hansen et Schneider). Ces gens là ne reculeront devant rien. Pour eux, la fin justifie les moyens.
  • Des suiveurs qui font ce qu'on leur demande sans se poser de question, mais sans initiative. Ils sont les coauteurs de second rang des articles publiés par les meneurs. Ce sont des seconds couteaux qui peuvent évoluer en fonction des événements.
  • Des chercheurs qui n'acceptent pas de faire et de signer tout et n'importe quoi (Tom Wigley et Jonathan Overpeck, par exemple)
  • Des chercheurs qui ont énormément de mal à concilier les impératifs politiques imposés par le GIEC, avec leur conception honnête de la Science.( Keith Briffa, par exemple, qui va probablement laisser tomber, si ce n'est déjà fait)
  • Et enfin -ne l'oublions pas-, le (ou les) hacker qui a jugé qu'il était de son devoir de mettre tout cela sur la table. Celui-là (ou ceux là), n'en pouvait plus de supporter ces magouilles, tripatouillages etc. étalés devant ses yeux. Car il faut être incroyablement naïf, ou ne pas avoir vu le soin et la compétence avec lesquels étaient ordonnés ces documents, pour imaginer qu'il puisse s'agir d'un externe au CRU ou à son environnement immédiat. Le hacker est presque certainement du sérail.
    Briffa

S'il ne fallait retenir qu'une seule phrase dans cette collection d'emails, je citerais celle-ci qui nous vient de Keith Briffa du CRU. Elle nous dit tout et résume parfaitement la situation actuelle des chercheurs en climatologie qui travaillent pour le GIEC.:

"Je me suis donné beaucoup de mal pour trouver un équilibre entre les besoins de la science et ceux du GIEC qui n'ont pas toujours été les mêmes."


C'est parfaitement clair. Comme le savent les lecteurs de ce site, les objectifs et les exigences de la Science, ne sont pas les mêmes que ceux du GIEC qui est une instance fondamentalement politique. Et il y a souvent un divorce flagrant.
Tels que je les connais, la plupart des chercheurs honnêtes (il y en a beaucoup) pour lesquels la recherche scientifique est une véritable vocation, doivent se sentir très mal à l'aise dans cette ambiance. Je n'aimerais pas être à leur place. Pour moi, cette affaire de hacking des documents du CRU anglais n'est rien d'autre que la manifestation d'un malaise extrême.
La planche sur laquelle repose le GIEC est vermoulue. Elle commence à craquer.
Wait and see.

Note added in proof : 11 décembre 09. Un professionnel de l'analyse des réseaux informatiques a effectué une analyse détaillée de la possibilité de hacking des données informatiques du CRU. Il conclut que la probabilité que ce piratage provienne de l'extérieur est infime. Voici sa conclusion : " The simplest explanation in this case is that someone at UEA found it and released it to the wild and the release of FOIA2009.zip wasn’t because of some hacker, but because of a leak from UEA by a person with scruples." Soit :

"L'explication la plus simple, dans cette affaire, est qu'une personne de l'Université d'East Anglia a récupéré NDT : (ces données), et les à relâché dans la nature. La fuite du fichier FOIA2009.zip ne provient pas d'un quelconque hacker mais résulte d'une fuite organisée de l'UEA par une personne en proie aux scrupules ." .
Il parvient exactement à la même conclusion que je vous proposais ci-dessus. Il est donc inutile d'incriminer la Russie et le KGB (!!) ou le FSB, et les pétroliers comme le font certains, pour expliquer cette histoire.
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Il existe de nombreuses compilations de ces courriers électroniques et des documents associés. En voici quelques unes
:

-Un site Portugais avec de nombreux extraits de courriers et les fichiers originaux accessibles.-
-
Un excellente analyse en français de la situation dimanche soir.
-La base de données complète des emails est ici. Elle dispose d'un excellent moteur de recherche qui accepte les phrases entières.
-Skyfal donne les références et quelques mots d'explication sur le contenu de nombreux emails.
-Une bonne analyse sur Agoravox


Vous disposez à présent d'un moteur de recherche efficace parmi les 1073 emails
Des mots, des phrases entières (en anglais) conviennent...:


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Pour ce qui concerne plus directement les français, voici un email : ref: 1200426564.txt, qui a été échangé entre Phil Jones etc.et des protagonistes français (appelant à l'aide) lors de "l'affaire Courtillot" que j'avais évoquée dans cette page.
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ses sont concertés pour mobiliser les grands moyens pour discréditer V. Courtillot, avec l'aide du Monde, de Libé et du Figaro, en France, d'ailleurs.

Voici une liste de liens de journaux (en partie communiquée par un lecteur que je remercie) en relation avec cette affaire. On voit les différences de perception imédiatement, selon les orientations des journalistes. Le "truc", la grosse ficelle que je dénonce plus bas est très souvent utilisée.

http://www.nytimes.com/200 9/11/21/science/earth/21cl imate.html
http://www.guardian.co.uk/ environment/2009/nov/20/cl imate-sceptics-email-hacking
http://www.wired.com/threa tlevel/2009/11/climate-hac k
http://www.foxnews.com/sto ry/0,2933,576009,00.html?t est=latestnews
http://news.bbc.co.uk/2/hi /science/nature/8371597.st m
http://www.nature.com/news /2009/091120/full/news.200 9.1101.html
http://www.theregister.co. uk/2009/11/20/cru_climate_ hack/
http://www.npr.org/blogs/t hetwo-way/2009/11/emails_c ru_east_anglia_climate.htm l
http://www.npr.org/blogs/t hetwo-way/2009/11/emails_c ru_east_anglia_climate.htm l
http://blogs.sciencemag.or g/scienceinsider/2009/11/d ata-breach-emb.html
http://www.ecofactory.com/ news/climategate-leaked-cl imate-scientist-emails-exp ose-manipulation-112009
http://www.dailytech.com/C limategate+Stunning+Decept ion+and+Misconduct+at+UK+W arming+Research+Center+Rev ealed/article16889.htm
http://www.examiner.com/x- 28973-Essex-County-Conserv ative-Examiner~y2009m11d20 -CRU-files-scandal-reaches -print-media
http://blogs.telegraph.co. uk/news/jamesdelingpole/10 0017393/climategate-the-fi nal-nail-in-the-coffin-of- anthropogenic-global-warmi ng/
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/85ab676a-d7ae-11de-a5a2-539eee1162dc/Une_conspiration_des_scientifiques
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/explosion-d-une-bombe-dans-le-65413
http://www.rue89.com/2009/11/23/le-climategate-de-la-recherche-sur-le-rechauffement-127022
http://www.pcmag.co.uk/v3/news/2253716/hackers-attack-uk-climate

Alors, à qui revient le bonnet d'âne de Novembre 2009 ?

Vous vous souvenez peut-être du coup du bonneteau utilisé par la presse (et le GIEC) pour dissimuler le fait que les températures ne montent plus depuis une dizaine d'année. C'est simple comme bonjour : on vous disait que l'année 200X est la XXème la plus chaude depuis 1980 etc.. ce qui permet de dissimuler l'évolution récente des températures qui, en réalité, vont à la baisse. Malhonnête mais bien joué.
.
Eh bien, nos médias nous ont encore fait le coup de l'illusioniste pour rapporter sur cette découverte des courriers compromettants du CRU.

J'ai brièvement évoqué l'astuce en question mais je la détaille ici, telle qu'elle a été utilisée dans la première dépêche d'agence l'AP ( L'Agence de Presse), (à ne pas confondre avec l'AFP, l'inventrice des rayons cosmétiques) et reprise in extenso, par la presse et des médias audiovisuels...

Tout le monde sait que le truc N°1 d'un illusionniste consiste à accaparer votre attention en vous montrant un objet sans intérêt tout en dissimulant le gros de l'affaire qui va vous surprendre : ça marche à tout les coups et nous rappelle le célèbre dicton : " Quand on lui montre la lune , l'idiot regarde le doigt". Seulement, cette fois-ci, l'idiot... c'est nous.

Dans l'affaire qui nous occupe ici, que fallait-il cacher ? C'est évidemment le contenu compromettant de certains courriers du CRU et, parmi beaucoup d'autres, la fameuse phrase "to hide the decline" " afin de masquer la décroissance" que Phil Jones a d'ailleurs été incapable d'expliquer aux interviewers américains et que les journalises francophones ont certainement lue puisqu'elle fait partie du même message que celui qui mentionne le truc ou l'astuce qui va servir à détourner l'attention du lecteur.

Pour éviter de mentionner cette phrase compromettante, il fallait donc attirer l'attention des lecteurs sur une chose sans importance qui permettait, de balayer d'un revers de main toute suspicion du lecteur et le convaincre que ces courriels ne présentaient aucun intérêt et que ce n'était qu'une tempête dans un verre d'eau. Alors, les journalistes astucieux ont focalisé l'attention sur la mention de Phil Jones qui déclare qu'il a utilisé un "trick", "un truc", "une astuce" pour compléter ses courbes... Lisant cela, le lecteur moyen se dit qu'il est tout à fait normal que d'utiliser une astuce pour un chercheur, que ça fait même partie de son travail (ce qui est vrai) , et que tout va bien. Il en conclut évidemment que les sceptiques ont exagéré et qu'il n'y a rien d'intéressant dans ces messages...Très malhonnête, encore une fois, mais bien joué.

A titre d'exemple, le "journal de référence" vient de publier un article on-line sur cette affaire étonnante. Cet article qui passe, bien sûr, sous silence, la totalité des documents dont j'ai reproduit ici quelques exemplaires et qui utilise l'astuce signalée ci-dessus, est intitulé : "Les courriels des climatologues divulgués pour les discréditer". Cet article n'est d'ailleurs rien d'autre qu'une reprise de la dépêche de l'agence de presse AP qui a donné le ton.
Il semble que pour l'auteur de cet article, faire connaître, au grand public, les échanges épistolaires authentiques et professionnels de chercheurs qui servent de caution à la prise de décisions absolument cruciales au niveau mondial pour l'avenir de notre société, constitue un acte répréhensible et propre à éveiller les soupçons...
Curieuse conception du journalisme. Beaucoup de lecteurs qui s'expriment sur le forum associé à ce billet du journal de référence, ont d'ailleurs réagi. Le métier de journaliste ne consiste-t-il pas à enquêter et à informer ?
En réalité, c'est nous qui avons fait son travail, au journaliste "d'investigation" du journal de référence.

Et d'ailleurs, il n'est nul besoin de dicréditer les climatologues en question : Ils le font très bien tout seuls.

chapeau

Voici donc, à titre exceptionnel, la superbe collection de bonnets d'âne du mois de Nov. 2009, en forme de chapeaux d'illusionistes de cirque que j'offre aux journalistes auteurs de ce magnifique tour de passe-passe qui consiste à cacher l'essentiel sous un détail ridicule.

Vous remarquerez qu'il reste encore un bonnet d'âne non attribué. Je ne doute pas qu'il le sera très bientôt :

Bravo les artistes! On applaudit. Même si le journalisme honnête et authentique y prend, au passage et une fois de plus, un grand coup....

Suite ...:

Phil Jones, directeur du CRU, a été suspendu et remplacé. Provisoirement ?
Une enquête est lancée par son Université d'East Anglia ainsi que sur
Michael Mann par l'Université de Pennsylvanie.
Jean-François Kahn dans "Marianne (2)" fustige les médias français , pour avoir "expédié" l'affaire du climategate. "Climategate : Pourquoi les médias français gardent le silence."
Rajendra Pachauri, responsable du GIEC, demande une enquête de l'ONU sur cette affaire.
L'office Metéo Britannique entreprend le réexamen de 160 années de données climatiques.


10 Octobre 2009 : De Charybde en Scylla. : Crosse de hockey - le Retour.
Des données non significatives, tenues secrètes et particulièrement bien sélectionnées ainsi qu'une bourde ridicule dans le dernier rapport officiel de l'ONU sur le climat : Une série de bonnets d'âne du mois d'Octobre, bien mérités.

Ce bonnet d'âne exceptionnel est divisé en deux parties. La première concerne les avatars récents de la célèbre Crosse de Hockey. Le deuxième une bourde monumentale dans le dernier rapport officiel de l'ONU sur le climat.

Ce billet est un peu plus long et un peu plus technique que les bonnets d'âne traditionnels. Du moins au début. Je le regrette mais ce sujet est crucial et il est difficile de faire plus court si on veut être précis. Quoiqu'il en soit, sa lecture est édifiante, comme vous allez le voir...

Rappels : Tout les lecteurs attentifs se souviennent de la polémique qui a suivi la publication d'une reconstruction des températures du dernier millénaire effectuée par le Dr Michael Mann et son équipe en 1998. Cette publication, baptisée "crosse de hockey", constituait l'argument N°1 pour les tenants du réchauffement climatique anthropique avancé par le GIEC, jusqu'à figurer jusqu'à 5 fois dans un seul rapport du GIEC.Houghton2.

Ci-contre, Le Président du GIEC de l'époque, Sir John Houghton dissertant sur la fameuse Crosse de Hockey, lors d'une réunion du GIEC qui, s'appuyant sur ce graphe, conclut à l'intervention humaine dans les changements climatiques.

 

Cette reconstruction, en forme de crosse de hockey, qui rayait carrément de la mémoire des hommes, la période chaude de l'optimum médiéval vers (1000-1300) ainsi que le petit âge glaciaire qui l'a suivi et qui s'est prolongé jusque dans les années 1800, a soulevé une tempête de protestations conclue par deux expertises indépendantes (dont le rapport Wegmann) qui ont, toutes deux, conclu à des anomalies de procédures d'analyse ainsi qu'à des choix de données inappropriées.J'avais rédigé, en 2006, un bref résumé de cette polémique dans cette page.

Outre les graves problèmes inhérents à l'utilisation de la dendrochronologie en tant que marqueur de température dont je donne un bref aperçu ci-dessous; il apparaît que la sélection des données inappropriées ou non statistiquement représentatives a, de nouveau, et malgré le précédent fâcheux de Michael Mann, conduit certains chercheurs et le dernier rapport de l'ONU à prendre leurs désirs pour des réalités...Malheureusement pour eux, des analystes vigilants tels que Steve Mc Intyre et Ross Mc Kitrick sont toujours sur la brêche..
Et encore plus malheureusement pour ces chercheurs affiliés au GIEC, McIntyre est enfin parvenu à se procurer les données détaillées qui ont été utilisées pour établir ces courbes bizarres qui défient nos connaissances les mieux établies et qui sont un des piliers du GIEC.

crossemann

an900-1900mann

A gauche, la reconstruction des températures du passé telle qu'elle figurait dans les rapports du GIEC jusqu'en1996. Au centre, Michael Mann présentant une des sections d'un arbre utilisé pour la reconstruction du climat reporté sur la figure de droite. Comme on le voit du premier coup d'oeil, la courbe de Mann et al a effacé le petit âge glaciaire pourtant très largement documenté dans les récits historiques et l'optimum médiéval documenté par l'étude des pollens, la stratigraphie, les sédiments, les stalagmites, la datation isotopique etc...dans un grand nombre de sites tout autour du globe. Contrairement à une assertion souvent entendue et propagée par les auteurs de cette crosse de hockey, un très grand nombre de mesures effectuées sur tous les continents de la planète montre que l'optimum médiéval a bien été un phénomène planétaire et ne concernait pas que l'hémisphère Nord.loehle

 

Dans les années qui suivirent la publication des deux rapports d'expertise, le GIEC se fit plus discret sur la publication de la Crosse de Hockey de Michael Mann, d'autant plus que d'autres reconstructions (très soignées) de températures avaient été publiées qui re-montraient l'existence de l'optimum médiéval et du petit âge glaciaire.

La courbe du haut est due à Moberg (2005) On y voit très bien le petit âge glaciaire et l'optimum médiéval. Moberg est un scientifique "mainstream" affilié au GIEC

La courbe du bas, plus récente, est due à Craig Loehle (document ici). Publiée en 2007. Loehle a publié plusieurs articles critiques sur l'utillisation irraisonnée de la dendrochronologie.

Bien que provenant d'un scientifique proche du GIEC (Moberg) et d'un scientifique plutôt sceptique (Loehle), ces deux courbes sont pratiquement identiques. Elles reproduisent correctement ce que tout le monde sait, c'est à dire l'existence nette d'un optimum médiéval (800-1200) et d'un petit âge glaciaire (entre 1400 et 1800).

Les deux courbes diffèrent cependant dans les températures du vingtième siècle, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les supputations concernant le fait qu'il a fait plus chaud ou moins chaud en 1998 (qui est le pic actuel de température) qu'au moyen-âge. Mais cela n'est pas très important ni définitif du fait de la grande imprécision qui règne dans ce genre de reconstructions. Pour la période récente, on dispose de thermomètres.

On aurait pu penser que l'affaire était close. Il n'en est rien.
La crosse de hockey et ses méthodes pourtant largement discréditées, n'étaient pas mortes ....
Et le tout dernier rapport de l'ONU n'a pas hésité à nous resservir une véritable caricature de l'ancienne crosse de hockey, comme vous allez le voir.

Première partie du bonnet d'âne d'Octobre 2009 : La Crosse de Hockey II, le retour :

Le récit suivant est de Ross McKitrick ( professeur à l'Université de Guelph, Ca) qui a travaillé avec Steve McIntyre lors de l'affaire de la crosse de hockey I . Il est édifiant sur de nombreux plans. Il nous permet de saisir le lien étroit et la continuité qui existent entre le scandale de la crosse de hockey de 1998 et les tentatives répétées de revitalisation de ce type de courbe, au cours des neuf dernières années, en dépit des résultats très négatifs des deux expertises indépendantes. En fait, tout repose, une fois encore, sur une seule et ridiculement maigre série d'échantillons, tenue secrète, jusqu'à présent... Ce récit donne, malheureusement, une vision plutôt pessimiste de la manière dont fonctionne actuellement la recherche climatique et, aussi, sur certains "referees" qui ne vont pas chercher trop loin ainsi que sur les éditeurs de certaines publications scientifiques (Science et Nature) que Roy Spencer a qualifié de "grises".
Mais pas tous. Heureusement, comme vous allez le voir... (Les caractères engraissés sont de l'auteur de ce site).

" Steve (McIntyre) et moi-même avons démontré que les algorithmes utilisés dans la Crosse de Hockey de Mann étaient gravement faussés en ce sens que sa forme était uniquement déterminée par les données des pins à cônes épineux (NDT : Bristlecones : pins vivant sur les sommets des Montagnes Rocheuses). Les polémiques prirent rapidement de l'ampleur : Deux Comités d'experts indépendants (NDT : l'un sous la direction du statisticien E. Wegman et l'autre, de l'Académie des Sciences U.S.) furent constitués, le Congrès Américain organisa un audit et les médias du monde entier suivirent cette affaire.

Les rapports des experts approuvèrent toutes nos critiques sur la Crosse de Hockey, aussi bien sur les algorithmes que sur sa dépendance vis-à-vis des données faussées des pins à cônes épineux. Cependant, un des comités affirma que bien que la Crosse de Hockey de Mann soit fausse, une série d'autres études, publiées depuis 1998 présentait des formes identiques, indiquant ainsi que la fin du XXième siècle était inhabituellement chaude. Le GIEC reprit aussi cet argument dans son rapport de 2007. Mais le deuxième Comité; présidé par le statisticien Edward Wegman, indiqua que les nouvelles études n'étaient pas indépendantes des premières. Elles étaient effectuées par le même petit cercle de chercheurs dont l'ordre était changé dans la liste des auteurs et qui réutilisaient, à chaque fois, les mêmes séries de marqueurs climatiques.

La plupart des marqueurs ne montrent rien d'inhabituel sur le XXème siècle. Mais deux séries de données sont réapparues plusieurs fois. Ce sont elles qui donnent la forme de la crosse de hockey. L'une venait de la série faussée des pins à cônes épineux que l'Académie des Sciences avait recommandé de ne pas utiliser et qu'il aurait fallu écarter. L'autre était une donnée dendrochronologique provenant de la péninsule deBriffa Yamal en Sibérie qui avait été compilée par le scientifiques UK, Keith Briffa (photo-ci-contre).

Briffa avait déjà publié un article en 1995 affirmant que la période médiévale, en fait, comprenait l'année la plus froide du millénaire (NDT.! ce qui est exactement contraire à nos connaissances historiques et aux mesures effectuées sur divers fossiles). Mais cette affirmation dépendait de seulement trois enregistrements d'arbres (bois de coeur) de l'Oural polaire. Plus tard, un de ses collègues, nommé F.H. Schweingruber se procura une série d'échantillons beaucoup plus étoffée provenant de la même région, mais ces derniers racontaient une toute autre histoire. En fait, la période médiévale était effectivement chaude et la fin du XXième siècle ne montrait rien d'exceptionnel. Briffa et Schweingruber ne publièrent jamais ces résultats mais, au contraire, éliminèrent en bloc toutes les données de l'Oural Polaire de leurs articles de reconstruction des températures..

Ils leur substituèrent une nouvelle série de données que Briffa avait obtenue à partir de données dendrochronologiques trouvées dans la proche péninsule de Yamal, lesquelles montraient une forme de crosse de hockey très prononcée, c'est à dire une variation presque nulle pendant environ 900 ans suivie d'une montée brutale pendant le XXième siècle. La série de Yamal était un mélange d'un nombre non précisé de bois de coeur d'arbres. De manière à apprécier les étapes impliquées dans l'obtention de la série de données, il aurait été indispensable d'obtenir les mesures des cernes des arbres individuelles. Mais Briffa ne communiqua pas ses données.

Pendant les 9 années qui suivirent, il parut, au moins, un article par an dans les journaux réputés qui utilisaient le jeu de données de Briffa pour obtenir un résultat en forme de crosse de Hockey (NDT : et encore tout récemment, dans l'article de Kaufman et al, (coauteur Briffa), publié dans Science du 4 sept 2009, "Recent Warming Reverses Long-Term Arctic Cooling", toujours avec la même crosse de hockey). Le GIEC se reposait sur ces publications pour défendre ses vues sur la crosse de hockey et comme ce dernier avait recruté Briffa comme auteur principal du GIEC pour ce sujet, il n'y avait aucune chance qu'il se pose des questions au sujet des donnée de Yamal.

Bien que ces articles aient paru dans les journaux réputés comme Nature ou Science, pas un seul des experts relecteurs ou des éditeurs ne demanda jamais à Briffa de communiquer ses données sur Yamal. Les requêtes insistantes de Steve McIntyre, leur demandant de révèler les données conformément à leur propre règle, restèrent lettre morte. (NDT: La déontologie des publications scientifiques exige pourtant que les sources et les données des articles publiés soient rendues accessibles à ceux qui les demandent. Ce comportement est étonnant, pour ne pas dire plus)

C'est alors qu'en 2008, Schweingruber et quelques collègues publièrent un article qui utilisait (une fois de plus) les séries de Yamal, dans un journal appelé "Philosophical Transactions of the Royal Society". (NDT : Journal anglais) Lequel obéit à des règles extrêmement strictes en ce qui concerne le partage des données. Steve (McIntyre) expédia sa requête habituelle pour obtenir les données et, cette fois-ci; un éditeur franchit le pas et ordonna aux auteurs de communiquer leurs données. Tout récemment, ces dernières apparurent sur Internet et Steve (McIntyre) parvint finalement à entreprendre l'analyse du jeu de données de Yamal.

Il apparut que de nombreux échantillons étaient prélevés sur les arbres morts (partiellement fossilisés) qui ne montraient aucune tendance particulière. La montée brutale de la fin du XXème siècle provenait des bois de coeur de 10 arbres vivants (en 1990) et de 5 arbres vivants (en 1995). D'après les règles standard en science, ceci constitue un échantillon beaucoup trop petit pour pouvoir en tirer une publication scientifique. Les portions relatives aux XVIIIème et XIXème siécles, par exemple, elles, relevaient de 30 arbres par année. Mais cette portion ne présentait aucune variation brutale. La seule portion qui le faisait était celle de la fin du XXème siècle pour laquelle le nombre d'échantillons tendait vers zéro. Une fois de plus, il apparaissait que la forme dramatique en crosse de hockey ne provenait que de la portion la moins fiable du jeu des échantillons.

Mais une découverte plus inquiétante fut bientôt révélée. Steve (McIntyre) rechercha dans les données paléoclimatiques archivées s'il existait d'autres données sur les bois de coeur des arbres de Yamal ou de régions proches qui pourraient être utilisées pour augmenter la taille de l'échantillon et le rendre significatif. Il trouva rapidement une grande quantité de 34 bases de données, mises à jour et prélevées sur des échantillons vivants à Yamal par Schweingruber en personne. Si ce dernier avait complété les données du petit échantillon du XXème siècle de Briffa, le résultat aurait tout simplement était plat. Il serait dès lors apparu comme totalement normal au sein du millénaire.

La combinaison de différents échantillons n'aurait pas été une opération inhabituelle. Briffa avait déjà complété ses données avec celles d'un autre site de Schweingruber situé dans la péninsule de Taimyr. Ces données supplémentaires avaient été collectées à plus de 400 km du site primaire. Et dans ce cas, le site primaire (NDT : celui de Yamal où Schweingruber avait prélevé ses échantillons supplémentaires) possédait trois ou quatre fois plus de bois de coeur pour travailler avec le site de Yamal. Pour quelle raison Briffa n'a-t-il pas complété sa collection de données avec celles qui étaient déjà disponibles et venaient de son propre coauteur ? Pourquoi Briffa a-t-il été chercher des échantillons sur le site déjà bien représenté de Taimyr plutôt que sur celui, sous-représenté, de Yamal ?

Ainsi l'élément décisif de ces études qui ont été utilisées pour soutenir la Crosse de Hockey, c'est à dire les échantillons de Briffa, dépend d'un sous-ensemble d'échantillons incroyablement limité et de l'exclusion de données immédiatement accessibles, obtenues sur la même zone.
Je ne sais pas ce qu'il se passe ici, mais ce n'est pas de la Science..."

Ross McKitrick, professeur à l'Université de Guelph (Ca). 01 Octobre 2009.

Il est inutile d'ajouter que cette histoire de mélèzes de la péninsule de Yamal a fait couler énormément d'encre ( plutôt de Méga octets) et donné lieu à une polémique virulente entre d'une part, les nombreux et acerbes critiques de la crosse de hockey et, d'autre part, le site RealClimate (fondé par Michael Mann lui-même) et Keith Briffa. Il n'en reste pas moins que certains graphiques parlent d'eux-mêmes. En voici quelques uns, parmi bien d'autres :yama1



Voici, ci-contre, une série de variations de températures (en ordonnées, unité arbitraires mais identiques sur tous les graphes) selon les cernes de différents arbres prélevés dans la zone de Yamal, pour une période allant de 1800 à 2000.

Comme on peut le constater, les résultats sont extrêmement différents d'une série d'échantillons à l'autre. En sélectionnant une série donnée, par exemple, YAD061 comme cela a été fait dans le cas du jeu de données de Briffa, il est très facile de prédéterminer la forme de la courbe finale en forme de crosse de Hockey.

Dans une telle situation, et quelques soient les (grandes) réserves que l'on peut éprouver à l'encontre de la dendrochronologie pour la mesure des températures (voir ci-dessous), la seule attitude scientifique raisonnable consiste à utiliser toutes les données disponibles en les pondérant en fonction de leur population. L'exclusion de certains jeux de données ne peut être effectuée qu'en s'appuyant sur des arguments solides et, bien évidemment, en communiquant ses données et les raisons pour lesquelles ces jeux ont été délaissés. Ce qui n'a pas été fait (pendant 9 ans.) et laisse peser un doute sur les motivations des auteurs de ces recherches ainsi que sur leurs résultats.

Sans compter que faire disparaître l'optimum médiéval et le petit âge glaciaire, très amplement documenté... éveille quelques soupçons. On se trouve pourtant dans l'hémisphère Nord.


Steve McIntyre est à l'origine de la découverte de ce qu'il considère comme un "problème de divergence". Ce qui est un euphémisme en la matière. Il nous donne le graphique suivant qui compare les résultats obtenus en utilisant les différents jeu de données disponibles. yamal4



Ce graphe couvre une période de 1000 ans , jusqu'en 2000. En ordonnées sont indiquées les anomalies de températures (normalisées pour les 3 graphiques).

Ci-contre, les données retenues par Briffa et al, lesquelles ont été utilisées par de nombreuses publications (du même groupe).

 

 

 

Ci-contre , les résultat des données beaucoup plus étoffées obtenues par Schweingruber en excluant celles retenues par Briffa et al.

Le XXième siècle ne montre rien d'exceptionnel.

 

 

Ci-contre, la totalité des données disponibles. On perçoit une légère montée des températures au XXième siècle dues aux échantillons de Briffa. Assez bizarrement, l'optimum médiéval n'est pas très visible non plus que le petit âge glaciaire.

Il n'est pas exceptionnel qu'en matière de dendrochronologie on rencontre ce problème de "divergence". Normalement les nombreux traitements numériques que l'on fait subir à ces données, en utilisant un certain nombre d'hypothèses plus ou moins assurées, permettent de s'affranchir de ce genre difficultés en ne conservant que les données significatives sur le plan statistique.

Note : La forme la plus élémentaire de la dendrochronologie consiste à estimer l'âge d'un arbre en comptant le nombre des cernes (les anneaux) depuis le coeur de l'arbre jusqu'à l'aubier. Une forme plus élaborée qui est utilisée pour estimer l'âge d'une vieille poutre, par exemple, consiste à comparer les séquences des cernes d'un tronçon de cette poutre avec des bases de données de sections d'arbres identiques et de même région et dont l'âge est déjà connu. En réalité, la séquence des cernes qui se construisent chaque année, au cours de la croissance de l'arbre, dépend de la température qui a régné à l'époque mais aussi du taux d'humidité qui a régné , de la fertilité des sols qui a pu varier au cours du temps, de l'environnement immédiat (ombre ou lumière) et du taux de CO2 présent dans l'air ambiant, ainsi que de l'âge de l'arbre (la croissance diminue avec le vieillissement). Sans compter sur l'effet d'auto-régulation de la croissance des arbres que l'on vient de découvrir et que j'ai exposé ici.
La simple mesure de l'épaisseur des anneaux ou des cernes des arbres doit donc être compensée par de nombreuses hypothèses et de savantes corrections. On assiste souvent à des "divergences" marquées entre des arbres prélevées dans la même région géographique comme nous l'avons vu ci-dessus. A titre d'exemple, il peut en être ainsi lorsqu'une une tempête survient qui déracine de nombreux arbres d'une forêt. Les arbres survivants connaîtront une croissance beaucoup plus rapide (cernes plus épais) que les arbres qui sont restés groupés. Un autre facteur important est relatif à la période de gel dans la région où sont prélevés les arbres. Ainsi, on estime que les pins à cônes épineux (ceux qui donnent la lame de la crosse de hockey de Mann) qui vivent sur le sommet des montagnes, à l'extrême limite du possible, ne croissent que pendant environ 10% du temps, ce qui en fait des indicateurs douteux. Pour le moins.

A noter que la dendrochronologie a été découverte en 1933 par A.E. Douglass. Ce dernier s'est, en particulier, intéressé aux séquoias géants. Il découvrit des corrélations remarquables entre les épaisseurs des anneaux de croissance des arbres et les cycles des éruptions solaires. Il en déduisit que les éruptions solaires affectent notablement le climat de la Terre comme cela est expliqué dans cette page.

De manière générale, on peut dire que, compte tenu des nombreux paramètres incertains qui président à la croissance des arbres, la dendrochronologie souffre (sans doute à juste titre) d'une image détériorée dans le petit monde de la paléoclimatologie... Il convient donc d'être très prudent quant à l'utilisation de ces résultats. Ce que le GIEC n'a pas fait. Bien au contraire..

 

Deuxième partie du bonnet d'âne d'Octobre 2009 : Les bourdes de l'ONU dans son dernier rapport sur le climat

Compte-tenu de ce qui vient d'être décrit ci-dessus, on aurait pu espérer que les autorités responsables du GIEC, c'est à dire l'ONU (via sa section UNEP), réalisent que la prudence est de mise en ce qui concerne les reconstructions du climat des temps passés et évitent de placer la courbe de Mann en exergue de leur rapport de 2009 comme il l'avaient d'ailleurs prudemment fait dans le rapport de 2007. Ce rapport de 2009 est rédigé à destination des négociateurs de la prochaine conférence de Copenhague qui va se tenir en décembre 2009 et qui, comme chacun sait, doit prolonger les accords de Kyoto qui arrivent à expiration. unep

hanno1

La couverture de ce rapport de l'ONU, intermédiaire entre ceux de 2007 et 2014 du GIEC, est représentée ci-contre, à droite.
Vous aurez accès à ce document officiel de l'
UNEP (United Nations Environmental Program) en cliquant sur l'image (76 pages, pdf, voir note du 11oct, en bas). Admirez la symbolique de l'image de couverture.

Entre autres lieux communs pour ceux qui connaissent les rapports successifs du GIEC, vous trouverez en haut et à droite de la page 5 de ce rapport, (ci-contre à gauche ) un graphique qui ressemble de très près à la fameuse "crosse de hockey" de Michael Mann, mais sur lequel les fluctuations propres à ce genre de mesures (comme à toute autre) ont été retirées.Sur ce graphique "à la Michael Mann" est superposé une courbe remise à l'échelle, de la croissance du CO2, de type classique pour ceux qui lisent les rapports du GIEC.

Ce graphique est mentionné, dans ce rapport, comme provenant d'un certain "Hanno 2009". Il est évoqué, dans le document en question, comme apportant une preuve évidente des assertions du GIEC sur l'influence du CO2 sur le climat.

Or, il se trouve que personne, dans la petite communauté des climatologues, ne connaît de chercheur qui porte ce nom et qui travaillerait dans ce domaine. Ceci n'a pas manqué d'attirer l'attention des nombreux sceptiques qui lisent avec beaucoup d'attention tout ce qui est publié par l'ONU, l'UNEP ou le GIEC. Comme chacun le sait et comme cela est gravé dans le marbre des règlements internes du GIECet de l'UNEP, ces derniers se vantent de ne tirer leurs sources que d'articles duement référencés et ayant subi, avec succès, l'épreuve du "peer review" c'est à dire de la relecture et approbation par les pairs.
Voici d'ailleurs ce que déclare le site de l'UNEP à ce sujet : " Le Résumé sur la Science du Changement climatique est une revue de quelques 400 contributions scientifiques essentielles pour notre compréhension des systèmes terrestres et du climat telles qu'elles ont été publiées à la suite du processus de revue par les pairs, depuis les trois dernières années, après la clôture des publications valides pour le Quatrième Rapport du GIEC (2007)."

Une enquête fut donc effectuée pour savoir d'où provenait cette courbe "décisive" et aussi, pour savoir qui était ce mystérieux "Hanno" inconnu jusqu'à présent.

On découvrit ainsi, très rapidement, que l'ONU (l'UNEP) avait tout simplement tiré sa courbe de Wikimédia. Un avatar de l'encyclopédie mondiale Wikipédia à laquelle tout un chacun peut contribuer et dont la qualité est très inégale, pour le moins. Comme on s'y attendait, la courbe figurant dans ce rapport officiel de l'ONU n'a jamais figuré dans aucun article revu par les pairs ni d'ailleurs dans aucune publication scientifique. A noter que le Wikipédia anglophone est "modéré" par un certain William Connoley (voir cet article du Monde Diplomatique à ce sujet) dont l'activisme climatique est renommé. L'enquète révéla que "Hanno", l'auteur du graphe utilisé par ce rapport officiel de l'ONU n'avait pas hésité à "concaténer" des données du Hadley Center avec celles de la crosse de hockey de Michael Mann, pour les températures... Une vraie caricature que Mann, lui-même, considère comme une hérésie. C'est dire.

sandvik

Mais qui est Hanno en réalité ? Il fut aisé de le retrouver. Il s'appelle Hanno Sandvik. Voici sa bio et sa photo ci-contre. Il est biologiste norvégien et il travaille sur les populations d'oiseaux. Entre autres, il est membre de la société écologiste " Les amis de la Terre". Il a reconnu avoir tracé ce dessin pour Wikimédia ou Wikipédia et était très étonné (et fier) de le retrouver dans un rapport officiel de l'ONU... A noter que Hanno Sandvik est aussi l'auteur d'une autre courbe qui utilise les résultats de Moberg cité ci-dessus et dans laquelle on retrouve l'optimum médiéva comme vous l'avez vu. Le biologiste historien, spécialiste des oiseaux et ami de la Terre, Hanno Sandvik n'en est visiblement pas à une contradiction près.

Devant le buzz (comme disent les internautes) considérable créé par cette histoire de courbe truquée figurant dans un rapport officiel et le scandale naissant, comment a réagi l'ONU ? hanno2

C'est tout simple : Quelques jours après cette découverte de lecteurs attentifs, l'ONU retira discrètement cette courbe caricaturale de son rapport en la remplaçant par une simple courbe de température issue du GISS de James Hansen. Inutile de préciser que la courbe en question qui est la plus alarmiste de toutes les données dont on dispose, s'arrête juste avant le début du fameux plateau où la décroissance des températures de 1998 à nos jours devient apparente...telle que vous pourrez la voir ici. C'est assez curieux pour un rapport de mise à jour de la fin 2009.

Voici donc la nouvelle page 5, ci-contre, que vous trouverez désormais si vous téléchargez le rapport officiel de l'ONU. Rien n'a été modifié sauf que la courbe de "Hanno" et sa légende ont disparu.

Et ce ne serait pas la seule bourde commise dans ce rapport plutôt étrange venant d'un organisme qui s'autoproclame comme la référence en la matière. Ainsi, une photo d'un iceberg manifestement prise en Antarctique est attribuée à l'Arctique ainsi que l'a montré un des lecteurs de WUWT...


Note du 11 oct : l'accès libre et gratuit à cette publication en .pdf se heurte maintenant à un
"site en construction". Sinon, il existe une version payante (20$), toujours sur le site de l'UNEP

Un lecteur me signale que la première version du rapport a disparu (janvier 2010)...Ce n'est pas trop étonnant.
A noter que l'UNEP est aussi le patron du United Nations Environmental Sabbath Service dont j'ai déjà évoqué les agissements ici. On comprend mieux leurs motivations qui justifient sans doute (à leurs yeux) quelques entorses faites à la science.
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Si vous avez eu la ténacité de lire intégralement ce billet vous comprendrez aisément que l'attribution des bonnets d'âne du mois d'Octobre 2009 n'est qu'une formalité. Ainsi, et au moins pour dissimulation de données scientifiques (pendant 9 ans) et sélection de données ad-hoc, se trouvent coiffés Keith Briffa et son collègue Schweingruber de superbes bonnets d'âne cerclés d'un couronne de rameaux de mélèzes agrémentée de quelques cônes de pins épineux des montagnes rocheuses (en l'honneur de Michael Mann)..

giecsunk

Un bonnet d'âne grand format de luxe, portant, en chef, un écusson représentant la courbe de Hanno, revient sans discussion aux membres de la division UNEP de l'ONU qui prennent les futurs conférenciers de Copenhague pour des imbéciles. Et ils seront nombreux ....les futurs conférenciers, à Copenhague en décembre prochain.

 

20 Septembre 2009 : La dernière livraison des 19 et 20 septembre du journal Libération nous propose une page de couverture affublée d'un grand titre " Réchauffement Climat d'Urgence" suivi d'un article de de 3 pages subtilement intitulé "Ainsi fond, fond, fond..." dont les textes alarmistes proclament que "L'arctique fond plus vite que prévu", que "Le changement climatique s'opère plus vite que prévu" etc.
Nous avons l'habitude... N'est-ce pas ? Mais est-ce bien vrai ?

Manque de chance pour l'auteur, les indicateurs officiels du climat nous disent exactement le contraire : depuis deux années consécutives, la surface glacée de la mer arctique a augmenté de près de 25%. L'antarctique, lui, non seulement ne fond pas mais se trouve bien au dessus de la moyenne. Cette année, il est encore très proche du record d'extension historique et a augmenté depuis l'année dernière.
Ce sont de bonnes nouvelles mais visiblement, le journaliste n'a que faire des courbes et des mesures. Le bonnet d'âne du mois de Septembre, fourré en poil d'ours blanc (dont la population se porte très bien, merci) lui revient donc de droit.
Comme à l'habitude, nous comparons ces affirmations ultra-alarmistes aux observations officielles, ici données par les satellites. Voici ce qui est affirmé:

" La banquise fond plus vite que prévu".

En cette mi-septembre qui marque le minimum de l'englacement de la mer Arctique, nous étions nombreux à nous étonner du relatif silence des médias alarmistes de la presse mondiale quant à la fonte des glaces polaires (le "canari dans la mine" du réchauffement climatique, disent-ils) et il vrai que la discrétion serait de mise..
Pourquoi ? Tout simplement parce que la mer arctique n'a pas fait ce que beaucoup attendaient d'elle : De fait, elle s'est renforcée par rapport à l'année précédente qui elle-même, marquait déjà une fonte moindre que celle qui la précédait.. au grand dam des tenants des modèles du GIEC et des alarmistes de toute obédience, bien sûr.

Tous les lecteurs assidus connaissent la page "indicateurs" de ce site qui rassemblent les données officielles actualisables sur les grands observables du climat (Souvenez vous qu'il faut cliquer sur les graphes pour les mettre à jour). C'est un page indispensable pour ceux qui veulent suivre sérieusement l'évolution du climat et s'affranchir des multiples bobards proférés par les journalistes et leurs émules, assez nombreux sur le WEB.

Entre autre, on y trouve le graphe suivant qui concerne l'évolution de la surface glacée de la mer arctique suivie, jour après jour, depuis plusieurs années consécutives, par les satellites japonais, dont le sérieux et la fiabilité sont incontestables. On peut aussi utiliser les données du NSIDC US, rapporté sur la page "indicateurs", mais les nombreux déboires de détecteurs, subis récemment par cet organisme, incitent à la prudence... jaxa1

 

En ordonnées, la surface de la glace présente en mer arctique en millions de km2.

Les données de l'année 2009 sont en rouge.


Celles des années précédentes sont en :

jaune : 2007

orange : 2008.

Ce graphe officiel montre que la courbe en rouge de cette année a amorcé sa remontée et se trouve proche de recouper celle de 2005, ce qui signifie que l'englacement a très probablement repris au pôle nord depuis déjà quelques jours, comme il le fait chaque année à cette même époque.

Voici un agrandissement de la zone du minimum réalisé le 15/09 par un lecteur du site Whattsupwiththat (prix du meilleur blog scientifique anglophone de l'année 2008 ).jaxa2

 

 

 

L'année 2009 est toujours en rouge, mais 2007 est en bleu clair et 2008 en vert. A noter, qu'au jour d'aujourd'hui, la courbe rouge a rejoint la courbe jaune de l'année 2005.

Comme on le voit du premier coup d'oeil, l'englacement de cette année, pendant la période où il est le plus faible (d'où la promenade en arctique de Ban Ki Moon, organisée tout récemment), est bien supérieur à ce qu'il était l'année dernière et, à fortiori, à ce qu'il était en 2007 qui semble avoir marqué un minimum historique. De fait, l'englacement de 2009 a rejoint ces jours-ci celui de l'année 2005.

Le gain en glace de la mer arctique est très loin d'être négligeable puisqu'il s'agit d'environ un million de km2, c'est à dire d'une augmentation d'un quart (24% exactement) de la surface par rapport à 2007. C'est plutôt voyant... et relativise les deux belles photos satellites issues de ce site, affichées par le journaliste de Libération qui a pris bien soin de comparer 2009 avec l'année (froide) 1980 qui achevait une époque où on craignait le retour d'un petit âge glaciaire sur notre belle planète.

A l'instar de Libé, nous utilisons la base de données des images satellites. Mais nous donnons les images qui montrent l'évolution récente de la glace arctique. Elles sont beaucoup mieux adaptées pour juger de la (non)pertinence d'un' "état d'urgence", proclamé par Libération arctic09:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On voit immédiatement que la banquise a effectivement beaucoup augmenté depuis 2007, comme elle l'avait déjà fait en 2008. Le code des couleurs indique également que la compacité de la glace est aussi bien supérieure en 2009 à ce qu'elle était en 2007. Autrement dit, il y a beaucoup plus de glace au pôle Nord cette année qu'il y a deux ans et aussi que l'année dernière.

Dans ces conditions, et sachant que les modèles du GIEC ont tous prévu une fonte accélérée et continue des glaces de la mer arctique, un observateur honnête et attentif dirait plutôt que " La banquise fond moins vite que prévu. Et de fait, elle se reconstitue." C'est à dire très exactement le contraire de ce que nous affirme le journaliste de Libération qui n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai dans ce domaine (voir le bonnet d'âne de Nov. 2008 sur le Kilimandjaro et cette lettre cosignée par ce journaliste).

S'agissant de glaces polaires et de banquises, un journaliste scientifique se serait également fait un devoir d'informer ses lecteurs sur l'état de l'autre pôle, le Pôle Sud,antar3 c'est à dire l'Antarctique.

Il ne l'a pas fait.

Je le fais pour lui :

Ce graphe officiel du NSIDC, mis à jour, montre l'augmentation de la surface glacée antarctique au cours de cet hiver austral. On voit que le maximum d'englacement est atteint vers la mi-septembre où nous nous trouvons en ce moment.

L'échelle verticale est toujours en millions de km2.

L'année 2009 est relative à la courbe bleue dont on voit immédiatement qu'elle se trouve bien au dessus de la moyenne 1979-2000 (courbe en noir) prise comme référence et aussi au dessus de celle de l'année dernière (courbe en pointillé).


Conclusion évidente : comme pour l'Arctique, la couverture de glace antarctique s'est étendue. Elle ne fond pas plus vite que prévu : Bien au contraire, elle s'étend.

Il est matériellement impossible de reprendre une à une toutes les allégations alarmistes du même tonneau qui sont assénées avec force épithètes catastrophistes dans le long article de Libération. Le journaliste en question s'appuie sur les déclarations d'un expert du LODYC de Paris 6 qui ne semble pas avoir lu les derniers articles parus dans la littérature scientifique sur ces sujets, non plus que les déclarations de quelques membres du gratin scientifique du GIEC qui ont été exprimées lors des derniers congrès internationaux sur le climat. Rappelons quelques exemples :

1) Au sujet de la fonte de l'arctique qui résulterait du réchauffement climatique anthropique, (selon Libération et son expert) plusieurs des plus éminents experts, se sont prononcés lors de la toute récente Troisième Conférence Mondiale sur le Climat WCC3 (patronnée par l'OMM et l'ONU, du 30 août au 4 septembre 09). Il aurait été pertinent et honnête d'évoquer cette conférence dans l'article de "fond" (ainsi fond, fond, fond...) de Libération. En particulier :

  • Vicky Pope, responsable des prévisions climatiques du Hadley Center, (UK), très influent au GIEC, a affirmé que " les pertes dramatiques de la glace Arctique résultaient, en partie, des cycles naturels plutôt que du réchauffement climatique du globe. Les rapports préliminaires suggèrent qu'il y a eu beaucoup moins de fonte cette année qu'au cours des années 2007 et 2008." selon le rapport d'un expert présent lors de la conférence qu'on ne peut guère soupçonner de scepticisme climatique. Bien au contraire.
  • Un des top modélisateurs du climat et des océans, Mojib Latif, éminent participant au GIEC, a déclaré que nous pourrions être proches d'entrer dans" "Une ou deux décennies de refroidissement climatique" et ceci à cause de la NAO (North Atlantic Oscillation) qui est rentrée en phase froide.
  • James Murphy, le responsable des prévisions climatiques au Met Office ( l'agence météo anglaise) a établi un lien entre la NAO (North Atlantic Oscillation) et la mousson en Indes, ainsi qu'avec les ouragans dans l'Atlantique et la mer glacée de l'Arctique. " Les océans sont un facteur décisif de la variabilité décennale" a-t-il déclaré."

2) Dans le corps de son oeuvre mémorable, le journaliste évoque l'accélération de la hausse du niveau des mers (qui, en réalité, a ralenti selon les indicateurs officiels ) et attribue ce dernier "a l'accélération de la marche des glaciers côtiers du Groenland".

Cette affirmation est carrément fausse. La fonte des glaciers du Groenland s'est considérablement ralentie depuis quelques années. Le journaliste et son expert devraient le savoir.

Ainsi, la récente réunion de l'AGU (American Geophysical Union) qui s'est tenue à San Francisco du 15 au 19 décembre 2008 a longuement disserté sur toutes les observations relatives à cette question et conclu en ces termes, exprimés par le glaciologue Tavi Murray de l'Université de Swansea (UK) :

"C'en est fini avec cette Apocalypse (Armaggedon) due aux glaciers du Groenland. C'est terminé."

Pour sa part, Richard Kerr de la revue Nature, a rappelé que "Quelques climatologues ont spéculé sur le fait que le réchauffement climatique pouvait avoir poussé le Groenland au delà du point de non-retour dans un régime effrayant de pertes de glace démesurées qui devaient conduire à une montée des eaux encore plus rapide ".. faisant allusion aux prédictions catastrophistes de hausse des mers de Rahmstorf et d'autres...

Lesquels devront trouver autre chose pour faire peur au grand public, tout comme d'ailleurs le journaliste de Libération et son expert du LODYC.

3) Un peu plus loin, en page 3 del'article de Libération, s'étale ce titre, écrit en gros caractères :

" Le changement climatique s'opère plus vite que prévu".

Tiens donc. Voilà qui est bizarre puisque nous venons justement de voir sur les indicateurs officiels et selon les déclarations de spécialistes du GIEC eux-mêmes, que la situation de l'arctique tout comme celle de l'antarctique, incitaient à l'optimisme.
Mais peut-être, n'avons nous pas considéré les bons indicateurs?
Alors, foin de la glace des deux pôles et regardons ce qu'il en est de l'évolution de la température moyenne du globe qui doit, sans aucun doute, s'emballer vers des sommets, puisque Libération et son expert l'affirment .

Voici donc le graphique officiel (à jour) de l'évolution des températures données par les quatre institutions chargées de ces mesures. A noter que sur ce graphique, les données HADCRUT et GISS ont été translatées en bloc pour tenir compte de l'année prise comme origine par rapport aux relevés satellites (UAH et RSS), ce qui, évidemment, ne change en rien les variations temporelles. wood1

 

 

Comme on le voit, la température du globe a connu son maximum en 1998, lors du grand El Niño, c'est à dire il y a onze ans. Depuis, elle ne monte plus.

Discerner une hausse des températures de 2002 à nos jours, relève d'une indispensable visite chez l'ophtalmologue.
De fait, tous les observateurs et même ceux du GIEC, reconnaissent que non seulement les températures n'ont pas monté depuis lors mais qu'elles sont plutôt à la baisse.

 

 

 

Bien entendu, vous ne trouverez pas dans les publications officielles du GIEC et de ses affidés, une superposition de ces courbes de température avec les prévisions des ordinateurs du GIEC. Ce serait plutôt gênant. Alors, d'autres l'ont fait à leur place. spp1

 

 

Comme celui-ci, parmi beaucoup d'autres qui obtiennent le même résultat.

Cette courbe s'arrête en Déc 2008 date à laquelle l'article a été publié.


Comme on peut l'observer les prévisions du GIEC, même réinitialisées à la mi-2002 (Evidemment, ils réinitialisent en permanence), s'écartent très sensiblement et se trouvent très au dessus des courbes de températures réellement observées.

Dès lors, comment peut-on affirmer hardiment que le "changement climatique s'opère plus vite que prévu " ? Ce ne serait pas plutôt l'inverse ?

En résumé :

  • Les glaces arctique et antarctique sont en expansion. L'arctique se reconstitue depuis 2 ans contrairement aux prévisions. l'Antarctique se trouve bien au dessus de la "normale".
  • La température du globe a atteint son maximum en 1998. Depuis, elle diminue.
  • La température de la couche superficielle des océans (allant de quelques centimètre à -700m) est en baisse depuis 2003. Le pseudo réchauffement des océans évoqué par Libération résulte d'une seule mesure satellitaire optique de la température de surface des océans. Il ne prend pas en compte la mesure des 3325 balises Argo qui constituent la seule mesure fiable du contenu thermique et de la température des océans (voit les travaux de Josh Willis, responsable des balises ARGO, ici et ici), lesquelles montrent clairement que les mers ne se réchauffent plus ou, même, se refroidissent.
  • La hausse du niveau des océans s'est ralentie, sinon arrêtée depuis 4 ans.. Voir le graphe officiel de mesures TOPEX et JASON.
  • Nous sommes entré en phase négative pour la PDO (Pacific decadal oscillation) et pour la NAO, comme l'a dit Mojib Latif au WCC3, ce qui laisse a prévoir un refroidissement de la planète pour les années à venir (toujours comme l'a dit Latif du GIEC).
  • Le soleil est étrangement inerte depuis une longue période, ce qui s'est produit lors de minima froids de Maunders et de Dalton. Brr...

Bref, il n'y a certainement pas de quoi alarmer le grand public avec les tendances actuelles. Bien au contraire, il y a de quoi le rassurer.
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Bien sûr, à Pensee-unique, nous ne sommes pas naïfs. Nous savons très bien que ce genre d'article catastrophiste basé sur des affirmations douteuses, procède d'une mise en condition généralisée de la population en vue des prochains (dés)accords de Copenhague qui devraient, en décembre, prolonger Kyoto avec des mesures réellement contraignantes de réduction des gaz à effets de serre. On observe aussi un redoublement de la campagne menée, dans le même sens, par WWF et Greenpeace, au point de devenir assourdissante. Il faut s'attendre à un déchaînement de cette propagande, sinon intox, jusqu'en décembre prochain.

Il n'est pas certain (et on peut même penser le contraire) que le résultat obtenu soit celui qui est attendu par ces prêcheurs de l'apocalypse. En effet, si on se réfère à deux pays de cultures proches de la notre qui sont eux-mêmes soumis à une propagande intense de la part de leur gouvernants, de leurs médias, des associations écologistes et du GIEC de l'ONU, on observe que le scepticisme climatique est en hausse.
Et ceci, aussi bien aux Etats-Unis qu'au Royaume-Uni. Quelques chiffres pour illustrer ce propos, tirés de sondages très récents :

Au Royaume Uni, un reportage de la BBC (très étonnant de sa part) et un rapport du Tyndall Center for Climate Research (page 132) selon ce site (billet du 10 sept). Voici les pourcentages des réponses positives faites en réponse aux affirmations mentionnées ci-dessous.

  • 40.2% - "Le changement climatique est trop complexe et incertain pour que les scientifiques parviennent à produire des prévisions utiles."
  • 32% - "Les affirmation que l'activité humaine modifie le climat sont exagérées".
  • 57% - "Les médias sont souvent trop alarmistes sur la question du changement climatique".
  • 43.9% (la proportion a doublé par rapport à il y a cinq ans) "De nombreux et éminents experts se posent encore la question de savoir si l'activité humaine contribue au changement climatique".

Voici le résultat édifiant d'une enquête très récente menée auprès du grand public par le très sérieux IPPR (Institute For Public Policy Research).... " L'IPPR a trouvé que les Britanniques sont :

  • Fatigués et lassés d'entendre parler du changement climatique bien qu'ils en soient peu informés.
  • Cyniques sur les motivations du Gouvernement qui pousse à des actions pour le climat en le percevant comme un moyen d'augmenter les taxes ou en étant hypocrite au vu de certaines décisions récente comme l'autorisation de la construction d'une troisième piste sur l'aérodrome d'Heathrow.
  • Remplis de doutes quant à l'efficacité de l'adoption de comportements économes en carbone alors que les autres peuples, industries et pays en émettent par ailleurs.
  • Ecoeurés d'être culpabilisés pour leur mode de vie actuel.
  • Dédaigneux des environnementalistes et des produits "verts" considérés comme arrogants et prétentieux.
  • Dégoûtés par le coût des options économes en carbone.

Aux Etats Unis, selon un sondage Rasmussen du 31 août (confirmé par Gallup)

"Alors que la plupart des sondés considèrent que le réchauffement climatique est un problème sérieux, 47% d'entre eux, disent maintenant que ce sont les tendances à long terme du système planétaire qui en sont la cause tandis que 36% disent que c'est l'activité humaine qui en est responsable. Sauf pour le mois de Juin où les deux opinions faisaient jeu égal, les sondés se sont éloignés de la responsabilité humaine depuis Janvier. "

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Visiblement, les médias alarmistes devraient penser sérieusement à revoir leur copie... Pour ma part, je me permettrai de donner un conseil amical au journaliste de Libération, heureux récipiendaire du bonnet d'âne (tant convoité) de ce mois de septembre : Celui de suivre, à la lettre, l'avertissement donné par l'éminent scientifique du GIEC, Mojib Latif à ses 1500 collègues, participant à la récente Conférence Mondiale sur le Climat (WCC3) :

" ..Nous devons nous poser les questions dérangeantes nous-mêmes, sinon d'autres le feront."

En effet.

 

28 Juillet 2009 : Ce matin, à 8h41 sur les ondes de France Info, Mr. Michel Rocard, Ambassadeur des Pôles et actuel Président de la rocard1Conférence d'Experts sur la Création de la Taxe Carbone, ou Contribution Climat-Energie, nous a expliqué les principes de l'effet de serre et du réchauffement climatique anthropique (RCA).

Tous les lecteurs de ce site, et de bien d'autres, savent qu'il s'agit là d'un sujet extrêmement délicat sur lequel se sont penchés de nombreux experts qui ont donné des explications variées et souvent divergentes sur le fonctionnement de l'effet de serre perturbé par l'activité humaine......( voir une liste de diverses explications ici arXiv:0707.1161v3, , pages 38 à 43). Une longue page de ce site lui a même été consacrée tant cette affaire fait encore débat dans la communauté scientifique.

Ainsi, une clarification définitive et qui ferait autorité sur ce sujet, s'imposait. La voici, sortant de la bouche même de Mr Michel Rocard, ex-premier Ministre, Ambassadeur des Pôles et Président de la CCE dont on peut penser qu'il doit être parfaitement informé compte tenu des lourdes responsabilités qui pèsent sur ses épaules quand il s'agit d'augmenter de quelques points la TIPP et de convaincre ses concitoyens de prendre leurs vélos pour aller travailler à 60 km de chez eux. Voici le début du texte de sa déclaration, mot pour mot :
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" Le principe c'est que... la terre est protégée de radiations excessives du soleil par l'effet de serre, c'est à dire une espèce de protection nuageuse, (euh)... enfin protection .....gazeuse, qui, dans l'atmosphère, est relativement opaque aux rayons du soleil et quand nous émettons du gaz carbonique ou du méthane ou du protoxyde d'azote -un truc qu'il y a dans les engrais agricoles-, on attaque ces gaz. On diminue la protection de l'effet de serre et la planète se transforme lentement en poêle à frire. Le résultat serait que les arrières petits enfants de nos arrières petits enfants ne pourront plus vivre. La vie s'éteindra à 7-8 générations, ce qui est complètement terrifiant.
Alors pour faire ça, il faut diminuer ce qu'on émet comme oxyde de carbone (sic.) et on a commencé à attaquer les grandes ....sources qui sont la production d'électricité et les productions comme les ciments etc..."
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A la lecture de ce petit texte, prononcé "staccato" dans le phrasé inimitable qu'on lui connaît, tous les lecteurs de ce site, (et même ceux de sites pseudo-scientifiques comme Futura-Sciences sur le climat), auront immédiatement réalisé que Mr Michel Rocard (ci-contre, crédits AFP) n'a strictement rien compris à l'effet de serre, popularisé par le GIEC et dont l'explication standard doit pourtant figurer dans l'introduction du livre de la célébre collection "L'effet de Serre pour les Nuls". rocard2

Avec tout le respect qui lui est dû, je me permets de faire remarquer à Mr Michel Rocard, ex-premier Ministre, Ambassadeur des Pôles et Président de la CCE, qu'il commet une bourde impardonnable en confondant la théorie de l'effet de serre avec celle de la destruction de la couche d'ozone qui était en vigueur dans les années 80-90 : Il s'agit de deux phénomènes totalement différents. Sans compter que l'Ambassadeur des Pôles semble aussi ignorer la distinction qui existe entre l'oxyde de carbone (CO, le tueur) et le dioxyde de carbone (CO2 que nous exhalons en respirant)...Un lapsus ?

Les gaz de l'atmosphère qui est composée, entre autres, de dioxyde de carbone et de vapeur d'eau, ne constituent pas une "protection" (à la différence de la couche d'ozone). Ils ne sont nullement "attaqués" par les gaz résultant de l'activité humaine tels que le dioxyde de carbone ou le méthane qui n'ont pas les propriétés des fameux CFC de nos bons vieux frigidaires vis à vis de l'ozone. Au contraire, ces gaz cohabitent harmonieusement et se mélangent intimement. Non seulement, l'activité humaine ne "diminue (pas) l'effet de serre" mais elle l'augmente (selon les thuriféraires du GIEC) etc... Bref, en fait de déclaration définitive faisant autorité, on peut trouver beaucoup mieux.
De plus,
Michel Rocard ne doit pas être un auditeur très attentif. Il avait pourtant assisté, en 1990 et en compagnie de Margaret Thatcher, à la Deuxième Conférence Mondiale sur le Climat où l'effet de serre avait été longuement expliqué...

Addendum du 29 Mars 2010 : Il y a trois jours, Michel Rocard était vraiment très fâché d'apprendre que la Taxe Carbone sur laquelle il avait planché avec tant de brio, se retrouvait repoussée aux frontières de l'Europe et donc aux callendes Grecques. Comme entre temps le doute ne l'a pas effleuré, Michel Rocard en a remis une couche en déclarant au journal le Monde : "On ne va tout de même pas laisser la planète devenir doucement une poêle à frire où la vie deviendra impossible. D’accord, c’est lent. C’est pour dans dix ou douze générations.[ NDR : 12 générations, c'est approximativement 400 ans. Rocard voit encore plus loin que le GIEC]. Mais c’est tellement difficile à éviter qu’il vaut mieux commencer tôt, par prudence. Dans une dizaine d’années, pour les gens qui prendront du retard dans le combat contre le climat, on parlera de crime contre l’humanité." (Le Monde).
A moins qu'on ne parle, plus modestement, de crime contre l'intelligence pour quelqu'un qui évoque la nécessité d'engager immédiatement "un combat contre le climat", ce qui n'est pas rien.
Je pense que la "poêle à frire" et le "combat contre le climat" de M. Rocard resteront dans les mémoires...

Il est vrai que l'exemple vient d'en haut...
Du Président lui-même.
Lequel a déclaré, verbatim, lors d'une confrontation avec les syndicats qui se plaignaient, entre autre, de la flambée des prix du pétrole, que les centrales EPR étaient la solution parce que " Chaque EPR qui remplace une centrale à charbon fait économiser 11 millions de tonnes de CO2. Hein, les émissions... là ... qui font le trou dans la couche d'ozone."... (source, minuteur 0:58) (merci au lecteur attentif qui m'a signalé cette perle).
D'aillleurs, notre Président, très sûr de lui sur ce coup-là, a froidement récidivé le 23 Septembre 09, à 20h, devant les caméras d'Antenne 2 lors d'un interview avec Pujadas et Ferrari, en affirmant que "Le carbone fait un trou dans la couche d'ozone!". Voici une autre version (authentique) placée sur DailyMotion par un lecteur de PU qui a de l'humour.
Mais, bien entendu, cela n'a fait tiquer personne, ni sur le plateau, ni lors des commentaires de presse du lendemain...
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Addendum du 29 Mars 2010 : Pour être honnête, il faut reconnaître que notre Président a fait de sérieux progrès lors de l'explication qu'il a donnée à la presse des inondations qui se sont produites lors de la tempête Xinthia du 27 février dernier. En effet, il a très correctement expliqué que les inondations résultaient, en réalité, de la conjonction de trois facteurs déterminants : Une dépression atmosphérique de grande ampleur qui a "aspiré" les eaux de plus de un mètre, des vents très forts et une marée de grande amplitude à son apogée. Même si l'explication correcte avait été donnée la veille par un chercheur du domaine, le topo avait être bien appris et bien compris. Bravo !
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Ceci étant, ne devrait-on pas exiger un niveau scientifique élémentaire pour ceux qui sont appelés à diriger notre pays ? De même pour les journalistes ? Le niveau du Bac S en physique et en chimie ne serait pas un luxe quand il s'agit de s'adresser à quelques millions d'auditeurs souvent beaucoup plus compétents qu'eux.

On se dit que ce ne serait pas un luxe quand on entend le célébrissime Jean-Marie Colombani, diplômé de Sciences Po et ancien directeur du Monde, affirmer lors d'un interview récent de Claude Allègre , qu' "En tout état de cause, lutter contre les émanations de CO2, c'est quand même meilleur pour la santé. (Allègre rectifie calmement, Colombani insiste, très sûr de lui)... Ah si, quand même. "(merci au lecteur avisé qui m'a signalé cette perle). Il semble que ce brillant journaliste ne sache pas que nous exhalons du CO2 en permanence au point que les salles de classe en sont très riches à la fin des cours et que celui-ci est indispensable à la croissance des végétaux. Peut-être confond-il, comme Rocard, le gaz carbonique (CO2) avec l'oxyde de carbone (CO le gaz toxique qui se dégage d'un poêle mal réglé) ? Colombani est sans doute une victime de l'intox médiatico-politique effreinée qui incrimine le CO2 comme un gaz toxique alors que celui-ci ne l'est nullement même à des concentrations infiniement supérieures à celles que nous connaissons. Les journalistes intoxiqués finissent par croire à leurs propres sornettes...C'est inquiétant et nous rappelle le célèbre mot de Mirabeau à propos de Robespierre, en 1789: "Cet homme ira loin. Il croit ce qu'il dit".
Et puisque l'on nous impose de passer un permis pour exercer la moindre de nos activités, pourquoi ne pas instaurer un examen de "Permis de Conduire le Char de l'Etat" ou un "Permis d'informer ses compatriotes" qui comporterait quelques questions scientifiques de base, juste avant les élections ou les nominations ? En espérant qu'il nous resterait des candidats...

Stupéfait devant tant d'ignorance sur ce qu'ils définissent pourtant eux-même comme "le grand défi de notre époque", je pense faire oeuvre utile en suggérant un texte alternatif qui bénéficierait de l'onction du GIEC et de ses affidés (mais pas de la mienne et de beaucoup d'autres), à l'ensemble de la classe politique ou médiatique française et tout particulièrement à Mr Michel Rocard, ex-premier Ministre, Ambassadeur des Pôles et Président de la CCE, en remplacement de sa déclaration surréaliste de ce matin sur Fance-Info.
Le voici. Je l'ai rédigé en conservant la forme et l'esprit de sa déclaration initiale (sans y adhérer). Il suffirait d'apprendre quatre lignes par coeur avant de se présenter à une émission de télé ou de radio pour conserver un minimum de crédibilité et conforter ses concitoyens dans l'idée que l'on sait de quoi on parle, avant de leur asséner un nouvel impôt.
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" Le principe c'est que... la terre est enveloppée d'une couche de gaz à effet de serre qui constitue une sorte de barrière ou de couverture vis à vis des rayons infrarouges émis par la planète réchauffée par les rayons du soleil. L'activité humaine qui rejette du dioxyde de carbone, du méthane et du protoxyde d'azote - un truc qu'il y a dans les engrais agricoles- augmente l'épaisseur de cette barrière infrarouge et empêche ainsi le refroidissement de la planète qui se transforme lentement en poêle à frire....etc.
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Alors, me direz vous, à qui revient le tant-convoité troisième bonnet d'âne du mois de Juillet 2009 ?

Pour être franc, compte tenu de son âge avancé ainsi que de quelques services rendus à la république, je répugne à l'attribuer à Michel Rocard qui, à sa décharge, a fait l'ENA, comme Colombani a fait Sciences Po. Rocard se voit donc attribuer le premier exemplaire d'une nouvelle catégorie de bonnets (pour lesquels les candidats sont légion) : le bonnet d'enâ, créé pour l'occasion, suivant la suggestion d'un lecteur avisé.
En revanche, je n'éprouve aucune réticence à attribuer une collection complète
de bonnets d'âne traditionnels aux conseillers "climat" de l'Elysée, de Matignon et du Ministère de l'Ecologie ainsi qu'aux membres de la commission d'experts de la CCE qui, auraient pu et dû expliquer à leur grand émissaire, deux ou trois petites choses avant de l'envoyer bafouiller lamentablement devant les médias... Si tant est qu'ils les aient comprises eux-mêmes.
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Mise à jour du 4 Janvier 2010 : Toujours dans la série " Nos politiques devraient s'informer (un minimum) avant de parler" sous peine d'être ridiculisés par le public qui en sait souvent beaucoup plus qu'eux, en voici une bien bonne qui m'a été signalée par un lecteur attentif que je remercie.

Il s'agit d'une Tribune parue dans les Echos du 18 décembre 2009 et dont le texte original se trouve sur le site de l'IREPP et sur celui du Gouvernement (www.stratégie.gouv.com). Ce texte mémorable est intitulé

Centre d’Analyse Stratégique
"Ne pas oublier les réfugiés climatiques" - Tribune de Nathalie Kosciusko-Morizet parue dans Les Echos le 18 décembre 2009nkm

 

Voici un extrait de la Tribune de NKM qui après avoir "fait Polytechnique" semble avoir oublié ce qu'on apprend en 6ème :

"Les effets ravageurs des excès de CO2 dans l'atmosphère sont déjà là : pas moins de 250 millions de femmes, d'hommes et d'enfants sont frappés chaque année par des tsunamis, des cyclones ou d'autres formes moins soudaines de catastrophes climatiques, notamment la montée des eaux ou la désertification de certaines régions."

Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet, ex secrétaire d'état à l'Environnement, nous affirme que les tsunamis résultent "des effets ravageurs des excès de CO2 dans l'atmosphère" et sont une "forme soudaine de catastrophe climatique".
Comme mes lecteurs le savent (depuis la 6ème), les tsunamis sont des raz de marée qui résultent de tremblements de terre ou d'éruptions sous-marines dues aux instabilités de la croûte terrestre, voire de la chute de météorites ou d'explosions sous-marines. Ils n'ont strictement rien à voir avec le gaz carbonique atmosphérique et ils ne sont absolument pas des catastrophes climatiques. Je sais bien qu
'Evelyne Dhéliat l'avait déjà affirmé à la télé (sur TF, bien sûr) mais NKM, tout de même ...
Vous me direz qu'elle reste cohérente avec Michel Barnier, notre ancien Ministre des Affaires Etrangères qui, lui, nous affirmait, lors d'un de ses voyages en Chine que les tremblements de terre étaient une conséquence du réchauffement climatique...

Quant à Rachida Dati, notre ex-garde des sceaux, elle nous certifie que pour ce qui est du sommet de Copenhague "l'objectif est de faire diminuer de 2° la température au niveau du monde". Bigre.

Décidément, nos hommes et femmes politiques font vraiment très fort...

 

24 Juillet 2009 : Intox : Le deuxième bonnet d'âne ( avec palmes aquatiques) du mois de Juillet revient, sans contestation possible, à france51. funafuti

Cette chaîne TV du service public français, peinte (officiellement) en vert caca d'oie, plutôt destinée aux jeunes, le mérite amplement pour l'ensemble de son oeuvre. Elle avait déjà bénéficié de cette récompense très convoitée, au mois d'août 2008 pour la diffusion d'une l'émission de Morad Aït Habbouche intitulé "Sale temps pour la planète" ainsi que du film du même tonneau de Mark Lynas (UK) passé le dimanche 17 août 2008 sur la même chaîne. Il s'agit donc d'une récidive caractérisée, plutôt mal vue par les temps qui courent.

Outre la fait que cette chaîne, dite d"information" nous assène, depuis sa création, (et parfois plusieurs fois par jour), les présentations vidéos les plus alarmistes (et infondées comme celle qui est primée ici), France 5 nous a infligé le 21 Juillet 2009 un plaidoyer vidéo larmoyant et sentencieux, réalisé en 2007, sur la peur panique qu'éprouveraient des malheureux habitants des îles Tuvalu qui, nous dit-on, auraient commencé à fuir en masse leurs atolls menacés d'engloutissement (selon des "experts"). Tout cela, bien entendu à cause du réchauffement changement climatique (anthropique, cela va de soi).

telerama

Voici, ci-contre, l'annonce de cette rediffusion de la série "Paradis en sursis" de France 5, telle qu'elle est parue sur le magazine Télé-Cable.
Le commentateur de ce magazine qui ne rate jamais une occasion d'en rajouter, nous affirme que "le choix judicieux des interviews révèle avec émotion la détresse d'une nation".

Le ton du narrateur de cette vidéo apocalyptique que vous retrouverez ici (si le coeur vous en dit) ne laisse aucune place à l'espoir. Les phrases sont courtes, hachées, prononcées d'un ton monocorde et définitif et ponctuées de silences pesants riches de sous-entendus dramatiques ...
Bref, à l'en croire, c'est la panique chez les habitants de Tuvalu. Tous veulent fuir leur atoll que l'océan a pris d'assaut ...Certains sont déjà partis...
Il faut avouer que les 9 îles de Tuvalu nous semblent bien fragiles, perdues au milieu de l'océan Pacifique sud, avec une largeur maximale qui n'excède pas quelques 400 mètres et une altitude qui culmine à quelques dizaines de centimètres...La population de l'îlot capitale, Funafuti (voir la photo ci-dessus) n'excède pas 4000 habitants.

Raison de plus pour en faire, comme les ours de l'arctique, un sujet d'élection pour les journalistes avides de scoops et désireux de créer la panique, tout comme le Professeur Richard Moyle de l'Université d'Auckland, qui avait annoncé l'engloutissement définitif de l'îlot Mortlock, dès le printemps 2001 (admirez la précision.) ...à cause du réchauffement climatique, bien entendu.
Les années ont passé. L'îlot Mortlock est toujours fidèle au poste, les habitants aussi et le professeur (de musique) Richard Moyle a bien gagné sa place au bêtisier.

Forte de ces précédents et n'ayant qu'une confiance modérée dans les affirmations proférées par les médias et tout particulièrement par les chaînes de télévision telles que France 5, Pensee-unique.fr a voulu mener sa propre enquète. Sur des bases scientifiques, bien entendu.

Il n'a pas fallu chercher très longtemps pour trouver dans la littérature scientifique un article sérieux et tout récent qui traite très exactement de la question évoquée dans cette émission de France 5, c'est à dire de l'état d'esprit des habitants de Tuvalu et leur comportement face à ce que les pays riches de l'Ouest appellent volontiers "la crise climatique ". Cette publication est parue, en début 2009, dans une revue renommée créée récemment par l'Université d'East Anglia (Mike Hulme). Cette revue appelée 'Global Environmental Change", comme son nom l'indique, ne fait pas dans la dentelle en matière d'alarmisme environnemental et de ses dérivés. A titre d'exemple, elle peut s'enorgueillir d'avoir publié, en 2008, l'article des bons docteurs Murtaugh et Schlax (Titulaires du bonnet d'âne de mars 2009) qui préconisent une réduction drastique des naissances pour sauver la planète... au profit des derniers vieillards survivants.

Voici le fac-similé de la moitié de la première page de cet article que je montre ici pour ne pas être accusé, par des malveillants, de détournement de texte :

tuvalu1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici la traduction, aussi fidèle que possible, du résumé (ci-dessus) de cet article de Colette Mortreux et Jon Barnett qui sont tous deux chercheurs au Département de Gestion des Ressources et de Géographie de l'Université de Melbourne en Australie. Le titre de l'article est : "Changement climatique, émigration et adaptation à Funatuti, Tuvalu."

"Cet article montre dans quelle mesure la population de Funafuti -l'île principale de Tuvalu- a l'intention d'émigrer en réponse au changement climatique. Il présente des éléments de preuve collectés à Funafuti qui contredisent la croyance largement répandue (NDT : notamment par France 5) que le changement climatique est, sera, ou devrait être la cause d'une émigration à grande échelle de Tuvalu. Cet article montre que pour la plupart des gens, le réchauffement climatique n'est pas un sujet de préoccupation, et encore moins une raison pour émigrer et que les émigrants potentiels ne citent pas le changement climatique comme une des raisons pour partir. La population de Funafuti souhaite continuer à vivre à Funafuti pour des raisons de style de vie, de culture et d'identité. Les inquiétudes au sujet des impacts du changement climatique ne constituent pas actuellement une motivation déterminante pour émigrer de Funafuti. Elles n'apparaissent pas avoir une influence significative sur ceux qui pensent à émigrer dans le futur. "

Soit, assez précisément, le contraire de ce que nous affirment les "journalistes" de France 5. Lesquels ont, en effet, certainement bien choisi leurs interviews ... pour contribuer à répandre "une croyance largement répandue"... mais totalement fausse.

On peut être surpris par la sagesse et le calme des habitants de Funafuti (Tuvalu) qui est assez étonnante compte tenu de la fragilité de leur situation. A mon humble avis, comme on dit sur la toile, ils échappent, fort heureusement, aux émissions de France 5 (ils sont anglophones).
Ils doivent plutôt se tenir au courant des résultats des mesures du niveau de l'océan Pacifique effectuées par les grands organismes qui s'intéressent aux niveaux des mers, tels que l'Université du Colorado qui publie régulièrement les données sur les océans Pacifique, Atlantique et Indien. Voici un graphique ( couvrant la période Déc. 1992 à Mars 2009) montrant le niveau de l'océan pacifique qui entoure Tuvalu, tracé à partir des données de l'UC (source).. (lien du graphique). pacific

Que nous dit ce graphique ?

Essentiellement, que le niveau de l'océan Pacifique est monté de seulement 3 cm depuis 17 ans et que cette hausse du niveau s'est arrêtée depuis 2004.

On discerne même, sur ce graphique, une petite tendance à la baisse amorcée en 2005 et qui se poursuit jusqu'à nos jours.

Je doute franchement qu'une hausse aussi imperceptible que +3cm en 17 ans et la stagnation du niveau depuis 2004 soit propre à déclencher "la détresse d'une nation" comme nous l'affirme le gratte-papier, visiblement ému, de Télé-Cable et les journalistes de France 5.

Voir l'article récent du Prof. Cliff Ollier de l'Université Western Australia au sujet de la stabilisation du niveau du Pacifique Sud-Ouest (pdf disponible ici)

Note : Si vous utilisez les données de la page " les grands indicateurs du climat" vous observerez que la hausse du niveau global (c'est à dire moyennée sur les trois océans) s'est ralentie depuis 2005 mais que l'inflexion n'est pas aussi marquée que celle que l'on observe dans le cas de l'océan Pacifique. Ceci provient du fait que l'océan Indien, lui, a continué à monter pendant cette dernière période peut-être à cause de fortes pluies dans cette région.

Si vous voulez l'avis d'un expert reconnu (Niels Axel Mörner qui a passé sa vie à mesurer le niveau des océans ) sur la (non) montée des eaux autour de Tuvalu et d'autres points névralgiques (pour les médias), allez lire ce billet.

Et encore une fois, merci et félicitations à France 5 pour ce deuxième bonnet d'âne avec palmes (aquatiques). A quand le troisième ?

 

3 Juillet 2009 : L'intox.
Ce billet est très largement inspiré par celui du climatologue renommé de l'Université du Colorado, le Professeur
Roger Pielke Sr., bien connu des lecteurs de ce site (source). Roger Pielke n'attribue pas de bonnet d'âne (qui est un animal plutôt intelligent et bien vu aux Etats-Unis) mais, au vu de son indignation, il l'aurait certainement fait, s'il était de chez nous...

Roger Pielke s'est ému (c'est le moins que l'on puisse dire) des déclarations récentes (21 Juin 2009) affichées sur le site alarmiste "de référence" anglophone, RealClimate qui rapportait sur les conclusions de la dernière réunion qui s'est tenu récemment à Copenhague et qui rassemblait le gratin de l'alarmisme scientifique mondial.

Le billet de Roger Pielke Sr. est intitulé "Désinformation par le site RealClimate". Ce qui n'est certainement pas anodin quand on connaît le style mesuré et typiquement "scientifique" du très modéré professeur de l'Université du Colorado. trois

 

Je vous rappelle que le site RealClimate a été fondé par Michael Mann (le célèbre auteur de la "Crosse de Hockey ") assisté de Gavin Schmidt (le bras droit de James Hansen au Goddart Institute de la NASA et responsable des mesures de température GISTEMP qui ont défrayé la chronique et lui ont valu le bonnet d'âne de Nov 2008). Parmi les auteurs les plus actifs sur ce site, on se souvient de Ray Pierrehumbert qui s'est rendu célèbre (entre autres) en décernant le titre de "chevalier de la terre plate" au directeur de l'IPGP et académicien de surcroît, Vincent Courtillot.

Voici ce qu'a écrit RealClimate :

"Alors qu'est ce que ça dit ? Nos lecteurs habituels ne seront certainement pas surpris par ces découvertes de la science climatique physique (NDT qu'est-ce donc que cela ?) dont la plupart ont déjà été discutées sur ce site. Certains aspects du changement climatique progressent plus vite que ce que nous attendions il y a peu d'années. Il en est ainsi de la hausse du niveau des mers, de l'augmentation de la chaleur stockée dans les océans et de la diminution de la mer glacée arctique. L'estimation mise à jour de la montée future des océans du globe est à peu près le double des estimations du rapport du GIEC de 2007." dit le nouveau rapport. Et il attire l 'attention sur le fait que tout réchauffement sera virtuellement irréversible pour au moins un millier d'années à cause du long temps de résidence du CO2 dans l'atmosphère."

Tous ceux d'entre vous qui lisez pensee-unique (.fr ou .eu) et qui êtes informés de la situation exacte grâce aux "grands indicateurs" du climat ont de quoi être étonnés, sinon révoltés. Tout comme l'a visiblement été Roger Pielke Sr. qui connaît évidemment toutes ses données sur le bout des doigts.
Je me contente de traduire son billet (source) ci-dessous. Il se suffit à lui-même.

1. "Hausse du niveau des mers"

FAUX :   par exemple, voir l'analyse de l'Université du Colorado (Boulder) sur l'évolution du niveau des mers.  

Le niveau des mers stagne depuis 2006.

2.  “L'augmentation de la chaleur stockée dans les océans ”

FAUX : voir (NDT : Pielke renvoie ici à une analyse détaillée sur son site que j'avais reprise dans ce billet)

Il n'y a eu aucune réchauffement significatif des océans depuis 2003.

3. "Mer de glace Arctique en diminution"

FAUX : voir les anomalies de la mer de glace de l'hémisphère Nord sur le site de l'Université de l'Illinois (cryosphere today)

En réalité, depuis 2008, les anomalies ont décru."

Et le Professeur R. Pielke Sr. de conclure :
"Ces indicateurs du climat pourraient repartir à la hausse en suivant les prédictions des modèles. Cependant, en attendant et tant qu'ils ne le font pas, les auteurs du Rapport de Synthèse du Congrès de Copenhague et l'auteur du site RealClimate donnent un compte rendu fallacieux de la réalité du fonctionnement du climat.
Les Médias et les politiques qui acceptent aveuglément ces affirmations sont, soit naïfs, soit attachés à déformer la science pour promouvoir leur position partisane." (NDT : soulignement de R.Pielke) "serpent

 

Pensee-unique (.fr ou .eu) se voit donc contraint d'attribuer, une fois encore, toute une série de bonnets d'âne (cette fois-ci, en peau de serpent à la langue fourchue) du mois de Juin aux auteurs du Rapport de Copenhague, aux auteurs du site RealClimate et aux médias et politiques qui sont, "soit naïfs, soit attachés à déformer la science pour promouvoir leur position partisane".

Parce qu'ils le valent bien.

 

12 Mai 2009 : Dans l'interminable série des tentatives avortées de hardi(e)s explorateur(trice)s écolos tels Lewis Pugh, Ann Curry, Ann Bancroft, Liv Arnesen, Adrian Flanagan, l'équipe de la chaîne MSNBC, (sans parler de l'équipe Catlin qui mesure difficilement à pieds, pendant de longs mois ce que d'autres mesurent facilement en quelques minutes en avion).... qui cherchaient à nous démontrer les effets du fameux réchauffement climatique...et parmi bien d'autres, voici les trois sympathiques et heureux récipiendaires du bonnet d'âne (en ciré jaune de marin et avec palmes compte tenu de la situation) du mois de mai 2009.
Cette fois encore, il s'agit de trois "navigateurs" anglais. surcoufspink

De gauche à droite :

Richard Spink : physiothérapeute
Raoul Surcouf : malgré son nom prédestiné est paysagiste
Ben Goddart : Skipper

Ces trois jeunes sportifs, aussi enthousiastes qu'inexpérimentés, ont mis sur pied une association appelée " Expéditions Neutres en Carbone". L'idée de leur projet et de l'expédition dont je vais vous parler n'est rien d'autre que de démontrer que l'on peut parcourir la planète sans dépenser de carbone. Il va sans dire que le carbone qui a servi à la confection de leur nourriture, de leurs vêtements, de leur voilier et des autres équipements est passé sous-silence "car trop difficile à calculer" comme ils l'avouent eux-mêmes sur leur site. Parmi les objectifs de leur expédition, et outre la démonstration de la faisabilité de leur projet, figure l'inévitable profession de foi : "Augmenter la prise de conscience au changement climatique de plus de 25000 écoliers dans des écoles partenaires au Royaume Uni et à Jersey"... Il va sans dire que les trois participants assurent leurs éventuels sponsors (mais je n'en ai pas vu...) que leur expertise en matière de communication auprès des médias est sans équivalent.

Le projet de nos trois jeunes carbo-phobiques ne manquait pas d'envergure. Il s'agissait de rien moins que de partir du port de plaisance de fleur2parcours Plymouth, dans la sud de l'angleterre, à bord d'un petit voilier de plaisance, joliment baptisé "fleur", (image ci-contre) en direction du Groenland. Une fois parvenu au port de Nuuk sur la côte Ouest du Groenland, les trois membres de l'expédition devaient chausser leurs skis pour traverser la pointe du continent d'Ouest en Est pour parvenir jusqu'au sommet qui pointe à 2800 m sur la côte Est du Groenland. En tout, un trajet estimé à près de 1000 km.

Afin de complaire avec l'idée maîtresse de l'association CNE (Carbon Neutral Expedition), le voilier était équipé de nombreuses plaques de panneaux solaires ainsi que d'une éolienne destinés à assurer l'autosuffisance en énergie durant tout le voyage..

Le voyage sans carbone : Suite et fin...

"Fleur" a quitté le port de Mount Batten Marina (Plymouth) le 17 avril et fait route vers le Nord-Ouest à petite vitesse et dans des conditions météo assez moyennes.

Au cours des 8 jours suivants, la météo a continué à se dégrader avec des vents fraichissants jusqu'à environ 100 km/heure, ce qui n'est guère étonnant à cette époque de l'année et dans cette région, non plus qu'exceptionnel en haute mer.
Le petit voilier, manifestement mal préparé à ce genre d'aléa, subit de graves dommages avec, notamment, l'arrachage de l'éolienne et des panneaux solaires. le Skipper reçoit un violent coup sur la tête. "Fleur" chavire par trois fois...Les vagues envahissent le pont du voilier. Les explorateurs se réfugient dans le carré, seul praticable. Panique à bord.

Craignant pour leur survie et au vu de l'état lamentable et irrécupérable de leur embarcation, nos trois hardis explorateurs carbo-phobiques se décident à émettre un SOS, le 1er Mai, soit deux semaines après leur départ de Plymouth. Ils se trouvent alors à 644 km à l'ouest de la côte de l'Irlande.
Comme il est d'usage dans la marine, le SOS est relayé jusqu'au navire le plus proche de l'incident, lequel est dépêché, aussi rapidement que possible, vers le lieu du naufrage.

L'ironie du destin a voulu que le navire dérouté pour venir au secours des membres de l"expédition sans carbone" soit l'un des plus gros pétroliers, chargé de quelques 113.000 tonnes de brut qui faisait route vers les Etats Unis.. C'est donc en grimpant sur des échelles de cordes lancés du pont du "Overseas Yellowstone" que Spink et Surcouf furent accueillis à bord du pétrolier. La malheureux skipper Goddart, sans doute largement éprouvé par sa blessure à la tête, fit une chute depuis l'échelle et se retrouva dans l'eau glacée avec quelques côtes cassées supplémentaires (pense-t-on) (