10 Juin 2010 : "Notre planète en danger : Si l'oxygène vient à manquer ... ". Tel est le titre d'un livre (photo de couverture ci-contre) qu'Amazon.fr, qui connaît visiblement très bien mes centres d'intérêt (!), vient de lyonnet1m'inviter à faire l'emplette en m'aguichant avec la promesse d'une livraison gratuite....
Ils sont bien tombés !

Après avoir admiré la couverture ci-contre qui ne nous montre sûrement pas des panaches de CO2 mais plus probablement de la vapeur d'eau condensée, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager le commentaire aussi risible qu'apocalyptique de l'éditeur. Il vaut le détour (et aussi un accessit au bonnet d'âne de ce mois-ci). Un vrai morceau d'anthologie.
La présentation de l'Editeur, généralement rédigée pour attirer le chaland, figure probablement en "4-de-couv" comme disent les professionnels de l'édition.

Présentation de l'éditeur

Nous, locataires de la planète Terre, industrialisés et informatisés, assistés depuis deux bons siècles par trois bonnes énergies fossiles et depuis un demi-siècle par une meilleure énergie nucléaire, sommes-nous conscients, aujourd'hui, de nos erreurs et de nos excès ? Le temps nous est compté, cessons de détruire pour construire et préserver à notre planète, son oxygène. En pleine polémique sur la taxe carbone, un livre à lire absolument ! La production de gaz à effet de serre augmente de jour en jour et nous commençons juste à nous inquiéter de ses répercussions sur notre environnement. Parallèlement, le problème de l'oxygène reste dans l'ombre alors qu'il doit être considéré comme primordial. Sans oxygène, pas de vie possible. S'il venait à manquer, quelle vie pour nous et nos enfants ? Plus nous produisons des gaz nocifs, plus nous nous privons d'un oxygène indispensable. Il est tellement facile de respirer que le manque nous semble fort improbable. Pourtant… Notre folie destructrice nous conduit vers une inévitable diminution de ce gaz vital avec pour conséquence une modification irréversible de notre mode de vie.

L'Editeur s'appelle "les trois spirales" (infernales, sans doute) et ce monument de la littérature, écrit par Sophie et Michel Lyonnet qui n'en sont pas à leur coup d'essai, figure dans la collection pompeusement, et surtout abusivement, nommée "Dossier Vérité". Est-ce de l'ironie ?
Ce livre est paru le 6 avril 2010. Le 1er avril aurait été plus indiqué.

Ainsi, après les divagations de Paul Erhlich (de Stanford, dans les années 60) sur ce même sujet et sur d'autres qui figurent en place d'honneur dans le bêtisier, après celles de Peter Tatchell, activiste anglais notoire et titulaire du deuxième bonnet d'âne du mois d'août 2008 pour un article consternant, publié dans le Guardian UK, (Tatchell faisait la pub de son collègue Roddy Newman qui devait publier un livre mémorable intitulé "The Oxygen crisis", dont je ne trouve pas trace), voici qu'un couple et un éditeur français en rajoutent une couche..

C'est à désespérer ! Le bon sens le plus élémentaire, un peu de recherche sur les variations de la teneur en oxygène de notre planète au cours des âges et de sa dépendance avec l'altitude, de simples calculs d'ordre de grandeur, ne sont-ils pas à la portée du premier venu ? Il semble que non.

Me faut-il, une fois encore, rappeler que des scientifiques de renom se sont clairement prononcés sur ce sujet ?

Tel
l'éminent professeur Wallace Broecker de l'Université de Columbia qui nous dit que de 1989 à 2008, la concentration en oxygène de l'atmosphère a décru d'environ 2 parties par million (2 ppmv) par an. Compte tenu du fait que l'atmosphère contient 209.500 ppmv (NDT: c'est à dire 20,9% environ, tandis que le CO2 n'est que 0,039%) on voit immédiatement que la variation est absolument infinitésimale. Broecker ajoute :

"Pour faire simple, disons que notre atmosphère est dotée d'une réserve si énorme de ce gaz (NDT : l'oxygène) que même si nous brûlions toutes nos réserves fossiles, tous nos arbres et toute la matière organique stockée dans les sols, nous n'utiliserions d'une faible fraction de de l'oxygène disponible. Quelle que soit l'idiotie de notre comportement vis à vis de notre héritage environnemental, nous n'avons tout simplement pas la capacité de faire plus qu'une petite brèche dans notre réserve en oxygène."

Ou encore Ray Langenfelds du CSIRO (le CNRS australien) qui nous dit que pendant les 20 années où il a été mesuré, le taux d'oxygène n'a décru que de 0,03% . Il ajoute que les fluctuations typiques du taux d'oxygène dans un intérieur de maison sont bien supérieures à cette variation. Il est superflu d'ajouter que cette variation est absolument négligeable par rapport aux 20,95% de l'atmosphère et que cela n'a rigoureusement aucune conséquence sur la respiration de la biosphère, des mers, des continents et des humains. Comme le CO2, quelle que soit son origine, est inévitablement fabriqué avec de l'oxygène, il est absolument naturel que quand le taux de CO2 augmente, le taux de O2 diminue. Comme on peut l'observer.

D'autres sont moins indulgents avec des affirmations du genre "Si l'oxygène vient à manquer" du livre publié par les Lyonnet. Ainsi Roy Spencer que je cite parce que les lecteurs de ce site le connaissent bien, avait dit, à propos de la "crise de l'oxygène" annoncée par Tatchell "Il est difficile de faire plus stupide"...C'est exactement ce que je pense au sujet de ce livre du couple Lyonnet ainsi que du commentaire de l'éditeur des "Trois spirales".
On peut, certes, vouloir protéger la planète et tout ce qui y vit, mais certainement pas au prix de tels délires apocalyptiques qui font beaucoup plus de mal que de bien à la cause qu'ils prétendent défendre.yanoxy1

Comment ont réagi les lecteurs potentiels, dès la sortie de ce livre, le 6 avril 2010 ?
Visiblement très mal. Aucun commentaire, ce qui n'est pas bon signe. D'autre part, ce livre est immédiatement tombé dans les limbes du classement d'Amazon.fr. Deux mois -seulement- après sa parution, cet ouvrage consternant est classé au rang 78.000, ce qui est, sans aucun doute, le critère d'un échec commercial retentissant. Les lecteurs sont visiblement beaucoup moins crédules et, surtout, beaucoup plus éduqués que que ne le pensent les éditeurs de ce genre de bouquin qui était -je vous le rappelle-, et selon l'éditeur, destiné à soutenir la "taxe carbone". On comprend qu'Amazon.fr ne fasse pas payer le port d'un tel navet...

Dans ces conditions, l'attribution du bonnet d'âne (modèle ordinaire), avec palmes et félicitations du jury, du mois de Juin 2010, n'est qu'une formalité. Félicitations aux heureux récipiendaires. Comme de juste, l'éditeur des "trois spirales" reçoit un accessit, bien mérité, lui aussi.
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Comme vous l'avez certainement compris, la parution de ce "livre" des époux Lyonnet, ne mérite guère plus que les quelques lignes que j'ai écrites ci-dessus pour détendre l'atmosphère et souffler un peu avant la publication (à venir) d'articles autrement plus importants, sur les premiers résultats encourageants du projet CLOUD (effets des rayonnements ionisants sur la formation des nuages) en cours au CERN de Genève, sur les reculs des glaciers alpins corrélés à l'Oscillation Atlantique Multidécennale, sur les cycles planétaires en relation avec les cycles climatiques etc...

La science progresse à pas de géant, en ce moment.
Chers lecteurs, lectrices, "stay tuned", restez à l'écoute !


09 Mars 2010 : Le journal Libération pratique l'acharnement thérapeutique pour tenter de sauver, entre autres, le rapport scientifique 2007 du GIEC qui se trouve en état de mort clinique, écrasé sous le poids de ses erreurs et par l'utilisation d'une multitude de citations de références aussi risibles que fantaisistes (brochure d'alpinistes, rapports d'étudiants, dossiers WWF ou Greenpeace, coupures de presse etc...) (voir ci-dessous). Libé nous annonce une grande nouvelle dans son blog intitulé Sciences2:

"l'Amazongate s'écroule" ..

Tiens donc ! Voyons cela.

Nous (et quelques milliers d'autres) aurions donc mal interprété le fait que la source primaire citée par le GIEC pour soutenir l'idée que 40% de la forêt amazonienne risquait de disparaître en cas de sécheresse, n'est rien qu'autre qu'une brochure de l'an 2000 (Y2K ?) du WWF/IUCN (deux associations écologistes renommées) signée par les désormais célèbres duettistes Rowel et Moore, dont l'un (Moore) est, de son propre aveu, un analyste décisionnel et un spécialiste des questions administratives (CV ici) et l'autre un journaliste "freelance" (pour le Guardian) et un activiste vert (voir plus bas des détails sur ces deux "sommités" jugées dignes de figurer comme référence dans un rapport scientifique du GIEC).

De même , nous aurions mal interprété le fait que cette brochure écologiste est, elle même, basée sur un article de Nature 1999 intitulé "Appauvrissement à grande échelle des forêts Amazoniennes par bûcheronnage et feux" qui est ainsi jugé par un spécialiste de la question (Simon Lewis, membre élu de la Royal Society, à l'Université de Leeds) comme non pertinente pour le but poursuivi, en ces termes :

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous extrêmement importants pour comprendre la vulnérabilité de la forêt Amazonienne, mais cet article ne concerne pas la vulnérabilité de ces forêts à cause de réduction de pluviométrie. " a-t-il déclaré.
"A mon avis, le rapport de
Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée."

...ce qui explique, sans doute, pourquoi les auteurs du rapport du GIEC n'ont pas voulu prendre cet article de Nature comme source primaire et lui ont préféré une brochure du WWF/IUCN
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Addendum du 27 juin 2010 : Misère ! L'Amazongate bouge encore ! : Vers la fin du mois de Juin 2010, Simon Lewis a émis une protestation auprès du Sunday Times en déclarant que ce journal aurait dénaturé ses propos (sa citation ci-dessus), ce dont le Guardian UK sous la plume de Monbiot et Libération (qui en déduit "que le vent tourne" !) ont immédiatement tiré parti pour en conclure que le rapport du GIEC 2007 était parfaitement correct et que l'Amazongate était définitivement mort et enterré parce que le Sunday Times avait baissé les bras...

On peut déjà s'étonner que les affirmations publiées, dans un sens ou dans l'autre, dans un journal grand public tel que le Sunday Times, ou les autres, puissent modifier en quoi que ce soit, le contenu d'un rapport du GIEC publié il y a déjà trois ans.

Quoiqu'il en soit et pour se prononcer en connaissance de cause, il est plus intéressant, et surtout plus honnête, de lire le texte de la lettre de protestation adressée par Simon Lewis à Jonathan Leake du Sunday Times, le journaliste anglais auteur d'un billet plutôt provocateur sur l'Amazongate. On y trouve, entre autres, le texte de cet email adressé par Simon Lewis à Jonathan Leake, extrait de la page 5 de la lettre de Lewis à Jonathan Leake (pdf) ::

"The 40% claim is not actually referenced in the Rowell & Moore 2000 report (they use Nepstad to reference the specific figures in the next sentence). The Nepstad Nature paper is about the interactions of logging damage, fire, and periodic droughts, all extremely important in understanding the vulnerability of Amazon forest to drought, but is not related to the vulnerability of these forests to reductions in rainfall. I don’t see how that can be the source of Rowell’s 40% claim. Its more likely an unreferenced statement by Rowell."

Traduction :" L'affirmation sur les 40% n'est effectivement pas référencée dans le rapport de Rowell & Moore 2000 (Ils ont utilisé Nepstad pour référencer les données spécifiques dans la phrase suivante). L'article dans Nature de Nepstad traite des interactions entre les dommages causés par le bûcheronnage et les feux et les sécheresses périodiques qui sont tous importants pour comprendre la vulnérabilité des forêts Amazoniennes vis à vis des sécheresses, mais il n'est pas en rapport avec la vulnérabilité des ces forêts vis à vis des réductions de pluviométrie. Je ne vois pas comment ceci peut-être la source des 40% de Rowell. Il s'agit plus probablement d'une affirmation de Rowell, non supportée par une référence."

Pour comparer, revoici ci-dessous, le texte initial publié en janvier dernier, par le Times online et le Sunday Times :

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous extrêmement importants pour comprendre la vulnérabilité de la forêt Amazonienne, mais cet article ne concerne pas la vulnérabilité de ces forêts à cause de réduction de pluviométrie. " a-t-il déclaré.
"A mon avis, le rapport de
Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée."

Je ne sais pas pour vous, mais je ne vois guère de différence notable avec le texte initial publié par le Sunday Times (le deux textes rejettent l'article de Nature comme non pertinent), sauf, peut-être, pour la conclusion adoucie, mais malheureusement toujours aussi destructrice vis à vis d'un rapport du GIEC qui se voit comme la référence absolue en la matière : " Je ne vois pas comment ceci peut-être la source des 40% de Rowell. Il s'agit plus probablement d'une affirmation de Rowell, non supportée par une référence, " qui remplace le texte initial du Sunday Times " "A mon avis, le rapport de Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée"

A l'exception du fait que Simon Lewis ne semble plus voir d'objection à ce que les rapports officiels du GIEC se réfèrent à des sources non peer-reviewées (un rapport du WWF qui se référe, lui-même, à un article non pertinent sur la question) et à des estimations chiffrées non publiées, ou introuvables (les fameux 40%)- ce qui est quand même un comble pour un scientifique-, le texte rectificatif de Lewis n'apporte rien de nouveau.
Juste un "adoucissement", et son soutien aux allégations du GIEC (et du WWF). Ce que l'on comprend très bien quand on imagine le scandale soulevé par le texte initial du Sunday Times parmi les amis de Simon Lewis qui travaillent avec lui sur le projet "Valuing the Arc" auquel collaborent justement ...WWF-Tanzanie et WWF-US ...Lewis a dû se faire sérieusement sonner les cloches aussi bien par ses amis du WWF que par ses collègues de l'Université de Leeds qui figure, avec l'Université d'East Anglia (celle des emails volés et du Climategate) dans les petits papiers... et les dotations du WWF . On comprend que Lewis se donne du mal pour rattraper la gaffe.
Amusant ! Mais vraiment inquiétant pour ce qui est de l'indépendance des chercheurs qui travaillent dans ce domaine.

A noter aussi que le texte initial de la déclaration de Simon Lewis que j'avais repris du Times-on-line (et non pas du Sunday Times) semble avoir été retiré par l'éditeur de ce journal. Visiblement, les journalistes anglais ont d'autres chats à fouetter en ce moment.
Je ne vois pas la nécessité d'en dire plus sur cette question qui ne me paraît guère avoir évolué contrairement aux affirmations de certains :

Les faits qui sont reprochés au rapport AR4 du GIEC demeurent très exactement ce qu'ils étaient et les récentes déclarations de Simon Lewis ne font que les confirmer : Citation exclusive d'un rapport du WWF non peer-reviewé se référant à un article non pertinent ainsi qu'affirmations chiffrées ne reposant sur aucune source identifiable et vérifiable.

C'est plutôt grave pour un "rapport scientifique de référence". Et ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres.

rain

D'autres, qui ont pris cette affaire au sérieux, ont consacré du temps pour effectuer une analyse complète de cette tempête dans un dé à coudre. Si vous lisez l'anglais, et si cette affaire vous intéresse encore, vous devriez lire ceci où on trouve un graphique intéressant (ci-contre)

Ce graphique indique les précipitations (en mm/an) de 1910 à 2010 sur l'Amazonie d'après quatre agences officielles CRU, NCDC, GPCC et TRMM (TRMM, plus recent, est basée sur les mesures satellites).

Comme vous le voyez, aucune tendance à la baisse de la pluviométrie n'est actuellement décelable sur les cent dernières années. Il tombe entre 2 m et 2,5 m d'eau par an sur l'Amazonie, ce qui est considérable.


Quoiqu'il en soit, on peut espérer que le prochain rapport scientifique de l'IPCC, l'AR5, sera beaucoup plus circonspect sur ses affirmations (du genre "l'Himalaya aura fondu en 2035") et beaucoup plus vigilant quant à la qualité de ses références.


C'est d'ailleurs tout ce que nous demandons.
Du moins à Pensee-Unique.fr.

Dernière minute : 07/07/10 : Richard North qui a eu une sévère prise de bec avec Monbiot du Guardian UK au sujet de l'Amazongate, aurait retrouvé la source du fameux 40% sur laquelle se serait basé Rowel du WWF.Inutile d'ajouter que cette source dont on ne connait même pas l'auteur, n'a strictement rien d'un document scientifique...
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Outre le fait que l' article de Nature s'intéresse fondamentalement aux zones dévastées par le bûcheronnage, nous aurions (nous et des milliers d'autres) mal lu et mal compris cet article qui me mentionne jamais une prévision de 40% pour la proportion de la disparition de la forêt Amazonienne (c'est à dire y compris celle qui est intacte) par effet de sécheresse ?
Ce serait quand même un peu étonnant ....

Mais alors, quel est le fait nouveau, déniché par le journaliste de Libération, qui justifie son affirmation que l'"Amazongate s'écroule" ?
Ce fait nouveau, décisif selon Libé, ce sont les déclarations d'un chercheur.

1) Ce chercheur, qui est-il et où travaille-t-il ?

Il s'appelle Daniel Nepstad et figure, en premier, dans la liste des auteurs de l'article de Nature 1999 qui est cité dans la brochure du WWF/IUCN qui elle-même, sert de référénce primaire au rapport du GIEC sur la sécheresse en Amazonie..
whrc

Libération nous affirme qu'il est un chercheur 'réputé' du Woods Hole Research Center (WHRC) dont voici le logo ci-contre. En réalité, le WHRC n'est rien d'autre qu'une Organisation de Défense de l'Environnement privée (où d'ailleurs était inscrit John Holdren, malthusien notoire (il a rédigé un livre sur ce sujet avec Paul Ehrlich) et ... récemment promu conseiller du Président Obama).
whoi

La ressemblance des noms prête souvent à confusion entre le WHRC, organisation privée écologiste, avec la très réputée Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) qui, elle, fait de la recherche intensive, sérieuse et reconnue.

2) Que nous a déclaré le chercheur du WHRC qui justifie "l'écroulement de l'Amazongate", selon Libération ?

Nepstad, le chercheur réputé du WHRC, a publié un "communiqué énervé", (nous dit Libération) qui nous affirme -ses propres articles à l'appui et en oubliant tous les autres- que le GIEC avait bien raison avec ses fameux 40%.
Si une telle déclaration de la part d'un chercheur travaillant au sein d'une organisation dédiée à l'environnement n'est pas vraiment étonnante, il est plus surprenant que ce dernier, prétendant faire le point sur la question, ne fasse pas mention d'autres articles que les siens et notamment de ceux qui ne vont pas dans son sens, comme cet article de
Science de 2007 que j'ai commenté dans cette page. Lequel constate un reverdissement étonnant et non prévu par les modèles, de la forêt amazonienne pendant la sécheresse de 2005. Ce qui a évidemment surpris tous les spécialistes de la question.
Pour mémoire, en voici le titre, les auteurs et le résumé :


Amazon Forests Green-Up During 2005 Drought ( Scott R. Saleska, Kamel Didan, Alfredo R. Huete, Humberto R. da Rocha)

"Coupled climate-carbon cycle models suggest that Amazon forests are vulnerable to both long- and short-term droughts, but satellite observations showed a large-scale photosynthetic green-up in intact evergreen forests of the Amazon in response to a short, intense drought in 2005. These findings suggest that Amazon forests, although threatened by human-caused deforestation and fire and possibly by more severe long-term droughts, may be more resilient to climate changes than ecosystem models assume."

Soit : "Reverdissement des forêts Amazoniennes durant la sécheresse de 2005"

"Les modèles couplés climat-cycle du carbone suggèrent que les forêts Amazoniennes sont vulnérables à la fois aux sécheresses de courtes et de longues durées, mais les observations satellites ont montré un reverdissement photosynthétique à grande échelle dans les forêts amazoniennes toujours vertes et intactes, en réponse à la brève mais intense sécheresse de 2005. Ces observations suggèrent que les forêts amazoniennes, bien que menacées par la déforestation humaine et les incendies et, peut-être, par les sécheresses plus sévères et de longue durée, peuvent être plus résistantes aux changements climatiques que les modèles des écosystèmes le suggèrent."

Addendum du 13 Mars 2010 : Un article tout chaud sur ce sujet vient de paraître au GRL qui utilise un nouveau traitement d'image et un nouveau dispositif de mesure (NASA MODIS) . L'auteur principal de cet article déclare “We found no big differences in the greenness level of these forests between drought and non-drought years, which suggests that these forests may be more tolerant of droughts than we previously thought,” said Arindam Samanta, the study’s lead author from Boston University. Soit : "Nous n'avons pas trouvé de grandes différences dans les niveaux de vert de ces forêts entre les années avec et sans sécheresses, ce qui suggère que ces forêts peuvent être plus tolérantes aux sécheresses que nous le pensions auparavant." a déclaré Arindam Samanta, l'auteur principal de l'Université de Boston." A titre exceptionnel, l'article en pdf est ici.
Autrement dit, peut-être pas de reverdissement évident, mais la résilience des forêts amazoniennes à la sécheresse intense de 2005 est confirmée.

Nepstad, notre "réputé" chercheur du WHRC n'aurait-il pas fait un peu de "cherry-picking" (sélection d'articles) pour parvenir à sa conclusion ? On peut se le demander.

3) Mais ce qui est plus intéressant et que Libération s'est bien gardé de mentionner, c'est la conclusion du "communiqué énervé" du chercheur Nepstad. (in cauda venenum)
La voici :

"In sum, the IPCC statement on the Amazon was correct. The report that is cited in support of the IPCC statement (Rowell and Moore 2000) omitted some citations in support of the 40% value statement."

"En résumé, la déclaration du GIEC sur l'Amazonie était correcte. Le rapport qui est cité pour soutenir la déclaration du GIEC (Rowell et Moore 2000) a omis des citations pour étayer l'affirmation sur la valeur de 40%"

C'est le moins que l'on puisse dire ! En effet, l'article de Rowell et Moore du WWF/IUCN, cité par le GIEC comme source primaire " a omis des citations pour soutenir l'affirmation sur la valeur de 40% ".
En fait, il les a toutes oubliées... s'il y en avait.

Et en réalité, si des articles mentionnés par Nepstad prouvaient ce qu'il affirme, on se demande vraiment pourquoi, avec ses 2500+ de participants dont le GIEC se réclame constamment, les auteurs principaux de l'AR4 n'ont rien trouvé d'autre qu'une brochure du WWF/NIHC, citant un article inapproprié, pour soutenir leur argumentaire ....C'est aussi impardonnable que ridicule.

Et c'est très précisément cela qui a valu l'appellation "d'Amazongate" à cette partie du rapport du GIEC : L'incapacité flagrante de ses auteurs à s'appuyer sur des sources scientifiques avérées.
Merci donc au chercheur réputé (Nepstad) du WHRC, cité par Libération, de l'avoir confirmé par écrit.

De manière plus générale - répétons-le- ce que l'on reproche au GIEC et qui lui a valu toute une série de xxxx-gates et une convocation de son CEO (Pachauri) par son patron, au siège de l'UNEP de l'ONU, c'est son incapacité à publier, tous les 6 ans, un rapport scientifique digne de ce nom alors qu'il prétend servir de référence à la prise de décisions fondamentales au niveau mondial.
Rien que ça. C'est quand même une assez lourde responsabilité qui mériterait un peu de rigueur et d'attention. Non ?
Même si ce rapport comporte 3000 pages, avec les 2500+ "top-scientists", cela ne fait pas beaucoup plus d'une page à vérifier par "top-scientist"... tous les 6 ans. N'est ce pas ?

fourmilier

Je crois que cette "confusion" volontaire ou non, de la part de Libération mérite un joli bonnet d'âne en poil de fourmilier (ci-contre : C'est un animal sympathique fréquent en Amazonie. Si j'avais été "énervé", comme Nepstad, j'aurais choisi un tatoo. C'est beaucoup moins soyeux, un tatoo).
Si je compte bien, cela doit être le deuxième bonnet d'âne en quelques mois.

On se fait sa petite collection ?

Vous trouverez ci-dessous une analyse beaucoup plus détaillée sur cet Amazongate qui est très loin de s'écrouler... Il n'en va sans doute pas de même du GIEC, du moins tel que nous l'avons connu.

 

02 Février 2010 : GIECgate ? Le Glaciergate décrit ci-dessous est loin d'être un cas isolé dans le rapport 2007 du GIEC. Il y a aussi le Malarigate, l'Amazongate, le Nederlandgate, l'Africagate...toute une série d'affirmations alarmistes erronées ou basées sur du vent.
Une relecture attentive de ce "monument" rédigé par les auteurs principaux et contributeurs du GIEC, montre que plusieurs
affirmations ultra-alarmistes publiées dans ce rapport officiel, ne sont basées que sur des articles non-publiés (voire, démentis peu après) ou des brochures non revues par les pairs, rédigées par des organisations partisanes et parfois pire encore.

Les rédacteurs du rapport GIEC AR4 (2007) ont fait vraiment très fort. Et ceci, en totale contradiction avec les statuts de l'organisation et les affirmations de son directeur (R. Pachauri) qui répétait sans cesse que les rapports du GIEC ne reposaient que sur des articles scientifiques revus par les pairs (peer-reviewed) ou des articles "rigoureusement sélectionnés" rédigés, bien entendu, par les meilleurs des 2500 "top-scientists" de la planète. La crème, quelque sorte....

Comme on pouvait s'en douter et alors que la suspicion s'est installée dans les esprits à la suite du Glaciergate et du Climategate décrits dans les billets précédents (ci-dessous), un certain nombre de scientifiques, de journalistes ou d'experts avertis se sont lancés dans l'examen scrupuleux du volumineux document officiel que représente l'AR4 du GIEC.Et notamment, la partie rédigée par le groupe II, le WG2 qui s'intéresse aux conséquences prévisibles du réchauffement climatique. Etudier scrupuleusement ce document implique non seulement une lecture attentive du texte mais, aussi et surtout, la recherche et la vérification des sources, la cohérence du texte avec les sources, les qualifications des auteurs etc..

Il est d'ailleurs étonnant de constater qu'il a fallu attendre plus de deux ans pour qu'un examen attentif de ce document soit enfin entrepris. Sans doute, les multiples et subtils processus d'élaboration, de relecture.et de correction constamment mentionnés par le Chairman du GIEC, R. Pachauri, avaient-ils fini par persuader qu'un tel monument ne pouvait être que parfait et, donc, ne pouvait souffrir la moindre critique...
ipccprocess

D'ailleurs le diagramme ci-contre qui figure sur le site du GIEC et qui explique succinctement la longue marche qui conduit aux rapports finaux, est très impressionnant...

Ce processus long, patient et rigoureux (?) a été utilisé pour la publication pluriannuelle (tous les 6 ans environ) des rapports appelés successivement FAR (First assessment report), SAR (Second AR), TAR (Third AR) et finalement l'AR4 (fourth AR) qui est le plus récent. l'AR4 est sorti en 2007 plusieurs mois après la parution du résumé appelé SPM (Résumé pour les Décideurs) ce qui a paru plutôt inhabituel à quelques esprits enclins à la critique qui s'étonnaient perfidement qu'on puisse publier un "résumé pour les politiques" plusieurs mois avant de disposer du document scientifique complet.

De fait, cela semble être une pratique naturelle pour ceux qui ont conçu le diagramme ci-contre. L'idée -on l'a compris- est "d'adapter" le volumineux rapport scientifique, avant sa publication, afin qu'il soit rendu cohérent avec le "Résumé pour les Décideurs" qui a été, préalablement, examiné et approuvé par les représentants des gouvernements pour lesquels le volumineux rapport scientifique est parfaitement indigeste.
C'est aussi une reconnaissance du fait que les assertions des scientifiques sont, en général, beaucoup plus mesurées et prudentes que celles que l'on peut lire dans le "Résumé pour les Décideurs". Il convenait donc que la différence ne soit pas trop visible...
Tout ceci est évidemment profondément choquant pour les esprits naïfs qui, comme moi, pensent que le constat scientifique doit précéder la prise de décision, non l'inverse, et que la politique n'a pas à "dicter la science"...

Ainsi et au fil des 19 années (le FAR date de 1991) écoulées, et à l'exception notable des querelles scientifiques de spécialistes qui ont cours autour du rapport du WGI (Groupe I : les bases scientifiques du Réchauffement Climatique) mais qui n'ont que très rarement débordé la sphère des milieux scientifiques (sauf lors du Climategate) les rapports successifs du GIEC n'ont guère fait l'objet de critiques connues du grand public. En tout cas, et jusqu'à ces dernières semaines, aucune n'était parvenue à percer l'armure de la sphère médiatique.
Pourtant, l'alarme avait été déjà tirée il y a quelques années et répétée à de nombreuses reprises depuis lors. Mais c'était "vox clamans in deserto", semble-t-il. Cette affaire, si elle avait été connue des médias (anglophones) et du grand public, aurait, sans aucun doute, été baptisée :

Le Malariagate : reiter2


En effet, un membre éminent du GIEC, le Professeur Paul Reiter (ci-contre), scientifique mondialement connu et estimé, avait tiré le signal d'alarme sur les dysfonctionnements inacceptables du GIEC, lors de la rédaction du TAR (en 2000).

Reiter dirige l' "Unité Insectes et Maladies Infectieuses" de l'Institut Pasteur de Paris. Son désaccord profond avec le comité de rédaction du WGII (celui-là même du glaciergate, mais dans la section "Impacts sur la Santé") et les instances du GIEC ont motivé sa démission. Depuis lors, Le professeur Paul Reiter s'évertue à lutter contre ce qu'il appelle, par exemple et entre autres, "Les mythes sur les liens entre paludisme et changements climatiques" (9 sept 2009).
Reiter, visiblement outré par ce qu'il avait aperçu du fonctionnement du GIEC pour la partie qui le concerne, a rédigé un mémorandum pour la Chambre de Lords anglaise. Ce mémorandum qui date de mars 2005, mérite d'être lu et médité. Il dévoilait, quelques années à l'avance, les graves défectuosités d'une instance qui fait encore l'admiration des autorités et de la presse françaises mais que les presses anglophone et germanophone n'hésitent plus à dénoncer.

Voici des extraits du témoignage de Paul Reiter adressé aux Lords Anglais, en 2005, au sujet des rapports SAR, TAR et AR4 (en préparation à l'époque). Le texte suivant exclut les références bibliographiques que vous retrouverez dans l'original :
C'est, sans doute, un peu long à lire mais ce témoignage est révélateur du fonctionnement interne du GIEC. Il permet de mieux comprendre les véritables fondements des erreurs qui sont actuellement reprochées au rapport AR4 du GIEC.
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Du paragraphe 1 à 10, Paul Reiter se présente et donne quelques détails sur ses qualifications. Il explique que le développement de la malaria n'est pas corrélé avec la température et que celle-ci a causé des ravages très importants dans les régions froides (en Sibérie et dans le cercle arctique, par exemple) comme dans les régions chaudes et humides. Il rappelle que le House of Parliament anglais est bâti sur les lieux même d'un ancien marécage qui était connu pour être un foyer de propagation de la malaria pendant la période froide du petit âge glaciaire (XVIème-XVIIIème siècle)...En bref, la malaria comme d'autres maladies transportées par les insectes, est loin d'être une maladie exclusivement tropicale. Reiter poursuit :

"GIEC SAR Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine.

  11.  Ce chapitre est sorti à un moment critique du débat sur le changement climatique. Un bon tiers était consacré aux maladies propagées par les moustiques, principalement la malaria. Ce chapitre eut un impact très important dans le débat public et il est même encore cité de nos jours, malgré le chapitre mieux informé sur ce sujet du TAR (voir ci-dessous).

  12.  La littérature scientifique sur les maladies propagées par les moustiques est volumineuse, mais les références du texte du chapitre étaient limitées à une poignée d'articles, dont beaucoup sont relativement obscurs [NDT : c'est à dire peu connus] et dont pratiquement la totalité suggérait une augmentation de la maladie dans un climat plus chaud. La pauvreté de l'information n'est pas vraiment surprenante : Pas un seul des auteurs principaux n'avait jamais rédigé un article scientifique sur ce sujet. En outre, deux des auteurs, tous les deux médecins, avaient passé toute leur carrière en tant qu'activistes environnementalistes. Un de ces militants avait publié des articles "professionnels" en tant qu'expert sur 32 sujets différents qui allaient de l'empoisonnement par le mercure aux mines anti-personnel, de la globalisation et du virus de l'Ouest du Nil au Sida.

  13. Parmi les auteurs contributeurs il y avait un entomologiste professionnel et une personne qui avait écrit un article peu connu sur la dengue et El Niño, mais sa préoccupation principale concernait l'efficacité des casques anti-crash de moto (plus un article sur les effets des téléphones cellulaires sur la santé).

  14.  L'amateurisme du texte de ce chapitre reflète les connaissances limités des 22 auteurs ...

  15.  Parmi les indicateurs éclatants de l'ignorance des auteurs on trouvait l'affirmation que " Bien que le moustique anophèle qui transmet la malaria ne survive pas habituellement quand la température moyenne en hiver descend en dessous de 16-18°C, certaines espèces des hautes latitudes sont capables d'hiberner dans des endroits protégés."
En réalité, beaucoup d'espèces tropicales peuvent survivre à des températures au dessous de ces limites et beaucoup des espèces des régions tempérées peuvent survivre à des températures de -25°C, même dans des endroits "relativement exposés".

  16.  De plus, les auteurs affirmaient que le changement climatique provoquait déjà une remontée de la malaria vers les hautes altitudes (par exemple au Rwanda). Ils citaient des informations publiées par des non-spécialistes qui avaient été vivement démenties dans la littérature scientifique. Dans les années qui ont suivi, ces affirmations ont été répétées à de nombreuses reprises par les activistes environnementalistes, en dépit des recherches rigoureuses et des preuves contraires avancées par quelques uns des meilleurs spécialistes mondiaux de la malaria.[....] Les auteurs du GIEC allaient jusqu'à affirmer qu'"une hausse relativement faible de la température hivernale au Kenya" pourrait étendre l'habitat des moustiques et permettre que la malaria dépasse l'altitude limite habituelle qui est d'environ 2500m pour atteindre les populations des grandes villes non atteintes par la malaria, situées en haute altitude, telles que Nairobi." Et ceci en dépit du fait qu'en 1960 les moustiques étaient présents au dessus de 3000m et que Nairobi n'est qu'à 1600m.
 
GIEC TAR Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine.

  24.  Le troisième rapport impliquait plus de 65 auteurs, dont un seul -un des mes collègues- était une autorité reconnue sur les maladies propagées par les insectes...

25.  Mon collègue et moi-même, nous sommes constamment retrouvés en conflit avec des personnes qui insistaient pour faire des déclarations péremptoires, bien qu'elles n'aient que peu ou pas du tout de connaissance de notre spécialité....

  30.  Les organisations militantes telles que Word Wildlife Funds (WWF) continuent de citer l'affirmation du GIEC selon laquelle la malaria ne peut être transmise que dans les régions ou la température hivernale est au dessus de 16°C. Plusieurs des organisations de ce type affirment même que des cas isolés de malaria aux USA et au Canada pendant "des périodes particulièrement chaudes et humides" sont compatibles avec les projections du GIEC..

GIEC AR4 Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine. (NDT : l'AR4 n'est paru qu'en 2007. Reiter n'évoque donc que la préparation)

 31. Il sera intéressant de voir comment le chapitre sur la santé sera rédigé. Seul l'un des auteurs principaux a déjà été auteur principal et il n'a jamais rien publié sur les maladies propagées par les moustiques. Seul, l'un des auteurs contributeurs dispose d'une liste de publications importante dans le domaine de la santé humaine. Il est un spécialiste de la santé en milieu industriel et toutes ses publications sont en Russe. Plusieurs parmi les autres n'ont jamais publié aucun article.

  34.  ...J'ai répondu par une question à propos des deux auteurs principaux sélectionnés : " Il est souvent affirmé que le GIEC représente les meilleurs scientifiques du monde. Je vous copie les listes de publications de ces deux auteurs principaux sélectionnés. Vous pourrez constater que le premier n'a jamais écrit aucun article et que le second est l'auteur de seulement 5 articles. Est-il possible de considérer ces "auteurs principaux" comme étant expérimentés et représentatifs des meilleurs scientifiques du monde et des spécialistes de ces questions de santé humaine ?

  35.  J'ai aussi fait remarquer que l'un des auteurs principaux était un "hygiéniste" et l'autre spécialiste des déjections fossiles et que tous les deux avaient été co-auteurs de publications d'activistes environnementalistes..

NDT : Réponse du GIEC : En accord avec les statuts, ils ont été proposés par les gouvernements...

Résumé :

  41.  ... A mon avis, le GIEC a rendu un mauvais service à la société en se reposant sur des "experts" qui n'ont qu'une connaissance faible ou inexistante sur le sujet et en leur permettant de proférer des affirmations péremptoires qui ne sont pas basées sur une science avérée. En vérité, les déterminants principaux de la transmission de la malaria et des autres maladies propagées par les moustiques sont la politique, l'économie et les activités humaines...."
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Bref et en résumé, Paul Reiter témoignait, dès 2005 et, au moins pour la partie qui le concerne, de l'incompétence avérée de nombreux auteurs principaux et contributeurs aux rapports du GIEC, de leurs liens évidents avec des associations "activistes environnementalistes" comme le WWF ainsi que leur propension à insérer dans les rapports des affirmations aussi péremptoires que non avérées du point de vue scientifique.

Dès lors, il ne faut pas s'étonner que des affaires comme le Glaciergate (de l'Himalaya) puissent éclater de nos jours. Les symptômes sont d'ailleurs les mêmes : Auteurs peu compétents sur le sujet, affirmations péremptoires infondées et citations de sources telles que des brochures de groupes activistes tels que le WWF, Greenpeace etc. Une analyse montre qu'il y a pas moins de 16 citations de brochures du WWF et 8 de Greenpeace dans l'AR4. Un peu moins dans le TAR.
En voici un autre exemple récent qui a défrayé, et défraye encore, la chronique (anglophone et germanophone) :

L'Amazongate : Toujours dans le rapport du WGII de l'AR4 du GIEC (Chapitre 13), des affirmations alarmistes sur la forêt amazongate2amazonienne, fondées sur une publication incontrôlée du WWF et de l'IUCN, elle-même fondée sur un article de la revue Nature qui, en réalité, ... traite d'un tout autre sujet.


La forêt naturelle amazonienne est en danger. Sans aucun doute, le bucheronnage et le défrichement pour l'agriculture, emputent le territoire naturel au détriment de ce qu'on appelait autrefois (à tort) le poumon de la planète, comme l'ont démontré de nombreuses publications scientifiques de bon aloi.
Concernant le réchauffement climatique et l'influence supposée dramatique des sécheresses, il semble que les idées devaient être un peu trop primaires puisque, comme je vous l'ai expliqué dans cette page, selon un article paru dans Science, la forêt amazonienne avait considérablement reverdi pendant la grande sécheresse Brésilienne de 2005, contrairement aux prévisions des ordinateurs.

Mais cela ne devait pas paraître intéressant aux auteurs principaux et aux contributeurs chargés de la rédaction du chapitre 13 de la section du groupe II du dernier rapport du GIEC. Voici ce qu'ils écrivaient à ce sujet, à la page 596 : (caractères engraissés de PU)

"Up to 40%of the Amazonian forests could react drastically to even a slight reduction in precipitation; this means that the tropical vegetation, hydrology and climate system in South America could change very rapidly to another steady state, not necessarily producing gradual changes between the current and the future situation (Rowell and Moore, 2000). It is more probable that forests will be replaced by ecosystems that have more resistance to multiple stresses caused by temperature increase, droughts and fires, such as tropical savannas."

Soit Jusqu'à 40% des forêts Amazoniennes pourraient réagir dramatiquement à une réduction, même faible, du taux de précipitation. Ceci signifie que la végétation tropicale, l'hydrologie et le système climatique de l'Amérique du Sud pourrait changer très rapidement pour se retrouver dans un nouvel état stable et ceci en n'induisant pas nécessairement un changement progressif entre la situation actuelle et la situation future (Rowel and Moore, 2000). Il est plus probable que les forêts seront remplacées par des écosystèmes qui ont une meilleure résistance à des stress multiples causés par l'augmentation de la température, les sécheresses et les feux, telles que les savanes tropicales. "

Les examinateurs attentifs ont recherché la référence (Rowell and Moore, 2000) qui est indiquée dans ce texte et qui justifie, paraît-il, l'affirmation précédente (en gras) et notamment le chiffre de 40% qui paraît considérable..La voici :amazongate4
Il s'agit encore une fois, d'un document publié lors d'une collaboration entre le WWF (déjà impliqué dans le cas du Glaciergate) et l'IUCN (International union for conservation of Nature) qui sont toutes deux des organisations militantes écologistes bien connues dont les publications ne bénéficient d'aucune certification scientifique avérée. Le lien indiqué ne fonctionne pas mais le rapport auquel il est fait allusion se trouve sur le site de l'UICN.

Quant aux deux auteurs, Rowell et Moore dont les écrits servent de source primaire pour les affirmations de l'AR4 du GIEC, il est rapidement découvert qu'aucun d'entre eux n'est scientifique ni spécialiste, de près ou de loin, de l'Amazonie non plus que des problèmes de sécheresse et de précipitation.

P. Moore est, de son propre aveu, un analyste décisionnel et un spécialiste des questions administratives (CV ici).. Il n'a aucun lien avec la forêt amazonienne.. Andy Rowel est un journaliste "freelance" (pour le Guardian) et un activiste vert. La lecture de son CV se passe de commentaires quand à sa capacité à prévoir le devenir de la forêt amazonienne en cas de faible pluviosité.
" Andy Rowel est un écrivain indépendant et journaliste d'investigation avec plus de 12 années d'expérience sur les sujets environnementaux, la nourriture, la santé et les questions de globalisation. Rowell a entrepris des recherches pointues pour, entre autres, Action sur le fait de Fumer et la Santé, La Campagne pour Libérer les Enfants du Tabac, Les Amis de la Terre, Greenpeace, IFAW, l'Organisation Panaméricaine de la Santé, le Projet Underground, l'Organisation Mondiale de la Santé, Le Monde en Action et le World Wildlife Fund"

Si on est indulgent (mais il est difficile de l'être quand il s'agit du rapport du GIEC qui est censé servir de base à la prise de décisions fondamentales au niveau mondial), on peut se dire que même si les deux auteurs en question sont incompétents, ils ont pu emprunter leurs affirmations à des sources scientifiquement avérées.
Et de fait, nos deux amateurs éco-scientifiques, citent à l'appui de leurs affirmations une lettre (peer-reviewée) parue dans la revue Nature en 1999 qui, elle, bénéficie de l'aval des scientifiques.
Dès lors, puisqu'une source avérée existe, et bien qu'elle soit plutôt ancienne, on se demande pourquoi les auteurs du texte de WGII du GIEC en question n'ont pas utilisé cette référence comme source primaire plutôt que la brochure du WWF-IUCN dont la crédibilité en matière scientifique est plus que douteuse. La réponse apparaît évidente quand on lit le titre de la Lettre de Nature en question. Le voici :

"Large-scale impoverishment of Amazonian forests by logging and fire" soit " Appauvrissement à grande échelle des forêts Amazoniennes par bucheronnage et feux". Cet article est signé par plusieurs chercheurs brésiliens et par deux chercheurs du Wood Hole Research Center et du NASA Ames Center en Californie, une organisation de défense de l'environnement, qu'il ne faut surtout pas confondre avec le très sérieux et réputé Wood Hole Oceanographic Institution qui, lui, fait de la recherche intensive et reconnue. Curieuse cette ressemblance de noms.

Si on recherche, dans cet article pris comme référence par le WWF-IUCN, le chiffre de 40%, on le trouve mentionné comme mesurant la perte de biomasse provoqué par la déforestation ou les feux et non pas comme celui indiquant une quelconque hyper sensibilité "à une variation même faible des précipitations " dont il n'est jamais fait mention dans l'article. Il n'y pas non plus d'indication de possibilité de transformation de forêt en savane tropicale qui semble donc être une pure invention des auteurs du rapport GIEC.
Si on cherche maintenant, toujours dans cette même lettre à Nature, quelle est la proportion de la surface de la forêt amazonienne qui pourrait souffrir du manque d'eau lors d'une sécheresse prononcée et en prenant les chiffres les plus pessimistes, on trouve que seulement 10% (et non pas 40%) serait vulnérable.

En bref, il s'agit purement et simplement d'une invention à partir de l'article de Nature par le WWF-IUCN, lui même encore amplifié par le texte du GIEC, comme nous allons le voir. Voici l'avis d'un spécialiste de la question :

Simon Lewis, membre élu de la Royal Society à l'Université de Leeds, qui est un spécialiste de l'écologie des forêts tropicales a déclaré que la section de Rowell et Moore qui prédisait la possibilité de la destruction d'une large fraction de la forêt amazonienne, était "du n'importe quoi".

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous extrêmement importants pour comprendre la vulnérabilité de la forêt Amazonienne, mais cet article ne concerne pas la vulnérabilité de ces forêts à cause de réduction de pluviométrie. " a-t-il déclaré.
"A mon avis, le rapport de
Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée."

Il est instructif de suivre la chaîne des distorsions et des exagérations successives apportées au rapport de Rowel et Moore qui constitue lui-même une exagération et une distorsion intolérable de l'article de Nature :

Le rapport WWF-IUCN (Rowel and Moore, 2000) déclare :
"Jusqu'à 40% de la forêt Brésilienne est extrêmement sensible à de faibles réduction de pluviométrie. Pendant la saison sèche de 1998, quelques 270.000 km2 sont devenus vulnérables au feu à cause de la disparition complète de l'eau stockée dans les 5 premiers mètres du sol et disponibles pour les plantes. 360.000 km2 de forêt supplémentaire n'avaient que 250 mm de sol humide disponible pour les plantes.

Le rapport GIEC 2007 fait une interprétation, une dramatisation et une extrapolation outrancières du rapport WWF-IUCN, lequel a lui-même détourné le sens de l'article de Nature.
" Jusqu'à 40% des forêts Amazoniennes pourraient réagir dramatiquement à une réduction, même faible, du taux de précipitation; Ceci signifie que la végétation tropicale, l'hydrologie et le système climatique de l'Amérique du Sud pourrait changer très rapidement pour se retrouver dans un nouvel état stable et ceci en n'induisant pas nécessairement un changement progressif entre la situation actuelle et la situation future. (Rowel and Moore, 2000) Il est plus probable que les forêts seront remplacées par des écosystèmes qui ont une meilleure résistance à des stress multiples causés par l'augmentation de la température, les sécheresses et les feux, telles que les savanes tropicales."

Bref, du délire verbal, infondé d'un bout à l'autre, dans un article de WWF/IUCN datant de 2000 pour le rapport de 2007, lui-même soi-disant supporté, au second degré, par une référence scientifique de 1999 qui n'a jamais déclaré cela....
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Addendum du 4 février : Voici encore un autre exemple d'erreur manifeste qui saute aux yeux et qui n'aurait jamais dû parvenir jusqu'au rapport final

Le Nederlandgate : Les Pays-Bas sont vraiment très très bas, d'après le GIEC. (Sources : Vrij Nederland, et Steve Mc Intyre)

Voici ce qu'affirme le chapitre 12 du rapport WGII (encore lui.), à propos des Pays-Bas :

"Les Pays Bas sont un exemple d'un pays hautement prédisposé à souffrir aussi bien de la hausse du niveau marin que des débordements de rivières parce que 55% de son territoire se trouve en dessous du niveau de la mer. C'est là que vit 60% de la population et où 65% deyannhollande son PNB est produit."

Une recherche rapide dans les documents officiels Hollandais (le Bureau Central de Statistique) montre que les chiffres précédants sont grossièrement éxagérés. Et ce n'est pas un détail..
En réalité, seulement 20% (et pas 55%) du territoire est en dessous du niveau de la mer et seulement 19% (et pas 65%) du PNB y est produit. Jacqueline Cramer, La Ministre de l'Environnement des Pays-Bas n'a pas vraiment apprécié. Se basant sur le rapport du GIEC, elle prévoyait sans doute de mettre en place des élèvements de digues autour de 55% du territoire.

Outre le constat que les nombreux rédacteurs/relecteurs du rapport "scientifique" pourraient quand même se donner la peine de vérifier ces données élémentaires avant de donner l'imprimatur, on ne peut que remarquer que, quand erreurs il y a, celles-ci vont toujours dans le même sens : celui de l'alarmisme.
S'il s'agissait vraiment d'erreurs, celles-ci seraient aléatoires, allant dans un sens comme dans l'autre. Ce n'est pas le cas.
J'ai bien peur qu'il ne s'agisse d'une volonté délibérée des la part des nombreux auteurs/relecteurs, d'en rajouter sur l'alarmisme.
A l'évidence, ce rapport
AR4 du GIEC n'a rien d'un rapport scientifique.

Remarques et conclusion :

Si on fait le rapprochement entre l'Amazongate, le Glaciergate et le mémorandum rédigé par le Professeur Paul Reiter en 2005, on relève un certain nombre de points communs révélateurs des graves dysfonctionnements du GIEC :

-Les rapports sont rédigés par un certain nombre d'intervenants dont la qualification académique est faible ou inexistante mais dont les liens avec les ONG écologistes tels que WWF et Greenpeace sont évidents. On se demande où sont passés les 2500+ Top-scientists revendiqués par le GIEC s'il faut faire appel à des rédacteurs qui n'ont jamais publié aucun article scientifique...comme l'a stigmatisé Paul Reiter.

-Les textes des rapports se réfèrent à de nombreuses sources issues de documents diffusés par les ONG telles que WWF ou Greenpeace dont les qualités scientifiques sont loin d'être garanties, mais les objectifs bien connus.. Sans compter des références à des travaux d'étudiants, à des observations de montagnards, ou encore à des articles de grands quotidiens comme le New York Times.
Aucun article scientifique sérieux se permettrait de citer ce genre de références dans sa bibliographie.
Comment se fait-il que les rapports du GIEC se l'autorisent ?

-La lecture attentive de ces documents montre que certains chapitres ou paragraphes, parmi les plus alarmistes, semblent bâclés, écrits à la va-vite et dépourvus de sources crédibles. Ce n'est pas le cas de tous. On peut penser que les articles les plus alarmistes et les moins fondés ont été rajoutés au dernier moment, sous la pression des relecteurs politiques du Résumé pour les Décideurs désignés par les gouvernements et qui siègent au bureau du GIEC. Certains représentants doivent trouver que le rapport scientifique n'est pas assez alarmiste, pour la partie qui les concernent... Cela n'a évidemment rien à voir avec la science, mais tout avec la politique. Le résultat désastreux que nous constatons n'est pas étonnant. Je suis convaincu que les chercheurs qui contribuent honnêtement aux travaux du GIEC, en sont, eux-mêmes, désolés.

-L'organigramme de la rédaction des rapports du GIEC (montré plus haut) ainsi que les aberrations du contenu de ces derniers sont révélateurs d'une organisation qui a voulu, dès le début, mettre la recherche scientifique sous la coupe de certains objectifs politiques auxquels l'ONU, l'UNEP, WWF, Greenpeace et beaucoup d'autres ne sont pas étrangers. Cette mise sous tutelle de la science par la politique n'est certes pas une nouveauté mais elle est de sinistre mémoire et elle a toujours conduit à des échecs. A mon humble avis, une organisation du type GIEC est, sans doute, l'un des systèmes les plus efficaces que l'on puisse inventer pour dévoyer la recherche scientifique et la mettre sous tutelle.
La science doit être ouverte et libre de toute contrainte. Ce n'est pas la politique qui détermine nos connaissances. C'est la Nature.
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La presse :

Le presse, essentiellement anglophone (et germanophone dans une moindre mesure) s'est faite l'écho des multiples xxxx-gates qui ont été mis à jour après une relecture attentive du rapport AR4 du GIEC. Le Chairman du GIEC, R. Pachauri a fait l'objet d'attaques personnelles particulièrement sévères. Il est notamment formellement accusé par le Times (UK) d'avoir menti au sujet de Glaciergate dont il avait déclaré qu'il n'en avait eu connaissance que récemment. D'autre part, la presse Indienne et UK reproche à Pachauri d'avoir bénéficié de contributions substantielles en provenance, entre autres, d'Europe et des USA, en relation avec le rapport du GIEC proclamant que les glaciers Himalayens auraient disparu en 2035 (Pachaurigate). Plusieurs scientifiques (par ex. Andrew Weaver) et organes de presse ont demandé la démission de Pachauri. D'autres ont aussi réclamé la dissolution ou la refonte du GIEC. Le gouvernement Britannique vient de "laisser tomber" Pachauri. ...
Tout ceci est superbement ignoré par les médias français ou considéré comme bénin et infondé, comme d'habitude.

Voici quelques exemples de coupures de journaux on-line, sur ces affaires, parmi bien d'autres. Sans parler de la blogosphère, toujours très active.

The Times (UK) du 24/1 "Le chef du climat de l'ONU, Rajendra Pachauri, a obtenu des dotations grâce à des affirmations bidon"
The Telegraph (UK) (20/12/09)
: " Questions sur les affaires financières du gourou du changement climatique, Dr. R..Pachauri.
Welt on line (Allemagne) (31/12) "Ce que le chercheur ne sait pas, ne réchauffe pas le climat " (NDT : jeu de mots allemand)
The Economic Times (Inde) (21/1): " Les glaciers font fondre la crédibilité de la science climatique."
The Telegraph (UK) du 23/1 : " La vraie histoire derrière le scandale du Glaciergate"
The Dekkan Herald (Inde)(24/1) :" Le comité de l'ONU sur le climat face à une controverse."
The Daily Mail (UK) science tech du 25/1 : "ENCORE une bourde sur le changement climatique : D'abord les glaciers qui fondent, maintenant les affirmations sur les désastres naturels, sont discréditées. "
The Telegraph (UK) (25/1): "Après le Climategate, le Pachaurigate, le Glaciergate : l'Amazongate."
Der Spiegel (Allemagne) (25/1) : "La confiance fond" (mentionne aussi les déclarations de Paul Reiter, entre autres)
The Times (UK) (28/1) : "Scandale des emails volés : des scientifiques ont dissimulé des données sur le climat. "
Quelques médias indiens sur le Pachaurigate
La revue Science (29/1): " Le chef de la science climatique Rajendra Pachauri confronté à ses critiques (interview)"
The Telegraph (UK)(30/1) :" Le rapport Stern a été changé après sa publication."
The National Post (Canada)( 27/1) : "L'agence du climat dans les flammes."
Express.co.uk : (29/1) : "Comment le chef du climategate a violé les règles en cachant les données cruciales."
The Times (UK) (30/1) : "Le chef du climat avait été averti des affirmations fausses sur les glaciers avant Copenhague."
The Times (UK) (31/1) : "La honte retombe sur le comité de l'ONU pour le climat pour une affirmation bidon sur les forêts naturelles."
The Telegraph (UK) (30/1) : "Le Comité sur le climat de l'ONU basait ses affirmations sur un devoir d'étudiant et un article de magazine."
The telegraph (UK) (30/1): "De nouvelles preuves des défaillances du GIEC."
Le soir (Belgique) (31/1) : "Le GIEC a basé son rapport sur un travail d'étudiant."
The Mail online (UK) (28/1) : "Un des meilleurs scientifiques du climat fait un appel à l'honnêteté de la part des scientifiques dans le débat sur le réchauffement climatique."
Irish Examiner (Ireland) (30/1) : "Il est temps de cesser d'adorer les faux dieux derrière le réchauffement global".
Canwest news service (Canada) (26/1) : "Un scientifique Canadien dit que le Comité de l'ONU sur le climat a franchi la ligne jaune."
The Guardian (UK (1/2) : "Pachauri ne bénéficie pas du soutien du Royaume Uni à propos des affirmations infondées du rapport du GIEC."
...
The Guardian (UK) (1/2) : "Etrange affaire de déplacement de station de mesure et un scientifique accusé". Dans cette première partie d'une grande enquête des emails "climategate" un des meilleurs écrivains scientifiques Britanniques révèle comment les chercheurs essayaient de cacher les défauts d'une étude cruciale."
The Guardian (UK) (1/2) : Les emails sur le changement climatique : un scientifique cachait les défauts des données. Exclusif: une étude cruciale du Prof Phil Jones de East Anglia reposait sur des chiffres suspects.
The Financial Time (UK) (2/2) : "La gaffe Himalayenne"
The Guardian (UK) (2/2) : "Le scandale des emails du changement climatique fait honte à l'Université et exige des démissions." Les mails piratés montrent que Phil Jones, après vingt ans sans apporter de corrections, n'est pas le seul qui devrait démissionner."

The Guardian (UK) (2/2) : "Pas d'excuses de la part du chef du GIEC Rajendra Pachauri pour les erreurs sur les glaciers."
The Guardian (UK) (2/2) : "Controverses derrière le "graphique en crosse de hockey" de la science climatique.
The Guardian (UK) (2/2) : " L'échange des emails entre scientifiques de la science climatique révèle les défauts du peer-review."
BBC News (UK) (3/2) : Notes de Harrabin : Réformer l'agence du climat GIEC
The Guardian (UK) (3/2) : "Les scientifiques du climat ont renié l'esprit d'ouverture en refusant les requêtes du Free Information Act."
The Telegraph (UK) (4/2) : "L'Inde envisage de se retirer du GIEC"
The telegraphe (UK) (6/2) : "Nouvelles erreurs dans le rapport du GIEC"
The Times (UK) (7/2) : "Un grand scientifique Britannique affirme que le Comité de l'ONU est en train de perdre sa crédibilité."
The New York Times (US) (8/2) : "Le Comité de l'ONU sur le climat et son chef : Leur crédibilité en état de siège."

Quant à la presse française, le silence est de rigueur. Le Figaro avait mollement évoqué le Climategate, les autres l'avait évacué en quelques mots, mais il semble que le Pachaurigate, l'Amazongate, le Hollandgate, la remise en cause du leader du GIEC etc... qui ont fait les choux gras de la presse anglophone n'ont guère été jugés crédibles par nos médias. Lesquels avaient aussi et entre autres, complètement passé sous silence la mise en place et la progression de l'expérience CLOUD au CERN de Genève, sans doute parce que la France est le seul grand pays développé qui n'y participe pas...

Le Monde du 28/01 nous livre le fond de sa pensée au sujet de ces affaires. Voici ce qu'il écrit :
" Dans un entretien accordé lundi 25 janvier à la BBC, Rajendra Pachauri, président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), a exclu toute démission. La déclaration n'est pas inutile, tant le groupe de scientifiques - mandaté par les Nations unies pour synthétiser les connaissances sur le changement climatique - se trouve, depuis fin 2009, au centre de plusieurs polémiques ouvertes singescpar la presse conservatrice britannique et la blogosphère."
Et tout ceci sans aucune explication sur les polémiques en question, qui d'ailleurs sont, en réalité, de graves accusations d'incompétence et de détournement de données scientifiques, basées sur des faits parfaitement vérifiables.

Ainsi, The Guardian qui ne prend pas de gants, notamment au sujet du Climategate, ferait partie de la presse conservatrice ? C'est un vrai scoop.
Autrement dit et selon le journaliste Monde, il ne s'agirait que d'une simple cabale montée par "les conservateurs britanniques et la blogosphère"
Sous-entendu, ces accusations reposent sur des critiques sans aucun fondement, uniquement motivées par des arrières pensées-politiques....voire par des intérêts pétroliers ? Exxon- Mobil ?
Dans cette hypothèse, les rapports du GIEC ont fait vraiment très fort pour donner des arguments aux pétroliers...

Nous verrons bien comment cette affaire va tourner et jusqu'où elle va aller. Mais il n'est pas contestable que la crédibilité du GIEC et de son président sont très sérieusement entamées..
nobel2007a

Quant au bonnet d'âne du mois de Janvier, je ne sais plus où donner de la tête, tant les candidatures sont nombreuses.

Il me semble cependant que le jury Norvégien qui a attribué le Prix Nobel ( de la paix) à une organisation et à son président, capables de rédiger des rapports "scientifiques" dignes du Malariagate, du Glaciergate, de l'Amazongate et de biens d'autres encore, est un excellent candidat.

N'est-ce pas ?

 

3 Janvier 2010 : Un Glaciergate ? : Les glaciers de l'Himalaya, la presse, le rapport AR4 du GIEC, le WWF, R. Pachauri et les glaciologues...

dailymail

A l'approche du Sommet de Copenhague (début décembre 2009) qui devait sceller un nouvel accord (dit Kyoto2) contraignant sur la réduction des émissions des gaz à effets de serre et qui s'est achevé, comme chacun sait, par un fiasco retentissant, les médias nous ont submergé de déclarations ultra-alarmistes dont celle qui a été rapportée par le Daily Mail (photo ci-contre).

Cet article qui a été répercuté sous des formes diverses par un très grand nombre d'organes de presse du monde entier, était intitulé " Les glaciers de l'Himalaya pourraient disparaître avant 30 ans à cause du réchauffement global".

De fait, on ne peut guère reprocher au "Daily Mail Reporter" et aux autres, d'avoir purement et simplement recopié quelques lignes du très volumineux 4ème rapport scientifique (AR4) du GIEC paru en 2007 que l'on ne doit pas confondre avec le maigre SPM (le résumé pour les responsables politiques). En effet, les journalistes considèrent le rapport du GIEC, à l'instar des dépêches de l'AFP (l'agence qui a découvert les rayons cosmétiques), de l'AP ou de Reuters, comme la parole révélée. Mal leur en a pris.

Voici l'extrait concerné ainsi que ses références :

IPCC AR4 WG2 Ch10, p. 493
Extrait du rapport du GIEC 2007, Groupe de travail N°2, Chapitre 10, page 493.
( cité sur le site de Roger Pielke Sr)

"Glaciers in the Himalaya are receding faster than in any other part of the world (see Table 10.9) and, if the present rate continues, the likelihood of them disappearing by the year 2035 and perhaps sooner is very high if the Earth keeps warming at the current rate. Its total area will likely shrink from the present 500,000 to 100,000 km2 by the year 2035 (WWF, 2005)".

Soit en français :

"Les glaciers de l'Himalaya sont en recul plus rapide que dans n'importe quelle autre partie du monde (voir Table 10.9) et, si le taux [NDT : de fonte] continue à son rythme actuel, la probabilité qu'ils disparaissent en 2035 et peut-être plus tôt, est très grande si la Terre continue à se réchauffer au rythme actuel. Sa surface totale passera probablement de 500.000 km2 à 100.000 km2 en l'an 2035
(WWF, 2005)."

De prime abord, il est surprenant de constater que la seule source revendiquée par le GIEC pour étayer cette "information" particulièrement inquiétante, soit un article du WWF, le World Wildlife Fund, alors que tout le monde sait que cette organisation publie régulièrement des articles catastrophistes évidemment non revus (peer-reviewed) par les scientifiques. Sans aucun doute, cette source a échappé au processus du peer-review dont Rajendra Pachauri, le Président du GIEC, nous répète pourtant urbi et orbi, qu'il est incontournable pour pouvoir figurer dans les rapports du GIEC...
(Voir un autre exemple, franchement ridicule, de ce genre d'emprunt à des sources infondées pour un récent rapport sur le climat publié par l'ONU/UNEP, c'est à dire la maison mère du GIEC ).

ont mené deux enquêtes approfondies dans le but de comprendre comment de telles affirmations, émanant du WWF, ont pu se retrouver dans le rapport scientifique du GIEC de 2007. Les résultats de ces deux enquêtes et des réactions suivantes nous en apprennent beaucoup sur le "sérieux" des rapports du GIEC qui sont pourtant censés rassembler l'essentiel des données scientifiques avérées sur le climat et servir de base à l'élaboration d'une politique mondiale contraignante.

A partir de la source du document du WWF (2005) cité, le Professeur Cogley a remonté la piste jusqu'au seul document (non revu par les pairs) qui évoque la question et dans lequel on retrouve d'ailleurs la phraséologie utilisée dans le rapport AR4 du GIEC... à un gros détail près comme nous allons le voir. Il s'agit d'un document de travail pour l'UNESCO édité en 1996. (Kotlyakov, V.M., 1996, The future of glaciers under the expected climate warming, 61-66, in Kotlyakov, V.M., ed., 1996, Variations of Snow and Ice in the Past and at Present on a Global and Regional Scale, Technical Documents in Hydrology, 1. UNESCO, Paris (IHP-IV Project H-4.1).

Voici la phrase de Kotlyakov que l'on trouve à la page 66 de ce document :

"The extrapolar glaciation of the Earth will be decaying at rapid, catastrophic rates - its total area will shrink from 500,000 to 100,000 square kilometres by the year 2350.". Soit, en français : La glaciation extrapolaire mondiale (NDT : C'est à dire de tous les glaciers hors des pôles) décroîtra à des vitesses rapides, catastrophiques - sa surface totale se rétrécira de 500.000 à 100.000 kilomètres carrés aux environs de l'année 2350."

A rapprocher de la phrase cruciale du rapport scientifique du GIEC de 2007 (AR4, WGII, page 493)

Its total area will likely shrink from the present 500,000 to 100,000 km2 by the year 2035"
"Sa surface totale se rétrécira probablement de 500.000 à 100.000 km2 aux environs de l'année 2035 "

Outre la substitution des dates 2350 par 2035 qui laisse rêveur, il faut noter que le rapport Kotlyakov concernait les 500.000 km2 de tous les glaciers de la planète (hors les pôles) et que ce même chiffre ne peut, en aucun cas, s'appliquer aux glaciers Himalayens seuls (33.000km2). Il y a donc, au moins, deux erreurs dans le rapport du GIEC...
En réalité, les lecteurs attentifs ont trouvé 4 erreurs dans le seul paragraphe de la page 493 du chap. 10 en question. Outre les deux signalés ci-dessus, voici donc les deux autres :

  • "Les glaciers dans l'Himalaya reculent plus vite que dans n'importe quelle autre région du monde". Ceci est faux et non substancié : Cogley and Michael Zemp of the World Glacier Monitoring System disent que la fonte se fait à la même vitesse que les autres glaciers du monde.
  • La table 10.9 note un recul de 135,2 m/an pour le glacier Pindari alors que le calcul à partir des deux premières colonnes donne 23,2 m/an (erreur d'un facteur 6)

Cependant Le Professeur Cogley en déduit qu'il s'agit probablement d'une grossière "erreur" de transcription ( 2035 au lieu de 2350.) due à un ou à plusieurs des 10 auteurs du rapport du GIEC en question. Il fait remarquer qu'il est quand même très difficile d'imaginer qu'une telle énormité ait réussi à passer les filtres de la révision systématique des autres collègues rédacteurs ainsi que le filtrage du processus de révision par les relecteurs du rapport avant sa publication définitive.. sans compter l'imprimatur accordé par les représentants des gouvernements qui adhèrent au GIEC. Nous verrons plus loin que malgré les objections, ce texte avait bien réussi à passer tous les filtres, en parfaite connaissance de cause.
Cogley et trois de ses collègues ont écrit une lettre à la revue Nature pour protester et décrire la genèse de l'erreur..

De son côté, le Professeur Nielsen-Gammon a mené une enquête encore plus approfondie et a remonté la piste de cette étrange affirmation jusqu'àhasnain un article du New Scientist Magazine (qui n'est évidemment pas revu par les pairs) de 1999 qui donnait une survie de 40 années aux glaciers Himalayens. Ce magazine se serait basé sur une déclaration (non écrite et antérieure) d'un certain Syed I Hasnain (photo ci-contre) qui était alors directeur du groupe de travail sur l'Himalaya de la Commission Internationale pour la Neige et les Glaces (ICSI). Lequel aurait dit (et non publié) que les glaciers "disparaîtront dans les 40 ans à cause du réchauffement climatique." Hasnain est maintenant employé par l'organisation TERI dont Pachauri est le président.

Ainsi Nielsen-Gammon ne pense-t-il pas qu'il s'agit d'une simple erreur de transcription comme Cogley, mais plutôt d'une conviction affirmée de certains scientifiques qui s'est propagée jusque dans le rapport final du GIEC... sans aucun support scientifique avéré.

  • Les BBC News

qui ne soufflent jamais le froid sur le réchauffement climatique et qui ne nous ont pas habitués à ce genre d'autoflagellation, intitulent un article du 5 décembre sur ce sujet par : "Himalayan glaciers melting deadline 'a mistake' " soit " "Date de la disparition des glaciers de l'Himalaya " une erreur"". Avec des guillemets autour de "a mistake", riches de sous-entendus. Voici quelques extraits de cet article :

"Lors d'une déclaration commune, quelques uns des meilleurs glaciologues mondiaux qui sont aussi participants au GIEC, ont affirmé que "Cette énumération d'erreurs dans la glaciologie de l'Himalaya... a provoqué beaucoup de confusion qui aurait pu être évitée si les normes de publication, incluant le processus de peer-review et la restriction exclusive au travail revu par les pairs, avaient été respectées""

"Michael Zemp du Service de Suivi des Glaciers Mondiaux (Zurich) a aussi déclaré que l'affirmation du GIEC sur les glaciers Himalayens avait été la cause d'une "confusion majeure dans les médias".(NDT : Pas seulement dans les médias.).. " En application des règles du GIEC, ceci n'aurait pas dû être publié car cela ne repose pas sur des références scientifiques avérées "...." Dans l'état actuel de nos connaissances, il n'est pas plausible que les glaciers de l'Himalaya aient disparu dans les prochaines décennies. Je ne connais aucune étude scientifique qui supporte l'idée d'une complète disparition des glaciers dans l'Himalaya durant ce siècle.""

  • Réaction des voisins de l'Himalaya :

Les quelques lignes, extrêmement inquiétantes pour le futur de l'Himalaya, n'ont évidemment pas laissé insensibles les Indiens, les Chinois (Tibet), Pakistanais, Népalais et les habitants du Bhoutan, qui sont les premiers concernés par cette déclaration, puisque l'Himalaya fait partie intégrante de leurs territoires. C'est ainsi que le Ministre Indien de l'Environnement Mr Jairam Ramesh a commandé un rapport indépendant à un expert glaciologue reconnu qui parcourt depuis plusieurs décennies les glaciers de l'Himalaya, le Dr. Vijay Kumar Raina. Ce dernier a examiné en détail le comportement de quelques 20 glaciers parmi les plus importants et ce depuis 150 ans. Il a observé que si certains glaciers ont reculé, d'autres ne l'ont pas fait, d'autres ont reculé puis se sont arrêtés etc...et que les comportements très variés observés ne permettent certainement pas de conclure que ceux-ci résultent du réchauffement climatique.

  • Enfin, un article publié le 13 Nov. dans la revue Science (Vol. 326. no. 5955, pp. 924 - 925 DOI: 10.1126/science.326.5955.924)

au sujet de cette affaire, essayait de faire le point sur la situation réelle des glaciers de l'Himalaya. La conclusion est claire : Nous n'en savons pas assez pour faire des prédictions.
Cet article inclut un paragraphe qui invalide une autre affirmation du
GIEC et du Daily Mail au sujet du Gange qui, soi-disant, cesserait d'être alimenté si les glaciers de l'Himalaya disparaissaient :

" Le mot de la fin est que les affirmations du GIEC sont "horriblement fausses" assure John "Jack" Shroder, un spécialiste des glaciers de l'Himalaya de l'Université de Nebraska, Omaha. "Ils ont été trop rapides pour tirer des conclusions avec trop peu de données."
"Le GIEC s'est aussi trompé dans ses prévisions sur l'impact de la fonte des glaciers sur l'alimentation en eau", déclare Donald Alford, un hydrologue du Montana qui a récemment achevé une étude sur l'eau pour la Banque Mondiale. "Nos données montrent que le Gange dépend en premier lieu de la pluie de mousson et jusqu'à ce que la mousson disparaisse complètement, il y aura un fleuve Gange très semblable au fleuve actuel.
" La fonte des glaciers contribue à hauteur de 3 à 4% au débit du Gange" déclare Kireet Kumar".

On trouve, toujours dans ce même article de Science, un paragraphe qui en dit long sur le fonctionnement interne du GIEC :

"Le spécialiste de l'Atmosphère Murari Lal [...] auteur principal et coordinateur du chapitre sur l'Asie du rapport 2007 du GIEC, rejette l'idée que le GIEC était en dehors de la plaque à propos des glaciers Himalayens. Mais il reconnaît que l'équipe des 10 auteurs du rapport en question, s'est basée sur des travaux non publiés en ce qui concerne l'état des glaciers.
La délégation Indienne a fait objection à cette rédaction du rapport, se souvient Lal, mais ce texte a bénéficié d'une large approbation lors de la session plénière du GIEC"

On croit rêver.

  • Le coordinateur de cette partie du rapport est un spécialiste de l'atmosphère (sans doute un physicien) et donc passablement incompétent en glaciologie Himalayenne. Pourtant, il émet un avis péremptoire et définitif sur la partie du rapport qui concerne les glaciers Himalayens... sans disposer de la moindre publication scientifique avérée sur ce sujet.
  • L'avis des Indiens qui sont aux premières loges et savent à quoi s'en tenir sur l'Himalaya, est écarté d'emblée. Et, en définitive, l'affaire est tranchée au cours d'une "réunion plénière du GIEC" dont l'immense majorité des membres est incompétente en glaciologie et notamment celle de l'Himalaya.... et toujours en l'absence du moindre article scientifique avéré sur ce sujet.

Et on se demande pourquoi les Indiens et les Chinois se sont montrés si peu enthousiastes (c'est un euphémisme) lors du récent sommet de Copenhague.

Par ailleurs, le Dr. Mandhav Khandekar, scientifique Indo-Canadien, vétéran de l'environnement, cite les archives de l'histoire Hindoue qui remontent à près de 5000 ans (période particulièrement chaude de l'holocène) dans lesquelles il précise qu'il n'a jamais été fait mention d'aucun changement des glaciers himalayens ni d'un quelconque assèchement du Gange ou des autres grands fleuves de la région.

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Comme de bien entendu, Rajendra Pachauri, le CEO du GIEC, a été rudement interpelé au sujet du texte ultra-alarmiste sur l'Himalaya publié dans le rapport scientifique AR4 du GIEC, sans aucun support scientifique, contrairement à ses exigences répétées. Ses réponses sont intéressantes. En voici quelques-unes à propos du rapport indépendant commandé par le Ministre Indien de l'Environnement :
" Nous avons une idée très claire de ce qu'il se passe (NDT : Sans support scientifique ?). Je ne sais pas pourquoi le ministre soutient cette recherche infondée. C'est une affirmation extrêmement arrogante.".
Par ailleurs, R. Pachauri a qualifié l'étude du Dr Raina de "science Vaudou" en ajoutant que "le GIEC est un organisme sérieux dont le travail est vérifié par les gouvernements". En tout cas, et pour le moins, le gouvernement Indien ne semble pas enthousiasmé...

Ceci étant, l'ingénieur diplômé des chemins de fer et Docteur en économie, co-titulaire du Prix Nobel de la Paix (avec Al Gore et le GIEC), président du GIEC, R. K. Pachauri a, tout de même, une curieuse façon de s'exprimer pour un "grand scientifique climatologue" (comme disent les médias). Voilà qu'il qualifie une étude effectuée par un expert glaciologue vétéran, d'arrogante ou de science Vaudou, après avoir déclaré, il y a deux ans, que la théorie de Svensmark et al sur l'influence des cycles solaires sur le climat (actuellement testée au CERN de Genève) était " extrêmement naïve et irresponsable"...
Il fallait oser!

Vous l'avez deviné :

Le bonnet d'âne du mois de Décembre 2009 (en poils de Yéti, très difficiles à trouver) est attribué, sans hésitation, au Présidentyannyeti du GIEC (avec les honneurs) R.K. Pachauri, aux 10 auteurs principaux du GIEC, responsables de la rédaction du chapitre sur les glaciers de l'Himalaya de l'AR4 du GIEC, ainsi qu'aux membres de la session plénière du GIEC qui ont validé, malgré les oppositions, sans aucun support scientifique avéré et contrairement aux règles de l'organisme, un texte manifestement hasardeux, pour ne pas dire complètement erroné.

 

Un accessit (bonnet d'âne ordinaire) est attribué aux très nombreux journalistes de la presse écrite qui ont recopié le texte du rapport du GIEC sans se poser la moindre question sur ses sources, alors qu'ils se targuent de ne fournir que des informations recoupées et vérifiées à leurs lecteurs, ce que (selon eux.) les sites sur Internet ne feraient pas.
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Compléments du 25/01/10 : Les acteurs du Glaciergate parlent :

Ainsi, le Dr Lal, auteur principal et coordinateur du rapport sur l'Asie en question déclare au Mail que :"Nous savions que le texte du WWF avec la date de 2035, était de la "littérature grise" [littérature non revue par les pairs]. Mais cela ne fut jamais remarqué par aucun des auteurs de notre groupe de travail, ni par aucun des 500 relecteurs externes, ni par les gouvernements auxquels il fut envoyé, ni encore par les éditeurs responsables de la relecture finale du rapport du GIEC"
Autrement dit : Ni vu, ni connu : C'est tout bon.

Lors de l'interview avec le Mail, le même Dr Lal donne quelques éclaircissements sur les objectifs de cette manipulation :" Cela concernait plusieurs pays de la région est aussi leurs ressources en eau. Nous pensions que si nous pouvions mettre cela en exergue, cela aurait un impact sur les décideurs politiques et les politiciens et les pousserait à prendre des mesures concrètes."
On ne saurait exprimer plus clairement que le rapport "scientifique" du GIEC est, avant tout, un rapport politique.
Et tant pis si la science est un peu (beaucoup) tirée par les cheveux. La fin justifie les moyens.
Malheureusement, c'était un peu trop gros pour passer....

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Addendum du 23 Janvier 2010 : Brève revue de presse : Où en sont les médias francophones sur cette affaire ?

Après avoir sensiblement minimisé les implications du Climategate (le hacking des courriers du CRU), la presse et les médias francophones seront heureux d'apprendre que nos voisins d'outre-Manche, eux, ont pris l'affaire très au sérieux. Sans doute avaient-ils pris la peine de lire le contenu des emails...Ainsi le Parlement Britannique a-t-il décidé d'ouvrir une enquête approfondie sur les révélations issues de la publication des emails du CRU ainsi que sur l'indépendance (proclamée) des bases de données utilisées par cet organisme. On sait par ailleurs que Mike Mann (inventeur de la crosse de hockey et créateur du site RealClimate) fait l'objet d'une enquête officielle au sein de sa propre Université et que Phil Jones a été écarté de sa fonction de directeur du CRU en attendant la fin des enquêtes en cours.

Mais comment la presse francophone a-t-elle réagi au cours du développement de ce qui est souvent baptisé le "Glaciergate" de l'Himalaya ? Voici, en bref, la chronologie (non exhaustive) de cette histoire :

24 Juillet 2009 :

  • Financial Times (UK) : " L'Inde dit non à l'alarmisme climatique"..(lien du texte sur WUWT parce que le FT demande une inscription) Dans le texte : "Mr Ramesh ( le Ministre de l'Environnement Indien) a déclaré que le taux de remontée des glaciers de l'Himalaya a varié de quelques centimètres à quelques mètres par an, mais que ceci faisait partie d'un processus naturel qui intervient sur des siècles. En fait, certains (glaciers) s'étendent, a-t-il dit"...

9 Novembre 2009

  • The Guardian : " L'Inde est arrogante de nier le lien entre le réchauffement climatique et la fonte des glaciers" (NDT a déclaré Pachauri)
    Le Ministre de l'Environnement Indien s'est ému des affirmations du rapport 2007 AR4 du GIEC sur l'Himalaya. Il a commandé une enquête indépendante.

13 Novembre 2009

  • Science : "Toujours pas de signes d'une fonte totale de l'Himalaya, selon un rapport Indien" . Cet article cherche à faire le point sur la situation réelle des glaciers de l'Himalaya. Il rassemble notamment plusieurs témoignages de chercheurs du domaine qui critiquent vertement et démentent les affirmations du rapport 2007 du GIEC sur l'Himalaya (cité ci-dessus)
  • Le Daily Mail publie un article alarmiste rappelant les affirmations contenues dans le rapport du GIEC (cité ci-dessus)

Le 9 décembre2009

  • BBC News : " La date de la fonte des glaciers himalayens : "une erreur"". (NDT : sic pour les guillemets)

Le 18 Janvier 2009

  • AFP : "Rapport de l'ONU (GIEC) sur le climat : Un scientifique avait averti que le rapport était faux".
    NDT : Il s'agit du professeur Georg Kaser, un grand glaciologue, qui avait averti le GIEC en 2006, avant la publication du rapport. Sans résultat. Kaser a déclaré à l'AFP que "c'est tellement faux que ce n'est même pas la peine d'en discuter".

Le 20 Janvier 2010:

Le 22 Janvier 2010

  • Le Figaro (III) : "Les experts du climat font amende honorable" : "Le Giec a reconnu jeudi que plusieurs erreurs se sont glissées dans un de ses rapports."
  • TF1 News : "Ces bourdes à répétition qui minent le Giec"

Le 23 Janvier 2010 :

La blogosphère anglophone
Parmi bien d'autres, le site WUWT d'Anthony Watts, a rapporté tous les communiqués de presse (anglophone) depuis le 24 juillet 2009, c'est à dire lors de la publication de l'article du Financial Time.
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Ainsi, avec un synchronisme très impressionnant, la presse francophone (du moins Belge et Française), sans doute inspirée par la dépêche de l'AFP du 18 Janvier, s'est résolue à relater ces événements à partir du 20 Janvier. C'est mieux que rien mais c'est quand même plus de deux mois après la parution de l'article de Science du 13 Novembre 2009 qui est pourtant très clair sur le sujet et qu'ils auraient dû exploiter. C'est aussi près de quinze jours après la fin du sommet de Copenhague.
Compte tenu de son importance, cet article de
Science aurait, sans aucun doute, dû faire l'objet d'un communiqué de presse de la part de l'AFP (ou de l'AP ou de Reuters). Ces agences ont pour mission de suivre, jour après jour, la littérature parue dans les grandes revues généralistes comme Nature ou Science. La proximité du sommet de Copenhague (fin déc-début Jan) y est-elle pour quelque chose ? On peut se poser la question.

Le traitement de l'information relative au Glaciergate par nos organes de presse est révélateur. De nouveau, et comme ils l'avaient fait lors du Climategate, la plupart (un peu moins pour le Figaro) cherchent à minimiser les implications de ces révélations en suggérant, le plus souvent, qu'il ne s'agit que d'une banale erreur (de typographie ?) et en oubliant que beaucoup de lecteurs ont accès aux rapports du GIEC, qu'ils savent parfaitement lire les textes qui accompagnent "l'erreur" et qu'ils peuvent en tirer les conclusions qui s'imposent. Le journal Libération se distingue en intitulant son article par "Le GIEC n'est pas parfait" -sous-entendu "on peut bien faire une erreur".

Malheureusement, l'analyse du déroulement des événements qui ont conduit à la rédaction de cette partie du rapport du GIEC et qui a fait les choux gras de la presse américaine et de la blogosphère, et les aveux même des auteurs de ce chapitre du rapport du GIEC, ne laissent aucun doute sur la volonté affirmée des auteurs du texte du GIEC d'en rajouter sur l'alarmisme et ceci sans disposer de la moindre source scientifique avérée, ce qui est un comble pour un rapport scientifique ... au point d'en arriver à rédiger un texte très sévèrement critiqué par leurs collègues, pourtant non climato-sceptiques.

On peut aussi s'étonner que les trois organes de presse français (Libé, Le Monde, Le Figaro) qui étaient tombés à bras raccourcis sur Vincent Courtillot jusqu'à évoquer "sa forfaiture" ou "sa malhonnêteté", pour une simple erreur de base de données qui n'affectait pas le résultat final, fassent maintenant preuve d'une extrême indulgence sur les courriers du Climategate et sur l'affaire du Glaciergate qui relèvent toutes deux et à l'évidence, de la malversation pure et simple... Curieux comportement de la part d'une presse "indépendante", Non ?

D'autre part, pour être franc, et c'est d'ailleurs la conclusion à laquelle est parvenu l'article de Science cité, on ne sait encore que très peu de choses sur la fonte des glaciers Himalayens... Et c'est ce qu'auraient dû, honnêtement, conclure le rapport du GIEC ainsi que les pachauri4organes de presse sus-cités.

Le point de vue de Pensee-Unique:

Cette affaire du " Glaciergate" qui intervient peu de temps après le Climategate que je relate ci-dessous, laisse évidemment planer des doutes sérieux sur le parti pris, délibérément alarmiste, de certains groupes de chercheurs et, à l'évidence, de certains rédacteurs des rapports du GIEC et, bien sûr, de son célèbre patron.

Quoiqu'en disent nos organes de presse, il est franchement inquiétant qu'un rapport officiel du GIEC qui est à la base de prises de décisions qui concernent l'ensemble du globe, puisse être affecté par des erreurs (pour de pas dire plus) de cette ampleur. (L'Himalaya, le Gange, le Brahmapoutre et leurs multiples affluents concernent quand même des centaines de millions d'habitants). D'autant plus que les processus de révision et de relecture des rapports du GIEC, réputés infaillibles, ne manquent pas. Le personnel pour le faire, non plus. Très loin de là.
Il est non moins inquiétant que l'intervention d'un glaciologue aussi réputé que le Professeur Kaser, n'ait pas été prise en compte dès 2006, c'est à dire avant la rédaction du rapport final de 2007. Lequel a certainement dû être relu de nombreuses fois avant d'être publié en 2007 puisqu'il ne l'a été que près de quatre mois après la communication à la presse du "Résumé pour les décideurs". (SPM).

A l'inverse, il est rassurant de constater que de nombreux chercheurs, dont la plupart contribuent aux rapports du GIEC, se sont dressés contre l'absurdité de ces affirmations sur la fonte des glaciers de l'Himalaya, dès que cette affaire est devenue publique et qu'ils ont pu s'exprimer. Il suffit de lire l'article de Science pour s'en convaincre ainsi que les déclarations des professeurs Nielsen-Gammon, Cogley, Kaser, Zemp dont la presse francophone n'a pas, ou très peu, parlé..

De mon point de vue, cette observation relève de la même constatation que celle que je faisais en conclusion du texte sur le Climategate (ci-dessous) : Le GIEC, au sens large, est loin d'être aussi unanime qu'on voudrait nous le faire croire. Il y a, sans aucun doute, de très nombreux chercheurs sérieux et consciencieux, qui ne cherchent qu'à faire progresser nos connaissances sur le climat, sans aucun parti-pris. Je n'en dirais pas autant du bureau du GIEC et de quelques rédacteurs principaux de ces rapports qui me semblent loin de faire l'unanimité parmi les chercheurs. Souvenez vous de la lettre de démission du GIEC de Christopher Landsea suite à un grave conflit avec Kevin Trenberth, lors de la rédaction du chapitre sur les ouragans du rapport AR4 du GIEC (le rapport 2007 dont il est question dans ce billet)....

 

23 Novembre 2009 : Un scoop. La presse anglophone et la blogosphère se sont littéralement déchaînées ce week-end, avec des titres aussi explosifs que "Climategate : supercherie stupéfiante et malversation dévoilées au Centre de Recherche sur le réchauffement du Royaume Uni" (DailyTech); "La main dans le sac"(Skyfal); "Climategate : Le dernier clou dans le cercueil du réchauffement anthropique ?"(The Telegraph UK) et une foule d'autres comme le Boston Herald, Times, Guardian UK, Nature, BBC News, Christian Science Monitor, United Press, CBS, Wall Street Journal, New York Times, Associated Press, Washington Post, Los Angeles Times ont tenté d'analyser la situation
Et de fait, il s'agit bien d'une nouvelle étonnante, pour ne pas dire explosive.

Voici : Un ou des hackers inconnus ont rendu publics 6500 fichiers dont 1073 emails, provenant du célèbre CRU (Climate Research Unit) de l'Université d'East Anglia qui fait la pluie et le beau temps aussi bien au sein du GIEC que dans les courbes de températures publiées par le Hadley Center (d'où le nom de HadCru) et le MetOffice Anglais (l'équivalent de Méteo France).
Et ces courriers électroniques valent leur pesant d'or.Tout comme les fichiers, les codes etc...
Ces fichiers couvrent les 13 dernières années.

Ce qui est important mais qui est rarement signalé dans la presse et la blogosphère, c'est la manière dont ces données ont été rendues publiques (sur Internet, bien sûr). Cela représente une masse d'information considérable qu'il aurait été impossible de transmettre sur papier : 217,7 mégaoctets de textes et de données.
Le (ou les) hacker ont pris soin d'expliquer leur démarche en précisant ceci ,en entête du fichier :

" Nous pensons que, dans la situation actuelle, la science du climat est trop importante pour demeurer dissimulée.
C'est pourquoi nous mettons dans le domaine public une sélection, prise au hasard, de correspondances, de codes (NDT: informatiques) et de documents. Nous espérons que cela ouvrira les yeux sur cette science et sur les gens qui sont derrière".
C'est explicite.

D'autre part, et cela est aussi rarement noté : Le gros fichier en question s'appelle FOI2009, ce qui n'est pas anodin
En effet,
FOI, pour les américains et les anglais signifient "Freedom Of Information" (Freedom Of Information Act). Autrement dit, le hacker, bienjones qu'il n'ignore pas qu'il commet une irrégularité en piratant des information du CRU, pense relever du FOIA qui, pour les anglophones, est un principe sacro-saint. Compte tenu du soin avec lequel le package a été préparé, soigneusement ordonné et distribué avec une table des matières très pertinente, il apparaît évident que le hacker est quelqu'un qui connaît parfaitement toutes ces questions. A mon humble avis, il s'agit probablement d'un chercheur ou d'un ingénieur de l'Université d'East Anglia, du CRU lui-même, ou du Hadley Center qui a été choqué par ce qu'il a vu et qui a pensé que c'était son devoir de le faire savoir au public.

Mais, est-on certain que ces données, ces correspondances, ces codes, sont authentiques ?
Vous le savez, à Pensee-unique.fr, on est un peu méfiant. Nous savons très bien, comme tous les chercheurs, qu'il est très facile de propager des informations bidonnées sur le WEB et, de prime abord, nous avions toutes les raisons d'être circonspects. Nous avons donc attendu quelque temps et finalement acquis la conviction qu'il s'agit bel et bien d'informations authentiques prélevées sur le (ou les) serveurs duMann4 CRU. Pourquoi ?

-Parce qu'aucun des auteurs ou des récipiendaires des courriers révélés dans FOI2009, n'a démenti en être l'auteur ou le récpiendaire. Tout au contraire, ils l'ont reconnu tels Michael Mann et Kevin Trenberth dans le Washington Post. Ces derniers ont cherché à minimiser le sens de leurs écrits avec des arguments classiques du style "ils sont pris hors de leur contexte etc.." Ils ont répondu à des questions très précises sur le contenu des ces courriers...et quand ils ne pouvaient le faire, ils répondaient qu'ils avaient oublié. Pour moi, c'est un aveu franc et massif en faveur de l'authenticité de ces documents. Je pense que les chercheurs en question craignent qu'une expertise officielle les prenne en défaut. De fait, le magazine australien Investigate rapporte que Phil Jones, directeur de l’Unité de recherche climatique, déclare ne plus se souvenir exactement ce qu’il a pu vouloir dire il y a dix ans quand il a écrit dans un courriel qu’il fallait « cacher la baisse » Dans un communiqué publié par l'Université d'East Anglia, Phil Jones reconnait que ce courriel est authentique. (Voir ci-dessous).

-Le CRU s'est rendu compte du hacking 4 jours avant la publication des documents sur le WEB. A l'évidence, personne n'est capable de rédiger 270 Mo de textes, de données et de codes informatiques complexes en aussi peu de temps.

-Enfin, les chercheurs ne s'expriment pas comme tout le monde. Ils ont un langage qui leur est très particulier, riches en allusions plus ou moins compréhensibles pour un lecteur non averti. Ceci est difficilement imitable et je peux affirmer que ces courriers émanent manifestement de chercheurs expérimentés comme ceux du CRU et non d'un amateur.

Alors qui sont les chercheurs, auteurs, récipiendaires ou mentionnés dans ces emails professionnels ?yannman
Il s'agit tout simplement du Who's who, du gratin du Working group I du GIEC, spécialisé dans 'les attributions' et les relevés de températures et autres hockey-sticks que vous connaissez bien si vous avez parcouru le présent site. Le WG1 du GIEC est au coeur de l'alarmisme climatique. Ce sont des "climatologues de renommée mondiale", comme dit le Guardian.
Rien de moins que
Keith Briffa, Michael Mann, Phil Jones ( le directeur du CRU); Caspar Amman, Ray Bradley, Tom Browmey, Kevin Trenberth, Tom Wigley. On y trouve aussi les noms de Stephen Schneider, James Hansen etc...
Trois d'entre eux sont le plus souvent les auteurs de ces courriers. Par ordre de fréquence, on trouve évidemment Phil Jones (CRU), Michael Mann (Pennsylvanie Univ, l'auteur de la crosse de hockey) et, un peu moins fréquemment, Keith Briffa (CRU, l'auteur des reconstructions de Yamal).
Vous trouverez ci-dessous quelques morceaux choisis tirés de la base de données (très bien faite, avec moteur de recherche) des emails du CRU.
Skyfal vous donne une liste des emails importants, avec un bref résumé en français.
Ceux qui sont intéressés par
le financement et les contrats du CRU peuvent aller voir ici. Des budgets faramineux.

Ci-dessous, à gauche les textes en anglais originaux tirés des emails (avec les références). A droite, une traduction en français avec des commentaires ou des explications. Dans de nombreuses circonstances, j'ai volontairement omis de citer les noms des auteurs, pour ne pas les accabler. Ce qui n'est pas mon objectif. Si vous le désirez, vous retrouverez ces noms dans les liens que je donne.

Textes ou extraits des emails
Traduction et (ou) commentaires

 

On bidouille carrément les données observées pour qu'elles collent avec la thèse du GIEC. On a des doutes.. cachés.

(fichier 1254108338.txt)

Phil,

Here are some speculations on correcting SSTs to partly explain the 1940s warming blip.

If you look at the attached plot you will see that the land also shows the 1940s blip (as I’m sure you know).

So, if we could reduce the ocean blip by, say, 0.15 degC, then this would be significant for the global mean — but we’d still have to explain the land blip.

I’ve chosen 0.15 here deliberately. This still leaves an ocean blip, and i think one needs to have some form of ocean blip to explain the land blip (via either some common forcing, or ocean forcing land, or vice versa, or all of these). When you look at other blips, the land blips are 1.5 to 2 times (roughly) the ocean blips — higher sensitivity plus thermal inertia effects. My 0.15 adjustment leaves things consistent with this, so you can see where I am coming from.
Removing ENSO does not affect this.
It would be good to remove at least part of the 1940s blip,
but we are still left with “why the blip”

 

Comment minimiser une anomalie pour que les résultats soient plus chauds tout en restant crédibles  :

Phil,

Quelques spéculations sur comment corriger les mesures des températures de surface des océans (SST) afin d'expliquer en partie la petite hausse des températures dans les années 1940.

Si tu regardes le graphique joint, tu remarqueras que les continents ont également connu cette petite anomalie des années 1940 (comme tu le sais sûrement).

Donc, si nous pouvions réduire l'anomalie océanique par, disons, 0,15° C, cela aurait alors un impact important sur la moyenne planétaire -- mais il faudrait toujours expliquer la petite anomalie continentale.

J'ai choisi 0,15 à dessein. Il restera toujours une petite hausse océanique, et je crois qu'il faut avoir un type de petite pointe océanique pour expliquer la petite anomalie continentale (via soit un type de forçage commun, soit l'océan qui force les continents, ou vice versa, ou tous à la fois). Si tu regardes les autres petites anomalies, les anomalies continentales sont 1,5 à 2 fois (approximativement) plus fortes que les anomalies océaniques -- plus grande sensibilité et effets de l'inertie thermique. Mon ajustement de 0,15 rentre dans ces paramètres, tu vois donc ce que je veux dire.
Éliminer ENSO n'a pas d'effet sur ceci.

Il serait bon d'éliminer au moins une partie de l'anomalie des années quarante, mais la question demeure «pourquoi cette petite anomalie».

(fichier 1225026120.txt)

 

Yeah, it wasn't so much 1998 and all that that I was concerned about, used to dealing with that, but the possibility that we might be going through a longer - 10 year - period of relatively stable temperatures beyond what you might expect from La Nina etc.

Speculation, but if I see this as a possibility then others might also.
Anyway, I'll maybe cut the last few points off the filtered curve before Igive the talk again as that's trending down as a result of the end effects and the recent cold-ish years.

NDT : On coupe la courbe pour cacher le refroidissement de ces dernières années ...  :


"Ouais, c'est pas tellement 1998 et tout ça qui me tracasse, j'ai l'habitude d'y répondre, mais la possibilité que nous puissions passer par une période plus longue -- 10 ans -- de températures relativement stables au-delà de ce qu'on pourrait s'attendre avec La Niña etc.

Spéculation, mais si je vois cela comme une possibilité, d'autres pourraient également s'en apercevoir. Bref, je vais peut-être ôter les dernières valeurs de ma courbe filtrée avant de présenter à nouveau mon exposé parce que la tendance est à la baisse à la suite des effets d'extrémité et des dernières années relativement froides"

Ref : 942777075.txt

Phil Jones écrit :

I’ve just completed Mike’s Nature trick of adding in the real temps to each series for the last 20 years (ie from 1981 onwards) amd from 1961 for Keith’s to hide the decline.

 

"Je viens juste de terminer l'utilisation de l'astuce de Mike dans Nature qui consiste à ajouter les données réelles de température pour chacune des séries des 20 dernières années (c'est à dire de 1981 à maintenant) et depuis 1961 avec celles de Keith (NDT: Briffa), pour cacher le déclin. "

NDT : Assez astucieusement la presse pro-GIEC ne retient que la première manipulation ("The trick") des données de Phil Jones pour en tirer la conclusion que ceci est légitime (et ça l'est), "oubliant" la fin de la phrase.
Cette même presse évite ainsi de mentionner le "hide the decline" (dissimuler le déclin (des températures)) qui est vraiment très inquiétant sous la plume d'un scientifique. Le magazine australien Investigate rapporte que Phil Jones, directeur de l’Unité de recherche climatique, déclare ne plus se souvenir exactement ce qu’il a pu vouloir dire il y a dix ans quand il a écrit dans un courriel qu’il faillait « cacher la baisse ». Pour sa part, RealClimate qualifie "hide the decline" d'expresion malheureuse. Certes.

Dans un communiqué publié par l'Université d'East Anglia, Phil Jones reconnait que ce courriel est authentique.

Ref :1054736277.txt

...I think that trying to adopt a timeframe of 2K, rather than the usual 1K, addresses a good earlier point that Peck made w/ regard to the memo, that it would be nice to try to “contain” the putative “MWP”, even if we don’t yet have a hemispheric mean reconstruction available that far back….

 



Je pense qu'essayer d'utiliser une période de 2 000 ans plutôt que de 1 000 répond au problème soulevé précédemment par Peck (NDT diminutif de Overpeck) par rapport au mémo, et que ce serait bien pour essayer de « limiter » le prétendu "OM" [Optimum médiéval], même si nous ne disposons pas encore d'une reconstruction de l'hémisphère qui remonte aussi loin dans le temps...

NDT : L'idée d'effacer l'Optimum Médiéval est une obsession. Voir le témoignage de David Demings devant le Senat US. Demings avait déclaré avoir reçu un email d'une haute personnalité de la climatologie contenant la phrase "Nous devons nous débarrasser de l'optimum médiéval". Evidemment, il dérange.. toujours.

  Des doutes profonds sur la science....mais des affirmations péremptoires en public et dans les rapports du GIEC

Réf :1255352257.txt

The fact is that we can’t account for the lack of warming at the moment and it is a travesty that we can’t. The CERES data published in the August BAMS 09 supplement on 2008 shows there should be even more warming: but the data are surely wrong. Our observing system is inadequate.

 



Le fait est que nous ne savons pas expliquer l’absence de réchauffement actuel et c’est grotesque. Les données du CERES publiées dans le supplément d’Août BAMS 09 en 2008 montrent qu’il devrait y avoir encore plus de réchauffement : mais les données sont certainement fausses. Notre système d’observation est déficient.

ref : 1255523796.txt

 

 

Mike
Here are some of the issues as I see them:
Saying it is natural variability is not an explanation. What are the physical processes?
Where did the heat go? We know there is a build up of ocean heat prior to El Nino, and a discharge (and sfc T warming) during late stages of El Nino, but is the observing system sufficient to track it? Quite aside from the changes in the ocean, we know there are major
changes in the storm tracks and teleconnections with ENSO, and there is a LOT more rain on land during La Nina (more drought in El Nino), so how does the albedo change overall (changes in cloud)? At the very least the extra rain on land means a lot more heat goes
into evaporation rather than raising temperatures, and so that keeps land temps down: and should generate cloud. But the resulting evaporative cooling means the heat goes into atmosphere and should be radiated to space: so we should be able to track it with CERES
data. The CERES data are unfortunately wonting and so too are the cloud data. The ocean data are also lacking although some of that may be related to the ocean current changes and burying heat at depth where it is not picked up. If it is sequestered at depth then it
comes back to haunt us later and so we should know about it.
Kevin

 

 

[...]How come you do not agree with a statement that says we are no where close to knowing where energy is going or whether clouds are changing to make the planet brighter. We are not close to balancing the energy budget. The fact that we can not account for what is happening in the climate system makes any consideration of geoengineering quite hopeless as we will never be able to tell if it is successful or not! It is a travesty!
Kevin

NDT : Kevin Trenberth exprime ses doutes (justifiés) sur les bilans d'énergie. Le moins que l'on puisse en dire, c'est qu'on n'est pas près d'y voir clair. Pourquoi cela ne figure-t-il pas dans les écrits officiels ? Il s'agit de problèmes bien réels.

Mike,
Voici quelques uns des problèmes tels que je les vois :
Dire qu'il s'agit de variabilité naturelle n'est pas une explication. Quels sont les processus physiques ?
Où est passée toute cette chaleur ? Nous savons qu'il existe une montée de la chaleur des océans avant un El Niño et une décharge (et un réchauffement de la surface) pendant les derniers stades du El Niño, mais le système d'observation est-il suffisant pour le suivre ? Tout à fait en dehors des changements dans les océans, nous savons qu'il se produit des changements majeurs dans les trajectoires des tempêtes et leur téléconnections avec l'ENSO et il y a BEAUCOUP plus de pluie sur les continents durant La Niña (plus de sécheresse pendant un El Niño), alors comment l'albedo change-t-il (changements dans les nuages) ? Pour le moins, l'excédent de pluie qui tombe sur les continents implique que beaucoup plus de chaleur sert à l'évaporation qu'à faire monter les températures, et ainsi, refroidit les terres et ainsi devrait générer des nuages. Mais le refroidissement dû à l'évaporation signifie que la chaleur va dans l'atmosphère et devrait être irradiée dans l'espace. Ainsi nous devrions être capable de le suivre avec les données de CERES. Les données de CERES n'ont malheureusement pas bougé de même que les données sur les nuages. Les données sur les océans nous manquent aussi, bien qu'une partie de cela puisse venir des changements de courants et d'un enfouissement de la chaleur à des profondeurs où on ne peut le voir. Si elle (ndt : la chaleur) est sequestrée en profondeur, alors elle reviendra nous hanter plus tard et ainsi, il faudrait que nous le sachions.
Kevin

[...] Comment se fait-il que tu ne sois pas d'accord avec une affirmation qui dit que nous sommes loin de savoir où l'énergie s'en va ou de savoir si les nuages évoluent pour rendre la planète plus brillante ? Nous ne sommes pas près d'équilibrer le bilan énergétique. Le fait que nous ne puissions pas rendre compte de ce qu'il se passe dans le système climatique rend n'importe quelle considération en géoingeniering tout à fait sans espoir parce que nous ne pourrons jamais dire si ce sera un réussite ou non ! C'est grotesque !
Kevin (NDT :Courrier du 14 oct 2009)

NDT : Ces interrogations raisonnables n'apparaissent jamais dans les rapports du GIEC. Ceci laisse perplexe quand on sait que Trenberth était l'un des coauteurs (voir ici) d'un fameux bilan énergétique (au watt/m2 près!) lequel est resté une icône intouchable dans tous les écrits du GIEC. Consensus oblige !

 

On essaye de faire taire les journaux qui publient des articles "dissidents". On évince des éditeurs jugés "trop tièdes". On envisage le boycott de revues.
On écarte des articles peer-reviewés qui ne vont pas "dans le bons sens"du prochain rapport du GIEC.
On intervient dans le processus de revue par les pairs...

Ref :1047388489.txt

“This was the danger of always criticising the skeptics for not publishing in the “peer-reviewed literature”. Obviously, they found a solution to that–take over a journal! So what do we do about this? I think we have to stop considering “Climate Research” as a legitimate peer-reviewed journal. Perhaps we should encourage our colleagues in the climate research community to no longer submit to, or cite papers in, this journal. We would also need to consider what we tell or request of our more reasonable colleagues who currently sit on the editorial board…What do others think?”

“I will be emailing the journal to tell them I’m having nothing more to do with it until they rid themselves of this troublesome editor.”“It results from this journal having a number of editors. The responsible one for this is a well-known skeptic in NZ. He has let a few papers through by Michaels and Gray in the past. I’ve had words with Hans von Storch about this, but got nowhere. Another thing to discuss in Nice !”

 


"ça a toujours été le danger de critiquer les sceptiques parce qu'ils ne publiaient pas dans la "littérature revue par les pairs". A l'évidence, ils ont trouvé une solution -prendre en main un journal. Alors que pouvons nous faire ?
Je pense que nous devons cesser de considérer "Climate Research" comme un journal, revu par les pairs, légitime. Peut-être devrions nous encourager nos collègues de la communauté de recherches sur le climat de ne plus lui soumettre d'articles ni de citer des articles de ce journal. Nous devrions aussi réfléchir à ce que nous pourrions demander ou dire à nos collègues les plus raisonnables qui siègent actuellement dans le bureau éditorial... Qu'en pensent les autres ?"

"Je vais envoyer un email au journal pour leur dire que je n'ai plus rien à faire avec eux jusqu'à ce qu'ils se débarrassent de cet éditeur problématique. Ceci vient du fait que ce journal a une pléthore d'éditeurs. Le responsable de tout ça est un sceptique bien connu en Nouvelle Zélande. Il a laissé passer quelques papiers de Michaels et Gray, dans le passé. J'ai eu des mots avec Hans von Storch à ce propos mais ça n'a rien donné. Encore une chose à discuter à Nice !"

Ref :1051190249.txt

Mike's idea to get editorial board members to resign will probably not work -- must get rid of von Storch too, otherwise holes will eventually fill up with people like Legates, Balling, Lindzen, Michaels, Singer, etc. I have heard that the publishers are not happy with von Storch, so the above approach might remove that hurdle too.

 


"L'idée de Mike (NDT: Mann) d'obtenir la démission de membres du bureau éditorial ne marchera probablement pas--Nous devons nous débarrasser de von Storch aussi, sinon les trous seront peut-être remplis par des gens comme Legates, Balling, Lindzen, Michaels, Singer etc. J'ai entendu dire que la maison d'édition n'était pas satisfaite de von Storch, de telle sorte que l'approche suggérée ci-dessus peut nous débarrasser aussi de ce fardeau."

Ref : 1106322460.txt :

 

 

 

Proving bad behavior here is very difficult. If you think that Saiers is in the greenhouse skeptics camp, then, if we can find documentary evidence of this, we could go through official AGU channels to get
him ousted. Even this would be difficult.

 

 

 

I'm not sure that GRL can be seen as an honest broker in these debates anymore, and it is probably best to do an end run around GRL now where possible. They have published far too many deeply flawed contrarian papers in the past year or so. There is no possible excuse for them publishing all 3 Douglass papers and the Soon et al paper. These were all pure crap.

There appears to be a more fundamental problem w/ GRL now, unfortunately...

 

 

 

Yeah, basically this is just a heads up to people that something might be up here. What a shame that would be. It's one thing to lose "Climate Research". We can't afford to lose GRL. I think it would be useful if people begin to record their experiences w/ both Saiers and potentially Mackwell (I don't know him--he would seem to be complicit w/ what is going on here).


If there is a clear body of evidence that something is amiss, it
could be taken through the proper channels. I don't that the entire AGU hierarchy has yet been compromised!

 

Dear All,

Just a heads up. Apparently, the contrarians now have an "in" with GRL. This guy Saiers has a prior connection w/ the University of Virginia Dept. of Environmental Sciences that causes me some unease.

I think we now know how the various Douglass et al papers w/ Michaels and Singer, the Soon et al paper, and now this one have gotten published in GRL

(Ref : 1132094873.txt)

... The GRL leak may have been plugged up now w/ new editorial leadership there, but these guys always have "Climate Research" and "Energy and Environment", and will go there if necessary...

Mike

NDT : Un exemple significatif : le renvoi du professeur James Saiers comme directeur scientifique de la revue Geophysical Research Letters (GRL) : Il avait accepté de publier un article sceptique signé par Sallie Baliunas et Wille Soon. (en partie emprunté à ce site)

Voici ce que Tom Wigley écrit à Michael Mann « Crosse de hockey »

Il est très difficile de démontrer, ici, la mauvaise conduite. Si tu penses que Saiers est dans le camp des sceptiques de l'effet de serre, alors, si tu trouves une preuve écrite de cela, nous devrions emprunter la voie officielle de l'AGU [American Geophysical Union] pour le mettre dehors.

Mann écrit pour sa part :

Salut Malcolm,

[...]
Je ne suis pas sûr que GRL (NDT: Geophysical Research Letters, une publication prestigieuse) puisse encore être considéré comme un interlocuteur impartial dans ces débats, et il vaut probablement mieux, dans la mesure du possible, désormais contourner GRL. Ils ont publié beaucoup trop d'articles anticonformistes entachés de nombreuses erreurs ces derniers temps. Il est inexcusable qu'ils aient publié les 3 articles de Douglass et l'article de Soon et al.. C'était de la foutaise à l'état pur.

Il me semble qu'il y a désormais un problème plus fondamental avec GRL, malheureusement...

Mike

Mann dans un autre courriel :

Merci Tom.

Oui, juste pour vous avertir qu'il y a peut-être anguille sous roche dans ce cas. Quel honte ! Bon, perdre «Climate Research» est une chose. Mais on ne peut pas se permettre de perdre GRL. Je pense que ce serait bien si on commençait à monter un dossier sur Saiers et, probablement, sur Mackwell. (Je ne le connais pas -- il semble être de mèche avec ce qui se passe ).

Si nous pouvons accumuler assez d'éléments de preuves que les choses vont de travers, on pourra les présenter à qui de droit. Je ne pense pas que toute la hiérarchie de l'AGU ait déjà été atteinte!

Mann à nouveau :


Chers tous,

Juste un avertissement. Apparemment, les anticonformistes se sont introduits dans GRL. Ce gars, Saiers, a d'anciens liens avec l'Université de Virginie et le département des sciences environnementales qui m'a déjà causé des problèmes.

Je pense qu'on sait maintenant comment les divers articles de Douglass avec Michaels et Singer, l'article de Soon et coll. et maintenant ce dernier article ont été publiés dans GRL.

(NDT : Peu après) ,

... La fuite GRL semble avoir été colmatée, maintenant, avec un nouvel éditeur en chef mais ces types ont toujours "Climate Research" et "Energy and Environment" et ils iront publier là si nécessaire...

NDT : ....effectivement, Saiers a perdu son poste. Mais GRL continue à publier des articles qui vont dans les deux sens...

Ref : 1054756929.txt

 

 

 

 

 

 

Hi Keith,
Okay, today. Promise! Now something to ask from you. Actually somewhat important too. I got a paper to review (submitted to the Journal of Agricultural, Biological, and Environmental Sciences), written by a Korean guy and someone from Berkeley, that claims
that the method of reconstruction that we use in dendroclimatology (reverse regression) is wrong, biased, lousy, horrible, etc. They use your Tornetrask recon as the main whipping boy. I have a file that you gave me in 1993 that comes from your 1992 paper.
Below is part of that file. Is this the right one? Also, is it possible to resurrect the column headings? I would like to play with it in an effort to refute their claims. If published as is, this paper could really do some damage. [...] Your assistance here is greatly appreciated. Otherwise, I will let Tornetrask sink into
the melting permafrost of northern Sweden (just kidding of course).
Ed.

Dans cet email, Edwards Cook (du labo de dendrochronology de New York) demande de l'aide à Keith Briffa afin que celui-ci lui fournisse des données anciennes pour couler un article soumis par d'autres chercheurs au peer-review lequel démolit un papier précédent de Briffa. Cette démarche écorne sérieusement le processus de peer-review qui exige que celui-ci soit toujours effectué par un chercheur totalement extérieur et impartial. En l'occurrence, Briffa est directement attaqué dans l'article soumis à l'examen. Il ne devrait pas être sollicité, ni même averti. On a ici un aperçu de ce qu'est, en vrai, le processus de peer-review. Il tourne toujours au sein du même petit groupe qui fait barrage à toute idée qui lui déplait. C'est la recette éprouvée d'une science fermée sur elle-même, éliminant toute idée contraire...

Hello Keith,
D'accord, aujourd'hui. C'est promis. Maintenant, j'ai quelque chose à te demander. En fait, quelque chose d'important aussi. J'ai reçu un papier à reviewer (soumis au Journal of Agricultural, Biological, and Environmental Sciences), écrit par un Coréen et quelqu'un de Berkeley qui affirme que la méthode de reconstruction que nous utilisons en dendrochronologie (régression inverse) est fausse, biaisée, infecte, horrible, etc. Ils se servent de ton boulot sur Tornetrask comme bouc émissaire. [...ici Cook demande un fichier correspondant à l'ancien travail de Briffa]. J'aimerais m'amuser avec lui (NDT: le fichier) dans le but de réfuter leurs affirmations. S'il est publié tel quel, ce papier pourrait réellement faire des dégâts. [...] Ton aide est très appréciée. Sinon, je laisserai Tornetrask couler dans le pergélisol fondant du Nord de la Suède (Je plaisante, bien sûr)
Ed.

Ref: 1089318616.txt

Mike,

...The other paper by MM is just garbage - as you knew. De Freitas again. Pielke is also losing all credibility as well by replying to the mad Finn as well - frequently as I see it.
I can't see either of these papers being in the next IPCC report. Kevin and I will keep them out somehow - even if we have to redefine what the peer-review literature is !

 

de Phil Jones à Mike
Mike,

...L'autre papier par MM (McKittrick et McIntyre) n'est qu'une ineptie -comme tu sais. De Freitas, de nouveau. Pielke est aussi en train de perdre toute sa crédibilité en répondant au fou Finlandais [probablement Timo Hameranta]fréquemment comme je le constate.
Je ne vois pas comment un seul de ces articles pourrait figurer dans le prochain rapport du GIEC.
Kevin et moi nous l'empêcherons par n'importe quel moyen -même si pour cela nous devons redéfinir ce qu'est la littérature revue par les pairs !

  Comportement humain déplorable...

Ref :1075403821.txt
Subject: John L. Daly dead


In an odd way this is cheering news ! One other thing about the CC paper – just found
another email – is that McKittrick says it is standard practice in Econometrics journals
to give all the data and codes !! According to legal advice IPR overrides this.

Cheers

John L. Daly était un scientifique australien qui avait enquêté sur cette affaire depuis longtemps. Il est probablement un des tous premiers a avoir osé afficher son scepticisme dans un site demeuré célèbre.

L'annonce de son décès soudain, en Janvier 2004, lui a valu, de la part d'une personne du CRU dont le tairai le nom par charité, cette épitaphe sinistre :
" Curieusement, c'est une nouvelle réjouissante !"

Lequel ajoute que Mc Kittrick (un des chasseurs de la crosse de hockey, avec S. McIntyre) demande communication des codes et les données, (comme cela se pratique couramment). L'auteur refuse en arguant que cela est couvert par l'IPR "Intellectual Property rights" (qui, en fait, ne couvre que les brevets.)

Ref:1255100876.txt ..

."Next time I see Pat Michaels at a scientific meeting, I’ll be tempted to beat the crap out of him. Very tempted".

 


D'un autre,
"La prochaine fois que je vois Pat Michaels (NDT : un climatologue sceptique) à une réunion scientifique,
je serai tenté de lui "casser la gueule". Vraiment tenté.

 

 

 

Keith Briffa a un coup de blues et des doutes sur la conduite à tenir. Son message est aussi touchant pour un chercheur que révélateur sur le fonctionnement profond de cette sombre affaire.

Ref :1177890796.txt

Mike
your words are a real boost to me at the moment. I found myself questioning the whole process and being often frustrated at the formulaic way things had to be done - often wasting time and going down dead ends. I really thank you for taking the time to say these kind words .
I tried hard to balance the needs of the science and the IPCC , which were not always the same. I worried that you might think I gave the impression of not supporting you well enough while trying to report on the issues and uncertainties . Much had to be removed and I was particularly unhappy that I could not get the statement into the SPM regarding the AR4 reinforcement of the results and conclusions of the TAR. I tried my best but we were basically railroaded by Susan*. I am happy to pass the mantle on to someone else next time. I feel I have basically produced nothing original or substantive of my own since this whole process started....

Keith

 

Mike, (NDT: Mann)
Ton message constitue un bon coup d'épaule pour moi en ce moment. Je me suis retrouvé à me questionner sur toute cette affaire et j'ai été souvent frustré sur la manière dont cela a été mené - ce qui m'a fait perdre du temps et buter dans des impasses. Je te remercie de prendre sur ton temps pour me dire ces mots aimables. Je me suis donné beaucoup de mal pour trouver un équilibre entre les besoins de la science et ceux du GIEC qui n'ont pas toujours été les mêmes. J'étais inquiet que tu puisses penser que je donnais l'impression de ne pas vous soutenir assez fort en essayant de mentionner les problèmes et les incertitudes. Beaucoup a dû être retiré et j'étais particulièrement malheureux de ne pouvoir être affirmatif dans le Résumé pour les Décideurs en rapport avec le renforcement du 4ème Rapport (AR4) par rapport aux conclusions du troisième rapport (TAR). J'ai essayé de mon mieux mais Susan (NDT sans doute, Susan Solomon de la NOAA) est passée en force. Je suis heureux de passer le flambeau à quelqu'un d'autre pour la prochaine fois. Je sens que ne je n'ai pratiquement rien sorti d'original ou d'important, par moi-même, depuis que cette affaire a commencé.

Keith (NDT: Briffa)

  Suppression et ou refus de communiquer les données

Ref :1107454306.txt

The two MMs have been after the CRU station data for years. If they ever hear there is a Freedom of Information Act now in the UK, I think I'll delete the file rather than send to anyone.

 

Les deux MM (NDT : Mc Kittrick et McIntyre) cherchent les données des stations CRU depuis des années. S'ils ont entendu parler du Freedom Information Act, désormais valable en angleterre, je pense que je détruirai ces fichiers plutôt que de les donner à quiconque.

NDT : Effectivement, V. Courtillot n'a jamais pu les obtenir, non plus...Comme il l'a mentionné dans ses conférences

Ref : 1212063122.txt

Can you delete any emails you may have had with Keith re AR4?
Keith will do likewise. He’s not in at the moment – minor family crisis.
Can you also email Gene and get him to do the same? I don’t have his new email address.
We will be getting Caspar to do likewise.

 


Pouvez vous détruire les emails que vous avez pu échanger avec Keith (Briffa) en relation avec l'AR4 ? Keith (NDT: Briffa) fera de même. Il est absent en ce moment - crise familiale mineure.
Pouvez-vous aussi écrire à Gene et obtenir qu'il fasse la même chose ? Je n'ai pas sa nouvelle adresse email
Nous ferons faire la même chose à Caspar (Amman).

NDT : Il semble que l'auteur de ce mail se méfie maintenant de Briffa Il devient douteux pour "la cause" après ce qu'il a écrit ci-dessus.

Voilà. Jugez vous-mêmes ! Personnellement, je n'avais jamais vu ça.

On peut observer que très peu de choses sont parues dans la presse française à ce sujet. Il n'en est pas de même dans la presse anglophone qui a souvent titré en gras sur cette question.
Delingpole dans The Telegraph UK ne mâche ses mots même s'il n'utilise qu'une toute petite partie des documents disponibles.

La presse pro-GIEC (comme l'Express) minimise l'affaire, reproche le hacking (en ignorant le FOIA) et ne mentionne évidemment rien du contenu compromettant des fichiers que j'ai cités ci-dessus et de beaucoup d'autres. Certains vont même jusqu'à expliquer que tout cela se comprend à cause de la "pression insoutenable" exercée par les "méchants sceptiques". Ces journalistes n'ont pas dû lire les dossiers avec suffisamment d'attention car ce ne sont pas les "méchants sceptiques" qui persécutent les climatologues du GIEC.
Ce sont, tout simplement la science, les faits, les observations et les multiples incohérences de cette affaire de réchauffement climatique anthropique qui apparaissent peu à peu au grand jour et dont quelques unes sont collationnées dans ce site.

En conclusion (provisoire) et à mon humble avis :

Assez paradoxalement, la lecture attentive de ces quelques échanges (et de beaucoup d'autres) entres les membres scientifiques du gotha du GIEC laisse entrevoir une suite positive à cette sombre affaire. Si on lit entre les lignes de ces échanges de courriels dont certains dépassent la limite du tolérable, on constate que ce petit monde est loin d'être aussi homogène et consensuel qu'on voudrait nous le faire croire. En réalité, il existe plusieurs catégories de chercheurs, au sein de ce réseau, manifestement bien structuré, tel qu'il avait d'ailleurs été décrit et soigneusement analysé dès 2006, dans le rapport Wegman (sur la crosse de Hockey de Mann et al) (pages 38-47) :

  • Quelques meneurs activistes (certains fanatiques), peu nombreux, qui ont manifestement totalement oublié la déontologie scientifique au profit des objectifs politiques du GIEC aux ordres duquel ils sont dévoués corps et âmes (Mike Mann, Phil Jones et (sans doute), Susan Solomon, sans oublier, bien sûr Hansen et Schneider). Ces gens là ne reculeront devant rien. Pour eux, la fin justifie les moyens.
  • Des suiveurs qui font ce qu'on leur demande sans se poser de question, mais sans initiative. Ils sont les coauteurs de second rang des articles publiés par les meneurs. Ce sont des seconds couteaux qui peuvent évoluer en fonction des événements.
  • Des chercheurs qui n'acceptent pas de faire et de signer tout et n'importe quoi (Tom Wigley et Jonathan Overpeck, par exemple)
  • Des chercheurs qui ont énormément de mal à concilier les impératifs politiques imposés par le GIEC, avec leur conception honnête de la Science.( Keith Briffa, par exemple, qui va probablement laisser tomber, si ce n'est déjà fait)
  • Et enfin -ne l'oublions pas-, le (ou les) hacker qui a jugé qu'il était de son devoir de mettre tout cela sur la table. Celui-là (ou ceux là), n'en pouvait plus de supporter ces magouilles, tripatouillages etc. étalés devant ses yeux. Car il faut être incroyablement naïf, ou ne pas avoir vu le soin et la compétence avec lesquels étaient ordonnés ces documents, pour imaginer qu'il puisse s'agir d'un externe au CRU ou à son environnement immédiat. Le hacker est presque certainement du sérail.
    Briffa

S'il ne fallait retenir qu'une seule phrase dans cette collection d'emails, je citerais celle-ci qui nous vient de Keith Briffa du CRU. Elle nous dit tout et résume parfaitement la situation actuelle des chercheurs en climatologie qui travaillent pour le GIEC.:

"Je me suis donné beaucoup de mal pour trouver un équilibre entre les besoins de la science et ceux du GIEC qui n'ont pas toujours été les mêmes."


C'est parfaitement clair. Comme le savent les lecteurs de ce site, les objectifs et les exigences de la Science, ne sont pas les mêmes que ceux du GIEC qui est une instance fondamentalement politique. Et il y a souvent un divorce flagrant.
Tels que je les connais, la plupart des chercheurs honnêtes (il y en a beaucoup) pour lesquels la recherche scientifique est une véritable vocation, doivent se sentir très mal à l'aise dans cette ambiance. Je n'aimerais pas être à leur place. Pour moi, cette affaire de hacking des documents du CRU anglais n'est rien d'autre que la manifestation d'un malaise extrême.
La planche sur laquelle repose le GIEC est vermoulue. Elle commence à craquer.
Wait and see.

Note added in proof : 11 décembre 09. Un professionnel de l'analyse des réseaux informatiques a effectué une analyse détaillée de la possibilité de hacking des données informatiques du CRU. Il conclut que la probabilité que ce piratage provienne de l'extérieur est infime. Voici sa conclusion : " The simplest explanation in this case is that someone at UEA found it and released it to the wild and the release of FOIA2009.zip wasn’t because of some hacker, but because of a leak from UEA by a person with scruples." Soit :

"L'explication la plus simple, dans cette affaire, est qu'une personne de l'Université d'East Anglia a récupéré NDT : (ces données), et les à relâché dans la nature. La fuite du fichier FOIA2009.zip ne provient pas d'un quelconque hacker mais résulte d'une fuite organisée de l'UEA par une personne en proie aux scrupules ." .
Il parvient exactement à la même conclusion que je vous proposais ci-dessus. Il est donc inutile d'incriminer la Russie et le KGB (!!) ou le FSB, et les pétroliers comme le font certains, pour expliquer cette histoire.
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Il existe de nombreuses compilations de ces courriers électroniques et des documents associés. En voici quelques unes
:

-Un site Portugais avec de nombreux extraits de courriers et les fichiers originaux accessibles.-
-
Un excellente analyse en français de la situation dimanche soir.
-La base de données complète des emails est ici. Elle dispose d'un excellent moteur de recherche qui accepte les phrases entières.
-Skyfal donne les références et quelques mots d'explication sur le contenu de nombreux emails.
-Une bonne analyse sur Agoravox


Vous disposez à présent d'un moteur de recherche efficace parmi les 1073 emails
Des mots, des phrases entières (en anglais) conviennent...:


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Pour ce qui concerne plus directement les français, voici des emails : ref: 1200426564.txt, 1200493432.txt qui ont été échangé entre Mike Mann (du site RealClimate) , Phil Jones etc.et des protagonistes français (appelant à l'aide) lors de "l'affaire Courtillot" que j'avais évoquée dans cette page.
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ses sont concertés pour mobiliser les grands moyens pour discréditer V. Courtillot, avec l'aide du Monde, de Libé et du Figaro, en France, d'ailleurs.

Voici une liste de liens de journaux (en partie communiquée par un lecteur que je remercie) en relation avec cette affaire. On voit les différences de perception imédiatement, selon les orientations des journalistes. Le "truc", la grosse ficelle que je dénonce plus bas est très souvent utilisée.

http://www.nytimes.com/200 9/11/21/science/earth/21cl imate.html
http://www.guardian.co.uk/ environment/2009/nov/20/cl imate-sceptics-email-hacking
http://www.wired.com/threa tlevel/2009/11/climate-hac k
http://www.foxnews.com/sto ry/0,2933,576009,00.html?t est=latestnews
http://news.bbc.co.uk/2/hi /science/nature/8371597.st m
http://www.nature.com/news /2009/091120/full/news.200 9.1101.html
http://www.theregister.co. uk/2009/11/20/cru_climate_ hack/
http://www.npr.org/blogs/t hetwo-way/2009/11/emails_c ru_east_anglia_climate.htm l
http://www.npr.org/blogs/t hetwo-way/2009/11/emails_c ru_east_anglia_climate.htm l
http://blogs.sciencemag.or g/scienceinsider/2009/11/d ata-breach-emb.html
http://www.ecofactory.com/ news/climategate-leaked-cl imate-scientist-emails-exp ose-manipulation-112009
http://www.dailytech.com/C limategate+Stunning+Decept ion+and+Misconduct+at+UK+W arming+Research+Center+Rev ealed/article16889.htm
http://www.examiner.com/x- 28973-Essex-County-Conserv ative-Examiner~y2009m11d20 -CRU-files-scandal-reaches -print-media
http://blogs.telegraph.co. uk/news/jamesdelingpole/10 0017393/climategate-the-fi nal-nail-in-the-coffin-of- anthropogenic-global-warmi ng/
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/85ab676a-d7ae-11de-a5a2-539eee1162dc/Une_conspiration_des_scientifiques
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/explosion-d-une-bombe-dans-le-65413
http://www.rue89.com/2009/11/23/le-climategate-de-la-recherche-sur-le-rechauffement-127022
http://www.pcmag.co.uk/v3/news/2253716/hackers-attack-uk-climate

Alors, à qui revient le bonnet d'âne de Novembre 2009 ?

Vous vous souvenez peut-être du coup du bonneteau utilisé par la presse (et le GIEC) pour dissimuler le fait que les températures ne montent plus depuis une dizaine d'année. C'est simple comme bonjour : on vous disait que l'année 200X est la XXème la plus chaude depuis 1980 etc.. ce qui permet de dissimuler l'évolution récente des températures qui, en réalité, vont à la baisse. Malhonnête mais bien joué.
.
Eh bien, nos médias nous ont encore fait le coup de l'illusioniste pour rapporter sur cette découverte des courriers compromettants du CRU.

J'ai brièvement évoqué l'astuce en question mais je la détaille ici, telle qu'elle a été utilisée dans la première dépêche d'agence l'AP ( L'Agence de Presse), (à ne pas confondre avec l'AFP, l'inventrice des rayons cosmétiques) et reprise in extenso, par la presse et des médias audiovisuels...

Tout le monde sait que le truc N°1 d'un illusionniste consiste à accaparer votre attention en vous montrant un objet sans intérêt tout en dissimulant le gros de l'affaire qui va vous surprendre : ça marche à tout les coups et nous rappelle le célèbre dicton : " Quand on lui montre la lune , l'idiot regarde le doigt". Seulement, cette fois-ci, l'idiot... c'est nous.

Dans l'affaire qui nous occupe ici, que fallait-il cacher ? C'est évidemment le contenu compromettant de certains courriers du CRU et, parmi beaucoup d'autres, la fameuse phrase "to hide the decline" " afin de masquer la décroissance" que Phil Jones a d'ailleurs été incapable d'expliquer aux interviewers américains et que les journalises francophones ont certainement lue puisqu'elle fait partie du même message que celui qui mentionne le truc ou l'astuce qui va servir à détourner l'attention du lecteur.

Pour éviter de mentionner cette phrase compromettante, il fallait donc attirer l'attention des lecteurs sur une chose sans importance qui permettait, de balayer d'un revers de main toute suspicion du lecteur et le convaincre que ces courriels ne présentaient aucun intérêt et que ce n'était qu'une tempête dans un verre d'eau. Alors, les journalistes astucieux ont focalisé l'attention sur la mention de Phil Jones qui déclare qu'il a utilisé un "trick", "un truc", "une astuce" pour compléter ses courbes... Lisant cela, le lecteur moyen se dit qu'il est tout à fait normal que d'utiliser une astuce pour un chercheur, que ça fait même partie de son travail (ce qui est vrai) , et que tout va bien. Il en conclut évidemment que les sceptiques ont exagéré et qu'il n'y a rien d'intéressant dans ces messages...Très malhonnête, encore une fois, mais bien joué.

A titre d'exemple, le "journal de référence" vient de publier un article on-line sur cette affaire étonnante. Cet article qui passe, bien sûr, sous silence, la totalité des documents dont j'ai reproduit ici quelques exemplaires et qui utilise l'astuce signalée ci-dessus, est intitulé : "Les courriels des climatologues divulgués pour les discréditer". Cet article n'est d'ailleurs rien d'autre qu'une reprise de la dépêche de l'agence de presse AP qui a donné le ton.
Il semble que pour l'auteur de cet article, faire connaître, au grand public, les échanges épistolaires authentiques et professionnels de chercheurs qui servent de caution à la prise de décisions absolument cruciales au niveau mondial pour l'avenir de notre société, constitue un acte répréhensible et propre à éveiller les soupçons...
Curieuse conception du journalisme. Beaucoup de lecteurs qui s'expriment sur le forum associé à ce billet du journal de référence, ont d'ailleurs réagi. Le métier de journaliste ne consiste-t-il pas à enquêter et à informer ?
En réalité, c'est nous qui avons fait son travail, au journaliste "d'investigation" du journal de référence.

Et d'ailleurs, il n'est nul besoin de dicréditer les climatologues en question : Ils le font très bien tout seuls.

chapeau

Voici donc, à titre exceptionnel, la superbe collection de bonnets d'âne du mois de Nov. 2009, en forme de chapeaux d'illusionistes de cirque que j'offre aux journalistes auteurs de ce magnifique tour de passe-passe qui consiste à cacher l'essentiel sous un détail ridicule.

Vous remarquerez qu'il reste encore un bonnet d'âne non attribué. Je ne doute pas qu'il le sera très bientôt :

Bravo les artistes! On applaudit. Même si le journalisme honnête et authentique y prend, au passage et une fois de plus, un grand coup....

Suite ...:

Phil Jones, directeur du CRU, a été suspendu et remplacé. Provisoirement ?
Une enquête est lancée par son Université d'East Anglia ainsi que sur
Michael Mann par l'Université de Pennsylvanie.
Jean-François Kahn dans "Marianne (2)" fustige les médias français , pour avoir "expédié" l'affaire du climategate. "Climategate : Pourquoi les médias français gardent le silence."
Rajendra Pachauri, responsable du GIEC, demande une enquête de l'ONU sur cette affaire.
L'office Metéo Britannique entreprend le réexamen de 160 années de données climatiques.


10 Octobre 2009 : De Charybde en Scylla. : Crosse de hockey II - le Retour.
Des données non significatives, tenues secrètes et particulièrement bien sélectionnées ainsi qu'une bourde ridicule dans le dernier rapport officiel de l'ONU sur le climat : Une série de bonnets d'âne du mois d'Octobre, bien mérités.

Ce bonnet d'âne exceptionnel est divisé en deux parties. La première concerne les avatars récents de la célèbre Crosse de Hockey. Le deuxième une bourde monumentale dans le dernier rapport officiel de l'ONU sur le climat.

Ce billet est un peu plus long et un peu plus technique que les bonnets d'âne traditionnels. Du moins au début. Je le regrette mais ce sujet est crucial et il est difficile de faire plus court si on veut être précis. Quoiqu'il en soit, sa lecture est édifiante, comme vous allez le voir...

Rappels : Tout les lecteurs attentifs se souviennent de la polémique qui a suivi la publication d'une reconstruction des températures du dernier millénaire effectuée par le Dr Michael Mann et son équipe en 1998. Cette publication, baptisée "crosse de hockey", constituait l'argument N°1 pour les tenants du réchauffement climatique anthropique avancé par le GIEC, jusqu'à figurer jusqu'à 5 fois dans un seul rapport du GIEC.Houghton2.

Ci-contre, Le Président du GIEC de l'époque, Sir John Houghton dissertant sur la fameuse Crosse de Hockey, lors d'une réunion du GIEC qui, s'appuyant sur ce graphe, conclut à l'intervention humaine dans les changements climatiques.

 

Cette reconstruction, en forme de crosse de hockey, qui rayait carrément de la mémoire des hommes, la période chaude de l'optimum médiéval vers (1000-1300) ainsi que le petit âge glaciaire qui l'a suivi et qui s'est prolongé jusque dans les années 1800, a soulevé une tempête de protestations conclue par deux expertises indépendantes (dont le rapport Wegmann) qui ont, toutes deux, conclu à des anomalies de procédures d'analyse ainsi qu'à des choix de données inappropriées.J'avais rédigé, en 2006, un bref résumé de cette polémique dans cette page.

Outre les graves problèmes inhérents à l'utilisation de la dendrochronologie en tant que marqueur de température dont je donne un bref aperçu ci-dessous; il apparaît que la sélection des données inappropriées ou non statistiquement représentatives a, de nouveau, et malgré le précédent fâcheux de Michael Mann, conduit certains chercheurs et le dernier rapport de l'ONU à prendre leurs désirs pour des réalités...Malheureusement pour eux, des analystes vigilants tels que Steve Mc Intyre et Ross Mc Kitrick sont toujours sur la brêche..
Et encore plus malheureusement pour ces chercheurs affiliés au GIEC, McIntyre est enfin parvenu à se procurer les données détaillées qui ont été utilisées pour établir ces courbes bizarres qui défient nos connaissances les mieux établies et qui sont un des piliers du GIEC.

crossemann

an900-1900mann

A gauche, la reconstruction des températures du passé telle qu'elle figurait dans les rapports du GIEC jusqu'en1996. Au centre, Michael Mann présentant une des sections d'un arbre utilisé pour la reconstruction du climat reporté sur la figure de droite. Comme on le voit du premier coup d'oeil, la courbe de Mann et al a effacé le petit âge glaciaire pourtant très largement documenté dans les récits historiques et l'optimum médiéval documenté par l'étude des pollens, la stratigraphie, les sédiments, les stalagmites, la datation isotopique etc...dans un grand nombre de sites tout autour du globe. Contrairement à une assertion souvent entendue et propagée par les auteurs de cette crosse de hockey, un très grand nombre de mesures effectuées sur tous les continents de la planète montre que l'optimum médiéval a bien été un phénomène planétaire et ne concernait pas que l'hémisphère Nord.loehle

 

Dans les années qui suivirent la publication des deux rapports d'expertise, le GIEC se fit plus discret sur la publication de la Crosse de Hockey de Michael Mann, d'autant plus que d'autres reconstructions (très soignées) de températures avaient été publiées qui re-montraient l'existence de l'optimum médiéval et du petit âge glaciaire.

La courbe du haut est due à Moberg (2005) On y voit très bien le petit âge glaciaire et l'optimum médiéval. Moberg est un scientifique "mainstream" affilié au GIEC

La courbe du bas, plus récente, est due à Craig Loehle (document ici). Publiée en 2007. Loehle a publié plusieurs articles critiques sur l'utillisation irraisonnée de la dendrochronologie.

Bien que provenant d'un scientifique proche du GIEC (Moberg) et d'un scientifique plutôt sceptique (Loehle), ces deux courbes sont pratiquement identiques. Elles reproduisent correctement ce que tout le monde sait, c'est à dire l'existence nette d'un optimum médiéval (800-1200) et d'un petit âge glaciaire (entre 1400 et 1800).

Les deux courbes diffèrent cependant dans les températures du vingtième siècle, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les supputations concernant le fait qu'il a fait plus chaud ou moins chaud en 1998 (qui est le pic actuel de température) qu'au moyen-âge. Mais cela n'est pas très important ni définitif du fait de la grande imprécision qui règne dans ce genre de reconstructions. Pour la période récente, on dispose de thermomètres.

On aurait pu penser que l'affaire était close. Il n'en est rien.
La crosse de hockey et ses méthodes pourtant largement discréditées, n'étaient pas mortes ....
Et le tout dernier rapport de l'ONU n'a pas hésité à nous resservir une véritable caricature de l'ancienne crosse de hockey, comme vous allez le voir.

Première partie du bonnet d'âne d'Octobre 2009 : La Crosse de Hockey II, le retour :

Le récit suivant est de Ross McKitrick ( professeur à l'Université de Guelph, Ca) qui a travaillé avec Steve McIntyre lors de l'affaire de la crosse de hockey I . Il est édifiant sur de nombreux plans. Il nous permet de saisir le lien étroit et la continuité qui existent entre le scandale de la crosse de hockey de 1998 et les tentatives répétées de revitalisation de ce type de courbe, au cours des neuf dernières années, en dépit des résultats très négatifs des deux expertises indépendantes. En fait, tout repose, une fois encore, sur une seule et ridiculement maigre série d'échantillons, tenue secrète, jusqu'à présent... Ce récit donne, malheureusement, une vision plutôt pessimiste de la manière dont fonctionne actuellement la recherche climatique et, aussi, sur certains "referees" qui ne vont pas chercher trop loin ainsi que sur les éditeurs de certaines publications scientifiques (Science et Nature) que Roy Spencer a qualifié de "grises".
Mais pas tous. Heureusement, comme vous allez le voir... (Les caractères engraissés sont de l'auteur de ce site).

" Steve (McIntyre) et moi-même avons démontré que les algorithmes utilisés dans la Crosse de Hockey de Mann étaient gravement faussés en ce sens que sa forme était uniquement déterminée par les données des pins à cônes épineux (NDT : Bristlecones : pins vivant sur les sommets des Montagnes Rocheuses). Les polémiques prirent rapidement de l'ampleur : Deux Comités d'experts indépendants (NDT : l'un sous la direction du statisticien E. Wegman et l'autre, de l'Académie des Sciences U.S.) furent constitués, le Congrès Américain organisa un audit et les médias du monde entier suivirent cette affaire.

Les rapports des experts approuvèrent toutes nos critiques sur la Crosse de Hockey, aussi bien sur les algorithmes que sur sa dépendance vis-à-vis des données faussées des pins à cônes épineux. Cependant, un des comités affirma que bien que la Crosse de Hockey de Mann soit fausse, une série d'autres études, publiées depuis 1998 présentait des formes identiques, indiquant ainsi que la fin du XXième siècle était inhabituellement chaude. Le GIEC reprit aussi cet argument dans son rapport de 2007. Mais le deuxième Comité; présidé par le statisticien Edward Wegman, indiqua que les nouvelles études n'étaient pas indépendantes des premières. Elles étaient effectuées par le même petit cercle de chercheurs dont l'ordre était changé dans la liste des auteurs et qui réutilisaient, à chaque fois, les mêmes séries de marqueurs climatiques.

La plupart des marqueurs ne montrent rien d'inhabituel sur le XXème siècle. Mais deux séries de données sont réapparues plusieurs fois. Ce sont elles qui donnent la forme de la crosse de hockey. L'une venait de la série faussée des pins à cônes épineux que l'Académie des Sciences avait recommandé de ne pas utiliser et qu'il aurait fallu écarter. L'autre était une donnée dendrochronologique provenant de la péninsule deBriffa Yamal en Sibérie qui avait été compilée par le scientifiques UK, Keith Briffa (photo-ci-contre).

Briffa avait déjà publié un article en 1995 affirmant que la période médiévale, en fait, comprenait l'année la plus froide du millénaire (NDT.! ce qui est exactement contraire à nos connaissances historiques et aux mesures effectuées sur divers fossiles). Mais cette affirmation dépendait de seulement trois enregistrements d'arbres (bois de coeur) de l'Oural polaire. Plus tard, un de ses collègues, nommé F.H. Schweingruber se procura une série d'échantillons beaucoup plus étoffée provenant de la même région, mais ces derniers racontaient une toute autre histoire. En fait, la période médiévale était effectivement chaude et la fin du XXième siècle ne montrait rien d'exceptionnel. Briffa et Schweingruber ne publièrent jamais ces résultats mais, au contraire, éliminèrent en bloc toutes les données de l'Oural Polaire de leurs articles de reconstruction des températures..

Ils leur substituèrent une nouvelle série de données que Briffa avait obtenue à partir de données dendrochronologiques trouvées dans la proche péninsule de Yamal, lesquelles montraient une forme de crosse de hockey très prononcée, c'est à dire une variation presque nulle pendant environ 900 ans suivie d'une montée brutale pendant le XXième siècle. La série de Yamal était un mélange d'un nombre non précisé de bois de coeur d'arbres. De manière à apprécier les étapes impliquées dans l'obtention de la série de données, il aurait été indispensable d'obtenir les mesures des cernes des arbres individuelles. Mais Briffa ne communiqua pas ses données.

Pendant les 9 années qui suivirent, il parut, au moins, un article par an dans les journaux réputés qui utilisaient le jeu de données de Briffa pour obtenir un résultat en forme de crosse de Hockey (NDT : et encore tout récemment, dans l'article de Kaufman et al, (coauteur Briffa), publié dans Science du 4 sept 2009, "Recent Warming Reverses Long-Term Arctic Cooling", toujours avec la même crosse de hockey). Le GIEC se reposait sur ces publications pour défendre ses vues sur la crosse de hockey et comme ce dernier avait recruté Briffa comme auteur principal du GIEC pour ce sujet, il n'y avait aucune chance qu'il se pose des questions au sujet des donnée de Yamal.

Bien que ces articles aient paru dans les journaux réputés comme Nature ou Science, pas un seul des experts relecteurs ou des éditeurs ne demanda jamais à Briffa de communiquer ses données sur Yamal. Les requêtes insistantes de Steve McIntyre, leur demandant de révèler les données conformément à leur propre règle, restèrent lettre morte. (NDT: La déontologie des publications scientifiques exige pourtant que les sources et les données des articles publiés soient rendues accessibles à ceux qui les demandent. Ce comportement est étonnant, pour ne pas dire plus)

C'est alors qu'en 2008, Schweingruber et quelques collègues publièrent un article qui utilisait (une fois de plus) les séries de Yamal, dans un journal appelé "Philosophical Transactions of the Royal Society". (NDT : Journal anglais) Lequel obéit à des règles extrêmement strictes en ce qui concerne le partage des données. Steve (McIntyre) expédia sa requête habituelle pour obtenir les données et, cette fois-ci; un éditeur franchit le pas et ordonna aux auteurs de communiquer leurs données. Tout récemment, ces dernières apparurent sur Internet et Steve (McIntyre) parvint finalement à entreprendre l'analyse du jeu de données de Yamal.

Il apparut que de nombreux échantillons étaient prélevés sur les arbres morts (partiellement fossilisés) qui ne montraient aucune tendance particulière. La montée brutale de la fin du XXème siècle provenait des bois de coeur de 10 arbres vivants (en 1990) et de 5 arbres vivants (en 1995). D'après les règles standard en science, ceci constitue un échantillon beaucoup trop petit pour pouvoir en tirer une publication scientifique. Les portions relatives aux XVIIIème et XIXème siécles, par exemple, elles, relevaient de 30 arbres par année. Mais cette portion ne présentait aucune variation brutale. La seule portion qui le faisait était celle de la fin du XXème siècle pour laquelle le nombre d'échantillons tendait vers zéro. Une fois de plus, il apparaissait que la forme dramatique en crosse de hockey ne provenait que de la portion la moins fiable du jeu des échantillons.

Mais une découverte plus inquiétante fut bientôt révélée. Steve (McIntyre) rechercha dans les données paléoclimatiques archivées s'il existait d'autres données sur les bois de coeur des arbres de Yamal ou de régions proches qui pourraient être utilisées pour augmenter la taille de l'échantillon et le rendre significatif. Il trouva rapidement une grande quantité de 34 bases de données, mises à jour et prélevées sur des échantillons vivants à Yamal par Schweingruber en personne. Si ce dernier avait complété les données du petit échantillon du XXème siècle de Briffa, le résultat aurait tout simplement était plat. Il serait dès lors apparu comme totalement normal au sein du millénaire.

La combinaison de différents échantillons n'aurait pas été une opération inhabituelle. Briffa avait déjà complété ses données avec celles d'un autre site de Schweingruber situé dans la péninsule de Taimyr. Ces données supplémentaires avaient été collectées à plus de 400 km du site primaire. Et dans ce cas, le site primaire (NDT : celui de Yamal où Schweingruber avait prélevé ses échantillons supplémentaires) possédait trois ou quatre fois plus de bois de coeur pour travailler avec le site de Yamal. Pour quelle raison Briffa n'a-t-il pas complété sa collection de données avec celles qui étaient déjà disponibles et venaient de son propre coauteur ? Pourquoi Briffa a-t-il été chercher des échantillons sur le site déjà bien représenté de Taimyr plutôt que sur celui, sous-représenté, de Yamal ?

Ainsi l'élément décisif de ces études qui ont été utilisées pour soutenir la Crosse de Hockey, c'est à dire les échantillons de Briffa, dépend d'un sous-ensemble d'échantillons incroyablement limité et de l'exclusion de données immédiatement accessibles, obtenues sur la même zone.
Je ne sais pas ce qu'il se passe ici, mais ce n'est pas de la Science..."

Ross McKitrick, professeur à l'Université de Guelph (Ca). 01 Octobre 2009.

Il est inutile d'ajouter que cette histoire de mélèzes de la péninsule de Yamal a fait couler énormément d'encre ( plutôt de Méga octets) et donné lieu à une polémique virulente entre d'une part, les nombreux et acerbes critiques de la crosse de hockey et, d'autre part, le site RealClimate (fondé par Michael Mann lui-même) et Keith Briffa. Il n'en reste pas moins que certains graphiques parlent d'eux-mêmes. En voici quelques uns, parmi bien d'autres :yama1



Voici, ci-contre, une série de variations de températures (en ordonnées, unité arbitraires mais identiques sur tous les graphes) selon les cernes de différents arbres prélevés dans la zone de Yamal, pour une période allant de 1800 à 2000.

Comme on peut le constater, les résultats sont extrêmement différents d'une série d'échantillons à l'autre. En sélectionnant une série donnée, par exemple, YAD061 comme cela a été fait dans le cas du jeu de données de Briffa, il est très facile de prédéterminer la forme de la courbe finale en forme de crosse de Hockey.

Dans une telle situation, et quelques soient les (grandes) réserves que l'on peut éprouver à l'encontre de la dendrochronologie pour la mesure des températures (voir ci-dessous), la seule attitude scientifique raisonnable consiste à utiliser toutes les données disponibles en les pondérant en fonction de leur population. L'exclusion de certains jeux de données ne peut être effectuée qu'en s'appuyant sur des arguments solides et, bien évidemment, en communiquant ses données et les raisons pour lesquelles ces jeux ont été délaissés. Ce qui n'a pas été fait (pendant 9 ans.) et laisse peser un doute sur les motivations des auteurs de ces recherches ainsi que sur leurs résultats.

Sans compter que faire disparaître l'optimum médiéval et le petit âge glaciaire, très amplement documenté... éveille quelques soupçons. On se trouve pourtant dans l'hémisphère Nord.


Steve McIntyre est à l'origine de la découverte de ce qu'il considère comme un "problème de divergence". Ce qui est un euphémisme en la matière. Il nous donne le graphique suivant qui compare les résultats obtenus en utilisant les différents jeu de données disponibles. yamal4



Ce graphe couvre une période de 1000 ans , jusqu'en 2000. En ordonnées sont indiquées les anomalies de températures (normalisées pour les 3 graphiques).

Ci-contre, les données retenues par Briffa et al, lesquelles ont été utilisées par de nombreuses publications (du même groupe).

 

 

 

Ci-contre , les résultat des données beaucoup plus étoffées obtenues par Schweingruber en excluant celles retenues par Briffa et al.

Le XXième siècle ne montre rien d'exceptionnel.

 

 

Ci-contre, la totalité des données disponibles. On perçoit une légère montée des températures au XXième siècle dues aux échantillons de Briffa. Assez bizarrement, l'optimum médiéval n'est pas très visible non plus que le petit âge glaciaire.

Il n'est pas exceptionnel qu'en matière de dendrochronologie on rencontre ce problème de "divergence". Normalement les nombreux traitements numériques que l'on fait subir à ces données, en utilisant un certain nombre d'hypothèses plus ou moins assurées, permettent de s'affranchir de ce genre difficultés en ne conservant que les données significatives sur le plan statistique.

Note : La forme la plus élémentaire de la dendrochronologie consiste à estimer l'âge d'un arbre en comptant le nombre des cernes (les anneaux) depuis le coeur de l'arbre jusqu'à l'aubier. Une forme plus élaborée qui est utilisée pour estimer l'âge d'une vieille poutre, par exemple, consiste à comparer les séquences des cernes d'un tronçon de cette poutre avec des bases de données de sections d'arbres identiques et de même région et dont l'âge est déjà connu. En réalité, la séquence des cernes qui se construisent chaque année, au cours de la croissance de l'arbre, dépend de la température qui a régné à l'époque mais aussi du taux d'humidité qui a régné , de la fertilité des sols qui a pu varier au cours du temps, de l'environnement immédiat (ombre ou lumière) et du taux de CO2 présent dans l'air ambiant, ainsi que de l'âge de l'arbre (la croissance diminue avec le vieillissement). Sans compter sur l'effet d'auto-régulation de la croissance des arbres que l'on vient de découvrir et que j'ai exposé ici.
La simple mesure de l'épaisseur des anneaux ou des cernes des arbres doit donc être compensée par de nombreuses hypothèses et de savantes corrections. On assiste souvent à des "divergences" marquées entre des arbres prélevées dans la même région géographique comme nous l'avons vu ci-dessus. A titre d'exemple, il peut en être ainsi lorsqu'une une tempête survient qui déracine de nombreux arbres d'une forêt. Les arbres survivants connaîtront une croissance beaucoup plus rapide (cernes plus épais) que les arbres qui sont restés groupés. Un autre facteur important est relatif à la période de gel dans la région où sont prélevés les arbres. Ainsi, on estime que les pins à cônes épineux (ceux qui donnent la lame de la crosse de hockey de Mann) qui vivent sur le sommet des montagnes, à l'extrême limite du possible, ne croissent que pendant environ 10% du temps, ce qui en fait des indicateurs douteux. Pour le moins.

A noter que la dendrochronologie a été découverte en 1933 par A.E. Douglass. Ce dernier s'est, en particulier, intéressé aux séquoias géants. Il découvrit des corrélations remarquables entre les épaisseurs des anneaux de croissance des arbres et les cycles des éruptions solaires. Il en déduisit que les éruptions solaires affectent notablement le climat de la Terre comme cela est expliqué dans cette page.

De manière générale, on peut dire que, compte tenu des nombreux paramètres incertains qui président à la croissance des arbres, la dendrochronologie souffre (sans doute à juste titre) d'une image détériorée dans le petit monde de la paléoclimatologie... Il convient donc d'être très prudent quant à l'utilisation de ces résultats. Ce que le GIEC n'a pas fait. Bien au contraire..

 

Deuxième partie du bonnet d'âne d'Octobre 2009 : Les bourdes de l'ONU dans son dernier rapport sur le climat

Compte-tenu de ce qui vient d'être décrit ci-dessus, on aurait pu espérer que les autorités responsables du GIEC, c'est à dire l'ONU (via sa section UNEP), réalisent que la prudence est de mise en ce qui concerne les reconstructions du climat des temps passés et évitent de placer la courbe de Mann en exergue de leur rapport de 2009 comme il l'avaient d'ailleurs prudemment fait dans le rapport de 2007. Ce rapport de 2009 est rédigé à destination des négociateurs de la prochaine conférence de Copenhague qui va se tenir en décembre 2009 et qui, comme chacun sait, doit prolonger les accords de Kyoto qui arrivent à expiration. unep

hanno1

La couverture de ce rapport de l'ONU, intermédiaire entre ceux de 2007 et 2014 du GIEC, est représentée ci-contre, à droite.
Vous aurez accès à ce document officiel de l'
UNEP (United Nations Environmental Program) en cliquant sur l'image (76 pages, pdf, voir note du 11oct, en bas). Admirez la symbolique de l'image de couverture.

Entre autres lieux communs pour ceux qui connaissent les rapports successifs du GIEC, vous trouverez en haut et à droite de la page 5 de ce rapport, (ci-contre à gauche ) un graphique qui ressemble de très près à la fameuse "crosse de hockey" de Michael Mann, mais sur lequel les fluctuations propres à ce genre de mesures (comme à toute autre) ont été retirées.Sur ce graphique "à la Michael Mann" est superposé une courbe remise à l'échelle, de la croissance du CO2, de type classique pour ceux qui lisent les rapports du GIEC.

Ce graphique est mentionné, dans ce rapport, comme provenant d'un certain "Hanno 2009". Il est évoqué, dans le document en question, comme apportant une preuve évidente des assertions du GIEC sur l'influence du CO2 sur le climat.

Or, il se trouve que personne, dans la petite communauté des climatologues, ne connaît de chercheur qui porte ce nom et qui travaillerait dans ce domaine. Ceci n'a pas manqué d'attirer l'attention des nombreux sceptiques qui lisent avec beaucoup d'attention tout ce qui est publié par l'ONU, l'UNEP ou le GIEC. Comme chacun le sait et comme cela est gravé dans le marbre des règlements internes du GIECet de l'UNEP, ces derniers se vantent de ne tirer leurs sources que d'articles duement référencés et ayant subi, avec succès, l'épreuve du "peer review" c'est à dire de la relecture et approbation par les pairs.
Voici d'ailleurs ce que déclare le site de l'UNEP à ce sujet : " Le Résumé sur la Science du Changement climatique est une revue de quelques 400 contributions scientifiques essentielles pour notre compréhension des systèmes terrestres et du climat telles qu'elles ont été publiées à la suite du processus de revue par les pairs, depuis les trois dernières années, après la clôture des publications valides pour le Quatrième Rapport du GIEC (2007)."

Une enquête fut donc effectuée pour savoir d'où provenait cette courbe "décisive" et aussi, pour savoir qui était ce mystérieux "Hanno" inconnu jusqu'à présent.

On découvrit ainsi, très rapidement, que l'ONU (l'UNEP) avait tout simplement tiré sa courbe de Wikimédia. Un avatar de l'encyclopédie mondiale Wikipédia à laquelle tout un chacun peut contribuer et dont la qualité est très inégale, pour le moins. Comme on s'y attendait, la courbe figurant dans ce rapport officiel de l'ONU n'a jamais figuré dans aucun article revu par les pairs ni d'ailleurs dans aucune publication scientifique. A noter que le Wikipédia anglophone est "modéré" par un certain William Connoley (voir cet article du Monde Diplomatique à ce sujet) dont l'activisme climatique est renommé. L'enquète révéla que "Hanno", l'auteur du graphe utilisé par ce rapport officiel de l'ONU n'avait pas hésité à "concaténer" des données du Hadley Center avec celles de la crosse de hockey de Michael Mann, pour les températures... Une vraie caricature que Mann, lui-même, considère comme une hérésie. C'est dire.

sandvik

Mais qui est Hanno en réalité ? Il fut aisé de le retrouver. Il s'appelle Hanno Sandvik. Voici sa bio et sa photo ci-contre. Il est biologiste norvégien et il travaille sur les populations d'oiseaux. Entre autres, il est membre de la société écologiste " Les amis de la Terre". Il a reconnu avoir tracé ce dessin pour Wikimédia ou Wikipédia et était très étonné (et fier) de le retrouver dans un rapport officiel de l'ONU... A noter que Hanno Sandvik est aussi l'auteur d'une autre courbe qui utilise les résultats de Moberg cité ci-dessus et dans laquelle on retrouve l'optimum médiéva comme vous l'avez vul. Le biologiste historien, spécialiste des oiseaux et ami de la Terre, Hanno Sandvik n'en est visiblement pas à une contradiction près.

Devant le buzz (comme disent les internautes) considérable créé par cette histoire de courbe truquée figurant dans un rapport officiel et le scandale naissant, comment a réagi l'ONU ? hanno2

C'est tout simple : Quelques jours après cette découverte de lecteurs attentifs, l'ONU retira discrètement cette courbe caricaturale de son rapport en la remplaçant par une simple courbe de température issue du GISS de James Hansen. Inutile de préciser que la courbe en question qui est la plus alarmiste de toutes les données dont on dispose, s'arrête juste avant le début du fameux plateau où la décroissance des températures de 1998 à nos jours devient apparente...telle que vous pourrez la voir ici. C'est assez curieux pour un rapport de mise à jour de la fin 2009.

Voici donc la nouvelle page 5, ci-contre, que vous trouverez désormais si vous téléchargez le rapport officiel de l'ONU. Rien n'a été modifié sauf que la courbe de "Hanno" et sa légende ont disparu.

Et ce ne serait pas la seule bourde commise dans ce rapport plutôt étrange venant d'un organisme qui s'autoproclame comme la référence en la matière. Ainsi, une photo d'un iceberg manifestement prise en Antarctique est attribuée à l'Arctique ainsi que l'a montré un des lecteurs de WUWT...


Note du 11 oct : l'accès libre et gratuit à cette publication en .pdf se heurte maintenant à un
"site en construction". Sinon, il existe une version payante (20$), toujours sur le site de l'UNEP

Un lecteur me signale que la première version du rapport a disparu (janvier 2010)...Ce n'est pas trop étonnant.
A noter que l'UNEP est aussi le patron du United Nations Environmental Sabbath Service dont j'ai déjà évoqué les agissements ici. On comprend mieux leurs motivations qui justifient sans doute (à leurs yeux) quelques entorses faites à la science.
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Si vous avez eu la ténacité de lire intégralement ce billet vous comprendrez aisément que l'attribution des bonnets d'âne du mois d'Octobre 2009 n'est qu'une formalité. Ainsi, et au moins pour dissimulation de données scientifiques (pendant 9 ans) et sélection de données ad-hoc, se trouvent coiffés Keith Briffa et son collègue Schweingruber de superbes bonnets d'âne cerclés d'un couronne de rameaux de mélèzes agrémentée de quelques cônes de pins épineux des montagnes rocheuses (en l'honneur de Michael Mann)..

giecsunk

Un bonnet d'âne grand format de luxe, portant, en chef, un écusson représentant la courbe de Hanno, revient sans discussion aux membres de la division UNEP de l'ONU qui prennent les futurs conférenciers de Copenhague pour des imbéciles. Et ils seront nombreux ....les futurs conférenciers, à Copenhague en décembre prochain.

 

20 Septembre 2009 : La dernière livraison des 19 et 20 septembre du journal Libération nous propose une page de couverture affublée d'un grand titre " Réchauffement Climat d'Urgence" suivi d'un article de de 3 pages subtilement intitulé "Ainsi fond, fond, fond..." dont les textes alarmistes proclament que "L'arctique fond plus vite que prévu", que "Le changement climatique s'opère plus vite que prévu" etc.
Nous avons l'habitude... N'est-ce pas ? Mais est-ce bien vrai ?

Manque de chance pour l'auteur, les indicateurs officiels du climat nous disent exactement le contraire : depuis deux années consécutives, la surface glacée de la mer arctique a augmenté de près de 25%. L'antarctique, lui, non seulement ne fond pas mais se trouve bien au dessus de la moyenne. Cette année, il est encore très proche du record d'extension historique et a augmenté depuis l'année dernière.
Ce sont de bonnes nouvelles mais visiblement, le journaliste n'a que faire des courbes et des mesures. Le bonnet d'âne du mois de Septembre, fourré en poil d'ours blanc (dont la population se porte très bien, merci) lui revient donc de droit.
Comme à l'habitude, nous comparons ces affirmations ultra-alarmistes aux observations officielles, ici données par les satellites. Voici ce qui est affirmé:

" La banquise fond plus vite que prévu".

En cette mi-septembre qui marque le minimum de l'englacement de la mer Arctique, nous étions nombreux à nous étonner du relatif silence des médias alarmistes de la presse mondiale quant à la fonte des glaces polaires (le "canari dans la mine" du réchauffement climatique, disent-ils) et il vrai que la discrétion serait de mise..
Pourquoi ? Tout simplement parce que la mer arctique n'a pas fait ce que beaucoup attendaient d'elle : De fait, elle s'est renforcée par rapport à l'année précédente qui elle-même, marquait déjà une fonte moindre que celle qui la précédait.. au grand dam des tenants des modèles du GIEC et des alarmistes de toute obédience, bien sûr.

Tous les lecteurs assidus connaissent la page "indicateurs" de ce site qui rassemblent les données officielles actualisables sur les grands observables du climat (Souvenez vous qu'il faut cliquer sur les graphes pour les mettre à jour). C'est un page indispensable pour ceux qui veulent suivre sérieusement l'évolution du climat et s'affranchir des multiples bobards proférés par les journalistes et leurs émules, assez nombreux sur le WEB.

Entre autre, on y trouve le graphe suivant qui concerne l'évolution de la surface glacée de la mer arctique suivie, jour après jour, depuis plusieurs années consécutives, par les satellites japonais, dont le sérieux et la fiabilité sont incontestables. On peut aussi utiliser les données du NSIDC US, rapporté sur la page "indicateurs", mais les nombreux déboires de détecteurs, subis récemment par cet organisme, incitent à la prudence... jaxa1

 

En ordonnées, la surface de la glace présente en mer arctique en millions de km2.

Les données de l'année 2009 sont en rouge.


Celles des années précédentes sont en :

jaune : 2007

orange : 2008.

Ce graphe officiel montre que la courbe en rouge de cette année a amorcé sa remontée et se trouve proche de recouper celle de 2005, ce qui signifie que l'englacement a très probablement repris au pôle nord depuis déjà quelques jours, comme il le fait chaque année à cette même époque.

Voici un agrandissement de la zone du minimum réalisé le 15/09 par un lecteur du site Whattsupwiththat (prix du meilleur blog scientifique anglophone de l'année 2008 ).jaxa2

 

 

 

L'année 2009 est toujours en rouge, mais 2007 est en bleu clair et 2008 en vert. A noter, qu'au jour d'aujourd'hui, la courbe rouge a rejoint la courbe jaune de l'année 2005.

Comme on le voit du premier coup d'oeil, l'englacement de cette année, pendant la période où il est le plus faible (d'où la promenade en arctique de Ban Ki Moon, organisée tout récemment), est bien supérieur à ce qu'il était l'année dernière et, à fortiori, à ce qu'il était en 2007 qui semble avoir marqué un minimum historique. De fait, l'englacement de 2009 a rejoint ces jours-ci celui de l'année 2005.

Le gain en glace de la mer arctique est très loin d'être négligeable puisqu'il s'agit d'environ un million de km2, c'est à dire d'une augmentation d'un quart (24% exactement) de la surface par rapport à 2007. C'est plutôt voyant... et relativise les deux belles photos satellites issues de ce site, affichées par le journaliste de Libération qui a pris bien soin de comparer 2009 avec l'année (froide) 1980 qui achevait une époque où on craignait le retour d'un petit âge glaciaire sur notre belle planète.

A l'instar de Libé, nous utilisons la base de données des images satellites. Mais nous donnons les images qui montrent l'évolution récente de la glace arctique. Elles sont beaucoup mieux adaptées pour juger de la (non)pertinence d'un' "état d'urgence", proclamé par Libération arctic09:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On voit immédiatement que la banquise a effectivement beaucoup augmenté depuis 2007, comme elle l'avait déjà fait en 2008. Le code des couleurs indique également que la compacité de la glace est aussi bien supérieure en 2009 à ce qu'elle était en 2007. Autrement dit, il y a beaucoup plus de glace au pôle Nord cette année qu'il y a deux ans et aussi que l'année dernière.

Dans ces conditions, et sachant que les modèles du GIEC ont tous prévu une fonte accélérée et continue des glaces de la mer arctique, un observateur honnête et attentif dirait plutôt que " La banquise fond moins vite que prévu. Et de fait, elle se reconstitue." C'est à dire très exactement le contraire de ce que nous affirme le journaliste de Libération qui n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai dans ce domaine (voir le bonnet d'âne de Nov. 2008 sur le Kilimandjaro et cette lettre cosignée par ce journaliste).

S'agissant de glaces polaires et de banquises, un journaliste scientifique se serait également fait un devoir d'informer ses lecteurs sur l'état de l'autre pôle, le Pôle Sud,antar3 c'est à dire l'Antarctique.

Il ne l'a pas fait.

Je le fais pour lui :

Ce graphe officiel du NSIDC, mis à jour, montre l'augmentation de la surface glacée antarctique au cours de cet hiver austral. On voit que le maximum d'englacement est atteint vers la mi-septembre où nous nous trouvons en ce moment.

L'échelle verticale est toujours en millions de km2.

L'année 2009 est relative à la courbe bleue dont on voit immédiatement qu'elle se trouve bien au dessus de la moyenne 1979-2000 (courbe en noir) prise comme référence et aussi au dessus de celle de l'année dernière (courbe en pointillé).


Conclusion évidente : comme pour l'Arctique, la couverture de glace antarctique s'est étendue. Elle ne fond pas plus vite que prévu : Bien au contraire, elle s'étend.

Il est matériellement impossible de reprendre une à une toutes les allégations alarmistes du même tonneau qui sont assénées avec force épithètes catastrophistes dans le long article de Libération. Le journaliste en question s'appuie sur les déclarations d'un expert du LODYC de Paris 6 qui ne semble pas avoir lu les derniers articles parus dans la littérature scientifique sur ces sujets, non plus que les déclarations de quelques membres du gratin scientifique du GIEC qui ont été exprimées lors des derniers congrès internationaux sur le climat. Rappelons quelques exemples :

1) Au sujet de la fonte de l'arctique qui résulterait du réchauffement climatique anthropique, (selon Libération et son expert) plusieurs des plus éminents experts, se sont prononcés lors de la toute récente Troisième Conférence Mondiale sur le Climat WCC3 (patronnée par l'OMM et l'ONU, du 30 août au 4 septembre 09). Il aurait été pertinent et honnête d'évoquer cette conférence dans l'article de "fond" (ainsi fond, fond, fond...) de Libération. En particulier :

  • Vicky Pope, responsable des prévisions climatiques du Hadley Center, (UK), très influent au GIEC, a affirmé que " les pertes dramatiques de la glace Arctique résultaient, en partie, des cycles naturels plutôt que du réchauffement climatique du globe. Les rapports préliminaires suggèrent qu'il y a eu beaucoup moins de fonte cette année qu'au cours des années 2007 et 2008." selon le rapport d'un expert présent lors de la conférence qu'on ne peut guère soupçonner de scepticisme climatique. Bien au contraire.
  • Un des top modélisateurs du climat et des océans, Mojib Latif, éminent participant au GIEC, a déclaré que nous pourrions être proches d'entrer dans" "Une ou deux décennies de refroidissement climatique" et ceci à cause de la NAO (North Atlantic Oscillation) qui est rentrée en phase froide.
  • James Murphy, le responsable des prévisions climatiques au Met Office ( l'agence météo anglaise) a établi un lien entre la NAO (North Atlantic Oscillation) et la mousson en Indes, ainsi qu'avec les ouragans dans l'Atlantique et la mer glacée de l'Arctique. " Les océans sont un facteur décisif de la variabilité décennale" a-t-il déclaré."

2) Dans le corps de son oeuvre mémorable, le journaliste évoque l'accélération de la hausse du niveau des mers (qui, en réalité, a ralenti selon les indicateurs officiels ) et attribue ce dernier "a l'accélération de la marche des glaciers côtiers du Groenland".

Cette affirmation est carrément fausse. La fonte des glaciers du Groenland s'est considérablement ralentie depuis quelques années. Le journaliste et son expert devraient le savoir.

Ainsi, la récente réunion de l'AGU (American Geophysical Union) qui s'est tenue à San Francisco du 15 au 19 décembre 2008 a longuement disserté sur toutes les observations relatives à cette question et conclu en ces termes, exprimés par le glaciologue Tavi Murray de l'Université de Swansea (UK) :

"C'en est fini avec cette Apocalypse (Armaggedon) due aux glaciers du Groenland. C'est terminé."

Pour sa part, Richard Kerr de la revue Nature, a rappelé que "Quelques climatologues ont spéculé sur le fait que le réchauffement climatique pouvait avoir poussé le Groenland au delà du point de non-retour dans un régime effrayant de pertes de glace démesurées qui devaient conduire à une montée des eaux encore plus rapide ".. faisant allusion aux prédictions catastrophistes de hausse des mers de Rahmstorf et d'autres...

Lesquels devront trouver autre chose pour faire peur au grand public, tout comme d'ailleurs le journaliste de Libération et son expert du LODYC.

3) Un peu plus loin, en page 3 del'article de Libération, s'étale ce titre, écrit en gros caractères :

" Le changement climatique s'opère plus vite que prévu".

Tiens donc. Voilà qui est bizarre puisque nous venons justement de voir sur les indicateurs officiels et selon les déclarations de spécialistes du GIEC eux-mêmes, que la situation de l'arctique tout comme celle de l'antarctique, incitaient à l'optimisme.
Mais peut-être, n'avons nous pas considéré les bons indicateurs?
Alors, foin de la glace des deux pôles et regardons ce qu'il en est de l'évolution de la température moyenne du globe qui doit, sans aucun doute, s'emballer vers des sommets, puisque Libération et son expert l'affirment .

Voici donc le graphique officiel (à jour) de l'évolution des températures données par les quatre institutions chargées de ces mesures. A noter que sur ce graphique, les données HADCRUT et GISS ont été translatées en bloc pour tenir compte de l'année prise comme origine par rapport aux relevés satellites (UAH et RSS), ce qui, évidemment, ne change en rien les variations temporelles. wood1

 

 

Comme on le voit, la température du globe a connu son maximum en 1998, lors du grand El Niño, c'est à dire il y a onze ans. Depuis, elle ne monte plus.

Discerner une hausse des températures de 2002 à nos jours, relève d'une indispensable visite chez l'ophtalmologue.
De fait, tous les observateurs et même ceux du GIEC, reconnaissent que non seulement les températures n'ont pas monté depuis lors mais qu'elles sont plutôt à la baisse.

 

 

 

Bien entendu, vous ne trouverez pas dans les publications officielles du GIEC et de ses affidés, une superposition de ces courbes de température avec les prévisions des ordinateurs du GIEC. Ce serait plutôt gênant. Alors, d'autres l'ont fait à leur place. spp1

 

 

Comme celui-ci, parmi beaucoup d'autres qui obtiennent le même résultat.

Cette courbe s'arrête en Déc 2008 date à laquelle l'article a été publié.


Comme on peut l'observer les prévisions du GIEC, même réinitialisées à la mi-2002 (Evidemment, ils réinitialisent en permanence), s'écartent très sensiblement et se trouvent très au dessus des courbes de températures réellement observées.

Dès lors, comment peut-on affirmer hardiment que le "changement climatique s'opère plus vite que prévu " ? Ce ne serait pas plutôt l'inverse ?

En résumé :

  • Les glaces arctique et antarctique sont en expansion. L'arctique se reconstitue depuis 2 ans contrairement aux prévisions. l'Antarctique se trouve bien au dessus de la "normale".
  • La température du globe a atteint son maximum en 1998. Depuis, elle diminue.
  • La température de la couche superficielle des océans (allant de quelques centimètre à -700m) est en baisse depuis 2003. Le pseudo réchauffement des océans évoqué par Libération résulte d'une seule mesure satellitaire optique de la température de surface des océans. Il ne prend pas en compte la mesure des 3325 balises Argo qui constituent la seule mesure fiable du contenu thermique et de la température des océans (voit les travaux de Josh Willis, responsable des balises ARGO, ici et ici), lesquelles montrent clairement que les mers ne se réchauffent plus ou, même, se refroidissent.
  • La hausse du niveau des océans s'est ralentie, sinon arrêtée depuis 4 ans.. Voir le graphe officiel de mesures TOPEX et JASON.
  • Nous sommes entré en phase négative pour la PDO (Pacific decadal oscillation) et pour la NAO, comme l'a dit Mojib Latif au WCC3, ce qui laisse a prévoir un refroidissement de la planète pour les années à venir (toujours comme l'a dit Latif du GIEC).
  • Le soleil est étrangement inerte depuis une longue période, ce qui s'est produit lors de minima froids de Maunders et de Dalton. Brr...

Bref, il n'y a certainement pas de quoi alarmer le grand public avec les tendances actuelles. Bien au contraire, il y a de quoi le rassurer.
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Bien sûr, à Pensee-unique, nous ne sommes pas naïfs. Nous savons très bien que ce genre d'article catastrophiste basé sur des affirmations douteuses, procède d'une mise en condition généralisée de la population en vue des prochains (dés)accords de Copenhague qui devraient, en décembre, prolonger Kyoto avec des mesures réellement contraignantes de réduction des gaz à effets de serre. On observe aussi un redoublement de la campagne menée, dans le même sens, par WWF et Greenpeace, au point de devenir assourdissante. Il faut s'attendre à un déchaînement de cette propagande, sinon intox, jusqu'en décembre prochain.

Il n'est pas certain (et on peut même penser le contraire) que le résultat obtenu soit celui qui est attendu par ces prêcheurs de l'apocalypse. En effet, si on se réfère à deux pays de cultures proches de la notre qui sont eux-mêmes soumis à une propagande intense de la part de leur gouvernants, de leurs médias, des associations écologistes et du GIEC de l'ONU, on observe que le scepticisme climatique est en hausse.
Et ceci, aussi bien aux Etats-Unis qu'au Royaume-Uni. Quelques chiffres pour illustrer ce propos, tirés de sondages très récents :

Au Royaume Uni, un reportage de la BBC (très étonnant de sa part) et un rapport du Tyndall Center for Climate Research (page 132) selon ce site (billet du 10 sept). Voici les pourcentages des réponses positives faites en réponse aux affirmations mentionnées ci-dessous.

  • 40.2% - "Le changement climatique est trop complexe et incertain pour que les scientifiques parviennent à produire des prévisions utiles."
  • 32% - "Les affirmation que l'activité humaine modifie le climat sont exagérées".
  • 57% - "Les médias sont souvent trop alarmistes sur la question du changement climatique".
  • 43.9% (la proportion a doublé par rapport à il y a cinq ans) "De nombreux et éminents experts se posent encore la question de savoir si l'activité humaine contribue au changement climatique".

Voici le résultat édifiant d'une enquête très récente menée auprès du grand public par le très sérieux IPPR (Institute For Public Policy Research).... " L'IPPR a trouvé que les Britanniques sont :

  • Fatigués et lassés d'entendre parler du changement climatique bien qu'ils en soient peu informés.
  • Cyniques sur les motivations du Gouvernement qui pousse à des actions pour le climat en le percevant comme un moyen d'augmenter les taxes ou en étant hypocrite au vu de certaines décisions récente comme l'autorisation de la construction d'une troisième piste sur l'aérodrome d'Heathrow.
  • Remplis de doutes quant à l'efficacité de l'adoption de comportements économes en carbone alors que les autres peuples, industries et pays en émettent par ailleurs.
  • Ecoeurés d'être culpabilisés pour leur mode de vie actuel.
  • Dédaigneux des environnementalistes et des produits "verts" considérés comme arrogants et prétentieux.
  • Dégoûtés par le coût des options économes en carbone.

Aux Etats Unis, selon un sondage Rasmussen du 31 août (confirmé par Gallup)

"Alors que la plupart des sondés considèrent que le réchauffement climatique est un problème sérieux, 47% d'entre eux, disent maintenant que ce sont les tendances à long terme du système planétaire qui en sont la cause tandis que 36% disent que c'est l'activité humaine qui en est responsable. Sauf pour le mois de Juin où les deux opinions faisaient jeu égal, les sondés se sont éloignés de la responsabilité humaine depuis Janvier. "

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Visiblement, les médias alarmistes devraient penser sérieusement à revoir leur copie... Pour ma part, je me permettrai de donner un conseil amical au journaliste de Libération, heureux récipiendaire du bonnet d'âne (tant convoité) de ce mois de septembre : Celui de suivre, à la lettre, l'avertissement donné par l'éminent scientifique du GIEC, Mojib Latif à ses 1500 collègues, participant à la récente Conférence Mondiale sur le Climat (WCC3) :

" ..Nous devons nous poser les questions dérangeantes nous-mêmes, sinon d'autres le feront."

En effet.

 

28 Juillet 2009 : Ce matin, à 8h41 sur les ondes de France Info, Mr. Michel Rocard, Ambassadeur des Pôles et actuel Président de la rocard1Conférence d'Experts sur la Création de la Taxe Carbone, ou Contribution Climat-Energie, nous a expliqué les principes de l'effet de serre et du réchauffement climatique anthropique (RCA).

Tous les lecteurs de ce site, et de bien d'autres, savent qu'il s'agit là d'un sujet extrêmement délicat sur lequel se sont penchés de nombreux experts qui ont donné des explications variées et souvent divergentes sur le fonctionnement de l'effet de serre perturbé par l'activité humaine......( voir une liste de diverses explications ici arXiv:0707.1161v3, , pages 38 à 43). Une longue page de ce site lui a même été consacrée tant cette affaire fait encore débat dans la communauté scientifique.

Ainsi, une clarification définitive et qui ferait autorité sur ce sujet, s'imposait. La voici, sortant de la bouche même de Mr Michel Rocard, ex-premier Ministre, Ambassadeur des Pôles et Président de la CCE dont on peut penser qu'il doit être parfaitement informé compte tenu des lourdes responsabilités qui pèsent sur ses épaules quand il s'agit d'augmenter de quelques points la TIPP et de convaincre ses concitoyens de prendre leurs vélos pour aller travailler à 60 km de chez eux. Voici le début du texte de sa déclaration, mot pour mot :
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" Le principe c'est que... la terre est protégée de radiations excessives du soleil par l'effet de serre, c'est à dire une espèce de protection nuageuse, (euh)... enfin protection .....gazeuse, qui, dans l'atmosphère, est relativement opaque aux rayons du soleil et quand nous émettons du gaz carbonique ou du méthane ou du protoxyde d'azote -un truc qu'il y a dans les engrais agricoles-, on attaque ces gaz. On diminue la protection de l'effet de serre et la planète se transforme lentement en poêle à frire. Le résultat serait que les arrières petits enfants de nos arrières petits enfants ne pourront plus vivre. La vie s'éteindra à 7-8 générations, ce qui est complètement terrifiant.
Alors pour faire ça, il faut diminuer ce qu'on émet comme oxyde de carbone (sic.) et on a commencé à attaquer les grandes ....sources qui sont la production d'électricité et les productions comme les ciments etc..."
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A la lecture de ce petit texte, prononcé "staccato" dans le phrasé inimitable qu'on lui connaît, tous les lecteurs de ce site, (et même ceux de sites pseudo-scientifiques comme Futura-Sciences sur le climat), auront immédiatement réalisé que Mr Michel Rocard (ci-contre, crédits AFP) n'a strictement rien compris à l'effet de serre, popularisé par le GIEC et dont l'explication standard doit pourtant figurer dans l'introduction du livre de la célébre collection "L'effet de Serre pour les Nuls". rocard2

Avec tout le respect qui lui est dû, je me permets de faire remarquer à Mr Michel Rocard, ex-premier Ministre, Ambassadeur des Pôles et Président de la CCE, qu'il commet une bourde impardonnable en confondant la théorie de l'effet de serre avec celle de la destruction de la couche d'ozone qui était en vigueur dans les années 80-90 : Il s'agit de deux phénomènes totalement différents. Sans compter que l'Ambassadeur des Pôles semble aussi ignorer la distinction qui existe entre l'oxyde de carbone (CO, le tueur) et le dioxyde de carbone (CO2 que nous exhalons en respirant)...Un lapsus ?

Les gaz de l'atmosphère qui est composée, entre autres, de dioxyde de carbone et de vapeur d'eau, ne constituent pas une "protection" (à la différence de la couche d'ozone). Ils ne sont nullement "attaqués" par les gaz résultant de l'activité humaine tels que le dioxyde de carbone ou le méthane qui n'ont pas les propriétés des fameux CFC de nos bons vieux frigidaires vis à vis de l'ozone. Au contraire, ces gaz cohabitent harmonieusement et se mélangent intimement. Non seulement, l'activité humaine ne "diminue (pas) l'effet de serre" mais elle l'augmente (selon les thuriféraires du GIEC) etc... Bref, en fait de déclaration définitive faisant autorité, on peut trouver beaucoup mieux.
De plus,
Michel Rocard ne doit pas être un auditeur très attentif. Il avait pourtant assisté, en 1990 et en compagnie de Margaret Thatcher, à la Deuxième Conférence Mondiale sur le Climat où l'effet de serre avait été longuement expliqué...

Addendum du 29 Mars 2010 : Il y a trois jours, Michel Rocard était vraiment très fâché d'apprendre que la Taxe Carbone sur laquelle il avait planché avec tant de brio, se retrouvait repoussée aux frontières de l'Europe et donc aux callendes Grecques. Comme entre temps le doute ne l'a pas effleuré, Michel Rocard en a remis une couche en déclarant au journal le Monde : "On ne va tout de même pas laisser la planète devenir doucement une poêle à frire où la vie deviendra impossible. D’accord, c’est lent. C’est pour dans dix ou douze générations.[ NDR : 12 générations, c'est approximativement 400 ans. Rocard voit encore plus loin que le GIEC]. Mais c’est tellement difficile à éviter qu’il vaut mieux commencer tôt, par prudence. Dans une dizaine d’années, pour les gens qui prendront du retard dans le combat contre le climat, on parlera de crime contre l’humanité." (Le Monde).
A moins qu'on ne parle, plus modestement, de crime contre l'intelligence pour quelqu'un qui évoque la nécessité d'engager immédiatement "un combat contre le climat", ce qui n'est pas rien.
Je pense que la "poêle à frire" et le "combat contre le climat" de M. Rocard resteront dans les mémoires...

Il est vrai que l'exemple vient d'en haut...
Du Président lui-même.
Lequel a déclaré, verbatim, lors d'une confrontation avec les syndicats qui se plaignaient, entre autre, de la flambée des prix du pétrole, que les centrales EPR étaient la solution parce que " Chaque EPR qui remplace une centrale à charbon fait économiser 11 millions de tonnes de CO2. Hein, les émissions... là ... qui font le trou dans la couche d'ozone."... (source, minuteur 0:58) (merci au lecteur attentif qui m'a signalé cette perle).
D'aillleurs, notre Président, très sûr de lui sur ce coup-là, a froidement récidivé le 23 Septembre 09, à 20h, devant les caméras d'Antenne 2 lors d'un interview avec Pujadas et Ferrari, en affirmant que "Le carbone fait un trou dans la couche d'ozone!". Voici une autre version (authentique) placée sur DailyMotion par un lecteur de PU qui a de l'humour.
Mais, bien entendu, cela n'a fait tiquer personne, ni sur le plateau, ni lors des commentaires de presse du lendemain...
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Addendum du 29 Mars 2010 : Pour être honnête, il faut reconnaître que notre Président a fait de sérieux progrès lors de l'explication qu'il a donnée à la presse des inondations qui se sont produites lors de la tempête Xinthia du 27 février dernier. En effet, il a très correctement expliqué que les inondations résultaient, en réalité, de la conjonction de trois facteurs déterminants : Une dépression atmosphérique de grande ampleur qui a "aspiré" les eaux de plus de un mètre, des vents très forts et une marée de grande amplitude à son apogée. Même si l'explication correcte avait été donnée la veille par un chercheur du domaine, le topo avait être bien appris et bien compris. Bravo !
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Ceci étant, ne devrait-on pas exiger un niveau scientifique élémentaire pour ceux qui sont appelés à diriger notre pays ? De même pour les journalistes ? Le niveau du Bac S en physique et en chimie ne serait pas un luxe quand il s'agit de s'adresser à quelques millions d'auditeurs souvent beaucoup plus compétents qu'eux.

On se dit que ce ne serait pas un luxe quand on entend le célébrissime Jean-Marie Colombani, diplômé de Sciences Po et ancien directeur du Monde, affirmer lors d'un interview récent de Claude Allègre , qu' "En tout état de cause, lutter contre les émanations de CO2, c'est quand même meilleur pour la santé. (Allègre rectifie calmement, Colombani insiste, très sûr de lui)... Ah si, quand même. "(merci au lecteur avisé qui m'a signalé cette perle). Il semble que ce brillant journaliste ne sache pas que nous exhalons du CO2 en permanence au point que les salles de classe en sont très riches à la fin des cours et que celui-ci est indispensable à la croissance des végétaux. Peut-être confond-il, comme Rocard, le gaz carbonique (CO2) avec l'oxyde de carbone (CO le gaz toxique qui se dégage d'un poêle mal réglé) ? Colombani est sans doute une victime de l'intox médiatico-politique effreinée qui incrimine le CO2 comme un gaz toxique alors que celui-ci ne l'est nullement même à des concentrations infiniement supérieures à celles que nous connaissons. Les journalistes intoxiqués finissent par croire à leurs propres sornettes...C'est inquiétant et nous rappelle le célèbre mot de Mirabeau à propos de Robespierre, en 1789: "Cet homme ira loin. Il croit ce qu'il dit".
Et puisque l'on nous impose de passer un permis pour exercer la moindre de nos activités, pourquoi ne pas instaurer un examen de "Permis de Conduire le Char de l'Etat" ou un "Permis d'informer ses compatriotes" qui comporterait quelques questions scientifiques de base, juste avant les élections ou les nominations ? En espérant qu'il nous resterait des candidats...

Stupéfait devant tant d'ignorance sur ce qu'ils définissent pourtant eux-même comme "le grand défi de notre époque", je pense faire oeuvre utile en suggérant un texte alternatif qui bénéficierait de l'onction du GIEC et de ses affidés (mais pas de la mienne et de beaucoup d'autres), à l'ensemble de la classe politique ou médiatique française et tout particulièrement à Mr Michel Rocard, ex-premier Ministre, Ambassadeur des Pôles et Président de la CCE, en remplacement de sa déclaration surréaliste de ce matin sur Fance-Info.
Le voici. Je l'ai rédigé en conservant la forme et l'esprit de sa déclaration initiale (sans y adhérer). Il suffirait d'apprendre quatre lignes par coeur avant de se présenter à une émission de télé ou de radio pour conserver un minimum de crédibilité et conforter ses concitoyens dans l'idée que l'on sait de quoi on parle, avant de leur asséner un nouvel impôt.
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" Le principe c'est que... la terre est enveloppée d'une couche de gaz à effet de serre qui constitue une sorte de barrière ou de couverture vis à vis des rayons infrarouges émis par la planète réchauffée par les rayons du soleil. L'activité humaine qui rejette du dioxyde de carbone, du méthane et du protoxyde d'azote - un truc qu'il y a dans les engrais agricoles- augmente l'épaisseur de cette barrière infrarouge et empêche ainsi le refroidissement de la planète qui se transforme lentement en poêle à frire....etc.
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Alors, me direz vous, à qui revient le tant-convoité troisième bonnet d'âne du mois de Juillet 2009 ?

Pour être franc, compte tenu de son âge avancé ainsi que de quelques services rendus à la république, je répugne à l'attribuer à Michel Rocard qui, à sa décharge, a fait l'ENA, comme Colombani a fait Sciences Po. Rocard se voit donc attribuer le premier exemplaire d'une nouvelle catégorie de bonnets (pour lesquels les candidats sont légion) : le bonnet d'enâ, créé pour l'occasion, suivant la suggestion d'un lecteur avisé.
En revanche, je n'éprouve aucune réticence à attribuer une collection complète
de bonnets d'âne traditionnels aux conseillers "climat" de l'Elysée, de Matignon et du Ministère de l'Ecologie ainsi qu'aux membres de la commission d'experts de la CCE qui, auraient pu et dû expliquer à leur grand émissaire, deux ou trois petites choses avant de l'envoyer bafouiller lamentablement devant les médias... Si tant est qu'ils les aient comprises eux-mêmes.
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Mise à jour du 4 Janvier 2010 : Toujours dans la série " Nos politiques devraient s'informer (un minimum) avant de parler" sous peine d'être ridiculisés par le public qui en sait souvent beaucoup plus qu'eux, en voici une bien bonne qui m'a été signalée par un lecteur attentif que je remercie.

Il s'agit d'une Tribune parue dans les Echos du 18 décembre 2009 et dont le texte original se trouve sur le site de l'IREPP et sur celui du Gouvernement (www.stratégie.gouv.com). Ce texte mémorable est intitulé

Centre d’Analyse Stratégique
"Ne pas oublier les réfugiés climatiques" - Tribune de Nathalie Kosciusko-Morizet parue dans Les Echos le 18 décembre 2009nkm

 

Voici un extrait de la Tribune de NKM qui après avoir "fait Polytechnique" semble avoir oublié ce qu'on apprend en 6ème :

"Les effets ravageurs des excès de CO2 dans l'atmosphère sont déjà là : pas moins de 250 millions de femmes, d'hommes et d'enfants sont frappés chaque année par des tsunamis, des cyclones ou d'autres formes moins soudaines de catastrophes climatiques, notamment la montée des eaux ou la désertification de certaines régions."

Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet, ex secrétaire d'état à l'Environnement, nous affirme que les tsunamis résultent "des effets ravageurs des excès de CO2 dans l'atmosphère" et sont une "forme soudaine de catastrophe climatique".
Comme mes lecteurs le savent (depuis la 6ème), les tsunamis sont des raz de marée qui résultent de tremblements de terre ou d'éruptions sous-marines dues aux instabilités de la croûte terrestre, voire de la chute de météorites ou d'explosions sous-marines. Ils n'ont strictement rien à voir avec le gaz carbonique atmosphérique et ils ne sont absolument pas des catastrophes climatiques. Je sais bien qu
'Evelyne Dhéliat l'avait déjà affirmé à la télé (sur TF, bien sûr) mais NKM, tout de même ...
Vous me direz qu'elle reste cohérente avec Michel Barnier, notre ancien Ministre des Affaires Etrangères qui, lui, nous affirmait, lors d'un de ses voyages en Chine que les tremblements de terre étaient une conséquence du réchauffement climatique...

Quant à Rachida Dati, notre ex-garde des sceaux, elle nous certifie que pour ce qui est du sommet de Copenhague "l'objectif est de faire diminuer de 2° la température au niveau du monde". Bigre.

Décidément, nos hommes et femmes politiques font vraiment très fort...

 

24 Juillet 2009 : Intox : Le deuxième bonnet d'âne ( avec palmes aquatiques) du mois de Juillet revient, sans contestation possible, à france51. funafuti

Cette chaîne TV du service public français, peinte (officiellement) en vert caca d'oie, plutôt destinée aux jeunes, le mérite amplement pour l'ensemble de son oeuvre. Elle avait déjà bénéficié de cette récompense très convoitée, au mois d'août 2008 pour la diffusion d'une l'émission de Morad Aït Habbouche intitulé "Sale temps pour la planète" ainsi que du film du même tonneau de Mark Lynas (UK) passé le dimanche 17 août 2008 sur la même chaîne. Il s'agit donc d'une récidive caractérisée, plutôt mal vue par les temps qui courent.

Outre la fait que cette chaîne, dite d"information" nous assène, depuis sa création, (et parfois plusieurs fois par jour), les présentations vidéos les plus alarmistes (et infondées comme celle qui est primée ici), France 5 nous a infligé le 21 Juillet 2009 un plaidoyer vidéo larmoyant et sentencieux, réalisé en 2007, sur la peur panique qu'éprouveraient des malheureux habitants des îles Tuvalu qui, nous dit-on, auraient commencé à fuir en masse leurs atolls menacés d'engloutissement (selon des "experts"). Tout cela, bien entendu à cause du réchauffement changement climatique (anthropique, cela va de soi).

telerama

Voici, ci-contre, l'annonce de cette rediffusion de la série "Paradis en sursis" de France 5, telle qu'elle est parue sur le magazine Télé-Cable.
Le commentateur de ce magazine qui ne rate jamais une occasion d'en rajouter, nous affirme que "le choix judicieux des interviews révèle avec émotion la détresse d'une nation".

Le ton du narrateur de cette vidéo apocalyptique que vous retrouverez ici (si le coeur vous en dit) ne laisse aucune place à l'espoir. Les phrases sont courtes, hachées, prononcées d'un ton monocorde et définitif et ponctuées de silences pesants riches de sous-entendus dramatiques ...
Bref, à l'en croire, c'est la panique chez les habitants de Tuvalu. Tous veulent fuir leur atoll que l'océan a pris d'assaut ...Certains sont déjà partis...
Il faut avouer que les 9 îles de Tuvalu nous semblent bien fragiles, perdues au milieu de l'océan Pacifique sud, avec une largeur maximale qui n'excède pas quelques 400 mètres et une altitude qui culmine à quelques dizaines de centimètres...La population de l'îlot capitale, Funafuti (voir la photo ci-dessus) n'excède pas 4000 habitants.

Raison de plus pour en faire, comme les ours de l'arctique, un sujet d'élection pour les journalistes avides de scoops et désireux de créer la panique, tout comme le Professeur Richard Moyle de l'Université d'Auckland, qui avait annoncé l'engloutissement définitif de l'îlot Mortlock, dès le printemps 2001 (admirez la précision.) ...à cause du réchauffement climatique, bien entendu.
Les années ont passé. L'îlot Mortlock est toujours fidèle au poste, les habitants aussi et le professeur (de musique) Richard Moyle a bien gagné sa place au bêtisier.

Forte de ces précédents et n'ayant qu'une confiance modérée dans les affirmations proférées par les médias et tout particulièrement par les chaînes de télévision telles que France 5, Pensee-unique.fr a voulu mener sa propre enquète. Sur des bases scientifiques, bien entendu.

Il n'a pas fallu chercher très longtemps pour trouver dans la littérature scientifique un article sérieux et tout récent qui traite très exactement de la question évoquée dans cette émission de France 5, c'est à dire de l'état d'esprit des habitants de Tuvalu et leur comportement face à ce que les pays riches de l'Ouest appellent volontiers "la crise climatique ". Cette publication est parue, en début 2009, dans une revue renommée créée récemment par l'Université d'East Anglia (Mike Hulme). Cette revue appelée 'Global Environmental Change", comme son nom l'indique, ne fait pas dans la dentelle en matière d'alarmisme environnemental et de ses dérivés. A titre d'exemple, elle peut s'enorgueillir d'avoir publié, en 2008, l'article des bons docteurs Murtaugh et Schlax (Titulaires du bonnet d'âne de mars 2009) qui préconisent une réduction drastique des naissances pour sauver la planète... au profit des derniers vieillards survivants.

Voici le fac-similé de la moitié de la première page de cet article que je montre ici pour ne pas être accusé, par des malveillants, de détournement de texte :

tuvalu1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici la traduction, aussi fidèle que possible, du résumé (ci-dessus) de cet article de Colette Mortreux et Jon Barnett qui sont tous deux chercheurs au Département de Gestion des Ressources et de Géographie de l'Université de Melbourne en Australie. Le titre de l'article est : "Changement climatique, émigration et adaptation à Funatuti, Tuvalu."

"Cet article montre dans quelle mesure la population de Funafuti -l'île principale de Tuvalu- a l'intention d'émigrer en réponse au changement climatique. Il présente des éléments de preuve collectés à Funafuti qui contredisent la croyance largement répandue (NDT : notamment par France 5) que le changement climatique est, sera, ou devrait être la cause d'une émigration à grande échelle de Tuvalu. Cet article montre que pour la plupart des gens, le réchauffement climatique n'est pas un sujet de préoccupation, et encore moins une raison pour émigrer et que les émigrants potentiels ne citent pas le changement climatique comme une des raisons pour partir. La population de Funafuti souhaite continuer à vivre à Funafuti pour des raisons de style de vie, de culture et d'identité. Les inquiétudes au sujet des impacts du changement climatique ne constituent pas actuellement une motivation déterminante pour émigrer de Funafuti. Elles n'apparaissent pas avoir une influence significative sur ceux qui pensent à émigrer dans le futur. "

Soit, assez précisément, le contraire de ce que nous affirment les "journalistes" de France 5. Lesquels ont, en effet, certainement bien choisi leurs interviews ... pour contribuer à répandre "une croyance largement répandue"... mais totalement fausse.

On peut être surpris par la sagesse et le calme des habitants de Funafuti (Tuvalu) qui est assez étonnante compte tenu de la fragilité de leur situation. A mon humble avis, comme on dit sur la toile, ils échappent, fort heureusement, aux émissions de France 5 (ils sont anglophones).
Ils doivent plutôt se tenir au courant des résultats des mesures du niveau de l'océan Pacifique effectuées par les grands organismes qui s'intéressent aux niveaux des mers, tels que l'Université du Colorado qui publie régulièrement les données sur les océans Pacifique, Atlantique et Indien. Voici un graphique ( couvrant la période Déc. 1992 à Mars 2009) montrant le niveau de l'océan pacifique qui entoure Tuvalu, tracé à partir des données de l'UC (source).. (lien du graphique). pacific

Que nous dit ce graphique ?

Essentiellement, que le niveau de l'océan Pacifique est monté de seulement 3 cm depuis 17 ans et que cette hausse du niveau s'est arrêtée depuis 2004.

On discerne même, sur ce graphique, une petite tendance à la baisse amorcée en 2005 et qui se poursuit jusqu'à nos jours.

Je doute franchement qu'une hausse aussi imperceptible que +3cm en 17 ans et la stagnation du niveau depuis 2004 soit propre à déclencher "la détresse d'une nation" comme nous l'affirme le gratte-papier, visiblement ému, de Télé-Cable et les journalistes de France 5.

Voir l'article récent du Prof. Cliff Ollier de l'Université Western Australia au sujet de la stabilisation du niveau du Pacifique Sud-Ouest (pdf disponible ici)

Note : Si vous utilisez les données de la page " les grands indicateurs du climat" vous observerez que la hausse du niveau global (c'est à dire moyennée sur les trois océans) s'est ralentie depuis 2005 mais que l'inflexion n'est pas aussi marquée que celle que l'on observe dans le cas de l'océan Pacifique. Ceci provient du fait que l'océan Indien, lui, a continué à monter pendant cette dernière période peut-être à cause de fortes pluies dans cette région.

Si vous voulez l'avis d'un expert reconnu (Niels Axel Mörner qui a passé sa vie à mesurer le niveau des océans ) sur la (non) montée des eaux autour de Tuvalu et d'autres points névralgiques (pour les médias), allez lire ce billet.

Et encore une fois, merci et félicitations à France 5 pour ce deuxième bonnet d'âne avec palmes (aquatiques). A quand le troisième ?

 

3 Juillet 2009 : L'intox.
Ce billet est très largement inspiré par celui du climatologue renommé de l'Université du Colorado, le Professeur
Roger Pielke Sr., bien connu des lecteurs de ce site (source). Roger Pielke n'attribue pas de bonnet d'âne (qui est un animal plutôt intelligent et bien vu aux Etats-Unis) mais, au vu de son indignation, il l'aurait certainement fait, s'il était de chez nous...

Roger Pielke s'est ému (c'est le moins que l'on puisse dire) des déclarations récentes (21 Juin 2009) affichées sur le site alarmiste "de référence" anglophone, RealClimate qui rapportait sur les conclusions de la dernière réunion qui s'est tenu récemment à Copenhague et qui rassemblait le gratin de l'alarmisme scientifique mondial.

Le billet de Roger Pielke Sr. est intitulé "Désinformation par le site RealClimate". Ce qui n'est certainement pas anodin quand on connaît le style mesuré et typiquement "scientifique" du très modéré professeur de l'Université du Colorado. trois

 

Je vous rappelle que le site RealClimate a été fondé par Michael Mann (le célèbre auteur de la "Crosse de Hockey ") assisté de Gavin Schmidt (le bras droit de James Hansen au Goddart Institute de la NASA et responsable des mesures de température GISTEMP qui ont défrayé la chronique et lui ont valu le bonnet d'âne de Nov 2008). Parmi les auteurs les plus actifs sur ce site, on se souvient de Ray Pierrehumbert qui s'est rendu célèbre (entre autres) en décernant le titre de "chevalier de la terre plate" au directeur de l'IPGP et académicien de surcroît, Vincent Courtillot.

Voici ce qu'a écrit RealClimate :

"Alors qu'est ce que ça dit ? Nos lecteurs habituels ne seront certainement pas surpris par ces découvertes de la science climatique physique (NDT qu'est-ce donc que cela ?) dont la plupart ont déjà été discutées sur ce site. Certains aspects du changement climatique progressent plus vite que ce que nous attendions il y a peu d'années. Il en est ainsi de la hausse du niveau des mers, de l'augmentation de la chaleur stockée dans les océans et de la diminution de la mer glacée arctique. L'estimation mise à jour de la montée future des océans du globe est à peu près le double des estimations du rapport du GIEC de 2007." dit le nouveau rapport. Et il attire l 'attention sur le fait que tout réchauffement sera virtuellement irréversible pour au moins un millier d'années à cause du long temps de résidence du CO2 dans l'atmosphère."

Tous ceux d'entre vous qui lisez pensee-unique (.fr ou .eu) et qui êtes informés de la situation exacte grâce aux "grands indicateurs" du climat ont de quoi être étonnés, sinon révoltés. Tout comme l'a visiblement été Roger Pielke Sr. qui connaît évidemment toutes ses données sur le bout des doigts.
Je me contente de traduire son billet (source) ci-dessous. Il se suffit à lui-même.

1. "Hausse du niveau des mers"

FAUX :   par exemple, voir l'analyse de l'Université du Colorado (Boulder) sur l'évolution du niveau des mers.  

Le niveau des mers stagne depuis 2006.

2.  “L'augmentation de la chaleur stockée dans les océans ”

FAUX : voir (NDT : Pielke renvoie ici à une analyse détaillée sur son site que j'avais reprise dans ce billet)

Il n'y a eu aucune réchauffement significatif des océans depuis 2003.

3. "Mer de glace Arctique en diminution"

FAUX : voir les anomalies de la mer de glace de l'hémisphère Nord sur le site de l'Université de l'Illinois (cryosphere today)

En réalité, depuis 2008, les anomalies ont décru."

Et le Professeur R. Pielke Sr. de conclure :
"Ces indicateurs du climat pourraient repartir à la hausse en suivant les prédictions des modèles. Cependant, en attendant et tant qu'ils ne le font pas, les auteurs du Rapport de Synthèse du Congrès de Copenhague et l'auteur du site RealClimate donnent un compte rendu fallacieux de la réalité du fonctionnement du climat.
Les Médias et les politiques qui acceptent aveuglément ces affirmations sont, soit naïfs, soit attachés à déformer la science pour promouvoir leur position partisane." (NDT : soulignement de R.Pielke) "serpent

 

Pensee-unique (.fr ou .eu) se voit donc contraint d'attribuer, une fois encore, toute une série de bonnets d'âne (cette fois-ci, en peau de serpent à la langue fourchue) du mois de Juin aux auteurs du Rapport de Copenhague, aux auteurs du site RealClimate et aux médias et politiques qui sont, "soit naïfs, soit attachés à déformer la science pour promouvoir leur position partisane".

Parce qu'ils le valent bien.

 

12 Mai 2009 : Dans l'interminable série des tentatives avortées de hardi(e)s explorateur(trice)s écolos tels Lewis Pugh, Ann Curry, Ann Bancroft, Liv Arnesen, Adrian Flanagan, l'équipe de la chaîne MSNBC, (sans parler de l'équipe Catlin qui mesure difficilement à pieds, pendant de longs mois ce que d'autres mesurent facilement en quelques minutes en avion).... qui cherchaient à nous démontrer les effets du fameux réchauffement climatique...et parmi bien d'autres, voici les trois sympathiques et heureux récipiendaires du bonnet d'âne (en ciré jaune de marin et avec palmes compte tenu de la situation) du mois de mai 2009.
Cette fois encore, il s'agit de trois "navigateurs" anglais. surcoufspink

De gauche à droite :

Richard Spink : physiothérapeute
Raoul Surcouf : malgré son nom prédestiné est paysagiste
Ben Goddart : Skipper

Ces trois jeunes sportifs, aussi enthousiastes qu'inexpérimentés, ont mis sur pied une association appelée " Expéditions Neutres en Carbone". L'idée de leur projet et de l'expédition dont je vais vous parler n'est rien d'autre que de démontrer que l'on peut parcourir la planète sans dépenser de carbone. Il va sans dire que le carbone qui a servi à la confection de leur nourriture, de leurs vêtements, de leur voilier et des autres équipements est passé sous-silence "car trop difficile à calculer" comme ils l'avouent eux-mêmes sur leur site. Parmi les objectifs de leur expédition, et outre la démonstration de la faisabilité de leur projet, figure l'inévitable profession de foi : "Augmenter la prise de conscience au changement climatique de plus de 25000 écoliers dans des écoles partenaires au Royaume Uni et à Jersey"... Il va sans dire que les trois participants assurent leurs éventuels sponsors (mais je n'en ai pas vu...) que leur expertise en matière de communication auprès des médias est sans équivalent.

Le projet de nos trois jeunes carbo-phobiques ne manquait pas d'envergure. Il s'agissait de rien moins que de partir du port de plaisance de fleur2parcours Plymouth, dans la sud de l'angleterre, à bord d'un petit voilier de plaisance, joliment baptisé "fleur", (image ci-contre) en direction du Groenland. Une fois parvenu au port de Nuuk sur la côte Ouest du Groenland, les trois membres de l'expédition devaient chausser leurs skis pour traverser la pointe du continent d'Ouest en Est pour parvenir jusqu'au sommet qui pointe à 2800 m sur la côte Est du Groenland. En tout, un trajet estimé à près de 1000 km.

Afin de complaire avec l'idée maîtresse de l'association CNE (Carbon Neutral Expedition), le voilier était équipé de nombreuses plaques de panneaux solaires ainsi que d'une éolienne destinés à assurer l'autosuffisance en énergie durant tout le voyage..

Le voyage sans carbone : Suite et fin...

"Fleur" a quitté le port de Mount Batten Marina (Plymouth) le 17 avril et fait route vers le Nord-Ouest à petite vitesse et dans des conditions météo assez moyennes.

Au cours des 8 jours suivants, la météo a continué à se dégrader avec des vents fraichissants jusqu'à environ 100 km/heure, ce qui n'est guère étonnant à cette époque de l'année et dans cette région, non plus qu'exceptionnel en haute mer.
Le petit voilier, manifestement mal préparé à ce genre d'aléa, subit de graves dommages avec, notamment, l'arrachage de l'éolienne et des panneaux solaires. le Skipper reçoit un violent coup sur la tête. "Fleur" chavire par trois fois...Les vagues envahissent le pont du voilier. Les explorateurs se réfugient dans le carré, seul praticable. Panique à bord.

Craignant pour leur survie et au vu de l'état lamentable et irrécupérable de leur embarcation, nos trois hardis explorateurs carbo-phobiques se décident à émettre un SOS, le 1er Mai, soit deux semaines après leur départ de Plymouth. Ils se trouvent alors à 644 km à l'ouest de la côte de l'Irlande.
Comme il est d'usage dans la marine, le SOS est relayé jusqu'au navire le plus proche de l'incident, lequel est dépêché, aussi rapidement que possible, vers le lieu du naufrage.

L'ironie du destin a voulu que le navire dérouté pour venir au secours des membres de l"expédition sans carbone" soit l'un des plus gros pétroliers, chargé de quelques 113.000 tonnes de brut qui faisait route vers les Etats Unis.. C'est donc en grimpant sur des échelles de cordes lancés du pont du "Overseas Yellowstone" que Spink et Surcouf furent accueillis à bord du pétrolier. La malheureux skipper Goddart, sans doute largement éprouvé par sa blessure à la tête, fit une chute depuis l'échelle et se retrouva dans l'eau glacée avec quelques côtes cassées supplémentaires (pense-t-on) (source) fleurrepeche

 

Photos : A gauche, le skipper Goddart est récupéré avec un filin lancé depuis le pétrolier géant.

A droite, le petit voilier "fleur" en perdition, dépouillé de sa voilure et de ses équipements, bord à bord avec les pétrolier géant. Le sauvetage a eu lieu par un vent de 67km/h.

Dans son rapport final, Spink, écrit que " L'équipe est maintenant en sécurité, de manière assez ironique, à bord du pétrolier Overseas Yellostone. Le capitaine du pétrolier et son équiage sont des hôtes merveilleux. Nous arriverons à Portaland dans le Maine aux USA vers la fin de la semaine prochaine.."

Ce physiothérapeuthe anglais possède quand même un certain sens de l'auto-dérision, typiquement anglais. Néanmoins et pour ce que qui est de l 'objectif '"expédition sans carbone", on peut s'interroger : Détourner un tanker de quelques 200.000 tonnes de sa route auquel s'ajoute le voyage de retour des Etats Unis, sans doute en avion ...Comme empreinte carbone, ce n'est pas très fort.

Pour ma part, et comme dans les nombreuses autres tentatives avortées du même genre cités plus-haut, je pense que tout cela relève surtout d'une grande naïveté et d'une grande méconnaissance des éléments naturels. Compte tenu de nos moyens actuels, s'aventurer dans ces mers glacées et difficiles, sur une coque de noix et se faire surprendre par une grosse météo, relève de l'inconscience pure et simple. Malheureusement certains "sauveteurs de la planète" oublient que cette dernière n'est pas aussi gentille ni fragile qu'on le dit. Au contraire, elle est parfois d'une violence inouïe. Des générations de nos semblables ont payé un lourd tribut à l'apprentissage de la prudence et à la connaissance des éléments. Ils ont aussi appris que l'énergie issue du carbone est parfois vitale quand il s'agit de se tirer de situations difficiles, comme, par exemple, les membres de l'équipe Catlin qui vont être extraits (par avion) en fin de semaine des glaces arctiques, à quelques 500km du but fixé...

La presse anglophone n'a pas manqué de rapporter honêtement sur cette "épopée", jusques et y compris le Guardian, très friand de ce genre de récit. (lien, lien). Avec un zest d'ironie, bien sûr. Je n'ai encore rien vu ni entendu sur ce sujet dans les médias francophones "de référence".

Je me demande quelles conclusions les 25000 écoliers anglais qui ont été invité à suivre cette aventure, tireront, de ce lamentable épisode, eux qui devaient être "sensibilisés au réchauffement climatique".
Qui sait ?
Un peu de bon sens, peut-être ? Dans cet océan d'hystérie collective, ce serait une excellente retombée..

 

17 avril 2009 : Vous vous souvenez peut-être des deux médecins australiens ( Egger D. et Walters B. N. J.) qui, il y a tout juste un an, bebe2avaient été les heureux bénéficiaires du bonnet d'âne (avec palmes) du mois de mars 2008 (voir ici). Ces derniers avaient proposé de prélever une taxe carbone spécialisée lors de la naissance de chaque bébé ... Tout cela, bien entendu, était expliqué avec force arguments chiffrés à l'appui, dans des revues spécialisées et revues par les pairs...

Je l'ignorais à l'époque, mais on pouvait faire mieux dans ce domaine. Et même beaucoup mieux ... Deux scientifiques de l'Université de l'Oregon (Corvallis) n'ont pas laissé passer l'occasion de laisser une trace indélébile dans cette triste histoire.

C'est dans un article de la nouvelle revue " Global environnemental change" dont le titre dit tout, du 31 décembre 2008, intitulé " La reproduction et l'héritage carbone des humains" que Paul A. Murtaugh* et Michael G. Schlax, se basant sur un lot impressionnant de statistiques sur "l'empreinte carbone" sont arrivé à une conclusion qui fleure bon le malthusianisme le plus débridé voire les assertions ébouriffantes du Club de Rome qui concluait doctement que "Dès lors, le véritable ennemi, c'est l'humanité elle-même", ou, encore celles du Commandant J-Y Cousteau qui affirmait que "pour stabiliser la population mondiale nous devons éliminer 350.000 personnes par jour" (réf ici).

En bref et selon les auteurs (un océanologue (PM) et un statisticien (GS)) de l'article en question, les calculs montrent que la limitation autoritaire des naissances en retirant un enfant par couple géniteur est susceptible d'être 20 fois plus efficace que toutes les autres mesures proposées pour influencer leur style de vie.

Vous verrez ci-dessous que s'abstenir de procréer est infiniment plus efficace pour "sauver la planète". C'est que pensent les auteurs de cet article qui méritent, haut la main, le bonnet d'âne du mois d'avril 2009, en fourrure de hérisson de jardin.
Sauver la planète ? peut-être. Mais à quel prix ?

Voici le résumé de l'article en question (qui n'est hélas pas disponible sur Internet sans abonnement) : .

"On a porté une grande attention aux conséquences de l'utilisation de l'énergie pour les voyages, la nourriture, les usages ménagers et d'autres activités routinières, sur les émissions de dioxyde de carbone et, par conséquent, sur leurs contributions au réchauffement climatique. Cependant, les choix des individus en matière de reproduction sont rarement incorporés dans le calcul de leur empreinte écologique.
Dans cet article, nous donnons une estimation des émissions supplémentaires de CO2 fossile qu'une personne moyenne provoque quand il ou elle, choisit d'avoir des enfants.
La somme des émissions des descendants d'une seule personne, calculée en tenant compte de leurs liens de parenté, peut, de beaucoup, dépasser les émissions produit par le géniteur pendant toute sa vie. Dans les conditions actuelles aux USA, par exemple, chaque enfant ajoute environ 9441 tonnes de CO2 à l'empreinte carbone d'une seule femme, ce qui représente 5,7 fois ses propres émissions pendant toute son existence. Ainsi, les choix en matière de reproduction des individus doit-il être inclus, en plus de leurs activités usuelles, pour déterminer la totalité de l'impact d'une personne sur l'environnement global."

Ceci est tout à fait dans la ligne de pensée des innombrables "spécialistes de l'empreinte carbone" qui est devenu un métier florissant et ...lucratif. Les deux auteurs de l'article en question, outre quelques calculs de statistique élémentaire, proposent quelques tableaux destinés à nous informer. Le premier de ces tableaux (ci-contre) est la "table 1" de leur publication.

Pays
Nombre d'enfants/femme
durée de vie première génération années ajoutées par enfant
Chine 1.73 74.9 341
Indes 2.81 63.8 161
USA 2.05 80.2 470
Indonésie 2.18 68.6 244
Brésil 2.25 74.8 373
Pakistan 3.52 63.4 268
Bangladesh 2.83 62.8 201
Russie 1.34 72.9 212
Nigéria 5.32 48.8 136
Japon 1.27 85.6 211
Mexique 2.21 76.3 332

Les auteurs donnent la "fertilité" (nombre d'enfants par femme) des ressortissantes des pays les plus peuplés de notre planète. Il va sans dire que ces chiffres sont actualisés et tout ce qu'il y a de plus officiels.

Notons en passant que l'Europe n'y figure pas. On sait que la fertilité (appelé aussi "indice conjoncturel de fécondité" voir définition ) moyenne en Europe est très basse : 1,5 enfant/femme. La France tient la tête avec2 enfants devant l'Irlande (1,9) La Slovaquie et la Pologne n'ont que 1,24 et 1,27 enfants par femme. L'Allemagne qui s'en inquiète beaucoup, n'a un taux de fertilité de 1,3 à 1,4 (source).

Contrairement à ce pensent beaucoup, les taux de fertilité de la plupart de des pays les plus peuplés sont assez souvent proches ou inférieurs à 2 (qui sont indispensables pour assurer la survie d'une population) et ne sont vraiment élevés qu'au Nigéria où, en revanche, la durée de vie n'est que de 48,8 années et au Pakistan (3,52) où la durée de vie n'est que de 63,4 années. Vous remarquerez que la contribution des années ajoutées par un nouveau né est plutôt plus faible dans les pays à forte fertilité (sauf peut-être au Pakistan) (tableau des ICF ou fertilités selon l'INSEE ici)

La deuxième colonne indique la durée de vie moyenne des femmes dans ces différents pays.

La troisième colonne indique le nombre d'années (d'activité polluante, donc, selon les auteurs) virtuellement ajoutées à la durée de vie d'une femme lorsqu'elle donne naissance à un enfant. Ces chiffres impressionnants sont destinés à vous inciter à y réfléchir à deux fois, lorsque vous entreprenez de fonder une famille...

Le deuxième tableau (table 3 de l'article), froidement publié dans l'article de Paul A. Murtaugh et Michael G. Schlax, établit une comparaison chiffrée entre les gains réalisés par des actes de la vie courante dignes d'un "citoyen écologiquement responsable" et la décision de ne pas procréer...

Action Tonnes de CO2 économisées
Diminuer l'émission de sa voiture de 20 à 30 mile/par g (de co2)
148
Réduire la distance parcourue par semaine de 231 à 155 miles
147
Remplacer les fenêtres simple vitrage par fenêtres isolantes
121
Remplacer 10 ampoules 75W par 10 ampoules fluorescentes 25W
36
Remplacer son vieux frigo par un modèle économiseur d'énergie
19
Recycler les journaux, les verres, les plastiques et les bouteilles en alu
17
   
Réduire le nombre de ses enfants de UNE unité :  
Scénario à émission constante
9441
Scénario optimiste
562
Scénario pessimiste
12730

Ce tableau montre l'énorme différence entre le gain réalisé avec des actions aussi bénignes que le remplacement de 10 ampoules de 75W par des lampes fluorescentes (à mercure), ou encore, le recyclage de vieux journaux et boites de coca-cola et le choix de ne pas avoir UN enfant supplémentaire.

La lecture de cette comparaison (qu'il fallait oser présenter), est évidente :

Par exemple, si vous ne procréez pas, vous économisez à la planète l'équivalent du remplacement de 10x 9441/ 36 = 2622 ampoules ordinaires par des ampoules fluorescentes (au mercure)...ça vaut le coup, non ?

 

Les auteurs sont visiblement inconscients de l'énormité qui consiste à comparer une décision aussi fondamentale pour l'équilibre de la société et de la famille que d'avoir des enfants, à de simples opérations de recyclage ou de remplacement de matériel obsolète (changer son vieux frigo et ses ampoules, trier ses déchets etc..). Craignant sans doute de "démobiliser" l'opinion, ils ajoutent que " Ceci ne veut pas dire que les petites actions de tous les jours ne sont pas importantes, puisque des réductions immédiates des émissions sont indispensables...etc.".

Sales gosses

Hostile aux politiques natalistes, Yves Cochet, député Vert, évalue les nuisances provoquées par les enfants nés en Europe. Chaque mouflet aurait "un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New-York". Pourquoi ne pas envisager une taxe carbone sur le gaz carbonique rejeté dans l'atmosphère par chaque être humain de la naissance à la mort ?

Cet article, publié dans une revue anglaise scientifique (patronnée par l'Université d'East Anglia) ("Global Environnemental Change") qui en a sorti d'autres du même tonneau, relève d'un état d'esprit résolument malthusien, très répandu mais que l'on taisait autrefois. Il fait maintenant ouvertement recette dans les propos des écologistes patentés, jusques et y compris dans les partis verts officiels de différents pays. Ainsi, voici une copie d'une brève relevée dans le journal Marianne du 11-17 avril 2009 (page 10). A noter, en passant, qu'on en connaît beaucoup qui font plus d'avion durant leur existence que les 620 trajets Paris-New-York et qui ont déjà quatre enfants, comme l'Ex-VP Al Gore, entre autres.

Rassure-toi, Marianne. Ils y ont déjà pensé à taxer les nouveaux nés. (bonnet d'âne du mois de mars 2008)

En Angleterre, John Porrit qui exerce la fonction de président de la Commission de Développement Durable du Gouvernement UK, a déclaré, dans l'esprit de cet article, qu'il envisage la limitation des naissances à 2 enfants par couple (source). Il déclare "Je suis inflexible pour demander aux gens de prendre conscience de leur responsabilité par rapport à leur empreinte environnementale et aussi comment ils décident de procréer et combien d'enfants pensent-ils nécessaires pour eux."
A noter que la Grande Bretagne (et son grand nombre d'immigrés) n'a qu'un taux de fertilité de 1,8 au lieu des 2 nécessaires.

Quelques remarques chiffrées sur les conséquences de l'application des recommandations des bons docteurs Murtaugh et Schlax :

Comme tout le monde le sait, et sauf à pratiquer la parthénogénèse, il faut être 2 pour faire un enfant. Il est non moins évident que les couples géniteurs d'un pays doivent avoir, en moyenne, deux enfants (plus exactement près de 2,1 pour tenir compte des pertes et beaucoup plus dans les pays pauvres à cause de mortalité enfantine très élevée ) pour que la population de ce pays reste étale c'est à dire se maintienne à son niveau.

Pays
Nombre d'enfants/femme -1
Chine 0,73
Inde 1,81
USA 1,05
Indonésie 1,18
Brésil 1,25
Pakistan 2,52
Bangladesh 1,83
Russie 0,34
Nigéria 4,32
Japon 0,27
Mexique 1,21
Europe 0,5

Ainsi et si vous considérez les fertilités des femmes des pays les plus peuplés rassemblées dans la table 1 de l'article, vous constatez immédiatement que l'application de la recette des bons docteurs Murtaugh et Schlax fera que tous les pays qui ont une fertilité actuelle inférieure à 3, seront en voie de dépopulation puis de disparition.

Réduire d'une seule unité le nombre des enfants de tous les couples des pays cités ci-dessus, conduit à une fertilité donnée par les chiffres du tableau ci-joint (auxquels j'ai rajouté l'Europe). Ainsi, et pour l'Europe qui se trouve actuellement avec une fertilité de 1,5 et donc en voie de dépopulation, sa fertilité tomberait à 0,5 enfant par couple. Il en va de même pour tous les autres pays à l'exception du Pakistan et du Nigéria dont les populations croissent mais sont limitée par une mortalité enfantine très importante.

Au bout d'une cinquantaine d'années, le taux des actifs en Europe serait bien inférieur à 1/4. 100 ans après, on se demande qui nourrirait les habitants survivants. Le calcul des survivants n'est pas évident car les géniteurs perdurent quelque temps après la procréation mais la prévision globale à long terme est assez évidente : la disparition quasi complète de l'humanité...

Vous ne me croyez pas ?
Dans l'état actuel des choses, les statisticiens estiment qu'avec un taux de fertilité actuel de 1,3 à 1,4, les allemands qui ne sont pas les plus mal lotis, devraient avoir pratiquement disparu dans 3 ou 400 ans. La disparition des Japonais qui ont un taux de fertilité de 1,27, est encore plus proche...

Et tout ceci sans la potion magique des bons docteurs Murtaugh et Schlax. La solution préconisée par les allemands consiste en une immigration active et contrôlée (et l'on sait que les immigrés adoptent les taux de fertilité des pays accueillants) ainsi qu'une aide accrue à la famille...Beaucoup de pays européens songent à faire de même, exactement à l'opposé ce que préconise Yves Cochet. A noter qu'en France, la contribution des immigrés aux naissances n'est que de 1/5ème à 1/6ème du total, contrairement à ce que beaucoup s'imaginent. vieux3
Et ce ne sont pas les pays en voie de développement comme le Nigéria qui sauveraient la survie de l'espèce parce que la pauvreté va de pair avec une forte mortalité infantile, tout comme le progrès et la richesse vont de pair avec une natalité spontanément contrôlée... ce qui constitue une énorme pierre dans le jardin des prédictions de Malthus qui n'avait certainement pas prévu ce facteur essentiel.

Souvenez vous que l'ONU (la puissance tutélaire du GIEC) avait prévu, en1980, une population de 15 milliards d'habitant sur la terre en 2050. Il y a quelques années, au vu des chiffres réels, l'ONU a revue sa copie à la baisse en prédisant 9 milliards d'êtres humains en 2050. Toujours au vu de l'évolution à la baisse des chiffres de la natalité (qui suit le progrès), on peut douter que nous atteingnions jamais ce chiffre.

J'ai du mal à croire que les bons docteurs Murtaugh et Schlax, n'aient pas envisagé les conséquences inéluctables qu'entrainerait une application rigoureuse de leur recommandations. La diminution des émissions anthropiques du CO2 ne résulterait absolument pas du retrait des quelques 9441 tonnes de CO2/enfant, mais plutôt et de loin, de la disparition progressive de l'activité et de l'espèce humaine sur notre planète. Pour des gens qui se piquent de défendre la biodiversité sur la terre, leur recette fait froid dans le dos. Il semble que pour ces chercheurs qui ont "perdu le Nord" (comme dit Serge Galam), l'Homme ne fait plus partie de la biodiversité au même titre que les vers de terre et les ours blancs.

Ils pensent sans doute que "Dès lors, le véritable ennemi, c'est l'humanité elle-même" comme écrivait le Club de Rome.
La fourrure en poils de hérisson (de l'espèce non protégée et avec piquants à l'intérieur) de leur bonnet d'âne est bien méritée.

*A noter que ce travail de P. Murtaugh a été financé par la NASA avec le contrat 1206715 géré par le JPL (Jet Propulsion Laboratory) de cette même institution. C'est un peu étrange de la part d'institutions apolitiques chargées de l'aéronautique et de l'espace. Non ?

13 avril 2009 : Comme suite à une demande insistante de nombreux lecteurs de ce site, je ne peux laisser passer, sans réagir, la collection ahurissante d'âneries répandues dans les médias au sujet de la situation actuelle des glaces aux deux pôles, Nord et Sud.
A l'origine de ce déferlement de contre-vérités copiées-collées dans les quotidiens et les hebdomadaires ou ânonnées à la radio, se trouve, une fois encore, l'agence de presse AFP (l'inventrice,entre autres, des célèbres rayons cosmétiques). C'est donc à l' afp (lien) que revient, une fois de plus et sans conteste, le bonnet d'âne ultra-fourré du mois de Mars 2009. Les innombrables journaux qui ont reproduit in-extenso cette dépêche ultra-alarmiste se voient attribuer des accessit encore que nombre d'entre eux aient déjà été récompensés dans ces colonnes, comme le "journal de référence", cela va de soi.

Ce bonnet d'âne en fourrure, d'un type spécial, est basé sur un modèle très élégant, cher à Ann Daniels (photo ci-contre) qui arpente en ce moment même, au prix de mille tourments et par des températures subpolaires (et inattendues, disent-ils), le pôle Nord de la planète, au sein de l'équipe Catlin dont je vous parlerai d'ici daniels4peu de temps.
Le voici, ci-contre. Cette photo est accompagnée du texte : "Une journée très dure"..... En effet.
Cette photo a été prise à quelques 700 km du pôle Nord, il y a moins de dix jours. Vous remarquerez qu'à la différence des bonnets d'âne courants, les oreilles sont cachées pour les protéger du froid intense (-40°C, windchill -70°C.) qui règne actuellement en arctique. Ces explorateurs ont d'ailleurs déclaré que ce froid était "stupide". (sic)

La dépêche de l'AFP titrée : " Les glaces arctiques de plus en plus fragilisées selon des climatologues " commence par la phrase suivante :

"Les glaces arctiques sont de plus en plus fragilisées par le réchauffement climatique, avertissent des climatologues américains, selon lesquels l'épaisseur de la banquise et son étendue en hiver sont les plus faibles depuis les premières mesures satellitaires en 1979".

L'Arctique en avril 2009 ?

Voyons cela (Tous les lecteurs de ce site savent que l'on peut retrouver certains des graphiques officiels suivants, et beaucoup d'autres, dans cette page)

1) L'extension de la banquise (la mer arctique cette année), d'après Jean-Louis Santini de l'AFP, artcavr09serait "la plus faible depuis les premières mesures satellitaires en 1979"

Comme on le voit immédiatement (courbe en bleu actualisée au 12 avril du NSIDC), il n'en est rien. S'il est exact que l'année 2007 a connu un minimum d'extension, il est clair qu'en cet hiver 2009, la banquise se porte beaucoup mieux. Sans préjuger de l'avenir, on observe que le trait bleu semble plutôt se rapprocher de la moyenne 1979-2000 qui sert de référence. Si on est raisonnable et non alarmiste, on a donc envie de dire que la situation s'améliore. A la même époque, en 2007, il y avait près de 700000 km carrés de glace en moins. Et nous sommes actuellement à quelques 300.000 km carrés de la moyenne de référence. (1979-2000)

Le texte de l'AFP est donc carrément mensonger. L'extension de la glace arctique n'est pas, et de loin, la plus faible depuis les premières mesures satellitaires en 1979. Une consultation rapide des autres observatoires (NORSEX et IARC-JAXA) confirment et même amplifient (dans le bon sens, pour les mesures japonaises) ces observations.

 

2) L'épaisseur de la banquise serait la plus faible depuis les mesures satellitaires en 1979, d'après l'AFP. Un peu plus loin, dans son opus, J-L Santini donne des indications selon lesquelles l'épaisseur de glace serait presque partout inférieure à 2,74m...

Notons en passant qu'il est très difficile (sinon impossible) de mesurer directement l'épaisseur de la glace avec des satellites (sauf en mesurant la masse globale par des mesures gravimétriques). Les mesures satellites donnent seulement une indication sur l'existence de différentes couches de glaces déposées chaque année, ce qui peut permettre d'avancer une estimation de l'épaisseur mais sans réelle précision). Nous nous référerons aux outils les plus appropriés qui sont les bouées balises implantées au pôle Nord par la marine américaine (sans doute pour les sous marins). Les données des mesures des bouées sont sur ce site. Les emplacements de ces bouées opérationnelles sont indiquées sur cette carte. Les diagrammes détaillées sont reportés sur ce site. (h/t A. Watts) bouees


Ces bouées portent les noms suivant 2008B, 2008C, 2008D, 2006C etc. mais mesurent bien l'épaisseur de la glace en avril de cette année 2009 (sauf 2008D). Assez malheureusement, les bouées situées les plus au Nord et donc dans une zone où la glace est de moindre épaisseur, soient ont cessé d'émettre depuis quelque temps, soit ne donne que des données fragmentaires. Nous ne pouvons donc nous fier qu'aux mesures transmises par les bouées situées au nord du Groenland ou la glace est généralement plus épaisse. On fait avec ce que l'on a.

Voici, en bref, le résultat des mesures qui figurent sur le site cité ci-dessus. Les variations indiquées sont relatives à la situation actuelle par rapport à celle de l'année dernière, à la même époque.

Bouée 2008B : augmentation de l'épaisseur de plus de 50cm depuis l'automne. Epaisseur : plus de 3 m.

Bouée 2008C : augmentation de l'épaisseur identique à 2008B et épaisseur proche de 4m.

Bouée 2008D : non actualisée depuis février mais montre une épaisseur de 3,5m.

Bouée 2007J : augmentation de plus de 50cm et épaisseur de près de 4m.

Bouée 2006C : augmentation de près d'un mètre et épaisseur de plus de 3m.

La mesure de l'épaisseur s'effectue avec des jauges de température disposées tout le long du support de la bouée. L'épaisseur de la glace est atteinte quand la température atteint -2°C qui est la point de congélation de l'eau de mer. Vous avez d'autres résultats de mesures directes ici et ici. Elles confirment les mesures précédentes. Pour ceux qui sont intéressés voici, à titre d'exemple, le graphe représentant les séries des bouees2températures relevées sur la bouée 2006C.

En ordonnées, la profondeur mesurée en cm à partir de la surface. En abscisse la température des différentes sondes disposées le long de l'axe de la bouée, immergé verticalement

On voit que pour chacune des séries de mesure, la température de la glace croit en partant de la surface et à mesure qu'on se rapproche de l'eau sous-jacente. En effet, la température de l'air sur l'arctique est bien inférieure à celle de l'eau sous jacente qui est de -2°C environ. Comme on le voit sur ce graphique, l'épaisseur de la glace est mesurée à partir de la surface jusqu'au point ou la température devient constante et égale à -2°C.

La courbe en gros points rouges est la courbe du 7 avril 2009. Celle en petits carrés rouges est du 6 avril 2008. Ce graphique montre que la glace est plus épaisse cette année, d'environ 70 cm.

Autrement dit, la totalité des bouées (disponibles) de mesure montrent que l'épaisseur de la glace a augmenté et non diminué depuis un an. Il faut cependant rester prudent avec ce genre d'affirmations car les bouées (qui ne peuvent être attachées) sont entraînées par la dérive générale des glaces de l'artique (voir un petit film ici qui montre la magnifique" centrifugeuse" arctique qui, en 2007, a expulsé les parties englacées vers les mers plus chaudes où elles ont pû fondre entraînant une disparition d'une partie de la glace).

D'autre part et enfin, l'équipe Catlin ( citée ci-dessus) et qui a effectué des mesures directes radars ou (et) forages dans la banquise, a trouvé que l'épaisseur de la banquise fluctuait entre 1,15 et 3;75m (admirez la précision.) sur une distance parcourue de quelques 200km en direction du pôle (voir la carte du trajet ici). Alors et compte tenu de ces observations on peut se demander comment le reporter de l'AFP peut-il affirmer que "l'épaisseur de la glace est presque partout inférieure à 2,74 m" (admirez encore la précision)...Presque partout ? Nous avons de la chance d'avoir trouvé les endroits où ce n'est pas le cas...
Et la suite de l'article est du même tonneau : Alarmisme infondé, mais supposé "payant", "étayé" par des déclarations d"experts" non identifiés... le tout rédigé à la va vite.

Comment est-il possible qu'une agence renommée comme l'AFP en arrive à proférer des affirmations en totale contradiction avec les faits observés ? vont se demander les lecteurs attentifs...

On peut, bien entendu, comme dans le cas des "rayons cosmétiques", imaginer que ces dépêches sont rédigées sur un coin de table par des journalistes incompétents, plus ou moins activistes et peu attentifs. Certes...
Cependant et sans exclure cette possibilité, je pense plutôt que ce journaliste est atteint du syndrome "Gotchaux" (voir ici) qui nous racontait sur France Info, en février 2008, au cours d'un hiver particulièrement glacial pour une grande partie de la planète, que les rennes lapons souffraient de la chaleur... alors qu'un froid intense régnait en Laponie.
Il s'agissait visiblement d'un commentaire plus ou moins recyclé de l'année dernière ou des années précédentes. Une lecture attentive de cette dépêche de l'AFP montre qu'il en est probablement de même pour celle-ci...au mépris de toute évidence scientifique, bien entendu. Les gogos et les journalistes de la presse mainstream n'y voient que du feu. Et bien sûr, Les politiques avalent, sans lever un sourcil, tout ce qui est publié dans le Monde...

Comme de bien entendu, le "journaliste" de l'AFP ne pouvait laisser passer la "crise" de la plaque Wilkin de l'antarctique qui revient chaque année au printemps, comme les hirondelles dans les soupentes de nos étables. Il est vrai qu'il fallait faire vite car le regel des glaces au pôle sud est déjà bien amorcé. Ils sont même un peu en retard. Dans la même dépêche, Santini déclare qu" Aux antipodes, des observations par satellite de l'Agence spatiale européenne (ESA) dévoilées le 3 avril indiquent que le pan de glace "Wilkin" d'une superficie équivalente à la Jamaïque est en passe de se détacher du continent antarctique."

Tiens ? Il disaient exactement la même chose, il y a précisément un an (voir ici) .
Alors, une fois encore, quelle est la situation de l'antarctique en ce début avril 2009 ?
Les lecteurs intéressés par la situation exacte de l'arctique et des raisons qui déterminent son évolution peuvent aller visiter le site de l'International Arctic Research Center (Univ Alaska)

L'Antarctique en avril 2009 ?

Vous trouverez, bien sûr, toutes les données officielles et actualisées sur l'état actuel de l'antarctique en ce mois d'avril 2009 sur la page "indicateurs". dont celle-ci produite par le NSIDC américain (Université du Colorado) qui centralise les données sur les pôles. antaravr09

 

Comme vous le savez, l'année 2008 a battu tous les records (de l'ère des satellites) (ici en tiretés noirs) d'extension pour la glace antarctique. La courbe en trait continu noir représente l'étendue moyenne de la glace antarctique entre les années 1979 et 2000. C'est ce que l'on appelle "la normale".


Comme vous le constatez, (courbe en bleu) la surface de la mer glacée antarctique est constamment restée au dessus de la normale en ce début d'année 2009, sauf peut-être en février où elle se trouvait très proche de celle-ci. Quoiqu'il en soit, en cette mi avril 2009, la surface actuelle excède d'environ 1 million de km2, la surface normale qui est d'environ 6,8 millions de km2 à cette époque de l'année... Et elle se rapproche peu à peu de la surface atteinte lors du record de l'année dernière.

 

 

antarcavr09

Le NSIDC nous fournit aussi un graphique rétrospectif (ci-contre) de l'évolution de l'extension de la glace de l'hémisphère Sud au cours des 38 dernières années. Comme on le voit, depuis près de 40 ans (au moins) la surface de la banquise antarctique augmente continuement.

Il faut savoir que la totalité des variations saisonnières que l'on voit apparaître sur ces graphiques, proviennent de l'apparition et de la disparition des glaces des marges océaniques. C'est donc bien la surface de la banquise qui est représentée sur ces graphes (sea ice extent). Cette surface reflète en général la température des mers environnantes (la température de la mer profonde antarctique est à la baisse comme je vous l'ai indiqué dans cette page).
Bien entendu, et malgré ces graphiques très parlants, certains vous diront que tout cela est conforme aux théories du GIEC parce que plus de chaleur signifie aussi plus d'humidité et donc plus de neige. Malheureusement pour eux, la surface qui augmente sur cs graphiques est celle de la banquise et non point celle de l'intérieur du continent arctique. Ce n'est pas la neige qui fabrique l'essentiel (à l'exception des zones d'écoulement des glaciers) des glaces côtières mais le froid du vent et de la mer sous-jacente. Leur argument ne tient pas.

Mais, dans ces conditions, qu'en est-il de la zone de déchargement des glaciers tels que la fameuse zone Wilkin qui tient en haleine les lecteurs de la presse à grand tirage qui, bien entendu, n'évoque jamais l'augmentation énorme des glaces antarctiques ? volcano

La réponse est toute simple : La Wilkin's Ice shelf dont je vous redonne l'image ci-contre, est une petite langue de glace marquée mais non visible sur cette photo. Elle se trouve sur la bordure de la péninsule Ouest du continent antarctique, qui se trouve être un région riche en volcans (voir cette page) située dans le prolongement de la cordillère des andes américaines qui va jusqu'à l'Erebus (au sein du continent antarctique). C'est dans cette langue de terre tourmentée que se trouvent l'essentiel des glaciers de l'antarctique qui s'écoulent naturellement dans la mer en se débarrassant, sous forme d'énormes blocs de glaces, des neiges accumulées sur les sommets.

Pour expliquer ceci, je ne peux faire mieux que de citer les recommandations de Syun Ichi Akasofu alors directeur et fondateur du Centre de Recherche International de l'Arctique :

" Exiger des mass médias qu'ils cessent d'utiliser des films montrant de gros blocs de glace s'écroulant à l'extrémité des glaciers ainsi que les débâcles au printemps, comme des soi-disant preuves de l'effet de serre anthropique. (Les glaciers sont en fait, des "rivières de glace" dont l'écroulement est naturel et la débâcle au printemps normale; Tous ces événements se répètent ainsi depuis les temps géologiques)" (NDT: ne pas oublier qu'Akasofu fait allusion aux glaciers de l'hémisphère Nord dont la débâcle se fait au printemps et en été).

Autrement dit, le "Wilkin's Ice shelf ", si cher au médias et à l'AFP (voir la même alerte en mars 2008 ici), finira tôt au tard par s'effondrer dans la mer où son sort dépendra des courants marins. Il est fort possible qu'il se morcelle ou se rattache à la banquise présente dans cette région ou encore dérive quelque temps pour se rattacher en un autre point du continent. C'est le sort subi par toutes les sorties d'écoulement des glaciers depuis la nuit des temps. Si cet écoulement ne se produisait pas, les montagnes atteindraient des hauteurs inimaginables, en stockant la neige qui tombe chaque année depuis la nuit des temps et qui ne font jamais. C'est une évidence : il faut bien que cette accumulation de glace provenant de la neige gelée, empilée chaque année, s'évacue de temps en temps. Compte tenu de la nature physique de la glace, cela ne peut se faire que par morcellements successifs en (parfois) de très gros morceaux. Tout dépend de la structure géologique du milieu.

L'ensemble de la "plaque" de mer glacée Wilkin couvre quelques 15000 km2. Cela paraît énorme mais ne représente guère que 1,5% de la masse de glace gagnée par l'antarctique sur la mer environnante en ce mois d'avril 2009. Pourquoi dès lors, les journalistes de l'AFP (et les autres) oublient-ils toujours d'évoquer les 98,5% gagnés et ne parlent-ils, toujours et chaque année, que des 1,5% (pas encore) perdus ? Il faudrait leur offrir une calculette.

J'avais écrit un texte assez proche de celui-ci en mars de l'année dernière (ici) au sujet de cette fameuse plaque Wilkin. Faudra-t-il que je recommence en 2010 ? Hélas oui, sans doute... On peut seulement espérer que le médias se seront un peu calmés après la prochaine réunion de Copenhague en décembre 2009, laquelle doit nous concocter un Kyoyo2. D'ici là, il faut faire chauffer les rotatives, y compris en reprennant intégralement les articles et les photos de l'année précédente... En voici un exemple frappant trouvé ici (où il y en a d'autres)
Pris la main dans le sac, les journalistes du Guardian UK et de l'Observer...!

copie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22 Fév 2009 : Le tour de passe-passe, style bonneteau*, pour présenter les températures : Une quantité impressionnante de bonnets d'âne du mois de Février 2009 est attribuée aux nombreux artistes spécialisés dans la présentation orientée des données scientifiques destinées au grand public et aux décideurs.

Les bénéficiaires de cette récompense très convoitée sont la quasi totalité des journalistes environnementalistes de nos grands médias et les représentants des organismes officiels comme l'OMM ( WMO en anglais, L'Organisation Météorologique Mondiale de l'ONU, tutelle et cofondatrice du GIEC). Ces derniers, dont certains ont déjà été primés dans cette colonne, comme l'OMM (voir ici par exemple), se reconnaîtront aisément. De quoi s'agit-il ?

Il s'agit de la présentation très astucieuse des résultats des mesures de la température moyenne qu'a connu notre planète durant l'année 2008 et de son évolution depuis quelques années. Comme vous l'imaginez, les résultats de ces mesures de température risquent d'influencer, "dans le mauvais sens"les opinions publiques ainsi que celle des décideurs. Et visiblement, la présentation chronologique habituelle et naturelle de l'évolution de températures de ces dernières années, n'arrange pas les affaires de certains. Il fallait éviter cela, comme nous allons le voir...

metoffice1

1) La présentation naturelle : Tout d'abord, voici une courbe officielle et authentique de l'évolution des températures de 1850 à 2008, publiée récemment par le Hadley Center anglais (source) . Je rappelle que le Hadley Center est un des deux piliers du GIEC en matière de mesure de températures. Le graphe ci-contre qui porte l'estampille du Met Office, l'équivalent de Météo-France, provient des mesures HadCRUT3 élaborées avec les très puissants ordinateurs du Hadley. Les courbes de "meilleure estimation" comme les marges d'erreurs sortent directement des ordinateurs.

Comme on le voit immédiatement sur ce graphe officiel, la température de ces dix dernières années est passée par un maximum que le Hadley Center situe autour de 2004-2005. Depuis ce maximum et au moins jusqu'en fin 2008, la température a amorcé une descente, nette sur ce graphique.
De l'avis de beaucoup, mais pas du GIEC, les mesures satellitaires (UAH et RSS) de la basse atmosphère sont plus fiables, vraiment globales et moins entachées d'erreurs (telles que l'effet d'îlot urbain) que les mesures du Hadley Center ou, pis encore, celles du GISS (voir les indicateurs), mais je les ai volontairement délaissées pour éviter des critiques à ce sujet.
Il est inutile d'ajouter que les mesures satellitaires révèlent exactement le même comportement (stagnation ou passage par un maximumn suivi d'une décroissance) que celles du Hadley Center. Cette stagnation puis cette baisse de température sont donc bien réelles.

Nul ne sait, avec certitude, ce que nous réserve l'avenir. Néanmoins de nombreux chercheurs (voir cette page) pensent que de nombreux facteurs tels que la stagnation ou la baisse (depuis 2003) des températures de surface des océans ( voir ici) ou encore, la baisse marquée et prévisible de l'activité solaire (voir ici) (que nous subissons actuellement et qui va se poursuivre dans les années à venir) vont entraîner la poursuite de la descente déjà amorcée depuis 2005.

La présentation de ce graphe du Hadley Center ( pilier du GIEC) ne devrait subir aucune critique de la part des plus acharnés des supporters des thèses du GIEC.

On aurait donc pu espérer que les médias, l'OMM et quelques autres, auraient fidèlement rapporté ces résultats qui, après tout, résultent du travail de leurs affidés.

Que nenni. Sans nul doute, nos prophètes de l'Apocalypse et tous ceux qui ont investi leur crédibilité et (ou) leurs intérêts bien compris dans le Réchauffement Climatique Anthropique pensaient que la publication du graphique précédent (pourtant officiel) dans les médias, aurait un effet désastreux sur l'opinion publique et sur les décideurs qui s'apprêtent à se réunir pour voter un Kyoto2 à Copenhague. Ceci d'autant plus que, pendant la même période, c'est à dire depuis 4 ans, tout le monde sait que le taux de CO2 contenu dans l'atmosphère n'a cessé de croître à grande vitesse (en dépit de Kyoto 1). Il est d'ailleurs amusant que le Hadley Center, lui-même, qui comme tous les institutions analogues, doit tout à cette affaire de RCA et notamment ses magnifiques ordinateurs dernier-cri, se soit crû obligé de préciser que leur propre courbe montrant la baisse des températures de ces dernières années était "misleading" (c'est à dire "trompeuse" (source)) tout en nous renvoyant à la description alternative (publiée par l'OMM de l'ONU (source)) que je vais décrire ci-dessous.

2) Le coup du bonneteau de l'OMM et des médias :
Il était donc impératif de trouver un autre mode de présentation. L'idéal étant une présentation (non mensongère, bien sûr) qui dissimulerait, autant que possible, la "désastreuse" séquence de l'évolution des températures de 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007 et 2008 telle qu'on la perçoit sur le graphique précédent.
Alors quoi de mieux que de substituer au classement habituel, c'est à dire celui qui montre, tout simplement, l'évolution chronologique de la température, un classement dans lequel les années "maudites", 2003 à 2009, seraient dispersées et mélangées à d'autres résultats ?

C'est pourquoi la grande presse et les médias (notamment francophones), les agences de presse et les institutions qui sont parties prenantes (au sens littéral) du Réchauffement Climatique Anthropique se sont efforcées de populariser le graphique rank1suivant. Ce dernier est apparu sous différentes formes, accompagné de divers commentaires, rédigés toujours dans le même but : surtout ne pas évoquer la stagnation et la baisse de la température de ces dernières années...
Voici, ci-contre, le graphique largement popularisé et qui figure, en grand, dans le rapport de l'OMM (source) , ci-contre.

L'astuce de ce graphique consiste à classer les années par leur "rang" en matière de température. Outre que cette manière de faire n'a que peu d'intérêt du point de vue scientifique (sauf à aimer les statistiques) parce que genre de graphique ne permet pas d'effectuer la moindre corrélation avec les autres observables comme la température des océans, la montée des mers ou l'activité solaire etc., ce mode de présentation permet de dissimuler aux yeux des lecteurs la tendance à la stagnation puis à la baisse qui se dessine si bien dans le graphique du Hadley Center reproduit ci-dessus qui, lui, comme on s'y attend, n'a fait l'objet d'aucune couverture médiatique. Sauf à se donner beaucoup de mal, il est impossible d'avoir une idée de l'évolution de la température du globe durant ces dernières années en voyant le graphique de l'OMM. C'est curieux, n'est ce pas ?

Et c'est ce mode astucieux de représentation qui à permis aux journalistes peu scrupuleux et surtout anxieux de ne pas démentir leurs déclarations alarmistes précédentes, d'affirmer haut et fort que :chaude

"2008 est la dixième année la plus chaude depuis 1850", ce qui laisse entendre que, décidément, la liste des années chaudes s'allonge encore d'une unité.

De fait, c'est bien cette phrase qui a fait l'objet du maximum de couverture médiatique et que l'on a entendu partout, alors qu'un énoncé correct et honnête aurait dû être :
" 2008 a été l'année la plus froide des dix années les plus chaudes depuis 1850." Il aurait été encore plus honnête et conforme à la vérité de dire que la température du globe n'a pas augmenté ces dernières années (voir les graphiques détaillés dans cette page) et a même commencé à baisser depuis 2 ou 3 ans, au besoin en montrant le graphe du Hadley Center présenté ci-dessus et, mieux encore, les résultats des mesures satellitaires.
Mais, il ne faut pas rêver.

D'ailleurs, le Président du GIEC, R. Pachauri, lui-même, s'est interrogé en début 2008, sur l'existence du "plateau" (sic, de température) depuis le début du siècle (source). Quant au Géologue US, le Dr. David Geen celui-ci a posé la question suivante lors du récent Congrès International de Géologie qui s'est tenu à Oslo en août 2008 : "Nous savons que les températures montent et descendent, nous savons qu'il existe un nombre considérable de variations naturelles, mais pendant combien de temps la planète doit-elle encore attendre avant que nous comprenions, -nous les politiciens et les scientifiques- que la planète ne se réchauffe pas ? " voir ici.

C'est une bonne question... En voici une autre :
Quand est-ce que les médias et l'OMM se décideront-ils à rapporter fidèlement les données objectives que tous les scientifiques connaissent mais que le grand public et les politiques ignorent ? Quand se décideront-ils aussi à faire savoir au grand public que la température des océans stagne ou baisse depuis 2003 ce qui est une indication flagrante de l'état de la question quand on sait que les océans représentent quelques 70% de la surface de la planète et environ 1000 fois plus de calories que l'atmosphère ? (voir en détail ici)

Je suis très loin d'être le seul à être préoccupé par ce biais permanent apporté à l'"information" qui accompagne cette triste affaire. L'éminent climatologue américain Roger Pielke Sr,.parmi beaucoup d'autres, s'en est aussi fait l'écho dans ces lignes à propos de comptes rendus délirants de l'agence Reuters ( la soeur de l'AFP, l'agence qui a inventé les rayons cosmétiques) et du Washington Post.
Pour être franc, je ne suis pas sûr qu'un lot de bonnets d'âne soit parfaitement adapté à la situation. Tout cela est plus préoccupant qu'amusant. De toute manière, si la température baisse encore pendant l'année 2009, attendez vous à ce qu'on vous annonce que "2009 est la onzième année la plus chaude depuis 1850" et ainsi de suite.
Pendant combien de temps encore ? Rassurez-vous. A mon humble avis, ça ne va pas durer très longtemps encore...Cela finira par se savoir.

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*Le jeu de bonneteau (alias attrape-gogo ou escroquerie) est un tour de passe-passe d'illusioniste qui se joue classiquement dans la rue avec trois cartes (deux noires et une rouge) que l'on dépose, faces cachées, étalées devant soin sur une table. On les intervertit devant le public qui doit deviner ou se trouve la carte rouge mais qui n'y parvient jamais (voir ici une démo).

26 Jan. 2009 : franceinterAprès une compétition acharnée entre de nombreux candidats, et comme suite à un vote informel de mes lecteurs, le deuxième bonnet d'âne (cette fois-ci, imperméabilisé et avec fixation de sécurité) du mois de Janvier 2009, est attribué à la chaîne de la radio nationale France Inter.

Cette chaîne qui bénéficie (occasionnellement, à juste titre) d'une audience notable mais qui mène une compétition acharnée avec sa consoeur France Info en matière d'alarmisme au réchauffement climatique n'a pas raté l'occasion d'affirmer à son auditoire, lors de son Inter-treize, au lendemain de la tempête dévastatrice du 24 Janvier qui a ravagé plusieurs département du Sud de la France, que les tempêtes de la fin 1999 et de ce mois de Janvier 2009 résultaient certainement de l'effet de serre et qu'on voyait là une nette tendance à l'accélération de la tendance (ce qui, avec seulement deux événements, relève de l'exploit)...

Complètement terrorisé comme les malheureux auditeurs de cette chaîne publique dont l'intitulé incite à la confiance, mais convaincu qu'il vaut mieux s'adresser au bon Dieu qu'à ses saints, j'ai décidé de puiser aux meilleures sources afin de savoir ce que pensent les professionnels de la question. J'ai cherché, en particulier, ce qu'en dit un expert en la matière, c'est à dire l'ancien Directeur de la Climatologie à Météo-France, Pierre Bessemoulin lui-même. P. Bessemoulin est l'actuel Président de la commission de Climatologie de l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

P. Bessemoulin a rédigé (en 2002) un excellent article intitulé "Les tempêtes en France", qui a été publié dans la revue "Annales des Mines" (2002, p 9-14). Ce document est accessible sur Internet et je vous en conseille la lecture, tout comme je la recommande (vivement) au journaliste de France Inter, auteur de l'affirmation sus-citée.

L'en-tête de cet article, placé en exergue sur le document, nous dit tout. Le voici :

"Il n’existe pas d’inventaire exhaustif des tempêtes en France remontant sur plusieurs siècles, ce qui est regrettable. Météo-France essaie d’y remédier en développant depuis 1999 une « Base de données d’événements marquants » (BDEM, projet interne pour le moment), incluant la documentation d’événements historiques. Le nombre d’épisodes de vent fort présente une forte variabilité interannuelle (7 en 1968, 26 en 1962), ainsi que celui des fortes tempêtes (0 en 1989, 1993 et 1998, 5 en 1965), mais les études ne mettent pas en évidence de tendance significative sur les cinquante dernières années. " (emphase de l'auteur du site) tempeteMF

 

Météo-France s'est quand même essayé à dessiner un graphe.
Voici celui qu'on trouve sur leur site à cette
adresse.

Ce graphe donne l'évolution du nombre de tempêtes en France ( le mot tempête est défini avec des critères précis) entre 1950 et 1999.

La droite bleue représente la régression linéaire. La courbe en jaune, une moyenne lissée.

Si tendance il y a dans la variation du nombre des tempêtes (ce qui n'est pas vraiment évident, compte tenu des grandes fluctuations) elle est plutôt à la baisse, alors que la quantité de CO2 émis par l'homme est à la hausse significative depuis 1945. En fait, tout comme pour les ouragans américains pour lesquels on a défini un indice ACE (Accumulated Cyclone Energy) qui tient compte à la fois de la fréquence des cyclones et de leur intensité (voir ici), il faudrait définir un indice équivalent pour les tempêtes en France, si cela avait un sens et en valait la peine, ce qui est loin d'être évident.

Un point intéressant peut cependant être observé à partir de cette courbe : Il semble y avoir eu une augmentation du nombre des tempêtes pendant les années soixante qui sont des années froides succédant aux années chaudes de l'après 1945 (voir les grands indicateurs) et précédent la période plus chaude qui a commencé en 1976 et s'est poursuivie jusqu'en 1998. Ceci rejoint les observations de météorologues américains (comme Joseph d'Aleo, par exemple) qui font remarquer que les périodes La Niña qui sont généralement plus froides sont aussi plus riches en catastrophes naturelles (sécheresses et cyclones). C'est d'ailleurs ce que nous dit l'histoire : Les périodes froides la planète ont été accompagnées de nombreux cataclysmes climatiques. Les périodes chaudes ont été plus paisibles...

L'article "Tempêtes en France" est fort bien documenté. Autant qu'il peut l'être.
Après une brève description des mécanismes qui gênèrent les tempêtes qui affectent notre pays, P. Bessemoulin nous offre ce qu'il appelle une "Tentative de récapitulation des tempêtes qui ont le plus marqué la mémoire collective en France." (page 12). On y apprend, en particulier, que le 24 décembre 1118, une tempête ravagea le Nord de la France et provoqua la chute de nombreux clochers, qu'une autre en 1698 provoqua de gros dégâts dans les forêts, qu'une tempête baptisée "The Storm" survenue les 7 et 8 décembre 1703, balaya la partie Ouest de la Bretagne et le Sud de l'Angleterre où elle fut la cause de milliers de morts. En 1716, puis en 1739, il y eut de gros dégâts dans les forêts d'une grande partie du territoire français. Les 25 et 26 Oct 1859, 11 voiliers sont engloutis dans la Manche. En 1865, Quimper se retrouve sous 1,6 m d'eau. L'île de Sein est inondée, en 1930 207 morts en Bretagne, en 1978 30 morts, en 1979 une trentaine de morts etc...
Il y en a près de 80 recensées de la sorte.

Plus proche de nous, il y a eu des tempêtes violentes en 1982 (15 morts en France), en 1987 (dégâts considérables), 15 morts en 1988, quatre tempêtes en 1990 (en tout 66 morts et vent de 202 km/h au cap Corse) etc..

A noter que du 18 Nov. 1880 au 28 Oct 1882, c'est à dire en deux ans, il n'y eut pas moins de 6 violentes tempêtes en France, provoquant de gros dégâts, y compris à Paris intra-muros. Et tout le monde s'accorde pour constater que le CO2 anthropique était alors totalement négligeable. Je me demande ce qu'aurait évoqué le journaliste de France Inter s'il avait vécu à cette époque...L'Apocalypse peut-être ?

Alors, quand le journaliste du Inter-treize de France Inter ( Philippe Abiteboul) (qui répète volontiers que " c'est l'une des missions premières du service public..." que de bien informer), nous déclare qu"'une tempête en 1999, une autre en 2009, deux tempêtes en dix ans, les phénomènes climatiques exceptionnels semblent s'accélérer; Les gaz à effet de serre y sont certainement pour beaucoup ...", on est en droit de se poser quelques questions.

Tout d'abord, ce journaliste, comme nombre de ses confrères, aurait dû, lors de la préparation de son intervention (car -le saviez-vous ?- tout est écrit à l'avance, avant diffusion sur l'antenne), se donner la peine de s'informer ne serait-ce qu'en consultant internet. Googler avec "tempêtes en France" ne prend que quelques secondes et l'article de P. Bessemoulin est le premier de la liste...De plus, il suffit d'en lire la phrase placée en exergue. En tout, cela lui aurait pris une petite minute, à peine... Et que l 'on ne prétende pas que c'est une question de temps." Tout doit aller si vite " disent-ils...

Selon son humeur du moment, tout cela oscille entre le pitoyable et le risible... En attendant (sans espoir) des excuses de la part de France Inter et de son journaliste, pour avoir proféré des affirmations alarmistes infondées, devant des centaines de milliers d'auditeurs ainsi désinformés, je me dis que ce matraquage incessant de contre-vérités assénées quotidiennement par des pew09journalistes incompétents et (ou) orientés, est plus que suffisant, surtout venant de la part de chaînes publiques financées avec l'argent des contribuables. J'ignore si ce genre d'affirmation erronée, prononcée sur le ton de la conversation comme s'il s'agissait d'une évidence indiscutable, répond à une politique éditoriale affirmée..

Si c'est le cas (et j'en ai bien peur) je me fais un devoir d'informer les heureux bénéficiaires de ce bonnet d'âne (imperméabilisé et avec fixation de sécurité) que cette démarche est totalement improductive, sans compter qu'elle jette un sérieux discrédit sur les moyens traditionnels de diffusion de l'information : Les auditeurs ne sont ni aussi naïfs ni aussi crédules que le pensent les journalistes. Très loin de là.

Ainsi, nul ne peut nier que les Américains (du Nord) ont été, depuis près de vingt ans, soumis à un matraquage publicitaire intensif et très coûteux (panneaux publicitaires géants et omniprésents, promotion permanente à la TV, spots radios, jusqu'au film d'Al Gore que l'on présente dans toutes les écoles) destiné à persuader le public que le réchauffement climatique anthropique est une vérité première et une réalité incontournable.

Quel est le résultat de cette propagande sans précédent (aux Etats-Unis, du moins) ?
Le voici, selon deux sondages sérieux effectués aux Etats-Unis, le 19 Janvier 2009
:

D'une part, un sondage réalisé par un organisme réputé aux Etats-Unis, fournit ce qui est appelé le Rasmussen report. Il montre que 44% des américains pensent que le réchauffement climatique est dû à des phénomènes planétaires et qu'il ne résulte pas de l'activité humaine (contre 41% qui pensent le contraire). Ce chiffre de 44% est en hausse de 9 points par rapport au même sondage effectué en Juillet 2006.
Enfin, toujours d'après Rasmussen Report 54% des sondés disent que les médias exagèrent le réchauffement climatique. Seulement 21% disent que les médias en donnent un rapport fidèle. De même, seulement 36% des sondés pensent que Al Gore sait de quoi il parle...(source).

D'autre part, The Pew Research Center qui est un autre institut de sondage dont la crédibilité ne peut être mise en doute, a effectué un sondage approfondi sur les priorités actuelles des américains, ce qu'il fait périodiquement, et cette fois-ci à l'occasion de la prise de fonction du Président Obama. Comme on peut le voir sur l'encart de droite, le "Global Warming", le réchauffement climatique, arrive bon dernier sur une liste de 20 sujets de préoccupation des Américains. En chute de 5 points sur l'année dernière et de 8 points sur 2007. La préoccupation environnementale est tombée à 41% cette année en chute de 15 points depuis l'année dernière.
De fait, comme l'a montré une étude universitaire récente : "trop d'intox, tue l'intox.".

Félicitations à France Inter. Persévérez.

Si vous voulez en savoir plus sur l'activité cyclonique mondiale et ses (non)-corrélations avec le CO2, allez voir cette page.

add. 3 fèv. 2009 : Le 28 Janvier, Al Gore, a fait une déposition particulièrement alarmiste, devant le congrès américain.Contrairement à ses habitudes, Le WaPo (le Washington Post en langage usuel américain) en a donné un compte rendu particulièrement amusant. (à lire.) dans lequel "Al Goracle" (sic) est représenté comme la Pythie de Delphes...Si même le WaPo s'y met... où allons nous ?

Un grand merci aux lecteurs qui m'ont signalé cette pépite journalistique et, en particulier à LM qui a été le premier à la faire.

20 Jan. 2009 : L'AFP découvre le rayons cosmétiques : Le bonnet d'âne (fourré en poils de blaireau) du mois de Janvier 2009 est attribué, sans hésitation et avec les félicitations du jury compte tenu de ses nombreux exploits en la matière, à l'Agence Française de Presse (la célèbre AFP), qui, dans une seule dépêche d'une vingtaine de lignes du 12 Janvier, a réussi l'exploit de cumuler une explication erronée, une déclaration abusive et une bourde hilarante...qui démontrent, tout à la fois, une alarmante méconnaissance du sujet et une absence totale d'impartialité de la part du rédacteur de cette célèbre agence.
Comme j'ai bien trop peur que cette mémorable dépêche soit rapidement effacée de la mémoire d'Internet, je me hâte d'en copier des extraits et de vous les commenter. Les voici, tels qu'on peut encore les lire à la date du 24 Janvier 2009

afp The earth's magnetic field impacts climate: Danish study (source)
Jan 12, 2009
COPENHAGEN (AFP)

1) "...He and his colleague Peter Riisager, of the Geological Survey of Denmark and Greenland (GEUS), compared a reconstruction of the prehistoric magnetic field 5,000 years ago based on data drawn from stalagmites and stalactites found in China and Oman."....
2) "If changes in the magnetic field, which occur independently of the earth's climate, can be linked to changes in precipitation, then it can only be explained through the magnetic field's blocking of the cosmetic rays," he said....
3) ...The two scientists acknowledged that CO2 plays an important role in the changing climate, "but the climate is an incredibly complex system, and it is unlikely we have a full overview over which factors play a part and how important each is in a given circumstance," Riisager told Videnskab.

Je reprends point par point les éléments de cette dépêche qui fait allusion à un article scientifique récent que j'ai commenté dans cette page:

1)" .. Lui et son collègue Peter Riisager, du Groupe de Surveillance du Danemark et du Groenland (GEUS), ont comparé une reconstruction du champ magnétique préhistorique qui régnait il y a 5000 ans en utilisant des données issues des stalagmites et des stalactites trouvées en Chine et en Oman."

Faux. : La mémoire du dipôle géomagnétique ne provient absolument pas des stalagmites et stalactites. Elle provient de résidus de laves volcaniques et de matériaux calcinés, très anciens et datés, qui, lors du refroidissement ont "gelé" l'orientation et l'intensité du champ géomagnétique qui régnait à l'époque. Les stalactites et stalagmites qui sont constitués de carbonates lentement déposés par les infiltrations d'eau, servent, en général, à analyser les taux de précipitations des temps passés,en utilisant l'isotope 18 de l'oxygène. Elles n'ont rien à voir avec les dipôles magnétiques.

2) ..."Si les variations du champ magnétique qui se sont produites indépendamment du climat de la terre, peuvent être reliées aux variations de précipitation, alors ceci ne peut être expliqué que par le blocage des rayons cosmétiques par le champ magnétique."

Cette phrase, plutôt obscure, recèle une perle. L'évocation de l'influence de "rayons cosmétiques" (au lieu de cosmiques) est une grande première scientifique que je vous laisse apprécier comme elle le mérite. Jusqu'à présent, nous avions connaissance des rayons X, des rayons gamma, des rayons lumineux, des rayons cosmiques, des rayons U (chers à Jacobs, le père de Blake et Mortimer) ou encore des rayons N du malheureux professeur Blondlot etc. mais de rayons cosmétiques, point encore. Bravo l'AFP.

3) ... Les scientifiques reconnaissent que le CO2 joue un rôle important dans le changement climatique, "Mais le climat est un système incroyablement complexe et il est peu probable que nous ayons une vue complète des facteurs qui jouent un rôle et de l'importance de chacun de ces facteurs dans des circonstances données."

Le première partie de cette phrase n'est pas placée entre guillemets. Ce n'est donc pas une citation empruntée aux deux scientifiques, et pour cause, puisque ces derniers corrigent largement le tir en expliquant, en termes feutrés mais fermes, que le climat est complexe et qu'on n'y comprend pas grand chose (ce qui est un démenti flagrant des thèses du GIEC qui prétend prévoir le climat pour dans 100 ans et même jusqu'en 2300.).

J'ai relu, avec beaucoup de soin, l'article scientifique en question : Il n'est jamais, nulle part, fait mention ni de l'effet de serre, ni du CO2. Et la conclusion des deux auteurs est, bien au contraire, d'affirmer que leur découverte apporte de l'eau au moulin de la théorie de Svensmark qui, comme chacun sait, est une théorie alternative à l'effet de serre du CO2...
J'en déduis, sans crainte de me tromper, que cette phrase "Les scientifiques reconnaissent que le CO2 joue un rôle important dans le changementfindumonde5 climatique" est du cru de l'auteur de cette dépêche ....Comme d'habitude et c'est le cas de nombre d'agences de presse, on fait dire aux chercheurs ce qu'ils n'ont pas dit et ce qu'ils ne pensent pas. Mais pourquoi cette démarche ? Ils ont peur de tuer la poule aux oeufs d'or ?

Comme vous le savez, l'AFP, à l'instar de l'agence Reuters (et de quelques autres, tout aussi systématiquement alarmistes), est censée fournir au monde entier, des informations avérées, sous forme d'extraits de presse tout préparés que la grande presse et les médias s'empressent, en général, de copier-coller sans effectuer le moindre complément d'enquête. C'est, en quelque sorte, de l'info "plat surgelé labélisé " qu'il suffit de décongeler avant usage . Et, très malheureusement, ce sont les bases de données mondiales de "l'information" diffusée au grand public... et aux politiques.
Ainsi et sans vouloir donner de leçons, on peut se dire qu'il est primordial que ces dépêches d'agence soient rédigées par des journalistes compétents et impartiaux sur des problèmes qui touchent l'ensemble de la population et du mode politique et qui peuvent avoir de graves conséquences. On peut aussi demander, sinon exiger, que ces dépêches soient relues avant toute diffusion. Ce n'est visiblement pas le cas.
L'AFP a bien mérité son bonnet d'âne.

PS : Je me demande combien de journaux, de télés et de sites WEB vont répercuter, telle qu'elle, cette "info".... Qui sait ? Les "rayons cosmétiques" ont peut-être de l'avenir dans les grands médias. Et bientôt les "rayons comiques" ?
Addendum du 24 Jan. : ça y est! ça commence : Cette dépêche de l 'AFP a été reprise in extenso (et avec ses rayons "cosmétiques"), dans un site américain Space Daily -your Portal to Space (en général sérieux) et puis aussi à freerepublic, à Zimbio; dsc.discovery, et même le très sérieux physorg.com. qui est tombé dans le panneau.. Googlez avec "AFP cosmetic rays". Vous verrez : la diffusion des âneries des dépêches de l'AFP est étonnante...

7 Décembre 2008 : Le Bonnet d'âne du mois de décembre 2008 est attribué à Marc C. Serreze qui est un modélisateur du climat à l'Institut Coopératif pour la Recherche en Sciences Environnementales du NSIDC (National Snow and Ice Data Center (CIRES/NSIDC) de l'Université de Boulder (Colorado). Il fait donc partie des quelques dizaines de chercheurs qui, dans le monde, s'occupent des "attributions" (c'est à dire de préciser le lien entre le CO2 anthropogénique et le climat), parmi les 2000 et quelques autres, tant vantés, du GIEC (dont la plupart sont d'ailleurs des "impactologues" (qui s'occupent des impacts d'un éventuel réchauffement anthropogénique), des économistes, des sociologues, des relecteurs etc.). Autant dire que le rôle de Marc C. Serreze et de ses quelques collègues est absolument crucial dans l'attribution de l'impact humain sur le climat. D'autant plus que Marc Serreze n'est pas le dernier à annoncer l'apocalypse...

Compte tenu de l'énorme responsabilité qui pèse sur leurs épaules et sur la fiabilité de leurs prédictions qui impliquent maintenant l'avenir de l'ensemble des économies de la planète, on serrezepourrait espérer que les chercheurs comme Marc Serreze ( photo ci-contre) apporteraient un soin tout particulier à vérifier leurs hypothèses et leurs prévisions, quand c'est possible, évidemment....Bref, on pourrait attendre d'eux qu'ils se comportent comme tous les scientifiques sérieux de la planète qui travaillent dans de nombreux domaines, c'est à dire avec un maximum de rigueur et d'honnêteté.

Hélas, il n'en est rien, comme cela vient d'être démontré par le climatologue réputé Prof. Roger Pielke Sr. dans son site Climate Science. Une telle désinvolture (pour rester poli) de la part de Marc Serreze (et de certains de ses collègues) mérite amplement l'attribution du premier bonnet d'âne ("spécial arctique"avec palmes et félicitations du jury) du mois de décembre 2008.

En effet, Marc C. Serreze a donné récemment ( le 10 Nov 2008) une conférence à l'Institut Coopératif pour la Recherche en Sciences Environnementales du NSIDC (National Snow and Ice Data Center (CIRES/NSIDC) de l'Université de Boulder (Colorado). Cette conférence était intitulée " L'émergence de l'amplification arctique " ce qui ne signifie rien d'autre que l'Arctique subit, plus encore que tout autre lieu de la planète, les effets délétères du CO2 anthropique et que cela va aller de mal en pis parce que l'arctique va réagir sur la planète de manière catastrophique, selon lui.

Bien entendu, le titre de cette conférence ainsi que le résumé que vous trouverez ici, a fait l'objet d'un maximum de publicité dans les médias, toujours à l'affût de catastrophes annoncées et, par voie de conséquence, auprès du grand public que les même médias se font un devoir de "sensibiliser", pour ne pas dire " terroriser".

Le résumé du séminaire de Marc Serezze nous promet donc le pire pour l'Arctique et donc pour la planète, sans que l'on sache d'ailleurs très bien si ses affirmations sont le résultat de projections d'ordinateurs ou d'observations objectives. C'est, en effet, un procédé fréquemment utilisé (procédé déjà ancien et pas seulement en climatologie) par certains modélisateurs que de laisser flotter une certaine imprécision sur la distinction qui existe entre les résultats d'ordinateurs et les faits accomplis et vérifiés. En effet, beaucoup, comme Marc Serezze, sont tellement sûrs de leurs programmes qu'ils pensent que si les ordinateurs l'affirment, il est inutile de vérifier...

Entre autres affirmations péremptoires relevées dans son résumé, Marc Serreze nous déclare que :

"As the climate warms, the summer melt season lengthens ..." Soit en français :

" Tandis que le climat se réchauffe, la période de fonte estivale (NDLR : de l'arctique) s'allonge..."

Le Professeur Roger Pielke Sr. qui est un expert en la matière, a immédiatement réalisé que, compte tenu de l'énorme quantité et de la fiabilité des mesures actuellement disponibles pour la mer arctique, il doit être aisé de tester, avec précision, la validité de cette affirmation. Autrement dit, la saison de fonte estivale se rallonge-t-elle dans la réalité comme l'affirme l'ordinateur de Marc Serreze ? Pour ce faire, Pielke a bénéficié de l'aide de Will Chapman qui tient le site officiel Cryosphere Today du "Polar Research Group de l'Université de L'Illinois (Urbana-Champaign". lequel lui a fourni les données nécessaires.

Le graphe suivant en dit plus qu'un long discours :cryo1

 

Will Chapman qui dispose de toutes les données nécessaires, a extrait les dates des maxima et des minima de la couverture (l'aire) glaciaire de l'arctique de 1979 à nos jours.

Sur ce graphe, l'échelle des ordonnées sont les dates de ces extrêmas graduées en fraction d'années. Les carrés rouges représentent les minima de l'été. Les points bleus, les maxima de l'hiver septentrional.

On voit du premier coup d'oeil que les dates des minima de la surface glacée ainsi que celles des maxima de cette aire, n'ont pas varié depuis 1979...aux fluctuations et aux erreurs de mesure près, bien entendu, bien que la température terrestre ait augmenté de quelques +0,4°C pendant cette même période.

Autrement dit, l'affirmation péremptoire de Marc C. Serreze est complètement fausse.

Ce type d'erreur ne serait pas trop grave et n'aurait guère de conséquences pour un chercheur débutant engagé dans l'étude approfondie de la longueur du saut des grenouilles en fonction du CO2 anthropique, mais pour un climatologue de l'Arctique dont les "prévisions" déterminent, de manière cruciale, la politique des dirigeants de la planète (comme ceux qui sont réunis à Poznan en ce moment même), ça fait quand même un peu désordre. On se dit que si son programme d'ordinateur donne des résultats faux sur un point aussi important, on peut légitimement avoir quelques doutes sur le reste...

Roger Pielke Sr est moins indulgent que moi. S'il n'attribue pas de bonnets d'âne (ce qu'il aurait pu faire à de nombreuses reprises dans ce domaine), il nous déclare, dans son langage feutré de scientifique : " A priority in the climate modeling community should be an examination of their predictions of trends in the start of freeze up and start of melt dates, in order to see how they conform to the observational data.  Also, the reason that the added atmospheric concentrations of well-mixed greenhouse gases are not changing the dates as expected needs to be provided."

"Une priorité pour la communauté des modélisateurs du climat devrait être l'examen de leurs prédictions pour les tendances des dates du commencement du gel et du dégel de manière à voir comment celles-ci se comparent aux données observées. De plus, la raison pour laquelle les concentrations ajoutées de gaz à effet de serre bien mélangés, ne changent pas les dates comme cela est prédit (NDLR : Par les simulations numériques), doit être boumaneexpliquée."

 

Autrement dit, en langage courant, et pour paraphraser le texte d'une célèbre chanson de Boris Vian " y'a quelque chose qui cloche là dedans, retournez-y immédiatement." Et quand on pense que nos décideurs et le GIEC se basent sur ce genre de projections d'ordinateur, le plus souvent invérifiables...
Sans oublier le bug récent des mesures de températures globales du mois d'Octobre.
Quant aux journalistes..Chutt... silence radio. Bien sûr. Il ne faut pas démobiliser.

 

Addendum du 8 Déc. 2008 (source) Bill Chapman a aussi fourni les mêmes données pour l'antarctique :cryo2

 

 

Même punition, même motif.

 

Comme ne dirait pas Marc Serreze

" Tandis que le climat se réchauffe, la période de fonte estivale (NDLR : de l'antarctique, c'est donc l'hiver au pôle Nord) ne s'allonge pas " non plus.

Sans compter que l'extension de la glace de l'antarctique est bien au dessus de la moyenne 1979-2000...(voir les indicateurs)

 

 

Conclusion : Ces deux trouvailles (arctique et antarctique) de Bill Chapman et Roger Pielke Sr. doivent aussi nous inciter à réfléchir. Elles nous indiquent clairement que les dates de gel et de dégel des deux calottes polaires ne dépendent pas de l'état thermodynamique des océans et des continents, même si l'amplitude des gels et des dégels peut en dépendre. On en déduit que cette régularité exemplaire des processus gel/dégel est réglée par une horloge exterieure à la planète et indépendante de nos fluctuations climatiques. Quelle est cette horloge ?
Le bons sens nous dit que c'est le soleil. A l'évidence, c'est très probablement et encore une fois, le soleil qui décide des durées des fontes et des regels et non pas le CO2 anthropique.

 

Mise à jour du 5 Nov. 2009 : A l'approche de la réunion de Copenhague, Kilimandjaro II, le retour... Au mépris des données scientifiques existantes, des nombreux résultats de recherches convergents et des déclarations de scientifiques spécialistes du sujet.

Lonnie Thompson, est paléoclimatologue à l'Université de l'Ohio (Columbus). Il est particulièrement intéressé, pour ne pas dire passionné, par lethompson Kilimandjaro.. Il a fait partie des conseillers d'Al Gore pour son oped "Une vérité qui dérange" dans lequel il a exercé ses talents pour la "séquence Kilimandjaro". Je rappelle que les affirmations proférées dans cette oeuvre (primée à Hollywood) au sujet du Kilimandjaro, font explicitement partie des 9 erreurs relevées, dans ce film, par la Haute Cour Britannique en octobre 2007.

Mais qu'à cela ne tienne. Sans doute faute de trouvailles plus convaincantes pour alarmer le grand public à l'approche des accords de Copenhague, Lonnie Thompson et ses collègues (publication au PNAS, Proceedings of the National Academy of Sciences) viennent d'en remettre une couche, instantanément relayée par l'AFP (la mémorable inventrice des "rayons cosmétiques"), les médias et quelques sites de désinformation systématique. En opposition frontale avec toutes les recherches précédentes qui ont convergé sur le fait que le découronnement du Kilimandjaro qui culmine à 5900m et dont la température au sommet ne dépasse jamais -6°C, ne résultait pas du réchauffement climatique anthropique mais plutôt du changement de conditions d'humidité locales provoqué par la modification des sols (remplacement des forêts par des zones cultivées), Lonnie Thompson n'hésite pas à affirmer, entre autres, que :

“The increase of Earth’s near surface temperatures, coupled with even greater increases in the mid- to upper-tropical troposphere, as documented in recent decades, would at least partially explain the observations" soit " L'augmentation des températures proches de la surface, couplée avec une augmentation encore plus importante de la partie moyenne et haute de la troposphère, ainsi qu'il est rapporté pour les récentes décennies, expliqueraient, au moins en partie, ces observations (NDT : que les glaciers du Kilimandjaro s'amenuisent)".

Dans l'hypothèse la plus favorable , Thompson et ses collègues n'ont pas dû avoir le temps de consulter les relevés satellitaires des températures de la moyenne troposphère au dessus des tropiques (où se trouve les glaciers du Kilimandjaro). tropchristy

 

Voici, ci-contre, le relevé officiel des températures en question, effectuées par l'organisme UAH (de John Christy) utilisant les satellites de la NASA. Non seulement, on n'y voit pas d"'augmentation encore plus importante de la partie moyenne" de la troposphère invoqué par Thompson et al. mais cette augmentation quasi-inexistante est encore plus faible, si l'on peut dire, que celle observée dans la basse stratosphère contrairement aux affirmations de Thompson.

En passant, vous noterez sur ce graphique, les projections, ou les prévisions, assez divergentes de modèles "en cour" au GIEC (IPCC) et du CCSP ( le US Climate Change Science Program, rédigé récemment par des auteurs relevant aussi du GIEC). Le moins que l'on en puisse dire, c'est qu'il doit y avoir un défaut quelque part dans les modèles.

 

 

kilisnow

A l'inverse des affirmations infondées de Thompson et al. voici un graphique très parlant sur le déficit pluvio-neigeux qui a affecté l'Afrique durant ces dernières années. Si la neige ne tombe pas, le glacier disparaît peu à peu par sublimation (et non par fonte des glaces) du fait de l'action du soleil.

Cette sécheresse qui affecte la région du Kilimandjaro est attribuée par toute une série d'études convergentes à l'action de l'homme (la déforestation pour cultiver) et à des causes naturelles, comme vous le verrez dans le billet ci-dessous, rédigé en Nov. 2008..

 

 

En complément, voici un commentaire du Dr. Madhav Khandekar au sujet du papier de Lonnie Thompson et des autres glaciers, notamment de l'Himalaya.

Lisez la suite, écrite il y a un an mais qui est toujours d'actualité et notamment ces deux déclarations fracassantes de spécialistes de la question :
Du Professeur Philip Mote (source) en 2008 : "Le Kilimandjaro est un mauvais exemple, grossièrement sur-médiatisé, des effets du changement climatique".
Dans Pour La Science de décembre 2007, avec, par exemple, cet extrait des déclarations de :
Georg Kaser, glaciologue et professeur à l’Université d’Innsbruck, en Autriche et Philip Mote, professeur au Département de sciences atmosphériques de l’Université de Washington, aux États-Unis.
"Le recul des glaciers du Kilimandjaro n’est pas imputable au réchauffement global de la Terre. Des chutes de neige moins fréquentes et moins abondantes en sont responsables."

Note : Pour sa part, le Mont Blanc a perdu 45cm entre les deux dernières mesures. Il mesurait 4 810,90 m en 2007 et mesure 4 810,45 m en 2009. Il mesurait 4 808,40 m en 1986. Sa hauteur aurait augmenté de plus de 2m (avec une grande marge d'erreur) en 25 ans. Un chercheur glaciologue de Grenoble est venu expliquer à la radio que la récente baisse (et le déplacement du sommet) étaient dus à des causes naturelles (les vents) et non au réchauffement climatique. Le chercheur a ajouté que le réchauffement climatique aurait un effet sur le sommet si les températures augmentaient de +10°C, ce qu'il a exclu.
Al Gore, lui-même, n'est pas (encore) allé jusque là.....
J'ajoute qu'un lecteur de ce site, fin connaisseur de ces mesures du Mont Blanc et autres sommets (que je remercie chaudement) m'a écrit pour me préciser que si les mesures actuelles (faites au GPS, actuellement GNSS) étaient très précises, celle de 1986 était certainement affectée d'une grande marge d'erreur (quelques décimètres). Donc, wait and see pour la suite...

evelyne

Tout ceci, bien sûr, n'altère en rien les convictions alarmistes de la, néanmoins charmante, présentatrice de la météo sur TF1 qui nous affirme, une fois encore, que la "fonte" du sommet du Kili est une preuve du réchauffement climatique après nous avoir certifié que les tsunamis l'étaient aussi...
Comment lui faire comprendre que le sommet du Kili, comme celui du Mont Blanc, ne peut pas fondre ? Que les tsunamis sont engendrés par des mouvements de la croûte terrestre imprévisibles ? Mission impossible, semble-t-il...

Lonnie Thompson, le conseiller d'Al Gore, et ses collègues ont bien mérité un lot de bonnets d'âne en poils de zèbre.
Lisez la suite... C'était le bonnet d'âne de Novembre 2008. Sur le même sujet, exhumé périodiquement.
On attend les prochaines trouvailles pour Nov. 2010 ?

28 Novembre 2008 : Le Kilimandjaro (I), la Télévision, Claude Allègre, les Journalistes et les Climatologues ...

Le troisième bonnet d'âne (en poils de zèbre) du mois de Novembre est attribué à la courageuse et souriante présentatrice télé Ann Curry (52 ans, ci-contre)) qui a tenté l'escalade du célèbre mont Kilimandjaro, avec 4 autres membres du "morning show" (le show du matin) decurry la chaîne américaine NBC, pour "trouver des preuves du réchauffement climatique global".

A noter, au passage, que la chaîne NBC est la propriété de la General Electric Co qui a énormément investi dans les énergies renouvelables, solaire et éoliennes. Cette chaîne est célèbre aux Etats-Unis pour sa promotion acharnée de l'alarmisme au réchauffement climatique, notamment via le célèbre Weather Channel qui vient d'ailleurs de subir une forte compression de personnel...De nos jours, la chaîne NBC voit son audience s'effondrer, comme beaucoup d'autres du même genre.

Ann Curry (source) qui ignore visiblement tout des avancées de la science dans ce domaine et fait confiance à Al Gore et à la General Electric Co, avait déclaré avant de partir que " Le Mt. Kilimanjaro est devenu une sorte d'image pour enfants du changement climatique. 84% de la glace a été annihilée en moins de cent ans et les experts (NDLR : lesquels ?) disent qu'en 2020 toute la glace pourrait avoir disparu..." (source). Elle a ajouté " qu'elle entreprenait cette ascension pour trouver des preuves du changement climatique". Comme on va le voir, elle s'est grossièrement trompée de cible...

Hélas, tout comme les expéditions précédentes, largement médiatisées et récipiendaires du bonnet d'âne, de : kili1

et comme cela était (une fois de plus) totalement prévisible...
l'expédition d'Ann Curry et al s'est soldée par un lamentable échec.

Pourtant, l'ascension du Kili (comme disent les connaisseurs) est une pratique plutôt courante chez les adeptes de la grimpette en montagne et notamment chez la centaine de natifs qui ont joyeusement accompagné l'expédition, sans la moindre fatigue. De fait, pas moins de sept routes répertoriées mènent jusqu'à son sommet qui culmine à une altitude de 5895m.
Ce qui est moins courant et mérite un bonnet d'âne, c'est d'espérer grimper à près de 6000m d'altitude où la teneur en oxygène est environ la moitié de celle qui règne au niveau de la mer, sans entraînement particulier. De fait, les grimpeurs professionnels ou avertis savent tous que l'ascension du Kili constitue une rude épreuve qui demande une grande pratique et une excellente condition physique. .

Tout le monde le sait, sauf les joyeux lurons du "morning show" de la NBC, avec micros et caméras . Bref, ils sont redescendus dare-dare; le 20 Nov. sans même avoir approché le but de leur expédition qui culminait à quelques 1000 m au dessus de leurs têtes... Un temps exécrable et les premiers symptômes résultant du manque d'oxygène les ont dissuadés de poursuivre leur ascension.
Cette tentative n'avait aucune chance de réussir. Elle fut néanmoins tentée devant micros et caméras.
Il apparaît évident qu'il s'agit, une fois encore, d'une simple affaire de pub et d'audimat.

Tout cela serait de peu d'intérêt et ne mériterait pas un "post" de ma part s'il ne m'avait donné l'occasion de faire le point sur l'état actuel de nos connaissances sur le Kilimandjaro et sur les innombrables âneries qui ont été proférées, parfois très violemment, à ce sujet. Voici une petite chronologie, peut-être un peu trop franco-française, de cette histoire :

  • Dans son oeuvre plusieurs fois primée et qui lui a valu le prix Nobel 2007 "Une vérité qui dérange", Al Gore présente des photos du sommet du Kilimandjaro qui perd sa calotte glaciaire au cours des années. Saisissant. Il considère que c'est un argument décisif à l'appui de sa thèse du réchauffement climatique anthropique..

  • De nombreux photographes écologistes dont Yann Arthus Bertrand en rajoutent en publiant et en vendant des clichés alarmants sur la situation du Kili. Les télés du monde entier se déchaînent.

  • Dans sa chronique de l'Express du 21/09/2006, Claude Allègre ose remettre en doute le fait que le Kilimandjaro se découronne du fait du réchauffement climatique. Ceci est considéré comme une attaque frontale au dogme en vigueur...

  • Claude Allègre subit alors une véritable bronca de la part des activistes du réchauffement climatique dont les journalistes du Monde ( le journal de référence. ) et de Libération ainsi que des "climatologues" de l'establishment français qui protestent et dénoncent le "crime" d'Allègre auprès des grandes Institutions Nationales comme l'Académie des Sciences, le CNRS, le Ministre etc.
    Bref selon ces derniers, Allègre serait un dangereux irresponsable (lettre ici). Et bien entendu, les nombreux sites réchauffistes se déchaînent à l'unisson..
  • En octobre 2007, la Haute Cour de Justice anglaise chargée de se prononcer sur l'opportunité et les conditions de la projection du film d'Al Gore dans les écoles, cite, parmi 9 erreurs ou exagérations, les affirmations d'Al Gore liant le Kilimandjaro au réchauffement climatique.
    .
  • En réalité, au grand dam des réchauffistes protestataires, Allègre avait lu la littérature scientifique sur ce sujet, ce que n'avaient sans doute pas fait ses contempteurs, ni Al Gore et ses conseillers (dont Lonnie Thompson), bien sûr .

En effet, voici ce que disait la littérature scientifique à ce sujet :

Dans l'International Journal of Climatology, 24, 329-339, doi: 10.1002/joc.1008, March 15, 2004 (source accessible)

"Une baisse considérable de l'humidité atmosphérique à la fin du XIXème siècle qui a conduit à des conditions climatiques plus sèches ont sans doute provoqué la diminution du glacier du Kilimandjaro."


Journal of Geophysical Research - Atmospheres, 109, D16104, doi:10.1029/2003JD004338, August 25, 2004 (source accessible), sensiblement les mêmes conclusions que dans l'article précédent.


Bulletin of the American Meteorological Society, 84, S48, June 2003 (source accessible) : La température du sommet est restée très basse, ce qui empêche la fonte par contact avec l'air ambiant.

"Les glaciers du Kilimandjaro sont extrêmement sensibles aux variations de précipitation. Le climat du sommet est constant au cours de l'année avec une moyenne annuelle de -7,1°C."

NDLR ... Ce n'est pas étonnant à 5900m d'altitude.
Nature, November 24, 2003 (Betsy Mason)

"Bien qu'on soit tenté de faire porter la responsabilité de la perte de la glace (NDT du Kilimandjaro) au réchauffement climatique global, les chercheurs pensent que c'est la déforestation des parties basses de la montagne qui en est responsable. Sans l'humidité apportée par la forêt, les vents qui autrefois étaient chargés d'humidité sont desséchés. N'étant plus rechargée en eau, la glace s'évapore sous l'effet du puissant soleil équatorial."

Bref, toutes les dernières observations convergent pour démontrer que le Kilimandjaro a perdu une partie de ses glaces éternelles, et ceci depuis plus de cent ans, à cause de la déforestation alentour qui réduit l'humidité ambiante, et donc les chutes de neige.
L'ablation du sommet résulte de la sublimation de la glace (cad le passage direct de l'état solide à l'état gazeux) provoquée par le soleil sans aucune fonte.
Tout ceci n'a strictement rien à voir avec le réchauffement global, ni avec l'effet de serre.
Même le Professeur Philip Mote (source) qui n'est pas du tout un "sceptique du climat" l'a reconnu publiquement en 2008 :

"Le Kilimandjaro est un mauvais exemple, grossièrement sur-médiatisé, des effets du changement climatique".

Voici l'avis d'experts dans Pour La Science de décembre 2007, avec, par exemple, cet extrait de :

Georg Kaser, glaciologue et professeur à l’Université d’Innsbruck, en Autriche.
Philip Mote, professeur au Département de sciences atmosphériques de l’Université de Washington, aux États-Unis.

"Le recul des glaciers du Kilimandjaro n’est pas imputable au réchauffement global de la Terre. Des chutes de neige moins fréquentes et moins abondantes en sont responsables."

La plupart de ces articles étaient parfaitement disponibles en 2006, lors du débat. D'autres sont parus depuis, en 2007 et 2008, allant dans le même sens.
On peut donc en conclure que :

  • Allègre avait parfaitement raison.
  • Al Gore avait tout faux. Et ce n'est pas sa seule erreur...
  • Les "journalistes scientifiques" du Monde et de Libération ainsi que la nuée des activistes scientifiques (dont les signataires de cette lettre) qui sont tombés sur Allègre à bras raccourcis suite à ses déclarations à ce sujet, avaient tort.

On attend (patiemment mais sans espoir) des excuses et des correctifs de la part de ces scientifiques et de ces journalistes qui méritent largement un bonnet d'âne fourré en poil d'antilope. Certains d'entre eux semblent d'ailleurs les collectionner...

Quant à l'état actuel du Kilimandjaro, voici ce que dit une dépêche de l'AFP du 13/02/07 : " Le sommet du Kilimandjaro, la plus haute montagne d’Afrique (5.895 mètres), n’a jamais été aussi enneigé depuis une quinzaine d’années à la suite des très fortes précipitations de ces derniers mois, a affirmé mardi un expert. "C’est assez unique. Il n’y a jamais eu autant de neige depuis quinze ans", a déclaré Toni Tschank, le directeur de l’agence Kibo Slopes Safari qui organise des ascensions sur le Kilimandjaro depuis 1991"....

 

19 Novembre 2008 : Pour un seul mois, le mois d'Octobre 2008, Le GISS (le Goddard Institute for Space Science de la NASA), l'organe officiel de référence, chargé du collationnement et de la publication des températures du globe, a trouvé que la planète s'est réchauffée de 1°C de plus que octgiss les autres organismes concurrents, ce qui en faisait le mois d'octobre le plus chaud de l'histoire des mesures, comme l'a claironné immédiatement le GISS animé par James Hansen et Gavin Schmidt.
La presse se frottait les rotatives et préparait des communiqués apocalyptiques.
Manque de chance...
C'était tout faux. L'anomalie de température moyenne du mois d'octobre est très proche de celle des mois précédents.
Le deuxième bonnet d'âne(avec palmes) du mois de Novembre 2008 est donc attribué, conjointement, à James Hansen et Gavin Schmidt, responsables de cette énorme bourde.

Sachant que tout le monde s'accorde pour constater que la terre ne s'est guère réchauffée que de 0,7°C en cent ans, et que le mois d'octobre 2008 était plutôt frisquet sur l'ensemble de la planète, c'était un peu gros. Des bloggers attentifs et compétents, lecteurs des sites d' Anthony Watts et de Steve McIntyre (qui avait, lui-même, déjà débusqué la crosse de hockey ainsi qu'une autre erreur dans les données précédentes du GISS) ont analysé les données du GISS. Ils ont vite fait de repérer une erreur grossière. Mais l'analyse du processus qui a conduit à cette énorme bourde ainsi que les explications embarrassées et les précédents du GISS, ont de quoi nous inquiéter...

Il faut noter que depuis sa création, le GISS a fourni, assez systématiquement, des anomalies de température nettement supérieures à celles mesurées par les trois autres organismes. S'il est exact que la température de référence choisie pour le GISTEMP se trouve, fort opportunément, dans une période plus froide de notre planète (c'est la moyenne entre Jan 1951 et Déc 1980) que celle choisie par ses concurrents, ceci n'explique pas tout.

Carte des anomalies GHCN-GISS du 10 nov 2008 Carte "corrigée" des anomalies GHCN-GISS du 12 nov 2008
gisstempnov10 gisstempnov12

A gauche, la carte des relevés de températures publiée par le GISS le 10 Nov. 08.
A droite, la carte des anomalies de températures "corrigées" par le GISS, publiée le 12 Nov. 08.

Le code des couleurs est standard (rouge =plus chaud, bleu = plus froid). GHCN est le Global Historical Climatology Network, le bureau de la NOAA qui collecte les mesures climatologiques et les fournit au GISS. Comme on le voit du premier coup d'oeil, la carte des relevés de température publiée le 10 Novembre, par le GISS, attribue une vague de chaleur sans précédent à la quasi totalité de l'ex Union Soviétique ( démentie par les observations sur place), ce qui représente un bonus de plus de 13°C sur une surface gigantesque.
Résultat : la température moyenne du globe augmente d'un seul coup de +1°C, ce qui est énorme...

Suite aux observations des bloggers (scientifiques) des deux cites sus-cités, le GISS-GISTEMP après avoir claironné que le mois d'octobre 2008 était sans précédent, reconnaît piteusement qu'il a utilisé des données de Septembre 2008 en lieu et place de celles d'Octobre 2008 pour de nombreux sites d'observations situés surtout en Russie mais aussi dans de nombreux autres points du globe (jusqu'au Royaume Uni). Ceci n'est pas anodin quand on sait que, comme la Grande Armée de Napoléon et les divisions allemandes de la Seconde Guerre Mondiale en ont fait la cuisante expérience, le climat bascule brutalement en fin septembre-début octobre dans ces régions continentales, avec des chutes de températures pouvant atteindre -10°C à -15°C en quelques jours... Dans ces conditions, prendre les données d'Octobre pour celles de Septembre pour la Russie et ne pas s'apercevoir de cette énorme anomalie, relève, au mieux, de la négligence.

La carte de droite, du 12 Novembre, reproduit les données "corrigées" par le GISS. Si on ne s'étonne pas du rétrécissement marqué de la zone rouge foncé de l'Est de l'Europe, causé par la rectification de la base de données, on est surpris de voir brusquement surgir un point chaud, qui n'existait pas dans la version du 10 Novembre, dans la zone Nord Ouest du Canada, à proximité de la mer Arctique. Cette modification de dernière minute ne relève certainement pas d'une confusion des fichiers des mois de Septembre et d'Octobre. Bref, tout cela fait un peu "bricolage" de données. In fine (?), La température du mois d'octobre 2008 du GISS, bien que, comme toujours, supérieure à celle des ses collègues reste dans des limites raisonnables. (voir ici)

D'autant plus que le GISS de James Hansen et Gavin Schmidt n'en sont pas à leur coup d'essai. Voici quelques "anomalies" relevées par des analystes attentifs aux performances de cet organisme et officiellement confirmées :

  • En août 2007, Steve McIntyre et ses collègues examinèrent en détail les données des températures globales déjà publiées par le GISS pour les Etats Unis. Ce données ont été largement utilisées pour affirmer que les dernières années étaient les plus chaudes jamais enregistrées aux Etats-Unis. McIntyre du site Climate Audit dénichèrent une erreur manifeste (une discontinuité marquée en 2000) dans les données publiées par le GIEC et le GISS. Placé devant l'évidence, Le GISS fut contraint d'apporter (discrètement) les corrections nécessaires qui font que l'année la plus chaude jamais enregistrée aux Etats Unis est désormais 1934 et non 1998. La correction est minime mais, à l'évidence, un argument essentiel des alarmistes (comme dans le film d'Al Gore) s'effondre.
  • Les algorithmes de correction des températures utilisés par les responsables du GISS demeurent secrets, obscurs et fluctuants. Il est, par exemple, remarquable que les corrections screenGISSapportées, par exemple, le 12 Novembre aux données du 10 Novembre, aient affecté rétroactivement la courbe des températures officielle, au moins jusqu'en 2005.

    Un analyste extérieur au GISS a comparé les courbes de températures des Etats-Unis publiées en 1999 à celles publiées aujourd'hui. Voici, ci-contre, le résultat de cette comparaison présentée sous la forme d'un graphe animé.(cliquer sur le graphe)
    Il saute aux yeux que les corrections apportées, rétroactivement, aux températures officielles vont toujours dans le même sens... Celui de l'alarmisme. Observez, notamment, l'augmentation considérable de la pente de la courbe des températures de 1970 à nos jours de même que l'atténuation du réchauffement des années 30 (le dust bowl, les raisins de la colère de Steinbeck) dans le graphe de 2008. Ces corrections rétroactives sont, pour le moins, étranges.

  • La réponse donnée par Gavin Schmidt aux analystes qui lui faisaient remarquer la bourde commise lors de la publication du 10 Novembre est aussi, pour le moins, étonnante. Après avoir reconnu l'erreur, le bras droit de James Hansen minimise sa responsabilité en expliquant que les données sont fournies par d'autres organismes et, surtout, que le GISTEMP (l'organisme qui est chargé de construire la courbe d'évolution de la température globale qui sert au GIEC et à toutes les prises de position des responsables de la planète) ne dispose, pour ce travail, que d'une seule personne employée au quart de son temps. (source) " Current staffing from the GISTEMP analysis is about 0.25 FTE on an annualised basis " écrit-il . Dans sa réponse, Gavin Schmidt estime qu'il faudrait environ 6 personnes, à plein temps, pour vérifier les données, corriger les codes, adapter les mesures pour tenir compte de l'effet d'îlot urbain, du mauvais entretien des stations etc. alors qu'ils ne disposent que d'une seule personne employée au quart de son temps de travail...


On peut se demander, à juste titre, s'il est normal que la courbe de référence des températures de notre planète qui est à l'origine des affirmations du GIEC, des médias et des politiques et de l'hystérie climatique actuelle, ne bénéficie pas d'un personnel suffisamment étoffé pour mener à bien cette tache d'importance cruciale. Surtout quand on sait que, par ailleurs, des dizaines de milliards de dollars et d'euros sont consacrés à la recherche climatique...Gavinschmidt1
Tout ceci est extrêmement troublant.
On a du mal à croire que, compte tenu des enjeux, la NASA aurait refusé du personnel à James Hansen, s'il l'avait demandé. Si on est soupçonneux, on peut aussi se dire que les "ajustements" aux données de températures sont moins problématiques à deux qu'à six ou huit...

Enfin, on sait que James Hansen est à l'origine de l'alarmisme climatique actuel. Il a même été baptisé "l'Alarmiste en chef" par le journal français "de référence" (ce doit être un compliment dans la rubrique de ce journal, célèbre pour sa propagande alarmiste). En effet, c'est une de ses déclarations faite en 1988, devant un comité du Sénat Américain présidé par l'ex Vice Président Al Gore, qui est à l'origine de la panique climatique que nous connaissons actuellement. Il faut également noter, que le Dr Hansen est (ou a été) le conseiller scientifique d'Al Gore (notamment pour l'op-ed "une vérité qui dérange"). Hansen est assisté, au GISS, par Gavin Schmidt qui a créé le site alarmiste Real Climate avec Michael Mann, l'inventeur de la crosse de hockey.
James Hansen ne cache pas ses orientations politiques. Tout récemment, il a défrayé la chronique en suggérant publiquement de traduire en justice les responsables des entreprises fournissant les énergies fossiles aux Etats-hansen5Unis (source ) pour "crimes contre l'humanité et la nature ", puis en venant défendre, devant la justice anglaise, une équipe de Greenpeace qui avait escaladé et dégradé la cheminée d'une centrale à charbon de Kingsnorth au Royaume Uni (source).

De fait, nombreux sont ceux qui, sans doute épris de déontologie, se demandent s'il est tout à fait normal que les relevés de températures qui servent de référence au GIEC de l'ONU et qui sont à l'origine de prises de positions politiques qui engagent gravement le fonctionnement et l'économie d'une grande partie de la planète; se trouvent entre les mains d'une personne qui affirme, de manière aussi véhémente, des prises de positions activistes (pour ne pas dire fanatiques) et dont les affirmations alarmistes excèdent, et de loin, celles du GIEC.

En conclusion, il serait souhaitable que l'établissement de ces courbes de températures qui constituent le point clef à la base de graves décisions pour l'avenir de notre planète, soit confiée à un organisme neutre, indépendant et suffisamment étoffé. En outre, la plus totale transparence sur les traitements des données doit être assurée...
C'est vraiment le moins que l'on puisse exiger.

Vous retrouverez les données du GISS dans la page des grands indicateurs du climat, à côté de celles des trois autres organismes (RSS, UAH et HadCRUT) qui mesurent, en permanence, les températures du globe. RSS et UAH qui utilisent les mesures satellitaires sont nettement plus fiables que le GISS et le HadCRUT qui, utilisant essentiellement des données thermométriques, doivent subir de multiples corrections invérifiables, plus ou moins subjectives et peu transparentes laissant ainsi le champ libre à toutes les suspicions. Un audit des stations de mesures utilisées par le GISS est disponible ici. Une analyse statistique pertinente sur les stations de mesure est disponible ici.

 

07 Novembre 2008 : Avant d'attribuer le (très convoité) premier bonnet d'âne du mois de novembre, une petite introduction s'impose...

Comme vous le savez, les élections présidentielles américaines comme celle qui vient de porter Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, sont, en réalité, des élections à tiroir. Les électeurs Nord Américains ne se contentent pas d'élire leur président. Ils doivent aussi élire les représentants des chambres, leur shérif etc. et donner leur avis sur un certain nombre de dispositions que le gouverneur de leur état envisage de prendre. Autrement dit -et c'est sans doute ce qui permet d'expliquer la longueur des files d'attente devant les bureaux de vote- les citoyens américains sont consultés par voie référendaire sur différentes questions importantes, un peu à l'image de ce qui se pratique en Suisse (votation).arnold

Vous savez aussi que le Gouverneur de l'Etat de Californie dont il est question ici, est le célèbre Arnold Schwartzenegger. Depuis sa prise de fonctions en 2003 (AS a été réélu en 2006) Schwartzenegger s'est révélé un défenseur convaincu de la cause écologique et surtout, un partisan actif de la réduction des gaz à effet de serre tels que le CO2 (source). Avec l'appui des élus démocrates Californiens et des très nombreux lobbys écologistes qui fleurissent en Californie, il déclara en Août 2006 que la Californie sera le premier état des Etats Unis à imposer des mesures contraignantes de limitations des gaz à effet de serre et affirma que "La réduction des gaz à effet de serre est une question sur laquelle nous devons être les premiers".
Le système proposé est du type de celui d'
Al Gore (Cap and Trade) qui consiste à instaurer une sorte de bourse du commerce du droit de "polluer" (comme ils le disent), c'est à dire de rejeter du CO2. Les opposants (les chambres de commerce et d'industrie) ont fait savoir que cette mesure provoquerait une augmentation des prix de l'électricité et des carburants et détruirait des emplois.

Le mesures proposées par Schwarzenegger (et les écologistes californiens) ont rencontré plusieurs objections de la part de l'Etat Fédéral et en novembre 2008, les mesures "vertes" de Schwartzenegger n'étaient toujours pas mises en oeuvre.

Pensant, sans doute, que l'appui d'un référendum populaire montrerait, à l'évidence, que ces mesures répondaient bien aux attentes des citoyens Californiens, il fut décidé que deux lois "vertes" contraignantes en matière d'énergie renouvelables (proposition 7) et en matière de carburants de substitutions (proposition 10 : les biofuels) seraient proposées au référendum lors de l'élection du Président, comme cela se pratique fréquemment aux USA. L'Etat de Californie interrogeait aussi les électeurs sur la mise en oeuvre de voies ferrées à grande vitesse (proposition 1A, approuvée), ainsi que sur diverses questions de société. (voir tous les détails et les résultats de la consultation ici).

La proposition 7 imposait que les fournisseurs d'énergie (centrales électriques, entre autres) devraient tirer 40% de leur approvisionnement à partir d'énergies renouvelables en 2020 et 50% en 2025. (Note: c'est assez proche des projets des écologistes pour le futur Kyoto II)

La proposition 10 imposait à l'Etat de Californie de lever 5 Milliard $ d'obligations, destinés à aider les consommateurs