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Paroles de grands chercheurs sur le réchauffement climatique (mis à jour le 21/10/11)

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Prix d'honneur

inquisitionIl est coutumier de lire dans la presse ou d'entendre répéter dans les médias que les quelques "rares" chercheurs (NDLR : Ils sont quand même plusieurs milliers répertoriés (voir un exemple, ici, ( liste dans la colonne de gauche) ou encore ici, une pétition auprès du gouvernement canadien) qui contestent que l'effet de serre provoqué par l'homme serait le responsable du réchauffement climatique, sont de simples déviants, incompétents, mal informés voire financés par les lobbies pétroliers comme EXXON Mobil...ou encore des "flat-earthers" (comme disent les américains : ceux qui croient encore que la terre est plate !) et même, des négationnistes comme ceux qui nient l'existence de la Shoah. Mais où en sommes nous arrivés ?

J'ouvre cette rubrique pour équilibrer le débat et vous montrer qu'il n'en est rien et que de grands experts en climatologie ou dans les sciences fondamentales de l'espace ou de la terre, se donnent beaucoup de mal pour faire entendre un tout autre discours que celui qui est propagé par le GIEC, les écologistes, relayé par la grande presse et les politiques en mal de popularité. Jusqu'au Vice-Président du GIEC, lui-même, qui n'est pas d'accord avec la Pensée Unique ! Comme vous allez le voir, les quelques contestataires que je cite ne sont pas débutants. Au contraire, ce sont tous des spécialistes chevronnés. Et ils ne mâchent pas leurs mots pour dire ce qu'ils pensent du GIEC et de ses conclusions ...
En voici la liste qui s'allonge, jour après jour : Chercheurs du GIEC, Judy Curry (III), Ivar Giaever (II), Richard Lindzen (II), Mike Hulme II, Judith Curry I et II, William Nierenberg, Ian Giaever, Robert Jastrow, Hal Lewis, Pierre Morel, James Lovelock, Pierre-Gilles de Gennes, IOP; Andrew Lacis, Petr Chylek, Mike Hulme, Vincent Courtillot, Mojib Latif, Jan Veizer, Rapport JSER, John Theon, Roger Pielke Sr, Frank Tipler, William Happer, Ian Plimer, William R. Cotton, Harrison Schmitt, Cliff Ollier, Roy Spencer, Yury Izrael, Khabibullo Abdoussamatov, Richard Lindzen, Marcel Leroux, Bill Gray, Paul Reiter, Frederick Seitz, Vincent Gray, Antonio Zichichi, Augie Auer, Michael Griffin, Robert Carter, Reid Bryson, Nils-Axel Mörner, Tom V. Segalstad, Madhav L. Khandekar, Al Pekarek, Tim Patterson, Freeman Dyson, Tim Ball, John Coleman, Daniel Botkin, David Douglass, John Christy, Fred Singer, Syun Akasofu, Rosa Compagnucci, Juan Minetti, Eduardo Toni, Oleg Sorokhtin, Jose Joaquim Delgado Domingos, Hendrik Tennekes, Art Douglas; Howard C. Hayden, Don J. Easterbrook, Kunihiko Takeda, Garth Paltrdige, Stan Goldenberg, Arun D. Ahluwalia, Roger W. Cohen... Tous des scientifiques tout à fait qualifiés pour parler du fameux "réchauffement climatique". Et ce ne sont pas les seuls. N'oubliez pas les quelques 9000 et quelques docteurs ès sciences qui ont signés la pétition ici. Et les plus de 400 spécialistes, dont on peut trouver la liste ici et qui se sont exprimés rien qu'en 2007...

Malheureusement et hormis les articles accessibles du regretté Marcel Leroux (voir sa dernière vidéo, tournée peu de temps avant son décès), la plupart de ces articles et de ces déclarations sont rédigés en anglais (comme d'ailleurs la plupart des livres publiés par Leroux). Je vous traduirai les autres aussi fidèlement que possible.

19 Novembre 2011 :  Les piliers du GIEC s'interrogent et proposent des réponses divergentes à la question :

"Pourquoi, en dépit de l'accumulation persistante des gaz à effets de serre, la hausse de la température de la planète a-t-elle marqué le pas pendant la dernière décennie ?"

1 - Introduction :

Alors que nos médias unanimes et quelques intervenants sur les forums de ces mêmes médias ainsi que quelques blogs, s'efforcent de convaincre le public que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de la science climatique, que l'apocalypse est pour demain, que "c'est l'année la plus chaude" que "la science est comprise", que le consensus est unanime et que les observations se conforment parfaitement aux prévisions (prédictions, scénarios), les climatologues - les professionnels - eux, se font beaucoup de souci.

Parmi les graves questions qui les préoccupent, comme nous allons le voir, figure au premier chef, une évidence qui crève les yeux et qu'il est bien difficile de dissimuler au public et aux décideurs un tant soit peu avertis.

Comme chacun le sait et cela ne fait guère de doute, le taux de CO2 présent dans notre atmosphère augmente de manière constante, voire avec une légère accélération depuis 1945.
Or, et ce n'est pas un détail, après l'augmentation assez nette de la température globale de 1976 à 1998 qui succédait elle-même à une baisse qui s'est prolongée de 1945 à 1970 environ, la température moyenne du globe a cessé de monter.
A vrai dire et comme le savent les lecteurs de ce site et comme les graphiques officiels l'indiquent, nous sommes actuellement sur un plateau de température qui, au jour d'aujourd'hui, dure depuis plus de dix ans.
Certains comme Richard Lindzen pensent que, compte tenu des incertitudes, la stagnation des températures a commencé dès 1993-1995. C'est à dire depuis nettement plus qu'une décennie.

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R. Pachauri, le CEO du GIEC lui même s'en était inquiété dès 2008 et avait affirmé qu'il "regarderait ce plateau" comme l'a rapporté l'agence Reuters.

De même Phil Jones fut contraint de convenir de l'absence de réchauffement significatif depuis 1995, en 2010 lors d'un entretien public à BBC News.
Quoiqu'au mois de Juin dernier, il affirmait avoir retrouvé un réchauffement significatif... qu'il est vraiment très difficile de percevoir sur les graphiques officiels et aussi sur celui ci-contre établi par le Prof. Humlum à partir des données officielles HadCRUT3 (le dernier né de Phil Jones et al).
Quoiqu'il en soit et comme on le voit sur le graphique ci-contre, même en faisant abstraction des barres de tendance en pointillés, la concentration de l'atmosphère en CO2 a notablement augmenté durant la période récente et la température moyenne du globe marque le pas depuis un peu plus d'une décennie. Alors quid ?

2 - Qu'en pensent les climatologues proches du GIEC ?

Une fois n'est pas coutume. L'essentiel de la partie suivante de ce billet est une traduction d'un article du Prof. Roger Pielke Sr, lequel article est lui-même constitué d'extraits d'un article assez copieux rédigé par Paul Voosen qui est reporter scientifique à la revue peer-reviouvée "Energy & Environnment".

L'article de Pielke Sr est intitulé (fort justement, à mon sens) : "Commentaires candides de climatologues".
Judith Curry l'a repris intégralement sur son blog "Climate etc.", sous le titre : "Commentaires de scientifiques du réchauffement climatique".

Paul Voosen qui est l'auteur de l'article initial, a eu l'excellente idée de collationner, au sein d'un papier abondamment documenté, les commentaires ou les réponses des climatologues les plus en vue et les plus proches du GIEC (dont ils sont en fait les principaux piliers) à une question épineuse qui, comme vous allez le voir, pose (à juste titre) problème aux théories en cours sur le réchauffement climatique.

La question posée était celle qui figure dans l'entête de ce billet : "Pourquoi, en dépit de l'accumulation persistante des gaz à effets de serre, la hausse de la température de la planète a-t-elle marqué le pas pendant la dernière décennie ?".

Ce billet est assez long et je m'en excuse à l'avance. Cependant, Il mérite une lecture attentive parce qu'il est particulièrement révélateur de l'état actuel de la science climatique. D'autre part, son style est assez narratif et facile à suivre.
Il devrait tout particulièrement intéresser les lecteurs avertis qui suivent depuis quelque temps cette affaire et qui ont connaissance des théories et les modèles qui vont avec. Ceux qui savent où se trouvent les incertitudes, les hypothèses plus ou moins hasardeuses, et les contradictions entre les modèles et les observations.

Comme l'avaient fait les courriels du CRU (Le Climategate) en 2009, sous bien des aspects, les commentaires qui suivent révèlent le fond de la pensée, les inflexions, les hésitations voire les contradictions des quelques initiés qui ont fait, et font encore, la pluie et le beau temps dans les rapports successifs FAR, SAR, TAR et AR4 (et bientôt l'AR5) du GIEC de l'ONU.

Ci-dessous, les traductions des textes du billet de Roger Pielke Sr. apparaissent comme des encadrés sur fond jaune. Mes propres remarques ou les transitions entre les différentes sections apparaissent sur le fond bleu-vert.

Une remarque préliminaire de Pielke qui rejoint mes commentaires précédents :

Il y a, dans cet article, quelques citations intéressantes de la part des climatologues qui mettent en lumière le grand degré d'incertitude par rapport au système climatique et au rôle que peut y jouer l'homme. Et ceci même parmi les scientifiques qui sont fortement impliqués dans les rapports du GIEC.[...]

Les citations intéressantes et le texte sont remis en ordre selon les personnes citées. Je recommande chaudement la lecture de l'article intégral cité. [les caractères engraissés sont de mon fait [NdT, c'est à dire de Pielke]].


Pour ma part, je me suis contenté, pour une meilleure lisibilité, d'engraisser les noms des chercheurs concernés par chaque paragraphe.

De John Barnes [La spécialité de Barnes est la mesure des aérosols stratosphériques)

Si vous regardez la température du globe durant la dernière décennie, elle n'augmente pas" dit Barnes."Il y a beaucoup de fluctuations. Mais les modèles [du climat] augmentent. Et ceci doit être expliqué. Pourquoi ne s'est-elle pas réchauffée ?

Barnes a effectué une veille vigilante et solitaire pendant 20 ans [A l'observatoire de Mauna Loa à Hawaï]. Empruntant le chemin tortueux et constellé de nids de poules qui mène au laboratoire financé par le gouvernement, il a passé soirée après soirée en attendant le grand événement (NdT : sans doute une grande éruption). Sa spécialité consiste à mesurer les aérosols stratosphériques, les particules réfléchissantes issues des volcans dont on sait qu'elles refroidissent temporairement la planète. Seules les plus violentes éruptions volcaniques sont capables de hisser les émissions au dessus des nuages, pensaient les scientifiques tout comme Barnes. Dès lors, après avoir construit son laser, Barnes attendait son heure.

Jusqu'à ce jour, il n'y a pas eu d'éruption volcanique majeure depuis 1991, quand le Mont Pinatubo a grillé les Philippines, provoquant un refroidissement de la terre d'un demi degré pendant plusieurs années. Mais Barnes a suivi avec attention ce silence radio en identifiant le niveau d'arrière-plan des particules dans la stratosphère. C'est alors, il y a quatre ans, assis dans son labo en préfabriqué, situé près de l'endroit où Charles Keeling effectua les premières mesures historiques de l'augmentation du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, que Barnes observa quelques chose de bizarre dans les enregistrements des aérosols.

Barnes se lamente de la complexité époustouflante de la question de la séparation de tous les petits forçages sur le climat. En comparaison, le travail soigneux de Charles Keeling qui mesurait l'augmentation du taux de CO2, apparaît comme très simple.

“C'est vraiment subtil" dit-il. "Il est dur de déterminer quelle quantité s'en va dans les océans, parce que les océans absorbent une partie de la chaleur. Et dans beaucoup d'endroits les mesures n'ont tout simplement pas la précision requise. Nous avons bien des satellites qui mesurent le budget énergétique, mais il y a aussi des hypothèses là-dedans, il y a des hypothèses au sujet des océans, parce que nous n'avons pas une quantité suffisante de mesures dans les océans.


De Jean-Paul  Vernier

Il y a cinq ans, un ballon qui avait été relâché au dessus des sables du Sahara, a changé l'existence de Jean-Paul Vernier.

En ascension au dessus des sables grillés par la chaleur du Niger, le ballon, équipé pour capturer les aérosols qui sont le mélange de particules naturelles et résultant de l'activité humaine suspendues dans l'atmosphère, s'éleva au dessus des nuages et rentra dans la stratosphère. A cet endroit, Vernier pensait trouver un ciel clair. Après tout, il n'y avait pas eu d'éruptions comme celle du Pinatubo depuis plus d'une décennie. Mais il se trompait. A une altitude de 12 miles, le ballon découvrit un filon d'aérosols.

Vernier avait trouvé une tranche de la tendance identifiée par Barnes à Mauna Loa à Hawaï. C'était étonnant. D'où pouvaient provenir ces aérosols qui réfléchissent la chaleur ? Vernier n'était pas sûr mais Barnes et son équipe hasardèrent une hypothèse en annonçant leur découverte. C'était, suggérèrent-ils, du fait de l'activité en croissance rapide de la Chine qui était devenue très alarmante.

Vernier qui est un scientifique français venu étudier les aérosols au Centre de Langley de la NASA, se lança, tout comme Barnes, dans l'utilisation du laser pour comprendre ces sulfates facétieux. Mais au lieu d'utiliser un laser attaché à la terre, il utilisa un laser dans l'espace.

La même année que celle de la campagne de ballons sondes au Niger, la NASA avait lancé un satellite équipé d'un laser destiné à observer les aérosols parmi les nuages. Vernier et ses collègues s'imaginaient qu'avec un minimum d'algorithmes simples, ils pourraient faire dire clairement au laser CALIPSO ce qu'il savait sur la stratosphère. L'avalanche de données qui venaient du satellites étaient chaotiques - trop fluctuantes au goût de Barnes lorsqu'il y jeta un coup d'oeil - mais plusieurs années après, Vernier l'avait pris en mains. Il avait trouvé une réponse.

Pour la plupart, les aérosols ne semblaient pas être de la faute de la Chine.


De Kevin Trenberth

Le hiatus [dans le réchauffement] n'était pas inattendu. La variabilité du climat peut supprimer l'augmentation de température de manière temporaire, bien qu'avant cette décennie, les scientifiques n'étaient pas certains de savoir combien de temps pourrait durer une telle pause. Quoiqu'il en soit, une décennie, ce n'est pas assez long pour dire quoique ce soit au sujet de l'effet des humains sur le climat, et si on se base sur les résultats d'un article à venir bientôt, il faut attendre 17 ans.

Pour quelques scientifiques, attribuer le hiatus aux variations naturelles de la planète était suffisant. Les températures remonteront bientôt tirées inexorablement par la couverture, en augmentation constante, tendue dans d'atmosphère par les gaz à effet de serre. Les gens l'oublieront [NdT : le hiatus].

Mais pour d'autres, cette réponse simple constituait un échec. Si les scientifiques en venaient à attribuer l'arrêt du réchauffement à la variabilité naturelle, il se trouvaient placés devant une lourde tâche qui était d'expliquer de manière précise comment fonctionnait cette variabilité. Sans éléments de preuves, leurs affirmations n'étaient pas meilleures que les théories infondées que faisaient circuler les climato-sceptiques sur Internet.

“Cela m'a toujours dérangé", dit Kevin Trenberth, le responsable de la section sur l'analyse du climat au Centre National de La Recherche Atmosphérique [NdT : NCAR]. “La variabilité naturelle n'est pas une cause. Ce qu'il faut expliquer c'est de quel aspect de la variabilité naturelle il s'agit."

Jusqu'en 2003, les scientifiques avaient une compréhension raisonnable de l'endroit où allait la chaleur piégée venant du soleil. On la voyait dans la hausse du niveau des océans et dans les températures. Mais depuis lors, la chaleur dans la partie supérieure de océans n'avait pratiquement pas augmenté et la hausse du niveau des océans s'était ralentie, alors que les données issues des satellites qui observaient les chaleurs rentrantes et sortantes - le budget énergétique de la Terre - trouvaient qu'une quantité de chaleur toujours en augmentation, devait être piégée dans la planète. (Quelques scientifiques questionnaient le fait que l'on se basait trop fortement sur les données satellitaires, puisque l'énergie observée devait être fortement revue à la baisse en se guidant sur les modèles climatiques.) Étant donné que le bilan incluait clairement le cycle solaire et les aérosols, il devait manquer quelque chose.

Où s'en allait la chaleur ? Trenberth ne cessait de reposer cette question.

Récemment, en travaillant avec Gerald Meehl et d'autres, Trenberth proposa une réponse. Dans un article publié le mois dernier, ils mirent en place un modèle du climat qui montre qu'une pause des températures, longue d'une décennie, accompagnée de son énergie manquante correspondante, pouvait survenir du fait que la chaleur s'enfoncerait dans les eaux profondes et froides des océans à une profondeur de plus de deux mille pieds. L'équipe utilisait un nouveau modèle, celui qui était préparé pour le prochain rapport de l'ONU sur le climat. A la différence des modèles précédents, il gérait bien la variabilité du Pacifique, "ce qui semble important" a dit Trenberth.

“Lors d'un La Niña, les températures de l'eau plus froide de la surface dans le Pacifique signifient qu'il y a moins de convection là-bas - peu de tempêtes tropicales, etc. et peu de nuages mais ainsi plus de soleil," dit-il "La chaleur s'en va dans les océans et se trouve déplacée par les courants océaniques. C'est pourquoi, ironiquement, des conditions plus froides conduisent à ce que plus de chaleur soit emprisonnée."

C'est une illustration convaincante de la manière dont la variabilité naturelle, au moins dans ce modèle, pouvait surpasser l'influence de l'augmentation des gaz à effet de serre, pendant une décennie ou plus, ont déclaré plusieurs scientifiques. Cependant, selon un chercheur éminent -Hansen de la NASA - c'est la recherche de la réponse à une question qu'il n'est pas nécessaire de résoudre.

C'est parce que, selon Hansen, il n'y a pas d'énergie manquante.

Trenberth se demande si les mesures Argo sont assez matures pour raconter une histoire aussi précise que celle qu'Hansen met en avant. Il a constaté de nombreuses incohérences dans les analyses des données et il y a encore des problèmes de données manquantes et erronées et aussi des problèmes de calibration," dit-il "Les bouées Argo sont précieuses", a-t-il ajouté , mais" elles n'en sont pas encore arrivées jusque là."



de Susan Solomon

“Ce que je trouve réellement excitant à propos de cette période des dix dernières années, c'est que cela a poussé les gens à se poser des questions au sujet de la variabilité décennale, avec beaucoup plus de soin qu'ils ne l'avaient probablement fait auparavant." a dit Susan Solomon qui est une chimiste de l'atmosphère et ancienne auteur principal du rapport sur le changement climatique de l'ONU, lors d'une visite au MIT. “Et c'est très bien. Il n'y a pas de balle d'argent (NdT : c'est à dire, pas d'explication miracle). Dans le cas présent, c'est plutôt une charge de quatre ou cinq chevrotines d'argent."[NdT : c'est à dire qu'il y a quatre ou cinq explications possibles].

Précédemment, Solomon avait montré qu'entre 2000 et 2009, la quantité de vapeur d'eau dans la stratosphère avait décru d'environ 10 pour cent. Ce déclin qui résultait soit de la variabilité naturelle - peut-être en relation avec El Niño - ou d'une rétroaction au changement climatique, était capable de contrer 25% du réchauffement qui aurait été causé par l'augmentation des gaz à effet de serre (Certains scientifiques ont trouvé que cette estimation était trop élevée). Dès lors, une autre dynamique semble jouer un rôle au dessus des nuages.

Dans un article publié cet été, Solomon, Vernier et d'autres ont mené ces faits discrets jusqu'à leur conclusion, en estimant que les aérosols provoquaient une tendance au refroidissement de 0,07°C lors de la dernière décennie. Tout comme pour la vapeur d'eau, ce n'était pas une réponse unique mais c'était un petit facteur. Il sont du type de ces influences mineures que les modèles du climat devront incorporer, a dit Santer du Livermore.

Solomon a été surprise de voir le travail de Vernier. Elle se souvenait de l'éruption de la Soufrière, en pensant que " Celle-là n'ira jamais jusqu'à la stratosphère". Les idées reçues ont changé rapidement. "Vous pouvez voir effectivement que toutes ces petites éruptions dont on pensait qu'elles n'intervenaient pas, interviennent." dit-elle.



De Jim Hansen

Ces révélations ont poussé les plus grands noms de la science à changer leur point de vue.

En fait, le résultat le plus important de cette chasse à l'énergie peut être que les chercheurs ont, de manière chronique, sous-estimé l'effet réfléchissant de la pollution de l'air, a dit James Hansen de la NASA, le chef de l'Institut Goddard pour la recherche spatiale.

Les données récentes l'ont forcé à revoir son point de vue sur la quantité d'énergie provenant du soleil qui est stockée dans les océans, condamnant la planète à se réchauffer. C'est plutôt, dit-il, que la pollution de l'air résultant de la combustion des énergies fossiles, directement ou indirectement; a masqué le réchauffement dû à l'effet de serre plus que ce que personne ne le savait.

Cela n'était "en aucune manière affecté par les affirmations ineptes des contrariants" dit Hansen. "Ces sont de questions fondamentales qui sont dans l'objectif de la science depuis toujours. Le problème réside dans l'absence d'observations [scientifiques]."

Hansen de la NASA conteste le fait que les soucis résultant des déclarations des sceptiques ont poussé les scientifiques du climat à ignorer l'influence du soleil sur le climat. Son équipe, dit-il a "toujours inclus le forçage solaire basé sur les observations et les estimations de Judith |NdT, Judith Lean, voir ci-dessous] pour la période précédant les observations précises effectuée actuellement."

“Ceci rend le soleil un peu plus important parce que la variabilité du soleil module le déséquilibre énergétique de la planète" dit Hansen, " Mais le forçage solaire est trop petit pour produire un déséquilibre net négatif, c'est-à-dire, que les variations du soleil ne vont pas causer un refroidissement global."

“Malheureusement, quand nous nous focalisons sur les aérosols volcaniques, le forçage solaire et les variations de la teneur en vapeur d'eau de la stratosphère, c'est comme si nous cherchions nos clefs perdues au pied d'un réverbère," dit Hansen. " Ce que nous devons rechercher c'est le forçage des aérosols troposphériques, mais celui-ci ne se trouve pas au pied d'un réverbère.

“Je soupçonne qu'il a eu une augmentation des aérosols suite à l'augmentation de l'usage du charbon durant la dernière décennie ou quelque chose comme ça." dit-il. "Il y a un élément de preuve semi-quantitative de cela dans les régions où ceci est attendu. Malheureusement, le problème est que nous ne mesurons pas suffisamment bien les aérosols pour déterminer leur forçage et comment celui-ci varie.

De manière plus fondamentale, Les données des bouées Argo ont poussé Hansen à réviser fondamentalement sa compréhension de la manière dont fonctionne le climat. C'est un changement qu'il expose dans un article qui sera certainement sujet à controverses et qui sera publié plus tard cette année.

Depuis des décennies, les scientifiques savaient que la chaleur piégée par les gaz à effet de serre s'en allait dans les océans et pas dans l'atmosphère. Il en résulte que même si les émissions étaient stoppées demain, l'atmosphère continuera à se réchauffer en cherchant à rétablir l'équilibre avec les océans surchauffés. Suivant une expression due à Hansen ce réchauffement supplémentaire serait "dans le pipeline" et ses effets se feraient attendre pendant des années et des années. Mais, dire de manière précise, quelle quantité de réchauffement serait dans le pipeline, dépendrait de l'efficacité du mélange de la chaleur dans les profondeurs des océans.

Hansen pense maintenant qu'il a la réponse. Tous les modèles du climat, par comparaison avec les données des bouées Argo et celles d'un traceur qui seront bientôt publiées par plusieurs de ses collègues de la NASA, exagèrent l'efficacité du mélange de la chaleur dans les recoins des océans. L'unanimité des modèles au sujet de la grande efficacité de ce mélange pourrait être due à quelques anciens fragments de code que les modèles ont en commun. Quoiqu'il en soit, ceci signifie que les modèles du climat ont surestimé la quantité d'énergie stockée dans le climat en cherchant à coller avec le réchauffement de la surface qui se produirait si les océans mélangeaient la chaleur de manière efficace. Ils résolvaient un problème qui n'existait pas, dit Hansen.

Au premier coup d'oeil ceci pourrait passer pour une bonne nouvelle, si c'est vrai. Mais ce n'est pas le cas.

Toutes choses étant égales par ailleurs, un mélange moins efficace signifierait qu'il y a moins de réchauffement dans le pipeline", dit Hansen “Mais ceci implique également que le forçage négatif des aérosols est probablement plus important que le supposent la plupart des modèles. Ainsi la négociation Faustienne au sujet des aérosols est probablement plus un problème qu'on ne le supposait."


De John Daniel [chercheur du ESRL de la NOAA [Earth System Research Lab of the National Oceanic and Atmospheric Administration]

Cependant, quand les données [NdT de la température globale] sont sorties en 1998, les scientifiques ont raté la marche. C'est un processus que l'on voit souvent quand les températures montent. Ils ont beaucoup trop oublié de nuancer, dit John Daniel, un chercheur du Earth System Research Lab de la National Oceanic and Atmospheric Administration.

“Nous commettons une erreur à chaque fois que la température monte, vous assurez que cela vient du réchauffement climatique", dit-il "Si vous en faites toute une affaire chaque fois qu'elle monte, il semblerait que vous devriez aussi en faire toute une affaire chaque fois qu'elle descend."


De Ben Santer

Depuis une décennie, c'est exactement ce qui s'est passé. Les Sceptiques font des déclarations exagérées au sujet du "refroidissement global" en pointant sur 1998 (Pour avoir un exemple représentatif, il y a deux ans, le journaliste George Will mentionnait 1998 comme "l'apogée" du réchauffement). Les scientifiques ont dû jouer la défense, dit Ben Santer, un modélisateur du climat au Lawrence Livermore Laboratory.

“ Cette discussion sur l'absence de réchauffement depuis 1998 a poussé les gens à réfléchir au pourquoi et à essayer de comprendre le pourquoi," dit Santer. " Mais il a aussi poussé les gens à corriger ces affirmations incorrectes."

“Le truc de Susan [Susan Solomon, la vapeur d'eau dans la stratosphère, voir ci-dessus] est particulièrement important." a dit Santer. “Même si vous avez un modèle hypothétique parfait et si vous laissez tomber les forçages erronés, vous obtenez une réponse fausse."


De Judith Lean

[NdT : JL était la seule et unique spécialiste du soleil qui est intervenue dans le dernier rapport AR4 du GIEC (2007)... où elle minimisait totalement l'influence des variations du soleil. Depuis, elle semble avoir changé d'avis]

La réponse pour le hiatus est, selon Judith Lean, toute entière dans les étoiles. Ou plutôt, dans une étoile.

Ce n'est que tout récemment que les modélisateurs du climat ont inclus le fait que 0,1 pour cent peut influer sur le climat du monde pendant une décennie. (Selon les meilleures estimations, il pousse les températures de 0,1degré Celsius). Auparavant, le soleil ne bénéficiait d'aucun respect, comme disait feu le comédien Rodney Dangerfield, selon Lean, une volubile scientifique du soleil qui travaille à la Division de l'Espace du Laboratoire de Recherche Navale qui est une installation mobile dotée de radars et tractée jusque dans l'extrémité Sud-Ouest de Washington, DC.

Les modèles du climat sont défaillants en ce qu'ils ne reflètent pas l'influence cyclique du soleil sur le climat et "ceci a conduit à l'idée que le soleil n'est pas un acteur [NdT : important]" dit Lean "et qu'il devaient absolument prouver qu'il ne joue aucun rôle".

Selon Lean, la combinaison de multiple La Niñas et du minimum solaire qui s'est sorti d'une période dormante inhabituellement prolongée en 2008 depuis son pic en 2001, c'est tout ce qu'il faut pour effacer l'augmentation du réchauffement résultant de l'augmentation des gaz à effet de serre. Maintenant que la hausse de l'activité [NdT : du soleil] a recommencé à reprendre, Lean soupçonne que les températures vont augmenter en parallèle jusqu'au pic du soleil vers 2014.

Cette tendance persistante a poussé Lean à entreprendre une démarche rare pour une scientifique du climat : Elle a fait des prédictions à court terme. Elle projette que vers 2014 la température globale de surface augmentera de 0,14 degrés Celsius, dit-elle, ceci étant piloté par le réchauffement humain et le soleil.


De Graeme Stephens

Durant toute la dernière décennie, pour la première fois, les scientifiques ont eu accès à des mesures fiables de la chaleur emmagasinée en profondeur dans les océans, jusqu'à 5000 pieds en dessous du niveau des mers, grâce au réseau Argo qui est constitué d'une collections de plusieurs milliers de bouées robotisées qui prennent des mesures et qui s'enfoncent et remontent au sein de la colonne liquide, jour après jour. Ceci a conduit Hansen à conclure que le déséquilibre énergétique net était, pour être brièvement technique, de 0,6 watts par mètre carré, plutôt que de 1 watt par mètre carré comme certains l'affirmaient.

(Récemment, le groupe qui utilise les satellites pour mesurer le déséquilibre énergétique a révisé sa mesure qui se situe maintenant à 0,6 watts, en accord avec l'estimation de Hansen, selon Graeme Stephens, le chef de mission Cloudsat de la NASA. Ceci suggère qu'il n'y a pas d'énergie perdue. Trenberth n'est pas d'accord avec cette analyse et il est probable que ce sera un problème dans le débat en cours.


De Robert Kaufmann

L'été dernier, Robert Kaufmann, le géographe de BU [NdT : de l'Université de Boston] a fait des vagues lorsqu'il a publié une modélisation suggérant que le hiatus du réchauffement pourrait être entièrement dû au El Niño et à la croissance des sulfates résultant de la combustion du charbon par la Chine. Bien que les données utilisées dans cette étude étaient basées sur la combustion du charbon par ce pays et non sur les émissions réelles - ce qui constitue un grande incertitude - beaucoup de scientifiques ont vu quelque vérité dans ses affirmations.


De Martin Wild

Le rapide déclin de la pollution aérienne, pendant les années 1980 et 1990, aux Etats-Unis et en Europe, a dominé les tendances des aérosols mondiaux. Tandis que ces émissions ont continué à décliner dans l'Ouest, les bénéfices en terme de luminosité, ont diminué, simplement du fait de la croissance de la combustion du charbon en Asie. Ce n'est pas que le monde redevient plus obscur, c'est que sa luminosité n'augmente plus.

“Il n'y a plus de tendance globale nette,” dit Martin Wild qui est un auteur principal du prochain rapport sur le climat des Nations Unies et qui travaille à l'Institut Fédéral de Technologie Suisse à Zurich. Mais, il a ajouté “ça colle très bien avec la génération [usines à charbon]. Pour moi, c'est très surprenant que ce semble si bien coller. Mais cela pourrait malgré tout, être fortuit."


De Daniel Jacobs

Les observations de Kaufmann sont peut-être valables pour une durée limitée . Depuis 2006, la Chine a commencé a rendre obligatoire l'utilisation des dépolluants sur ses générateurs électriques à charbon, bien qu'on en sache pas bien pendant quelle durée ces épurateurs seront mis en activité même quand ils sont installés. Mais le changement est en marche, dit Daniel Jacob qui est un chimiste de l'atmosphère à l'Université de Harvard.

“Les sources de sulfates se sont stabilisées, parce qu'ils ont commencé à mettre en action de sérieux contrôles des émissions sur les usines," a dit Jacob. "C'est intéressant. Quand vous regardez les scénarios des émissions futures (dans le prochain rapport de l'ONU, GIEC], vous voyez les émissions de SO2 chuter comme une pierre, même dans les décennies à venir. Parce que, tout simplement, la Chine va devoir faire quelque chose pour résoudre son problème de santé publique.

Roger Pielke Sr. conclut son article de la manière suivante :

La fin de l'article [ NdT : de Paul Voosen] met en lumière le débat en cours entre ces scientifiques :

“….De nombreux scientifiques qui se préoccupent du hiatus du réchauffement sont en désaccord les uns avec les autres - avec une discussion entre copains et entre académiques -. Judith Lean, la scientifique du soleil, trouve que le travail de Kaufmann n'est pas convaincant et qu'il critique, sans nécessité, la Chine. Kaufman trouve que les études de Solomon sur la stratosphère manquent de preuves. Hansen et Trenberth ne peuvent pas se mettre d'accord sur l'équilibre énergétique.

Dès lors, il semble stupéfiant qu'en l'espace de quelques années, un nouveau consensus puisse parvenir à se dégager pour le prochain rapport de l'ONU (NdT : Le GIEC) sur le changement climatique.
Mais, ce sera le cas et les problèmes cachés sous la surface, demeureront, comme toujours, avec les théories re-débattues et les rivalités, les questions, le sel de la vie scientifique.

Alors, finalement, quelqu'un peut-il dire de manière explicite, ce qui a causé le hiatus dans le réchauffement ?

“Toutes ces choses contribuent à l'assoupissement relatif du réchauffement" a déclaré Santer du Livermore (Ndt ; Le Lawrence Livermore Laboratory, le LLL). "Ce qui est difficile c'est de trouver la contribution relative de ces choses-là. Vous ne pouvez pas le faire sans une modélisation systématique et de l'expérimentation. J'espérerais que quelqu'un le fera."

Pour sa part, Barnes, aimerait préciser si les aérosols d'arrière plan qu'il a trouvé dans la stratosphère, sont issus de la combustion du charbon Chinois. Il est difficile de résoudre ce problème mais il a quelque espoir que cela puisse arriver.

“Peut-être que quand la combustion du charbon aura triplé" dit-il, "alors nous pourrons tirer les choses au clair".

Ces extraits de l'article de Greenwire illustrent la raison pour laquelle le système climatique n'est pas encore bien compris. La question scientifique N'EST PAS résolue.

 

3 - En conclusion,

On ne peut mieux dire que Roger Pielke Sr. : "La question scientifique N'EST PAS résolue."
J'ajouterai qu'il est évident qu'il n'y a pas de consensus à ce sujet, pourtant fondamental.

En effet, ces chercheurs proches du GIEC ne sont pas d'accord entre eux :

-Trenberth s'interroge sur la chaleur perdue et pense l'avoir trouvée dans les fonds sous-marins. Il lui faut encore quelques années pour pouvoir discerner l'influence (ou non) du CO2 anthropique dans l'évolution assez étonnante (pour eux) des températures.
-
Hansen pense qu'il n'y a pas de chaleur perdue et que le bilan énergétique n'est pas celui que l'on croyait. Il soupçonne que sont les aérosols qui ont fait baisser la température.
-
Judith Lean pense que le rôle du soleil est plus important qu'on ne le pensait et qu'on l'a "oublié" dans les modèles. Alors qu'Hansen affirme qu'il s'est basée sur ses données. Judith Lean fait des prédictions à court terme qu'il sera possible de vérifier.
-
Solomon pense que la diminution de la vapeur d'eau dans la stratosphère a joué un rôle très important.
-
Kauffman pense que les aérosols chinois sont les responsables.
-Mais
Vernier pense que ce n'est pas le cas, de même que Judith Lean. Barnes s'interroge à ce sujet, faute de preuves.
-etc.

La vérité est qu'ils ne savent pas ce qui a provoqué le fameux hiatus des températures de la dernière décennie.

En soi, il n'est nullement critiquable que des chercheurs hésitent, avancent des hypothèses et des explications parfois contradictoires, et que, finalement, ils ne sachent pas pourquoi les températures n'ont pas augmenté depuis plus de dix ans, contrairement aux prédictions de la vingtaine de modèles que l'on croyait tout-puissants, jusqu'alors. La recherche ne sait pas tout, surtout en matière de climatologie, contrairement à ce que les décideurs et les activistes voudraient croire ou nous faire croire... pour passer à l'action.

Mais ce qui est hautement critiquable, c'est de ne pas mettre au grand jour, ses incertitudes et ses hésitations, ses échecs, les divergences de point de vue d'un chercheur à l'autre (par exemple entre James Hansen et Kevin Trenberth qui diffèrent sur rien moins que le bilan énergétique de la planète). Ce qui est hautement critiquable, c'est de prétendre qu'il existe un consensus entre les chercheurs proches du GIEC et que le système climatique est compris. Il ne l'est pas. Il faut le dire. Les divergences sont naturelles et existent dans de nombreux secteurs de la recherche scientifique mais dans le cas présent, il faut le dire car tout cela peut avoir (et a déjà eu) de graves conséquences, au plan local comme au plan mondial.

Cependant, un lecteur attentif aura discerné au travers de ces textes qu'une tendance relativement nette semble prendre corps : La prise en compte plus rationnelle de la variabilité naturelle du climat, indépendamment du CO2. C'est d'ailleurs ce que l'on perçoit également dans le texte relativement prudent du récent Summary for Policymakers (Résumé pour les décideurs) du dernier rapport spécial "sur les événements extrêmes" du GIEC, dont on peut lire une analyse sur le blog de Judith Curry.
Enfin !

A noter également qu'aucun des scientifiques, proches du GIEC, cités ci-dessus, n'évoque une possible (nécessaire ?) remise en question plus ou moins fondamentale des modèles climatiques qui ne reproduisent manifestement pas les évolutions du climat, depuis près de quinze ans et qui pourraient, tout autant, être remis en cause pour la question du "hotspot".
Peut-être faudra-t-il attendre 17 ans, soit quelques années de plus ou encore que "la combustion du charbon ait triplé", comme le dit Barnes ?

D'autre part, aucun des intervenants n'évoque clairement la question des oscillations climatiques multidécennales (notamment de période 60 ans) qui ont pourtant reçu l'aval d'un nombre important de scientifiques tout à fait crédibles (tels Chylek, Akasofu, Tsonis, Gray; Spencer et beaucoup d'autres). Ces oscillations multidécennales permettent pourtant d'expliquer, de manière tout à fait naturelle, le "hiatus" des températures que nous observons depuis une dizaine d'années et même de prévoir que le climat ne devrait pas se réchauffer où devrait se refroidir pendant quelques dizaines d'années encore. Il est vrai que ces oscillations naturelles, si elles sont bien observées, ne sont ni reproduites ni prévues correctement dans les modèles informatiques actuels.

Nous verrons !

josh2f

Josh, le "cartoonist" US bien connu, notamment sur Bishop Hill et WUWT, a publié une illustration relative au texte ci-dessus.
Je l'ai traduite et collée ci-contre
(avec l'aimable autorisation de l'auteur du dessin : Thanks, Josh !). KEV mentionné par Hansen, c'est Kevin Trenberth (à gauche) avec lequel il est en désaccord sur le bilan énergétique de la planète.

A noter que l'on se perd en conjectures au sujet du personnage à droite, désigné par le ET AL. S'agit-il de Mike Mann, de Gavin Schmidt, ou d'un mix des deux ?
On ne sait pas. Ils se ressemblent.

Mais vous avez là les "noms des meneurs" comme l'on dit.
Ils sont très peu nombreux mais ils sont effectivement les principaux moteurs du
GIEC.


De manière générale et du point de vue duquel se place Pensee-Unique, la situation actuelle est plutôt encourageante. Certaines certitudes sont remises en questions et les quelques inflexions, bien qu'encore un peu timides, semblent aller dans le bon sens.

Stay tuned ! A suivre, donc !

Update du 20/11/11 : :Je n'ai réalisé qu'après coup qu'une excellente traduction du texte de l'article de Pielke Sr, avait déja été déposée par Marot sur le site Skyfall.
Dommage ! Je l'aurais citée et j'aurais gagné du temps.



18 Octobre 2011 : Judith Curry : Science (A), Communication (B) et Politique (C) ; A+B=C ou A=C-B ?

Le temps passant, les sondages (notamment dans les pays anglophones) montrent que le public devient de plus en plus sceptique au sujet des thèses du réchauffement climatique anthropique. En parallèle avec un nombre croissant de scientifiques éminents qui se désolidarisent de cette affaire (e.g. Ivar Giaever, ci-dessous et la longue liste qui figure dans cette page), on voit à présent des hommes/femmes politiques anglophones qui n'hésitent plus à déclarer ouvertement leur scepticisme, comme, par exemple, lors de la course des primaires présidentielles aux USA.
Evidemment -on les comprend- les climatologues mainstream proches du GIEC s'en inquiètent, tout comme les grandes institutions largement impliquées dans cette affaire. Ils ne comprennent pas, cherchent des explications et, surtout, à établir des contre-feux.

Quelles solutions proposent-ils ?

De manière générale et vous en verrez un autre exemple ci-dessous, les institutions et les climatologues proches du GIEC sont persuadés que la progression du scepticisme climatique dans le grand public et dans les milieux politiques, provient, non pas des doutes et des incertitudes que l'on peut nourrir sur la science qu'ils présentent comme un fait acquis, mais d'un défaut de communication de leur part. C'est donc cela qu'ils doivent améliorer, pensent-ils.
Beaucoup reconnaîtront ici la démarche classique des responsables politiques qui, quand le public n'est pas d'accord avec leur projet, affirment que ce dernier n'a pas compris et qu'il ne peut s'agir que d'un problème de pédagogie et/ou de communication.

Dans ce contexte, et comme le savent les lecteurs de ce site, le plus emblématique des climatologues alarmistes est, sans contexte, James Hansen (du GISS de la NASA). Ce dernier vient de faire une déclaration à la Royal Society (UK), répercutée dans les médias anglophones tel "The Independent UK" dont des extraits de l'article sont traduits ci-dessous (texte complet ici). La déclaration de J. Hansen y a fait grand bruit et elle va très exactement dans le sens de ce qui est décrit ci-dessus :

THE INDEPENDENT (UK) (11 octobre 2011) (caractères engraissé par PU)

"Le Réchauffement climatique : les climato-sceptiques sont en train de gagner la bataille.
Le père du mouvement vert déclare que les scientifiques manquent d'aptitude aux relations publiques pour convaincre le public de les écouter."hansen0

Par Michael McCarthy, Editeur sur l'Environnement.
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"Les climato-sceptiques sont en train de gagner la bataille vis-à-vis du public au sujet du réchauffement climatique, a déclaré le plus célèbre climatologue, James Hansen de la NASA, hier à Londres." [...]

"Au cours d'un exposé à la Royal Society, (NdT : L'Académie des Sciences Britannique) le Dr. Hansen a été franc au sujet du succès remporté auprès du public par ce qu'il appelle "les contrarians du climat", en atténuant de manière efficace la perception du public vis-à-vis du réchauffement climatique. Il a dit "Ils gagnent la bataille depuis plusieurs années même si la science s'est clarifiée." (NdT : C'est exact, mais pas dans le sens qu'il défend)
"Une partie du problème, a-t-il dit, tient au fait que le lobby climato-sceptique a utilisé les services de professionnels de la communication, tandis que les "scientifiques sont tout simplement incompétents pour communiquer avec le public et n'ont pas les moyens de le faire." [...]

Cette déclaration de J. Hansen nous explique que si les climato-sceptiques ont sérieusement gagné en audience auprès du public, ce n'est pas à cause des multiples incertitudes de la science climatique ni à cause des nombreuses maladresses (pour rester aimable) commises par les zélotes du GIEC (Les courriels du Climategate, l'Himalyagate, le malariagate etc..) au cours des années passées.
Selon "le père du mouvement vert" comme l'écrit The Independent, (bien que Hansen ne le soit certainement pas, même s'il est très actif dans ce domaine),
la véritable raison de cet échec des climato-alarmistes résiderait dans un problème de relations publiques et de communication !

Sachant ce qu'il en est aux USA, comme au Royaume Uni et dans les pays francophones, au sujet de la couverture médiatique du climato-alarmisme, où la quasi-totalité des médias (la totalité en France) ont soutenu et soutiennent activement (et parfois maladroitement) les thèses du GIEC, on ne peut que s'étonner des affirmations de James Hansen devant la Royal Society.
Cependant et compte tenu de l'énormité de cette déclaration, beaucoup ont pris cela avec humour. Vous trouverez sur le site du statisticien
William Briggs, un sketch humoristique (une discussion entre James Hansen et son fidèle assistant Gavin Schmidt qui, peu à peu, énumère le liste interminable des médias qui sont acquis à leur cause) dont je vous conseille la lecture, si vous êtes anglophone.
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A ce propos, et comme vous allez le voir, Judith Curry n'est pas du tout de l'avis de James Hansen. Elle ne pense pas que la "com" soit la solution aux problèmes des tenants du GIEC.
Et elle ne l'envoie pas dire
...

Comme les lecteurs de ce site le savent, Judith Curry est une climatologue US aussi éminente qu'incontestée. Elle est (était) même la "grande prêtresse du réchauffement climatique" comme elle se qualifiait elle-même. J'ai plusieurs fois déjà (ici et ) rapporté ses propos considérés comme "hérétiques" par rapport à la doxa. Judy Curry nous raconte un épisode révélateur qui s'est déroulé au début du mois d'octobre de cette année, lors du meeting qui s'est tenu à l'University Corporation for Atmospheric Research (UCARjudy31) à Boulder (Colorado, USA) , à l'occasion de la réunion annuelle de ses membres.

En préambule,
Judy Curry rappelle que " l'UCAR (La Corporation Universitaire pour la Recherche Atmosphérique) est un consortium à but non lucratif de plus de 75 universités proposant des thèses de doctorat en sciences de l'atmosphère et sciences corrélées. L'UCAR gère le Centre National pour la Recherche Atmosphérique NCAR (NdT : dont relève notamment Kevin Trenberth, souvent mentionné dans ce site) et fournit des services complémentaires pour renforcer et subventionner la recherche et l'éducation à travers ses programmes coopératifs.

Ci-contre, un cartoon de Judy Curry en défenseur de La Science, dessiné par un des ses nombreux admirateurs.

Le lien vers la réunion dont il est question est ici. Le sujet en discussion (NdT : sur le blog de Judy Curry) est relatif à la communication suivante :

Note principale : Michael  Crow, Président, Université de l'Etat de l'Arizona :

 “Les Universités et l'éducation transdisciplinaire pour le développement durable."

A ce propos, Judy Curry écrit : (les caractères engraissés sont de PU)

"Le coeur de la présentation de Crow est ceci :curry3

A+B=C

  • A:  Connaissances scientifiques de la discipline.
  • B:  Impacts de A, communication de A et des impacts ainsi que l'explication de A pour les responsables politiques.
  • C:  Action politique.

Crow a proposé que l'accent devait être mis sur B (Ndt : C'est-à-dire sur le communication) et que ceci exigeait une nouvelle structure pour les universités.

La discussion s'est centrée sur cette vaste thématique en se focalisant sur la question de la communication, avec Don Wuebbles de l'Université de l'Illinois qui a décrit le nouveau programme interdisciplinaire sur l'environnement et la société qui était relatif au concept A+B=C."

Les commentaires de Judith Curry :

"Alors que j'avais souffert en silence en entendant tout cela, je devais faire une déclaration après la discussion. Voici, à peu près, ce que je me souviens avoir dit :

"Très catégoriquement, A +B n'est PAS égal à C.
A+B=C
représente le schéma linéaire de "la vérité vers le pouvoir" qui est un modèle décisionnel dont on sait, depuis des décennies qu'il ne marche PAS pour les problèmes complexes de l'environnement.

Pour ce qui concerne la question du climat et du changement global, la prise de décision peut être caractérisée comme une prise de décision en présence de profondes incertitudes. Les profondes incertitudes proviennent de notre dépendance vis-à-vis des projections des modèles climatiques lesquels sont affectés par des incertitudes et ne prennent pas correctement en compte la variabilité naturelle du climat. Il existe d'autres domaines importants qui restent encore ignorés. Notre compréhension de base est encore défaillante pour des processus physiques, chimiques et dynamiques.

Si, nous, les scientifiques, ne sommes pas humbles par rapport aux incertitudes et aux domaines que nous ignorons, nous avons une énorme capacité à induire en erreur les décideurs et à les guider vers des politiques inadaptées. L'incertitude est une information essentielle pour les décideurs.

Les climatologues ont cette vision très naïve du processus politique, qui est bien décrite par le modèle A+B=C dans le contexte du principe de précaution. Cette compréhension naïve se reflète dans la frustration palpable de beaucoup de climatologues comme des échecs contre la "vérité" telle qu'ils la "savent" pour influer sur les politiques énergétique et climatique nationales et mondiales. Cette frustration a dégénéré jusqu'à utiliser le mot de "négationniste" pour désigner tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, aussi bien sur la science que sur la solution politique.

Le chemin que nous semblons suivre, selon lequel la science est achevée et que tout ce dont nous avons besoin c'est d'une meilleure communication de la science aux décideurs politiques, risque non seulement d'induire gravement en erreur les décideurs politiques mais aussi de détruire, du même coup, la science atmosphérique et la science du climat."

(NdT : Je compléterais : ...et de porter un rude coup à la science, en général.)

Judy Curry ajoute :

"Il y a eu des applaudissements. Non pas une ovation debout, mais des applaudissement d'une fraction substantielle de l'audience de plus de 200 auditeurs. [...]Au moment de la pause, près de 20 personnes sont venues me remercier pour ce que j'avais dit, "Il fallait que quelqu'un le dise " ainsi que quelques autres qui ont aimé ce que j'avais dit mais qui semblaient entendre ce genre d'idée pour la première fois."

Conclusion de Judith Curry : (Entre autres, JC nous parle d'Al Gore et de politique.)

"La science du climat aux Etats-Unis, au moins au niveau institutionnel, semble avoir déraillé. La différence est énorme entre ce qui est mis en avant par l'administration Obama par rapport à celle de Bush (43) (Ndt : Pour faire la distinction entre les deux présidents Bush père et fils, Judy Curry indique le numéro du président : Bush père était le 41ème président des USA). Si on remonte à Bush 41, son administration a défendu une augmentation substantielle des budgets correspondant au soutien de la science climatique. Quand Al Gore défendait sa candidature comme président, de nombreux climatologues auxquels j'ai parlé, s'inquiétaient que Gore puisse s'imaginer que la science était résolue et qu'il se dirigerait tout droit vers les applications en ignorant la recherche scientifique dans ce domaine. Nous assistons en ce moment à la réalisation de tout ceci sous l'administration d'Obama.". Vu avec recul, le plan stratégique CCSP (NdT : US Climate Change Science Program) était plutôt bon et les questions qui étaient posées dans ce plan, sont loin d'être "résolues".   

Un participant (Stephan Rasey) au forum qui suivait cet exposé de Judy Curry sur son blog , a décrit, de manière imagée et humoristique, ce que pensent plusieurs commentateurs. Judy Curry s'est amusée de la remarque suivante qui en dit long sur le processus suivi, tel qu'il est perçu par beaucoup :

"La formule originale contient une vérité qui dérange.
Si A+B=C, alors
Ce n'est pas loin de
A = C-B.
Soit : Etant donné une politique déterminée à l'avance et la communication étant ce qu'elle est,
Il doit en résulter que la science est comprise."

Autrement dit, ce sont la politique et la communication qui ont déterminé le résultat de la recherche... avant que celle-ci ait seulement commencé. C'est d'ailleurs très exactement ce que Richard Lindzen avait déclaré, autrefois, à propos de la création du GIEC.

Le 13 Octobre, Dans son blog, Judith Curry persiste et signe. Elle présente deux articles scientifiques traitant du conflit actuel entre l'activisme et la science qui vont tout à fait dans le sens de ces récentes déclarations.
Les applaudissements qui ont salué sa déclaration franchement contestataire, lors du colloque de l'UCAR, en dit très long sur le prétendu "consensus" qui règne parmi les climatologues.
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Suite du 21 Octobre 2011 : laframb2

Sur son blog, Judy Curry rapporte, le 19 Octobre, sur le récent livre de Donna Laframboise.

Donna Laframboise est une journaliste d'investigation canadienne. Elle gère le site anglophone "No frakking consensus".
Son dernier ouvrage constitue une critique particulièrement détaillée et surtout abondamment documentée du fonctionnement et des origines du GIEC, des affiliations variées (WWF; Greenpeace etc.) de nombre des ses personnels occupant des postes à responsabilité dans la rédaction des rapports, de la quantité impensable de brochures activistes ou d'articles non revus par les pairs qui ont servi de références aux différents rapports officiels, ainsi que l'orientation politique marquée de cet organisme qui se targue pourtant d'être neutre et indépendant.

laframb


Le dernier chapitre (36) de ce livre est carrément intitulé : "Disband the IPCC" soit "Dissoudre le GIEC" ce qui, après la lecture attentive du livre, semble être la seule solution raisonnable.
Cet ouvrage n'est actuellement disponible que sous forme Kindle (que je recommande. La lecture est très agréable) et sous format pdf. Il sera prochainement disponible en format livre papier classique.
Inutile de préciser que ce livre a immédiatement retenu l'attention du public anglophone ou francophone qui s'intéresse au climat et au GIEC. Ce livre est disponible (toujours en version anglaise Kindle) sur Amazon.fr (4,88 euros).

 

 

Là encore, et au sujet du "Delinquent Teenager" (L'adolescent délinquant), Judith Curry ne mâche pas ses mots.
Elle parvient à la même conclusion que Donne Laframboise. Voici ses derniers mots à ce sujet :

"In terms of the broader audience, I have to say that I hope that this book leads to the discontinuation of the IPCC after the AR5 report (which is already well underway, and is arguably sufficiently tarnished that it is likely to have much less influence than previous reports)
My personal reaction as a scientist is to be very thankful that I am not involved in the IPCC.  I already feel duped by the IPCC (I’ve written about this previously), I am glad that I was not personally used by the IPCC
Does the problems with the IPCC mean that WG1 science is incorrect?  Not necessarily, but I agree that a “new trial” is needed.  WG2 and WG3 reports pretty much belong in the dustbin, as far as I can tell.
I regret that so much of our intellectual horsepower and research funding has gone into supporting the IPCC assessments.  Donna’s book could provide some impetus for changing this
."

Traduction : "Pour ce qui est de l'audience (NdT : du livre) au sens large, je dois dire que j'espère que ce livre conduira à l'extinction du GIEC après le rapport AR5 (qui est actuellement bien avancé et peut-on-dire, suffisamment discrédité pour qu'il soit probable qu'il aura beaucoup moins d'influence que les rapports précédents).

Ma réaction en tant que scientifique est de dire que je suis très reconnaissante de ne pas avoir participé au GIEC. Je me sens déjà flouée par le GIEC (J'ai déjà écrit à ce propos auparavant) et je suis heureuse de ne pas avoir été personnellement utilisée par le GIEC.

Est-ce que les problèmes du GIEC signifient que la science du WG1 est incorrecte ? (NdT : WG1 : les bases scientifiques et l'attribution du réchauffement climatique). Pas nécessairement mais je suis d'accord qu'un "nouvel exament" est indispensable. Les rapports WG2 et WG3 (les impacts, les conséquences et les remèdes) méritent bien plus d'aller à la poubelle, autant que je puisse le dire.

Je regrette que tant d'efforts intellectuels de notre part et que tant d'argent destiné à la recherche aient été consacrés au soutien des rapports d'évaluation du GIEC. Le livre de Donna pourrait fournir une impulsion pour changer tout ça."

En effet, Judith Curry n'utilise pas la langue de bois.
C'est clair et net : Le GIEC est complètement infiltré nous démontre Laframboise et il en résulte un vaste gâchis. Il faut mettre fin à son existence.

Il serait bon que nos "décideurs" prennent connaissance de ces différents points de vue et qu'ils lisent le livre de Donna Laframboise.
Cet ouvrage est "sidérant", même pour votre serviteur qui, pourtant, en connaissait une partie non négligeable.

A suivre,

15 Sept. 2011 : Ivar Giaever, prix Nobel de Physique, démissionne de l'American Physical Society (la société savante des physiciens qui édite une quantité de revues renommées telles que les Physical Review, les Physical Review Letters etc).
Comme nombre de ses collègues physiciens (entre autres, Hal Lewis qui en a démissionné tout récemment), il ne supporte pas les prises de position officielles de l'APS sur le réchauffement climatique.
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C'est au mois de Septembre que l'American Physical Society envoie, chaque année; un email à chacun de ses membres, pour leur demander de renouveler (moyennant finances ~173+ euros) leur adhésion, pour l'année suivante. L'ayant reçu, comme tous les autres adhérents, Ivar Giaever qui est (évidemment) un "fellow" ou membre élu de l'APS, a répondu qu'il ne désirait pas renouveler son adhésion et qu'il démissionnait de l'APS. Sa réponse email que vous trouverez ci-dessous explique clairement les raisons de son geste qui fait grand bruit dans le landerneau de la physique américaine et même mondiale (car une proportion importante des membres de l'APS est issue d'autres pays que les USA, comme moi-même).
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Ivar Giaever est un célèbre physicien Américain (et Norvégien), membre de l'Académie des Sciences US et d'une quantité d'autres institutions scientifiques, qui a reçu le prix Nobel de Physique en 1973, pour ses découvertes expérimentales sur l'effet tunnel dans les semiconducteurs.
A noter que Ivar Giaever a cosigné une lettre de soutien à la candidature du Président Obama en 2008. Cependant, bien que supporter actif du Président des USA, à l'époque, Ivar Giaever a également cosigné, en 2009 et avec 99 autres scientifiques, une lettre de protestation adressée au Président Obama, lui reprochant une déclaration particulièrement climato-alarmiste. La conclusion de cette lettre était la suivante : "Mr. le Président, votre affirmations au sujet des faits scientifiques concernant le changement climatique et le degré de certitude au sujet du débat scientifique, est tout simplement incorrecte."
Ivar Giaever est également l'auteur d'une citation célèbre dans laquelle il affirmait, en 2008 :" Je suis un sceptique...Le réchauffement climatique global est devenu une nouvelle religion. On ne peut pas imaginer que vous soyez contre le Réchauffement Climatique. En réalité, vous n'avez pas le choix. Et je vous dis combien est grand le nombre de scientifiques qui y croient. Mais le nombre des scientifiques, ce n'est pas important. La seule chose qui ait de l'importance, c'est de savoir si les scientifiques raisonnent correctement. C'est ça la chose importante." Et lors d'une autre intervention : "
Nous avons entendu beaucoup d'alertes similaires à propos des pluies acides, il y a trente ans et au sujet du trou de l'ozone, il y a dix ans, mais l'humanité est toujours là. Le trou de l'ozone a connu son maximum en 1993."

Voici le email de démission que Ivar Giaever a adressé à la responsable de l'APS, Mrs Kirby

Caractères engraissés par Ivar Giaever.

From: Ivar Giaever [ mailto:giaever@XXXX.com]

Sent: Tuesday, September 13, 2011 3:42 PM
To: kirby@aps.org
Cc: Robert H. Austin; 'William Happer'; 'Larry Gould'; 'S. Fred Singer'; Roger Cohen
Subject: Je démissionne de l'APS


Chère Mme Kirby


Merci pour votre lettre au sujet de mon adhésion (NdT : à l'APS). Je ne l'ai pas renouvelée parce que je ne peux pas vivre avec l'affirmation suivante :

L'émission des gaz à effet de serre résultant des activités humaines modifie l'atmosphère dans un sens qui affecte le climat de la Terre. Les gaz à effets de serre incluent le dioxyde de carbone tout comme le méthane, l'oxyde nitreux et d'autres gaz. Ils sont émis à partir de la combustion des carburants fossiles et d'une série de processus utilisés dans l'industrie et dans l'agriculture.
La preuve est irréfutable : Le réchauffement global est en action. Si aucune mesure de limitation n'est entreprise, il est probable que des bouleversements significatifs des systèmes physiques et écologiques terrestres, des systèmes sociétaux, de la sécurité et de la santé humaine, se produiront. Nous devons réduire nos émissions de gaz à effets de serre à partir de maintenant.


Au sein de l'APS, c'est OK de discuter pour savoir si la masse du proton change en fonction du temps et sur le comportement d'un multi-univers, mais que la preuve du réchauffement climatique soit irréfutable ? On affirme que la température (comment pouvez-vous mesurer la température moyenne de la terre entière sur toute une année ?) a changé de ~288,0 à ~288,8 Kelvins en près de 150 ans, ce qui (si c'est vrai) signifie que la température a été étonnamment stable et que le bonheur et la santé de l'humanité se sont indubitablement améliorés pendant cette période de "réchauffement".

Cordialement,

Ivar Giaever

Lauréat du Prix Nobel 1973

PS: J'ai inclus une copie à quelques personnes au cas où elles jugeraient utile d'utiliser cette information.
_________________________________________________________________________________

(NdT : les destinataires en CC de cet email de Ivar Giaever sont Robert H. Austin; William Happer; Larry Gould; S. Fred Singer; Roger Cohen. Ce sont les physiciens qui avaient pris la tête d'une protestation véhémente à l'encontre des responsables de l'APS, pour leur prise de position sur le climat. Je l'avais évoqué dans ce billet.)

Les responsables de l'APS devraient se faire du souci :

En effet, la démission d'un membre élu aussi éminent que Ivar Giaever, succédant à celle d'un autre "fellow" (membre élu de l'APS) qui était un des piliers de cette société (Hal Lewis) et à de sévères récriminations de la part d'autres membres éminents, toujours à propos du même sujet, a de quoi inquiéter le bureau d'une société savante qui se targue d'attirer les meilleurs physiciens (du monde). J'avais évoqué les problèmes internes à l'APS dans le billet intitulé "Conflit interne au sein de l'American Physical Society". De même, le billet "Entre autres, neuf physiciens hors-pairs ont exprimé leurs doutes sur le réchauffement climatique anthropique." relatait quelques déclarations de physiciens dont la renommée scientifique est exceptionnelle, ce qui en dit long sur le soi-disant "consensus" qui règne parmi les scientifiques sur le "réchauffement (ou changement, ou bouleversement, ou effondrement etc.) climatique anthropique"

Entre autres, l'ACS (American Chemical Society) et l'AMS (American Meteorological Society), ont également fait l'objet de récriminations de la part de certains de leurs vétérans "élus". Toujours pour la même raison...
Il est probable que vous n'entendrez jamais parler de la démission du Prix Nobel de Physique, Ivar Giaever, dans nos grands médias, même si l'AFP a commis une dépêche à ce sujet.

A suivre.

08/03/11 : Richard Lindzen fait le point sur les incertitudes et les incohérences de la science climatique ainsi que sur les enjeux économiques, politiques, sociétaux etc. du débat sur le climat.

lindzen5Richard Lindzen, le Climatologue renommé du MIT, dont tous les lecteurs de ce site ont souvent entendu parler, (cette page, ce texte, ici et encore ici, entre autres ) a publié un texte, relativement concis, qui fait le point sur les divergences cruciales qui existent entre les modèles climatique et les observations. Dick Lindzen donne aussi son point de vue sur les raisons de la persistance de l'activisme climatique en dépit des graves incohérences et incertitudes dont souffre la science climatique.

Ce texte est certainement rédigé à l'intention des décideurs américains. Il s'inscrit dans le débat qui a cours actuellement depuis l'ouverture des sessions de la chambre des représentants (et du Sénat) nouvellement élus (le "mid term", c'est à dire l'élection qui a lieu précisément au milieu du mandat présidentiel, selon la constitution US.
GWPF

L'article original a été publié dans le site britannique du GWPF (The global warming policy Foundation, fondé en 2009 par Lord Lawson of Blaby avec le Dr Benny Peiser) dans le comité scientifique duquel siège Richard Lindzen aux côtés d'autres personnalités (dont Vincent Courtillot , Freeman Dyson, Will Happer, Al Lewis, Paul Reiter etc.).

Voici une traduction en français de cet article récent de Dick Lindzen :

Richard Lindzen : Samedi, le 15 janvier 2011

"Un argumentaire contre des décisions précipitées au sujet du climat"


"La notion d'un climat, statique et immuable, est étrangère à l'histoire de la terre ou de toute autre planète enveloppée d'un fluide. Le fait que le monde développé soit devenu hystérique vis-à-vis de variations de quelques dixièmes de degré de l'anomalie des températures globales moyennes stupéfiera les générations futures. Une telle hystérie résulte simplement de l'analphabétisme scientifique d'une grande partie du public, de sa sensibilité à la substitution de répétitions en lieu et place de la vérité et à l'exploitation de ces faiblesses par les politiciens, les promoteurs de l'environnement et, après 20 ans de roulements de tambour par les mass-média, de beaucoup d'autres, aussi.

Le climat est en perpétuelle évolution. Nous avons eu des périodes glaciaires et des périodes plus chaudes. C'est ainsi que des alligators ont été découverts au Spitzberg. Des périodes glaciaires se sont produites au cours de cycles de cent mille ans depuis les 700 mille ans derniers et il y a eu des périodes antérieures qui ont été plus chaudes qu celles d'aujourd'hui malgré des niveaux CO2 inférieurs à ceux que nous connaissons. Plus récemment, nous avons connu la période chaude de l'Optimum Médiéval suivi du Petit Âge glaciaire. Durant cette dernière période, les glaciers alpins ont progressé, au grand dam de villages submergés. Depuis le début du 19ème siècle, ces glaciers ont reculé. Pour parler franchement, nous ne comprenons pas pleinement ces avances et ces retraits.

Pour de menus changements du climat associés à quelques dixièmes de degrés, il n'est nul besoin d'invoquer une quelconque cause externe. La Terre n'est jamais parfaitement à l'équilibre. Les mouvements des vastes masses océaniques où la chaleur se déplace entre les couches profondes et la surface, induisent des variations à des échelles de temps s'étendant de quelques années à des siècles. Des travaux récents (Tsonis et al, 2007), suggèrent que cette variabilité est suffisante pour expliquer tous les changements climatiques depuis le 19ème siècle.

Pour ce qui est du réchauffement survenu depuis 1979, il existe un problème supplémentaire. Le rôle dominant de la convection des cumulus au dessus des tropiques exige que la température suive approximativement ce que l'on appelle un profil adiabatique humide. Cela nécessite que le réchauffement dans la partie supérieure de la troposphère tropicale soit 2 à 3 fois plus important qu'à la surface. De fait, tous les modèles indiquent clairement cela (NdT : C'est le hotspot, voir ce billet), mais non les observations. Et ceci signifie que quelque chose est erroné dans les données.

Il est bien connu qu'au-dessus d'environ 2 km d'altitude, les températures tropicales sont suffisamment homogènes horizontalement pour que l'échantillonnage ne pose pas de problème. Au-dessous de 2 km (grossièrement à la hauteur de ce qui est considéré comme le lieu d'inversion des vents dominants), il y a beaucoup plus de variabilité horizontale et, donc, il y a un problème d'échantillonnage important. Dans ces conditions, il est raisonnable de conclure que le problème réside dans les données de surface et que la tendance réelle à la surface est d'environ 60 % trop élevée. Même la tendance revendiquée se trouve être plus élevée que celle que les modèles ont prévue, malgré l'inclusion d'un facteur compensatoire arbitraire en raison du refroidissement dû aux aérosols. La contradiction a été soulignée par Lindzen (2007) et par Douglass et al (2007).

Inévitablement dans la science du climat, quand il y a conflit entre données et modèles, on peut compter sur une petite coterie de scientifiques pour modifier les données. Ainsi, Santer et al (2008), soutiennent que l'élargissement des incertitudes dans les observations et les modèles pourraient , marginalement, éliminer l'incohérence. Que les données nécessitent toujours une correction pour s'accorder avec les modèles est totalement non plausible. C'est l'indicateur d'une certaine corruption qui règne dans la communauté de la science climatique.

Il se trouve qu'il y a une vérification, beaucoup plus fondamentale et sans équivoque, du rôle des rétroactions dans le renforcement de l'effet de serre qui montre également que tous les modèles exagèrent fortement la sensibilité de climat. A ce point, nous devons noter que l'effet de serre agit en limitant le refroidissement du climat par la réduction du rayonnement net sortant. Pourtant, l'effet de la seule augmentation du CO2 ne cause pas, en fait, beaucoup de réchauffement (environ 1° C pour chaque doublement du CO2).

Les prédictions les plus importantes des modèles climatiques sont dues au fait que, dans ces modèles, les acteurs de l'effet de serre les plus importants, vapeur d'eau et nuages, ont pour effet d'amplifier fortement n'importe quel effet du CO2. Ces acteurs sont considéré comme des rétroactions positives. Cela signifie que les augmentations de la température de surface, sont accompagnées par des réductions de la radiation sortante nette – renforçant ainsi l'effet de serre. Tous les modèles climatiques montrent de tels changements lorsqu'ils sont forcés par les températures de surface observées. Les observations satellites du budget de radiation de la terre nous permettent de déterminer si une telle réduction du flux sortant accompagne, dans la réalité, les augmentations de la température de surface. Les données satellites recueillies par l'instrumentation ERBE (Barkstrom, 1984, Wong et al, 2006) montrent que la rétroaction naturelle est fortement négative - réduisant fortement l'effet direct du CO2 (Lindzen et Choi, 2009) en profonde contradiction avec le comportement des modèles. Cette analyse met en évidence le fait que même lorsque tous les modèles sont d'accord, ils peuvent tous se tromper et que c'est le cas pour l'importante question de la sensibilité climatique. Malheureusement, le papier de Lindzen et Choï (2009) contenait un certain nombre d'erreurs, mais comme il est montré dans un papier actuellement en phase de relecture, ces erreurs n'affectaient pas la conclusion principale.

Selon le GIEC, le forçage des gaz à effet de serre d'origine humaine atteint déjà environ 86 % de l'effet d'un doublement du CO2 (environ la moitié provenant du méthane, du NO2, des fréons et de l'ozone) et les prédictions alarmantes dépendent des modèles pour lesquels la sensibilité au doublement du CO2 est supérieure à 2°C. Ceci implique que nous devrions déjà avoir beaucoup plus de réchauffement que celui que nous avons constaté jusqu'ici, même si on suppose que tout le réchauffement actuel est d'origine humaine. Cette contradiction est rendue encore plus évidente du fait de l'absence de réchauffement net du globe, statistiquement significatif, depuis quatorze ans. Les modélisateurs expliquent cette situation, comme nous l'avons déjà noté, en soutenant que les aérosols ont annulé une grande partie du réchauffement (Schwartz et al, 2010) et que les modèles prennent en compte de manière adéquate la variabilité naturelle intérieure spontanée. Pourtant, un papier récent (Ramanathan, 2007) montre que les aérosols peuvent aussi bien réchauffer que refroidir, alors que les scientifiques du Hadley Centre pour la Recherche Climatique au Royaume-Uni ont récemment noté que leur modèle ne rend pas compte de manière appropriée de la variabilité interne naturelle, démolissant ainsi le socle de l'attribution emblématique du GIEC (Smith et al, 2007).

D'une façon intéressante (quoique non inattendue), l'article britannique n'a pas insisté sur ce point. Ils ont plutôt supposé que la variabilité naturelle interne avait marqué le pas en 2009, permettant au réchauffement de reprendre. Reprendre ? Marquer le pas ? Donc le fait que le réchauffement a cessé depuis les quatorze ans passés est admis. Il faut noter que, plus récemment, les modélistes allemands ont déplacé la date de 'la reprise' en 2015 (Keenlyside et al, 2008).

Les alarmistes du climat répondent que certaines des années les plus chaudes enregistrées se sont produites pendant la décade passée. Étant donné que nous sommes dans une période relativement chaude, ce n'est pas surprenant, mais cela ne dit rien des tendances.

Étant donné que les éléments de preuve (et je n'en ai présenté que quelques-uns parmi de nombreux autres) impliquent fortement que le réchauffement d'origine anthropique a été grandement exagéré, l'alarme vis-à-vis d'un tel réchauffement voit sa base se réduire en proportion. Cependant, un point vraiment important est que les arguments en faveur de cette alarme resteraient toujours faibles, même si le réchauffement d'origine anthropique était significatif. Les ours polaires, la banquise arctique d'été, les sécheresses et les inondations régionales, le blanchiment du corail, les ouragans, les glaciers alpins, la malaria, etc. dépendent tous, non pas d'une moyenne globale d'anomalie de température de surface, mais d'un très grand nombre de variables régionales incluant la température, l'humidité, la couverture nuageuse, les précipitations et la direction et l'amplitude des vents. L'état de l'océan est aussi souvent crucial. Notre capacité à prévoir n'importe lequel d'entre ces événements au cours de périodes au-delà de quelques jours, est minimale (un modélisateur de premier plan y fait allusion en précisant qu'il s'agit essentiellement d'une devinette).

Pourtant, chacun des pronostics catastrophiques dépend du fait que chacun de ces domaines se trouve à l'intérieur de limites particulières. La probabilité que n'importe quelle catastrophe spécifique se produise dans la réalité est quasi nulle. C'était tout aussi vrai pour les premières prédictions de famines pour les années 1980, le refroidissement global des années 1970, le bug de l'an 2000 et beaucoup d'autres. Régionalement, les fluctuations annuelles de température sont plus de quatre fois plus grandes que les fluctuations de la moyenne globale. Une grande partie de ces variations doit être indépendante de la moyenne globale, sinon la moyenne globale varierait de manière beaucoup plus importante. Ceci indique simplement que, pour chaque situation spécifique, les facteurs autres que le réchauffement climatique sont les plus importants. Cela ne veut pas dire que les désastres ne se produiront pas ; ils se sont toujours produits et cela ne changera certainement pas dans l'avenir. Lutter contre le réchauffement climatique au moyen de gestes symboliques n'y changera certainement rien. En outre, l'histoire nous a appris que plus de richesse et de développement peuvent profondément augmenter notre résilience.

Au vu des considérations précédentes, on peut raisonnablement se demander quelles sont les raisons qui sous-tendent l'alarmisme que nous connaissons actuellement et, plus particulièrement, quelle est la justification de la recrudescence étonnante de l'alarmisme durant ces quatre dernières années. Quand une affaire comme le réchauffement climatique, reste présente pendant plus de vingt ans, de nombreux programmes sont conçus pour exploiter la question. Les objectifs du mouvement environnemental visant à l'acquisition de plus de pouvoir, de plus d'influence et visant à recueillir des dons, sont raisonnablement clairs. De même, sont évidents les intérêts des bureaucrates pour qui le contrôle du CO2 est un rêve matérialisé. Après tout, le CO2 est un produit de la respiration, elle-même. Les politiciens peuvent y voir une possibilité de taxation qui sera acceptée volontiers, parce qu'elle est nécessaire pour "sauver" la Terre. Les nations ont découvert comment exploiter cette affaire pour gagner des avantages dans la compétition. Mais, en ce moment même, les choses sont allées beaucoup plus loin. Le cas d'ENRON (une société d'énergie Texane en faillite aujourd'hui) est éclairant à cet égard. Avant de se désintégrer dans un feu d'artifice de manipulations malhonnêtes, ENRON avait été un des lobbyistes les plus actifs pour le protocole de Kyoto. ENRON espérait devenir une société spécialisée dans les échanges des droits d'émission de carbone. Il ne s'agissait pas d'un mince espoir. Les droits ont toutes les chances de s'élever à plus d'un millier de milliards de dollars et les commissions d'atteindre plusieurs milliards de dollars. Les fonds de pension examinent avec une grande attention les opportunités ; ainsi était-ce le cas chez feu Lehman Brothers. Goldman Sachs a fait intensément pression pour le projet de loi du "Cap and Trade" et elle est bien placée pour en récolter des milliards. Ce n'est certainement pas un hasard si Gore, lui-même, est associé à de telles activités. La vente des indulgences est déjà en plein essor avec les organisations de vente de crédits d'empreinte carbone tout en reconnaissant parfois que les compensations sont inutiles. Les possibilités de corruption sont immenses. Archer Daniels Midland (le plus grand agro-alimentaire d'Amérique) a fait pression avec succès pour les besoins d'éthanol comme carburant, et la demande d'éthanol a peut-être déjà contribué à de fortes augmentations des prix du maïs et aux problèmes rencontrés dans les pays émergeants (sans parler des plus faibles performances des véhicules). Et enfin, il y a les bonnes intentions de nombreux individus qui se sont laissés convaincre par les propagandistes qu'en acceptant la vision alarmiste des changements climatiques d'origine anthropique, ils font preuve d'intelligence et de vertu. Pour ces derniers, leur bien-être psychique est en jeu.

Avec tous ces enjeux, il est facile d'imaginer que la possibilité que le réchauffement pourrait avoir cessé et que l'argument du réchauffement majoritairement anthropique se désintègre, puisse susciter un sentiment d'urgence. Pour ceux qui sont engagés dans les opportunités les plus vénales, la nécessité d'agir rapidement, avant que le public n'apprécie la situation, est tout-à-fait réelle. Cependant, pour les décideurs les plus sérieux, la nécessité de résister courageusement à l'hystérie apparaît clairement. Gaspiller des ressources dans une lutte symbolique contre un quelconque changement climatique, n'est pas un substitut à la prudence. Pas plus qu'adhérer à l'hypothèse que le climat de la Terre a atteint un point de perfection au milieu du vingtième siècle, n'est un signe d'intelligence.

Références : (C'est la liste des références des articles cités dans ce texte.Vous les retrouverez dans le texte original. L'essentiel de ces références a déjà été examiné dans ce site)

Richard Lindzen est le Alfred P. Sloan Professeur de Météorologie au Massachusetts Institute of Technology. Il est également membre du Conseil Scientifique du GWPF."

Un grand merci à jmr qui a déjà contribué à la traduction de plusieurs documents figurant sur ce site (et aussi sur Skyfall) dont, en particulier, la première version du rapport du NIPCC.

Quelques remarques :

-L'article de Lindzen, traduit ci-dessus est, en réalité, une mise à jour, implémentée à l'aide de résultats récents, du texte beaucoup plus détaillé qui vous avait été présenté dans cette page.

-Concernant les causes de ce qu'il appelle "l'hystérie climatique", Richard Lindzen avance une analyse qui rejoint celle que j'avais rapportée dans ce billet. En bref, contrairement à une opinion que répandent, à dessein, les supporters du GIEC, la plupart des climato-réalistes pensent qu'il ne s'agit pas d'un "complot" organisé mais plutôt de la convergence d'intérêts d'un certain nombre de corporations qui ont saisi l'opportunité du réchauffement climatique anthropique pour faire progresser leurs agendas (et(ou) leurs revenus). yanngiec

-
Lindzen n'est pas tendre non plus avec ceux pour lesquels cette affaire est devenu une affaire de "bonne conscience" et dont "le bien-être psychique est en jeu". C'est une assez bonne description de la volonté de d'affranchir du sentiment de culpabilité qui a submergé nombre de nos concitoyens plus crédules que les autres, après plus de 20 ans de matraquage médiatique. D'autres, moins gentils, rappellent les citations de Lénine qui qualifiait "d'imbéciles utiles" ceux qui voulaient participer à un combat sans en percevoir les enjeux.

-Enfin,
Lindzen accuse frontalement ses collègues, adhérents au GIEC, de constamment manipuler ou de remettre en question les données observées, pour les rapprocher autant que possible des résultats des modélisations (sans y parvenir, le plus souvent). Selon lui "C'est l'indicateur d'une certaine corruption qui règne dans la communauté de la science climatique.". De fait et comme Lindzen l'a fait remarquer dans un précédent article, s'il est absolument normal que l'on commette des erreurs, il est totalement improbable que les corrections apportées aillent toujours dans le même sens : Celui du réchauffement climatique anthropique.

A suivre....

14 février 2011 : Du rififi chez les scientifiques US....

En fin Janvier-mi février 2011, 18 climatologues et autres scientifiques "mainstream" ont écrit une lettre de "recommandations" aux membres de la Chambre des Représentants U.S. Quelques jours plus tard, 36 climatologues et autres scientifiques "sceptiques" ont également écrit aux membres de la chambre des représentants pour protester énergiquement contre les affirmations de leurs collègues mainstream...

Pour replacer ces événements dans leur contexte, il faut se souvenir que les dernières élections "mid-term" (à mi-mandat du Président élu) ont fait monter à la Chambre des Représentants U.S. une majorité de Républicains. La plupart des nouveaux élus de ce parti s'étaient déclarés climato-sceptiques lors de la campagne précédant les élections. Le Sénat, lui, a conservé une courte majorité Démocrate.
Au cours des mois précédents, l'Administration américaine (cad le gouvernement)avait tenté de faire passer un projet appelé "Cap and Trade" (cher à Al Gore et à feu la banque Lehmann Bros), destiné à instaurer un commerce de la taxe carbone, dans le but de réduire les émissions de CO2 des Etats-Unis. Tout cela sur la base des déclarations du GIEC et des "climatologues mainstream". Bien entendu.
Si la loi "Cap and Trade" avait, de justesse, réussi à franchir l'étape de la Chambre des Représentants (alors à majorité Démocrate), celle-ci fut bloquée sine die, par le Sénat Américain, pourtant à majorité Démocrate. De fait, plusieurs représentants Démocrates s'étaient alliés avec les Républicains pour repousser le "Cap and Trade".
Ainsi, il est clair que le basculement de la Chambre des Représentants en faveur des Républicains dont beaucoup se sont déclarés climato-sceptiques, constitue un risque considérable pour les tenants du réchauffement climatique anthropique. En effet, il ne faut pas oublier que les budgets des différents organismes qui financent cette recherche tels que la NASA, La NOAA etc., sont attribués et votés par cette Chambre qui dispose ainsi d'un réel pouvoir pour infléchir la politique américaine. Le Président ne disposant, dans ce cas-là, que du droit de veto dont il ne peut abuser. Il est aussi du ressort de la Chambre des Représentants de lancer des enquêtes sur les comportements des chercheurs, sur l'emploi de l'argent public etc.

Il faut aussi se souvenir que le Climategate (le scandale révélé en 2009 par le contenu des emails piratés sur le site du CRU de l'Université d'East Anglia au Royaume Uni) a été abondamment diffusé et commenté dans la presse et les médias américains. L'émotion a été considérable dans tous les pays anglophones qui ont pu lire le contenu des emails, même si, dans les pays francophones, l'affaire a été discrètement glissée sous le tapis par nos grands médias. Un grand nombre d'articles, signés par des scientifiques "mainstream" ou opposants ont été diffusés dans la presse américaine. La quasi totalité de ces articles témoignaient de l'étonnement voire de la révulsion des scientifiques (voir par exemple, ci-dessous, les billets sur Judith Curry, Mike Hulme, James Lovelock ou Petr Chylek) qui pensent que de telles pratiques ne peuvent être tolérées dans le milieu de la recherche.
Il faut préciser également que les sondages réalisés par les grands instituts de sondages (Rasmussen, Pew Poll etc.) au USA sur l'opinion du grand public montraient que la croyance dans le réchauffement climatique anthropique a faibli au point d'être devenue minoritaire.

La position des climatologues mainstream (tels Hansen, Schmidt, Santer, Mann, Dessler, Jones etc.) est devenue, depuis lors, très difficile. D'autant plus que l'argument d'autorité qu'ils tenaient du GIEC a été mis à mal, suite à la découverte d'un certain nombre d'erreurs grossières exhumées du dernier rapport de cet organisme Onusien, sans compter la révélation qu'un certain nombre d'affirmations proférées dans le rapport AR4 du GIEC ne reposaient en fait, que sur des brochures émanant d'ONG telles que le WWF ou Greenpeace. Pensee-Unique.fr s'est fait l'écho de ces révélations qui ont suscité l'attribution d'un grand nombre de bonnets d'âne.

Enfin, la défection ou la prise de recul de Judith Curry, la "grande prêtresse" du réchauffement climatique anthropique (comme elle se nomme elle-même) a certainement contribué à accentuer, chez les climatologues mainstream, une sorte de "mentalité d'assiégés".
Dès lors le mot d'ordre (répandu sur toute la planète auprès de tous les fidèles de "la cause") a été "Circle The Wagons !" qui rappelle aux américains l'épopée de leurs ancêtres qui formaient un cercle avec leurs chariots pour résister aux attaques des indiens...

Bref, pour celui qui connaît bien toutes ces péripéties et l'état de la situation, comme les lecteurs assidus de Pensee-Unique.fr, les termes de la lettre des "18 climatologues mainstream" sont tout à fait transparents. Elle traduit l'inquiétude, sinon la panique, qui règne actuellement parmi ces derniers, à l'ouverture du 112ème congrès des Etats-Unis.

De fait, s'inscrivant dans un vaste plan de réductions des dépenses fédérales, un député vient de déposer un texte visant à supprimer la contribution des USA au financement du GIEC. D'autres proposent de recentrer l'activité de la NASA autour de ses objectifs premiers (les planètes et les vols habités) et de cesser de financer les recherches climatiques du GISS de la NASA (Hansen et Schmidt), afin d'éviter de se faire devancer dans la course à l'espace, par les autres pays comme la Chine (et) ou la Russie.
On comprend l'inquiétude de certains quand on sait que les climatologues américains sont, avec leurs collègues anglais qui se sont retrouvés sur la sellette à cause du climategate, le fer de lance de toute l'affaire.

Voici donc les deux lettres envoyées aux Représentants de la Chambre US, au cours de ces dernières semaines...

Les deux lettres (notamment la première) sont relativement longues. Je n'en donne ici que des extraits significatifs. La traduction intégrale des deux lettres (des scientifiques mainstream et des opposants) est disponible dans ce document (en pdf) séparé.
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(1) La lettre des climatologues "mainstream" (source)

Le 28 Janvier 2011,

Aux membres de la Chambre des Représentants et du Sénat des Etats Unis:

"Sur l'importance de la Science dans le traitement du Changement Climatique"

Alors que vous ouvrez vos délibérations lors des sessions du 112ème Congrès, nous vous invitons vivement à considérer la question du réchauffement climatique d'un oeil neuf. Le Changement Climatique n'est pas seulement une menace environnementale mais, comme nous le décrivons ci-dessous, il constitue des défis à l'économie des USA, à sa sécurité nationale et à la santé publique.
Certains voient le changement climatique comme une abstraction futuriste. D'autres ne sont pas sûrs de la science ou sont incertains au sujet des réponses politiques à apporter.
 Nous voulons vous assurer que la science est solide et qu'il n'y a rien d'abstrait quant aux risques auxquels notre Nation est confrontée. Nos zones côtières font face à des dangers croissants du fait de la montée des eaux et des tempêtes ; le Sud-Ouest et le Sud-Est sont devenus de plus en plus vulnérables à la sécheresse ; d'autres régions devront se préparer à affronter des inondations massives dues aux tempêtes extrêmes telles que celles que nous avons vues, dont la fréquence sera en augmentation. Ces conséquences ainsi que d'autres du changement climatique, exigent toutes que nous nous préparions à les affronter. Notre Défense reconnaît que les conséquences du changement climatique ont des implications directes sur le plan de la sécurité de notre pays qui, le temps passant, ne pourront que devenir plus aiguës et elle a entrepris la planification nécessaire qui en découle. [....]
La Science du Changement Climatique

Ce n'est pas notre rôle, en tant que scientifiques, de définir la manière de gérer des problèmes comme le changement climatique. Ceci est une affaire de politique qui doit justement être laissée à nos dirigeants élus qui en discutent avec tous les Américains. Mais, en tant que scientifiques, nous avons le devoir d'évaluer, de rapporter et d'expliquer la science qui sous-tend le changement climatique.
Le débat au sujet du changement climatique est progressivement devenu une affaire idéologique et partisane. Mais le changement climatique n'est pas le résultat d'une croyance ou d'une idéologie. Au contraire, il est basé sur un fait scientifique et aucune espèce d'argumentation, de coercition ou de débat entre les vedettes des médias ne peuvent changer la physique du changement climatique.
 La philosophie politique joue un rôle légitime dans un débat politique mais pas dans les fondements de la science climatique. Il n'existe pas de molécules de dioxyde de carbone Démocrate ou Républicaine; elles sont toutes invisibles et toutes piègent la chaleur.[....]
 
Les négationnistes (Ndt : Sic !) du changement climatique

Les négationnistes (Ndt : Sic) se cachent sous l'apparence du langage scientifique, en critiquant sélectivement, des aspects de la science du climat en vigueur. Parfois, ils présentent des hypothèses alternatives comme des explications d'un point particulier, comme si le corps des éléments de preuve était un château de cartes se tenant debout ou s'écroulant pour un détail; Mais, au contraire, l'édifice de la science du climat repose sur des fondations en béton. Comme une lettre ouverte de 255 membres de la NAS (Ndt : sur 2100 membres et 350 étrangers associés) l'a noté dans le numéro du mois de mai de Science Magazine, aucun résultat de recherche n'a été trouvé qui a produit une seule preuve qui remet en question la compréhension scientifique de ce qui se produit sur la planète et pourquoi.
 
C'est pourquoi on ne devrait pas donner un poids scientifique aux affirmations des négationnistes (Ndt : Sic !) du climat équivalent à celui de la recherche revue par les pairs et présentée par la grande majorité des scientifiques du climat.[....]

Comment pouvons nous aller de l'avant ?

Le Congrès, pensons-nous, devrait organiser des auditions pour comprendre la science du climat et ce qu'elle dit à propos des coûts et des bénéfices de l'action et de l'inaction. Il ne devrait pas mettre en place des auditions pour tenter d'intimider les scientifiques ou pour leur substituer des jugements idéologiques à la place de jugements scientifiques. Nous insistons auprès de nos responsables élus pour qu'ils travaillent ensemble afin de pousser la nation sur ce que la science nous dit, particulièrement au sujet des impacts qui se produisent actuellement dans notre pays.[...]

Nous espérons que vous, nos représentants, vous relèverez le défi du changement climatique et prendrez la tête de la réponse de la nation. Nous et nous collègues sommes prêts à vous aider pendant votre travail pour mettre en place une politique nationale, rationnelle et pratique, afin de gérer cette question importante.

Merci de votre attention.
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Voici les photographies de quelques uns des cosignataires de cette lettre dont la liste figure ci-dessous. Le nombre des vignettes, pour chacun des groupes, est proportionnel au nombre des signataires.

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Les 18 Co-signataires :

John Abraham, University of St. Thomas
Barry Bickmore, Brigham Young University
Gretchen Daily,* Stanford University
G. Brent Dalrymple,* Oregon State University
Andrew Dessler, Texas A&M University
Peter Gleick,* Pacific Institute
John Kutzbach,* University of Wisconsin-Madison
Syukuro Manabe,* Princeton University
Michael Mann, Penn State University     Pamela Matson,* Stanford University
Harold Mooney,* Stanford University
Michael Oppenheimer, Princeton University
Ben Santer, Lawrence Livermore National Laboratory
Richard Somerville, Scripps Institution of Oceanography
Kevin Trenberth, National Center for Atmospheric Research
Warren Washington, National Center for Atmospheric Research
Gary Yohe, Wesleyan University
George Woodwell,* The Woods Hole Research Center
 
*Membres de l'Académie des Sciences.

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(2) La lettre des opposants, les "climato-sceptiques" :

Source (en pdf):

Le 8 Février 2011,

Aux membres de la Chambre des Représentants et du Sénat des Etats Unis:

En réponse à “Sur l'importance de la Science dans le traitement du changement climatique”

Le 28 Janvier 2011, dix huit scientifiques ont envoyé une lettre aux membres de la Chambre des Représentants et du Sénat des Etats-Unis en leur demandant instamment de "jeter un regard nouveau sur le changement climatique". Leur intention, semble-t-il, était de discréditer l’opinion des scientifiques qui sont en désaccord avec leur assertion selon laquelle la poursuite de l’accroissement des émissions de dioxyde de carbone (CO2) produite par la combustion de charbon, gaz et pétrole, conduira à une quantité de problèmes climatiques cataclysmiques. Nous, les cosignataires de cette lettre (Ndt : liste ci-dessous), sommes en total désaccord avec eux et désirons profiter de cette occasion pour exposer brièvement notre point de vue sur cette question.

Les dix huit alarmistes du climat (comme nous les appelons, non pas de manière péjorative, mais simplement parce qu’ils se considèrent eux-mêmes comme "donnant l’alarme" sur beaucoup de sujets climatiques) affirment que les peuples du monde "doivent se préparer à des inondations massives résultant de tempêtes extrêmes survenant de plus en plus fréquemment ”, de même qu’à "l’impact sanitaire direct des vagues de chaleur" et "à des maladies infectieuses résultant du climat" parmi un grand nombre d’autres phénomènes dévastateurs. Et ils affirment qu’aucun résultat de recherche n’a fourni la moindre preuve contredisant l'ensemble de la compréhension scientifique de "ce que subit le climat de notre planète", ce qui semble faire allusion à leur opinion sur l'évolution du climat de la Terre.

De fait, nous sommes scandalisés par ces affirmations. Ce sont les dix huit alarmistes du climat qui semblent ignorer "ce qui se passe avec le climat de notre planète", tout autant que la masse des résultats de la recherche qui ont fait progresser nos connaissances.

Par exemple, une révision exhaustive de leurs affirmations et d’autres qui ont été fréquemment mises en avant par les alarmistes du climat se trouvent sur le site du Center for the Study of Carbon Dioxide and Global Change (voir http://www.co2science.org/educ.....ntpath.php). Ce rapport présente une réfutation, point par point, de toutes les revendications du “groupe des dix huit”, en s’appuyant, dans chaque cas, sur la recherche scientifique revue par les pairs, et sur les effets réels du changement climatique durant les décennies passées.
Si le “groupe des dix huit” plaide l’ignorance de cette information en raison de sa publication récente, nous attirons leur attention sur un rapport encore plus copieux et plus complet publié en 2009, "Climate Change Reconsidered : The 2009 Report of the Nongovernmental International Panel on Climate Change (NIPCC)". Ce document a été publié il y a plus d’un an et se trouve intégralement sur le site www.nipccreport.org.

Il s'agit seulement de deux compilations récentes de recherche scientifique que nous pourrions citer parmi un grand nombre d’autres. Les 678 études scientifiques référencées dans le document de CO2 Science, ou les milliers d’études citées dans le rapport du NIPCC, apportent-elles des preuves issues du monde réel (par opposition aux prédictions des modèles climatiques théoriques) d’une augmentation induite par le réchauffement du Globe du nombre et de la sévérité des inondations ? Non. Du nombre et de la sévérité des sécheresses ? Non. Du nombre et de la sévérité des ouragans et autres tempêtes ? Non.
Apportent-elles des preuves, observées dans le monde réel, des inondations des zones côtières par les mers dans le monde entier ? Non. Une augmentation de la mortalité ? Non. Des disparitions de plantes et d’animaux ? Non. D’une diminution de la productivité végétale ? Non. D’un blanchiment mortel et plus fréquent du corail? Non. D’une vie marine se dissolvant dans des océans en voie d'acidification ? Non.

Bien au contraire. En fait, ces rapports apportent de multiples preuves empiriques que ces événements n'ont pas lieu. Et pour beaucoup de ces questions, des articles référencés rapportent que l’on découvre précisément la réponse opposée à celle prévue par un réchauffement global, c’est-à-dire des effets bénéfiques pour la biosphère de l’augmentation des températures et du niveau de CO2.[...]

Mais ne nous croyez pas sur parole. Lisez vous-mêmes les deux rapports indiqués. Et faites vous votre propre opinion sur le sujet. Ne vous laissez pas intimider par de fausses annonces de “consensus scientifique” ou de “preuves écrasantes”. Ce ne sont pas des arguments scientifiques et ils sont tout simplement faux. Comme les dix huit alarmistes, nous vous demandons de considérer d’urgence le changement climatique d’un œil neuf. Nous croyons que vous découvrirez qu’il n'est pas question de la terrifiante menace environnementale dont ils parlent, et qu'ils ont grandement exagéré les effets négatifs du réchauffement climatique sur l’économie US, sur la sécurité nationale et sur la santé publique, alors que de tels effets peuvent très bien être si faibles qu'ils sont négligeables.
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Voici les photographies de quelques uns des cosignataires de cette lettre dont la liste figure ci-dessous. Le nombre des vignettes, pour chacun des groupes, est proportionnel au nombre des signataires.

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Les 36 cosignataires :

Syun-Ichi Akasofu, University of Alaska 1
Scott Armstrong, University of Pennsylvania
James Barrante, Southern Connecticut State University 1
Richard Becherer, University of Rochester
John Boring, University of Virginia
Roger Cohen, American Physical Society Fellow
David Douglass, University of Rochester
Don Easterbrook, Western Washington University 1
Robert Essenhigh, The Ohio State University 1
Martin Fricke, Senior Fellow, American Physical Society
Lee Gerhard, University of Kansas 1
Ulrich Gerlach, The Ohio State University
Laurence Gould, University of Hartford
Bill Gray, Colorado State University 1
Will Happer, Princeton University 2
Howard Hayden, University of Connecticut 1
Craig Idso, Center for the Study of Carbon Dioxide and Global Change
Sherwood Idso, USDA, U.S. Water Conservation Laboratory 1
Richard Keen, University of Colorado
Doral Kemper, USDA, Agricultural Research Service 1
Hugh Kendrick, Office of Nuclear Reactor Programs, DOE 1
Richard Lindzen, Massachusetts Institute of Technology 2
Anthony Lupo, University of Missouri
Patrick Michaels, Cato Institute
Donald Nielsen, University of California, Davis1
Al Pekarek, St. Cloud State University
John Rhoads, Midwestern State University1
Nicola Scafetta, Duke University
Gary Sharp, Center for Climate/Ocean Resources Study
S. Fred Singer, University of Virginia1
Roy Spencer, University of Alabama
George Taylor, Past President, American Association of State Climatologists
Frank Tipler, Tulane University
Leonard Weinstein, National Institute of Aerospace Senior Research Fellow
Samuel Werner, University of Missouri1
Thomas Wolfram, University of Missouri1


1 - Emerite or Retraité
2 - Membre de l'Académie des Sciences US

judy1

Cette lettre est également approuvée par 33 autres scientifiques dont les noms figurent dans le lien indiqué.
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Laissons à Judith Curry que l'on ne peut qualifier de sceptique et qui en a parlé sur son site (Climate etc.) le soin d'exprimer son opinion (que je partage).
Voici ce qu'elle a écrit, en forme de jugement :

Verdict du juge Judy Curry : Les sceptiques marquent un point.

Rationale (Ndt : explication du jugement) :

1.  Les scientifiques adeptes du consensus tentent de décrédibiliser les scientifiques sceptiques en les qualifiant de "négationnistes". Au contraire, les sceptiques réfutent les affirmations exprimées par les scientifiques du consensus selon lesquelles il n'existe pas d'éléments de preuve scientifique qui réfutent le consensus, et pour cela ils ne cèdent pas à l'utilisation de qualificatifs irrespectueux.

2.  Les sceptiques viennent avec un liste relativement impressionnante de signataires avec deux membres de l'Académie des Sciences (contre 6 sur la liste du consensus). Beaucoup des scientifiques qui figurent sur le liste des sceptiques ne sont pas des gens qu'il est aisé de réfuter.

3.  Les scientifiques du consensus ont tiré le premier coup de fusil de cette stupide petite bataille.

Cela n'aurait pas d'importance si c'était une guerre sans victime. Le principale victime, c'est la science du climat et sa crédibilité.bandeXIII
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Note : J'aurais plutôt déclaré : "La principale victime, c'est la Science et sa crédibilité".
De tout temps, les scientifiques sont rentrés en conflit sur des sujets épineux. Par quelle aberration en est-on arrivé à exposer ses doléances auprès des politiques tout en les accompagnant d'injures inqualifiables ("les négationnistes") à l'encontre de ses opposants ?

Mais les américains n'ont pas eu la primeure. Dans une certaine mesure, les français les avaient précédés..

Et Judith Curry a fait suivre son billet par une note de l'académie des sciences intitulée " Qu'est ce qu'être un scientifique". Beau clin d'oeil à ses collègues...

A suivre... (hélas !)

 

 

17 Novembre 2010 : " L'année où la science climatique a été redéfinie "

Tel est le titre d'un texte que Mike Hulme a fait paraître, ce jour même, dans les colonnes du Guardian (UK).
Comme vous le savez,
Mike Hulme (dont j'ai déjà rapporté plusieurs propos dans cette page, en particulier, ceux sur le Climategate), est un cacique de la climatologie. Il est actuellement "Professeur de changement climatique" à l'Université d'East Anglia (UK, le coeur du Climategate) . Il est aussi hulme2l'ancien fondateur-directeur du célèbre "Tyndall Center for climate change research (UK)".

Tout comme Judy Curry dont j'ai rapporté les propos ci-dessous, Mike Hulme ne peut être classé parmi les climato-sceptiques. Partant, ses (leurs) analyses et ses (leurs) points de vue sur la situation actuelle de la science climatique sont plus qu'instructifs, puisque venant du coeur même de "l'establishment"climatique.

Voici une traduction de quelques larges extraits de la déclaration de Mike Hulme. Le texte original est ici.

Mike Hulme introduit son texte en affirmant que la publication des courriers du Climategate, en Novembre 2009, a été un élément déterminant d'un changement de paradigme pour la science climatique, sa perception par le public et par les politiques et les scientifiques.

Mike Hulme fait donc le point de la situation, en ce jour d'anniversaire du Climategate.


Hulme écrit : (Les caractères engraissés le sont par l'auteur de ce site)

"Ainsi, 12 mois plus tard, je suggère que trois éléments, présentant un intérêt significatif, ont changé.

Premièrement, on a assisté à une évolution discernable dans la pratique de la science du climat. Très évidentes ont été la réouverture et la ré-analyse de plusieurs données observationnelles cruciales qui conditionnent la détection de l'évolution du changement climatique. Le Met Office (Ndt : l'organisme météo anglais) conduit actuellement une ré-analyse complète de 150 ans de données de températures sur les océans et les terres. Des appels pour une plus grande transparence ont poussé au développement du projet embryonnaire du Climate Code Foundation (Ndt : un système centralisé de conservation et de mise à disposition des données) et de ses efforts de rendre tous les codes des ordinateurs du climat en "open source" (Ndt : open source. C'est à dire en un code transparent accessible à tous).

Le rapport du Conseil Inter-Académique (IAR) a recommandé que soient effectués des changements significatifs dans la manière dont le GIEC rend compte de l'état des connaissances, en particulier en ce qui concerne la façon dont il informe sur des domaines où existent un accord et ceux où existent un désaccord, dans la science sous-jacente. En outre, la Royal Society (Ndt : l'équivalent UK de l'académie des sciences), reflétant ce nouvel état d'esprit, a publié un nouveau guide pour la science du changement climatique qui fait la distinction entre les aspects qui font l'objet d'un "large consensus", de ceux qui font l'objet "d'un débat en cours" et de ceux qui "ne sont pas bien compris". L'objectif de ces réponses élaborées du point de vue scientifique visait à faire preuve de transparence et à restaurer la confiance.

Deuxièmement, il y a eu un recadrage du contexte du changement climatique. La simple démarche linéaire du type " Voici le consensus scientifique, maintenant mettons en place la politique du climat" a perdu, face à la démarche plus polyvalente du : "Quelle combinaison de valeurs politiques sujettes à débat, d'idéaux humains divers et d'éléments de preuves scientifiques émergeants, peuvent piloter une politique sur le climat ?". Les événements de l'année dernière ont finalement enterré l'idée que les prédictions scientifiques sur le changement futur du climat pouvaient être suffisamment assurées et précises pour contraindre à la mise en oeuvre d'une politique globale.

La re-définition du cadre du changement climatique a alors évolué à partir d'une situations bi-polaire - celle dans laquelle ou bien les preuves scientifiques sont suffisamment fortes pour se mettre en action ou, dans le cas opposé, sont trop faibles pour se mettre en action - à une situation multi-polaire - celle qui fait que les questions du changement climatique mobilisent des valeurs radicalement différentes qui ne peuvent pas être homogénéisées en faisant appel à la science. Les acteurs qui ont longtemps mis en avant une connection linéaire entre la science climatique et la politique du climat - ce qui va des environnementalistes aux opposants et à quelques scientifiques et politiciens - ont été contraints de réviser leur mode de pensée. Il est plus évident, maintenant, que les lignes de bataille autour du changement climatique ont évolué jusqu'à devoir utiliser le langage de la politique, ses valeurs et son éthique, plutôt que le langage uni-dimensionnel du consensus ou de l'absence de consensus.

Troisièmement et c'est peut-être le plus spectaculaire, la politique climatique s'est fragmentée. Il est remarquable de voir avec quelle rapidité la foi dans le processus multilatéral de l'UNFCCC (Ndt : L'organisme de l'ONU qui pilote les affaires du changement climatique et donc le GIEC), s'est évaporée. Sa nouvelle patronne, Christiana Figueres, concède "qu'il n'y aura pas d'accord final sur le changement climatique durant mon existence". L'analyse posthume du COP15 (Ndt : la réunion de Copenhague) à montré combien était improbable le traité FAB (Fair-Ambitious-Binding, c'est à dire juste, ambitieux et contraignant) réclamé par les ONG. Le Sénat des Etats-Unis a fait capoter la loi d'Obama sur le cap-and-trade (Ndt : sur la bourse carbone qui s'est effondrée depuis). Et personne ne croit que le COP16 à Cancun, à la fin du mois, subisse un sort différent.

Pour ce qui concerne l'évolution du microcosme scientifique, on pourrait ajouter que plusieurs sociétés savantes ont dû faire face à une rébellion de la part de plusieurs de leurs membres en désaccord avec les prises de positions officielles souvent décidées en conseil et sans concertation. Parmi ces dernières, l'emblématique APS (l'American Physical Society) a décidé d'ajouter une longue série de commentaires ajoutant les incertitudes de la science climatique à sa déclaration initiale. Elle a également établi une nouvelle section consacrée à la "Physique du Climat" qui n'en doutons pas, connaîtra un certain succès.
Sans oublier, bien entendu, le récent compte-rendu des débats de l'académie des sciences française qui, bien que résultant de la juxtaposition des opinions des uns et des autres, insiste sur les "importantes incertitudes" qui affectent la science du climat. Ce qui est assez proche de l'attitude prise par la Royal Society.

Mike Hulme conclut son article de la manière suivante :

"Les 12 mois qui ont suivi le 17 Novembre 2009 (Ndt : La date de la publication des courriers du Climategate) ont démontré, de manière brutale, que la dynamique des idées en action autour du social, du politique et du culturel, pour ce qui concerne le changement climatique, est plus volatile que la variation lente de la dynamique du climat, aux multiples causes imbriquées des systèmes biogéophysiques de la Terre. En outre, les supercalculateurs peuvent donner à penser que la science du climat peut tenter des prédictions à l'échelle du siècle mais cela ne veut pas dire que les dynamiques politiques et culturelles et d'autres changements imprévisibles ne seront pas aussi importants.

Un nouveau rapport du GIEC sur l'état de la science dans quatre ans ne va pas faciliter la mise en place de la politique au sujet du changement climatique. En réalité, il est probable que la complexité et les incertitudes scientifiques pour le futur, vont proliférer, d'autant plus avec l'intervention de stratégies politiques telles que la géo-ingénierie du climat. Un accroissement de la fragmentation de la politique pour le changement climatique, est inévitable. Mais si une telle fragmentation reflète la diversité et la connaissance provisoire et fragmentaire des humains par rapport au futur, la politique du climat reflétera mieux la réalité. Et ceci, je pense, n'est pas une mauvaise chose."

Conclusion : J'ai tenu à rapporter ce message de Mike Hulme, publié et largement répercuté dans la presse anglophone, parce qu'il donne un reflet assez exact, bien que fragmentaire, de la situation actuelle, telle qu'elle est perçue à l'étranger et notamment dans les pays anglophones.. Les Etats-Unis et le Royaume Uni jouent un rôle fondamental en matière de politique et de sciences du climat, et, en réalité, c'est là-bas que se passent les événements déterminants. C'est chez eux qu'ont lieu les débats importants, que les idées évoluent et que la presse et les médias s'en font l'écho.

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Comme le savent bien les lecteurs de ce site, il n'en est pas de même chez nous. Nos médias, unanimement orientés (et/ou incompétents), font la source oreille, s'abstiennent de rapporter sur tout ce qui pourrait porter atteinte au dogme et continuent à faire comme si de rien n'était, quand ils ne participent pas eux-mêmes à des campagnes de dénigrement sinon de diffamation contre ceux qui ont l'imprudence d'émettre quelques doutes...

La petite image ci-contre avait été dessinée à cette époque.

Souvenez vous : Il y a un an, on vous avait affirmé que les courriers du climategate n'avaient aucune importance, qu'il ne s'agissait que d'un "trick" banal chez les scientifiques et on avait discrètement glissé tout cela sous le tapis médiatique. C'est pourtant, selon Mike Hulme, un élément décisif de la déconfiture d'un certain nombre de mouvements activistes et aussi, de quelques politiques et scientifiques. D'où probablement, comme le note Judy Curry ci-dessous, un changement d'objectif à venir : la biodiversité ?

Malheureusement pour nos médias, on ne peut dissimuler très longtemps la vérité et les faits, les déclarations de Mike Hulme comme celles de Judith Curry et de beaucoup d'autres, ainsi que le discrédit et la méfiance dans lesquels ont sombré, l'UNFCCC, l'organisation de l'ONU sur le climat, dont, en première ligne, le GIEC. Tout cela a participé au fiasco de Copenhague et sans doute aussi, participera à celui de Cancun.

Les francophones seront probablement les derniers informés.

Mais vous, chers(chères) lecteurs(trices), vous saurez qu'il s'est passé beaucoup de choses importantes, et que les tendances ont beaucoup évolué depuis, au moins, un an... à l'étranger.

Les deux billets (ci-dessous) qui relatent des extraits des déclarations de Judith Curry "grande prétresse du réchauffement climatique" (comme elle le dit elle-même) sont précisément dans la ligne de celui-ci. Je vous en conseille la lecture.


6 Novembre 2010 : Judith Curry, la relapse ! (Suite du billet intitulé "Judith Curry, l'hérétique", ci-dessous)

En tant qu'"insider" (membre de la communauté des climatologues), et dans une nouvelle déclaration, Judith Curry nous en apprend beaucoup sur les motivations et les comportements de certains de ses collègues, notamment, vis à vis du GIEC.
Le dessous des cartes. Dévastateur...

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Dans son nouveau blog, le 3 Novembre, Judy (pour faire court - et parfois amical - les scientifiques utilisent volontiers les prénoms, voire les surnoms et les diminutifs) nous apprend qu'elle prépare une discussion (publique) avec Andrew Revkin (tout récemment encore journaliste au New York Times) et Roger Pielke Jr. Cette discussion a eu lieu le même jour, à l'Université de Purdue. Son intitulé était "Au delà du Climategate".

Ci-contre, Judith Curry avec Andrew Revkin du NYT à Purdue University.


Le billet que Judy a rédigé pendant la préparation de cette réunion est intitulé : "Reversing the direction of the positive feedback loop" , soit "Pour renverser la direction de la boucle de rétroaction positive". Ce qui relève d'un langage un peu abscons mais typiquement scientifique et signifie, en clair, que Judy essaye de renverser la vapeur de la recherche sur le climat pour la remettre sur des bases strictement scientifiques et abandonner toute politisation. La boucle de rétroaction positive est celle qui lie la science à la politique, comme Judy l'explique elle-même. " Il y a eu une boucle de rétroaction positive particulièrement toxique entre la science climatique et la politique, dont le sens a été renversé par le Climategate, peut-on penser."

Chacun sait qu'une "boucle de rétroaction positive" amplifie les conséquences de la cause initiale, éventuellement jusqu'à la divergence, c'est à dire jusqu'à la catastrophe. En langage courant on dirait "un cercle vicieux qui s'amplifie". D'où l'image utilisée par Judith Curry qui pense que le cercle vicieux est devenu "vertueux" depuis le climategate. Peut-être...


Voici quelques phrases clefs extraites du billet de Judith Curry. Ce billet étant très long, il est malheureusement difficile de le rapporter dans son intégralité. . Vous retrouverez le texte original ici.
Compte tenu du très grand nombre de commentaires (500 !) générés par son billet, Judith Curry a rédigé une suite que je ne commenterai pas car elle est de caractère plus spécifique.

Comme vous le constaterez,
Judy n'utilise jamais la langue de bois et exprime fort et clair ce qu'elle veut dire.
(Caractères engraissés par l'auteur du site)

"Alors, les scientifiques seraient-ils des victimes innocentes et de simples pions dans cette affaire ?
Etaient-ils simplement des scientifiques qui travaillaient dur pour satisfaire les attentes des politiques ?
Sans doute, beaucoup d'entre eux l'étaient. Cependant, au coeur du GIEC, il y a un groupe de scientifiques dont les carrières ont été faites par le GIEC. Ces scientifiques ont utilisé le GIEC pour échapper au processus normal de la méritocratie
par lequel les scientifiques deviennent influents sur la politique de la science et sur la politique tout court. Ceci a non seulement porté à des postes influents quelques personnes peu connues, inexpérimentées et peut-être douteuses, mais ces mêmes personnes ont un grand intérêt à protéger le GIEC qui est devenu crucial pour leurs propres carrières et qui les justifient pour jouer dans la cour des grands, sur la base de son expertise.

Les avantages du dogme :

Quand je fais référence au dogme du GIEC, il s'agit de l'importance religieuse attribuée par le GIEC à ce groupe de scientifiques (Ndt : évoqué ci-dessus) ; Ils ne tolèrent aucun désaccord et font tout pour bafouer et discréditer quiconque conteste le GIEC.
Qui sont les prêtres du GIEC ?
Certains sont des scientifiques médiocres, au milieu ou en fin de carrière, qui ont dit adieu au processus de la méritocratie académique. D'autres étaient encore des étudiants titulaires de maîtrises (Ndt : c'est à dire pas encore titulaires d'un doctorat) quand ils ont été désignés comme auteur principal du GIEC. Ces scientifiques ont utilisé le GIEC pour gagner un siège aux "grandes tables" où ils peuvent jouer dans la cour des grands en utilisant l'expertise collective du GIEC pour obtenir une publicité personnelle et faire progresser leurs carrières. Cette progression de leur carrière est obtenue avec la complicité des sociétés professionnelles et des institutions qui participent au financement de la science. Avides de publicité, les journaux très influents tels que Nature, Science et le PNAS (Ndt : Le journal de l'Académie des Sciences US), publient fréquemment des articles sensationnels, mais douteux, qui supportent l'alarmisme climatique."...

"De plus, les institutions qui soutiennent la science font usage de cette publicité pour demander plus de financement pour supporter la recherche sur le climat et ses impacts. Et la communauté scientifique, au sens large, sans s'en apercevoir, devient complice de tout cela. Tandis que les prêtres du GIEC hurlent contre les scientifiques hérétiques et sceptiques et contre les sombres influences des pétroliers (Ndt : "Big Oil") et de l'idéologie de la droite qui sont anti-science, nous rejoignons le choeur en nous lamentant sur ces forces obscures qui mènent une guerre contre la science et nous soutenons le GIEC contre ses critiques. Les médias ont aussi marché dans le même sens en supprimant l'équilibre (Ndt : médiatique) en faveur du dogme du GIEC.

Alors, est-ce que je pense que ces prêtres du GIEC sont des activistes politiques ?
Ils sont surtout soucieux de préserver l'importance du GIEC qui est devenu crucial pour leur succès professionnel, leur financement et leur influence. Soutenir les politiques sur la stabilisation des émissions dont ils pensent qu'elle découle logiquement de la science, est une partie intégrante de ceci. La plupart ne comprennent pas le processus politique ou les spécificités de la politique; Ils perçoivent la politique comme partie intégrante du dogme du GIEC qui doit être protégé et préservé à tout prix. Sinon leur succès, leur financement et leur influence seront en péril. "....

 

On ne saurait être plus clair.
Nous voilà donc informés, à la source, par une "insider", une "membre du Club", elle-même "Grande Prêtresse du Réchauffement Climatique", des ressorts et des motivations des zélotes du GIEC. Ceux qui constituent le noyau dur qui s'opposent à toute discussion ou remise en question des affirmations de cette institution.

Il est évident que Judith Curry est et sera l'objet de féroces attaques de la part de ceux qui se sentiront visés par les propos que j'ai rapportés ci-dessus et ci-dessous, et qui ont tant à perdre, comme elle nous l'a expliqué.

Judy nous déclare, dans le même billet, que :

" Parvenue à ce point, j'ai décidé que je ne pouvais plus, de bonne foi, soutenir le GIEC et ses conclusions. (Ndt : Cette phrase fait écho à celle de Chris Landsea, qui écrivait, dans sa lettre de démission du GIEC en 2005, dans laquelle il dénonçait les agissements de Trenberth, "Je ne peux pas, de bonne foi, continuer à contribuer à un processus que je constate comme étant motivé par un agenda pré-conçu et qui est erroné du point de vue scientifique.".)
Il semble qu'actuellement beaucoup me considèrent comme un problème. Nombre de mes collègues se demandent pourquoi je suis à ce point, "rentre-dedans". Voici quelques explications qui ont été avancées, durant les deux dernières semaines, pour expliquer mon comportement, apparemment inexplicable :

  • J'ai été dupée par "Big Oil" (les pétroliers) et/ou par des activistes de droite.
  • J'ai ouvert si largement mon esprit aux sceptiques que mon cerveau à disparu.
  • Je suis payée par Big Oil et les groupes de pression de droite.
  • Je fais l'objet d'un chantage.
  • Je suis devenue handicapée physiquement ou mentalement.

Alors qu'est-ce que je fais et pourquoi ? J'essaye de remettre la perception de la science climatique par le public sur la bonne voie, de manière à ce que notre domaine de recherche regagne un peu de respect. Ce respect ne sera pas regagné par une meilleure campagne de Relations Publiques (Ndt : Judy écrit PR, public relation) ;
Non. Il est indispensable d'améliorer la transparence, de discuter avec les sceptiques et de faire plus attention aux incertitudes."

judy3

 

 


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Ci-contre, à droite, un dessin réalisé par un admirateur (?) de Judy et qui est affiché sur le mur de son bureau. Sans doute à côté du "cartoon" du billet suivant (que je lui ai envoyé et qui lui a beaucoup plu).
Légende : "Judith Curry, Sainte Patronne de la Science Climatique, jette le gant".
Au Moyen Âge, le gant avait une forte valeur symbolique.Le vassal remettait son gant droit à son suzerain. Jeter le gant constitue donc un défi au pouvoir.
En effet, c'est bien vu.

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Tout ce qui est rapporté ci-dessus est relatif au GIEC et au comportement, pour le moins inquiétant, de certains collègues parmi les plus influents de Judy. Cependant, et comme elle semble avoir renoncé à toute allégeance envers le GIEC, nous aimerions connaître le point de vue de Judith-Curry-la-climatologue sur l'état actuel de la science du climat. Sur ces certitudes et sur ses incertitudes.

Parmi l'abondante prose suscitée par les déclarations hétérodoxes de Judith Curry, on trouve la réponse à cette question dans la conclusion d'un article, (recopié chez WUWT), qui ne lui fait pas de cadeau (voir le choix des photos, franchement limite...) mais qui nous permet de comprendre la démarche intellectuelle de Judy. A noter que, dès 2003, Judith Curry avait suscité l'organisation d'un colloque sur les incertitudes de la science climatique qui, d'ailleurs a tourné court. Les doutes de Judy ne datent pas d'aujourd'hui.

L'auteur de l'article cité ci-dessus, a demandé à Judy
ce dont elle était certaine en matière de climat.
Celle-ci qui -ne l'oublions pas- est une figure de proue de la mouvance "mainstream" de la climatologie, a répondu en trois courtes phrases:

  • "Le climat change tout le temps".
  • "Toutes choses étant égales par ailleurs, le CO2 contribuera à réchauffer la planète."
  • "Quant à savoir si dans le courant du siècle, les gaz à effets de serre domineront la variabilité naturelle, cela reste à voir. "

L'auteur de l'article en conclut, fort justement, que, quand on lui demande ce dont elle est certaine, Judy répond par des incertitudes. En effet, voilà qui ne cadre guère avec la doxa propagée par les tenants du GIEC.
Si Judith Curry est convaincue d'un effet réchauffant des gaz à effet de serre, elle n'en précise pas l'amplitude et s'interroge sur cette dernière par rapport aux variations naturelles dont elle ne néglige pas l'importance. Ce qu'elle a déjà suggéré dans le premier point en rappelant que "le climat change tout le temps".

Flashback !

Il est évident que les propos de Judith Curry résonneront comme une douce musique à l'oreille de ceux, qui comme l'auteur de ce site, n'ont pas cessé, depuis plusieurs années, de rappeler que beaucoup d'observations rapportées dans les articles scientifiques restent inexplicables et inexpliquées si on ne fait pas intervenir, de manière décisive, d'autres moteurs que le dioxyde de carbone. Parmi ces derniers, figurent l'activité solaire et les oscillations océaniques, par exemple.

Souvenons nous :

En 2006, 2007, 2008, on nous affirmait, urbi et orbi, que "The science is settled" soit " la science est comprise". Al Gore, le GIEC, et beaucoup d'autres, nous le certifiaient. Par exemple, en Juillet 2007, Donald Kennedy, l'éditeur-en-chef ultra-alarmiste de la revue Science (à l'époque) écrivait un éditorial triomphant intitulé "Climate : game over" soit " Climat : la partie est finie", c'est à dire "nous avons gagné". Comme d'habitude, les médias en rajoutaient. Les politiques suivaient. Le président français chantait les louanges d'une organisation du type GIEC qu'il fallait, selon lui, recopier pour résoudre d'autres problèmes. Al Gore et le GIEC recevaient le prix Nobel (de la paix) en 2007.

En 2009, 2010 : Le vent a tourné : Suite à des demandes réitérées de la part de plusieurs de ses membres, La vénérable Royal Society (l'équivalent anglais de l'Académie des Sciences française) a publié un correctif à ses déclarations alarmistes précédentes dans lequel elle n'hésite pas à mentionner les incertitudes qui pèsent sur la science du climat, tout en reprenant la doxa traditionnelle.
L'APS ( l'
American Physical Society) qui avait publié en 2007, un texte particulièrement alarmiste a été sollicitée par une pétition de nombre de ses membres. Elle a rédigé un complément de texte plus mesuré, dans le même sens que celui de la Royal Society et décide de mettre sur pied une section de recherche dévouée à la "Physique du Climat".
L'Académie des Sciences française qui, avec raison, s'était bien gardée de prendre une position officielle jusque-là, se voit contrainte de le faire en Septembre-Octobre 2010. Elle organise une discussion parmi ses membres et en publie un compte-rendu que beaucoup ont considéré (à tort) comme une prise de position définitive. En réalité, ce compte-rendu, n'est qu'une juxtaposition de points de vue. Certes, il rappelle le point de vue "traditionnel", mais précise aussi que : "Des incertitudes importantes demeurent sur la modélisation des nuages, l’évolution des glaces marines et des calottes polaires, le couplage océan-atmosphère, l’évolution de la biosphère et la dynamique du cycle du carbone.", ce qui constitue une remise en question fondamentale. Sans compter, bien entendu, les incertitudes rémanentes sur le rôle exact du soleil.
...Bref, tout ce que les scientifiques sceptiques n'ont pas cessé de rappeler, depuis bien des années.

Où en sommes nous ?
Nous assistons, en ce moment même, à une profonde remise en question du fonctionnement du GIEC, sinon de son existence. Les prises de position de Judith Curry ne sont pas isolées. Comme elle, beaucoup se demandent s'il est utile et bénéfique de prolonger la vie du GIEC jusque et au delà de 2014 (AR5). La crédibilité du GIEC est très affaiblie.
Plusieurs importantes institutions (académies, sociétés savantes etc.) qui, dans un premier temps, avaient opté pour les conclusions alarmistes des rapports du GIEC, ont adopté une position nettement plus mesurée en reconnaissant qu'il existe d'importantes incertitudes dans la science climatique. Ainsi, "The science is NOT settled". Les opinions publiques des pays développés sont devenues plutôt, voire très, sceptiques ou attentistes.

Les médias francophones, eux,
continuent sur leur lancée, comme s'il ne s'était rien passé.

Judith Curry, que nous ne pouvons qu'approuver, souhaite, comme beaucoup d'autres, que les scientifiques retournent dans leurs labos, acceptent un débat académique ouvert, évitent les interférences avec la politique et commmuniquent leurs données, leurs incertitudes comme leurs progrès ainsi que cela se pratique dans toute autre activité scientifique. Ainsi la science climatique redeviendra ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : Une activité apolitique, transparente (et passionnante), au service de tous.

Nous sommes sur la bonne voie.
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Addendum du 8 Nov 2010 ( h/t (hat tip) Skyfall) : Judith Curry est particulièrement prolixe. Elle devait en avoir gros sur le coeur.
Elle a complété les billets que j'ai rapporté ci-dessus et ci dessous, par plusieurs autres, suite aux réactions de ses lecteurs.
Voici les liens
(1), (2), (3)...

Entre autres, j'ai trouvé que les phrases suivantes de Judy, au sujet du traitement méprisant et injurieux infligé aux "sceptiques" par les croyants (scientifique et/ou journalistes), étaient particulièrement pertinentes :

Mais pourquoi faut-il que l'on qualifie quiconque qui n'est pas d'accord avec un quelconque aspect du GIEC, de sceptique ou de négationniste ? Même des gens comme Steve Mosher (que je choisis comme exemple d'un sceptique mesuré) qui ne remet pas du tout en question les bases de la science mais qui ne pense pas qu'il existe vraiment d'éléments de preuve que le CO2 a une forte sensibilité (Ndt : autrement dit, qui ne pense pas que le CO2 joue un rôle important) et qui pense que la catastrophe est fortement exagérée.  Ceci n'est en rien une position irrationnelle. Pourquoi qualifier ces gens de sceptiques et de négationnistes ? Oui, il y a des gens qui avancent des arguments dont on peut démontrer qu'ils sont faux et ces arguments doivent être réfutés. Mais pour ce qui est des gens qui pensent que le changement climatique est majoritairement expliqué par la variabilité naturelle, de nouveau, ceci n'est pas une position irrationnelle qui mérite le qualificatif de négationniste. Il existe suffisamment d'incertitudes dans notre compréhension pour pouvoir considérer cette explication, au moins, comme plausible.

Pourquoi est-il si nécessaire de défendre, de manière si véhémente, le consensus contre des gens qui sont en désaccord et contre certains qui ne sont pas en si grand désaccord que ça ?  On peut penser que c'est à cause du rapport avec la politique et à cause de l'importance, ressentie comme telle, d'appliquer les indications politiques de l'UNFCCC. Eh bien, cette stratégie n'a pas marché en termes de justification ni même en termes d'indications pour une politique. Et cela ne devrait pas marcher. L'énergie et la politique du climat ont des choses beaucoup plus complexes à faire que de s'occuper d'une science qui repose sur le consensus (notamment pour des questions de politiques et de valeurs). Si les politiques de l'UNFCCC avaient été absentes de cette affaire, y aurait-il quelque raison pour qualifier de négationnistes les gens qui ne sont pas d'accord avec un consensus scientifique sur un sujet aussi complexe et incertain ?
Bien sûr que non. En définitive, la science tirera tout ça au clair, même si le processus peut être ralenti si les handicaps institutionnels sont sur le chemin."

UNFCCC: United Nations Framework Convention on Climate Change (Organisation des Nations Unies sur le changement climatique). C'est le patron du GIEC.

Certes, Judy. Certes ! Puissiez vous être entendue...



1er Novembre 2010 : Judith Curry, l'hérétique.

"La grande prêtresse du réchauffement climatique" est maintenant déclarée hérétique et relapse par ses collègues parce qu'elle osé douter, le dire tout haut et pactiser avec des sceptiques...

judy

Nul ne doute que Judith Curry, Professeur, titulaire de chaire à l'Ecole de sciences de l'atmosphère et de la Terre de l'Institut de Technologie de Géorgie, est une personnalité qui compte dans la climatologie, comme en témoigne son CV et ses nombreuses contributions à cette science. De fait, Judith Curry est une des grandes spécialistes mondialement connue pour ses travaux sur les nuages, l'arctique et, surtout, les ouragans.
Elle était, il y a peu encore, au centre de la mouvance des supporters du GIEC. D'ailleurs, elle se définit (avec un zeste d'auto-dérision), elle-même comme étant, à une époque récente, la “high priestess of global warming”,
"la grande prêtresse du réchauffement climatique".

  • Du rififi chez les climatologues placés au coeur du GIEC :

J"écris "il y a peu", parce que tout a basculé en un peu moins d'un an.

Judith Curry
a "pactisé" (et sympathisé) avec l'ennemi, disent ses détracteurs. Le pire ennemi, le "monstre" comme le nomment les adeptes du site Realclimate (fondateur Michael Mann, membres actifs Gavin Schmidt (le bras droit de James Hansen), Ray Pierrehumbert etc.), c'est Steve Mc Intyre, le responsable du fameux blog Climate Audit avec lequel Judith a pris langue et entrepris une discussion fructueuse.

Judith Curry, l'ex-grande prêtresse du réchauffement climatique", a dès lors été considérée comme un "monstre" par ses collègues, à l'égal de Steve Mc Intyre. Certains nous certifient, sans rire, qu'elle est passée "du côté obscur de la force" (Sic). D'autres pensent qu'elle a été dupée, ce qui n'est pas gentil pour ses capacités de jugement scientifique..

Par exemple, voici ce que lui écrit Gavin Schmidt dans un forum " Dans le futur, je considérerai que vous êtes un moyen de transmission de fausses informations, plutôt que l'origine." Autrement dit : vous n'êtes pas capable de discerner le vrai du faux.
Il faut dire que
Judith Curry a recommandé la lecture du livre best-seller d'Andrew Montford :" L'illusion de la crosse de hockey : le Climategate et la corruption de la Science" (en fait, il s'agit surtout d'une enquête approfondie sur les courriels du CRU), ce qui n'a pas dû leur faire plaisir.


A ce sujet voici ce que Judith Curry a écrit dans une déclaration toute récente, sur son nouveau blog :

" Il y a des parallèles entre le "monstre Mc Intyre" et le "monstre Curry". Le statut de "monstre" vient du fait que nous remettons en question la science du GIEC et la question des incertitudes. Tandis que le monstre Mc Intyre est bien plus éminent dans le débat public, le monstre Curry semble beaucoup plus irritant pour la communauté des gens du milieu (des climatologues).
"...

" Eh bien, qui a créé ces "monstres" ? S'agit-il des grands pétroliers (Big oil) ? des idéologues de la droite ?
Non. Ce sont les médias, les activistes du climat et la tendance Realclimate de la blogosphere...
Je me demande si les activistes du climat apprendront jamais ...."

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Rappel : Qui est Steve McIntyre ?
Comme le savent ceux qui suivent ce site depuis longtemps, Steve Mc Intyre est devenu "la bête noire" des adeptes du GIEC depuis qu'il s'est rendu célèbre pour avoir attaqué et démonté, pièce par pièce, la fameuse courbe en crosse de hockey de Michael Mann et al (1998). Comme vous le savez, cette reconstruction du climat sur les mille dernières années effaçait le petit âge glaciaire tout comme l'optimum médiéval. Cette courbe emblématique affirmait qu'il ne s'était rien passé du point de vue des températures du globe pendant cette période et que le réchauffement actuel était donc exceptionnel. La crosse de hockey est devenue l'icône des rapports successifs du GIEC, jusqu'en 2001. J'ai évoqué cette affaire, il y a quelques années, dans ce billet. De fait, le blog Climateaudit de Steve Mc Intyre qui est un critique scientifique très efficace du GIEC et des ses affidés, a été élu "le meilleur blog scientifique de l'année 2007" des pays anglophones.
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Tout récemment, dans le Scientific American (Un journal scientifique très suivi aux USA), un journaliste titre son article d'un retentissant :
"Climate Heretic: Judith Curry Turns on Her Colleagues"
soit "L'hérétique du climat : Judith Curry enflamme ses collègues". Dans cet article, on peut lire entre autres, qu'elle (Judith Curry) "accuse le GIEC de "corruption".
On reparlera du Scientific American, un peu plus bas. A noter que le Scientific American a été jusqu'à récemment une chambre d'écho des tenants du GIEC. On y trouve, à présent, des articles plus mesurés, pour ne pas dire presque sceptiques.

  • Comment Judith Curry, la "grande prêtresse du réchauffement climatique", est-elle devenue "hérétique" ?

Tout comme James Lovelock, Hal Lewis, Pietr Chylek ou encore Mike Hulme et beaucoup d'autres, Judith Curry a été bouleversée, pour ne pas dire horrifiée, par la lecture des emails du CRU de l'Université d'East Anglia (Ces courriers que la presse française a jugé négligeables et "sans intérêt" et qui ont donné naissance à ce qui a été appelé le ClimateGate. J'ai traduit et présenté quelques uns de ces emails dans cette page (Nov 2009)).

Judith a rédigé une réponse particulièrement détaillée à l'article du Scientific American :
Cette réponse est intitulée : "Hérésie et création des monstres".
Elle est le point central de ce billet.

Judith nous dit, en particulier que :

"... nous étions traités comme des stars du rock par le mouvement environnementaliste."
Elle raconte que la guérilla scientifique sur le réchauffement climatique s'est amplifiée démesurément aux USA-UK et lorsque le New York Times s'émeut des proportions que tout cela a pris, elle considère cela comme un "seau d'eau froide"...Le premier seau d'eau froide.

Judith poursuit :

"19 Novembre 2009 : Seau d'eau froide N°2. Quand j'ai vu pour la première fois les emails du Climategate, ma réaction a été viscérale. Tandis que mes collègues concentraient leurs efforts pour protéger les réputations des scientifiques impliqués et assuraient aux gens que "la science n'est pas changée", j'ai immédiatement réalisé que cela pourrait détruire le GIEC. Je suis devenue inquiète à propos de l'intégrité de toute notre discipline et de sa perception par le public. Quand j'ai vu comment le GIEC répondait et que j'ai entamé une enquête sur les diverses allégations contre le GIEC, je suis devenue critique du GIEC et j'ai essayé de faire des suggestions pour l'améliorer. Tandis que des erreurs criantes étaient découvertes (spécialement sur les glaciers Himalayens) et que le GIEC s'abstenait de répondre, j'ai commencé à me demander s'il était possible de sauver le GIEC et s'il fallait le sauver. A cette même époque, l'Establishment des Institutions aux USA et ailleurs, restaient pratiquement silencieuses sur ce sujet..."

Dans le même message, elle écrit que :

"Pendant les années 2008 et 2009, j'étais devenue de plus en plus inquiète du manque de "neutralité politique" des tenants du GIEC et des visées politiques qui n'avaient pas de sens pour moi. Mais après tout "Ne faites pas confiance à ce qu'un seul scientifique dit" (Ndt : un proverbe classique dans le milieu scientifique US) et j'ai continué à substituer les affirmations du GIEC à mes propres jugements personnels (dans mes déclarations en public)..."

Plus loin Judith se reprend et évoque l'année 2010 :

"J'avais été d'accord pour substituer le GIEC à mes jugements personnels (lors des déclarations en public) mais, après avoir lu ces emails, pour moi, le GIEC avait perdu sa haute substance morale. Il ne s'agissait pas de dire que la science du GIEC était fausse mais je ne sentais plus obligée de substituer la parole du GIEC à mon propre jugement."

  • Que répond Judith Curry à ses critiques qui la diabolisent ?
    (toujours dans le même message, Judith Curry a rédigé une note spécifiquement adressée à ses collègues, (notamment, mais pas seulement, à ceux de la nébuleuse Realclimate ).
    Je vous conseille de lire ce message avec attention. En tant "qu'insider" (membre du Club !),
    Judith Curry nous dépeint l'état de la question aux Etats Unis et, sans nul doute, au Royaume Uni. C'est à dire, ce qui se passe au coeur même de l'alarmisme du GIEC.
    Judith Curry
    nous montre le dessous des cartes.
    De fait, ce message est essentiel pour qui veut tenter d'anticiper sur les événements à venir. Les caractères engraissés sont de l'auteur du site.

Note aux membres de la communauté des sciences du climat qui me critiquent

Permettez moi de commencer ma déclaration en disant qu'au point où nous en sommes, je suis en grande partie immunisée contre les critiques venant de mes pairs en ce qui concerne mon comportement et son retentissement dans le domaine public, sur ce sujet (Je réponds à n'importe quelle critique sur mes arguments qui me sont explicitement adressés). Si vous pensez que je suis pour une grande part dans la cause des problèmes auxquels vous êtes confrontés, je vous suggère d'y réfléchir à deux fois. Je fais de mon mieux pour récupérer un peu de bon sens dans cette situation et pour replacer la science dans une situation plus éminente que celle du dogme du consensus. Il est possible que cela ne vous plaise pas et que mes actes puissent se révéler inutiles, futiles ou contre-productifs à court et à long terme, mais quels que soient les principes moraux, l'ensemble de cette affaire finit par être jugée. De fait, ceci est le résultat d'un choix soigneusement délibéré sur ce que signifie être un(e) scientifique et se comporter en fonction de son honnêteté professionnelle et personnelle.

Laissez-moi vous poser une question : Alors où en êtes vous arrivés, depuis peu ?
Il y a un an, l'establishment du climat était au sommet du Monde, maître de l'Univers. Maintenant, nous sommes dans une situation où il y a eu de sérieuses remises en question de la réputation d'un nombre important de scientifiques, du GIEC, de sociétés professionnelles et d'autres institutions de la science.
Le contrecoup a été une perte de confiance du public dans la science du climat et, certains ont même affirmé, plus généralement, dans la science. Le GIEC et l'UNFCCC (Ndt : " United Nations Framework Convention on Climate Change", l'organisateur de la conférence de Copenhague, entre autres) sont considérés par beaucoup comme des obstacles au développement de politiques énergétiques saines et politiquement viables. Les groupes environnementalistes militants sont en train d'abandonner la question du changement climatique pour des questions plus prometteuses. Aux USA, la perspective d'une victoire des Républicains à la Chambre des Représentants brandit le spectre d'enquêtes sur l'intégrité de la science du climat avec des réductions de crédits fédéraux pour la recherche climatique.

Que s'est-il passé ? Est-ce que les sceptiques, les compagnies pétrolières et les groupes de pression libertaires ont gagné ? Non. C'est vous qui avez perdu. Tout ceci au nom du soutien à des politiques dont je pense que beaucoup d'entre vous ne les comprennent pas en totalité. Ce que je veux c'est que la communauté de la science climatique change de braquet, se remette à faire de la science et revienne dans un environnement où le débat sur la science reste le sel de la vie académique. Et, du fait de la vaste implication de notre domaine de recherche, nous devons trouver comment fournir la meilleure information scientifique possible ainsi que l'évaluation des incertitudes.
Ceci signifie que nous devons abandonner cette adhésion religieuse au dogme du consensus."

Judith Curry (25 Oct. 2010)

  • Judith Curry est-elle seule au sein de "l'establishment" ?

En réalité la "rébellion hérétique" de Judith Curry n'est pas un épiphénomène. Au contraire, elle est le prolongement d'une série de déclarations faites par plusieurs climatologues expérimentés, rendues publiques par les médias anglophones ...et superbement ignorées par les nôtres.

Souvenez vous du mail du 29 avril 2007 de Keith Briffa à Michael Mann (original et traduction), tous deux des acteurs décisifs au sein du GIEC. Briffa était visiblement déprimé ...
En voici un extrait significatif (caractères engraissés par PU):

Mike,

"Ton message constitue un bon coup d'épaule pour moi en ce moment. Je me suis retrouvé à me questionner sur toute cette affaire et
j'ai été souvent frustré sur la manière dont cela a été mené - ce qui m'a fait perdre du temps et buter dans des impasses. Je te remercie de prendre sur ton temps pour me dire ces mots aimables. Je me suis donné beaucoup de mal pour trouver un équilibre entre les besoins de la science et ceux du GIEC qui n'ont pas toujours été les mêmes. J'étais inquiet que tu puisses penser que je donnais l'impression de ne pas vous soutenir assez fort en essayant de mentionner les problèmes et les incertitudes. Beaucoup a dû être retiré et j'étais particulièrement malheureux de ne pouvoir être affirmatif dans le Résumé pour les Décideurs en rapport avec le renforcement du 4ème Rapport (AR4) par rapport aux conclusions du troisième rapport (TAR)." ....

Keith

Cela ne fait-il pas écho aux doutes de Judith Curry au sujet de la difficulté qu'on éprouve à cautionner les affirmations du GIEC ainsi que la négation des incertitudes ?

Souvenez vous aussi de quelques réactions (parmi d'autres) de climatologues "mainstream" réputés suite à la publication des émails du CRU, rapportés dans cette même page :

de Mike Hulme (UK) qui critiquait sévèrement le comportement"tribal" des affidés au GIEC. D'ailleurs, Judith Curry utilise les mêmes termes pour qualifier le comportement de ses collègues. Mike Hulme écrivait :

"L'aspect tribal de quelques uns des emails résultant de la fuite, montre quelque chose qui est plus habituellement associé à une organisation sociale au sein de cultures primitives. Il n'est pas plaisant de découvrir que ces pratiques ont cours au sein même de la science. "

et de la lettre ouverte de Pietr Chylek (USA) à ses collègues:

" Il semble que quelques uns des leaders les plus connus de la communauté de la recherche climatique, tels les prophètes de l'Ancien Israël, ont cru qu'ils pouvaient voir le futur de l'humanité et que la seule chose qu'il leur restait à accomplir était de convaincre ou de forcer tous les autres à accepter et à suivre.."
  • Les conséquences : L'évolution de la perception des jeunes et du public anglophone.

Voici, par exemple, une lettre d'un des étudiants de l'Université de Géorgie où Judith Curry exerce la fonction de professeur (en chef). Ce texte est extrait d'une lettre ouverte de Judith à ses étudiants (source reproduite ici) : Elle cite cette lettre (parmi bien d'autres qu'elle a reçu) pour expliquer sa prise de position :

Hi Dr. Curry, (Hello Docteur Curry, notez le ton familier, courant aux Etats Unis entre les profs et les élèves),

Je suis un jeune chercheur en sciences du climat (je viens juste de recevoir mon master degré (Ndt : à peu près la maîtrise) de l'Université de xxx) et j'ai été très troublé par les emails qui viennent du CRU. Je voulais juste vous applaudir pour votre réponse sur Climateaudit.org [95% de celle-ci]. Vos déclarations constituent exactement ce que j'avais ressenti en entrant peu à peu dans cette communauté. Le contenu de quelques uns des emails m'a littéralement fait tout arrêter et me demander si je devais continuer ma candidature pour une thèse dans cette science à l'automne 2010. J'étais si mal à l'aise du fait du comportement de nos collègues scientifiques envers le côté opposé (des deux cotés). J'espère que nous pourrons tous en retirer quelque chose et je pense vraiment que nous avons vraiment besoin de voix comme la vôtre pour réparer ces problèmes au cours des prochains mois et années à venir.

En ce qui concerne la presse et les médias :

L'énorme différence entre les pays anglophones et germanophones (dans une moindre mesure) avec la France (et d'autres pays francophones) vient du fait que tout ce que je vous ai décrit ci-dessus, a reçu des échos dans la presse et a été évoqué dans les médias audio-visuels anglophones. Très peu ou pas du tout chez nous, où tout cela a été discrètement glissé sous le tapis...
Le résultat de cette transparence qui existe aux USA et en UK est que le public informé de ce qui se passe, doute de plus en plus des affirmations du GIEC comme nous allons le voir.

Voici deux exemples révélateurs :

1) Suite à la polémique "Curry, l'hérétique", (et probablement suite au courrier reçu par l'éditeur et l'auteur de l'article cité ci-dessus), la revue "Scientific American" réalise un sondage sur Curry, sous le titre :
"Prenons la température : Sondage sur le climat."

En voici la présentation :

"Comme l'analyse du comportement de Judith Curry l'a explicité dans le numéro de Novembre 2010 du "Scientific American", la scientifique du climat de l'Université de Géorgie est devenue un facteur de division AU COURS de l'année passée ou à peu près. Autrefois fermement ancrée dans le mainstream, Curry déclare qu'elle a été radicalisée par ce qu'on appelle l'affaire du "Climategate". Ceci a cristallisé son sentiment que le GIEC, en particulier, était devenu corrompu par ce que Curry appelle " des groupes de pression" (Ndt : groupthink, difficile à traduire en un seul mot)- L'idée que remettre en question quelques uns des faits affirmés par le GIEC, équivaut à une trahison.
En outre, Curry est elle-même convaincue que certains des faits sont sérieusement exagérés et que le GIEC a failli en ne rapportant pas sur les incertitudes réelles de la science. Il en résulte qu'elle s'est engagée aux côtés de membres extérieurs à la communauté climatique voire à des sceptiques avérés, et qu'elle a tenté de forcer ses collègues à reconnaître un certain nombre de ce qu'elle considère comme de sérieux défauts dans le processus du GIEC. Elle a été critiquée, quelquefois de manière véhémente, pour ses efforts.
Alors, voici la question centrale : Curry est-elle une lanceuse d'alerte héroïque, disant la vérité quand les autres ne le peuvent ou ne le veulent ? Ou est-elle sortie de la voie des scientifiques, répandant des charges sans fondement contre un groupe de scientifiques qui font de leur mieux pour comprendre les complexités du climat de la Terre ? "

Les résultats de cette enquête lancée par le Scientific American se passent de commentaires. Comme vous pouvez encore voter au moment ou j'achève ce billet, les résultats peuvent encore évoluer mais à l'heure où j'écris : 69,3% des votants jugent que Judith Curry est une "pacificatrice" (en réalité le mot employé est "peacemaker" le nom du fameux colt de nos vieux westerns), 7,5% jugent qu'elle a été dupée et 18,8% ne la connaissent pas.
La réputation du
GIEC semble sérieusement entamée puisque 81,6% des votants jugent que c'est une "organisation corrompue, menée par des groupes de pression et soumise à des visées politiques". De même, la croyance dans la responsabilité humaine semble ne pas faire recette. Pas du tout.
Oups ! Cependant, il ne faut pas trop se fier à ce genre de sondage effectué sans contrôle sérieux sur la toile..

2) En fait de sondages, voilà du beaucoup plus sérieux. pew2010

 


Il s'agit des résultats d'un sondage national (aux USA) tout récent, réalisé par le célèbre Pew Research Center sur le sujet du réchauffement climatique. Les questions sont beaucoup mieux maîtrisées que dans le sondage précédent.

Vous pourrez voir vous mêmes tous les résultats en cliquant sur ce lien mais, pour faire simple, on constate que l'évolution dans la croyance que le réchauffement climatique serait dû à l'activité humaine est en chute, passant de 50% en 2006 à 34% actuellement, justifiant ainsi les déclarations de Judith Curry citées plus haut.

 

 

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Judith Curry affirme, dans une déclaration, que ses collègues pro-GIEC en sont arrivés au "circle the wagons", c'est à dire à former un cercle avec les chariots, comme dans les westerns, pour tenter de résister aux attaques qui leur viennent de toutes parts.
C'est une expression courante aux USA pour désigner une mentalité d'assiégés.

Chez nous -histoire oblige- ce serait plutôt la "stratégie Maginot" :
Quand on attaque le dogme du GIEC, on se réfugie derrière l'académie des sciences pour qu'elle "décrète la science", (ce qui est surréaliste), et (si possible) châtie les hérétiques.
L''académie des sciences et les climatologues français suivent, sans états d'âme (?), les prescriptions du GIEC dont la crédibilité ne tient pourtant plus qu'à un fil, tout en se retranchant quand même derrière de prudents "les importantes incertitudes (sic)".
On ne sait jamais. N'est-ce pas ?

La presse et les médias français, unanimement pro-GIEC, oublient opportunément "les importantes incertitudes" qui figurent pourtant à de multiples reprises dans le rapport de l'académie et publient des bulletins de victoire contre Claude Allègre qui s'est imprudemment avancé en rase campagne.... yannjudy

On se demande combien de temps il leur faudra pour réaliser ce qui se passe vraiment, en ce moment même, là où c'est important, et qui est fort bien décrit par Judith Curry dans la note adressée à ses collègues. Six mois ? Un an ? On ne sait pas. Mais sûrement après la bataille. Quand la ligne Maginot aura été débordée.

En attendant, et quel que soit son point de vue, on ne peut qu'admirer l'attitude de cette dame courageuse qui ose dire haut et fort qu'il faut que la science s'écarte de la politique et échappe aux carcans institutionnels orientés.

Ce que demande Judith Curry n'est rien d'autre que la liberté d'exprimer son point de vue scientifique, indépendamment de toute structure organisée et contraignante, de pouvoir discuter avec tous ceux qui s'intéressent à ces questions et d'informer le public des doutes et des incertitudes de la science, sans être condamnée au bûcher.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, en cette curieuse époque, il faut bien du courage pour oser demander cela. Beaucoup de courage.
Que beaucoup n'ont pas.
Bravo Judy !

 

15 Octobre 2010 : Entre autres, neuf physiciens hors-pairs ont exprimé leurs doutes sur le réchauffement climatique anthropique.
D'autre part, les déclarations alarmistes de l'American Physical Society (APS) ont été sévèrement critiquées par plus d'un tiers des membres de cette association qui ont participé à une consultation organisée par l'APS.

Dans l'espoir de vous convaincre d'adhérer au concept du "réchauffement -rebaptisé changement- climatique anthropique" tel qu'il est promu par les médias, le GIEC et ses adhérents, ainsi que par la plupart des politiques, on vous affirmera que très peu de scientifiques authentiques sont climato-sceptiques.

Rien n'est moins vrai comme l'ont déjà montré les nombreuses déclarations et les multiples pétitions signées par des scientifiques appartenant à de nombreuses disciplines impliquées dans les sciences du climat, telles vous en trouverez une liste sur la page des liens.

Bien que les lecteurs de ce site sachent, tout comme moi, que l'argument d'autorité (du type "Tel expert à dit ça , donc c'est vrai"), ne constitue, en aucun cas, un argument scientifique sérieux, ainsi que le démontrent de nombreux exemples tirés de l'histoire des sciences (quelques exemples ici), j'ai pensé qu'il serait intéressant de vous faire savoir ce que certaines grandes personnalités scientifiques qui ont marqué leur époque dans le domaine de la Physique, avaient déclaré sur la question du Réchauffement Climatique. Voici donc un choix très sélectif des opinions de neuf Physiciens hors-pairs.

Le colonne de gauche donne une liste des cursus universitaires et des responsabilités exercées par ces neuf personnalités. Une partie de ces textes est en anglais mais ils sont suffisamment explicites pour qu'une traduction (forcément approximative) ne soit pas nécessaire.
La colonne de droite rapporte quelques déclarations significatives des physiciens en question.

Comme vous le verrez, 7 physiciens parmi ces éminentes personnalités ont signé, entre autres, le "Global Warming Petition Project" dont je dirai quelques mots ci-dessous.
J'évoquerai aussi le grave conflit interne généré par les prises de position du bureau de l'American Physical Society sur la question du réchauffement climatique.

Dyson1

Freeman Dyson,

 

 

 

 

B.A. Mathematics, Cambridge University (1945), Research Fellow, Trinity College, Cambridge University (1946–1947), Commonwealth Fellow, Cornell University, (1947–1948), Commonwealth Fellow, Institute for Advanced Study, Princeton University (1948–1949), Teaching Fellow, University of Birmingham (1949–1951), Professor of Physics, Cornell University (1951-1953), Fellow, Royal Society (1952), Professor of Physics, Institute for Advanced Study, Princeton University (1953-1994), Chairman, Federation of American Scientists (1962-1963), Member, National Academy of Sciences (1964), Danny Heineman Prize, American Physical Society (1965), Lorentz Medal (1966), Hughes Medal (1968), Max Planck Medal (1969), Enrico Fermi Award, United States Department of Energy (1993), Professor Emeritus of Physics, Institute for Advanced Study, Princeton University (1994-Present)

 

Notable: Il est, sans aucun doute, l'un des plus grands physiciens vivants. En particulier, il est à l'origine de l'unification de la Théorie de l'Electrodynamique Quantique.
Il a fait faire un pas de géant à la cohérence de la physique moderne.

Freeman Dyson a signé la pétition : Global Warming Petition Project



 

 

“My first heresy says that all the fuss about global warming is grossly exaggerated. Here I am opposing the holy brotherhood of climate model experts and the crowd of deluded citizens who believe the numbers predicted by the computer models. Of course, they say, I have no degree in meteorology and I am therefore not qualified to speak. But I have studied the climate models and I know what they can do. The models solve the equations of fluid dynamics, and they do a very good job of describing the fluid motions of the atmosphere and the oceans. They do a very poor job of describing the clouds, the dust, the chemistry and the biology of fields and farms and forests. They do not begin to describe the real world that we live in. The real world is muddy and messy and full of things that we do not yet understand. It is much easier for a scientist to sit in an air-conditioned building and run computer models, than to put on winter clothes and measure what is really happening outside in the swamps and the clouds. That is why the climate model experts end up believing their own models.” Freeman Dyson

 

 

"Ma première hérésie est de dire que tout ce battage à propos du réchauffement global est grossièrement exagéré.
En disant ça, je m'oppose à la sainte fraternité des experts en modélisation climatique et à la foule des citoyens illusionnés par les chiffres prédits par les modèles informatiques.
Bien sûr, ils disent que je n'ai pas de diplôme en météorologie (NdT: Aux USA, les climatologues sont souvent diplômés en météorologie comme Richard Lindzen, par exemple) et que donc, je ne suis pas qualifié pour en parler. Mais j'ai étudié les modèles du climat et je sais ce qu'ils peuvent faire. Les modèles résolvent les équations de la dynamique des fluides et ils font un très bon travail en décrivant les mouvements des fluides dans l'atmosphère et dans les océans. Mais ils font du très médiocre travail en décrivant les nuages, les poussières, la chimie et la biologie du terrain, des exploitations et des forêts. Ils ne sont pas encore au début de la description du monde réel dans lequel nous vivons. Le monde réel est boueux et sale. Il est plein de choses que nous ne comprenons pas encore. Il est plus facile, pour un scientifique, de rester assis dans un bâtiment à air-conditionné à faire tourner des modèles d'ordinateur, plutôt que d'enfiler des vêtements d'hiver et d'aller mesurer ce qui se produit réellement dans les marais et les nuages. C'est pour cela que les experts des modèles climatiques finissent par croire dans leurs propres modèles."

Ivar Giaever, giaever

 

M.E., Norwegian Institute of Technology (1952), Ph.D. Theoretical Physics, Rensselaer Polytechnic Institute (1964), Engineer, Advanced Engineering Program, General Electric Company (1954–1956), Applied Mathematician, Research and Development Center, General Electric Company (1956–1958), Researcher, Research and Development Center, General Electric Company (1958–1988), Guggenheim Fellowship, Biophysics, Cambridge University (1969-1970), Oliver E. Buckley Condensed Matter Prize (1965), Nobel Prize in Physics (1973), Member, American Academy of Arts & Sciences (1974), Member, National Academy of Science (1974), Member, National Academy of Engineering (1975), Adjunct Professor of Physics, University of California, San Diego (1975), Visiting Professor, Salk Institute for Biological Studies (1975), Professor of Physics, Rensselaer Polytechnic Institute (1988-2005), Founder and Chief Technology Officer, Applied BioPhysics (1991-Present), Professor Emeritus of Physics, Rensselaer Polytechnic Institute (2005-Present)

Notable: Prix Nobel de Physique (1973 ).

 

 

 

“I’m a skeptic. …Global Warming it’s become a new religion. You’re not supposed to be against Global Warming. You have basically no choice. And I tell you how many scientists support that. But the number of scientists is not important. The only thing that’s important is if the scientists are correct; that’s the important part.”Ivar Giaever

 

"Je suis un sceptique...Le réchauffement climatique global est devenu une nouvelle religion. On ne peut pas imaginer que vous soyez contre le Réchauffement Climatique. En réalité, vous n'avez pas le choix. Et je vous dis combien est grand le nombre de scientifiques qui y croient. Mais le nombre des scientifiques, ce n'est pas important. La seule chose qui ait de l'importance, c'est de savoir si les scientifiques raisonnent correctement. C'est ça la chose importante."

Edward Teller, teller

 

B.S. Chemical Engineering, University of Karlsruhe (1928), Ph.D. Physics, University of Leipzig (1930), Research Associate, University of Leipzig (1929–1931), Research Associate, University of Göttingen (1931–1933), Rockefeller Fellow, Institute for Theoretical Physics, Copenhagen (1933–1934), Lecturer, London City College (1934), Professor of Physics, George Washington University (1935-1941), Researcher, Manhattan Project, Chicago Metallurgical Laboratory (1942-1943), Group Leader, Manhattan Project, Los Alamos National Laboratory (1943-1946), Professor of Physics, University of Chicago (1946-1952), Member, National Academy of Sciences (1948), Assistant Director, Los Alamos National Laboratory (1949-1952), Developer, Hydrogen Bomb (1951), Founder, Lawrence Livermore Laboratory (1952), Professor of Physics, University of California, Berkeley (1953-1975), Associate Director, Lawrence Livermore Laboratory (1954–1958), Harrison Medal (1955), Albert Einstein Award (1958), Director, Lawrence Livermore Laboratory (1958-1960), Professor, Hoover Institution on War Revolution and Peace, Stanford University (1960–1975), Enrico Fermi Award, United States Atomic Energy Commission (1962), Senior Research Fellow, Hoover Institution (1975-2003), Professor Emeritus of Physics, University of California, Berkeley (1975–2003), National Medal of Science (1982), Presidential Medal of Freedom (2003), (Décédé le 9 septembre 2003)

Notable: Membre du projet Manhattan (1942-1946) et développeur (1951) de la bombe à Hydrogène. Il est aussi fondateur du LLL, le Lawrence Livermore Laboratory.

Ed Teller a signé le Global Warming Petition Project

 

 

 

 

 

“Society’s emissions of carbon dioxide may or may not turn out to have something significant to do with global warming–the jury is still out.”Edward Teller

"Les émissions de dioxyde de carbone de notre société peuvent peut-être ou pas, s'avérer avoir quelque chose de significatif pour le climat - Le jury ne s'est pas encore prononcé."

"It's wonderful to think that the world is so very wealthy that a single nation -- America -- can consider spending $100 billion a year on a problem that may not exist."

"Il est stupéfiant de penser que le monde est si riche qu'une seule nation -l'Amérique- peut envisager de dépenser 100 milliard de dollars pour résoudre un problème qui n'existe peut-être pas."

Frederick Seitz, seitz1

 

A.B. Mathematics, Stanford University (1932), Ph.D. Physics, Princeton University (1934), Proctor Fellow, Princeton University (1934–1935), Instructor in Physics, University of Rochester (1935–1936), Assistant Professor of Physics, University of Rochester (1936–1937), Research Physicist, General Electric Company (1937–1939), Assistant Professor of Physics, University of Pennsylvania (1939–1941), Associate Professor of Physics, University of Pennsylvania (1941-1942), Professor of Physics, Carnegie Institute of Technology (1942-1949), Research Professor of Physics, University of Illinois (1949-1965), Chairman, American Institute of Physics (1954-1960), President Emeritus, American Physical Society (1961), President Emeritus, National Academy of Sciences (1962-1969), Graduate College Dean, University of Illinois (1964-1965), President Emeritus, Rockefeller University (1968-1978), Franklin Medal (1965), American Institute of Physics Compton Medal (1970), National Medal of Science (1973), (Décédé le 2 mars 2008)

Notable: Pionnier de la Physique des Solides et Président Emérite de l'Académie des Sciences des Etats Unis.

Fred Seitz a signé le Global Warming Petition Project


 

 

“Research data on climate change do not show that human use of hydrocarbons is harmful. To the contrary, there is good evidence that increased atmospheric carbon dioxide is environmentally helpful.” – Frederick Seitz

 

"Les données de la recherche sur le changement climatique ne montrent pas que l'usage des hydrocarbones est malfaisant. Bien au contraire, il y a de bons éléments de preuve que l'accroissement du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, est bénéfique pour l'environnement".

Robert Jastrow, jastrow

 

A.B. Physics, Columbia University (1944), A.M. Physics, Columbia University (1945), Ph.D. Physics, Columbia University (1948), Adjunct Professor of Geophysics, Columbia University (1944–1982), Postdoctoral Fellow, Leiden University, Netherlands (1948-1949), Scholar, Institute for Advanced Study, Princeton University (1949-1950, 1953), Assistant Professor of Physics, Yale (1953-1954), Chief, NASA Theoretical Division (1958-61), Founding Director, NASA Goddard Institute for Space Studies (1961-1981), NASA Medal for Exceptional Scientific Achievement (1968), Professor of Earth Sciences, Dartmouth College (1981-1992), Chairman, Mount Wilson Institute (1992–2003), (Décédé le 8 février 2008)

Notable: Directeur fondateur du NASA’s Goddard Institute for Space Studies ( Le GISS de James Hansen et de Gavin Schmidt !) de la NASA Il a accueilli plus de 100 programmes de TV CBS sur la science spatiale.

Robert Jastrow a signé le Global Warming Petition Project


 

 

 

“The scientific facts indicate that all the temperature changes observed in the last 100 years were largely natural changes and were not caused by carbon dioxide produced in human activities.”Robert Jastrow

 

"Les faits scientifiques montrent que toutes les variations de température observées dans les 100 dernières années, étaient en grande partie dues aux changements naturels et n'étaient pas causées par le dioxyde de carbone produit par les activités humaines"

William Happer

Cyrus Fogg Brackett Professor of Physics at happerPrinceton University

Fellow of the American Physical Society and the American Association for the Advancement of Science, and a member of the National Academy of Sciences. He received a Alfred P. Sloan fellowship in 1966, an Alexander von Humboldt award in 1976, the Herbert P.Broida Prize in 1997, the Davisson-Germer prize and the Thomas Alva Edison patent award in 2000. In 2003 he was named the Cyrus Fogg Brackett Professor of Physics at Princeton University.

En 1991, il a rejoint Département de l'Energy des USA où il a été directeur du budget de recherche (environ 3 milliards de dollars). En 1993, il a repris ses fonctions à Princeton ou il est devenu président du conseil de la recherche en 1995. Outre ces fonctions à plein temps, il a occupé de nombreuses autres fonctions : Président du Comité de Direction de JASON; Administrateur de la MITRE Corporation, de la Richard Lounsbery Foundation and du Marshall Institute. Il a co-fondé la Magnetic Imaging Technologies Inc.en 1994.

Notable : Après avoir émis des doutes sur l'affaire du trou de l'ozone et du réchauffement climatique anthropique, il a été démis de ses fonctions au "US Department of Energy", par le Vice Président Al Gore. On lui a déclaré qu'il ne fallait pas que "la Science intervienne dans la politique."

Will Happer a signé le Global Warming Petition Project

 

"I have spent a long research career studying physics that is closely related to the greenhouse effect", said Happer. "Fears about man-made global warming are unwarranted and are not based on good science."

"J'ai consacré une longue carrière de chercheur à étudier la physique qui est très liée aux gaz à effet de serre", dit Happer, "Les peurs au sujet de réchauffement climatique anthropique sont injustifiées et ne sont pas basées sur de la bonne science."

"The earth's climate is changing now, as it always has. There is no evidence that the changes differ in any qualitative way from those of the past."

"Le climat de la Terre est en train de changer maintenant, comme il l'a toujours fait. Il n'y a pas de preuve que ce changement diffère de ceux du passé, de quelque manière qualitative que ce soit."

"Computer models used to generate frightening scenarios from increasing levels of carbon dioxide have scant credibility," 

" Les modèles informatiques utilisés pour générer des scénarios effrayants à partir d'augmentation continue du taux de dioxyde de carbone, ont une faible crédibilité."

 

Robert Laughlin, laughlin2

 

A.B. Mathematics, University of California, Berkeley (1972), Ph.D. Physics, Massachusetts Institute of Technology (1979), Fellow, IBM (1976-1978), Postdoctoral Member, Technical Staff, Bell Laboratories (1979–1981), Research Physicist, Lawrence Livermore National Laboratory (1982–2004), Associate Professor of Physics, Stanford University (1985–1989), E.O. Lawrence Award for Physics (1985), Oliver E. Buckley Condensed Matter Prize (1986), Eastman Kodak Lecturer, University of Rochester (1989), Professor of Physics, Stanford University (1989–1993), Fellow, American Academy of Arts & Sciences (1990), Anne T. and Robert M. Bass Professor of Physics, Stanford University (1992–Present), Professor of Applied Physics, Stanford University (1993-2007), Member, National Academy of Sciences (1994), Nobel Prize in Physics (1998), Board Member, Science Foundation Ireland (2002-2003), President, Asia-Pacific Center for Theoretical Physics (2004-2006), President, Korean Advanced Institute for Science and Technology (2004–2006)

Notable: Prix Nobel de Physique (1998).

Signataire de la lettre de protestation auprès de l'APS.

 

 

 

 

“The geologic record suggests that climate ought not to concern us too much when we’re gazing into the energy future, not because it’s unimportant, but because it’s beyond our power to control.” Robert Laughlin

 

"Les données géologiques suggèrent que le climat ne devrait pas trop nous inquiéter quand nous regardons le futur de l'énergie, non pas parce que ce n'est pas important mais parce que c'est au delà de notre pouvoir de contrôle."

William Nierenberg,nierenberg

 

B.S. Physics, City College of New York (1939), M.A. Physics, Columbia University (1942), Ph.D. Physics, Columbia University (1947), Researcher, Manhattan Project, Columbia SAM Laboratories (1942-1945), Instructor in Physics, Columbia University (1946–1948), Assistant Professor of Physics, University of Michigan (1948–1950), Associate Professor of Physics, University of California, Berkeley (1950-1953), Professor of Physics, University of California, Berkeley (1954–1965), Assistant Secretary General for Scientific Affairs, NATO (1960-1962), Director Emeritus, Scripps Institution of Oceanography (1965-1986), Member, White House Task Force on Oceanography (1969-1970), Member, National Academy of Sciences (1971), Chairman, National Advisory Committee on Oceans and Atmosphere (1971-1975), Member, National Advisory Committee on Oceans and Atmosphere (1971–1978), Member, National Science Board (1972–1978, 1982–1988), Chairman, Advisory Council, NASA (1978-1982), Member, Space Panel, Naval Studies Board, National Research Council (1978–1984), Member, Council of the National Academy of Sciences (1979-1982), Chairman, Carbon Dioxide Assessment Committee, National Academy of Sciences (1980–1983), NASA Distinguished Public Service Medal (1982), (Décédé le 10: September 2000)

Notable: Membre du projet Manhattan (1942-1945) (comme Edward Teller) et ancien Directeur et Directeur émérite de la Scripps Institution of Oceanography, sans doute l'organisme les plus prestigieux en matière d'océanographie.

Will Nierenberg a signé le Global Warming Petition Project

 

 

 

 

 

“The available data on climate change, however, do not support these predictions, nor do they support the idea that human activity has caused, or will cause, a dangerous increase in global temperatures. …These facts indicate that theoretical estimates of the greenhouse problem have greatly exaggerated its seriousness.” (William Nierenberg)

 

 

"Cependant, les données disponibles sur le changement climatique ne supportent pas ces prédictions, non plus qu'elles supportent l'idée que l'activité humaine a causé, ou causera, une augmentation dangereuse de la température du globe...Ces faits indiquent que les estimations théoriques de la question de l'effet de serre ont considérablement exagéré leur caractère inquiétant."

Harold (Hal) Lewis,

lewis1

 

 

 

 

 

Harold Lewis is Emeritus Professor of Physics, University of California, Santa Barbara, former Chairman; Former member Defense Science Board, Chairman of Technology panel; Chairman DSB study on Nuclear Winter; Former member Advisory Committee on Reactor Safeguards; Former member, President’s Nuclear Safety Oversight Committee; Chairman APS study on Nuclear Reactor Safety; Chairman Risk Assessment Review Group; Co-founder and former Chairman of JASON; Former member USAF Scientific Advisory Board; Served in US Navy in WW II; books: Technological Risk (about, surprise, technological risk) and Why Flip a Coin (about decision making).

 

 

 

 

 

 


 

Hal Lewis a signé la pétition : Global Warming Petition Project

 

Harold (dit Hal) Lewis, Professeur émérite de l'Université de Californie Santa Barbara (UCSB) a été l'un des "fellow" (membre élu) actif de l'American Physical Society pendant des décennies. Il en a démissioné le 6 octobre dernier. Sa longue lettre de démission, adressée au Président de l'APS, C.C. Gallan, constitue un réquisitoire d'une rare sévérité contre les prises de position de l'APS ( 2007 et 2010) et l'évolution de la science et des scientifiques. En voici quelques courts extraits. L'original est largement diffusé sur le WEB ( à défaut des médias). Vous trouverez une traduction complète de cette lettre de démission de Hal Lewis sur Skyfall (h/t: "hat tip")

Pour : Curtis G. Callan, Jr., Princeton University, President of the American Physical Society- 6 Octobre 2010

Cher Curt,

"Quand j'ai adhéré à l'American Physical Society, il y a 67 ans, celle-ci était beaucoup plus petite, plus amicale et encore vierge de la corruption causée par les torrents d'argent (une menace dont nous avait averti Dweight Eisenhower, il y a 50 ans.) (Ndt : Dans le célèbre et visionnaire "farewell adress", discours d'adieu)]....[ Pour des raisons qui s'éclairciront ci-dessous, ma fierté précédente d'être un membre élu de l'APS pendant toutes ces années, s'est muée en un sentiment de honte et je suis contraint, sans aucun plaisir, de présenter ma démission de la Société."[...]

"Il s'agit, bien entendu, de l'arnaque du réchauffement climatique laquelle est poussée par (littéralement) des millliers de milliards de dollars, qui ont corrompu tant de scientifiques et ont poussé l'APS devant eux comme une vague malfaisante. C'est la fraude scientifique la plus vaste et la plus réussie à laquelle j'ai assisté durant ma longue vie de physicien. Quiconque ayant le moindre doute qu'il en est ainsi devrait se forcer à lire les documents du ClimateGate, qui la met à nu. (Le livre de Montford décrit très bien les faits) Je ne crois pas qu'aucun vrai physicien, ni aucun scientifique, puisse lire cette chose sans éprouver de la révulsion. Je suis presque prêt à considérer que cette révulsion constitue une définition du mot "scientifique"...

Lewis décrit le long processus ( lettres, pétition avec plus de 200 collègues auprès de l'APS, refus de la part du bureau de l'APS etc...voir ci-dessous) qui a provoqué sa démission. Il note l'absence de réaction du bureau de l'APS en ces termes ::

"Entre temps, le scandale du ClimateGate a éclaté dans les médias et les machinations des principaux alarmistes ont été révélées au monde. C'était une fraude à une échelle que je n'avais encore jamais vue et les mots me manquent pour décrire cette énormité. Effet sur la position de l'APS : Aucun. Rien du tout. Ceci n'est pas de la science. D'autres forces sont en action."...


1) Note sur le "Global Warming Petition Project" qui a été signé par 7 des physiciens cités ci-dessus (sur 8 physiciens américains. Ian Gaiever est Norvégien).

Le GWPP est une pétition mise en place en 1997 par et pour des scientifique américains, destinée à mettre en garde les USA contre la signature du protocole de Kyoto et tout autre protocole du même genre. Elle a, depuis 1997 et jusqu'à nos jours, fait l'objet de plusieurs mises à jour.
.
Comme on pouvait s'y attendre, cette pétition a, dès son lancement, fait l'objet de très nombreuses attaques de la part des supporters du
GIEC, qui y ont notamment introduit de fausses signatures (certaines parfois cocasses !) de manière à discréditer le mouvement.
Selon les gestionnaires actuels de cette pétition, les signatures et les qualifications des signataires ont maintenant toutes été vérifiées. Les adhésions se font uniquement par courrier postal.


A ce jour, cette pétition a été signée par 31487 scientifiques américains dont 9029 Docteurs ès Sciences (PhD).

Voir la FAQ de la GWPP pour les explications pratiques sur la manière dont a été établi ce projet.

Texte de la pétition :

"Nous demandons instamment au Gouvernement américain de rejeter le protocole sur le réchauffement global qui a été rédigé à Kyoto au Japon en Décembre 1997 ainsi que tout autre proposition. La limitation envisagée de réduire les gaz à effet de serre nuirait à l'environnement, retarderait le progrès de la science et de la technologie et affecterait la santé et le bien-être de l'humanité.
Il n'existe pas de preuve scientifique convaincante que le relâchement, par l'homme, de dioxyde de carbone, de méthane ou d'autres gaz à effet de serre causent ou causeront dans un futur prévisible, un réchauffement catastrophique de l'atmosphère de la Terre et un bouleversement du climat de la Terre. En outre, il existe des éléments de preuve substantiels qu'une augmentation du taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère entraîne des effets bénéfiques pour la végétation et l'environnement animal de la Terre."

Au jour d'aujourd'hui, la liste des signataires comporte 9029 PhD (Titulaires d'un Doctorat), 7157 MS (Titulaires d'une maîtrise), 2586 (Docteurs en médecine) et DVM (Docteurs vétérinaires) ; ainsi que 12715 "Bachelor of Science" (approximativement niveau DEUG-licence) ou des grades équivalents du point de vue académique. Voici le nombre de signataires par discipline scientifique, selon le classement du GWPP :

1. Siences de la Terre, atmosphère et environnement : 3805 signataires.
2. Mathématiques et simulations numériques : 935 signataires.
3. Physique et sciences de l'espace : 5812 signataires.
4. Chimie : 4822 signataires
5. Biologie et agriculture : 2965 signataires.
6. Médecine : 3046 signataires.
7. Ingénierie et science générale : 10102 signataires.

Vous remarquerez que, parmi les sciences fondamentales, les physiciens et les astro-physiciens représentent le contingent le plus nombreux parmi les signataires de la pétition, ce qui n'est pas anodin. Cette affaire repose sur la physique.

De manière générale, il convient de ne pas se laisser impressionner par les affirmations de "consensus" ou par les chiffres énoncés ici ou là par les "experts" des médias. Ainsi, Le climatologue Mike Hulme (déjà plusieurs fois cité dans cette page) a rapporté ce qui suit dans un article de revue pour " Progress in Physical Geography", intitulé "Changement climatique : que savons nous sur le GIEC ?" (12 Avril 2010).

“The establishment of consensus by the IPCC is no longer as critical to governments as [is] a full exploration of uncertainty. Without a careful explanation about what it means, this drive for consensus can leave the IPCC vulnerable to outside criticism. Claims such as ‘2,500 of the world’s leadingscientists have reached a consensus that human activities are having a significant influence on the climate’ are disingenuous. That particular consensus judgement, as are many others in the IPCC reports, is reached by only a few dozen experts in the specific field of detection and attribution studies; other IPCC authors are experts in other fields".

"L'établissement du consensus par le GIEC ne représente plus un critère primordial pour les gouvernements comme [l'est] une analyse complète des incertitudes. A défaut d'une explication précise de ce que cela signifie, la tendance au consensus peut rendre le GIEC vulnérable aux critiques extérieures. Les affirmations telles que '2500 des meilleurs scientifiques du monde sont parvenus à un consensus sur le fait que les activités humaines ont une influence significative sur le climat', sont fallacieuses. Ce jugement particulier relatif au consensus, comme beaucoup d'autres dans les rapports du GIEC, ne sont obtenus que par seulement, quelques douzaines d'experts dans le domaine particulier des études de la détection et des attributions ; Les autres auteurs du GIEC sont experts dans d'autres domaines. "

2) Conflit interne au sein de l'American Physical Society (48000 membres inscrits venant de tous les grands pays "scientifiques")

La lettre de démission de Hal Lewis dont j'ai mentionné quelques extraits ci-dessus a provoqué quelques remous au sein des organismes dirigeants de l'APS. Contrairement aux usages, c'est par un communiqué de presse et sous la signature de la secrétaire chargée des communications avec la presse que l'APS a répondu. Cette réponse a immédiatement fait l'objet d'une contre-réponse (texte intercalé en rouge, cosigné par Bill Happer, Roger Cohen et Hal Lewis, tous trois membres élus de l'APS) qui figure dans ce document rendu public sur un grand nombre de sites internet.

En réalité, la démission d'Hal Lewis n'est pas un épiphénomène isolé. Elle est plutôt le révélateur et le prolongement d'un conflit qui dure depuis 3 ans et au cours duquel de nombreux membres de la plus grande société de physique du monde ont tenté de se faire entendre par leurs instances dirigeantes. Je rappelle brièvement les étapes marquantes du déroulement de ce conflit :

Le 18 Novembre 2007 : Sans avoir consulté les membres de la société, (ce qui aurait pu se faire aisément et rapidement par voie électronique, comme, par exemple, lors des élections internes) le conseil de l'APS a publié une déclaration particulièrement alarmiste au sujet du climat. Cette déclaration s'achève sur un certain nombre d'affirmations et de recommandations destinées, en particulier, au personnel politique.
A noter que nombre d'associations savantes ont suivi le même processus (comme on le voit dans la principale revue interne de l'ACS, l'équivalent de l'APS pour la chimie, avec des résultats équivalents, c'est à dire avec un conflit interne retentissant (un exemple)).
Plusieurs physiciens, membres de l'APS ont fait immédiatement connaître leur désaccord aussi bien avec la procédure (sans consultation préalable) utilisée qu'avec les termes de la déclaration "officielle".

Juillet 2008 : J'avais rapporté (dans la rubrique bonnet d'âne) sur les tribulations de Jeffrey J. Marque qui était alors éditeur des Newsletters de "Physics and Society" de l'APS. JL Marque avait (imprudemment, semble-t-il) décidé d'ouvrir un débat sur la physique du réchauffement climatique. Pour ouvrir ce débat et comme il est d'usage, il avait écrit un paragraphe d'introduction dont voici une traduction :

"Il existe une proportion considérable de gens, dans la communauté scientifique, qui sont en désaccord avec les conclusions du GIEC qui affirme que le CO2 anthropique est, très probablement, le principal responsable du réchauffement climatique qui s'est produit depuis la Révolution Industrielle. Comme la justesse ou la fausseté de cette conclusion a d'immenses implications pour l'action politique et l'avenir de notre biosphère, nous avons pensé qu'il était pertinent d'ouvrir un débat dans les pages de Physics and Society " (source).

Cette démarche avait provoqué quelques cafouillages et démentis successifs de la part des édiles de l'APS, récompensés (à mon grand regret) par le bonnet d'âne du mois de Juillet 2008.

Pourtant comme la suite le démontre Jeffrey Marque avait raison d'ouvrir un débat. En effet, Il existe une proportion considérable de gens, dans la communauté scientifique, qui sont en désaccord avec les conclusions du GIEC...

Au début de l'année 2009, plusieurs membres de l'APS ont rédigé un projet de texte destiné à être substitué à la déclaration publiée en 2007. Cette déclaration nettement moins affirmative et moins alarmiste que la déclaration de 2007, fait part des incertitudes qui affectent la connaissance du climat et demandent que soit constitué un comité interne dont le but serait de réfléchir à la définition d'un position conforme au point de vue de l'ensemble des membres de l'APS. En attendant, ils demandaient que la déclaration alarmiste de 2007 soit suspendue. Cette pétition était signée par 260 membres dont 2 prix Nobel de Physique (Giaever et Laughlin) et 15 membres des académies.

Mai 2009, le bureau de l'APS décide de lancer une enquête auprès de ses membres au sujet de la déclaration officielle publiée en 2007.

Juillet 2009 : Plusieurs physiciens (S. Fred Singer, Hal Lewis, Will Happer, Larry Gould, Roger Cohen et Robert H. Austin) qui avaient demandé que cette démarche soit entreprise, publient un communiqué dans Nature (correspondance) exprimant, entre autres, leur satisfaction.

Novembre 2009 : Les courriers du CRU sont révélés au public (ClimateGate).
De nombreux membres de l'APS écrivent au Président pour demander que l'APS s'exprime officiellement sur ce sujet. Le Président répond qu'il faut attendre les résultats de l'enquête au sujet des "vols"(sic) des courriers du CRU.
De nombreux physiciens écrivent alors directement à une sélection de membres de l'APS pour leur faire part de leur étonnement et de leur irritation que leur Société reste silencieuse à ce propos. Voici le texte de leur email.

Décembre 2009 : Le Président Cherry Murray écrit aux membres de l'APS pour leur dire que le mail des "dissidents" n'était pas officiel et se déclare scandalisé que le fichier des adhérents ait pu être utilisé.

Février 2010: Le nouveau Président de l'APS, Curtis Allan, annonce une enquête d'opinion auprès des membres par internet. Les réponses doivent parvenir avant le19 mars

Après dépouillement, L'APS publie un certain nombre de résultats relatifs à cette enquête sur son site. Malheureusement les résultats globaux ne sont pas rendus publics mais il est déclaré que lors du dépouillement des réponses, un des responsables a effectué un échantillonnage sur les 180 premiers messages reçus. Voici le résultat :

63 % des bulletins supportent la déclaration officielle de l'APS.
37% s'y opposent et souhaitent que la déclaration soit retirée ou qu'elle défende une position alternative.


Cette proportion est confirmée par un autre personnel du bureau qui a participé au dépouillement d'autres réponses. En fait, elle montre
qu'un peu plus d'un tiers des physiciens (américains ainsi que de nombreux membres d'autres pays) ne sont pas d'accord avec les termes de la déclaration alarmiste de 2007.
Ainsi, l'affirmation que "99% (quand ce n'est pas "la totalité", selon certains) des scientifiques approuveraient les démarches alarmistes " n'est rien d'autre qu'un fantasme, loin de la réalité objective.
En tout cas, ce n'est pas le cas au sein de l'American Physical Society qui est très probablement représentative du petit monde des physiciens des pays développés.

En dépit de ces résultats qui montrent qu'un nombre significatif des membres de la société ne sont pas d'accord avec ses prises de position, le conseil de l'APS a décidé de conserver la déclaration rédigée en 2007 tout en l'accompagnant d'un long commentaire explicatif (et un peu réducteur) qui ne revient pas fondamentalement sur l'esprit de la déclaration contestée. Le conseil a demandé l'avis de ses membres au sujet du commentaire explicatif publié sur son site. Quelques commentaires du commentaire sont disponibles ici. Visiblement, les positions n'ont pas évolué...

Sans doute, à suivre....Je serais étonné que les choses en restent là.

06 Juin 2010 : Pierre Morel, le fondateur du Laboratoire de Météorologie Dynamique et ancien secrétaire général du programme mondial de morel1recherche sur le climat, s'exprime sans détours, sur la climatologie.
C'est instructif, parfois ironique et souvent décoiffant.
En particulier,
Pierre Morel rectifie un certain nombre d'idées reçues, malheureusement propagées par les médias et, hélas aussi, par quelques scientifiques.

Voici, ci-dessous, un fac-similé de la présentation de la conférence que Pierre Morel a donnée au Bureau des Longitudes en oct. 2009, telle qu'on peut l'écouter sur Canal Académie. Je vous conseille de la télécharger (42 Mo), (voir une copie ici), avant de l'écouter avec votre lecteur mp3 préféré. La conférence complète dure environ 45 minutes.

morel2Réchauffement planétaire et science du climat

Par Pierre Morel, fondateur du laboratoire de météorologie dynamique (CNRS)

Pierre Morel dresse l’historique des connaissances en matière de changement climatique depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Il revient sur les données chiffrées à interpréter avec beaucoup de prudence selon lui : « Si les informations paléo-climatiques récoltées par les scientifiques donnent des pistes de recherches, elles n’apportent en revanche pas d’explication sur les changements climatiques ».
Retransmission de l’intervention de Pierre Morel en octobre 2009 au Bureau des longitudes
.

A l'origine, Pierre Morel était un physicien théoricien (Mécanique quantique statistique). Engagé très tôt dans la recherche spatiale, il s'est spécialisé dans l'étude de la circulation atmosphérique globale et du climat. Il est le fondateur du Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD) de Paris VI, ENS, CNRS. Entre autres éminentes fonctions, Pierre Morel a été Directeur Général de l'Agence Spatiale Française en charge de la science et de la technologie (1975-1982), puis Directeur du Programme de recherche International sur le climat mondial (1982-1994). De 1995 à 2000 il a été "Visitor Senior Scientist'" au Quartier Général de la NASA. (voir The Earth Observer août 06). Il est aussi un ancien secrétaire général du programme mondial de recherche sur le climat.

Pierre Morel n'est évidemment pas un sceptique du climat au sens où on l'entend aujourd'hui. Par contre, et comme on peut s'y attendre de la part d'un scientifique de ce niveau qui voit les choses avec le recul qu'apporte une longue expérience, il parle sans aucune contrainte et n'hésite pas à mettre le doigt où ça fait mal et à insister sur les incertitudes, tout à l'inverse de ce que l'on entend généralement.
Voilà qui nous change de la litanie habituelle.

Il va de soi qu'il est pratiquement impossible de redonner, par écrit, le texte complet de la conférence en question.
J'en ai extrait quelques citations particulièrement "hétérodoxes" en essayant, autant que possible de les replacer dans leur contexte. Les critiques systématiques du "hors contexte" pourront toujours se référer à l'enregistrement complet de la conférence dont j'ai donné le lien ci-dessus. Bien entendu, et compte tenu du fait qu'il s'agit d'une conférence, le langage de Pierre Morel est assez "familier". On ne saurait le lui reprocher. A l'exception de quelques répétitions et interjections propres au langage parlé, j'ai retranscrit, mot à mot et aussi fidèlement que possible, ses propres paroles.

Quelques extraits de la Conférence de Pierre Morel (avec indications du compteur relevées sur le lecteur mp3)
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En guise d'introduction, Pierre Morel replace les préoccupations humaines sur le climat, dans un contexte historique. Après avoir rappelé qu'aux temps anciens (les Grecs..) les gens ne se préoccupaient pas du changement climatique et qu'ils avaient bien d'autres soucis, Pierre Morel évoque les soucis climatiques depuis la Renaissance jusqu'à nos jours.
Sa rétrospective et sa vision des choses ne manquent pas d'humour...

Compteur 2'21" :
"Plus tard, c'est à dire vers le 15ème-16ème siècle, les choses se sont gâtées. Les gens ont vu un certain nombres de signes de changements inquiétants de cet environnement que l'on croyait stable. En particulier, dans les vallées alpines, les langues de glace commençaient à s'avancer sérieusement au point de menacer les champs puis les maisons et les villages.
Devant cette menace, on a eu recours aux grands moyens. On a organisé des processions avec la croix et la bannière, au sens strict. Alors, ça a marché. En effet, depuis ce temps-là, les glaciers sont en récession..
Récemment nous sommes confrontés à des avertissements, des indices -disons- tout aussi substantiels... on voit, par exemple, les glaces polaires, les glaces arctiques, les glaces de mer de la banquise reculer régulièrement depuis trente ans. Et ça on le sait très bien parce qu'on l'observe avec des satellites. La glace d'été en tout cas. En hiver, non.
Alors, face à ces avertissements inquiétants, nous avons eu recours aux mêmes moyens, c'est à dire qu'on a organisé de grandes réunions. J'appelle ça des messes politico-médiatiques. A Rio de Janeiro, à Kyoto, A Bali et autres endroits. Et on peut espérer que ce que j'appelle des "processions aéroportées" auront le même effet heureux que celles de nos ancêtres. Donc vous voyez que c'est un sujet dont on parle depuis longtemps. Il a donné lieu à un folklore assez important...."

Morel nous explique ensuite que s'agissant du climat, celui-ci est bien global et on peut ainsi avoir des idées, des indications, même avec des mesures locales, comme les carottes prélevées en antarctique par exemple, mais il ajoute qu'elles n'ont qu'un caractère indicatif et non explicatif. Compteur 6' 59": " Je n'ai encore jamais vu l'explication réelle, physique, d'un phénomène climatologique fondé sur des données paléoclimatiques. Jamais. Il y a toujours une indication, une base sur laquelle on peut réfléchir, mais ce n'est pas une explication quantitative."

Pierre Morel explique ensuite les grandes difficultés qu'il y a à obtenir des données quantitatives crédibles, notamment sur l'évolution de la température :

Morel explique que même aux Etats-Unis, la méthodologie très contrôlée se heurte à de nombreuses difficultés : changement d'appareil, sauts instantanés. " ça peut être un degré ou un degré et demi en plus ou en moins"... Il faut corriger ça. On moyenne. Il y a aussi des biais systématiques. On corrige.
Compteur 10'20'' : "On voit un réchauffement progressif qui se monte à 0,6°C en un siècle. mais sur ce 0,6°C en un siècle, il y en a 0,4 qui sont des corrections "

Compteur 10'38" : "Le signal est faible. S'il y en a un, il est bruité. Très bruité. Donc c'est pour vous dire que ce n'est pas évident de mesurer ça et par conséquent la scrutation extrêmement attentive pour ne pas dire obsessionnelle de ces diagrammes de variations séculaires de tel ou tel paramètre, notamment la température est un tout petit peu... dangereuse, si vous voulez. Il n'y a pas assez d'information pour en tirer des conclusions. On peut peut-être voir des tendances, bon d'accord. Mais pour y voir des explications c'est beaucoup plus difficile. Le signal est trop petit. Il y a trop de fluctuations suite à des tas de choses dont je n'ai pas le temps de vous parler mais qui existent et par conséquent, en tirer des conclusions, ce n'est pas facile.
Les signaux sont trop faibles et l'information est trop débile. En d'autres termes, cet effort qui est largement pratiqué par des organismes officiels, le GIEC etc. , tous ces chers amis qui se réunissent dans des endroits paradisiaques, effectivement passent beaucoup de temps à regarder ces diagrammes. On voit des tendances on discute sur chaque petit truc. On y voit même des empreintes digitales. L'empreinte de tel ou tel processus, que ce soit le gaz carbonique ou les éruptions volcaniques [...] on imagine beaucoup de choses."

Compteur 12' 12": "On y voit, on y trouve ce qu'on veut. On imagine beaucoup de choses, mais c’est comme un test de Rorschach, on y trouve ce qu’on veut. Il suffit de vouloir quelque chose et on le trouve.... Donc je pense que ce n'est pas possible de faire un diagnostic quelconque sur les mécanismes du climat, explicatif encore moins prévisionnel, simplement sur la base des données. Pas possible. En un mot malheureusement, on ne peut pas faire l'économie d'essayer de comprendre quelque chose. Si on ne comprend rien au système, on ne peut pas comprendre ce qu'il se passe. Il faut aller dans un degré de détails suffisamment bas dans le système pour que les signaux commencent à être gros."


Compteur 12'49" : "A petite échelle, aux temps courts, on voit des signaux considérables. Il n'y a qu'à se promener dans les rues. On voit le temps qui change constamment. Donc, dans le détail micro météorologique, les signaux sont énormes ...néanmoins plus on fait de moyennes moins on comprend, plus c'est lissé, plus l'information a disparu. Par conséquent, il faut qu'on descende dans la mécanique du système. Sinon on n'avance pas. C'est une première conclusion à laquelle je tiens beaucoup. Puisqu'on prend des valeurs moyennes qui ne dépendent évidemment ni de la latitude ni de la longitude, ni du temps puisque ce sont des moyennes sur le temps aussi, il n'y a plus qu'une coordonnée, c'est la coordonnée verticale. Donc nous avons un modèle climatique à une seule dimension. Une colonne d'air. L'atmosphère. Partant du sol, jusqu'au sommet de l'atmosphère. "

Compteur 13' 53" : Morel nous décrit ensuite la structure de l'atmosphère (stratosphère, tropopause, troposphère). La stratosphère est stratifiée et calme. Les échanges d'énergie s'y font par des processus radiatifs. Par contre ...

Compteur 18'12'' :" La troposphère (NDLR : La partie de l'atmosphère qui se trouve en dessous de la tropopause (vers 9-16 km) jusqu'au sol) est un endroit excessivement complexe. Il s'y passe des tas de choses que l'on ne décrit pas très bien même avec les meilleurs moyens d'observation et que l'on modélise encore moins bien"[....] "On a évidemment de gros doutes sur les nuages. Ça se passe dans la troposphère donc on ne comprend rien. Tout ce qui est bien calculé, ce sont les effets des gaz qui se trouvent dans la stratosphère."

Compteur 34' à 37'51, Pierre Morel nous donne une estimation/description en vigueur de l'effet de serre (type Lindzen) et conclut :

"Bon. Ça nous donne un ordre de grandeur de l'effet de ce réchauffement dû aux gaz à effet de serre et cet ordre de grandeur c'est un degré jusqu'à présent sans compter les phénomènes de couplage avec l'océan et avec la glace de mer etc. Tout ce qu'on appelle des feedbacks, des feedbacks positifs dans ces cas là. Et puis ça ne tient pas compte non plus de l'effet de tampon des océans. L'océan absorbe de la chaleur et ça a pour effet principal de retarder les manifestations et donc ça fait un peu plus petit parce que c'est retardé par l'océan.[...] Donc si on prend en compte tout ça, c'est très raisonnable ça fait de bons ordres de grandeur. Donc si on se base là dessus qui n'est pas miraculeux on a une petite idée du réchauffement que l'on a déjà observé et que l'on va observer dans le futur.

Compteur 37'52" : Morel poursuit : "Alors maintenant que penser du reste ?
Premièrement, il faut savoir que tous les modèles du climat sont absolument essentiels. Car sans modèle on ne peut rien faire. Vraiment si on veut comprendre les choses de façon quantitative, il nous faut des modèles. Le problème c'est que les modèles ne représentent pas la réalité. Ils font des moyennes sur des surfaces de l'ordre de 10000km2 minimum ou 100000 km2. Et par conséquent bien entendu dans un bloc de fluide de cette ampleur, on ne peut pas représenter les détails. Donc au lieu de représenter les détails, ils utilisent des formules empiriques pour représenter plus ou moins l'effet sur les différents flux mais alors ces formules empiriques, elles ont des coefficients, arbitraires, qu'il faut ajuster. Effectivement, on les ajuste. Mais comment est-ce qu'ils les ajustent. Ils les ajustent plus ou moins en essayant de reproduire le cycle saisonnier et comme on fait ça depuis tout le temps, depuis toujours, on a toujours le même résultat.
En effet, il y a trente ans, les premiers modèles, les plus simples, vraiment primitifs, extrêmement simplistes donnaient exactement les mêmes résultats que maintenant.

La fourchette, la fameuse fourchette de 1,5 à 4,5°C qui est publiée partout, existait, il y a trente ans. C'était la même fourchette parce que c'est le même cycle saisonnier. Implicitement, ils ont tous fait la même chose. Ce que je fais devant vous avec les mains eux, ils le font avec des ordinateurs et des valeurs numériques mais c'est la même chose.. ils ont le même résultat. Alors ça veut dire que leurs prédictions de réchauffement ne sont pas mauvaises puisqu'elles sont fondées sur l'observation empirique [...]

Malheureusement, ça ne nous renseigne pas beaucoup sur le reste. Tout ce qui dépend en détail de phénomènes météorologiques intenses et localisés comme les pluies en particulier, est plus ou moins massacré dans les modèles. Et par conséquent toutes les prédictions des conséquences de l'impact du réchauffement global sur l'environnement sont plus ou moins ratées.
Pour vous donner une idée, prenons un bout de terrain, un région sur lequel il pleut une certaine quantité d'eau de pluie en un mois. Si cette pluie tombe tous les jours, elle s'infiltre un petit peu et quand le soleil réapparaît, elle s'évapore. Donc la pluie se réévapore, il n'y a pas de ruissellement. Si au contraire ça tombe d'un seul coup en un ou deux gros événements sporadiques, à ce moment là, ça fait une petite inondation locale, ça ruisselle et ça remplit les rivières. Donc suivant la distribution dans le temps, dans ce cas là différentes, pour la même quantité moyenne, on obtient des résultats tout à fait différents.
C'est exactement ce qu'il se passe avec nos modèles c'est à dire que d'accord, ils font des moyennes mais le résultat qu'ils obtiennent n'a aucune raison d'être vraiment le résultat que l'on souhaite de la réalité parce qu'ils ne représentent pas la réalité."

Compteur 41'05 jusqu'à la fin : "On lit dans les documents officiels "les modèles climatiques découlent des lois de la physique" Je le cite parce que je l'ai lu. Mais c'est pas vrai ! Les modèles climatiques ne sont pas fondés sur les lois de la physique.

Les lois de la physique sont des lois microscopiques. Et le fait que les modèles en question aient un hiatus entre ce qu'ils représentent effectivement c'est à dire des moyennes à l'échelle d'un bloc de 100 par 100 km ou plus et puis la réalité détaillée, locale, si vous voulez, ce hiatus fait qu'il y a déconnexion. Les lois de la physique ne s'appliquent plus. Alors c'est vrai que les modélisateurs aiment bien croire que leurs modèles sont fondés sur les lois de la physique parce que si c'était vrai, à ce moment là, il n'y a pas besoin de vérifier leurs formules. Leurs formules seraient automatiquement bonnes puisqu'elles seraient appuyées sur les lois de la physique. Mais malheureusement elles ne le sont pas..
C'est là le pied d'argile du système. Le gros danger c'est que ces modèles ne sont pas vraiment reliés de façon solide, appuyés, fondés sur les lois de la physique.
Donc il faut aller vérifier les lois empiriques. il faut aller les regarder de près. Et ça c'est malheureusement très difficile parce que si vous prenez la moyenne sur 100 par 100km d'une série de nuages convectifs, si vous faites la moyenne vous ne voyez plus rien du tout. l'air qui monte est très humide, celui qui descend est plus sec. On fait la moyenne, on trouve un truc intermédiaire, c'est tout, mais on ne trouve rien du détail du fonctionnement mécanique du système.
Donc on ne peut pas prédire les événements. Ces formules sont entachées de doute et ça malheureusement je crains que la voie sur laquelle s'est engagée la recherche climatique actuelle ne conduise pas une résolution de ces points là parce que les modèles climatiques n'ont pas les moyens d'exploiter les observations qu'on peut faire de phénomènes de petite échelle.. On peut très bien aller observer un nuage cumulus ou un ouragan et ramener un tas d'informations mais un modèle climatique ne peut pas comparer cette information expérimentale à l'objet qui est prédit par le modèle parce que ce n'est pas la même histoire, ce n'est pas la même météorologie, ce n'est pas la même situation. Et par conséquent un modèle climatique qui représente une histoire théorique de la planète n'a aucune chance de représenter un ouragan particulier qu'on aura été mesurer. Ces modèles climatiques n'ont pas le moyen d'exploiter ces informations. Les météos, oui. Les météorologistes exploitent cette observation, l'injectent dans les modèles. On appelle ça l'assimilation des données. Il l'appellent l'initialisation d'une prévision déterministe. Si on veut comparer les résultats de modèles à des phénomènes réels, il faut un modèle météorologique. Un modèle qui absorbe les données instantanément et qui initialise les prévisions. Alors là on peut voir si ça donne la bonne pluie ou pas. On peut vérifier le lendemain s'il a plu ou pas. Mais autrement, non.

Par conséquent, actuellement, les modèles de la science climatique théorique, tout cela est engagé sur une voie sans issue.

On ne progresse plus depuis au mois dix ans. Alors voilà la situation de la recherche, si je peux me permettre de le dire : Nous avons de bonnes idées sur la façon du comment ça marche. On a pas mal d'observations, d'ingénieurs, de techniciens même de scientifiques qui font des observations mais on n'arrive pas à passer la barrière. La barrière qui a été érigée entre la science du climat -je parle de mes collègues américains surtout-. Les scientifiques du climat d'un côté et les ingénieurs ou autres techniciens de la météorologie de l'autre. Et entre les deux ça ne passe pas. Pour des tas de raisons techniques (plus philosophiques) et par conséquent tant que ça ne passe pas, on a un vrai problème et on ne va pas le résoudre en cinq minutes.
Merci beaucoup !"
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Je pense que ce texte se passe de commentaires. Le franc-parler et, souvent, l'humour de Pierre Morel font mouche.

Pierre Morel n'hésite pas à relever un certain nombre de points délicats et même décisifs, pour beaucoup d'entre eux, qui sont à la base des multiples interrogations des sceptiques du climat mais qui demeurent, le plus souvent, cachés au grand public et aux politiques.
Comme d'habitude, il n'est hélas pas étonnant que nos grands médias nationaux n'aient jamais évoqué cette conférence remarquable, donnée pourtant par un des fondateurs de la recherche climatique dans notre pays.

 

04 Avril 2010 : Jambes Lovelock, le père de la théorie dite Gaïa, est un grand totem des environnementalistes. Il nous donne son avis sur l'affaire du CRU, sur les climato-sceptiques, sur la pratique de la science du climat etc...Très surprenant et plutôt rassurant. Enfin... presque tout. Sauf la fin.

James Lovelock est mondialement connu pour avoir enfanté, il y a près de 40 ans, la théorie dite de Gaïa selon laquelle la Terre serait, en gros, un gigantesque organisme vivant attaqué par une espèce (la nôtre). Entre autres, il a écrit un livre,"La revanche de Gaïa", dont le titre est explicite. Lovelock est considéré par lovelock3beaucoup comme l'un des pères tutélaires de l'environnementalisme.

Ci-contre la photo de James Lovelock avec, en arrière plan, la statue de Gaïa, la déesse tutélaire de notre planète.

Si l'on m'avait prédit, il y a quatre ans, que je rapporterais, un jour, les propos de James Lovelock dans cette page, je n'y aurais pas cru. De fait, ce scientifique britannique, aussi atypique qu'indépendant, était l'auteur de propos apocalyptiques sur l'avenir de la planète, tels que celui-ci :

En Janvier 2006 dans le journal anglais 'The Independant" James Lovelock affirmait sans ambages que, du fait du réchauffement climatique, : " des milliards d'entre nous périront et quelques rares couples d'humains reproducteurs survivront seulement en Arctique où le climat sera tolérable", vers la fin du XXIème siècle ...Rien que ça.
Selon James Lovelock, la température devait augmenter de 8°C dans les régions actuellement tempérées ce qui supprimera toute possibilité de survie du fait de la disparition de l'agriculture...ce qui excédait largement les prévisions (scénarios, projections) du GIEC les plus pessimistes....

En Septembre 2007, James Lovelock a sérieusement modéré son discours en affirmant que, peut-être, rien n'était perdu, que les problèmes pouvaient être réglés, grâce, notamment, à sa dernière invention avec laquelle il espérait obtenir le méga-prix Virgin-Branson.

A la fin Mars 2010, James Lovelock (toujours bon pied bon oeil, à 90 ans) a donné un nouvel interview au Guardian UK et il tient, cette fois-ci, des propos sur un certain nombre de questions de science contemporaine qui me semblent frappés au coin du bon sens et que j'ai voulu partager avec vous.
Ci-dessous, je donne une traduction (approximative, car Lovelock utilise parfois un langage familier) de quelques unes de ses réponses lors de l'interview du Guardian. Vous trouverez le texte original complet de l'interview de Lovelock, ici. En gras, les réponses de Lovelock. En maigre italique, les questions ou commentaires de l'interviewer du Guardian. En petits caractères, les déclarations en anglais de Lovelock.
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"Sa réaction à la première lecture au sujet des Emails volés du CRU (Il a confessé plus tard qu'il n'avait pas lu les originaux en disant " Bizarrement, j'étais fortement réticent à y fourrer mon nez)"

"I was utterly disgusted. My second thought was that it was inevitable. It was bound to happen. Science, not so very long ago, pre-1960s, was largely vocational. Back when I was young, I didn't want to do anything else other than be a scientist. They're not like that nowadays. They don't give a damn. They go to these massive, mass-produced universities and churn them out. They say: "Science is a good career. You can get a job for life doing government work." That's no way to do science.

I have seen this happen before, of course. We should have been warned by the CFC/ozone affair because the corruption of science in that was so bad that something like 80% of the measurements being made during that time were either faked, or incompetently done.

Fudging the data in any way whatsoever is quite literally a sin against the holy ghost of science. I'm not religious, but I put it that way because I feel so strongly. It's the one thing you do not ever do. You've got to have standards.

You can make mistakes; they're helpful. In the old days, it was perfectly OK to make a mistake and say so. You often learned from it. Nowadays if you're dependent on a grant – and 99% of them are – you can't make mistakes as you won't get another one if you do. It's an awful moral climate and it was all set up for the best of reasons. I think it was felt there was far too much inequality in science and there was an enormous redress. Looking around the country [at the wider society] this was good on the whole, but in some special professions you want the best, the elite. Elitism is important in science. It is vital."

J'ai été profondément dégoûté. Ma seconde pensée a été que c'était inévitable. Cela devait arriver. La Science, il n'y a pas si longtemps, avant 1960, était surtout une affaire de vocation. Quand, j'étais jeune, je ne voulais rien faire d'autre que d'être un scientifique. Il n'y en a plus des comme ça, de nos jours. Ils n'en ont rien à faire. Ils s'en vont dans ces énormes universités, produites en masse et ils suivent les enseignements mécaniquement. Ils disent "la Science, c'est une bonne carrière. Vous pouvez trouver un travail pour la vie en faisant du boulot pour le gouvernement". Ce n'est pas comme ça qu'on fait de la science.

Bien sûr, j'avais déjà vu ça auparavant. Nous aurions dû être avertis par l'affaire CFC/Ozone parce que la corruption de la science y était si mauvaise que quelque chose comme 80% des mesures qui étaient faites à cette époque étaient soient truquées soient faites de manière incompétente.

Trafiquer les données de quelque façon que ce soit et quelle qu'en soit la raison, est un péché contre l'esprit saint de la science. Je ne suis pas religieux mais je le dis de cette manière parce que je le ressens si intensément. C'est une chose que vous ne devez jamais faire. Vous devez avoir des règles.

Vous pouvez commettre des erreurs: Elles sont utiles. Autrefois, c'était parfaitement OK de commettre des erreurs et de le dire. Vous en tiriez souvent un enseignement. De nos jours si vous dépendez d'une dotation -et 99% d'entre eux sont dans ce cas- vous ne pouvez pas faire d'erreur parce que vous n'aurez pas d'autre dotation si vous le faites. Cela crée un climat moral affreux et cela a été mis en place pour les meilleures raisons. Je pense qu'il avait été ressenti qu'il y avait beaucoup trop d'inégalité en science et il y a eu une énorme correction. Si on regarde tout autour dans le pays [et dans l'ensemble de la société ] c'était globalement une bonne chose, mais dans certaines professions particulières, ce que vous voulez c'est le meilleur, l'élite. L'élitisme est important en science. C'est vital. "
[.....]

Sur la confiance excessive portée aux modèles informatiques :

"I remember when the Americans sent up a satellite to measure ozone and it started saying that a hole was developing over the South Pole. But the damn fool scientists were so mad on the models that they said the satellite must have a fault. We tend to now get carried away by our giant computer models. But they're not complete models. They're based more or less entirely on geophysics. They don't take into account the climate of the oceans to any great extent, or the responses of the living stuff on the planet. So I don't see how they can accurately predict the climate. It's not the computational power that we lack today, but the ability to take what we know and convert it into a form the computers will understand. I think we've got too high an opinion of ourselves. We're not that bright an animal. We stumble along very nicely and it's amazing what we do do sometimes, but we tend to be too hubristic to notice the limitations. If you make a model, after a while you get suckered into it. You begin to forget that it's a model and think of it as the real world. You really start to believe it."

"Je me souviens quand les américains ont envoyé un satellite pour mesurer la couche d'ozone et quand il commença à dire que le trou se développait au dessus du pôle Sud. Mais ces bougres d'idiots de scientifiques étaient si fous de leurs modèles qu'ils ont dit que le satellite devait se tromper. Nous avons tendance à nous laisser entraîner par nos modèles d'ordinateurs géants. Mais ce ne sont pas des modèles complets. Ils reposent plus ou moins complètement sur la géophysique. Ils ne prennent pas en compte le climat des océans de manière suffisamment importante, ou la réponse des choses qui vivent sur la planète. Ainsi, je ne vois pas comment ils peuvent prédire le climat avec précision. Ce n'est pas la puissance de calcul qui nous manque aujourd'hui mais notre capacité à prendre ce que nous savons et le mettre sous une forme que les ordinateurs comprendront. Je pense que nous avons une trop bonne opinion de nous mêmes. Nous ne sommes pas des animaux si brillant que ça. Nous avançons à tâtons avec succès et il est parfois étonnant que nous le fassions, mais nous avons tendance à être trop sûrs de nous pour nous rendre compte de nos limites. Si vous faites un modèle, après un certain temps, il va vous engloutir. Vous commencez à oublier que c'est un modèle et vous allez le voir comme s'il était le monde réel. Vous commencez réellement à le croire."

A propos des climato-sceptiques :

We're very tribal. You're either a goodie or a baddie. I've got quite a few friends among the sceptics, as well as among the "angels" of climate science. I've got more angels as friends than sceptics, I have to say, but there are some sceptics that I fully respect. Nigel Lawson is one. He writes sensibly and well. He raises questions. I find him an interesting sceptic. What I like about sceptics is that in good science you need critics that make you think: "Crumbs, have I made a mistake here?" If you don't have that continuously, you really are up the creek. The good sceptics have done a good service, but some of the mad ones I think have not done anyone any favours. Some of them, of course, are corrupted and employed by oil companies and things like that. Some even work for governments. For example, I wouldn't put it past the Russians to be behind some of the disinformation to help further their energy interests. But you need sceptics especially when the science gets very big and monolithic.

I respect their right to be sceptics. Nigel Lawson is an easy person to talk to. He's more like a defence counsel for the sceptics than a right-winger banging the drum. His book is not a diatribe or polemic. He tries to reason his case.

There is one sceptic that everyone should read and that is Garth Paltridge. He's written a book called the Climate Caper. It is a devastating, critical book. It is so good. This impresses me a lot. Like me, he's convinced that if you put a trillion tonnes of carbon dioxide into the atmosphere, which we will have done in 20 years' time, it's going to have some nasty effects, but what we don't know if how nasty and when. If you look back on climate history it sometimes took anything up to 1,000 years before a change in one of the variables kicked in and had an effect. And during those 1,000 years the temperature could have gone in the other direction to what you thought it should have done. What right have the scientists with their models to say that in 2100 the temperature will have risen by 5C? There are plenty of incidences where something turns on the heat, but temperatures actually go down perversely, before eventually going up. A cold winter may mean nothing, as could 10 cold winters in a row.

The great climate science centres around the world are more than well aware how weak their science is. If you talk to them privately they're scared stiff of the fact that they don't really know what the clouds and the aerosols are doing. They could be absolutely running the show. We haven't got the physics worked out yet. One of the chiefs once said to me that he agreed that they should include the biology in their models, but he said they hadn't got the physics right yet and it would be five years before they do. So why on earth are the politicians spending a fortune of our money when we can least afford it on doing things to prevent events 50 years from now? They've employed scientists to tell them what they want to hear. The Germans and the Danes are making a fortune out of renewable energy. I'm puzzled why politicians are not a bit more pragmatic about all this.

We do need scepticism about the predictions about what will happen to the climate in 50 years, or whatever. It's almost naive, scientifically speaking, to think we can give relatively accurate predictions for future climate. There are so many unknowns that it's wrong to do it.

Nous sommes très tribaux. Vous êtes soit un bon, soit un méchant. J'ai quelques amis parmi les sceptiques, tout comme parmi les "anges" de la science climatique. Je dois dire que j'ai plus d'anges comme amis que de sceptiques mais il y a quelques sceptiques que je respecte tout à fait. Nigel Lawson en fait partie. Il écrit intelligemment et bien. Il soulève des questions. Je trouve que c'est un sceptique intéressant. Ce que j'aime chez les sceptiques c'est que dans la bonne science, vous avez besoin de critiques qui vous font réfléchir : "Zut ! Est ce que j'ai fait une erreur, là ?" Si vous n'avez pas cela continuellement, vous êtes réellement mal. Les bons sceptiques ont rendu un grand service, mais certains parmi les fous, je pense qu'il n'ont fait du bien à personne. Certains d'entre eux, bien sûr, sont corrompus et employés par les compagnies pétrolières ou des choses comme ça. Certains même travaillent pour les gouvernements. Par exemple, je ne mettrais pas ma main au feu que les Russes ne sont pas derrière une partie de la désinformation dans le but de faire la promotion de leurs intérêts énergétiques. Mais vous avez besoin des sceptiques, tout particulièrement quand la science grossit beaucoup et devient monolithique.

Je respecte leur droit d'être critique. Nigel Lawson est une personne avec laquelle il est facile de discuter. Il est plus comme une avocat de défense des sceptiques qu'un homme de droite tapant sur un tambour. Son livre n'est pas une diatribe ou une polémique. Il essaye de raisonner son affaire.

Il y a un sceptique que tout le monde devrait lire. C'est Garth Paltridge (NDT : Un climatologue Australien sceptique , cité dans cette page). Il a écrit un livre qui s'appelle la Farce du Climat (NDT : "Climate Caper" : traduction collins. Ce peut-être aussi, le détournement, la blague etc..). C'est un bouquin critique et dévastateur. Il est si bon. Il m'impressionne beaucoup. Comme moi-même; il est convaincu que si vous envoyez mille milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, ce que nous aurons fait dans 20 ans, cela aura quelques effets néfastes. Mais ce que nous ne savons pas, c'est dans quelle proportion ils seront néfastes, ni quand. Si vous regardez dans l'histoire du passé du climat, cela a pris quelquefois jusqu'à mille ans avant qu'un changement dans les variables se produise brusquement et a eu un effet. Et pendant ces mille années, la température aurait pu aller dans le sens inverse de ce que vous auriez pu penser. Quelle est la justification pour que des scientifiques, avec leurs modèles, nous disent qu'en 2100 la température aura monté de 5°C ? Il y a plein de situations où quelque chose fait monter la chaleur, mais, en fait, la température descend de manière perverse, avant de finalement remonter. Un hiver froid ne signifie rien tout comme dix hivers froids à la suite.

The great climate science centres around the world are more than well aware how weak their science is. If you talk to them privately they're scared stiff of the fact that they don't really know what the clouds and the aerosols are doing. They could be absolutely running the show. We haven't got the physics worked out yet. One of the chiefs once said to me that he agreed that they should include the biology in their models, but he said they hadn't got the physics right yet and it would be five years before they do. So why on earth are the politicians spending a fortune of our money when we can least afford it on doing things to prevent events 50 years from now? They've employed scientists to tell them what they want to hear. The Germans and the Danes are making a fortune out of renewable energy. I'm puzzled why politicians are not a bit more pragmatic about all this.
We do need scepticism about the predictions about what will happen to the climate in 50 years, or whatever. It's almost naive, scientifically speaking, to think we can give relatively accurate predictions for future climate. There are so many unknowns that it's wrong to do it.


"Les grands centres de recherche sur le climat, tout autour du monde, sont plus que conscients à quel point leur science est faible. Si vous leur parlez en privé, ils ont une peur bleue du fait qu'ils ne savent pas réellement ce que font les nuages et les aérosols. Ils pourraient être absolument décisifs pour toute cette affaire. Nous n'avons pas encore compris cette physique. Un de leurs chefs m'a dit un jour qu'il était d'accord qu'ils devraient inclure la biologie dans leurs modèles, mais il m'a dit qu'ils n'ont pas encore la physique correcte à ce sujet et qu'il faudrait encore cinq ans pour y arriver. Alors pourquoi, bon sang, les politiciens sont-ils en train de dépenser une fortune avec notre argent alors que nous en avons moins les moyens [NDT, en ce moment], pour faire des choses destinées à empêcher des événements qui se produiront dans 50 ans ? Ils ont embauché des scientifiques pour qu'ils leur disent ce qu'ils voulaient entendre. Les Allemands et les Danois sont en train de se faire une fortune avec les énergies renouvelables. Je suis étonné que les politiciens ne soient pas un peu plus pragmatiques sur tout ça.
Nous avons vraiment besoin de scepticisme sur les prédictions de ce qui va arriver au climat dans 50 ans, ou quoi que ce soit. C'est tout à fait naïf, scientifiquement parlant, de penser que nous pouvons fournir des prédictions relativement précises sur le climat du futur. Il y a tant d'inconnues qu'il est absurde de le faire.. "
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Stupéfiant ! N'est-ce pas ? Lovelock tient un langage que ne renierait certainement pas un scientifique climato-sceptique. Aussi bien sur la fragilité des modèles théoriques que sur la fragilité des modélisations informatiques et des prédictions... "qu'il est absurde de faire" tant sont nombreuses les inconnues.

La fin de l'interview portait sur les solutions à apporter au changement climatique; Quoique, quand on a lu ce qui précède on peut se demander où est la logique d'un raisonnement qui commence par affirmer qu'il existe d'énormes incertitudes dans les prédictions du changement climatique jusqu'à en arriver au point qu'on ne peut pas prédire le climat futur ...et qui se termine en proposant des solutions pour le moins draconiennes pour lutter contre le changement climatique. ..
Voyons cela :
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Sur la manière dont les humains vont s'y prendre pour gérer le changement climatique.

We need a more authoritative world. We've become a sort of cheeky, egalitarian world where everyone can have their say. It's all very well, but there are certain circumstances – a war is a typical example – where you can't do that. You've got to have a few people with authority who you trust who are running it. And they should be very accountable too, of course.

But it can't happen in a modern democracy. This is one of the problems. What's the alternative to democracy? There isn't one. But even the best democracies agree that when a major war approaches, democracy must be put on hold for the time being. I have a feeling that climate change may be an issue as severe as a war. It may be necessary to put democracy on hold for a while.

"Nous avons besoin d'un monde plus autoritaire. Nous sommes devenus une sorte de monde égalitaire et effronté où chacun a son mot à dire. Tout ça c'est très bien, mais il y a certaines circonstances -une guerre est un exemple typique- où nous ne pouvons pas faire ça. Il vous faut quelques personnes qui ont l'autorité, auxquelles vous faites confiance et qui se chargent de l'affaire. Et ils devraient aussi, bien sûr, rendre des comptes.

Mais cela ne peut pas se faire dans une démocratie moderne. Ceci est un des problèmes. Quelle est l'alternative à une démocratie ? Il n'y en a pas. Mais même les meilleures démocraties sont d'accord pour que quand une guerre majeure approche, la démocratie soit suspendue pendant le temps nécessaire. J'ai le sentiment que le changement climatique pourrait être aussi sévère qu'une guerre. Il est peut-être nécessaire de suspendre la démocratie pour quelque temps."
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Quelques commentaires : Comme je l'ai écrit plus haut, James Lovelock s'exprime, dans bien des domaines comme le feraient beaucoup de lovelock1scientifiques climato-sceptiques y compris sur l'affaire du trou de l'ozone, pour certains d'entre eux. Ainsi, Lovelock est-il est parfaitement conscient des imperfections, des faiblesses, des nombreuses inconnues et du caractère hasardeux des résultats des modèles actuels qui sont pourtant présentés comme des quasi certitudes ( à 90%) par le GIEC, au grand public et aux politiques.

A l'évidence, le discours de Lovelock a beaucoup évolué au cours de ces dernières années, alors qu'il n'hésitait pas, en 2006, à nous prédire une hausse de température de +8°C et que " des milliards d'entre nous périront et quelques rares couples d'humains reproducteurs survivront seulement en Arctique où le climat sera tolérable". Nul doute, comme il l'avoue lui-même, que la lecture du livre de Garth Paltridge qui est effectivement critique et dévastateur pour la science climatique actuelle, y soit pour quelque chose.

Pourtant, bien qu'il soit manifestement pétri d'incertitudes comme la majorité des scientifiques raisonnables, James Lovelock, jugeant que notre société démocratique, "égalitaire et effrontée où chacun a son mot à dire", ne peut convenir pour résoudre un problème qu'il sait pourtant imprévisible, suggère l'avènement imminent d'un régime autoritaire, parce qu'il a "le sentiment que le changement climatique pourrait être aussi sévère qu'une guerre". C'est assez curieux comme raisonnement. Je ne relèverais pas si ce genre d'affirmation n'était aussi fréquemment entendue et partagée par les tenants d'une certaine frange de la "deep ecology" dont le réchauffement climatique est le cheval de bataille ...

Est-il nécessaire de rappeler à ces fans (plus nombreux qu'on ne le pense) d'un "régime autoritaire" au nom d'un état de guerre contre le changement climatique, que c'est justement au nom de la survie de la démocratie que les pays alliés ont combattu contre l'autoritarisme pendant la dernière guerre et qu'aucun des pays démocratiques engagés au côté des alliés n'a jamais "suspendu la démocratie", même pendant cette dure période ?

Ce texte de Lovelock mérite d'être lu et médité. Il est éclairant sous bien des aspects, pour le débat actuel.


29 Mars 2010 : Pierre-Gilles de Gennes au sujet des relations science-écologie-climat.

PGG1

Tout le monde sait que notre brillant et très populaire prix Nobel de Physique 1991, ("le Newton de notre époque" a déclaré le président du Comité Nobel), n'était pas un "climatologue", comme l'on dit maintenant. Mais il était un savant hors pair, dont la culture scientifique était aussi vaste que profonde notamment en physique, en chimie, et en biologie. A vrai dire, elle faisait l'admiration de tous ceux qui l'ont connu.

Ci-contre, Pierre-Gilles de Gennes que ses amis appelaient familièrement PGG, avec deux de ses collègues, entourés de leurs étudiants lors d'un interclasse du Colloque "La semaine Lavoisier" Les Houches (Savoie, Jan. 2001).

Plutôt que de profiter des honneurs, réceptions et multiples invitations de la part des médias que lui apportaient sa notoriété et son rayonnement personnel, Pierre-Gilles de Gennes préféra consacrer une grande partie des deux années qui ont suivi l'attribution du Prix Nobel à "faire passer le message de la science" auprès de la jeunesse qu'il désirait attirer vers la science et les métiers scientifiques. Ainsi, décida-t-il de donner une longue série de conférences suivies de discussions, dans un grand nombre de lycées et de collèges (près de 200) en France comme à l'étranger. Inutile de dire qu'il reçut un accueil inoubliable pour lui comme pour les très nombreux élèves et enseignants qui ont bénéficié de sa visite.

PGG savait parler au public, jeune ou moins jeune. Sa grande simplicité et sa modestie faisaient merveille. Il avait l'art de simplifier, sans les déformer, de nombreuses notions scientifiques réputées délicates, notamment celles qui concernaient la matière molle (c'est une appellation qu'il n'aimait pas. Il la trouvait trop imprécise).

Lors de son retour, il décida de rédiger, avec l'aide de J. Badoz (Prof d'Optique à l'ESPCI et Dir. Scientifique de l'ESPCI dont PGG était le Directeur, à l'époque), un livre qui rassemblait, outre les résumés des conférences qu'il avait données, un certain nombre de considérations sur la science de son époque qu'il avait développées avec les élèves lors des discussions qui suivaient ses exposés. Ce livre fut édité sous le nom "Les Objets fragiles" par Plon en 1994. J'en conseille la lecture à tous ceux qui sont intéressés par la démarche scientifique, foncièrement pragmatique, des chercheurs qui ont développé ce nouveau champ de connaissance que l'on appelle, encore et malgré tout, "la Matière Molle" mais qui, en réalité, regroupe plusieurs domaines de recherche bien distincts.

Pierre-Gilles de Gennes, en tant que théoricien proche de l'expérience, était surtout un homme "papier-crayon" bien qu'il fut attiré par l'expérimentation. Il n'était certes pas un spécialiste des simulations numériques sur ordinateur. Ils les avait pourtant fréquemment pratiquées en tant qu'utilisateur des résultats obtenus par des numériciens spécialistes dans son (ses) domaine(s) de recherche qui étaient aussi nombreux que variés.
De manière générale, il n'était, sauf en de rares exceptions, guère impressionné par les performances des simulations numériques et, connaissant leur fragilité, il s'inquiétait surtout de leur application aux questions environnementales.
Voici ce que PGG a écrit, à ce sujet, dans "Les objets fragiles" (1)

"Les problèmes d'environnement sont souvent gérés par des spécialistes des "simulations", c'est à dire des gens dont la compétence est davantage dans l'ordinateur que dans les données scientifiques. A partir d'un gros ordinateur, on produit des prédictions qui paraissent respectables, même si les données sont insuffisantes. Voilà l'une des grandes plaies de notre époque. Le malheur, c'est que beaucoup de gens croient encore que l'ordinateur dit vrai et prédit l'inévitable (le même type de croyance a existé au XIXème siècle à l'égard du texte imprimé). Le simulateur informaticien est crédible puisque sa machine possède une puissance et une rapidité de calcul dont aucun cerveau humain ne serait capable. Le pouvoir ronflant des chiffres plus le pouvoir de l'image : de quoi entretenir dans l'opinion une mentalité magique pré-rationnelle."

Ce texte se passe de commentaire, sauf à rappeler qu'on croirait lire du Marcel Leroux ou du Claude Allègre(3), ou, encore, des textes rédigés par de nombreux scientifiques qui ont constaté, à de multiples reprises que les simulations numériques produisent, dans tous le cas, de beaux graphiques mais en font tout autant quand la science sous-jacente est incomprise ou incomplète. A titre personnel, j'ignorais que le même type de croyance (dans les ordinateurs) avait existé au XIXème siècle à l'égard du texte imprimé. Mais n'en est-il pas de même de la "télé" et de la presse de nos jours ? Quand on sait que certains élèves répondent à leur prof de collège (par exemple) : "Vous vous trompez monsieur. Ce n'est pas ce qu'ils ont dit à la télé !". (authentique).

Pierre-Gilles de Gennes qui n'était absolument pas opposé à l'écologie "rationnelle" s'inquiétait cependant des dérives que l'on percevait déjà nettement en 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. C'est ainsi qu'il signa avec 71 autres prix Nobel et de nombreux autres scientifiques l'"Appel de Heidelberg" qui fut publié lors du Sommet, au grand dam de beaucoup des participants. Vous trouverez, par exemple, ici le texte complet de l'appel d'Heidelberg et la liste des signataires.
Cet appel, très court, composé d'une dizaine de phrases, s'adressait aux dirigeants de la planète à l'aube du XXIème siècle. Voici cinq phrases tirées du texte cosigné par de Gennes qui me semblent révélatrices. En anglais d'abord, puis une traduction en français :

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"We want to make our full contribution to the preservation of our common heritage, the Earth"
"Nous voulons apporter notre totale contribution à la préservation de notre héritage commun, la Terre."

"We are, however, worried at the dawn of the twenty-first century, at the emergence of an irrational ideology which is opposed to scientific and industrial progress and impedes economic and social development."
"Cependant, à l'aube du vingt et unième siècle
, nous nous inquiétons de l'émergence d'une idéologie irrationnelle qui est opposée au progrès industriel et scientifique et qui entrave le développement économique et social."

We contend that a Natural State, sometimes idealized by movements with a tendency to look toward the past, does not exist and has probably never existed since man's first appearance in the biosphere, insofar as humanity had always progressed by increasingly harnessing Nature to its needs and not the reverse. We fully subscribe to the objectives of a scientific ecology for a universe whose resources must be taken stock of, monitored and preserved.
" Nous affirmons qu'un Etat Naturel, parfois idéalisé par des organisations qui ont tendance à regarder vers le passé, n'existe pas et n'a probablement jamais existé depuis la première apparition de l'homme dans la biosphère,
dans la mesure où l'humanité a toujours progressé par une exploitation croissante de la Nature selon ses besoins et non pas l'inverse. Nous souscrivons totalement aux objectifs de l'écologie scientifique pour un univers dont les ressources doivent être conservées, surveillées et préservées."

We do, however, forewarn the authorities in charge of our planet's destiny against decisions which are supported by
pseudoscientific arguments or false and nonrelevant data.
"Cependant, nous mettons en garde les autorités en charge de la destiné de notre planète contre des décisions qui reposent sur des arguments pseudoscientifiques ou sur des données fausses et inappropriées."

The greatest evils which stalk our Earth are ignorance and oppression, and not Science, Technology, and Industry, whose
instruments, when adequately managed, are indispensable tools of a future shaped by Humanity, by itself and for itself,
overcoming major problems like overpopulation, starvation and worldwide diseases.
"Les plus grands maux qui accablent notre Terre sont l’ignorance et l’oppression, et non la Science, la Technologie et l’Industrie dont les instruments, lorsqu’ils sont adéquatement gérés, sont les outils indispensables à un futur façonné par l’Humanité, par elle-même et pour elle-même, lui permettant ainsi de surmonter les problèmes majeurs tels que la surpopulation, la famine et les maladies répandues dans le monde entier" 
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A la différence de la plupart des autres pays, cette déclaration provoqua, en France, une véritable tempête de protestations, d'une rare virulence. (Quoique, de nos jours, on en a vu d'autres...). On en retrouve facilement les traces qui persistent sur la toile. Des contre-appels furent même rédigés et signés par des protestataires.
Pierre-Gilles de Gennes ne bougea pas d'un pouce et resta sur ses positions, jusqu'à la fin.
De fait, cet appel d'Heidelberg reflétait assez précisément ses positions sur le sujet comme en témoigne Laurence Plévert qui a consacré un grand nombre d'heures à interviewer et à enregistrer PGG, peu de temps avant son décès. Elle en a tiré un livre édité chez Belin (2) dans lequel elle déclare à la page 262 que "l'Appel d'Heidelberg est parfaitement conforme à son point de vue" .
Quelques lignes en amont, Laurence Plévert note que " Sans nier ni minimiser la dégradation de l'environnement, il (NDR : Pierre-Gilles de Gennes) dénonce ce qu'il appelle "la religion de l'écologisme" fondée sur le culte de la nature et la "croyance naïve" que tout ce qui est naturel est bon.".

Soit dit en passant, ces propos font écho aux déclarations de l'ancienne Directrice puis Présidente du CNRS, Catherine Bréchignac, qui écrivait dans son récent opuscule (4) : "Les défenseurs de cette nouvelle icône qu'est "Dame Nature" oublient que s'ils avaient vécu au Moyen Âge, leur espérance de vie n'aurait pas dépassé la trentaine d'années.....On l'aura compris, le rejet d'une certaine idolâtrie de la nature rejoint, pour moi, le goût et le souci d'une écologie authentique."

Laurence Plévert précise aussi que la position de PGG sur le nucléaire était très claire : "Il faudra vivre avec l'énergie nucléaire, il n'y a pas à se poser de questions là-dessus" disait-il. Et c'est à ce titre qu'il a signé une tribune avec ses collègues nobélisés Georges Charpak (un défenseur déterminé de l'énergie nucléaire) et J-M Lehn, dans le Figaro en 2006...Laquelle prônait aussi que c'était pour lutter contre le réchauffement climatique. Pourtant, comme nous allons le voir ci-dessous, les positions de Pierre-Gilles de Gennes sur les modélisations du réchauffement climatique étaient, pour le moins, réservées.

En tant que scientifique, Pierre-Gilles de Gennes prêchait pour un scepticisme vigilant, autrement dit pour une analyse critique de la littérature scientifique passée et présente, quels qu'en soient les auteurs et ceci aussi bien auprès des étudiants que de ses collègues. Il était d'ailleurs un referee extrêmement incisif et beaucoup de ceux dont les articles sont passés entre ses mains ont dû être surpris en lisant ses commentaires aussi brefs que pertinents.

Il appliquait d'ailleurs ses mêmes principes à ses propres travaux et avait horreur qu'on le prenne pour un "totem" (c'était le mot qu'il utilisait), c'est à dire pour une sorte de divinité infaillible, alors qu'il reconnaissait volontiers qu'il s'était lui-même parfois fourvoyé. C'est à ce titre et pour bien montrer que l'infaillibilité -même celle d'un prix Nobel- est un mythe, qu'il s'amusait, quelques années avant son décès, à donner des conférences entièrement consacrées au démontage des erreurs qu'il avait lui-même commises au cours de sa carrière.
On aimerait retrouver, au moins, quelques traces de cette humilité typiquement scientifique dans les propos des chercheurs et des journalistes qui s'expriment actuellement dans les médias...

Concernant plus spécifiquement le climat et la climatologie, Pierre-Gilles de Gennes, comme je l'ai signalé plus haut, n'était pas convaincu par les modélisations et en particulier par celles sur le climat. Voici la fin du texte de PGG(1) rapporté par Allègre, dans son livre : ".. En réalité, les modèles utilisés en 1994 pour prédire le climat futur ne sont même pas capables de restituer correctement le climat actuel. Les simulateurs les corrigent en ajustant le taux des échanges atmosphère/océan. Ces manipulations donnent une apparence de sérieux aux résultats. Mais elles peuvent, en fait, affaiblir toute la prédiction comme le montre une étude récente du MIT (Massachusetts Institute of Technology) (NDR : Je pense, sans en être certain, qu'il fait allusion à un ou à des articles de Lindzen sur l'effet iris publiés à partir de 2001). Comme le dit un commentateur de la grande revue Science : Dans la modélisation du climat presque tout le monde triche (un peu)".

La revue française bien connue, Pour la Science, a dédié un numéro spécial à Pierre-Gilles de Gennes, dans sa série " Les Génies de la Science". Il s'y retrouve à côté des Fermat, Charcot, Mendel, D'Alembert, Niels Bohr, Pasteur etc... A noter que le numéro 40 consacré à PGG est le tout dernier de cette série qui s'achève donc avec lui. Ceux qui l'ont bien connu ne doutent pas un instant qu'il a bien mérité sa place dans cette prestigieuse énumération.
Pierre-Gilles de Gennes est décédé dans la matinée du 18 Mai 2007.
La photo ci-contre a été prise dans son bureau, à l'ESPCI, en 2003. Un discret au revoir de la main...

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(1) "Les objets fragiles" P-G de Gennes et J. Badoz, Plon, 1994
(2) "Pierre-Gilles de Gennes" Laurence Plévert, Bélin-Pour la Science, 2009
(3) "L'imposture climatique ou la fausse écologie", Claude Allègre, Plon, 2010
(4) "N'ayons pas peur de la Science- Raison et déraison." Catherine Bréchignac, CNRS Editions, 2009.

 

IOP

02 Mars 2010 : l'IOP, le prestigieux "Institute Of Physics" Britannique , qui regroupe la quasi totalité des physiciens britanniques et de nombreux étrangers, ne mâche pas ses mots dans un tout récent mémorandum transmis au Comité d'Enquête sur UKparlla Science et la Technologie du Parlement Britannique, au sujet du Climategate, (les documents du Climate Research Unit (CRU) de l'Université d'East Anglia), l'un des piliers du GIEC.

Il est assez rare que je donne la parole à une Institution toute entière dans cette page. Je fais une exception pour l'Institute Of Physics UK que j'ai souvent eu l'occasion d'apprécier. L'IOP est une vénérable (fondée en 1874) société scientifique à but non lucratif qui a pour mission "d'accroître la pratique, la compréhension et les applications de la physique". Elle gère la collection des revues "Journal of Physics A, B, C etc".. dont la réputation de sérieux est bien connue. Dotée de 36000 membres, elle est la soeur Britannique de l'American Physical Society (l'APS) qui en regroupe à peu près autant. Je vous rappelle que l'IOP avait organisé un débat scientifique public entre Richard Lindzen (sceptique) et T.Thorpe (GIEC)... dès Juin 2007. Saluons leur sens de l'objectivité scientifique pour avoir mis en place un tel débat... plus de 2 ans et demi avant nos timides tentatives.

Une lecture attentive du document déposé par l'IOP auprès du Parlement Britannique est recommandée pour les anglicistes. Pour les autres, voici une traduction en français du texte des 12 premiers points (sur 13) évoqués par l'IOP. Le 13ème point concerne l'indépendance des données de température du CRU par par rapport à celles du GISS et de la NOAA. Il est particulièrement technique et .. obscur.
C'est l'IOP qui parle ...
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1. A moins qu'il soit prouvé que les emails sont des contrefaçons ou des adaptations, L'Institut est préoccupé par le fait que des philjonesimplications inquiétantes puissent affecter l'intégrité de la recherche scientifique dans ce domaine de recherche ainsi que la crédibilité de la méthode scientifique telle qu'elle est pratiquée dans ce contexte.

2. Les e-mails du CRU, tels qu'ils ont été publiés sur Internet apportent, de prime abord, l'évidence du refus concerté et déterminé, de se plier aux traditions scientifiques honorables et à la loi de liberté de l'information (NDT : FOI). Le principe suivant lequel les scientifiques doivent accepter d'exposer leurs idées et leurs résultats à une analyse indépendante et à la réplication par les autres, ce qui exige l'échange ouvert des données, des procédures et des matériaux, est vital. La non conformité [avec ce principe] a été confirmée par les résultats des enquêtes du Commissaire à l'Information. Ceci va bien au delà du CRU lui-même - la plupart des e-mails ont été échangés avec des chercheurs appartenant à un grand nombre d'autres institutions internationales qui sont également impliqués dans la formulation des conclusions du GIEC sur le changement climatique.

3. Il est important de réaliser qu'il y a deux catégories différentes de jeux de données qui sont impliquées dans les échanges de e-mails du CRU : Ceux qui résultent de la compilation des mesures instrumentales directes des températures des terres et des surfaces océaniques, telles que les jeux de données du CRU, du GISS et de la NOAA, et ceux qui concernent les reconstructions des températures historiques à partir des mesures issues d'indicateurs (NDT: proxys), tels que, par exemple, les anneaux de croissance des arbres.

4. La seconde catégorie relative aux reconstructions à partir des proxys, sert de base à la conclusion que le réchauffement du XXème siècle est sans précédent. Il est possible que les reconstructions qui ont été publiées, ne représentent qu'une partie des données brutes disponibles et peuvent être sensibles au choix qui est effectué et aux techniques statistiques utilisées. Des choix différents, des omissions ou des analyses statistiques peuvent conduire à des conclusions différentes. Cette possibilité était, à l'évidence, la raison pour laquelle quelques unes des demandes pour un complément d'information, ont été rejetées .

5. Les e-mails révèlent des doutes quant à la fiabilité d'un certain nombre de reconstructions et soulèvent des questions quant à la manière dont elles ont été représentées, telles que, par exemple, la suppression apparente dans des graphiques largement utilisés par le GIEC des résultats des proxys pour les dernières décennies qui ne sont pas en accord avec les relevés instrumentaux des températures contemporaines.

6. Il y a aussi matière à s'inquiéter de l'intolérance à la contradiction, mise en évidence dans les e-mails. Ceci fait obstacle au processus scientifique "d'auto-correction" lequel est vital pour l'intégrité du processus scientifique tout entier et pas seulement pour la recherche elle-même. Dans ce contexte, les e-mails du CRU relatifs au processus de revue par les pairs (NDT : peer-review) suggèrent la nécessité d'effectuer une enquête sur sa pertinence et sur son objectivité telle qu'elle est pratiquée dans ce domaine (NDT: des recherches sur le climat) et sur sa possible vulnérabilité vis à vis des biais ou des manipulations.

7. De manière fondamentale, nous considérons qu'il serait inapproprié, pour ce qui concerne la vérification de l'intégrité du processus scientifique, de le rendre dépendant des appels à la législation sur la Liberté d'Information (NDT ; FOI). Néanmoins, il a été montré que le droit d'y faire appel, s'avère nécessaire. Les e-mails (NDT: du CRU) sont une illustration de la possibilité de constituer des réseaux de chercheurs de même opinion qui excluent efficacement les nouveaux venus. L'exigence que les données électroniques soient rendues disponibles à tous, au moment de la publication, éliminerait cette possibilité.

8. Dans une démarche qui viserait à rétablir la confiance dans le processus scientifique et qui conduirait à une meilleure transparence dans le futur, les bureaux éditoriaux des journaux scientifiques devraient travailler à instaurer l'obligation, pour les auteurs, de fournir des archives électroniques des données, lors de la publication. L'avis des experts (issus des bureaux éditoriaux) serait requis pour déterminer la catégorie de données qui devraient être archivées. Beaucoup de données 'brutes" exigent un étalonnage et un traitement à l'aide de codes (NDT : informatique) faisant appel à l'interprétation à des niveaux variés ( NDT: Autrement dit : le traitement des données brutes se fait avec une certaine idée du résultat "attendu").

9. Quand la nature de l'étude suppose une vérification directe par l'expérience, tel que dans le cas de mesures dépendantes du temps effectuées sur le terrain, il est important que les exigences incluent l'accès à toutes les données originales brutes et à leur provenance, de même qu'aux critères qui ont été utilisés pour cela ainsi que leurs conséquences, de même que toutes les sélections subséquentes, les omissions et leurs ajustements. Le détail de toutes les procédures statistiques nécessaires pour la vérification indépendante et la reproduction, doit aussi être inclus. En parallèle, il doit être satisfait aux exigences d'une ouverture minimale aux codes informatiques de modélisation par ordinateur.

La terminologie de référence et les objectifs de l'Enquête Indépendante annoncée le 3 décembre 2009 par l'UEA (NDT ; L'université d'East Anglia, la tutelle du CRU ) sont-ils satisfaisants ?

10. L'objectif de l'enquête par l'UEA est, de manière inappropriée, limité aux allégations de mauvaise conduite scientifique et à la non conformité avec la loi de Liberté de l'Information (NDT : FOI Act). Or, la plupart des e-mails ont été échangés avec des chercheurs d'un grand nombre d'institutions clefs, impliquées dans la formulation des conclusions du GIEC sur le changement climatique. Dans la mesure où ces scientifiques ont été complices des fautes professionnelles alléguées, il est nécessaire de mener une enquête plus étendue sur l'honnêteté du processus scientifique dans ce domaine.

11. Le premier des termes de référence de l'examen est limité à "...manipulation ou suppression de données contraires avec la pratique acceptable de la science...." . Le mot "acceptable" n'est pas défini et il gagnerait à être remplacé par "objective".

12. Le second des termes de référence de l'enquête devrait aller plus loin que l'examen de la politique du CRU et de ses pratiques, afin de savoir si l'infraction est le fait d'individus (NDT : isolés), tout particulièrement en ce qui concerne leurs relations avec d'autres sortes d'écarts à la pratique de la science objective, tels que, par exemple, la manipulation du processus de publication et du système de revue par le pairs ou en permettant à des conclusions préconçues de prendre le dessus sur l'objectivité scientifique.
.......

The Institute Of Physics
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Quelques remarques : Si on connaît bien le milieu scientifique et notamment le sens de la rigueur et de l'objectivité qui règne parmi les physiciens de l'IOP dont les déclarations sont toujours soigneusement mesurées, on imagine que ce document a dû exiger un grand nombre de discussions de la part des responsables de cette honorable Institution. De manière générale, ce genre de processus conduit inévitablement à des textes consensuels, relativement édulcorés, typiques de "l'understatement" anglais.

C'est pourquoi, il est très surprenant que l'IOP ait rédigé un texte terriblement acéré et littéralement destructeur pour le CRU de l'Université d'East Anglia et, de manière plus générale -c'est répété à deux reprises dans le mémorandum- pour tous ceux "qui sont également impliqués dans la formulation des conclusions du GIEC sur le changement climatique".
Tout y est : La constitution de réseaux de "copains" ("culture tribale" avait dit Mike Hulme) ou de "chapelles", le refus de communiquer les données brutes et les méthodes d'analyse redoutant que d'autres découvrent des manipulations, la dissimulation des données montrant le désaccord des mesures dendrochronologiques et des mesures réelles pour la période récente, l'action concertée et organisée contournant et invalidant le processus de peer-review, la manipulation du processus de publication, les doutes sur la régularité de l'utilisation des proxys et des statistiques (crosses de hockey), les écarts à la pratique de la science objective, etc.. ainsi que je l'avais signalé dans cette page d'analyse des e-mails du CRU.
Et de fait, je constate que le mémorandum rédigé par les instances de l'IOP est nettement plus critique que ma propre analyse sur le sujet.

Connaissant l'estime que les Anglais portent à l'IOP qui bénéficie d'une réputation d'intégrité jamais démentie, on peut penser que le mémorandum de l'Institute of Physics pèsera d'un grand poids dans les conclusions des représentants du Parlement Britannique.

Tout comme d'ailleurs le mémorandum transmis par la Royal Society of Chemistry (46000 membres) qui, quoique moins précis que celui de l'IOP, critique vertement le refus de l'équipe de Phil Jones de transmettre ses données à la collectivité pour vérification. D'autres mémoranda ont également été transmis au Parlement Britannique pour l'enquête en question.
Ainsi, il semble bien que l'enquête diligentée par le Parlement Britannique s'effectue avec le plus grand sérieux et qu'elle ait des chances réelles d'aboutir à des conclusions qui seront rendues publiques et qui se révéleront, sans doute, désatreuses pour les pratiques des institutions regroupant le petit noyau de chercheurs qui a rédigé l'essentiel des travaux du groupe I du GIEC. Lequel, comme vous le savez, est à la base de toute cette affaire. Cela va de pair avec les graves critiques portées sur le travail du groupe II (Himalayagate, malariagate, nederlandgate, africagate, amazongate etc...) du GIEC.

On perçoit aussi aux Etats-Unis, les effets de la vague croissante des critiques envers le GIEC et ses pratiques. Ainsi, l'APS, l'American Physical Society vient d'envoyer à tous ses membres (dont je fais partie) un message de son président indiquant que " I am writing to request your attention to an important matter regarding the 2007 APS Statement on Climate Change." Soit : "Je vous écris pour attirer votre attention sur une affaire importante qui concerne la déclaration faite par l'APS en 2007 sur le changement climatique".
Je rappelle que l'APS comme la grande majorité des sociétés savantes, avait enfourché le cheval de bataille du réchauffement climatique anthropique, sans effectuer la moindre consultation auprès de ses membres. L'insistance et le nombre croissant des physiciens sceptiques, ainsi, sans doute, que la prise de position très nette de la société soeur anglaise (l'IOP), ont décidé le bureau de l'APS a effectuer (enfin !), une enquête auprès de l'ensemble de ses quelques 40000 membres. J'en connais beaucoup qui seront heureux de s'exprimer à cette occasion et qui pourront, enfin, faire savoir ce qu'ils en pensent.

Ainsi, manifestement, le vent a nettement tourné, d'ailleurs de pair avec les opinions publiques anglophones (chez nous ?):
Le GIEC, ses conclusions et ses contributeurs, sont dans la tempête.

Chez nous, alors que le Parlement Britannique a lancé une investigation approfondie sur cette grave question de détournement de la science par les membres du groupe I du GIEC, alors qu'un nombre croissant d'erreurs sont relevées dans les travaux du groupe II du GIEC, alors que l'UNEP de l'ONU vient de décider de lancer une enquête sur Pachauri, les médias et la grande presse nationale (le "Journal de Référence", Libé) continuent de faire la sourde oreille et à minimiser tout cela. Pourtant, les choses évoluent à grand vitesse au plan international, au point qu'il est fort prévisible que des évolutions importantes vont bientôt survenir visant à restructurer en profondeur la "science climatique" mondiale. Sans nul doute, pour le bien de la science et pour le bien de tous.

Notre presse écrite, loin d'analyser sereinement la situation nouvellement créée et d'en informer ses lecteurs, persiste à lancer des campagnes de presse aussi venimeuses que dérisoires à l'encontre de ceux qui osent émettre le moindre doute sur la Bible du Réchauffement Climatique vue par le GIEC, et notamment sur la célébrissime crosse de hockey. Ce n'est, hélas, que le triste révélateur de l'état dans lequel se trouve une grande partie de la presse quotidienne et nationale française. Je précise bien "française" parce que certains de nos amis journalistes francophones étrangers et notamment Belges, semblent s'en sortir avec compétence et élégance...La presse Allemande et Néerlandaise aussi, semble-t-il. La presse Anglaise, cela va de soi.
La grande presse quotidienne française aurait-elle décidé de faire du réchauffement climatique son Fort Alamo ?

PS : Vous trouverez d''autres détails sur Agoravox... qui m'a grillé de peu sur cette affaire (Tempête oblige, mais bravo JC !)

 

12 Février 2010 : Le Dr. Andrew A. Lacis est physicien spécialiste des aérosols au GISS. Il est un proche collègue et membre de l'équipe de James Hansen au Goddart Institute for Space Science (GISS) de la NASA. De fait, Lacis est loin d'être un "climatosceptique", comme l'on dit.
lacis

Lacis est aussi un physicien rigoureux qui pense, comme beaucoup de chercheurs, que le rapport scientifique du GIEC devrait d'abord et avant tout, l'être. C'est à dire qu'il devrait être exempt d'interférences politiques et servir uniquement à faire le point sur les connaissance scientifiques.
Or, comme chacun le sait (du moins à l'étranger), le
Rapport AR4 2007 du GIEC fait, depuis deux mois environ, l'objet de nombreuses critiques qui portent sur un nombre significatif d'affirmations infondées ou carrément erronées, énoncées sans aucun support scientifique avéré et se réclamant de brochures anecdotiques ou émanant de groupes d'activistes environnementalistes tels que Greenpeace ou le WWF, évidemment non revues par les pairs.
L'essentiel de ces critiques portent sur le travail du groupe WGII qui est chargé d'étudier les conséquences prévisibles plutôt que les causes qui, elles, relèvent du groupe de travail WGI. Certains défenseurs du GIEC et de ses rapports en ont tiré argument pour affirmer que si le travail du WGII était certes critiquable, il n'en allait pas de même pour le travail du WGI (qui fait pourtant l'objet de critiques acerbes suite au Climategate). D'où l'intérêt de connaître l'opinion de Lacis, rapportée ci-dessous. Celle-ci relève du WGI que l'on espérait exempt des défaillances nombreuses du groupe WGII. Hélas, et comme on va le voir, il apparaît que les arrières-pensées politiques, -c'est un euphémisme- se sont également infiltrées jusque dans le rapport strictement scientifique du GIEC...

Comme la plupart des ses collègues, Andrew Lacis a été invité à donner son opinion sur le brouillon (draft) du dernier rapport AR4 du GIEC (2007), pour la partie qui le concerne. Cette version est la dernière que peuvent contester les scientifiques avant l'édition du rapport final qui leur échappe totalement et dont la rédaction définitive ne repose que sur un nombre limité de personnalités. Le commentaire d'Andrew Lacis au sujet du résumé exécutif (Executive Summary) du rapport du WGI (celui qui concerne les "attributions", c'est à dire la science du réchauffement climatique elle-même) laisse rêveur tant il fait écho aux reproches adressés au rapport AR4 du WGII. Lesquels ont déchaîné la presse anglophone et germanophone, ces temps derniers.

Voici donc le commentaire de Lacis, en anglais, suivi d'une traduction en français :

"There is no scientific merit to be found in the Executive Summary. The presentation sounds like something put together by Greenpeace activists and their legal department. The points being made are made arbitrarily with legal sounding caveats without having established any foundation or basis in fact. The Executive Summary seems to be a political statement that is only designed to annoy greenhouse skeptics. Wasn’t the IPCC Assessment Report intended to be a scientific document that would merit solid backing from the climate science community – instead of forcing many climate scientists into having to agree with greenhouse skeptic criticisms that this is indeed a report with a clear and obvious political agenda. Attribution can not happen until understanding has been clearly demonstrated. Once the facts of climate change have been established and understood, attribution will become self-evident to all. The Executive Summary as it stands is beyond redemption and should simply be deleted."

"On ne peut trouver aucune valeur scientifique au Résumé Exécutif. La présentation semble être confectionnée par des activistes de Greeenpeace et leur bureau de légistes. Les points qui sont évoqués le sont de manière arbitraire avec des restrictions qui semblent de nature légale, sans avoir établi aucun fondement ou aucune base reposant sur les faits. Le Résumé Exécutif apparaît comme une affirmation politique qui est seulement destinée à ennuyer les sceptiques de l'effet de serre. Le Rapport d'Evaluation (NDT: Assessment report AR) du GIEC ne devait-il pas être un document scientifique dont la valeur reposait sur une assise solide venant de la communauté de la science du climat - plutôt que de pousser de nombreux scientifiques du climat à adhérer aux critiques des sceptiques de l'effet de serre- ? (NDT : rajouté "?") car, en fait, ceci est un rapport écrit avec un but politique clair et évident. L'attribution (NDT : C'est à dire la détermination des causes du Réchauffement Climatique) ne peut être établie que lorsque la compréhension aura été clairement démontrée. Dès lors que les faits du changement climatique auront été établis et compris, l'attribution deviendra automatiquement évidente pour tous. Le Résumé Exécutif, tel qu'il est rédigé, est irrécupérable et il doit simplement être supprimé."

La réponse à ces commentaires acerbes d'Andrew Lacis figure dans le document en question. La voici, définitive et sans appel.
Rejected. [Executive Summary] summarizes Ch 9, which is based on the peer reviewed literature.
Rejeté : Le Résumé Exécutif résume le Ch 9 qui est basé sur la littérature revue par les pairs.

Andrew Lacis a écrit ce commentaire en novembre 2005 lors de la préparation de l'AR4 publié en 2007. Nous ne disposons pas de la version initiale vertement critiquée par Lacis mais il est clair que ses commentaires ont finalement dus être pris en compte lors de la rédaction du rapport final.
En effet, avec une concentration inhabituelle et prudente des "probable, très probable, plus probable que le contraire etc..." qui ponctuent chaque affirmation, le message politique, sans être subliminal, est certainement plus discret que ne le stigmatisait Lacis en 2005. Lequel le reconnaît lui-même en écrivant tout récemment, en 2010, (source Dot Earth) "Le chapitre révisé a été beaucoup amélioré,” dit-il. “C'est différent que d'affirmer que tout est gravé dans le marbre, mais je pense que c'est une grande amélioration". D'ailleurs, Andrew Lacis a expliqué sa position dans un texte publié sur le blog Dot Earth (Ney York Times) à la demande d'Andrew Revkin. Voici quelques phrases extraites de son texte que je trouve particulièrement éclairantes (et rassurantes sur son compte). Les critiques habituels du "hors contexte" pourront toujours se référer à la source indiquée pour lire le texte complet.

"La Science est affaire d'exactitude des faits et non pas affaire de consensus."....

"En fait, je suis encouragé par toutes les critiques dont le rapport AR4 du GIEC fait l'objet. Ceci signifie que les gens lisent et n'ignorent pas le rapport et qu'ils en tirent (je l'espère) une meilleure compréhension des problèmes posés. "... (NDT : Certes !)

"L'autre aspect du rapport AR4 du GIEC réside dans le positionnement politique dont les Résumés Exécutifs sont exemplaires. Dans ce cas, l'exigence d'un consensus de groupe apparaît prendre le dessus sur l'exactitude des faits"

Voilà qui est bien dit et doit refléter l'opinion - je pense- de beaucoup de (vrais) scientifiques impliqués dans cette affaire. Ces déclarations font écho à celle de Keith Briffa trouvée dans les emails du CRU. "Je me suis donné beaucoup de mal pour trouver un équilibre entre les besoins de la science et ceux du GIEC qui n'ont pas toujours été les mêmes."
___________________________________________________

L'ex reporter scientifique, spécialisé climat, du New York Times, Andrew Revkin (il a démissionné depuis peu), depuis des années, n'a jamais fait mystère de son positionnement en faveur de l'hypothèse (car c'en est une) du réchauffement climatique anthropique. Cependant et à la différence de beaucoup de ses confrères, il a su conserver un minimum d'esprit critique. Voici ce qu'il déclare dans Dot Earth, toujours à propos de ce Résumé Exécutif du Rapport WGI AR4 du GIEC.

"...Mais après avoir revu -à l'instant- le chapitre (NDT : Il s'agit du Résumé exécutif), je dois dire qu'un passage, au moins -autant que je puisse dire- ne mentionnait aucune restriction et ne reflétait pas la base des éléments de preuve et leur analyse à cette époque (et même maintenant) :

"Le réchauffement anthropique du système climatique est très répandu. Le réchauffement anthropique du système climatique peut être détecté dans les observations de température effectuées à la surface, dans la troposphère et dans les océans."

Il me reste encore à trouver quelqu'un qui me fournisse une preuve définitive -sans marges d'erreur- que l'empreinte des gaz à effet de serre générés par les hommes (ou les autres émissions ou actions) est sans aucune équivoque. La seule chose qui soit décrite comme "sans équivoque" dans le rapport est le réchauffement, mais pas les causes, à moins que je n'ai vraiment pas été attentif depuis les deux dernières décennies."
____________________________________________________

Andrew Revkin a parfaitement raison. En effet, un peu plus bas et à la fin de la même page du "Résumé Exécutif" on trouve ceci...

"Cependant des incertitudes persistent Par exemple, on trouve des désaccords sur les estimations de la variabilité du contenu thermique des océans entre les modèles et les observations (NDT : discutés dans cette page). Bien qu'elles aient été diminuées par rapport à la situation de l'époque du TAR (NDT : le rapport sorti en 2001), les incertitudes dans les données des radiosondes et des satellites affectent la confiance dans l'estimation de la contribution anthropique aux variations de la température de la troposphère (NDT : voir cette page). Des jeux de données globales incomplets et des incertitudes rémanentes dans les modèles persistent à limiter la compréhension des variations des extrêmes et l'attribution des changements aux causes, bien que la compréhension des changements dans l'intensité, la fréquence et les risques des extrêmes ait été améliorée."

En bref, voici donc un texte, censé résumer le contenu du chapitre fondamental du Rapport AR4 du GIEC (l'attribution du réchauffement aux activités humaines), qui nous affirme dans l'introduction et sans restriction, que le réchauffement anthropique peut être détecté partout. Aussi bien dans les températures de surface que dans les océans ou la troposphère...

...et qui conclut en nous expliquant qu'il y a de sérieux doutes pour les océans, pour la troposphère et pour l'attribution des changements aux causes (anthropiques)...Tout cela dans la même page du Résumé Exécutif !

Voici une explication plausible de cette contradiction entre l'affirmation exprimée dans le premier paragraphe et les doutes (réels) exprimés dans la conclusion :

-Le paragraphe très affirmatif a été rédigé pour complaire à l'exigence de consensus (avec les politiques et les ONG présents) "Dans ce cas, l'exigence d'un consensus de groupe apparaît prendre le dessus sur l'exactitude des faits" selon les propres mots d'Andrew Lacis.

-Le paragraphe de conclusion a été rédigé par des scientifiques sérieux, désireux de s'en tenir à l'exactitude des faits.

En lisant attentivement ce rapport AR4 de 2007, on perçoit, une fois encore, les jeux d'influence qui ont lieu au sein du GIEC : D'un côté, les politiques, les ONG et sans doute quelques scientifiques convaincus et (ou) orientés. De l'autre des scientifiques qui sont conscients des graves incertitudes qui pèsent sur ces affirmations et qui savent que leur crédibilité, leur carrière, leur déontologie de scientifiques et de graves conséquences sociétales sont en jeu. Et tout cela dans un seul et même Résumé Exécutif !

Note : En réalité, nous assistons à la divergence de la nouvelle "Science Post-Normale " promue par Jerome Ravetz (et que certains voudraient institutionnaliser), d'avec la science traditionnelle. A noter que Ravetz est professeur de philosophie des sciences et consultant en environnement, ce qui n'est pas anodin.

En quelques mots, forcément réducteurs on peut dire que la Science traditionnelle ne veut rien affirmer qui ne soit dûment prouvé ou, en tout cas, non démenti par les faits. La Science Post Normale, elle, estime que cette exigence de rigueur doit être "plus élastique", "tempérée" voire contournée, si on prend en compte les conséquences sociétales plausibles. Par exemple, un chirurgien opérera un patient même s'il estime que le succès n'est pas garanti par nos connaissances actuelles en médecine. On voit se profiler, derrière la Science-Post-Normale, l'application du principe de précaution, utilisé par certains pour obvier à l'exigence de rigueur de la science traditionnelle en matière de réchauffement climatique. C'est, poussé à l'extrême, la fameuse déclaration de Christine Stewart, ministre de l'environnement canadien : "Peu importe que la science soit complètement bidon, il y a des bénéfices collatéraux pour l'environnement... Le changement climatique nous donne la meilleure chance d'apporter la justice et l'égalité dans le monde. C'est un excellent moyen pour redistribuer les richesses ".

La grande difficulté à laquelle se heurte la Science Post-Normale réside évidemment dans l'évaluation précise des risques et des conséquences plausibles, ce qui ne peut être raisonnablement effectué que lorsque la science traditionnelle est suffisamment affirmée. Il s'agit donc d'une sorte de cercle peu vertueux, sinon vicieux. On l'a constaté lors de la publication du célèbre rapport de Sir Stern.
Ainsi passer de la Science à la Science Post Normale relève beaucoup plus de convictions politiques ou philosophiques que de la connaissance véritable.

Certains y voient une résurgence ou une tentative de justification de la pseudo-science que Richard Feynman, célèbre Prix Nobel de Physique et enseignant hors pair, avait stigmatisée dès 1974 lors d'un célèbre discours à CalTech sur le "Culte du Cargo" . Inutile de préciser que le corps des scientifiques non idéologiquement orientés penche résolument vers les idées de Feynmann. Il existe cependant sur le Net de nombreux sites, dont certains quasi-institutionnels, qui prônent ouvertement la Post Normal Science...

Pour illustrer notre propos à partir des deux paragraphes du Résumé Exécutif que je vous ai commentés ci-dessus, disons que le premier (très affirmatif mais infondé) relève plutôt de la Science Post Normale et que le dernier (plus rigoureux) relève clairement de la Science traditionnelle....

Nous vivons une époque Post-moderne !

 

14 Décembre 2009 : Les suites du Climategate (II) : Lettre ouverte de Petr Chylek à ses collègues.

Le Professeur Pietr Chylek, éminent chercheur et chef d'équipe au Los Alamos National Laboratory ( New Mexico, USA) n'est pas un chylek inconnu pour ceux qui ont lu attentivement le contenu de ce site. Spécialiste reconnu de la physique atmosphérique (notamment des transferts radiatifs) des aérosols et des glaces polaires, il a publié de très nombreux articles "peer-reviewed" (souvent dans le JGR ou GRL) qui contredisent frontalement les thèses du GIEC (voir ici et ici). En particulier, celui que j'ai commenté dans cette page, montre que le refroidissement des années 1945-1976 ne résulte pas des aérosols comme le prétendait le GIEC, et que la fonte actuelle des glaciers du Groenland et de la glace arctique résulte de l'oscillation naturelle AMO (Atlantic Multidecadal Oscillation) et non pas du réchauffement climatique tout comme l'ont d'ailleurs déclaré récemment Mojib Latif lors du WCC3 et Keenlyside dans un article récent que j'ai commenté ici. (Ces deux derniers auteurs participent activement au GIEC).

Suite au Climategate (comme disent les anglophones : l'affaire des courriels et des données du CRU rendues publiques), Petr Chylek a jugé utile de publier une lettre ouverte à la communauté des climatologues dont il fait partie intégrante, depuis fort longtemps. Cette lettre est assez longue. Vous trouverez le texte intégral dans le lien ci-dessus. En voici quelques extraits marquants, traduits en français :
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Petr Chylek : Lettre ouverte à la communauté des climatologues.
Samedi, 05 Décembre 2009

NDT : Petr Chylek introduit sa lettre en rappelant le piratage des emails du CRU. Il précise que ses propres échanges de emails avec Phil Jones étaient purement techniques et n'ont pas été révélés, à sa connaissance. Dans un second paragraphe Petr Chylek rappelle qu'il publié son premier papier en relation avec le climat dès 1974 (c'est à dire, il y a 35 ans, ce qui en fait un vétéran du domaine). Il cite quelques uns de ses anciens élèves qui ont percé dans cette branche ainsi que les nombreuses sociétés savantes dont il est "fellow", c'est à dire, membre élu. Avec un zest d'ironie, il précise "qu'il est honoré de figurer depuis quelques années dans la liste noire des climatosceptiques du Wikipedia (de William Connelly de Real Climate)(sic)". Je rappele que RealClimate est le site fondé par Michael Mann, l'inventeur de la crosse de hockey, largement impliqué dans le climategate.
Petr Chylek poursuit :

"Pour moi, la science est la recherche de la vérité, le chemin sans fin pour trouver comment les choses sont organisées dans ce monde pour qu'elles fonctionnent comme elles le font. Cette recherche n'est jamais achevée."yannOK


Il semble que la communauté de la recherche climatique a trahi cet objectif primordial de la science. A la recherche de la vérité, ils ont substitué une tentative visant à prouver un point de vue. Il semble que quelques uns des leaders les plus connus de la communauté de la recherche climatique, tels les prophètes de l'Ancien Israël, ont cru qu'ils pouvaient voir le futur de l'humanité et que la seule chose qu'il leur restait à accomplir était de convaincre ou de forcer tous les autres à accepter et à suivre. Ils ont presque réussi dans cette tentative.

Oui, il y a eu des cas de malversation et de fraude caractérisée commises par des scientifiques dans d'autres domaines : En physique, en médecine et en biologie pour en citer quelques uns. Mais il s'agissait de malversations d'individus isolés, et non pas d'une partie considérable d'une communauté scientifique. "

NDT : Petr Chylek reconnaît ensuite que la science climatique a fait des progrès significatifs lors des dernières décennies et il cite, en particulier, l'établissement des bases de données du GISS et du HadCRUT. Il ajoute qu'il ne pense pas que ces travaux seront affectés par les révélations des email du CRU. Il considère que c'est un des trois piliers qui supportent l'hypothèse (sic) du réchauffement climatique anthropique et il considère que ce pilier est solide (NDT : ce qui ne fait pas l'unanimité, loin de là, notamment pour le GISS, (voir les remarques ci-dessous). Chylek poursuit :

" Cependant, les deux autres piliers sont beaucoup plus sujets à controverses.
De manière à faire porter la responsabilité du réchauffement climatique actuel par les hommes, il y avait la nécessité ressentie comme telle, de "prouver" que la température moyenne du globe est plus élevée qu'elle ne l'a jamais été pendant n'importe quelle époque de l'histoire récente (les quelques derniers milliers d'années). Cet objectif est l'un des principaux sujets des emails du CRU qui ont été révélés.

Certaines personnes étaient si désireuses de prouver ce point-là que cela a pris le dessus sur l'honnêteté scientifique. L'étape suivante consistait à montrer que cette "température élevée sans précédent" devait résulter d'une croissance du taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère résultant de le combustion des carburants fossiles.

Le fait que les modèles (NDT : GCM) de circulation générale océan-atmosphère soient incapables d'expliquer la hausse de température après 1970, par des forçages naturels a été interprété comme une preuve que celle-ci était causée par les humains. Il est plus logique d'admettre que les modèles ne sont pas encore assez bons pour tenir compte de la variabilité naturelle (et, en vrai, que comprenons-nous des aérosols, des nuages et de la circulation des océans ?), même si nous pouvons être tous d'accord sur le fait qu'une portion du réchauffement observé après 1970 est due à une augmentation de la concentration du CO2 atmosphérique.

Ainsi, deux des trois piliers du réchauffement global et du paradigme du dioxyde de carbone sont exposés à une remise en question. Le mal a été fait. La confiance du public envers la science du climat a été érodée. Au moins, une partie du rapport du GIEC de 2007 a été remise en question Nous ne pouvons pas rejeter le blâme sur quelques individus irresponsables. La communauté entière des chercheurs sur le climat qui bénéficient de l'estime, doit en prendre la responsabilité. Certes, il y a aura toujours quelques négateurs et des gens pour faire de l'obstruction.

Alors que va-t-il se passer maintenant ? Cessons de proférer des affirmations injustifiées et des prévisions exagérées même si les éditeurs de certains journaux éminents sont impatients de les publier. Admettons que notre compréhension du climat est moins parfaite que ce que nous avons essayé de faire croire au grand public. Modifions profondément ou suspendons temporairement le GIEC. Retournons au travail.

Encourageons nos étudiants à suivre leur propre cheminement de pensée plutôt que de les obliger à répéter comme des perroquets les conclusions du GIEC. Ouvrons les portes des Universités, du NCAR (NDT : National Center for Atmospheric Research), de la NASA et des autres institutions de recherche (et des agences qui financent) aux membres des facultés et aux chercheurs qui pourraient être en désaccord avec le paradigme actuel du dioxyde de carbone.

Seule une discussion ouverte et un recherche acharnée de toutes les possibilités nous permettra de reconquérir la confiance du public et d'aller de l'avant.

Cordialement,
Petr Chylek
Laboratory Fellow, Remote Sensing Team Leader, ISR-2 MS-B244
Los Alamos National Laboratory"
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Quelques observations : En réalité et contrairement à ce que qu'affirme le " Wikipedia de William Connelly de Real Climate)(sic)" Petr Chylek n'est nullement un sceptique. Il est tout simplement un chercheur honnête et consciencieux. Il se trouve que plusieurs de ses travaux dont, notamment celui que j'ai analysé ici, remettent gravement en question les déclarations alarmistes proférées par ses collègues. Chylek se contente d'ailleurs de publier les résultats de ses recherches, sans prendre parti.
Sa déclaration sur le "premier pilier" dans laquelle il affirme sa confiance dans les données de température du GISS et du HadCRUT est en désaccord total avec un certain nombre d'analystes (comme Steve McIntyre qui a fait corriger quelques erreurs manifestes dans les données du GISS ou Anthony Watts qui a étudié de près les performances (désastreuses) des stations de mesures terrestres aux USA qui servent de bases aussi bien au GISS qu'au HadCRUT.
A noter que Chylek, tout comme Mike Hulme dans le texte suivant, recommande une refonte profonde du GIEC si ce n'est sa suspension.
Bien que nettement moins subtil et "British" que le texte de Mike Hulme mais qui est tout aussi acerbe, la lettre ouverte de Petr Chylek est extrêmement critique sur la démarche suivie par certains des ses collègues et qui a été popularisée par les grands médias et les politiques.

Enfin la phrase de Chylek : " Cessons de proférer des affirmations injustifiées et des prévisions exagérées même si les éditeurs de certains journaux éminents sont impatients de les publier" en dit long sur l'influence considérable que peuvent exercer certaines revues (notamment celles que Roy Spencer appelle "grises" comme Science et Nature) sur la propension des éditeurs à publier, de préférence, des résultats alarmistes.
De même, la phrase " Encourageons nos étudiants à suivre leur propre cheminement de pensée plutôt que de les obliger à répéter comme des perroquets les conclusions du GIEC." est inquiétante sur le fonctionnement interne de certains laboratoires (rares, heureusement).

Il est probable que Petr Chylek, scientifique "mainstream" et considéré comme un vétéran du domaine, n'aurait pas pris le risque d'écrire cette lettre ouverte à ses collègues s'il avait pensé qu'une majorité d'entre eux seraient en désaccord avec lui. A mon avis, il est fort possible qu'une fraction importante de la communauté des scientifiques du climat partagent au moins en partie, l'analyse de leur collègue du Los Alamos. C'est rassurant.


3 Déc. 2009 : Les suites du Climategate (I) : L'opinion du Mike Hulme sur l'affaire du hacking des documents du CRU.

Mike Hulme est très loin d'être un "sceptique du climat". Pourtant, nous l'avions déjà cité dans cette page parce qu'il avait hulmefait un certain nombre de déclarations publiques qui allaient dans le bon sens : Elles stigmatisaient sévèrement les discours apocalyptiques qu'on lit, voit, ou entend dans les médias et qui n'ont strictement rien à voir avec la science.

Je rappelle que Mike Hulme a été (2000-2007) le Directeur-Fondateur du Centre de Recherche Tyndall du Royaume Uni. Il est maintenant Professeur de "changement climatique" à l'Université d'East Anglia, celle-là même où a éclaté l'affaire des documents rendus publics du CRU-EAU (Climate Research Unit East Anglia University) que j'ai relatée ici. A noter, en passant, que son successeur à la direction du Tyndall, tient des propos si alarmistes -à la "James Lovelock"- qu'en comparaison, ceux d'Al Gore font figure d'aimables plaisanteries.

Le texte original de
Mike Hulme a été repris par de nombreux organes de la presse anglophone. Le voici, tel que publié par A. Revkin du New York Times :

" The key lesson to be learned is that not only must scientific knowledge about climate change be publicly owned — the I.P.C.C. does a fairly good job of this according to its own terms — but the very practices of scientific enquiry must also be publicly owned, in the sense of being open and trusted. From outside, and even to the neutral, the attitudes revealed in the emails do not look good. To those with bigger axes to grind it is just what they wanted to find.
This will blow its course soon in the conventional media without making too much difference to Copenhagen — after all, COP15 is about raw politics, not about the politics of science. But in the Internet worlds of deliberation and in the ‘mood’ of public debate about the trustworthiness of climate science, the reverberations of this episode will live on long beyond COP15. Climate scientists will have to work harder to earn the warranted trust of the public – and maybe that is no bad thing.
But this episode might signify something more in the unfolding story of climate change. This event might signal a crack that allows for processes of re-structuring scientific knowledge about climate change. It is possible that some areas of climate science has become sclerotic. It is possible that climate science has become too partisan, too centralized. The tribalism that some of the leaked emails display is something more usually associated with social organization within primitive cultures; it is not attractive when we find it at work inside science.
It is also possible that the institutional innovation that has been the I.P.C.C. has run its course. Yes, there will be an AR5 but for what purpose? The I.P.C.C. itself, through its structural tendency to politicize climate change science, has perhaps helped to foster a more authoritarian and exclusive form of knowledge production – just at a time when a globalizing and wired cosmopolitan culture is demanding of science something much more open and inclusive
"

Une traduction en français : (les caractères engraissés sont de l'auteur du site)

"La leçon essentielle qui doit être retenue est que ce n'est pas seulement la connaissance scientifique sur le changement climatique qui doit être donnée au public -le GIEC fait un assez bon travail dans ce domaine, selon ses propres déclarations - mais les pratiques même de la recherche scientifique doivent, elles aussi, revenir au public, en ce sens qu'elles doivent être ouvertes et dignes de confiance. Vues de l'extérieur, et même d'une position neutre, les attitudes révélées dans les emails (NDT : du CRU) ne font pas bonne figure. Pour ceux qui ont de gros intérêts à servir, c'est exactement ce qu'il voulaient trouver.

Ceci va bientôt faire son chemin dans les médias conventionnels sans faire trop de différence à Copenhague - après tout, COP15 (NDT : la conférence de Copenhague de déc. 2009) concerne la politique seule et non la politique de la science. Mais dans les discussions de la blogosphère et dans "l'humeur" du débat public au sujet de la crédibilité de la science du climat, les répercussions de cet épisode perdureront bien après le COP15. Les climatologues devront faire de plus gros efforts pour gagner la confiance assurée du public - et ce n'est peut-être pas une mauvaise chose.

Mais cet épisode pourrait aussi avoir une autre signification dans le déroulement de l'histoire du changement climatique. Cet événement pourrait être le signal d'une fracture qui permet d'amorcer une restructuration de la connaissance scientifique sur le changement climatique. Il est possible que certains domaines de la climatologie se soient sclérosés. Il est possible que la climatologie soit devenue trop partisane, trop centralisée. L'aspect tribal de quelques uns des emails résultant de la fuite, montre quelque chose qui est plus habituellement associé avec une organisation sociale au sein de cultures primitives. Il n'est pas plaisant de découvrir que ces pratiques ont cours au sein même de la science.

Il est également possible que l'innovation institutionnelle qu'a représenté la création du GIEC, ait fait son temps. Certes, il y aura un AR5 (NDT ; rapport qui fera suite au quatrième rapport du GIEC de 2007 : l'AR4) mais avec quel objectif ? Le GIEC lui-même avec sa tendance structurelle à politiser la science du climat, a peut-être aidé à encourager une forme de production de la connaissance plus autoritaire et plus exclusive - au moment précis où la globalisation et la structure de la culture en réseau cosmopolite demande que la science soit une chose plus ouverte et plus largement partagée."
________________________________________________________________

En lisant ce texte subtil, auquel la majorité des scientifiques honnêtes que je connais devraient adhérer, on reconnaît immédiatement les caractéristiques du langage typiquement "British" de l'auteur : Beaucoup de conditionnels entrecoupés de "il est possible", "peut-être" etc. Ce sens de la litote ou de l'euphémisme que les anglais appellent "understatement" fait partie de la culture anglaise. Cependant, et bien que Mike Hulme fasse allusion aux pratiques douteuses de personnels de SA propre université, son constat est extrêmement critique . Nous allons l'analyser brièvement en utilisant notre vocabulaire de "latins", souvent considéré comme excessif (voire arrogant !) par les anglais.

Une brève analyse de la déclaration de Mike Hulme :

  • Mike Hulme énonce ce qui devrait être une évidence, mais qui semble avoir été oublié : La science, ( ses résultats, ses méthodes et ses doutes), est une affaire strictement publique (publicly owned signifie nationalisé). Il est intéressant de rappeler que, sur ce point, Mike Hulme rejoint assez exactement la déclaration préliminaire du (ou des) hackers du CRU qui expliquaient ainsi leur démarche :" Nous pensons que, dans la situation actuelle, la science du climat est trop importante pour demeurer dissimulée. C'est pourquoi nous mettons dans le domaine public... ".

    Or, nous avons assisté, depuis quelques années, et notamment depuis la création du
    GIEC à un dévoiement évident de ce grand principe. Le GIEC, organisme essentiellement politique, énonce "la bonne parole" lors de la publication du bref SPM (résumé par les décideurs que tout le monde lit) accompagné d'un énorme dossier scientifique (que personne ne lit) qui doit se conformer strictement aux déclarations du SPM comme cela est précisé dans les statuts de l'organisme. Consensus oblige . Au point qu'en 2007, le rapport SPM fut publié plusieurs mois avant le rapport scientifique ce qui est, pour le moins, contraire au bon sens.
    Ce rapport SPM éliminait systématiquement toutes les incertitudes qui taraudaient les chercheurs (voir le email de Keith Briffa du CRU, il est très clair à ce sujet), ainsi que tous les articles carrément sceptiques (pourtant peer-reviewés) qui contredisaient les affirmations qui satisfaisaient le bureau du GIEC.
    Cette démarche est très exactement aux antipodes de celle que rappelle opportunément Mike Hulme. Il s'agit, au contraire, d'une sorte de privatisation, d'une confiscation de la science climatique par le GIEC.

    Cette même idée est d'ailleurs réaffirmée dans la conclusion de Hulme : " Le GIEC, lui-même, avec sa tendance structurelle à politiser la science du climat, a peut-être aidé à encourager une forme de production de la connaissance plus autoritaire et plus exclusive - au moment précis où la globalisation et la structure de la culture en réseau cosmopolite demande que la science soit une chose plus ouverte et plus largement partagée." Hulme fait remarquer, à juste titre, que ce type de comportement est incompatible avec une société dans laquelle l'information diffuse à grande vitesse, grâce notamment à Internet, et qui ne peut se contenter d'une science "dite d'en haut", même (et surtout) si la source est un organisme politique de l'ONU.

  • Je rapprocherai deux phrases du texte de Hume : " Vues de l'extérieur, et même d'une position neutre, les attitudes révélées dans les emails (NDT : du CRU) ne font pas bonne figure" et celle-ci : " L'aspect tribal de quelques uns des emails résultant de la fuite, montre quelque chose qui est plus habituellement associé avec une organisation sociale au sein de cultures primitives; Il n'est pas plaisant de découvrir que ces pratiques ont cours au sein même de la science. "
    En bon français( donc de caractère Latin), l'aspect "tribal" (n'oublions pas que Hulme est un parfait "British" pour lequel, ce qualificatif est loin d'être un compliment) aurait été rendu chez nous, les latins, par un des substantifs plus colorés tels que "clique, bande organisée, gang, cabale, coterie, camarilla voire, à l'extrême, maffia"...De même "une organisation sociale au sein de cultures primitives" est très péjoratif pour un anglais de bonne souche qui reste persuadé que l'angleterre a tout fait pour libérer les peuples colonisés de ces "cultures primitives".
    Ce jugement est particulièrement caustique pour les chercheurs du CRU.
    Mike Hulme est visiblement très choqué de voir que "ces pratiques [NDT : tribales] ont cours, au sein même de la science". Soit dit en passant, moi aussi, et sans doute, beaucoup d'autres même si cela n'émeut pas la presse francophone...

  • Enfin, une autre phrase du texte de Hulme me paraît particulièrement intéressante : "Cet événement pourrait être le signal d'une fracture qui permet d'amorcer une restructuration de la connaissance scientifique sur le changement climatique." A rapprocher, selon moi, de celle-ci : " Il est également possible que l'innovation institutionnelle qu'a représenté la création du GIEC, ait fait son temps." Laquelle est suivie par une critique étayée des graves inconvénients que présente "l' innovation institutionnelle" du GIEC que beaucoup de chercheurs avaient déjà perçus, mais qui ne semblaient pas interpeller les politiques.

    En bref, et à mots couverts, Milke Hulme considère aussi que cette affaire du hacking des courriers du CRU, est le révélateur d'une fracture qui pourrait (devrait ?) donner l'occasion de restructurer la science climatique (pour en faire une science compétitive comme les autres, sans doute)
    et sonner ainsi la fin du GIEC "qui a fait son temps". De nombreux scientifiques le suggèrent, désormais...Encore faudrait-il que les politiques l'entendent.

Ainsi, voici, venant d'un climatologue éminent et patenté "non sceptique", une déclaration intelligente et informée sur l'affaire du hacking du CRU, le "ClimateGate" comme l'a baptisé la presse anglophone. Avouez qu'elle marque un contraste saisissant avec la totalité des analyses ultra-superficielles de nos médias francophones qui ont tenté, maladroitement et honteusement, de cacher sous le tapis, une histoire qui risque d'avoir des conséquences importantes pour nous tous. yannsinges

 

 

"Ce n'est qu'une affaire de traduction du mot "trick"", une tempête dans un verre d'eau, nous disait-on chez nous.
Circulez ! il n'y a rien à voir ! Dormez en paix !


Outre-Manche et Outre-Atlantique
On ne voit pas du tout les choses comme ça : Aux USA, les médias se sont déchaînés, le Sénat US en débat, des enquêtes ont été lancées. Les humoristes s'en sont emparés, les chanteurs aussi...Sur la toile, Climategate dépasse de très loin Climate change etc...

L''illustration ci-contre (libre de droits si vous le citez) nous vient du dessinateur-historien Yann Goap qui nous fait le plaisir de collaborer avec Pensee-Unique.fr

Suite :

Phil Jones
, directeur du CRU, a été suspendu et remplacé. Provisoirement ?
Une enquête est lancée par son Université d'East Anglia ainsi que sur Michael Mann par l'Université de Pennsylvanie.
Jean-François Kahn dans "Marianne (2)" fustige les médias français , pour avoir "expédié" l'affaire du climategate. "Climategate : Pourquoi les médias français gardent le silence."
Rajendra Pachauri, responsable du GIEC, demande une enquête de l'ONU sur cette affaire.
L'office Metéo Britannique entreprend le réexamen de 160 années de données climatiques.

Pour revoir les emails du CRU et une analyse détaillée de cette affaire.

 

1er octobre 2009 : Au cours d'une série de conférences, un grand scientifique français, toujours en activité, Vincent Courtillot, exprime publiquement des doutes sérieux sur les conclusions du GIEC et sur les modèles du réchauffement climatique. Depuis le décès du regretté Marcel Leroux, c'est une première, en France... courtillot1

 

Le CV ou la Bio (comme on dit maintenant), de Vincent Courtillot est assez remarquable dans le milieu scientifique français qui ne manque pourtant pas de personnalités éminentes. Entre autres titres et fonctions, Courtillot est actuellement Professeur à Paris VII et à l'Institut Universitaire de France ainsi que Directeur de l'IPGP, l'Institut de Physique du Globe de Paris, qui rassemble une grande partie de ce qui se fait en physique du globe dans notre pays. Il est membre de l'Académie des Sciences, et Président du Conseil Scientifique de la Ville de Paris.
Bien qu'ayant exercé de nombreuses responsabilités au cours de sa brillante carrière, Vincent Courtillot n'a jamais délaissé la recherche. De fait, Vincent Courtillot est toujours resté un chercheur assidu et passionné comme en témoigne sa liste de publications.

Vincent Courtillot est géologue-géophysicien. Entre autres, il est un spécialiste du géomagnétisme (le magnétisme de la terre) ou plus précisément du paléomagnétisme. Il s'est aussi beaucoup intéressé aux causes de la disparition des espèces qui s'est produite il y a quelques 65 millions d'années (les dinosaures, entre autres) sur notre planète.Il est l'auteur d'un livre sur ce sujet : "Evolutionary Catastrophes : The Science of Mass Extinction"(Cambridge. Univ. press 1999 et Fayard 1994)

Concernant la thématique du réchauffement climatique, le parcours de Vincent Courtillot nous rappelle celui du Professeur de paléoclimatologie Canadien Tim Patterson qui avoue avoir longtemps enseigné à ses étudiants " que le CO2 est le moteur principal du changement climatique" avant de découvrir, par lui-même, au cours d'une campagne de recherche sur les fossiles de poissons, que l'activité solaire jouait un rôle essentiel sur le climat de la planète et de devenir un sceptique convaincu. Tim Patterson rapportait : "Au fur et à mesure que les résultats des mesures nous parvenaient, nous étions stupéfaits de constater que les enregistrements paléoclimatiques et de productivité (NDLR : en poissons) étaient remplis de cycles qui correspondaient aux différentes cycles des taches solaires."...

Vincent Courtillot confesse lui-même qu'il ne voyait pas d'objections aux affirmations du GIEC, jusqu'à ces dernières années.
Sa découverte (avec ses collègues) d'un lien net entre le magnétisme terrestre et l'évolution du climat ainsi qu'une analyse critique des données utilisées par le GIEC et ses affidés, l'ont fait basculer du côté du scepticisme.
Comme le savent les lecteurs (trices) qui ont parcouru ce site, la publication de ses premiers résultats (en 2007) a donné lieu à une polémique tout à fait inhabituelle dans le milieu scientifique en ce sens que les trois grands médias nationaux (Le Monde, Libération, Le Figaro) ainsi que plusieurs activistes de l'écologie ou de la décroissance, s'en sont emparé d'une manière particulièrement venimeuse à l'égard de Courtillot et de ses collègues. En bref, on reprochait à Courtillot et al l'utilisation d'une base de donnée erronée ou "tronquée"...Ce qui n'était guère qu'un épisode banal et fréquent en matière de sciences "inexactes" où les différends sur les bases de données sont très fréquents, est devenu une affaire nationale. Alors que l'essentiel était évidemment de savoir si le lien (géomagnétisme/température terrestre) trouvé par Courtillot et ses collègues était réel ou non, cette polémique, qui aurait dû rester scientifique, se dévoya en une série d'attaques ad hominem avec des arrières-pensées politiques : Triste épisode pour la Science Française..

Courtillot répliqua sereinement en publiant une réponse en 2007 puis, en 2008, un article qui montrait qu'une corrélation soleil-température terrestre existait bien (ce qui relève des thèses des "solaristes" qui sont longuement exposées dans ce site) et se retrouvait dans les bases de données de nombreux territoires de la planète tels que l'Europe, les USA et l'Australie. De fait, ces travaux ont poussé Vincent Courtillot à porter une attention toute particulière à l'analyse critique des données disponibles et notamment celles qui sont utilisées par le GIEC. Une part notable de ses conférences lui est consacrée.
Le résultat de cette analyse est particulièrement inquiétant sur le fonctionnement et la crédibilité de cet organisme Onusien et ceci est tout à fait cohérent avec les observations qui sont faites dans le présent site. courtillotbook


Les conférences de Vincent Courtillot, organisées à l'occasion de la publication récente de son dernier ouvrage "Nouveau voyage au centre de la terre" (Odile Jacobs) ont connu un succès mérité. C'est ainsi qu'elles ont rassemblé 1500 personnes à Nantes, 400 personnes à l'EOST Strasbourg et 500 personnes à Brème.

Celle qui a été donnée à l'occasion des Journées Scientifiques de l'Université de Nantes est disponible sous divers formats.

En format audio seul :

Ou enregistrer en mp3.

La vidéo de la présentation


Si votre connection est assez lente (mois de 2 Mo), vous ne risquez pas grand chose du côté de la loi Hadopi2, mais vous aurez du mal avec le "streaming" (régulation du flux) qui provoque des interruptions pour le "buffering" assez pénibles. Dans cette hypothèse, je vous suggère de charger le vidéo complète qui pèse quelques 370 Mo sur ce site ; Il s'agit du format flash vidéo (flv). Cela vous prendra du temps mais en vaut la peine.
Je vous suggère de lire cette vidéo en utilisant VLC qui est un logiciel gratuit disponible sur le WEB.

De même pour la table ronde sur le changement climatique et la biodiversité, qui a suivi cette conférence et à laquelle a également participé Vincent Courtillot.

L'audio :

La vidéo de la présentation de Courtillot à Nantes et de la table ronde qui a suivi (sur Daily Motion)

Et pour l'enregistrer en cas de streaming défaillant :

La conférence donnée à Strasbourg est accessible sur ce site. Et aussi la vidéo complète en 6 parties sur dailymotion.(merci au lecteur)
Cette conférence est plus longue que celle de Nantes mais aussi plus complète.

Je vous conseille vivement de voir ou d'écouter ces très bonnes conférences dans lesquelles Vincent Courtillot fait preuve d'une grande maîtrise du sujet ainsi que d'une rigueur qui n'est pas superflue dans ce domaine. De plus les qualités d'orateur et la pédagogie de Vincent Courtillot ne sont plus à démontrer.

Voici une brève liste de quelques questions analysées par V. Courtillot :

  • Les courbes de températures et plus précisément celles produites par le Hadley Center qui servent de base au rapports du GIEC. (voir ici)
  • La dendrochronologie utilisée de manière erronée par Michael Mann et al pour produire sa fameuse "crosse de hockey". qui a été abondamment reprise dans les rapports du GIEC (jusque dans celui, à mi-parcours, de sept 2009 !). (voir également sur ce site)
  • Les incertitudes des modèles du GIEC : Notamment les nuages dont l'importance est pourtant cruciale puisque 3% de variation de l'ennuagement équivalent au forçage théorique du CO2. (voir ici sur ce site)
  • Les résultats des carottages glaciaires qui montrent que les variations de du taux de CO2 sont en retard sur les variations de température. (voir également sur ce site)
  • V. Courtillot constate, comme nous le faisons dans ce site, que les rapports du GIEC minimisent très sérieusement les incertitudes existantes et négligent un certain nombre de facteurs probablement importants au prétexte qu'ils ne sont pas entièrement compris. Courtillot pronostique que, dans 10 ans, les conclusions du GIEC seront considérées comme fausses. (NDLR: personnellement, et au vu des avancées actuelles rapides de la science climatique, je pense que cinq ans suffiront amplement).

Il est inutile d'ajouter que les conférences de Vincent Courtillot n'ont pas fait plaisir aux thuriféraires du GIEC, comme on peut le constater lors de la table ronde...On pourrait répondre (gentiment) en leur rappelant l'avertissement de Mojib Latif (membre parmi les plus influents du GIEC), s'adressant aux participants du tout récent WCC3 (voir billet suivant)

" ..nous devons nous poser les questions dérangeantes nous-mêmes, sinon d'autres le feront."

Certes ! Bravo Vincent !

Ps du 10/10/09 : Dont'acte ! Nous nous réjouissons que V. Courtillot ait été invité ce matin à France Inter. Vincent Courtillot a quand même réussi à glisser quelques idées importantes dans le verbiage de Stéphane Paoli.

 

07 Sept 2009 : Enfin ! : Plusieurs éclairs de lucidité et un peu d'humilité dans les certitudes du GIEC !

Il n'est pas coutumier d'inviter dans cette page, les scientifiques "mainstream" du GIEC dont la moindre déclaration alarmiste fait déjà la une de la grande presse et de tous les médias du globe. Pourtant nous faisons une exception.
Pourquoi ? Parce que les multiples évidences que de nombreux chercheurs non-mainstream (souvent qualifiés de "négationnistes") s'épuisent à mettre en avant, depuis plusieurs années, ont fini par entamer sérieusement l'entêtement et les certitudes infondées des porte-drapeaux du GIEC .
WCC3

 

 

 


C'est du 31 août au 04 septembre que vient de se tenir, à Genève, la 3ème Conférence sur le Climat (dite WCC3) placée sous l 'égide de l'ONU et de l'Organisation Météorologique Mondiale (WMO). Nul besoin de préciser que le gratin scientifique du GIEC s'y trouvait réuni à l'exclusion des nombreux chercheurs plus ou moins labélisés "sceptiques", qui, pourtant, ont depuis lontemps défendu les thèses que les chercheurs du GIEC viennent tout juste de découvrir...

Le journal "New Scientist" dont l'alarmisme climatique actuel est bien connu a dépêché un de ses reporters (Fred Pearce) à Genève. Pour éviter les reproches malveillants, j'utiliserai son compte-rendu que l'on ne peut, en aucune façon, soupçonner de pencher vers le scepticisme climatique.

Dans la suite, les textes en caractères non engraissés et placés entre guillements sont empruntés à l'article de New Scientist. Les caractères en gras placés entre guillemets sont des citations des chercheurs qui ont participé à cette conférence.
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Le titre de cet article en dit long sur la confiance du New Scientist dans les prévisions à long terme du GIEC:
"Le climat mondial pourrait se refroidir et se réchauffer plus tard"
latif

"Les prévisions du changement climatique sont proches de la sortie de route. Un des top modélisateurs du climat (NDT : Mojib Latif, photo-ci-contre) a déclaré ce jeudi que nous pourrions être proche d'entrer dans" "Une ou deux décennies de refroidissement climatique"

"Les gens diront que le réchauffement climatique disparaît" "a-t-il affirmé devant plus de 1500 des plus grands scientifiques du climat de la planète, réunis à la 3ème conférence mondiale du climat à Genève."
"Je ne suis pas un des sceptiques du climat" "a insisté Mojib Latif de l'Institut Leibniz des Sciences Marines de l'Université de Kiehl en Allemagne." "Cependant, nous devons nous poser les questions dérangeantes nous-mêmes, sinon d'autres le feront."

"Peu de scientifiques vont aussi loin que Latif qui est un auteur du GIEC. Mais ils sont de plus en plus nombreux à reconnaître que les pronostics à court terme du changement climatique sont beaucoup moins assurés qu'on le pensait auparavant."...

" Mais plusieurs des scientifiques du climat, réunis à Genève pour discuter de la manière dont ceci (NDT : La prévision à 30 ans) pourrait être mené à bien, ont reconnu que sur ces échelles temporelles, la variabilité naturelle est, au moins, aussi importante que le changement climatique à long terme dû au réchauffement climatique." ...

"Latif a prévu qu'un refroidissement climatique naturel pendant les prochaines années, surpasserait le réchauffement anthropique. Ce refroidissement résulterait des variations cycliques des courants océaniques et des températures de l'Atlantique Nord qui sont connues sous le nom de NAO (Oscillation Nord Atlantique)."

"Rompant avec l'orthodoxie du changement climatique, il a déclaré que les cycles NAO sont probablement responsables d'une partie du fort réchauffement climatique que nous avons subi pendant les trois décennies écoulées.". "Mais de combien ? Nous ne le savons pas encore." "a-t-il dit aux conférenciers. La NAO est entré dans une phase froide."

"Latif a aussi déclaré que les cycles NAO expliquaient le reverdissement récent du Sahel en Afrique après les sécheresses des années 1970-1980. James Murphy, le responsable des prévisions climatiques au Met Office (NDT ; l'agence météo anglaise) a confirmé son accord et a établi un lien entre la NAO et la mousson en Indes, ainsi qu'avec les ouragans dans l'Atlantique et la mer glacée de l'Arctique. " Les océans sont un facteur décisif de la variabilité décennale" a-t-il déclaré."
pope

"Un autre leitmotiv favori du climat a été renversé quand Pope (NdT : Vicky Pope, responsable des prévisions climatiques au Hadley Center, UK, photo-ci-contre) a affirmé que les pertes dramatiques de la glace Arctique résultaient, en partie, des cycles naturels plutôt que du réchauffement climatique du globe. Les rapports préliminaires suggèrent qu'il y a eu beaucoup moins de fonte cette année qu'au cours des années 2007 et 2008."...

"Les erreurs des modèles sont aussi un problème sérieux. Nous avons un long chemin à faire pour les corriger. Elles détériorent nos prévisions." "dit Tim Stockdale du Centre Européen pour les prévisions à moyen terme à Reading (UK)."

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Remarques et conclusion : Comme l'indique le titre de ce billet, cette conférence a, enfin (!), montré quelques éclairs de lucidité de la part des climatologues du GIEC qui semblent avoir réalisé qu'il existe une forte variabilité naturelle et que celle-ci est liée aux oscillations océaniques.
Bien sûr, il reste encore beaucoup de chemin à faire, mais ils sont sur la bonne voie, semble-t-il.
Cette conférence constitue un tournant très important pour ceux qui cherchent réellement à comprendre comment fonctionne le climat de la planète et ne se soucient pas d'utiliser la toge des scientifiques pour influencer les politiques dans le sens qui leur convient.

Il est troublant (ou affligeant) de constater qu'il a fallu tant d'années pour que les "plus grands scientifiques du climat" comme les désignent la presse et les adorateurs du GIEC, en oubliant tous les autres, commencent enfin à réaliser ce que nombre de scientifiques qu'ils appellent "sceptiques" (quand ils ne disent pas "négationnistes"), comme Roger Pielke Sr., Syun Ishi Akasofu, Roy Spencer, Bill Gray, Klyashtorin, Joe d'Aleo, Nicola Scafetta et bien d'autres...ont compris et publié depuis longtemps, comme je l'ai longuement exposé dans les pages "froid", " thèses" et "océans".

Compte tenu de l'évolution des déclarations des membres du GIEC, lors de la 3ème Conférence Mondiale sur le Climat, je pense être utile en reproduisant ici le graphique suivant, dû au Prof.Syun Ishi Akasofu, sur l'évolution des températures de 1800 à nos jours.

Ce graphique constitue une sorte de résumé des conclusions auxquelles sont parvenus de nombreux chercheurs (hors GIEC) à partir de diverses analyses basées aussi bien sur les oscillations océaniques (AMO, PDO, ENSO ..) que sur les propriétés du soleil (Scafetta), voire sur la simple statistique mathématique (Klyashtorin et al). Toutes ces analyses convergent vers un schéma de ce type.

On constate que :akasofu1

-La température du globe suit une variation périodique, dont la période est d'environ 60 ans.

-Cette oscillation périodique, plus ou moins sinusoïdale de la températures, est superposée à une lente et faible montée des températures ( de 0,3 à 0,8°C en cent ans) qui peut résulter d'une oscillation de grande période, de la sortie du petit âge glaciaire ou de l'effet de serre, selon les auteurs.

-Les prédictions, prévisions ou scénarios du GIEC sont initialisés sur une arche montante de la quasi-sinusoïde, ce qui induit un biais considérable dans leurs prévisions, comme on le voit sur le graphique.

-Nous en sommes actuellement au petit point indiqué par la flèche verte sur la figure. Comme on le sait, les températures sont à la baisse ou stagnent depuis quelques années et ont décroché des modèles du GIEC. En accord, avec les prédictions de Mojib Latif du GIEC, les auteurs de ces graphiques pensent unanimement que nous allons vers le froid pour deux ou trois décennies.

Comme je l'ai écrit plus haut, il est satisfaisant pour la démarche scientifique, de constater que des membres officiels du GIEC commencent à se poser de vrais questions à partir des observations réelles et ne se reposent plus uniquement sur les projections des ordinateurs...

Il est également satisfaisant de constater que les affirmations maintes fois proférées par les politiques (et hélas, quelques scientifiques) affirmant que "The Science is settled", la "Science est comprise ", est démentie par les scientifiques du GIEC, lui-même.

Et pendant ce temps-là, alors que le doute s'est insinué jusque dans les rangs mêmes des gardiens de l'orthodoxie, ignorants de tout cela ...

- Les français débattent sur la Taxe-Carbone de Hulot-Rocard,
- Les sénateurs américains discutent du Cap and Trade d'Al Gore.
- Ban Ki Moon, le Secrétaire Général de l'ONU, revenant d'une expédition en Arctique, implore le monde et nous sert des déclarations dignes de l'apocalypse, aussitôt répercutées par la grande presse. "Il ne nous reste plus que quatre mois pour agir", nous dit-il.
Visiblement, Ban Ki Moon n'est conseillé ni par Vicky Pope du Hadley Center, ni par Mojib Latif du Leibniz Institute et du GIEC, ni par Tim Stockdale du Centre Européen des Prévisions à Moyen Terme, ni par James Murphy du Met Office etc. qui l'auraient probablement incité à la modération.
La question se pose alors de savoir qui conseille tous ces hommes politiques....

Et, dans ces conditions, comment pourraient-ils savoir ce qu'il se dit dans les enceintes des conférences internationales, connaître les doutes qui agitent la communauté des scientifiques ?
Car, n'en doutez pas : Aucun des grands médias de la planète ne répercutera jamais ces déclarations qui viennent pourtant de la 3ème Conférence Mondiale sur le Climat. En particulier, en France, ni le "Journal de référence", ni Libération, ni le Figaro, ni aucune des chaînes télévisées ou de radio n'en souffleront un mot. Pourquoi ?
Mise à jour du 11/09/09 : Oups ! Je me trompais. UN journal américain a rapporté sur cette conférence: Le National Post.
Vous trouverez le texte en pdf de cet article ("Le réchauffement global fait une pause"), signalé et traduit en français par un de mes lecteurs (Merci LeBoss).
Puis le Daily Mail anglais, signalé par un autre lecteur. Nous attendons toujours les médias francophones....

Par contre, vous entendrez une speakerine météo sur TF1 ou A2 vous affirmer, sans hésiter, que les tsunamis résultent du réchauffement climatique...

Curieuse époque. Vraiment !
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Liens utiles (merci au lecteur) : Lien vers le ppt de la conférence de Mojib Latif à Genève, (voir notamment la diapositive 10 de la présentation, assez proche du graphe d'Akasofu), fichier audio de la conférence de Latif.


27 Avril 2009 : Jan Veizer est "Distinguished" professeur de géologie (émérite) de l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur d'un très grandveizer1 nombre de publications et de livres dont beaucoup sont consacrés à l'usage des techniques isotopiques pour l'étude de l'histoire du climat de la planète sur de très longues périodes. Il a été honoré par de nombreux prix et récompenses durant sa carrière. (Son CV est ici). Il poursuit actuellement son activité en dirigeant plusieurs doctorants et post-docs.

A l'instar de nombreux (pour ne pas dire la plupart des) géologues (voir ici), Jan Veizer observe que les variations climatiques actuelles que nous observons sur une période ridiculement petite (100 ans) par rapport à l'histoire de la planète, s'inscrivent parfaitement dans le cadre des fluctuations naturelles du climat.

Parmi beaucoup d'autres travaux; et pour ce qui nous concerne, Jan Veizer est l'auteur d'un article très connu ( Veizer J. (2005), Celestial climate driver: A perspective from fouveizerr billion years of the carbon cycle, Geoscience Canada, 32, 1, 13-28.) dans lequel il montre une anti-corrélation remarquable entre le flux du rayonnement cosmique (géré par l'activité solaire) et la température du globe depuis..plus de .400 millions d'années. Je vous redonne une petite reproduction de ce graphique que j'ai déjà commenté ici. C'est le prolongement d'un travail qui avait amorcé une relation fructueuse avec le professeur Nir Shaviv, en 2003, lequel avait trouvé, indépendamment, des résultats très voisins à partir de l'étude de météorites. Tous deux étaient parvenus, comme un grand nombre d'autres chercheurs, à la conclusion que le climat était fortement corrélé à l'activité éruptive solaire comme je l'ai décrit dans cette page...ce que le GIEC et ses affidés, persiste encore et toujours à nier.

Veizer est un scientifique très pondéré. Il ne s'exprime que très rarement et quand il le fait, c'est en termes soigneusement pesés. Pourtant et compte tenu de la tournure des évènements, il a jugé utile de s'exprimer. Voici quelques extraits d'un article intitulé " La science du changement climatique n'est pas établie" et qu'il vient de publier dans le grand quotidien australien "The Australian". Venant de sa part et compte tenu de son expérience dans ce domaine, on peut voir sa déclaration comme un avertissement ou, si l'on veut, comme une prise de date.
Dans l'introduction, il déclare :

"Beaucoup pensent que la science du climat est établie. Elle ne l'est pas. Et la question n'est pas de savoir s'il y eu un réchauffement durant le siècle passé. Il a eu lieu même s'il n'a pas été uniforme et même si il n'y en a pas eu pendant la dernière décennie. La géologie nous apporte une grande quantité de preuves de la perpétuelle variabilité naturelle du climat, avec des périodes où les glaces polaires descendaient presque jusqu'à l'équateur et des périodes où il n'y avait plus de glace du tout, même pas sur les pôles."

Veizer poursuit :

" En réalité, le débat sur le climat porte sur 1,6W/m 2 , c'est à dire sur une variation de 0,5% dans l'équilibre énérgétique, très mal connu, de notre planète."

Veizer rappelle, une fois de plus, que, de loin, le principal gaz à effet de serre est la vapeur d'eau et non pas le CO2, dont 5% seulement relèvent de la responsabilité humaine. Il poursuit :

"Les enregistrements du climat des temps passés montrent de manière flagrante que ceux-ci suivent les variations de l'irradiance solaire. Cependant, parce que seulement trois décennies de données satellites ne montrent qu'une variabilité limitée, le soleil doit agir via un effet amplificateur (NDT : comme, par exemple, la théorie de Svensmark et al, ou, encore, comme cela est montré empiriquement par le récent article de N. Shaviv) pour expliquer l'amplitude des variations observées durant le dernier siècle. L'argument du GIEC consiste à dire que puisqu'aucun effet amplificateur n'est connu et parce que le concentration du CO2 est passée de 280 ppm à 370 ppm, l'effet de serre anthropique doit être responsable de la plupart du déséquilibrer radiatif.

Mais cette hypothèse n'est qu'une attribution par défaut et non pas une preuve empirique ou expérimentale que le dioxyde de carbone est le maître d'oeuvre. Pourtant, une telle attribution est considérée comme un fait acquis pour la calibration des modèles complexes de la sensibilité au CO2."

"Si, pourtant, une amplification de l'effet du soleil existe, et les observations empiriques que je détaille ci-dessous sont en faveur de son existence, la nécessité d'attribuer l'énergie nécessaire aux gaz à effet de serre diminue d'autant. Alors, quelle est la crédibilité de l'hypothèse de base des modèles (NDT : du GIEC) selon laquelle, une toute petite fraction -contrôlée par des processus biologiques- du cycle du carbone pourrait diriger le climat au moyen du gigantesque cycle de l'eau qui répondrait passivement ? "

Dans la suite de l'article, Veizer pose la question : "Ainsi, quelle pourrait être la source d'énergie complémentaire qui pourrait rendre compte des 1,6 W/m2 tant disputés ?".

Il répond : " Les nuages agissent comme des miroirs qui réfléchissent la lumière du soleil (NDT : Veizer parle ici des nuages de basse altitude. Voir la discussion à ce sujet, ici). L'énergie qui est réfléchie par les nuages est d'environ 77W/m2 et la différence entre un ciel nuageux et un ciel clair est de 28W/m2. Ainsi, seulement quelques pour cent de variation de la couverture nuageuse peuvent rendre compte du déséquilibre énergétique tant discuté.
Les nuages font partie intégrante du cycle de l'eau commandé par le soleil."

Dans ce qui suit, Veizer reprend les arguments de la théorie de Svensmark. Il évoque le très grand nombre de corrélations observées dans des endroits géographiquement très dispersés et pendant des millénaires, qui viennent à l'appui de cette théorie (vous en trouverez quelques unes dans cette page). " De tels enregistrements ( NDT : des effets des rayons cosmiques, témoins de l'activité solaire) sur les 10.000 dernières années sont bien corrélés avec les grandes variations climatiques, alors que les concentrations contemporaines du CO2, mesurées dans les carottes glaciaires, s'avèrent constantes autour du faible niveau de 280ppm préindustriel, sans aucun rapport avec les variations du climat."

Il conclut par cette phrase :

"La science du changement climatique continue à évoluer et ceci indépendemment de la situation du débat sur le climat. Les données qui résultent des observations suggèrent que nous y gagnerions beaucoup en basant nos projections sur le climat, aussi bien du point de vue scientifique que du point de vue économique, sur une perspective plus vaste que celle qui relève des scénarios du GIEC."

 

9 Mars 2009 : La Société Japonaise pour l'Energie et les Ressources (JSER) est une société savante, très influente auprès du JSERgouvernement de son pays. Cette société regroupe les meilleurs responsables scientifiques Japonais dans diverses disciplines et, selon ses propres statuts "fait la promotion de la science et de la technologie pour ce qui concerne l'énergie et les ressources et facilite la coopération entre la recherche et les secteurs gouvernementaux qui doivent assumer la gestion de ces domaines".

La JSER vient de faire paraître un rapport destiné, en particulier, au gouvernement Japonais. Il est intitulé
" Le réchauffement global : Quelle est la vérité scientifique ?" (source du rapport en japonais, extraits traduits en anglais ).

Ce rapport est rédigé par 5 éminents scientifiques du JSER :

japreportKanya Kusano (en bas à droite sur la photo ci-contre) est le Directeur de programme et chef de groupe au ESC, Le Centre de Simulation de la Terre (ici) qui fait partie du JAMSTEC qui est l'Agence Japonaise pour les Sciences de la Mer et de la Terre et la Technologie.

Syunichi Akasofu (en haut sur la photo ci-contre) est professeur émérite à l'Université de l'Alaska. Il est le fondateur et l'ancien directeur de l'International Arctic Research Center. Quelques unes de ses déclarations figurent dans cette page (ici).

Shigenori Maruyama (en haut à doite) est professeur des Sciences de la Terre et des planètes de l'Institut de Technologie de Tokyo

Kiminori Itoh (en haut à gauche) est professeur de chimie-physique à l'Université nationale de Yokohama,

Seita Emori (en bas à gauche) est le directeur de l'Institut national des sciences de l'environnement (à noter que Emori est membre du GIEC, source)

 

 

Voici quelques unes des conclusions que l'on peut tirer de la lecture de ce rapport "explosif" (daylytech, quelques extraits traduits en anglais ici) en ce qu'il représente la point de vue de la principale institution Japonaise de recherche dans ce domaine et qu'il tranche résolument sur les positions prises par les institutions analogues des pays de l'Ouest. En bref, ce rapport constitue une critique acerbe des positions du GIEC dans de multiples domaines. Ainsi :

  • Quatre des cinq chercheurs (à l'exception de Seita Emori, membre du GIEC) ne sont pas d'accord avec les affirmations sur le caractère anthropique du réchauffement prôné par le GIEC.
  • Le professeur Kanya Kusano se focalise sur l'immaturité des simulations numériques du GIEC. Il va jusqu'à comparer cette pratique à l'astrologie antique. Il fait la liste de nombreuses erreurs du GIEC et remarque que, de l'avis même de ce dernier, les causes naturelles sont mal comprises. Il conclut que "Les conclusions du GIEC affirmant que, dorénavant, les températures atmosphériques vont subir une hausse continue et monotone, doivent être considérées comme une hypothèse non prouvée." Le Professeur Kasano estime que les rayons cosmiques, qui sont modulées par des cycles magnétiques solaires, pourraient avoir un impact à grande échelle sur le climat terrestre.
  • Le professeur Siun Ichi Akasofu, se basant, entre autres, sur des données historiques, avait déjà contesté l'idée que la hausse récente des températures constitue une anomalie (voir ici) . En langage moins mesuré que le langage Japonais habituel, il précise que "Avant que quiconque ait eu le temps de s'en apercevoir , l'hypothèse (NDT: du GIEC) a été considérée comme une vérité...L'opinion qu'un grand désastre se produira de façon certaine, doit être éradiquée."
  • Le rapport disserte assez longuement sur les causes naturelles du changement climatique et notamment sur l'influence du soleil et de ses cycles éruptifs. Le rapport conclut que des recherches approfondies doivent être menées dans ce domaine tout comme dans celui des aérosols(tels que le DMS) et des nuages. " La discussion des propriétés et des durées de vie des aérosols dans les nuages dans le 4ème rapport du GIEC est insuffisante.
  • La conclusion (chapitre 4 du rapport) est intitulée : la théorie du réchauffement global anthropique est encore hypothétique. Le rapport s'achève sur une invitation à reconsidérer sérieusement les facteurs de variabilité naturelle avant d'effectuer les futures projections.

Si on y rajoute les graves critiques à l'encontre du GIEC déjà énoncées par les professeurs Itoh et Takeda (voir ici), Le gouvernement Japonais sait à quoi s'en tenir. Compte tenu de l'ambiance actuelle et de la pression politique qui règne (essentiellement dans les pays de l'Ouest) dans ce domaine, cette démarche collective des scientifiques Japonais constitue un événement remarquable. Elle est la première remise en cause officielle des conclusions du GIEC de l'ONU. Il semble qu'il y ait aussi un "consensus" chez les Japonais sur ce sujet.

Les réserves exprimées par la science Japonaise vis à vis du GIEC ne sont peut-être pas étrangères au lancement récent du satellite GOSAT par l'agence JAXA (exploration satellite Japonaise). Ce satellite, très bien équipé, est destiné à l'analyse des concentrations des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. La mission américaine équivalente (satellite OCO) s'est crashée, il y a peu. (source). GOSAT fait son travail. Nous attendons ses premiers résultats avec impatience.
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