Après un accident responsable, le prix de l'assurance auto peut augmenter au renouvellement du contrat. Cette hausse est en partie liée au bonus-malus, officiellement appelé coefficient de réduction-majoration ou CRM. Son calcul suit des règles précises et identiques pour les assureurs concernés par ce dispositif. Comprendre ce mécanisme permet surtout de savoir combien de temps un accident peut peser sur le coefficient et comment celui-ci évolue ensuite.
Comment le malus est-il calculé après un accident ?
Tout conducteur commence avec un coefficient de 1 lorsqu'il entre dans le système du bonus-malus. Avant de comparer une assurance malus avec Allianz ou une autre offre, regardez donc le CRM inscrit sur votre relevé d'informations. Après une année complète sans sinistre responsable, le coefficient précédent est réduit de 5 %. À l'inverse, un accident entièrement responsable entraîne une majoration de 25 %.
Le calcul se fait en multipliant le coefficient précédent par 1,25. Avec un CRM de 0,80, un sinistre responsable conduit par exemple à un nouveau coefficient de 1. En cas de responsabilité partagée, la majoration est réduite de moitié, soit 12,5 %. Un accident non responsable n'entraîne pas de malus dans le cadre du CRM.
Plusieurs accidents peuvent-ils faire fortement grimper le coefficient ?
Oui, car chaque accident responsable entraîne une nouvelle majoration. Deux sinistres au cours de la même période ne correspondent donc pas simplement à une hausse globale de 50 % : le coefficient est multiplié successivement par 1,25. Le CRM reste néanmoins plafonné et ne peut pas dépasser 3,50. Cette limite concerne le coefficient lui-même et ne signifie pas que tous les conducteurs ayant le même CRM paieront la même cotisation.
Le prix d'une assurance auto dépend en effet d'autres critères. Le type de véhicule, son usage, le lieu de stationnement, le profil du conducteur et les garanties choisies interviennent également dans la tarification. Le malus est donc un élément du prix, mais pas son unique composante. Deux automobilistes avec le même coefficient peuvent recevoir des propositions différentes.
Combien de temps faut-il pour faire baisser un malus ?
Après une année sans accident responsable, le coefficient baisse à nouveau de 5 %. Il existe également une règle particulièrement utile pour un conducteur malussé : après deux années consécutives sans sinistre responsable, son coefficient ne peut plus être supérieur à 1. Cette disposition permet de sortir plus rapidement d'un CRM supérieur au coefficient de départ. Elle ne signifie toutefois pas que le conducteur récupère immédiatement le bonus qu'il possédait avant son accident.
Une autre règle concerne les conducteurs ayant atteint le coefficient minimal de 0,50 depuis au moins trois ans. Dans cette situation, le premier accident responsable n'entraîne pas de majoration du CRM. Cette protection ne s'applique qu'au premier sinistre répondant à ces conditions. Les accidents suivants peuvent de nouveau avoir un effet sur le coefficient.
Où retrouver son coefficient bonus-malus ?
Le CRM figure sur le relevé d'informations automobile transmis par l'assureur. Ce document retrace également des éléments de l'historique du conducteur et devient particulièrement important lors d'un changement de compagnie. Le coefficient ne disparaît pas simplement parce que l'automobiliste souscrit un nouveau contrat ailleurs. Le nouvel assureur utilise les informations communiquées pour poursuivre l'évolution du bonus-malus.
Il est donc utile de demander son relevé avant de comparer plusieurs offres. Vous pourrez vérifier le coefficient retenu et les sinistres enregistrés, mais aussi repérer une éventuelle information à faire rectifier. Changer d'assureur ne remet pas le CRM à zéro. La comparaison porte donc surtout sur la tarification et les garanties proposées autour de ce coefficient.
Que comparer lorsqu'on recherche une assurance avec un malus ?
Le montant annuel reste important, mais il ne doit pas être regardé seul. Une offre moins chère peut prévoir une franchise plus élevée ou des garanties moins étendues. Comparez les contrats sur un périmètre aussi proche que possible afin de comprendre réellement l'écart de prix. Vérifiez notamment :
- le niveau de franchise en cas d'accident ;
- les garanties dommages au véhicule ;
- l'assistance et son éventuelle franchise kilométrique ;
- la protection du conducteur ;
- les exclusions prévues au contrat.
Le niveau de couverture doit aussi correspondre à la valeur du véhicule. Une voiture ancienne de faible valeur et un modèle récent ne nécessitent pas forcément les mêmes garanties. Le bon contrat n'est donc pas uniquement celui qui accepte un conducteur malussé, mais celui qui conserve un rapport cohérent entre protection, franchise et cotisation. Comparer des offres équivalentes évite de choisir uniquement sur le prix affiché.
Comment éviter de confondre malus et autres majorations ?
Une hausse de cotisation ne vient pas toujours du bonus-malus. Un conducteur novice peut par exemple supporter une surprime spécifique, indépendante du CRM, tandis que certaines circonstances aggravantes prévues par le Code des assurances peuvent également entraîner des majorations. L'évolution générale des tarifs ou un changement de véhicule peut aussi modifier la cotisation sans que le coefficient ait bougé. Il faut donc regarder le relevé d'informations et l'avis d'échéance avant d'attribuer automatiquement toute augmentation au malus.
Le CRM reste toutefois un indicateur essentiel de l'historique de conduite. Après un sinistre responsable, son évolution est encadrée et il peut progressivement diminuer lorsque les années suivantes se déroulent sans nouvel accident responsable. Connaître son coefficient permet alors de mieux comprendre les propositions reçues et de comparer les contrats sur des bases identiques. C'est surtout cette lecture globale qui aide à distinguer le malus de tous les autres éléments qui composent le tarif d'une assurance auto.